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LE STATUT GÉNÉRAL DU TRAVAILLEUR

EN ALGÉRIE*
"La société est fondée sur le travail "
(A. 24 de la Constitution)
INTRODUCTION
La loi n° 78-12 du 5 août 1978 relative au Statut Général du Travail-
leur (1) marque à la fois le terme d'une longue évolution et le point de
départ d'une évolution nouvelle. Dans une société fondée, comme l'est la
société algérienne, sur le travail, il n'était pas possible que la lacune que
constituait l'absence dans de vastes domaines de dispositions adaptées à
l'évolution politique et économique fût acceptable à long terme. Le SGT
fournit précisément, sur le fond de la Charte nationale et de la Constitu-
tion, ces dispositions.
Celles-ci ne se heurtent cependant pas à un vide. De telles dispo-
sitions avaient déjà été prises pour la fonction publique, le secteur privé
et les entreprises socialistes. Cependant la totalité du domaine du travail
n'était pas couverte par les différents textes: soit qu'on ait mis l'accent
sur l'organisation du travail (ainsi p.e. dans les entreprises socialistes),
soit qu'on ait mis au premier plan plutôt la position individuelle du
travailleur (comme dans le secteur privé). Malgré cette situation de fait,
il serait erronné de supposer que le SGT se contente d'établir des liens
entre ce qui existe déjà. Le souhait qui s'exprime dans le SGT est la
définition d'un règlement fondamental pour l'ensemble du monde du travail.
Ainsi le contenu du SGT ne se limite pas à la confirmation des dispositions
en vigueur (et à la modification de celles incompatibles avec le SGT (2)
* Cet article reprend quelques parties d'un autre article de l'auteur, publié dans la
revue ouest-allemande Recht der Internationalen Wirtschaft 1979, p. 315. - L'auteur remercie
Monsieur ANGSTHEIM et Monsieur GHEZALI, professeurs à la faculté de Droit à Alger, pour
toutes les informations qu'ils lui ont données dans le cadre de la préparation d'un séminaire
au sujet du Statut général du travailleur, ainsi qUe M· Tayed BELLOULA, Alger. L'auteur
remercie également Mlle Dominique RrVAlN, Paris, pour la traduction.
(1) Journal officiel de la République Algérienne Démocratique (JORA) du 8 août 1978,
p. 532. Au lieu de «Statut Général du Travailleur. on emploiera au cours du texte: SGT.
(2) Cf. A. 216 SGT.
316 G. IGL
mais constitue une plate-forme pour la configuration future du monde
du travaiL
A. L'ÉVOLUTION DU DROIT DU TRAVAIL EN AiLGÉRIE.
Les différentes dispositions du Code du travail français furent étendues
avec certaines modifications - à l'Algérie au cours des années 1915
à 1954; ainsi l'Algérie disposait-elle, avec le «Code algérien du travail
et de la prévoyance sociale (3), d'un droit du travail codifié. Après l'indé-
pendance de l'Algérie, la loi n° 62-157 du 31 décembre 1962 maintint
les lois en vigueur à ce jour dont également aussi le droit du travail.
L'ordonnance n° 73-29 du 5 juillet 1973 abrogea cette loi avec pour consé-
quence que les lois en vigueur avant le 3 juillet 1962 (A.2 de l'ordonnance)
furent abrogees (4). L'évolution se poursuivit de la manière suivante (5) :
l'ordonnance n° 66-133 institua en 1966 un statut général de la fonction
publique (6). L'aspiration de l'Algérie à effacer également dans le droit
du travail les traces de la dépendance de la France s'exprima publiquement
dans le cadre d'un rapport sur la réalisation des objectifs d'un plan qua-
driennal: un nouveau code du travail, essentiellement et
algérien» (7) et «authentiquement national» (8) devait naître.
Dans la période qui aboutit à la réalisation de ce projet, une série
de dispositions concernant le droit du travail furent prises:
• ainsi pour le secteur privé:
- l'ordonnance n° 71-31 du 16 novembre 1971 relative aux rapports col-
lectifs de travail dans le secteur privé,
- l'ordonnance n° 75-31 du 29 avril 1975 relative aux conditions générales
de travail dans le secteur privé,
- le décret n b 75-64 du 29 avril 1975 relatif à la protection du droit
syndical dans les entreprises privées,
- le décret n° 75-65 du 29 avril 1975 fixant les modalités de constitution
et de fonctionnement des commissions paritaires de discipline dans les
entreprises du secteur privé,
- le décret n° 75-66 du 29 avril fixant les modalités de gestion des œuvres
sociales,
(3) Dans: Juris-Classeur algérien, Paris (Editions Techniques) 1972.
(4) Cette ordonnance n'a pris effet que deux ans plus tard, c'est-à-dire à compter du
5 juillet 1975. Cf. à ce sujet Hubert MICHEL, «Chronique politique 1. - Algérie., dans:
AAN 1973, p. 351 s.
(5) Un résumé de l'histoire du droit du travail algérien se trouve dans: «Encyclopédie
juridique, Répertoire de droit social et du travail, tome 1 >, Paris (Dalloz) 1960, sous la
référence «Algérie., Nr. 1-9, comme dans la mise à jour de cet ouvrage, datée de 1978,
n° 3, 6, 7, 9, 9-20.
(6) JORA du 8 juillet 1966.
(7) El Moudjahid du 4 février 1972, p. 4: «Dans le domaine socio-culturel. de grandes
décisions ont marqué la première moitié du plan quadriennal. (une enquête de A. CHABANE).
(8) EL Moudjahid du 8 février 1972, p. 4: «Décisions et réalisations socio-culturelles II.
Un nouveau code du travail authentiquement national., par Azzedine ClIABANE. Sur le
développement juridique spécifique en Algérie généralement, voir B. CUBERTAFONll, «L'algé-
rianisation du droit, mythe ou réalité?» : in: Revue juridique et po!itique, Indépendance
et coopération 1976, Nr. 2, p. 204 et suivantes.
LE STATUT GÉNÉRAL DU TRAVAILLEUR EN ALGÉRIE 317
- le décret n° 75-67 du 29 avril 1975 fixant la contribution des employeurs
au financement des œuvres sociales;
• pour les entreprises socialistes:
- la Charte de l'organisation socialiste des entreprises ainsi que l'ordon-
nance n° 71-74 du 16 novembre 1971 relative à la gestion socialiste des
entreprises,
- par la suite, nombreux ordonnances et décrets relatifs au secteur socia-
liste (décret TI ° 72-47, ordonnance n° 72-58, décret n° 73-176, décret n °73_
177, décret n° 74-251, -252, -253, -254, -255, -256, ordonnance n° 75-23,
décret n° 75-56, ordonnance n° 75-76, décret n° 75-149, -150).
Ainsi des dispositions concernant presque tous les secteurs du travail,
sauf les travailleurs de la terre (l'ordonnance n° 75-30 du 29 avril 1975
fixant la durée légale hebdomadaire de travail) ou concernant presque
tous les secteurs du travail sauf la fonction publique (l'ordonnance n° 75-32
du 29 avril 1975 relative à la justice du travail; l'ordonnance n° 75-33 du
29 avril 1975 relative aux attributions de l'inspection et des affaires sociales)
ou concernant tous les travailleurs y compris ceux régis par le statut
général de la fonction publique (l'ordonnance n° 75-34 du 25 avril 1975
relative à la saisie-arrêt et à la cession des rémunérations).
Un important secteur du monde du travail, le secteur agraire, fut de
même l'objet d'une réforme mise en œuvre par la Charte de la révolution
agraire de 1971 (JORA du 30.11.71) et par l'ordonnance n° 71-73 du
8 novembre 1971 portant révolution agraire (JORA du 30.11.1971).
Le SGT s'applique aux secteurs de travail suivants:
- le secteur public
- le secteur agraire
- le secteur privé
- le secteur socialiste
L'examen des différents textes révèle qu'il n'existe de statut au sens
propre que pour les fonctionnaires (mis à part les militaires et les magis-
trats)et que pour les travailleurs du secteur privé; tandis que pour les
travailleurs du secteur socialiste et pour ceux du secteur agraire, l'accent
a été mis sur les conditions d'organisation du travail.
Cet examen mène aux observations suivantes: c'est en premier lieu
l'exercice du pouvoir étatique qui est assuré et consolidé en 1966 par
l'institution du Statut général de la fonction publique. 1971 fut l'année de la
GSE et de la Révolution agraire. Les deux, GSE et Révolution agraire,
doivent être rattachées à la conception politique et économique de l'Algérie;
mais au-delà, la nature même de l'organisation du travail correspond à
un souhait d'organisation politique de la société. Pour cette raison, on ne
put éviter de négliger pendant une longue période le statut individuel du
travailleur, qui a un contenu en effet plus vaste que la définition de cer-
taines formes de participation, tandis que les travailleurs du secteur privé,
quoique réduits à une fonction mineure dans la construction de l'économie,
se virent nantis d'un droit du travail individuel pour le moins acceptable.
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318 G. IGL
Même s'il fut nécessaire de laisser s'écouler le temps nécessaire à
l'accumulation d'expériences utiles à l'élaboration de nouvelles formes
d'organisation du monde du travail, on ne peut s'empêcher de voir une
légère contradiction entre l'importance des deux derniers secteurs évoqués
pour le développement de l'économie et le manque prolongé d'instruments
juridiques adaptés à leur disposition. Si de plus on prend en considération
le fait que les dispositions contenues dans le SGT sont destinées à être
complétées (le nombre de textes d'application serait selon les estimations,
de 80 à 150), la perspective d'une réglementation intégrale du monde du
travail reste, certes, lointaine (9).
B. QUELqUES REMARQUES AU SUJET DE LA CONCEPTION DU DROIT DU TRAVAIL DANS
UN PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT D'OPTION SOCIALISTE.
La conception du SGT reflète la singularité sur laquelle il a toujours
été insisté et à laquelle on a toujours aspiré au cours des travaux prépa-
ratoires à la loi, d'un code du travail algérien; cette singularité se révèle
déjà dans le titre même de la loi. Il faut distinguer deux éléments, l'élément
socialiste et l'élément propre au pays en voie de développement. Sans
entrer dans une analyse détaillée, il faut cependant désigner les «phéno-
mènes» les plus évidents: des éléments socialistes (10) imprègnent le prin-
cipe de «à chacun selon ses capacités, à chacun selon son travail» (11),
l'absence d'un droit de grève dans le secteur socialiste, le remplacement
de l'autonomie tarifaire collective par le pouvoir tarifaire étatique, l'inclu-
sion de réglementations sociales protectrices dans le droit du travail et
la place des œuvres sociales de l'entreprise; d'une façon générale la valeur
privilégiée qui est déjà accordée au travail et à sa réglementation dans
la Charte nationale (12) et dans la Constitution (13). L'élément touchant
aux conditions spécifiques au pays en voie de développement (14) qu'est
l'Algérie s'exprime dans la coexistence d'entreprises privées et socialistes
(15), dans les indications sur le chômage et sur le sous-emploi (16) et,
(9) La rapidité avec laquelle on a déjà abordé les prmcIpaux textes d'application
est quand même remarquable. L'harmonisation des rémunérations apparait au prelnier plan,
cf. les articles dans: Moudjahid du 23.9.79 (p. 1), 7.10.79 (p. 1), 14.10.79 (p. 1), 16.10.79
(p. 1), 29.10.79 (p. 1).
(10) Sur la codification du droit du travail dans les pays socialistes en général, voir
SZUBERT (Waclaw) «La Codification du Droit du Travail., in: Recht der Arbeit 1978,
p. 319 et suivantes (323 et suivantes), voir aussi MATEY (Maria) "Essential traits of socialist
labour codes", in: Comparative Labour Law, Fall 1977, Vol. 2, No. 3, p. 191 et suivantes.
(11) A. 4 du SGT.
(12) Ordonnance N° 76-57 du 5 juillet 1976 portant publication de la Charte Nationale,
p. 36 et suivantes (citée d'après l'édition du Front de Libération Nationale).
(13) L'A. 4 de la Constitution de 1976 dit: «La société est fondée sur le travail. et
«Le travail est la condition essentielle du développement du pays.....
(14) Au sujet de la codification du droit du travail dans les pays en voie de dévelop-
pement voir CORDOVA (Efren), " The Codifications of Labour Law in Developing Countries ",
in: Society for Labour La.w and Socia.t SecuTity, 9th International Congress,
Reports and proceedings, Heidelberg 1978, p. 317 et suivantes.
(15) Cf. Bruno ETIENNE, «L'Algérie, Cultures et Révolution,. Paris (Seuil) 1977, p. 302.
(16) Pour les questions d'emploi cf. Chantal BERNARD, «Occupation massive et sous-
activité, la situation algérienne de l'emploi au terme du deuxième Plan Quadriennal.
(dans le présent volume).
319 LE STATUT GÉNÉRAL DU TRAVAILLEUR EN ALGÉRIE
à plusieurs endroits, dans l'obligation sociale au travail, dans l'importance
de la formation professionnelle et de la formation en général, et dans
les efforts pour éliminer les disparités de salaires encore existantes.
L'utilisation de la notion de «droit du travail» en relation avec les
réglementations juridiques qui concernent en Algérie le travail, ou, plus
étroitement, les travailleurs, nécessite une mise au clair. Le droit du travail
dans les pays capitalistes appartient traditionnellement au droit privé (17).
Il s'applique surtout au travailleur du secteur privé et s'est par là develop-
pé comme un droit protecteur du travailleur. Dans le secteur public admi-
nistratif et économique existent également des relations de travail. On
reconnait de plus en plus que les personnes qui travaillent dans Ces
secteurs sont elles-aussi dans des relations de droit du travaiL Seulement
la séparation entre droit public et droit privé n'a pas permis d'établir
les rapports révélant ce que ces deux secteurs ont de commun en la matière.
Il ne faut cependant pas méconnaître l'influence réciproque des deux
secteurs l'un sur l'autre et la nécessité de déceler des convergences (18).
Cependant ce qui vaut pour la situation d'un pays occidental comme
la France, doté d'une économie capitaliste, ne peut que mettre en lumière
que, même dans les pays encore attachés à cette distinction entre droit
public et droit privé qui se répercute sur le concept de droit du travail,
un rapprochement des deux domaines apparaît en fait.
La situation en Algérie ne peut être comparée que partiellement avec
l'évolution décrite; les accents sont à placer de manière différente (19).
Le clivage entre droit privé et droit public existe certainement. Personne
ne se fera fort de prétendre que la fonction publique n'est pas distinguée
en Algérie du secteur privé. Mais ce n'est pas là le problème. C'est le
secteur socialiste (20) qui est ici le secteur le plus important, celui qui
supporte l'évolution économique du pays. Théoriquement le droit du travail
au sens traditionnel n'est pas en mesure d'accueillir la transformation du
salarié en producteur-gestionnaire, telle qu'elle doit avoir lieu dans la
CSE (21). Le droit du travail, dans ce sens, distingue l'organisation de
l'entreprise du statut protecteur du salarié. Au moment où le salarié
(17) Cf. Yves SAINT-GEOURS, «Les relations du travail dans le secteur public., Paris
(LGDJ) 1977, p. 1.
(18) Jean-Claude JAVILLIER, «Droit du travail., Paris (LGDJ) 1978, p. 63; G.H. CAMER-
LYNCK, Gérard LYON-CAEN, «Droit du travail., 9' éd., Paris (Dalloz) 1978, n° 38; SAINT-
GEOURS, op. cit., p. 1.
(19) A. MAHIOU, • Cours d'institutions administratives., 2' éd., Alger (OPUA) 1979.
p. 6. confirme que les propos rapportés par François WEISS, «Doctrine et action syndicales
en Algérie., Paris (Cujas) 1970, p. 278. n'ont pas perdu leur valeur (<< A Alger, il y a deux
lois, la loi française qu'on n'a pas eu le temps de changer, la socialiste qu'on n'a pas eu
le temps d'écrire.•)
(20) L'utilisation fréquente du terme «secteur parapublic. au lieu de «secteur socia-
liste. est signe d'un certain embarras. La notion «secteur parapublic. ne veut rien dire
en elle-même, mais elle a été consacrée par le décret nO 74-10 du 30 janvier 1974 portant
création de la commission nationale chargée de l'étude de l'harmonisation des statuts et
des rémunérations applicables aux personnels des secteurs public et parapublic. Cf. MAHIOu,
op. cit., p. 300 ss., qui n'emploie pas la notion «secteur parapublic •.
(21) «Charte de l'organisation socialiste des entreprises. (citée selon: DossieTS docu-
mentaires nO 27, janvier 1979. édités par le Ministère de l'Information et de la Culture,
Alger, p. 90).
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320 G.IGL
devient producteur gestionnaire, le droit de l'entreprise et le droit du
travail doivent se marier et sont inséparablement liés. Comment le mariage
se peut faire? Si l'on considère l'évolution historique, on constate que le
droit de l'entreprise existait déjà en Algérie, mais a pénétré et s'est
développé dans le statut individuel du travailleur, désormais à définir
d'une manière neuve, à travers la participation du travailleur. Le travailleur
avait à présent dans la CSE un statut en sa qualité de producteur-gestion-
naire. Mais un statut lui manquait en tant que force de travail, en tant
que personne qui donne sa force de travail pour recevoir un salaire et
bénéficier de protection sociale. Le SGT à précisément sauté dans cette
brèche et vient compléter cet aspect des droits et obligations individuels.
On ne peut ici - sans se livrer à un débat juridique et doctrinaire -
pénétrer plus avant dans les problèmes de distinction entre droit public
et droit privé. Il serait pourtant d'un certain intérêt de savoir d'où le
SGT prend ses inspirations; c'est-à-dire si éventuellement le statut général
de la fonction publique a servi - du moins en partie - comme modèle
pour certaines dispositions ou si, au contraire, il y a eu rapprochement
avec les dispositions régissant le secteur privé. Cette analyse permettrait -
par une approche fonctionnelle - de mieux situer le SGT dans le contexte
de la réglementation du monde du travail.
C. LES NÉCESSITÉS MENANT AU SGT.
1. Au plan idéologique.
Le principe de l'égalité de traitement de tous les travailleurs, qui
s'exprime dans la phrase «à travail égal, salaire égal », marque le point
de départ idéologique du SGT. Des disparités salariales existantes (qui ne
sont que l'expression du mépris d'un tel principe) ne sont pas acceptables
dans une organisation sociale de type socialiste. La simplicité et la mania-
bilité de l'expression «à travail égal, salaire égal» permettent justement
de désigner et de rendre accessible à chaque travailleur un objectif fonda-
mental de la conception idéologique algérienne. L'égalité de traitement
doit également être réalisée entre les différents secteurs de travail -
secteur privé, fonction publique, secteur public économique qui étaient
soumis à des statuts régissant la condition juridique de travailleurs très
différents.
Le principe de l'égalité de traitement ne met cependant pas uniquement
les travailleurs entre eux sur un pied d'égalité. Un SGT pour tous les
travailleurs peut aussi créer l'unité idéologique nécessaire dans une société
comportant indubitablement encore d'importantes distinctions sociales (22).
La mise en place de cette unité idéologique est à cette occasion susceptible
de se faire dans deux sens: là où les distinctions sociales sont inévitables,
(22) Cf. Bruno ETIENNE, op. cil., p. 54 55.
LE STATUT GÉNÉRAL DU TRAVAILLEUR EN ALGÉRIE 321
elles peuvent être masquées plus facilement; là où elles sont inadmissibles
socialement, c'est le levier que constitue le SGT qui pourra les éliminer.
En fin de compte, au-delà de l'égalité de traitement et de la mise en
place de l'unité idéologique des travailleurs, c'est leur intégration sociale
qui peut être favorisée; les éléments de cette intégration sociale sont d'ail-
leurs multiples et se contrebalancent probablement: l'estimation qui
s'exprime dans le fait d'être muni d'un statut, la participation aux fruits
de l'entreprise, l'octroi de protection sociale et d'œuvres sociales.
Pour des raisons idéologiques, la nouvelle conception s'avérait égale-
ment nécessaire à cause du simple fait que les textes de droit du travail
en vigueur jusqu'alors - inspirés de lois françaises - étaient avant tout
des lois protectrices des travailleurs, conçues contre les employeurs sus-
pectés. La nouvelle conception est définie et déjà coulée en forme dans la
CSE, dans la Révolution agraire, articulée dans la Charte nationale et dans
la Constitution et à présent dans le SGT. Désormais le travailleur est à la
fois acteur politique et moteur économique: «Chaque travailleur doit
tendre à renforcer son rôle aussi bien dans son milieu professionnel qu'au
sein de la nation, par l'élévation continue de son niveau professionnel et
culturel et de son degré de conscience civique, politique et idéologique»
(Al. 5 SGT).
2. Au plan économique.
C'est le secteur public économique qui est en Algérie le pilier essentiel
du développement économique (23). A l'heure actuelle, toutes les branches
économiques importantes appartiennent au secteur public. Si l'on a com-
mencé en Algérie par suivre une position de centralisation (24), à l'occasion
de laquelle le secteur économique étatique acquit une grande importance,
l'étape suivante de la politique fut la décentralisation, la déconcentration et
la démocratisation de ces branches économiques (25). Le véhicule de cette
politique est la GSE. Ainsi, désormais le rôle-moteur pour l'économie re-
vient aux entreprises socialistes (26). Eu égard à cette fonction-clé, l'absence
d'un statut des travailleurs dans ce secteur constituait une lacune parti-
culièrement insupportable.» ... l'absence de dispositions statutaires suscep-
tibles d'uniformiser la situation des travailleurs dans nos Entreprises Pu-
bliques est source d'instabilité et d'inégalité» (27). Pour inciter les tra-
vailleurs à la productivité et pour pouvoir aussi élever le niveau de vie (28),
il était indispensable de munir les supports de la productivité d'un statut.
Le SGT répond ici à une nécessité primordiale.
(23) Cf. Abdelmadjid BOVZIDI, «Politique économique de la transition au socialisme.,
Alger (OPUA), 1979, p. 93 s.; Tayeb BELLOVLA, «De l'organisation socialiste des entreprises.,
Alger (Ed. ANEP.) 1977, p. 11 ss.
(24) Mostefa BOUTEFNOUCHET, «Le socialisme dans l'entreprise., Alger (Ed. ANEP) 1978,
p. 31 s.
(25) BOUTEFNOUCHET, op. cit., p. 32.
(26) BELLOULA, op. cit., p. 5.
(27) FEDAOUI (Idir) • Rapport sur le statut du personnel des entreprises publiques en
Algérie., dans: Intégration, Revue du CMERA, numéro spécial 1975 - 3 (Alger), p. 95 s.
(28) Charte Nationale, p. 33.
322 G.IGL
Dans le cadre économique, il y a une deuxième nécessité, qui est prise
en compte beaucoup moins souvent. Un système économique qui repose sur
une planification intensive (29), et qui est conduit à l'aide de cette plani-
fication, a besoin de données exactes au nombre desquelles appartiennent
les données concernant les postes de travail et les structures de salaires.
Si comme le veut le SGT, tous les postes de travail sont soumis à une cota-
tion et si - sur cette base - les rémunérations du travail elles aussi sont
soumises à une uniformisation, il sera bien plus facile aux instances de pla-
nification de relever les données exactes. Il ne s'agit certes que d'un effet
accompagnant le SGT. Aussi le SGT n'est-il pas destiné à satisfaire aux
nécessités de la planification. Mais on ne devrait cependant pas sous-
estimer l'effet positif produit de cette manière SUr les objectifs de planifi-
cation.
3. Au plan statutaire.
Le SGT coiffe l'ensemble des statuts des travailleurs, à l'exception du
Statut de la Fonction Militaire, qui devra cependant également s'inspirer
du SGT (A. 212) (30).
Par conséquent le SGT s'applique dans les limites citées à tous les tra-
vailleurs du secteur public économique et administratif comme à tous ceux
du secteur privé. Le SGT prend tout de même en compte les particularités
et les besoins spécifiques des différents secteurs (31). A cette fin, des sta-
tuts types doivent être créés par décrets. En fin de compte des statuts
particuliers seront établis pour chaque organisme employeur. Ce n'est
qu'après avoir pris connaissance de ces statuts qu'il sera possible de juger
si ces statuts, définis et modelés selon les exigences et besoins des différents
secteurs d'activité et des organismes employeurs, trahissent le discours égali-
taire du SGT ou si, conformément à l'esprit du SGT, on n'aspire en effet
qu'à faire droit aux seuls besoins particuliers justifiés.
D. QUELQUES ASPECTS RELATIFS A LA QUALITÉ DES NORMES DU SGT.
Au plan de la technique législative le degré extrêmement différent de
concrétisation de normes du SGT est étonnant. Sans vouloir dresser un bilan
exhaustif et complet, on peut cependant trouver les diverses formes de
concrétisations suivantes:
- disposition à caractère intentionnalistej
(29) Charte Nationale, p. 140 5S.
(30) Pour les travailleurs étrangers l'article 214 renvoie aux dispositions définies par la
législation relative à ce groupe de travailleurs. Si l'on interprétait cette disposition comme
situant les travailleurs étrangers en dehors du SGT. elle serait incompatible avec la conven-
tion N° 111 de l'OIT, que l'Algérie a pourtant ratifiée; probablement doit-on la comprendre
de telle manière qu'en fait les travailleurs étrangers sont soumis à des dispositions
suppLémentaires, comme p.e. aux mesures de police concernant les étrangers.
(31) Cf. FEDAOUI, op. cit., p. 27 ss.
323 LE STATUT GÉNÉRAL DU TRAVAll.LEUR EN ALGÉRIE
- dispositions reprenant des dispositions de la Charte ou de la Consti-
tution;
- dispositions contenant un appel aux travailleurs;
- dispositions à réglementation directe;
- dispositions relatives à une réglementation ultérieure;
- dispositions dépendant dans leur contenu de la mise en œuvre des
institutions;
- dispositions à réglementation complète.
Il va de soi qu'une disposition peut contenir plusieurs des éléments
cités. Il faut noter que cette distinction n'a pas seulement un intérêt juri-
dique mais qu'une réalité, la réalité algérienne du monde du travail, s'y
reflète. Cette réalité algérienne du monde du travail n'est ni définitive ni
immuable. Elle est à placer dans le contexte de la transition au socialisme.
Ce mouvement se manifeste surtout dans les dispositions à caractère inten-
tionnaliste (comme par exemple: «il incombe au travailleur comme à son
organisme employeur, de concrétiser dans le travail et en permanence, le
principe de la Charte nationale «de chacun selon ses capacités, à chacun
selon son travail» (A. 5), ou les dispositions faisant appel aux travailleurs
(comme par exemple l'A. 27 qui dit: «Le travailleur, quel que soit son
rang dans la hiérarchie, doit accomplir, dans le respect de la loi et des
dispositions réglementaires, de la discipline et des instructions de la hiérar-
chie, avec conscience et efficacité, et au mieux de ses capacités profession-
nelles productives et créatives, toutes les tâches inhérentes au poste qu'il
occupe, en ayant le souci constant d'améliorer la qualité de son travail
et d'augmenter la production et la productivité»). Du reste les normes qui
s'adressent aux travailleurs combinent le plus souvent l'aspect intention-
naliste et l'aspect d'appel (par exemple: le travailleur «doit mobiliser sans
cesse sa volonté pour contribuer à l'élévation des capacités d'action et au
développement du pays et, partant, augmenter sa participation au progrès
de la Révolution» (A. 28)). A ces appels exprimés sous forme assez con-
traignante, le SGT répond par des garanties (A. 6 à 14). Les garanties sont
en partie sanctionnées dans les lois (A. 12: «la protection des droits spéci-
fiques de la femme au travail est assurée conformément à la législation en
vigueur») ou c'est l'Etat qui les assume directement (A. 25: «l'Etat assure
les protections et facilités dont bénéficie l'exercice du droit syndical»).
Les dispositions dépendant de la mise en œuvre des institutions sont
surtout celles relatives au Fonds national de péréquation des œuvres sociales
(A. 181), relatives au Fonds national de l'enfance (A. 183) et au Comité
national des salaires (A 211).
Ainsi la simple lecture de la manière de concrétiser des normes conte-
nues dans le SGT contient-elle déjà une analyse de la situation spécifique
du pays en voie de développement qu'est l'Algérie. Il faut ajouter qu'il est
vrai que les normes d'appel et de garantie ne sont pas en majorité si l'on
considère l'ensemble des dispositions du SGT; il serait donc erronné de
qualifier le SGT dans sa totalité de loi intentionnaliste.
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324 G. IGL
LES DISPOSITIONS DU SGT (32)
Le SGT comprend 216 articles; il est divisé en 7 titres:
- Les principes généraux définissant les droits et obligations des tra-
vailleurs (Titre I).
- La relations de travail (Titre II).
- Les postes de travail (Titre III).
- La rémunération du travail (Titre IV).
- Promotion et protection sociale (Titre V).
- Sanctions (Titre VI).
- Dispositions diverses (Titre VII).
D'après le SGT, est travailleur « toute personne qui vit du produit de
son travail, qu'il soit intellectuel ou manuel, et qui n'emploie pas à son
profit d'autres travailleurs dans son activité professionnelle» (33) (A. 1;
para. 2). La distinction n'est pas faite entre employés (occupation principale-
ment intellectuelle) et travailleurs (occupation principalement manuelle) (34).
Les travailleurs qui travaillent à leur propre compte ne sont pas compris.
La loi renvoie, en ce qui concerne la participation des travailleurs à la vie
de l'entreprise et le système de gestion dans le secteur socialiste agricole,
aux dispositions correspondantes en vigueur (A. 4; para. 4).
La relation travailleur-employeur est remplacée par celle de travailleur-
organisme employeur.
La loi n° 78-12 est certes la base de définition du SGT (A. 1; para. 3),
cependant des décrets peuvent définir des statuts-types pour chaque secteur
d'activité. C'est également par voie réglementaire - après consultation des
instances syndicales - que sont promulgués les statuts particuliers propres
aux travailleurs des différents organismes employeurs. Ce n'est que dans le
(32) Les différentes dispositions du SGT ont été largement traitées dans le quotidien
El Moudjahid; ainsi dans les éditions du 6.7.1978 (p. 1), 14.8.1978 (p. 1). 15.8.1978 (p. 1),
18.8.1978 (p. 1 et 3), 18.(19.8.1978 (p. 1 et 3). 20.8.1978 (p. 1). 22.8. 1978 (p. 1). 23.8.1978 (p. 1),
24.8.1978 (p. 1), 25./26.8.1978 (p. 1), 14.9.1978 (p. 1 et 3), 15.;16.9.1978 (p. 3).
(33) Tayed BELLOULA" dans Révolution et Travail, nO 360 du 30.9 1978, soulève le
problème posé par le fait que cette clause d'exclusion touche également des travailleurs
qui dans leur ensemble auraient besoin de la protection du SGT: comme par exemple
des écrivains employant une personne chargée de la dactylographie de leurs textes.
BELLOULA exprime ce problème de manière concluante: «On peut toutefois se demander
si cette restriction est totalement justifiée dans la mesure où le principe de base du capi-
talisme est aboli, à savoir l'appropriation privée des moyens de production, et dans la mesure
aussi où dans un pays socialiste il n'y a que des travailleurs? Il est vrai que le SGT est
construite sur la base de la relation de travail (la relation entre organisme employeur et
travailleur), un type de relation donc qui n'existe pas dans les cas cités par BELLOULA.
Malgré tout pouvait-on envisager qU'en particulier les parties du SGT ayant pour objet la
protection sociale soient également applicables au cercle de personnes sus-mentionné.
(34.) Voir à ce sujet MATEY, op. cit., p. 196: "The legal term 'worker' embraces in the
socialïst law a unified category of employed persons".
LE STATUT GÉNÉRAL DU TRAVAILLEUR EN ALGÉRIE
325
secteur prIve que les conventions collectives, qui doivent cependant res-
pecter les statuts-types, sont possibles.
Les sources juridiques du droit du travail contenu dans la loi n° 78-12
- à part les principes généraux formulés dans la Charte nationale comme
dans les articles correspondants de la Constitution - sont les suivants:
- Le Statut général du travailleur;
- Les autres dispositions de droit du travail sous forme de loi ou de
décret;
- Les statuts-types pour les différents domaines d'activités (sous forme
de décret);
- Les statuts particuliers des organismes employeurs sur la base des
statuts-types:
- dans le secteur privé sous forme de conventions collectives,
- dans le secteur public par voie réglementaire.
De la même manière, ce sont ces sources, auxquelles s'ajoutent les
autres dispositions s'y rapportant (A. 3), qui régissent la relation de tra-
vail.
La diversité des sources de droit reflète également le conflit entre les
différents besoins auxquels le SGT doit faire face concrètement. Le légis-
lateur du SGT lui non plus ne pouvait passer à côté du fait que même
dans un future société de type socialiste le monde du travail serait divisé.
Il est vrai que cette division est fonctionnelle, c'est-à-dire établie selon les
secteurs de travail; il n'est cependant pas exclu que des points de vue
injustifiables d'après cette séparation des secteurs de travail ne viennent
s'y glisser. Au-delà il ressort clairement du SGT qu'une division hiérar-
chique elle-aussi est jugée nécessaire dans l'organisme employeur. Le trai-
tement des cadres supérieurs révèle en particulier la prise en compte de
cette nécessité (35).
A. LES PRINCIPES GÉNÉRAUX DÉFINISSANT LES DROITS ET OBLIGATIONS DES TRA-
VAILLEURS.
Le titre premier définit les droits et obligations des travailleurs. Toute
clause du contrat de travail qui abroge les droits des travailleurs définis
au Chapitre l est nulle (A. 26). Le droit au travail a déjà été consacré à
l'article 59 de la Constitution; il est à nouveau affirmé dans l'article 6 de la
loi. Les différents droits du travailleur sont fixés par des dispositions légis-
latives. L'Etat assure la stabilité et la sécurité de l'emploi à tous les tra-
vailleurs, dans les conditions prévues par le SGT et par les textes d'appli-
cation qui en découlent (A. 10). Le principe est que les travailleurs sont
égaux en droits et en devoirs. Ds bénéficient des mêmes rémunérations et
avantages pour un même travail et à égalité de qualification et de rende-
ment (A. 7).
(35) Cf. ETIENNE, op. dt., p. 303.
326 G. IGL
1. Les d1'oits du tmvailleur peuvent être envisagés sous les aspects
suivants:
- Rémunération et conditions de travail;
- Protection sociale;
- Activité syndicale.
2. La rémunération doit être fournie sous forme de salaire ou, dans des
cas exceptionnels fixée par décret, sous forme de revenu proportionnel aux
résultats du travail (A. 20),
3. Dans le domaine des conditions de travail la loi renvoie à l'obligation
faite à l'organisme employeur de garantir l'observation des normes d'hy_
giène et de sécurité (A. 13). La médecine du travail a pour mission de pré-
server la santé des travailleurs, en lui évitant toute altération physique ou
mentale, en surveillant son adaptation au travail et en prévenant les mala-
dies professionnelles et les accidents du travail. L'amélioration des condi-
tions de travail fait également partie de la mission de la médecine du travail
(A. 14). De plus le travailleur a un droit d'information sur les activités des
organismes employeurs (A. 19). En ce qui concerne le domaine de la pro-
tection sociale au sens large, la loi souligne que le travailleur et sa famille
sont assurés contre les risques vieillesse, maladie, accident et décès (A. 9,
18). Le travailleur bénéficie en outre des œuvres sociales. Les femmes qui
travaillent jouissent de droits protecteurs spécifiques (A. 12).
4. Le droit de grève n'est reconnu, conformément à l'A. 61 de la Consti-
tution, que dans le secteur privé (A. 21). C'est la loi qui règle les détails
(notamment les procédures de conciliation et d'arbitrage). Le droit syndical
est reconnu à tous les travailleurs. Les principes et modalités de constitu-
tion et de fonctionnement du syndicat sont déterminés par les statuts et
règlements de l'Union Générale des Travailleurs Algériens (UGTA) (A. 23).
L'adhésion au syndicat est ouverte à tous les travailleurs; elle est libre
(A. 24). Les représentants élus des travailleurs jouissent d'une protection
particulière, garantie par l'Etat; cette protection continue à s'appliquer pen-
dant une durée d'un an à partir de l'expiration du mandat (A. 24, 25).
5. Les obligations du travailleur sont décrites au chapitre 2 du titre 1.
n contient un catalogue détaillé d'instructions concernant l'attitude du tra-
vailleur. Ainsi le travailleur doit-il «avec conscience et efficacité... (accom-
plir) toutes les tâches inhérentes au poste qu'il occupe, en ayant le souci
d'améliorer la qualité de son travail et d'augmenter la production et la pro-
ductivité» (A. 27). En outre une place importante est accordée au travail-
leur dans le développement du pays (A. 28, 34). Des travailleurs ayant un
rang élevé dans la hiérarchie, des travailleurs occupant des postes requé-
rant un sens élevé de responsabilité, comme par exemple les postes d'enca-
drement, sont soumis à des obligations particulières (A. 30, 31, 33, 34). Une
autre disposition règle le secret professionnel (A. 37). En outre une stricte
interdiction est formulée à l'A. 38 d'utiliser les instruments de travail, les
locaux de travail, etc.... à des fins étrangères au service. Les obligations du
travailleur visées à A. 35 se caractérisent par une obéissance presqu'extrême
LE STATUT GÉNÉRAL DU TRAVAILLEUR EN ALGÉRIE 327
exigée du travailleur (<< '" se conformer aux impératifs d'une organisation du
travail rigoureuse et rationnelle... », «assurer l'accomplissement scrupuleux
des objectifs de production », «contribuer au respect de l'unité de direc-
tion ») et par des exhortations renforçant la productivité (<< prêter... son
concours actif », «apporter dans son travail la contribution maximale... »,
«viser, sans relâche, à l'élimination du gaspillage », «contribuer à l'instau-
ration de saines relations professionnelles, condition essentielle d'une meil-
leure productivité»).
6. Des dispositions réglant des cas d'incompatibilité existent lorsqu'un
travailleur du secteur socialiste possède, à l'intérieur ou hors du territoire
national, des biens ou des intérêts dans toute société ou exploitation indus-
trielle ou commerciale. Ce travail est tenu d'en informer immédiatement
l'organisme employeur, à la suite de quoi on procède à l'examen d'une
éventuelle incompatibilité (A. 39). Cette disposition s'applique également au
cas où le conjoint d'un travailleur du secteur socialiste exerce une activité
lucrative ou détient à l'intérieur ou à l'extérieur du territoire national des
intérêts financiers industriels ou commerciaux (A. 40).
B. LA RELATION DE TRAVAIL.
Dans le titre II - «la relation de travail» - on trouve des dispositions
très détaillées concernant les conditions de recrutement, certains types
d'activités, la durée du travail ainsi que les règlements intérieurs et les
procédures de conciliation.
1. L'âge minimum requis pour le recrutement est de seize ans. Les
statuts de chaque organisme employeur particulier fixent par ailleurs l'âge
d'admission à l'embauche. De seize ans à leur majorité civile les jeunes tra-
vailleurs ont les mêmes droits et obligations que les travailleurs majeurs
(A. 44). Des embauches ne sont possibles que s'il y a des postes vacants ou
que si de nouveaux postes sont créés. Des postes vacants ou nouvellement
créés doivent être occupés en recourant en premier lieu aux possibilités de
promotion interne, ensuite seulement en recourant au recrutement extérieur
de travailleurs nationaux, y compris les travailleurs algériens séjournant à
l'extérieur du pays (dans le cadre de la politique nationale de réinsertion
des travailleurs émigrés). Des travailleurs étrangers doivent être embauchés
selon les dispositions législatives en vigueur (A. 45).
Chaque candidat à un emploi doit se soumettre à des examens médicaux
et à des tests professionnels (A. 54). Le recrutement se détermine sur la
base d'une appréciation globale qui s'appuie sur les titres et diplômes du
candidat, ses capacités professionnelles et ses références et! ou sur les
examens internes à l'organisme professionnel (A. 55). Chaque candidat re-
cruté est soumis à une période d'essai de 6 mois au plus, période qui peut
atteindre 9 mois pour les postes de responsabilité (A. 57). L'embauche défi-
nitive du travailleur est consacrée par un acte réglementaire ou par un
328 G. IGL
contrat (A 58). Des candidats qui ne répondent pas complètement aux
exigences peuvent cependant être engagés au bout d'une certaine période
s'ils se révèlent être aptes, et après avoir passé des tests professionnels. Si
ce n'est pas le cas, le candidat est réaffecté à un poste correspondant à sa
qualification (A. 59).
2. La relation de travail prend naissance avec le contrat de travail. Une
forme écrite n'est pas nécessaire. Cette relation de travail existe néanmoins
sur la base du fait même de travailler pour un organisme employeur (A. 51).
La relation de travail est en principe à durée indéterminée (A. 50). Excep-
tionnellement du personnel temporaire ou, si les circonstances l'exigent, du
personnel saisonnier peut être engagé; ce personnel est rémunéré aux mêmes
conditions que le personnel recruté pour une période indéterminée (A. 53).
L'organisme employeur peut affecter un travailleur à un poste exigeant
une qualification égale, tout en respectant les dispositions en vigueur. Bien
entendu cette affectation n'a pas le droit d'être une sanction déguisée; elle
ne peut pas non plus entraîner une atteinte au pouvoir d'achat du salaire
due au changement de résidence (A. 49).
3. Le placement de main-d'œuvre (prospection, sélection, recrutement)
pour le compte d'un tiers est interdit aux personnes physiques et morales
(A. 62).
4. Des fm'mes particulières d'occupation sont mentionnées au chapitre 2
du titre II, telles que l'obligation de réintégration de travailleurs ayant oc-
cupé des fonctions électives.
5. La durée du travail, l'absence du poste de travail et les congés sont
traités d'une manière approfondie au chapitre 3. La durée de travail jour-
nalière et! ou hebdomadaire est fixée par voie législative. La durée jour-
nalière de travail ne peut en aucun cas dépasser douze heures (A. 68). Des
heures supplémentaires au-delà de la durée légale du travail ne peuvent
être demandées que lorsque l'activité le requiert occasionnellement ou
périodiquement et lorsque toutes les voies compatibles avec une utilisation
rationnelle et optimale de la force de travail disponible à l'intérieur des
horaires pratiqués ordinairement auront été épuisées (A. 69). Ces heures
supplémentaires ne doivent pas non plus dépasser la limite fixée par le
statut-type du secteur d'activité en question (A. 70).
L'absence du poste de travail entraîne automatiquement une réduction
correspondante de la rémunération (A. 72, 73). La loi distingue entre trois
formes d'absence:
- une absence non justifiée ou non notifiée (A. 76),
- une absence autorisée sans versement du salaire (A. 77),
- une absence autorisée avec versement du salaire (A. 78).
L'absence autorisée avec maintien du salaire vise avant tout les cas
dans lesquels des mandats électifs sont pris en considération, comme aussi
les sportifs qui bénéficient du statut d'athlète, les syndicalistes, les parti-
cipants à des stages de formation politique ou syndicale, les participants
LE STATUT GÉNÉRAL DU TRAVAILLEUR EN ALGÉRIE 329
à des examens et à des séminaires culturels et scientifiques, les travailleurs
en période de congé-maternité comme enfin les travailleurs devant effectuer
une fois dans leur carrière un pélerinage aux lieux saints de l'Islam CA. 78).
En cas de maladie des règles particulières s'appliquent CA. 74).
Le repos hebdomadaire est d'un jour (A. 79). Tous les travailleurs
bénéficient du même régime de congés annuels (A. 83). Le droit au congé
comme la durée du congé reposent sur le travail fourni pendant la période
de référence (1
er
juillet jusqu'au 30 juin de l'année suivante). Pour des
travailleurs venant d'être engagés, cette période de référence débute à la
date de l'engagement (A. 83). Au droit au congé correspond l'obligation de
prendre son congé (a. 87).
6. L'organisme est tenu d'établir un 1'èglement intérieur fixant les
règles relatives au déroulement technique du travail, à la discipline géné-
rale et aux normes d'hygiène et de sécurité. Cela conformément - outre
les règlements et lois en vigueur - au statut-type du secteur d'activité
et au statut particulier des organismes employeurs. Le règlement intérieur
doit également fixer les sanctions aux manquements dans la vie profes-
sionnelle (rendement insuffisant, infraction à la discipline du travail etc...)
(A. 89).
7. Ce règlement des conflits SU1'venant dans les relations collectives du
travail fait l'objet de procédures de conciliation et d'arbitrage. Un droit
de recours reconnu aux deux parties est prévu lorsque des conflits naissent
entre organisme employeur et travailleur (A. 91).
8. L'article 92 définit les cas de cessation de la relation de travail.
Ces cas sont:
- l'annulation légale,
- la cessation de la relation de travail au terme du contrat de travail
à durée déterminée,
- la démission,
- le licenciement à caractère disciplinaire,
- l'incapacité totale de travail,
- le licenciement pour compression d'effectifs,
- la retraite,
- le décès:
La démission à l'initiative du travailleur doit être présentée par écrit
(A. 93); le licenciement à caractère disciplinaire ne peut intervenir qu'en
conformité avec les lois et règlements en vigueur (A. 97). Le licenciement
pour compression d'effectifs ne peut être prononcé que pour des raisons
économiques valables. Sa procédure est réglée par décret. Ce type de
licenciement se traduit sous forme de licenciements individuels simultanés
de plusieurs travailleurs. Il est interdit à l'organisme employeur, après la
compression d'effectifs, d'instituer des heures supplémentaires sur les
mêmes lieux de travail ou de procéder à de nouveaux recrutements dans
la catégorie professionnelle des travailleurs touchés (A. 94). Le licenciement
pour compression d'effectifs ne doit intervenir que si une autre solution
330 G. IGL
n'est pas possible; avant de prendre ce type de mesures, l'organisme
employeur doit prendre en priorité des mesures telles que la réduction
du temps de travail, le travail intermittent, la mise à la retraite anticipée
et le transfert des personnels dans d'autres organismes employeurs (A. 95).
Les travailleurs touchés par ce type de licenciement peuvent recevoir trois
sortes d'indemnités: des indemnités de préavis, des indemnités de congés
payés et une indemnité de licenciement collectif. Ces travailleurs bénéfi-
cient en outre d'une priorité de recrutement (A. 96).
Si l'on compare les cas de cessation du rapport de travail tels qu'ils
s'appliquent jusqu'à maintenant dans le secteur public et dans le secteur
privé avec ceux du SGT, on remarque que le terme d'« annulation légale»
n'a trouvé d'application jusqu'à présent ni dans le Statut général de la
fonction publique (A. 62 de l'ordonnance n° 66-133), ni dans l'ordonnance
n° 75-31 (A. 31 et 32). On ne trouve dans le SGT même aucune disposition
éclairant la notion d'« annulation légale ». Si l'on considère que chaque
relation de travail produit des effets, on doit se demander comment résoudre
le problème des effets rétroactifs d'un contrat de travail. La signification de
l'adjectif «légale» n'est pas claire non plus. Doit-on entendre par là une
«annulation selon la loi» ou une «annulation par la loi », ou encore l'an-
nulation par les tribunaux (mais selon quelles normes?). On peut aussi
penser que l'annulation prend la place de la révocation, terme qui n'a pas
été repris dans le SGT, et pourtant en vigueur dans le Statut général de
la fonction publique (36).
L'obligation de respecter le secret professionnel est considérée comme
inhérente à l'emploi et le travailleur qui quitte son emploi est donc tenu
de la respecter (cf. A, 37, 200, 201), Un travailleur qui quitte un emploi
du secteur socialiste pour un emploi du secteur privé a besoin de l'appro-
bation de son organisme employeur d'origine. La décision de cet organisme
peut faire l'objet d'un recours (A. 98).
C. LES POSTES DE TRAVAIL.
Le tItre III traite des postes de travail. Au début de ce titre se trouvent
des dispositions générales concernant l'établissement d'une liste de postes
de travail et leur description (A. 100, 101).
1. La cotation des postes de travail est réglementée par le SGT d'une
manière très appronfondie et détaillée (chapitre II du titre III). Ici s'exprime
le souci du législateur de mettre en pratique le principe ancré dans la
constitution et dans la Charte, encore repris dans le SGT, «à chaclm selon
(36) Compare-t-on du reste les dispositions protectrices en cas de cessation de la relation
de travail de l'Algérie avec celles d'un autre pays socialiste, la République démocratique
allemande, il est permis de conclure que le SGT à cet égard ne répond pas à un effort
maximal de protection du travailleur (cf. A. 51 du Code du travail de la RDA, du 16 juin
1977, Gesetzesblatt der Deutschen Demokratischen Republik du 22 juin 1977, Teil 1 nO 18,
p, 185).
LE STATUT GÉNÉRAL DU TRAVAILLEUR EN ALGÉRIE 331
son travail» et «à travail égal, salaire égal ». La cotation des postes de
travail doit être effectuée à l'aide d'une méthode de classification nationale
unique (A. 104). Les seuls critères qui peuvent être utilisés aux fins d'une
cotation sont: la nature des tâches inhérentes à chaque poste de travail,
leur ampleur et leur complexité, le degré de qualification, de responsabilité
et le degré d'efforts physiques, intellectuels ou nerveux que l'accomplisse-
ment de ces tâches implique, les contraintes particulières à caractère exclu-
sivement professionnel ainsi que le degré de nuisance spécifique au poste.
Les salaires comme les primes et indemnités perçues par les pravailleurs
occupant ces postes de travail ne peuvent en aucun cas tenir lieu de
critères de cotation (A. 106). Pour servir d'indice de cotation des postes de
travail, des descriptions-types des postes de travail, qui doivent être repré-
sentatives pour tous les secteurs d'activités, sont établies par décret (A. 110).
Le législateur a accordé une telle importance aux cotations des postes de
travail qu'il a prévu des sanctions pénales en cas d'infraction aux normes
de cotation.
2. Le grade d'un travailleur découle exclusivement de la cotation de son
poste de travail. Ainsi l'avancement ou la rétrogradation dans le grade se
détermine exclusivement d'après le rang du poste de travail (A. 116, 117).
3. Les postes et cadres supérieurs ont une place particulière. Ne peut
être cadre du Parti et de l'Etat qu'une personne qui n'a aucune autre
activité lucratIve et qui ne possède d'aucune manière des intérêts directs
ou indirects dans une société industrielle et commerciale à l'intérieur ou
hors du territoire national (A. 118).
D'autres sous-classifications qui entrent dans le statut-type du secteur
d'activité doivent être déterminées pour les cadres supérieurs d'un orga-
nisme employeur (A. 123). Une liste doit être établie par décret pour les
fonctions supérieures du Parti et de l'Etat (A. 124). Le titre de « cadre supé-
rieur de la nation» est conféré par décret à des personnes qui assument ou
ont assumé de hautes responsabilités auprès des institutions du Parti ou de
l'Etat (A. 126).
Ainsi peut-on affinner sans exagération que les dispositions concernant
les postes de travail constituent un pivot du SGT.
La situation particulière qu'occupent les «cadres supérieurs de l'orga-
nisme employeur» a déjà été décrite d'une façon pénétrante dans la Charte
nationale (37). L'importance du rôle qui leur est dévolu «dans la réalisa-
tion des tâches de la Révolution» et dans l' «effort de développement» est
souligné dans la Charte nationale. Ainsi il existe de la part de l'Etat un
besoin urgent d'intégrer et de motiver les «cadres supérieurs ». Il existe en
même temps de la part de cette couche sociale une pression pour obtenir
un statut propre et des garanties propres. Le SGT a cédé à ces exigences,
au prix de l'introduction d'Une couche de travailleurs qui se distingue du
«travailleur de droit commun ». Le discours unificateur du SGT subit
ici une effraction. Il eut été certainement possible de réserver une place
(37) P. 47 s.
- - - - - - - ~ - - - - - - - - - - -
332 G. IGL
particulière aux cadres supérieurs dans le cadre même de la description des
postes de travail (A. 106). Si l'on compare au contraire les critères supplé-
mentaires définis à l'A. 123 pour le mode de sous-classification des postes
supérieurs, on est obligé de constater que des situations objectives (telles
que p.e. chiffre d'affaires, valeur ajoutée, impact économique, position dans
la stratégie de développement) et non seulement des exigences subjectives
concernant le travail (telles que les définit l'A. 106: degré de qualification,
de responsabilité, d'efforts, contraintes particulières, etc.) sont décisives pour
la définition de la position de cadre supérieur.
D. LA RÉMUNÉRATION DU TRAVAIL (TITRE IV).
1. Salaires; C'est le gouvernement qui a la prérogative de fixer les
salaires. Cette prérogative ne saurait être déléguée aux organismes em-
ployeurs (A. 127). Le niveau et l'éventail des salaires ainsi que le niveau
de la masse des salaires doivent être alignés sur les objectifs exprimés dans
les instruments de la planification étatique (A. 128). Un comité national des
salaires, composé de personnes qualifiées représentant le Parti, les orga-
nisations des masses, les administrations compétentes et les entreprises
socialistes, est chargé, à la demande du Gouvernement d'étudier et de
donner un avis sur les mécanismes de fixation des salaires et sur les pro-
blèmes de politique des salaires (A. 211).
2. Il existe un salaire national minimum garanti (SNMG) pour tous
les secteurs d'activité. Lors de la fixation du salaire minimum, il faut
tenir compte de l'évolution des prix de produits et services de première
nécessité et de large consommation. A cet effet un budget familial type est
fixé. Une suppression des disparités qui existent entre le salaire minimum
dans le secteur agricole et celui des autres secteurs d'activités est visée
(A. 129).
3. La politique salariale tend, au-delà du SNMG, à la suppression pro-
gressive de toutes les inégalités. Il existe encore actuellement des disparités
tant entre le secteur agricole et les autres secteurs, entre la fonction pu-
blique et les entreprises socialistes, qu'entre entreprises socialistes mêmes
(A. 131, 132).
4. En c.cmtrepartie du tmvail qu'il fournit, le travailleur perçoit un sa-
laire et participe aux résultats de l'entreprise. Il bénéficie des œUvres so-
ciales et de la protection sociale (A. 133). Aucun autre avantage ne peut
être revendiqué au titre du travail. Il n'y a que les avantages en nature
expressément prévus par la loi qui puissent être accordés.
Le salaire est constitué d'un «salaire de poste », également d'une
« indemnité de zone» et d'une rémunération complémentaire liée à la quan-
tité et à la qualité, à la productivité et aux résultats du travail (A. 139).
Des indemnités complémentaires sont accordées au travailleur au cas où il
333 LE STATUT GÉNÉRAL DU TRAVAILLEUR EN ALGÉRIE
engage personnellement et exceptionnellement des frais dans le cadre de son
travail, quand il est en mission commandée ou lorsqu'il utilise son propre
véhicule pour le service (A. 140).
Il est interdit au travailleur d'accepter des dons et avantages de tiers
qui entretiennent de manière directe ou indirecte des relations d'affaires
avec l'organisme employeur (A. 145).
5. Le salaire de poste est composé des éléments suivants (A, 146):
- un salaire de base,
- une indemnité de nuisance,
- une indemnité de travail posté,
- une prime ou une pénalité de rendement individuel,
- une indemnité pour heures supplémentaires ou une indemnité for-
faitaires de service permanent,
- une indemnité d'expérience.
6, La seconde composante de la rémunération, l'indemnité de zone, est
accordée pour certaines activités fixées par décret (A. 163 et suite). Il
s'agit autant d'activités dans certains secteurs que d'activités qui exigent
une qualification particulière conformément aux plans de développement.
7. Les «stimulants collectifs et la participation aux résultats» sont la
troisième composante de la rémunération (chapitre IV du titre IV). Il en
existe deux types: la prime ou la pénalité de rendement collectif et la par-
ticipation aux résultats (A. 165), La première est mensuelle et la seconde
est déterminée et payée annuellement (A. 166, 169), Ces stimulants collectifs
constituent un élément mobile de la rémunération (38),
E. PROMOTION ET PROTECTION SOCIALE (TITRE V),
Dans le titre V sont discutées en trois chapitres, la formation profes-
sionnelle, les œuvres sociales et la protection sociale, L'étroite relation entre
protection sociale et monde du travail établie par le SGT est signe d'une
conception du droit du travail qui vise - au moins au plan théorique -
à abandonner la distinction faite entre sphère de production (= monde du
travail) et sphère de réproduction (= promotion et protection sociale).
1. L'importance particulière de la formation p1'ofessionnelle pour un
pays en voie de développement est soulignée au début du titre (A. 171, 172).
Un présalaire de formation peut être accordé à un futur travailleur déjà
(38) Mahfoud GHEZALI, «La participation des travailleurs à la gestion socialiste des
entreprises _, Alger (OPUA) 1979, p. 107 ss., indique que malgré une systématisation des
notions de la composante du revenu de travail, toutes les ambiguïtés ne sont pas levées.
Nous renvoyons pour les problèmes ci-mentionnés à l'ouvrage de GHEZALI, qui constitue
d'ailleurs, dans le domaine de la GSE, un instrument de travail indispensable et précieux.
-------,- ----------
334 G.IGL
engagé (A. 173). Ce présalaire augmente progressivement mais doit être
inférieur au salaire qui serait versé au travailleur s'il occupait immédiate-
ment le poste de travail (A. 175). Les organismes employeurs jouent un rôle
fondamental en matière de formation professionnelle. Ils doivent organiser
et réaliser les actions de formation, en tenant compte des actions des autres
organismes employeurs comme des possibilités de formations existantes, au
niveau inter-entreprises ou au niveau national (A. 176).
A l'article 177 sont décrites dans cette optique les tâches imparties aux
organismes employeurs:
Ils doivent:
- former le personnel futur,
- assurer la formation permanente,
- organiser des actions d'apprentissage,
- alphabétiser les travailleurs,
- aider dans la mesure du possible, à l'acquisition de langues étran-
gères,
- enseigner la langue nationale arabe.
Tout travailleur est tenu de suivre les cours nécessaires (A. 178). Les
travailleurs qualifiés sont mêmes tenus de participer aux actions de forma-
tion (A. 179).
2. Les œuvres sociales doivent faciliter la vie quotidienne du travailleur
et doivent élever son niveau de vie ainsi que celui de sa famille par un
complément à la rémunération du travail, sous forme de prestations en
matière de santé, de logement, de culture et de loisirs (A. 180). Le chapitre
concernant les œuvres sociales formule essentiellement des objectifs de
politique sociale. Ainsi l'Etat doit-il, par la création d'un fond national de
péréquation d'œuvres sociales, uniformiser le degré d'avancement et le
niveau des œuvres sociales (A. 181). Les œuvres sociales sont gérées confor-
mément aux textes organisant la participation des travailleurs aux entre-
prises (A. 182). Les allocations familiales doivent être supprimées; à leur
place seront versées des prestations du Fond national de l'enfance qui sera
créé, mais les droits aux allocations en cours seront maintenus (A. 183).
De la même manière, l'extension progressive des cantines et des transports
en commun amènera une extinction progressive des indemnités de transport
et de panier (A. 184). Lorsqu'un travailleur est logé, nourri, OU transporté
par son organisme employeur, il participe à la prise en charge des frais
(A. 185). En cas de maladie, d'incapacité de traavil ou de mise à la retraite
du travailleur, le droit au maintien dans les lieux ou à un logement décent
est maintenu. Ce droit appartient également, en cas de décès du travailleur,
aux personnes légalement à la charge du travailleur. Ce droit ne vaut pas
pour les logements de fonction (A. 186).
3. La sécurité sociale. Le chapitre concernant la protection sociale
établit le lien avec le système de sécurité sociale. Dans l'article 187, le droit
à la sécurité sociale des travailleurs est affirmé. Un second paragraphe
évoque la refonte en cours du système de sécurité sociale dans le sens d'une
335 LE STATUT GÉNÉRAL DU TRAVAll..LEUR EN ALGÉRIE
planification des régimes et d'une uniformisation des prestations (39). Par
contre, c'est la législation du travail qui assure au travailleur un revenu
de remplacement en cas de maladie ou d'accident (40) (A. 188). On ne peut
comprendre cette disposition qu'en la replaçant dans le cadre du système
de santé de l'Algérie. Depuis 1974 il existe en Algérie un service de santé
gratuit (41) : ainsi, contrairement aux cas, par exemple, de la France ou de
la RFA, ce ne sont pas les caisses d'assurance maladie qui fournissent les
prestations en espèces en même temps que les prestations en nature. La
garantie par le droit du travail vaut pour la perte de revenu de courte et
de longue durée. En cas d'invalidité, le travailleur perçoit non seulement
une pension mais bénéficie aussi d'une rééducation professionnelle (A. 189).
Les organismes employeurs doivent participer au développement de la pro-
tection sociale des travailleurs et de leurs familles (A. 190).
4. L'âge du départ à la retraite est fixé pour chaque secteur. Il peut
être reculé en cas de nécessité par l'organisme employeur et après accep-
tation du travailleur. Des cotisations pour la pension de retraite doivent
être versées par le travailleur comme par l'organisme employeur (A. 193).
Le niveau de la pension dépend du salaire perçu et du nombre d'années
d'emploi. Lorsque le nombre d'années de service atteint un certain seuil, la
pension de retraite ne doit pas s'écarter du salaire de poste. Le niveau mini-
mum vieillesse (la pension de retraite la moins élevée) ne peut être infé-
rieur au salaIre national minimum garanti. La réévaluation des pensions de
retraite est liée à l'évolution des salaires (A. 195). Le risque décès est égale-
ment assuré: les survivants ont droit à une pension. En cas de décès du
travailleur dans l'accomplissement de ses activités professionnelles, une
pension en relation avec le salaire de poste du travailleur décédé est
garantie à la famille du travailleur. Dans ce cas également, la réévaluation
des pensions est liée à l'évolution des salaires (A. 196). Des dispositions
spéciales s'appliquent aux moudjahidine et à leurs ayants droit (A. 198).
(39) Pour les grandes traces de la refonte voir «La refonte de la sécurité sociale.,
Conférence de Monsieur Mohamed Saïd MAzouzI, Ministre du Travail et des Affaires Sociales.
devant les cadres du Parti (21 janvier 1975), publiée dans: Dossiers documentaires nO 22,
janvier 1975, p. 37 sS., édités par le Ministère de l'information et de la culture.
Voir au sujet de la sécurité sociale en Algérie: BELLOULA (Tayeb) «La sécurité sociale
en Algérie., Dossiers documentaires, édités par le Ministère de l'information, Cahier 9,
mai 1970; Ministère de la Santé, Direction générale de la sécurité sociale. «La sécurité
sociale en Algérie., Alger (Caisse nationale de sécurité sociale) 1975 (?). Au sujet de la
réforme prévue: E ~ Moudjahid du 9.2.1976, p. 1-2, L'unüication prochaine des régimes
de sécurité sociale; Et Moudjahid du 14.7.1976, p. 2, «Le directeur national des caisses de
sécurité sociale.; Et Moudjahid du 12.11.1978, p. 2, «Décentralisation et unification des
régimes.; comme enfin: «Sécurité sociale, Les grandes mutations., in Révotution africaine,
nO 679. février 1977, p. 18 et suivantes.
(40) PERÉTO (M.R.), «La législation algérienne en matière de réparation des accidents
du travail et des maladies professionnelles., Alger (Caisse nationale de sécurité sociale)
1976-1977; BELLOULA, (Tayeb) «Réparation des accidents du travail et des maladies profes-
sionnelles., in Et Mouhamat 1974 (1), p. 15 et suivantes; voir du même auteur, «La Légis-
lation algérienne sur la réparation des accidents du travail et des maladies professionnelles».
in Et Mouhamat 1975 (2), p. 11 et suivantes, 1975 (3), p. 18 et suivantes.
(41) Ordonnance N° 73-65 du 28 décembre 1973 portant institution de la médecine
gratuite dans les secteurs sanitaires, JORA du 1er janvier 1974, p. 2.
336 G. IGL
5. La politique sociale en Algérie repose actuellement en principe sur
3 pilliers: sur la sécurité sociale, sur les œuvres sociales au niveau de
l'entreprise et sur l'action sociale étatique. La sécurité sociale subit en ce
moment de profondes mutations. L'héritage français dans ce domaine était
un héritage assez fragmentaire: l'immense majorité des travailleurs algé-
riens étaient écartés de son champ d'application, il y avait multitude de
régimes sur la base professionnelle et en même temps multiplicité des
caisses (42). La refonte de la sécurité sociale envisagée depuis 1975 est
régie par les principes suivants:
- élargissement de la protection socio-sanitaire,
- unification des différents régimes,
- amélioration des prestations,
- redistribution équitable des revenus entre les différentes catégories
de travailleurs,
- décentralisation et modernisation de la gestion,
- intégration aux objectifs nationaux de la planification (43).
Au plan des œuvres sociales, le SGT exprime déjà une seconde étape
de la politique menée en la matière. La première étape visait la création de
ces œuvres la seconde a pour tâche une certaine uniformisation afin d'égali-
ser les disparités des œuvres existantes dans les différents secteurs à travers
un fonds national de péréquation des œuvres sociales (A. 181).
L'action sociale et sanitaire de l'Etat s'est d'abord concentrée sur la
mise en œuvre de la médecine gratuite. La prise en charge des problèmes
de l'enfance par un fonds national de l'enfance (A. 183 SGT) est un deuxième
exemple de l'action sociale étatique. A l'avenir, la protection des per-
sonnes handicapées tombera aussi sous le coup de l'action sociale de l'Etat.
Il faut, à ce suj et, distinguer deux moyens d'interventions: l'intervention
directe par la création des œuvres, l'intervention indirecte par le finance-
ment des associations gérant les œuvres. Il semble qu'actuellement la deu-
xième voie a trouvé une certaine préférence. La politique en la matière
est d'ailleurs plutôt axée sur la mise à la disposition des œuvres (directe-
ment ou indirectement) et la dispense de prestations de services que sur la
distribution de prestations monétaires, Par cette méthode, l'Etat assure la
création d'une infrastructure nécessaire pour la protection sociale (44).
F. LES SANCTIONS (TITRE VI).
Le SGT conient au titre VI une sene de dispositions concernant les
sanctions. Il renvoie aux modalités de sanctions suivantes:
- sanctions prévues par le code pénal,
- sanctions prévues par d'autres lois,
(42) Cf. Dossiers documentaires nO 22, p. 40.
(43) Dossiers documentaires n° 22, p. 58.
(44) Le Dr. AI\UR a tracé les grands axes de la politique sociale devant la Commission
sociale du Parti. cf. la série d'articles parues dans EL Moudjahid, septembre 1979.
LE STATUT GÉNÉRAL DU TRAVAILLEUR EN ALGÉRIE 337
- sanctions prévues par les statuts-types et statuts-particuliers,
- sanctions prévues par les règlements intérieurs.
Dans certains cas, le licenciement sans préavis ou une demande de répa.
ration du dommage subi sont possibles.
Les manquements sanctionnés sont:
- la dissimulation de certains documents,
- la non-observation des dispositions du SGT, des statuts particuliers
et des règlements intérieurs,
- la dissimulation et la fausse déclaration en matière d'incompatibilité
ou de culmul d'emploi,
- le versement, par négligence ou intentionnellement, d'un salaire plus
élevé que le salaire dû,
- la corruption,
- la violation du s ~ r e t professionnel,
- l'entrave à la liberté du travail, à l'exercice du droit d'organisation
syndicale, à la production, ainsi que l'occupation des locaux de tra-
vail et l'immobilisation des moyens de production,
- le sabotage économique.
G. DISPOSITIONS DIVERSES (TITRE VII).
~ dernier titre fixe les modalités d'établissement du comité national
des salaires déjà évoqué. Les autres dispositions de ce titre contiennent
entre autres des règles d'application et des réglementations transitoires.
L'article 213 rend compte de la promotion particulière dont doivent
bénéficier les travailleurs émigrés. Comme déjà indiqué, les travailleurs
étrangers sont soumis à des dispositions particulières (A. 214). Toutes les
dispositions contraires à la présente loi sont abrogées. Toutefois cette dis-
position s'appliquera au fur et à mesure de la publication des textes d'appli-
cation et d'harmonisation (A. 216).
CONCLUSION
La voie particulière que suit l'Algérie dans Son développement se
révèle clairement aussi dans le domaine de l'organisation du travail et de sa
manifestation juridique dans le droit du travail. La signification déjà sou-
lignée du droit du travail pour une organisation sociale de type socialiste
se reflète également dans cette loi. Le droit du travail est sciemment utilisé
comme moyen de développement économique du pays; de plus il remplit des
fonctions politiques et sociales.
---------- . _ - - - _ . ~ . _ .
338 G.IGL
Le SGT n'est pas uniquement une compilation et un complément aux
dispositions de droit du travail en vigueur. La codification qui a été réalisée
là constitue en grande partie un ordre fondamental pour les travailleurs.
Dans cet ordre fondamental, il n'est pas rare que des affirmations à carac-
tère politique et social aient une certaine priorité.
Le SGT a conclu, comme on l'a indiqué en introduction, une longue
évolution dans le droit du travail algérien. En même temps, il se tient au
seuil d'une nouvelle évolution. Ce n'est que lorsque les normes d'applica-
tion du SGT seront parues (45) que l'on pourra juger de toute la portée de
cette 101.
Gerhard IGL *,
(45) En ce moment une vingtaine de textes d'application ont été déposés sous forme
de projet. cf. El Moudjahid du 5 mars 1979. p. 1.
* Société Max-Planck pour le développement des sciences - Groupe d'études en Droit
social international et comparé. Munich (RFA).

316

G. IGL

mais constitue une plate-forme pour la configuration future du monde du travaiL

A.

L'ÉVOLUTION DU DROIT DU TRAVAIL EN AiLGÉRIE.

Les différentes dispositions du Code du travail français furent étendues avec certaines modifications - à l'Algérie au cours des années 1915 à 1954; ainsi l'Algérie disposait-elle, avec le «Code algérien du travail et de la prévoyance sociale (3), d'un droit du travail codifié. Après l'indépendance de l'Algérie, la loi n° 62-157 du 31 décembre 1962 maintint les lois en vigueur à ce jour dont également aussi le droit du travail. L'ordonnance n° 73-29 du 5 juillet 1973 abrogea cette loi avec pour conséquence que les lois en vigueur avant le 3 juillet 1962 (A.2 de l'ordonnance) furent abrogees (4). L'évolution se poursuivit de la manière suivante (5) : l'ordonnance n° 66-133 institua en 1966 un statut général de la fonction publique (6). L'aspiration de l'Algérie à effacer également dans le droit du travail les traces de la dépendance de la France s'exprima publiquement dans le cadre d'un rapport sur la réalisation des objectifs d'un plan quadriennal: un nouveau code du travail, essentiellement et exclusiv~ment algérien» (7) et «authentiquement national» (8) devait naître. Dans la période qui aboutit à la réalisation de ce projet, une série de dispositions concernant le droit du travail furent prises: • ainsi pour le secteur privé: - l'ordonnance n° 71-31 du 16 novembre 1971 relative aux rapports collectifs de travail dans le secteur privé, - l'ordonnance n° 75-31 du 29 avril 1975 relative aux conditions générales de travail dans le secteur privé, - le décret n 75-64 du 29 avril 1975 relatif à la protection du droit syndical dans les entreprises privées, - le décret n° 75-65 du 29 avril 1975 fixant les modalités de constitution et de fonctionnement des commissions paritaires de discipline dans les entreprises du secteur privé, - le décret n° 75-66 du 29 avril fixant les modalités de gestion des œuvres sociales,
b

(3) Dans: Juris-Classeur algérien, Paris (Editions Techniques) 1972. (4) Cette ordonnance n'a pris effet que deux ans plus tard, c'est-à-dire à compter du 5 juillet 1975. Cf. à ce sujet Hubert MICHEL, «Chronique politique 1. - Algérie., dans: AAN 1973, p. 351 s. (5) Un résumé de l'histoire du droit du travail algérien se trouve dans: «Encyclopédie juridique, Répertoire de droit social et du travail, tome 1 >, Paris (Dalloz) 1960, sous la référence «Algérie., Nr. 1-9, comme dans la mise à jour de cet ouvrage, datée de 1978, n° 3, 6, 7, 9, 9-20. (6) JORA du 8 juillet 1966. (7) El Moudjahid du 4 février 1972, p. 4: «Dans le domaine socio-culturel. de grandes décisions ont marqué la première moitié du plan quadriennal. (une enquête de A. CHABANE). (8) EL Moudjahid du 8 février 1972, p. 4: «Décisions et réalisations socio-culturelles II. Un nouveau code du travail authentiquement national., par Azzedine ClIABANE. Sur le développement juridique spécifique en Algérie généralement, voir B. CUBERTAFONll, «L'algérianisation du droit, mythe ou réalité?» : in: Revue juridique et po!itique, Indépendance et coopération 1976, Nr. 2, p. 204 et suivantes.

-252. décret n° 73-176. décret n° 74-251. -150). Les deux. on ne put éviter de négliger pendant une longue période le statut individuel du travailleur.par la suite._. Pour cette raison.le décret n° 75-67 du 29 avril 1975 fixant la contribution des employeurs au financement des œuvres sociales. -256. la nature même de l'organisation du travail correspond à un souhait d'organisation politique de la société. Un important secteur du monde du travail. mais au-delà. ordonnance n° 72-58._.11. se virent nantis d'un droit du travail individuel pour le moins acceptable. l'accent a été mis sur les conditions d'organisation du travail. Cet examen mène aux observations suivantes: c'est en premier lieu l'exercice du pouvoir étatique qui est assuré et consolidé en 1966 par l'institution du Statut général de la fonction publique. décret n °73_ 177. • pour les entreprises socialistes: . sauf les travailleurs de la terre (l'ordonnance n° 75-30 du 29 avril 1975 fixant la durée légale hebdomadaire de travail) ou concernant presque tous les secteurs du travail sauf la fonction publique (l'ordonnance n° 75-32 du 29 avril 1975 relative à la justice du travail._._--- . -254. GSE et Révolution agraire.la Charte de l'organisation socialiste des entreprises ainsi que l'ordonnance n° 71-74 du 16 novembre 1971 relative à la gestion socialiste des entreprises. nombreux ordonnances et décrets relatifs au secteur socialiste (décret TI ° 72-47.le secteur agraire . l'ordonnance n° 75-33 du 29 avril 1975 relative aux attributions de l'inspection et des affaires sociales) ou concernant tous les travailleurs y compris ceux régis par le statut général de la fonction publique (l'ordonnance n° 75-34 du 25 avril 1975 relative à la saisie-arrêt et à la cession des rémunérations). -253. décret n° 75-149. .71) et par l'ordonnance n° 71-73 du 8 novembre 1971 portant révolution agraire (JORA du 30. tandis que pour les travailleurs du secteur socialiste et pour ceux du secteur agraire. le secteur agraire. tandis que les travailleurs du secteur privé. décret n° 75-56.LE STATUT GÉNÉRAL DU TRAVAILLEUR EN ALGÉRIE 317 .le secteur socialiste L'examen des différents textes révèle qu'il n'existe de statut au sens propre que pour les fonctionnaires (mis à part les militaires et les magistrats)et que pour les travailleurs du secteur privé.. Le SGT s'applique aux secteurs de travail suivants: . fut de même l'objet d'une réforme mise en œuvre par la Charte de la révolution agraire de 1971 (JORA du 30. ordonnance n° 75-76. Ainsi des dispositions concernant presque tous les secteurs du travail.le secteur public . quoique réduits à une fonction mineure dans la construction de l'économie. - -. ordonnance n° 75-23. qui a un contenu en effet plus vaste que la définition de certaines formes de participation. -255. doivent être rattachées à la conception politique et économique de l'Algérie.11.- ._- _._- .le secteur privé .1971). 1971 fut l'année de la GSE et de la Révolution agraire.

QUELqUES REMARQUES AU SUJET DE LA CONCEPTION DU DROIT DU TRAVAIL DANS UN PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT D'OPTION SOCIALISTE. 7. p. in: Recht der Arbeit 1978. dans les indications sur le chômage et sur le sous-emploi (16) et. (10) Sur la codification du droit du travail dans les pays socialistes en général. (16) Pour les questions d'emploi cf. La conception du SGT reflète la singularité sur laquelle il a toujours été insisté et à laquelle on a toujours aspiré au cours des travaux préparatoires à la loi.318 G.10.. Il faut distinguer deux éléments. 4 du SGT.. on ne peut s'empêcher de voir une légère contradiction entre l'importance des deux derniers secteurs évoqués pour le développement de l'économie et le manque prolongé d'instruments juridiques adaptés à leur disposition.. p. Cultures et Révolution. p.w and Socia. in: Internationa~ Society for Labour La. d'un code du travail algérien. d'une façon générale la valeur privilégiée qui est déjà accordée au travail et à sa réglementation dans la Charte nationale (12) et dans la Constitution (13). L'harmonisation des rémunérations apparait au prelnier plan. les articles dans: E~ Moudjahid du 23. 29. l'élément socialiste et l'élément propre au pays en voie de développement. lointaine (9). certes. (14) Au sujet de la codification du droit du travail dans les pays en voie de développement voir CORDOVA (Efren). 4 de la Constitution de 1976 dit: «La société est fondée sur le travail. B. 36 et suivantes (citée d'après l'édition du Front de Libération Nationale). (13) L'A. p. à chacun selon son travail» (11). voir aussi MATEY (Maria) "Essential traits of socialist labour codes". et «Le travail est la condition essentielle du développement du pays. 1).. 14. la situation algérienne de l'emploi au terme du deuxième Plan Quadriennal.10.79 (p. No. 1).10. Fall 1977. Si de plus on prend en considération le fait que les dispositions contenues dans le SGT sont destinées à être complétées (le nombre de textes d'application serait selon les estimations. " The Codifications of Labour Law in Developing Countries ". cf. in: Comparative Labour Law. (11) A..t SecuTity. cette singularité se révèle déjà dans le titre même de la loi. Heidelberg 1978. «L'Algérie.79 (p. p. 317 et suivantes. Paris (Seuil) 1977. 3. Reports and proceedings. Vol. la perspective d'une réglementation intégrale du monde du travail reste. (12) Ordonnance N° 76-57 du 5 juillet 1976 portant publication de la Charte Nationale. IGL Même s'il fut nécessaire de laisser s'écouler le temps nécessaire à l'accumulation d'expériences utiles à l'élaboration de nouvelles formes d'organisation du monde du travail. «Occupation massive et sousactivité. 16. Sans entrer dans une analyse détaillée.79 (p. (dans le présent volume).10.79 (p. voir SZUBERT (Waclaw) «La Codification du Droit du Travail. . 319 et suivantes (323 et suivantes). de 80 à 150). l'absence d'un droit de grève dans le secteur socialiste. (9) La rapidité avec laquelle on a déjà abordé les prmcIpaux textes d'application est quand même remarquable. 191 et suivantes.9. L'élément touchant aux conditions spécifiques au pays en voie de développement (14) qu'est l'Algérie s'exprime dans la coexistence d'entreprises privées et socialistes (15).79 (p. 1). Bruno ETIENNE. 9th International Congress. Chantal BERNARD. le remplacement de l'autonomie tarifaire collective par le pouvoir tarifaire étatique. l'inclusion de réglementations sociales protectrices dans le droit du travail et la place des œuvres sociales de l'entreprise.. 1). 302. (15) Cf. il faut cependant désigner les «phénomènes» les plus évidents: des éléments socialistes (10) imprègnent le principe de «à chacun selon ses capacités. 1). 2.

Mais ce n'est pas là le problème. La notion «secteur parapublic. la socialiste qu'on n'a pas eu le temps d'écrire. On reconnait de plus en plus que les personnes qui travaillent dans Ces secteurs sont elles-aussi dans des relations de droit du travaiL Seulement la séparation entre droit public et droit privé n'a pas permis d'établir les rapports révélant ce que ces deux secteurs ont de commun en la matière. Alger (OPUA) 1979. dans l'obligation sociale au travail. p. «Droit du travail. nécessite une mise au clair.. Yves SAINT-GEOURS. L'utilisation de la notion de «droit du travail» en relation avec les réglementations juridiques qui concernent en Algérie le travail. mais elle a été consacrée par le décret nO 74-10 du 30 janvier 1974 portant création de la commission nationale chargée de l'étude de l'harmonisation des statuts et des rémunérations applicables aux personnels des secteurs public et parapublic. «Droit du travail. Paris (LGDJ) 1978. p. 1. 1. un rapprochement des deux domaines apparaît en fait. dans l'importance de la formation professionnelle et de la formation en général. (21) «Charte de l'organisation socialiste des entreprises. Dans le secteur public administratif et économique existent également des relations de travail. p. 2' éd. Cf. Il ne faut cependant pas méconnaître l'influence réciproque des deux secteurs l'un sur l'autre et la nécessité de déceler des convergences (18). Cependant ce qui vaut pour la situation d'un pays occidental comme la France. dans ce sens. Le clivage entre droit privé et droit public existe certainement. qui n'emploie pas la notion «secteur parapublic •. janvier 1979. doté d'une économie capitaliste. op. ou.. n'ont pas perdu leur valeur (<< A Alger. et dans les efforts pour éliminer les disparités de salaires encore existantes. Le droit du travail dans les pays capitalistes appartient traditionnellement au droit privé (17). G. CAMERLYNCK. (citée selon: DossieTS documentaires nO 27.LE STATUT GÉNÉRAL DU TRAVAILLEUR EN ALGÉRIE 319 à plusieurs endroits. (18) Jean-Claude JAVILLIER. les travailleurs.. Paris (LGDJ) 1977. 300 ss. p. est signe d'un certain embarras. confirme que les propos rapportés par François WEISS. ne peut que mettre en lumière que. plus étroitement. 9' éd. Personne ne se fera fort de prétendre que la fonction publique n'est pas distinguée en Algérie du secteur privé. il y a deux lois. Il s'applique surtout au travailleur du secteur privé et s'est par là developpé comme un droit protecteur du travailleur.. même dans les pays encore attachés à cette distinction entre droit public et droit privé qui se répercute sur le concept de droit du travail. 6. cit.. 90). n° 38. «Doctrine et action syndicales en Algérie. Au moment où le salarié (17) Cf. Théoriquement le droit du travail au sens traditionnel n'est pas en mesure d'accueillir la transformation du salarié en producteur-gestionnaire. . 278. au lieu de «secteur socialiste. MAHIOU. op. telle qu'elle doit avoir lieu dans la CSE (21). cit.. Le droit du travail. • Cours d'institutions administratives. les accents sont à placer de manière différente (19). p.H. SAINTGEOURS. 63. distingue l'organisation de l'entreprise du statut protecteur du salarié. Gérard LYON-CAEN. C'est le secteur socialiste (20) qui est ici le secteur le plus important. Paris (Dalloz) 1978. MAHIOu. ne veut rien dire en elle-même. p. édités par le Ministère de l'Information et de la Culture. La situation en Algérie ne peut être comparée que partiellement avec l'évolution décrite. la loi française qu'on n'a pas eu le temps de changer. (19) A. «Les relations du travail dans le secteur public. Paris (Cujas) 1970.... p.• ) (20) L'utilisation fréquente du terme «secteur parapublic. Alger.. celui qui supporte l'évolution économique du pays.

en tant que personne qui donne sa force de travail pour recevoir un salaire et bénéficier de protection sociale.sans se livrer à un débat juridique et doctrinaire pénétrer plus avant dans les problèmes de distinction entre droit public et droit privé.- -~------------- ----------------- 320 G. c'est-à-dire si éventuellement le statut général de la fonction publique a servi . au contraire. il y a eu rapprochement avec les dispositions régissant le secteur privé. L'égalité de traitement doit également être réalisée entre les différents secteurs de travail secteur privé. fonction publique. La simplicité et la maniabilité de l'expression «à travail égal. Des disparités salariales existantes (qui ne sont que l'expression du mépris d'un tel principe) ne sont pas acceptables dans une organisation sociale de type socialiste. op. qui s'exprime dans la phrase «à travail égal. secteur public économique qui étaient soumis à des statuts régissant la condition juridique de travailleurs très différents. Cette analyse permettrait par une approche fonctionnelle . Comment le mariage se peut faire? Si l'on considère l'évolution historique. mais a pénétré et s'est développé dans le statut individuel du travailleur. (22) Cf. 1. LES NÉCESSITÉS MENANT AU SGT. salaire égal» permettent justement de désigner et de rendre accessible à chaque travailleur un objectif fondamental de la conception idéologique algérienne. le droit de l'entreprise et le droit du travail doivent se marier et sont inséparablement liés. désormais à définir d'une manière neuve. salaire égal ».de mieux situer le SGT dans le contexte de la réglementation du monde du travail. La mise en place de cette unité idéologique est à cette occasion susceptible de se faire dans deux sens: là où les distinctions sociales sont inévitables. cil. Le principe de l'égalité de traitement de tous les travailleurs. marque le point de départ idéologique du SGT. Un SGT pour tous les travailleurs peut aussi créer l'unité idéologique nécessaire dans une société comportant indubitablement encore d'importantes distinctions sociales (22).. Le travailleur avait à présent dans la CSE un statut en sa qualité de producteur-gestionnaire. p.IGL devient producteur gestionnaire. On ne peut ici . C. .comme modèle pour certaines dispositions ou si. on constate que le droit de l'entreprise existait déjà en Algérie. Au plan idéologique.du moins en partie . Il serait pourtant d'un certain intérêt de savoir d'où le SGT prend ses inspirations. Le principe de l'égalité de traitement ne met cependant pas uniquement les travailleurs entre eux sur un pied d'égalité. Le SGT à précisément sauté dans cette brèche et vient compléter cet aspect des droits et obligations individuels. Bruno ETIENNE. 54 55. à travers la participation du travailleur. Mais un statut lui manquait en tant que force de travail.

(27) FEDAOUI (Idir) • Rapport sur le statut du personnel des entreprises publiques en Algérie. (26) BELLOULA. op. 11 ss. l'octroi de protection sociale et d'œuvres sociales. 1979. Désormais le travailleur est à la fois acteur politique et moteur économique: «Chaque travailleur doit tendre à renforcer son rôle aussi bien dans son milieu professionnel qu'au sein de la nation. Eu égard à cette fonction-clé. p. toutes les branches économiques importantes appartiennent au secteur public. Pour inciter les travailleurs à la productivité et pour pouvoir aussi élever le niveau de vie (28). l'étape suivante de la politique fut la décentralisation. Si l'on a commencé en Algérie par suivre une position de centralisation (24). A l'heure actuelle.inspirés de lois françaises . «De l'organisation socialiste des entreprises. p. il était indispensable de munir les supports de la productivité d'un statut.. conçues contre les employeurs suspectés. désormais le rôle-moteur pour l'économie revient aux entreprises socialistes (26). Abdelmadjid BOVZIDI. Alger (Ed. (24) Mostefa BOUTEFNOUCHET.étaient avant tout des lois protectrices des travailleurs. (25) BOUTEFNOUCHET. la déconcentration et la démocratisation de ces branches économiques (25). Le SGT répond ici à une nécessité primordiale. 5 SGT). op. l'absence d'un statut des travailleurs dans ce secteur constituait une lacune particulièrement insupportable.. (23) Cf. La nouvelle conception est définie et déjà coulée en forme dans la CSE. numéro spécial 1975 . au-delà de l'égalité de traitement et de la mise en place de l'unité idéologique des travailleurs. En fin de compte.. Au plan économique. ANEP.LE STATUT GÉNÉRAL DU TRAVAILLEUR EN ALGÉRIE 321 elles peuvent être masquées plus facilement. «Le socialisme dans l'entreprise. l'absence de dispositions statutaires susceptibles d'uniformiser la situation des travailleurs dans nos Entreprises Publiques est source d'instabilité et d'inégalité» (27). p. 33. p. C'est le secteur public économique qui est en Algérie le pilier essentiel du développement économique (23).3 (Alger). p.. politique et idéologique» (Al. cit. Le véhicule de cette politique est la GSE. (28) Charte Nationale. 5. ANEP) 1978. p. 31 s. Alger (OPUA). dans: Intégration. Pour des raisons idéologiques... 93 s... 2. là où elles sont inadmissibles socialement. p. Ainsi.) 1977.» . c'est le levier que constitue le SGT qui pourra les éliminer. 32. par l'élévation continue de son niveau professionnel et culturel et de son degré de conscience civique. Revue du CMERA. la participation aux fruits de l'entreprise. Tayeb BELLOVLA. dans la Révolution agraire. la nouvelle conception s'avérait également nécessaire à cause du simple fait que les textes de droit du travail en vigueur jusqu'alors . à l'occasion de laquelle le secteur économique étatique acquit une grande importance. . les éléments de cette intégration sociale sont d'ailleurs multiples et se contrebalancent probablement: l'estimation qui s'exprime dans le fait d'être muni d'un statut. articulée dans la Charte nationale et dans la Constitution et à présent dans le SGT. «Politique économique de la transition au socialisme. Alger (Ed. cit. c'est leur intégration sociale qui peut être favorisée. 95 s..

Le SGT prend tout de même en compte les particularités et les besoins spécifiques des différents secteurs (31).e. op. qui est prise en compte beaucoup moins souvent. Le SGT coiffe l'ensemble des statuts des travailleurs. (31) Cf. 3. que l'Algérie a pourtant ratifiée.les rémunérations du travail elles aussi sont soumises à une uniformisation. p. QUELQUES ASPECTS RELATIFS A LA QUALITÉ DES NORMES DU SGT. Par conséquent le SGT s'applique dans les limites citées à tous les travailleurs du secteur public économique et administratif comme à tous ceux du secteur privé. définis et modelés selon les exigences et besoins des différents secteurs d'activité et des organismes employeurs. 140 5S. Aussi le SGT n'est-il pas destiné à satisfaire aux nécessités de la planification. aux mesures de police concernant les étrangers. (30) Pour les travailleurs étrangers l'article 214 renvoie aux dispositions définies par la législation relative à ce groupe de travailleurs. 212) (30). FEDAOUI.IGL Dans le cadre économique.322 G. on peut cependant trouver les diverses formes de concrétisations suivantes: .. Un système économique qui repose sur une planification intensive (29). Il ne s'agit certes que d'un effet accompagnant le SGT. il sera bien plus facile aux instances de planification de relever les données exactes. Mais on ne devrait cependant pas sousestimer l'effet positif produit de cette manière SUr les objectifs de planification. à l'exception du Statut de la Fonction Militaire. trahissent le discours égalitaire du SGT ou si. et qui est conduit à l'aide de cette planification. Sans vouloir dresser un bilan exhaustif et complet. comme p. cit. A cette fin. Au plan de la technique législative le degré extrêmement différent de concrétisation de normes du SGT est étonnant. conformément à l'esprit du SGT. D. Si comme le veut le SGT. Si l'on interprétait cette disposition comme situant les travailleurs étrangers en dehors du SGT. qui devra cependant également s'inspirer du SGT (A. Au plan statutaire.sur cette base . Ce n'est qu'après avoir pris connaissance de ces statuts qu'il sera possible de juger si ces statuts. on n'aspire en effet qu'à faire droit aux seuls besoins particuliers justifiés. tous les postes de travail sont soumis à une cotation et si . 27 ss.disposition à caractère intentionnalistej (29) Charte Nationale. probablement doit-on la comprendre de telle manière qu'en fait les travailleurs étrangers sont soumis à des dispositions suppLémentaires. p. il y a une deuxième nécessité. . En fin de compte des statuts particuliers seront établis pour chaque organisme employeur. des statuts types doivent être créés par décrets. a besoin de données exactes au nombre desquelles appartiennent les données concernant les postes de travail et les structures de salaires. elle serait incompatible avec la convention N° 111 de l'OIT.

ou les dispositions faisant appel aux travailleurs (comme par exemple l'A. doit accomplir. Les garanties sont en partie sanctionnées dans les lois (A.. Elle est à placer dans le contexte de la transition au socialisme. Il va de soi qu'une disposition peut contenir plusieurs des éléments cités. de concrétiser dans le travail et en permanence. Ainsi la simple lecture de la manière de concrétiser des normes contenues dans le SGT contient-elle déjà une analyse de la situation spécifique du pays en voie de développement qu'est l'Algérie. avec conscience et efficacité. toutes les tâches inhérentes au poste qu'il occupe. 25: «l'Etat assure les protections et facilités dont bénéficie l'exercice du droit syndical»). 183) et au Comité national des salaires (A 211). quel que soit son rang dans la hiérarchie.. Il faut noter que cette distinction n'a pas seulement un intérêt juridique mais qu'une réalité. 6 à 14)... 27 qui dit: «Le travailleur. 12: «la protection des droits spécifiques de la femme au travail est assurée conformément à la législation en vigueur») ou c'est l'Etat qui les assume directement (A. 28)). dispositions relatives à une réglementation ultérieure. 181). à chacun selon son travail» (A. la réalité algérienne du monde du travail. dispositions à réglementation complète. en ayant le souci constant d'améliorer la qualité de son travail et d'augmenter la production et la productivité»).. dispositions contenant un appel aux travailleurs. et au mieux de ses capacités professionnelles productives et créatives. dispositions dépendant dans leur contenu de la mise en œuvre des institutions.. augmenter sa participation au progrès de la Révolution» (A. il serait donc erronné de qualifier le SGT dans sa totalité de loi intentionnaliste. 5). le SGT répond par des garanties (A.. Cette réalité algérienne du monde du travail n'est ni définitive ni immuable. Ce mouvement se manifeste surtout dans les dispositions à caractère intentionnaliste (comme par exemple: «il incombe au travailleur comme à son organisme employeur. ... A ces appels exprimés sous forme assez contraignante. de la discipline et des instructions de la hiérarchie._ .LEUR EN ALGÉRIE 323 - dispositions reprenant des dispositions de la Charte ou de la Constitution. _ . le principe de la Charte nationale «de chacun selon ses capacités.. relatives au Fonds national de l'enfance (A.LE STATUT GÉNÉRAL DU TRAVAll. dispositions à réglementation directe. Les dispositions dépendant de la mise en œuvre des institutions sont surtout celles relatives au Fonds national de péréquation des œuvres sociales (A. dans le respect de la loi et des dispositions réglementaires.-- . partant. s'y reflète. Il faut ajouter qu'il est vrai que les normes d'appel et de garantie ne sont pas en majorité si l'on considère l'ensemble des dispositions du SGT. Du reste les normes qui s'adressent aux travailleurs combinent le plus souvent l'aspect intentionnaliste et l'aspect d'appel (par exemple: le travailleur «doit mobiliser sans cesse sa volonté pour contribuer à l'élévation des capacités d'action et au développement du pays et.

D'après le SGT. 4.8. aux dispositions correspondantes en vigueur (A. . 1).8. (33) Tayed BELLOULA" dans Révolution et Travail. ainsi dans les éditions du 6. para.que sont promulgués les statuts particuliers propres aux travailleurs des différents organismes employeurs. Ce n'est que dans le (32) Les différentes dispositions du SGT ont été largement traitées dans le quotidien El Moudjahid.1978 (p. Dispositions diverses (Titre VII). 20. BELLOULA exprime ce problème de manière concluante: «On peut toutefois se demander si cette restriction est totalement justifiée dans la mesure où le principe de base du capitalisme est aboli.324 G./26.1978 (p. 3).. La relation travailleur-employeur est remplacée par celle de travailleurorganisme employeur. et qui n'emploie pas à son profit d'autres travailleurs dans son activité professionnelle» (33) (A. 14. 1.9. p. 18. cit.9 1978. 23.7. cependant des décrets peuvent définir des statuts-types pour chaque secteur d'activité. 196: "The legal term 'worker' embraces in the socialïst law a unified category of employed persons". 18. 24. 1).8. soulève le problème posé par le fait que cette clause d'exclusion touche également des travailleurs qui dans leur ensemble auraient besoin de la protection du SGT: comme par exemple des écrivains employant une personne chargée de la dactylographie de leurs textes. (34. en ce qui concerne la participation des travailleurs à la vie de l'entreprise et le système de gestion dans le secteur socialiste agricole. 1978 (p. La rémunération du travail (Titre IV).après consultation des instances syndicales .8. 1 et 3).16. 1)..8. et dans la mesure aussi où dans un pays socialiste il n'y a que des travailleurs? Il est vrai que le SGT est construite sur la base de la relation de travail (la relation entre organisme employeur et travailleur). 25.1978 (p.(19. 14. à savoir l'appropriation privée des moyens de production. Les travailleurs qui travaillent à leur propre compte ne sont pas compris. La loi n° 78-12 est certes la base de définition du SGT (A. 1. op.9. qu'il soit intellectuel ou manuel.8. C'est également par voie réglementaire .1978 (p. 1). est travailleur « toute personne qui vit du produit de son travail. Malgré tout pouvait-on envisager qU'en particulier les parties du SGT ayant pour objet la protection sociale soient également applicables au cercle de personnes sus-mentionné.1978 (p. 1). 15.8.1978 (p. La loi renvoie. il est divisé en 7 titres: Les principes généraux définissant les droits et obligations des travailleurs (Titre I). Les postes de travail (Titre III). La relations de travail (Titre II). 1). 1 et 3). para. nO 360 du 30. 1 et 3). 1).8. 22. La distinction n'est pas faite entre employés (occupation principalement intellectuelle) et travailleurs (occupation principalement manuelle) (34). para. 15. IGL LES DISPOSITIONS DU SGT (32) Le SGT comprend 216 articles.1978 (p.1978 (p. Sanctions (Titre VI).) Voir à ce sujet MATEY.1978 (p.1978 (p. 2). 4). Promotion et protection sociale (Titre V). un type de relation donc qui n'existe pas dans les cas cités par BELLOULA. 3).8.1978 (p. 1).

sont les suivants: . op. 10). . 26). La diversité des sources de droit reflète également le conflit entre les différents besoins auxquels le SGT doit faire face concrètement. p. . Toute clause du contrat de travail qui abroge les droits des travailleurs définis au Chapitre l est nulle (A. 303. ce sont ces sources. Il est vrai que cette division est fonctionnelle. 7). auxquelles s'ajoutent les autres dispositions s'y rapportant (A.. Les différents droits du travailleur sont fixés par des dispositions législatives. Le législateur du SGT lui non plus ne pouvait passer à côté du fait que même dans un future société de type socialiste le monde du travail serait divisé. ETIENNE. Ds bénéficient des mêmes rémunérations et avantages pour un même travail et à égalité de qualification et de rendement (A. qui régissent la relation de travail. Au-delà il ressort clairement du SGT qu'une division hiérarchique elle-aussi est jugée nécessaire dans l'organisme employeur. LES PRINCIPES GÉNÉRAUX DÉFINISSANT LES DROITS ET OBLIGATIONS DES TRAVAILLEURS. (35) Cf.Les autres dispositions de droit du travail sous forme de loi ou de décret. dt.à part les principes généraux formulés dans la Charte nationale comme dans les articles correspondants de la Constitution .Les statuts particuliers des organismes employeurs sur la base des statuts-types: . Le titre premier définit les droits et obligations des travailleurs. Le droit au travail a déjà été consacré à l'article 59 de la Constitution. 3).dans le secteur public par voie réglementaire.Le Statut général du travailleur. Les sources juridiques du droit du travail contenu dans la loi n° 78-12 .Les statuts-types pour les différents domaines d'activités (sous forme de décret). L'Etat assure la stabilité et la sécurité de l'emploi à tous les travailleurs. . il n'est cependant pas exclu que des points de vue injustifiables d'après cette séparation des secteurs de travail ne viennent s'y glisser. A.LE STATUT GÉNÉRAL DU TRAVAILLEUR EN ALGÉRIE 325 secteur prIve que les conventions collectives. dans les conditions prévues par le SGT et par les textes d'application qui en découlent (A. Le traitement des cadres supérieurs révèle en particulier la prise en compte de cette nécessité (35). il est à nouveau affirmé dans l'article 6 de la loi. qui doivent cependant respecter les statuts-types. sont possibles. Le principe est que les travailleurs sont égaux en droits et en devoirs. De la même manière. c'est-à-dire établie selon les secteurs de travail. .dans le secteur privé sous forme de conventions collectives. .

27). en surveillant son adaptation au travail et en prévenant les maladies professionnelles et les accidents du travail. 35 se caractérisent par une obéissance presqu'extrême . C'est la loi qui règle les détails (notamment les procédures de conciliation et d'arbitrage). elle est libre (A. 28. garantie par l'Etat. accident et décès (A. 4. IGL 1. dans des cas exceptionnels fixée par décret. L'adhésion au syndicat est ouverte à tous les travailleurs. Ainsi le travailleur doit-il «avec conscience et efficacité.326 G. 34). 24. 18). 30.Activité syndicale. sont soumis à des obligations particulières (A. 9. 31. en ayant le souci d'améliorer la qualité de son travail et d'augmenter la production et la productivité» (A. les locaux de travail. 25).. Le droit de grève n'est reconnu. etc. Le droit syndical est reconnu à tous les travailleurs. Des travailleurs ayant un rang élevé dans la hiérarchie. Les principes et modalités de constitution et de fonctionnement du syndicat sont déterminés par les statuts et règlements de l'Union Générale des Travailleurs Algériens (UGTA) (A. maladie.Rémunération et conditions de travail. La médecine du travail a pour mission de préserver la santé des travailleurs. 24).Protection sociale. 12). Les obligations du travailleur visées à A. 23). des travailleurs occupant des postes requérant un sens élevé de responsabilité. 21). .. De plus le travailleur a un droit d'information sur les activités des organismes employeurs (A. Les femmes qui travaillent jouissent de droits protecteurs spécifiques (A. 61 de la Constitution. 2. sous forme de revenu proportionnel aux résultats du travail (A. Une autre disposition règle le secret professionnel (A. La rémunération doit être fournie sous forme de salaire ou.. cette protection continue à s'appliquer pendant une durée d'un an à partir de l'expiration du mandat (A. 20). Les d1'oits du tmvailleur peuvent être envisagés sous les aspects suivants: . 19). En ce qui concerne le domaine de la protection sociale au sens large. 3. Le travailleur bénéficie en outre des œuvres sociales. Dans le domaine des conditions de travail la loi renvoie à l'obligation faite à l'organisme employeur de garantir l'observation des normes d'hy_ giène et de sécurité (A. . 34). Les représentants élus des travailleurs jouissent d'une protection particulière. contient un catalogue détaillé d'instructions concernant l'attitude du travailleur. 13). 33. la loi souligne que le travailleur et sa famille sont assurés contre les risques vieillesse. En outre une stricte interdiction est formulée à l'A. L'amélioration des conditions de travail fait également partie de la mission de la médecine du travail (A. n 5. conformément à l'A. que dans le secteur privé (A. En outre une place importante est accordée au travailleur dans le développement du pays (A. comme par exemple les postes d'encadrement. (accomplir) toutes les tâches inhérentes au poste qu'il occupe... 38 d'utiliser les instruments de travail. en lui évitant toute altération physique ou mentale. Les obligations du travailleur sont décrites au chapitre 2 du titre 1. 37). 14). à des fins étrangères au service.

LE STATUT GÉNÉRAL DU TRAVAILLEUR EN ALGÉRIE 327 exigée du travailleur (<< '" se conformer aux impératifs d'une organisation du travail rigoureuse et rationnelle.. «apporter dans son travail la contribution maximale. période qui peut atteindre 9 mois pour les postes de responsabilité (A. ensuite seulement en recourant au recrutement extérieur de travailleurs nationaux. Des embauches ne sont possibles que s'il y a des postes vacants ou que si de nouveaux postes sont créés.. Chaque candidat à un emploi doit se soumettre à des examens médicaux et à des tests professionnels (A. B. «assurer l'accomplissement scrupuleux des objectifs de production ». LA RELATION DE TRAVAIL..«la relation de travail» . L'âge minimum requis pour le recrutement est de seize ans. Des dispositions réglant des cas d'incompatibilité existent lorsqu'un travailleur du secteur socialiste possède. ». y compris les travailleurs algériens séjournant à l'extérieur du pays (dans le cadre de la politique nationale de réinsertion des travailleurs émigrés). à la suite de quoi on procède à l'examen d'une éventuelle incompatibilité (A. sans relâche. «contribuer au respect de l'unité de direction ») et par des exhortations renforçant la productivité (<< prêter. «viser. L'embauche définitive du travailleur est consacrée par un acte réglementaire ou par un .. des biens ou des intérêts dans toute société ou exploitation industrielle ou commerciale. ses capacités professionnelles et ses références et! ou sur les examens internes à l'organisme professionnel (A. Cette disposition s'applique également au cas où le conjoint d'un travailleur du secteur socialiste exerce une activité lucrative ou détient à l'intérieur ou à l'extérieur du territoire national des intérêts financiers industriels ou commerciaux (A.on trouve des dispositions très détaillées concernant les conditions de recrutement. certains types d'activités. 54). Le recrutement se détermine sur la base d'une appréciation globale qui s'appuie sur les titres et diplômes du candidat. condition essentielle d'une meilleure productivité»).. Chaque candidat recruté est soumis à une période d'essai de 6 mois au plus. 39). 45). De seize ans à leur majorité civile les jeunes travailleurs ont les mêmes droits et obligations que les travailleurs majeurs (A. 57). à l'élimination du gaspillage ». 40). son concours actif ».. Des travailleurs étrangers doivent être embauchés selon les dispositions législatives en vigueur (A. «contribuer à l'instauration de saines relations professionnelles. Des postes vacants ou nouvellement créés doivent être occupés en recourant en premier lieu aux possibilités de promotion interne. Dans le titre II . 55). Les statuts de chaque organisme employeur particulier fixent par ailleurs l'âge d'admission à l'embauche. la durée du travail ainsi que les règlements intérieurs et les procédures de conciliation. 6. ». Ce travail est tenu d'en informer immédiatement l'organisme employeur. 1. à l'intérieur ou hors du territoire national. 44).

tout en respectant les dispositions en vigueur. L'organisme employeur peut affecter un travailleur à un poste exigeant une qualification égale. 78). Cette relation de travail existe néanmoins sur la base du fait même de travailler pour un organisme employeur (A. Des heures supplémentaires au-delà de la durée légale du travail ne peuvent être demandées que lorsque l'activité le requiert occasionnellement ou périodiquement et lorsque toutes les voies compatibles avec une utilisation rationnelle et optimale de la force de travail disponible à l'intérieur des horaires pratiqués ordinairement auront été épuisées (A.une absence non justifiée ou non notifiée (A. du personnel saisonnier peut être engagé. 49). La durée du travail. 72. et après avoir passé des tests professionnels. 73). Exceptionnellement du personnel temporaire ou. 77). 50). l'absence du poste de travail et les congés sont traités d'une manière approfondie au chapitre 3.une absence autorisée avec versement du salaire (A. telles que l'obligation de réintégration de travailleurs ayant occupé des fonctions électives. L'absence autorisée avec maintien du salaire vise avant tout les cas dans lesquels des mandats électifs sont pris en considération. Ces heures supplémentaires ne doivent pas non plus dépasser la limite fixée par le statut-type du secteur d'activité en question (A. 59). 53). . ce personnel est rémunéré aux mêmes conditions que le personnel recruté pour une période indéterminée (A. 5. 2. La relation de travail prend naissance avec le contrat de travail. 3. les participants . La durée de travail journalière et! ou hebdomadaire est fixée par voie législative. si les circonstances l'exigent. 69). Des candidats qui ne répondent pas complètement aux exigences peuvent cependant être engagés au bout d'une certaine période s'ils se révèlent être aptes. La loi distingue entre trois formes d'absence: . les participants à des stages de formation politique ou syndicale. 4. IGL contrat (A 58). Le placement de main-d'œuvre (prospection.une absence autorisée sans versement du salaire (A. recrutement) pour le compte d'un tiers est interdit aux personnes physiques et morales (A. Bien entendu cette affectation n'a pas le droit d'être une sanction déguisée. 62). La relation de travail est en principe à durée indéterminée (A. 51). Des fm'mes particulières d'occupation sont mentionnées au chapitre 2 du titre II.328 G. L'absence du poste de travail entraîne automatiquement une réduction correspondante de la rémunération (A. comme aussi les sportifs qui bénéficient du statut d'athlète. La durée journalière de travail ne peut en aucun cas dépasser douze heures (A. le candidat est réaffecté à un poste correspondant à sa qualification (A. 76). 68). elle ne peut pas non plus entraîner une atteinte au pouvoir d'achat du salaire due au changement de résidence (A. les syndicalistes. 70). sélection. Si ce n'est pas le cas. . Une forme écrite n'est pas nécessaire.

94). . Le repos hebdomadaire est d'un jour (A.. 93). 79). à la discipline générale et aux normes d'hygiène et de sécurité.l'annulation légale. 87). Un droit de recours reconnu aux deux parties est prévu lorsque des conflits naissent entre organisme employeur et travailleur (A. Tous les travailleurs bénéficient du même régime de congés annuels (A. après la compression d'effectifs. 91). . Sa procédure est réglée par décret. cette période de référence débute à la date de l'engagement (A.la retraite. 6.la démission. . Cela conformément . . Au droit au congé correspond l'obligation de prendre son congé (a. d'instituer des heures supplémentaires sur les mêmes lieux de travail ou de procéder à de nouveaux recrutements dans la catégorie professionnelle des travailleurs touchés (A. Il est interdit à l'organisme employeur. Le règlement intérieur doit également fixer les sanctions aux manquements dans la vie professionnelle (rendement insuffisant. 83). .. 89).au statut-type du secteur d'activité et au statut particulier des organismes employeurs. 97). le licenciement à caractère disciplinaire ne peut intervenir qu'en conformité avec les lois et règlements en vigueur (A. 74). En cas de maladie des règles particulières s'appliquent CA.le licenciement à caractère disciplinaire.le licenciement pour compression d'effectifs. 7. L'organisme est tenu d'établir un 1'èglement intérieur fixant les règles relatives au déroulement technique du travail. L'article 92 définit les cas de cessation de la relation de travail. 78). Le droit au congé comme la durée du congé reposent sur le travail fourni pendant la période de référence (1er juillet jusqu'au 30 juin de l'année suivante). 83). Le licenciement pour compression d'effectifs ne doit intervenir que si une autre solution . Ce type de licenciement se traduit sous forme de licenciements individuels simultanés de plusieurs travailleurs. infraction à la discipline du travail etc. Pour des travailleurs venant d'être engagés.) (A.LE STATUT GÉNÉRAL DU TRAVAILLEUR EN ALGÉRIE 329 à des examens et à des séminaires culturels et scientifiques. 8.la cessation de la relation de travail au terme du contrat de travail à durée déterminée. Le licenciement pour compression d'effectifs ne peut être prononcé que pour des raisons économiques valables. Ce règlement des conflits SU1'venant dans les relations collectives du travail fait l'objet de procédures de conciliation et d'arbitrage. Ces cas sont: .l'incapacité totale de travail. les travailleurs en période de congé-maternité comme enfin les travailleurs devant effectuer une fois dans leur carrière un pélerinage aux lieux saints de l'Islam CA. .outre les règlements et lois en vigueur .le décès: La démission à l'initiative du travailleur doit être présentée par écrit (A. .

185). il est permis de conclure que le SGT à cet égard ne répond pas à un effort maximal de protection du travailleur (cf. 100. des indemnités de congés payés et une indemnité de licenciement collectif. la République démocratique allemande. 62 de l'ordonnance n° 66-133). terme qui n'a pas été repris dans le SGT. 1.330 G. On peut aussi penser que l'annulation prend la place de la révocation. Teil 1 nO 18. 201). C. Au début de ce titre se trouvent des dispositions générales concernant l'établissement d'une liste de postes de travail et leur description (A. 96). Les travailleurs touchés par ce type de licenciement peuvent recevoir trois sortes d'indemnités: des indemnités de préavis. Le tItre III traite des postes de travail. Un travailleur qui quitte un emploi du secteur socialiste pour un emploi du secteur privé a besoin de l'approbation de son organisme employeur d'origine. du 16 juin 1977. 101). Ces travailleurs bénéficient en outre d'une priorité de recrutement (A. la mise à la retraite anticipée et le transfert des personnels dans d'autres organismes employeurs (A. p. La cotation des postes de travail est réglementée par le SGT d'une manière très appronfondie et détaillée (chapitre II du titre III). La signification de l'adjectif «légale» n'est pas claire non plus. l'organisme employeur doit prendre en priorité des mesures telles que la réduction du temps de travail. 98). 51 du Code du travail de la RDA. Si l'on considère que chaque relation de travail produit des effets. le travail intermittent. A. on remarque que le terme d'« annulation légale» n'a trouvé d'application jusqu'à présent ni dans le Statut général de la fonction publique (A. 95). et pourtant en vigueur dans le Statut général de la fonction publique (36). A. Si l'on compare les cas de cessation du rapport de travail tels qu'ils s'appliquent jusqu'à maintenant dans le secteur public et dans le secteur privé avec ceux du SGT. on doit se demander comment résoudre le problème des effets rétroactifs d'un contrat de travail. ni dans l'ordonnance n° 75-31 (A. IGL n'est pas possible. encore repris dans le SGT. La décision de cet organisme peut faire l'objet d'un recours (A. Gesetzesblatt der Deutschen Demokratischen Republik du 22 juin 1977. «à chaclm selon (36) Compare-t-on du reste les dispositions protectrices en cas de cessation de la relation de travail de l'Algérie avec celles d'un autre pays socialiste. ou encore l'annulation par les tribunaux (mais selon quelles normes?). L'obligation de respecter le secret professionnel est considérée comme inhérente à l'emploi et le travailleur qui quitte son emploi est donc tenu de la respecter (cf. On ne trouve dans le SGT même aucune disposition éclairant la notion d'« annulation légale ». . Doit-on entendre par là une «annulation selon la loi» ou une «annulation par la loi ». LES POSTES DE TRAVAIL. 31 et 32). Ici s'exprime le souci du législateur de mettre en pratique le principe ancré dans la constitution et dans la Charte. 200. avant de prendre ce type de mesures. 37.

Le discours unificateur du SGT subit ici une effraction. 123). qui doivent être représentatives pour tous les secteurs d'activités. -------~----------- . Le grade d'un travailleur découle exclusivement de la cotation de son poste de travail. Il existe en même temps de la part de cette couche sociale une pression pour obtenir un statut propre et des garanties propres. 117). Les salaires comme les primes et indemnités perçues par les pravailleurs occupant ces postes de travail ne peuvent en aucun cas tenir lieu de critères de cotation (A.LE STATUT GÉNÉRAL DU TRAVAILLEUR EN ALGÉRIE 331 son travail» et «à travail égal. 3. L'importance du rôle qui leur est dévolu «dans la réalisation des tâches de la Révolution» et dans l' «effort de développement» est souligné dans la Charte nationale. Les postes et cadres supérieurs ont une place particulière. Ainsi l'avancement ou la rétrogradation dans le grade se détermine exclusivement d'après le rang du poste de travail (A. 2. 104). le degré de qualification. Ne peut être cadre du Parti et de l'Etat qu'une personne qui n'a aucune autre activité lucratIve et qui ne possède d'aucune manière des intérêts directs ou indirects dans une société industrielle et commerciale à l'intérieur ou hors du territoire national (A. Il eut été certainement possible de réserver une place (37) P. Le titre de « cadre supérieur de la nation» est conféré par décret à des personnes qui assument ou ont assumé de hautes responsabilités auprès des institutions du Parti ou de l'Etat (A. Le législateur a accordé une telle importance aux cotations des postes de travail qu'il a prévu des sanctions pénales en cas d'infraction aux normes de cotation. 110). Le SGT a cédé à ces exigences. D'autres sous-classifications qui entrent dans le statut-type du secteur d'activité doivent être déterminées pour les cadres supérieurs d'un organisme employeur (A. 116. leur ampleur et leur complexité. les contraintes particulières à caractère exclusivement professionnel ainsi que le degré de nuisance spécifique au poste. Les seuls critères qui peuvent être utilisés aux fins d'une cotation sont: la nature des tâches inhérentes à chaque poste de travail. de responsabilité et le degré d'efforts physiques. 118). Une liste doit être établie par décret pour les fonctions supérieures du Parti et de l'Etat (A. salaire égal ». La situation particulière qu'occupent les «cadres supérieurs de l'organisme employeur» a déjà été décrite d'une façon pénétrante dans la Charte nationale (37). 126). Ainsi peut-on affinner sans exagération que les dispositions concernant les postes de travail constituent un pivot du SGT. Ainsi il existe de la part de l'Etat un besoin urgent d'intégrer et de motiver les «cadres supérieurs ». 106). La cotation des postes de travail doit être effectuée à l'aide d'une méthode de classification nationale unique (A. au prix de l'introduction d'Une couche de travailleurs qui se distingue du «travailleur de droit commun ». 124). Pour servir d'indice de cotation des postes de travail. 47 s. intellectuels ou nerveux que l'accomplissement de ces tâches implique. des descriptions-types des postes de travail. sont établies par décret (A.

Aucun autre avantage ne peut être revendiqué au titre du travail. position dans la stratégie de développement) et non seulement des exigences subjectives concernant le travail (telles que les définit l'A. composé de personnes qualifiées représentant le Parti. 131. il faut tenir compte de l'évolution des prix de produits et services de première nécessité et de large consommation. Le niveau et l'éventail des salaires ainsi que le niveau de la masse des salaires doivent être alignés sur les objectifs exprimés dans les instruments de la planification étatique (A. IGL particulière aux cadres supérieurs dans le cadre même de la description des postes de travail (A. A cet effet un budget familial type est fixé. Cette prérogative ne saurait être déléguée aux organismes employeurs (A. 129).e. les organisations des masses. 132). les administrations compétentes et les entreprises socialistes. etc. 123 pour le mode de sous-classification des postes supérieurs. C'est le gouvernement qui a la prérogative de fixer les salaires. 1. Le salaire est constitué d'un «salaire de poste ». chiffre d'affaires. D. 106: degré de qualification. 133). 2. à la demande du Gouvernement d'étudier et de donner un avis sur les mécanismes de fixation des salaires et sur les problèmes de politique des salaires (A.) sont décisives pour la définition de la position de cadre supérieur. à la productivité et aux résultats du travail (A. est chargé. 3. de responsabilité. Il bénéficie des œUvres sociales et de la protection sociale (A. au-delà du SNMG. Il n'y a que les avantages en nature expressément prévus par la loi qui puissent être accordés.332 G. La politique salariale tend.cmtrepartie du tmvail qu'il fournit. on est obligé de constater que des situations objectives (telles que p. d'efforts. 4. 211). à la suppression progressive de toutes les inégalités. 128). valeur ajoutée. qu'entre entreprises socialistes mêmes (A. Salaires. 127). Des indemnités complémentaires sont accordées au travailleur au cas où il . le travailleur perçoit un salaire et participe aux résultats de l'entreprise. entre la fonction publique et les entreprises socialistes. En c. Un comité national des salaires. impact économique. également d'une « indemnité de zone» et d'une rémunération complémentaire liée à la quantité et à la qualité. contraintes particulières. Si l'on compare au contraire les critères supplémentaires définis à l'A. Lors de la fixation du salaire minimum. 106). 139). Une suppression des disparités qui existent entre le salaire minimum dans le secteur agricole et celui des autres secteurs d'activités est visée (A. Il existe encore actuellement des disparités tant entre le secteur agricole et les autres secteurs. Il existe un salaire national minimum garanti (SNMG) pour tous les secteurs d'activité. LA RÉMUNÉRATION DU TRAVAIL (TITRE IV).

Les «stimulants collectifs et la participation aux résultats» sont la troisième composante de la rémunération (chapitre IV du titre IV). 7. Nous renvoyons pour les problèmes ci-mentionnés à l'ouvrage de GHEZALI. E. La première est mensuelle et la seconde est déterminée et payée annuellement (A. Alger (OPUA) 1979. 163 et suite). Dans le titre V sont discutées en trois chapitres. 1. L'étroite relation entre protection sociale et monde du travail établie par le SGT est signe d'une conception du droit du travail qui vise . . 172). une indemnité pour heures supplémentaires ou une indemnité forfaitaires de service permanent. Il s'agit autant d'activités dans certains secteurs que d'activités qui exigent une qualification particulière conformément aux plans de développement. 165). les œuvres sociales et la protection sociale. toutes les ambiguïtés ne sont pas levées. L'importance particulière de la formation p1'ofessionnelle pour un pays en voie de développement est soulignée au début du titre (A. Un présalaire de formation peut être accordé à un futur travailleur déjà (38) Mahfoud GHEZALI. une indemnité de travail posté. indique que malgré une systématisation des notions de la composante du revenu de travail. 166. «La participation des travailleurs à la gestion socialiste des entreprises _. Le salaire de poste est composé des éléments suivants (A.. une indemnité d'expérience. une indemnité de nuisance. un instrument de travail indispensable et précieux. 145). 171. PROMOTION ET PROTECTION SOCIALE (TITRE V). 107 ss. quand il est en mission commandée ou lorsqu'il utilise son propre véhicule pour le service (A. 146): un salaire de base. la formation professionnelle. Ces stimulants collectifs constituent un élément mobile de la rémunération (38). est accordée pour certaines activités fixées par décret (A. Il en existe deux types: la prime ou la pénalité de rendement collectif et la participation aux résultats (A. qui constitue d'ailleurs. 140). 5.LE STATUT GÉNÉRAL DU TRAVAILLEUR EN ALGÉRIE 333 engage personnellement et exceptionnellement des frais dans le cadre de son travail. 169). La seconde composante de la rémunération. p. l'indemnité de zone. une prime ou une pénalité de rendement individuel. 6.au moins au plan théorique à abandonner la distinction faite entre sphère de production (= monde du travail) et sphère de réproduction (= promotion et protection sociale). dans le domaine de la GSE. Il est interdit au travailleur d'accepter des dons et avantages de tiers qui entretiennent de manière directe ou indirecte des relations d'affaires avec l'organisme employeur (A.

sous forme de prestations en matière de santé. de logement. Tout travailleur est tenu de suivre les cours nécessaires (A. 183). 2. OU transporté par son organisme employeur. le droit au maintien dans les lieux ou à un logement décent est maintenu. assurer la formation permanente. organiser des actions d'apprentissage. 182). Le chapitre concernant les œuvres sociales formule essentiellement des objectifs de politique sociale. alphabétiser les travailleurs. Les œuvres sociales sont gérées conformément aux textes organisant la participation des travailleurs aux entreprises (A. 180). Un second paragraphe évoque la refonte en cours du système de sécurité sociale dans le sens d'une . l'extension progressive des cantines et des transports en commun amènera une extinction progressive des indemnités de transport et de panier (A. Les travailleurs qualifiés sont mêmes tenus de participer aux actions de formation (A. Le chapitre concernant la protection sociale établit le lien avec le système de sécurité sociale. Dans l'article 187. Les œuvres sociales doivent faciliter la vie quotidienne du travailleur et doivent élever son niveau de vie ainsi que celui de sa famille par un complément à la rémunération du travail. 3. en tenant compte des actions des autres organismes employeurs comme des possibilités de formations existantes. d'incapacité de traavil ou de mise à la retraite du travailleur. le droit à la sécurité sociale des travailleurs est affirmé. 179). 173). enseigner la langue nationale arabe. 185). par la création d'un fond national de péréquation d'œuvres sociales. Lorsqu'un travailleur est logé. Ce présalaire augmente progressivement mais doit être inférieur au salaire qui serait versé au travailleur s'il occupait immédiatement le poste de travail (A. La sécurité sociale.IGL engagé (A. aux personnes légalement à la charge du travailleur. nourri. au niveau inter-entreprises ou au niveau national (A. à l'acquisition de langues étrangères. 181). Ce droit appartient également. Les allocations familiales doivent être supprimées.-------. Les organismes employeurs jouent un rôle fondamental en matière de formation professionnelle. Ainsi l'Etat doit-il. 175). De la même manière.- ---------- 334 G. 184). 186). 176). Ils doivent organiser et réaliser les actions de formation. Ce droit ne vaut pas pour les logements de fonction (A. à leur place seront versées des prestations du Fond national de l'enfance qui sera créé. aider dans la mesure du possible. de culture et de loisirs (A. uniformiser le degré d'avancement et le niveau des œuvres sociales (A. il participe à la prise en charge des frais (A. A l'article 177 sont décrites dans cette optique les tâches imparties aux organismes employeurs: Ils - doivent: former le personnel futur. 178). mais les droits aux allocations en cours seront maintenus (A. En cas de maladie. en cas de décès du travailleur.

p. ce ne sont pas les caisses d'assurance maladie qui fournissent les prestations en espèces en même temps que les prestations en nature.). p. L'âge du départ à la retraite est fixé pour chaque secteur. in Révotution africaine.. comme enfin: «Sécurité sociale. 2. 193). 11 et suivantes.. le travailleur perçoit non seulement une pension mais bénéficie aussi d'une rééducation professionnelle (A.1976. 189). publiée dans: Dossiers documentaires nO 22. janvier 1975..LEUR EN ALGÉRIE 335 planification des régimes et d'une uniformisation des prestations (39). in Et Mouhamat 1974 (1). «Le directeur national des caisses de sécurité sociale.. p. Au sujet de la réforme prévue: E~ Moudjahid du 9. Il peut être reculé en cas de nécessité par l'organisme employeur et après acceptation du travailleur. 190).. 18 et suivantes. p. Et Moudjahid du 14. 2.1976. La réévaluation des pensions de retraite est liée à l'évolution des salaires (A. JORA du 1er janvier 1974. 198). «La législation algérienne en matière de réparation des accidents du travail et des maladies professionnelles. 2.7. Les grandes mutations. Direction générale de la sécurité sociale.. Les organismes employeurs doivent participer au développement de la protection sociale des travailleurs et de leurs familles (A. La garantie par le droit du travail vaut pour la perte de revenu de courte et de longue durée. c'est la législation du travail qui assure au travailleur un revenu de remplacement en cas de maladie ou d'accident (40) (A. 15 et suivantes. p. (39) Pour les grandes traces de la refonte voir «La refonte de la sécurité sociale. 4. p. En cas d'invalidité. En cas de décès du travailleur dans l'accomplissement de ses activités professionnelles. 195). Ministère de la Santé. p. 1975 (3).LE STATUT GÉNÉRAL DU TRAVAll. voir du même auteur. Des dispositions spéciales s'appliquent aux moudjahidine et à leurs ayants droit (A. 196). «La sécurité sociale en Algérie. contrairement aux cas. «La Législation algérienne sur la réparation des accidents du travail et des maladies professionnelles». On ne peut comprendre cette disposition qu'en la replaçant dans le cadre du système de santé de l'Algérie. devant les cadres du Parti (21 janvier 1975). de la France ou de la RFA. Et Moudjahid du 12. in Et Mouhamat 1975 (2). «Décentralisation et unification des régimes. la pension de retraite ne doit pas s'écarter du salaire de poste. Alger (Caisse nationale de sécurité sociale) 1975 (?). 18 et suivantes.2. Voir au sujet de la sécurité sociale en Algérie: BELLOULA (Tayeb) «La sécurité sociale en Algérie. 188). L'unüication prochaine des régimes de sécurité sociale. nO 679. 37 sS. Cahier 9. (40) PERÉTO (M. Dossiers documentaires. BELLOULA. Conférence de Monsieur Mohamed Saïd MAzouzI. la réévaluation des pensions est liée à l'évolution des salaires (A. par exemple.1978.. p. édités par le Ministère de l'information et de la culture.. Le niveau minimum vieillesse (la pension de retraite la moins élevée) ne peut être inférieur au salaIre national minimum garanti. Le risque décès est également assuré: les survivants ont droit à une pension. Lorsque le nombre d'années de service atteint un certain seuil. février 1977.. une pension en relation avec le salaire de poste du travailleur décédé est garantie à la famille du travailleur.. Des cotisations pour la pension de retraite doivent être versées par le travailleur comme par l'organisme employeur (A. Par contre. (Tayeb) «Réparation des accidents du travail et des maladies professionnelles. 1-2. p. édités par le Ministère de l'information. Dans ce cas également.R.11. . Depuis 1974 il existe en Algérie un service de santé gratuit (41) : ainsi. Ministre du Travail et des Affaires Sociales. (41) Ordonnance N° 73-65 du 28 décembre 1973 portant institution de la médecine gratuite dans les secteurs sanitaires. Alger (Caisse nationale de sécurité sociale) 1976-1977. Le niveau de la pension dépend du salaire perçu et du nombre d'années d'emploi. mai 1970.

septembre 1979.intégration aux objectifs nationaux de la planification (43).redistribution équitable des revenus entre les différentes catégories de travailleurs.336 G. . .amélioration des prestations. A l'avenir. le SGT exprime déjà une seconde étape de la politique menée en la matière. l'intervention indirecte par le financement des associations gérant les œuvres. La politique en la matière est d'ailleurs plutôt axée sur la mise à la disposition des œuvres (directement ou indirectement) et la dispense de prestations de services que sur la distribution de prestations monétaires. p. La refonte de la sécurité sociale envisagée depuis 1975 est régie par les principes suivants: . à ce suj et. L'action sociale et sanitaire de l'Etat s'est d'abord concentrée sur la mise en œuvre de la médecine gratuite. l'Etat assure la création d'une infrastructure nécessaire pour la protection sociale (44). Il semble qu'actuellement la deuxième voie a trouvé une certaine préférence. Dossiers documentaires nO 22. Par cette méthode.sanctions prévues (42) Cf. 58. (44) Le Dr. AI\UR a tracé les grands axes de la politique sociale devant la Commission sociale du Parti. la protection des personnes handicapées tombera aussi sous le coup de l'action sociale de l'Etat. Il faut. 40. La première étape visait la création de ces œuvres la seconde a pour tâche une certaine uniformisation afin d'égaliser les disparités des œuvres existantes dans les différents secteurs à travers un fonds national de péréquation des œuvres sociales (A. par d'autres lois.décentralisation et modernisation de la gestion. . . . La politique sociale en Algérie repose actuellement en principe sur 3 pilliers: sur la sécurité sociale. titre VI une sene de dispositions concernant les modalités de sanctions suivantes: par le code pénal. il y avait multitude de régimes sur la base professionnelle et en même temps multiplicité des caisses (42). la série d'articles parues dans EL Moudjahid. distinguer deux moyens d'interventions: l'intervention directe par la création des œuvres. cf. L'héritage français dans ce domaine était un héritage assez fragmentaire: l'immense majorité des travailleurs algériens étaient écartés de son champ d'application. . Au plan des œuvres sociales. La prise en charge des problèmes de l'enfance par un fonds national de l'enfance (A.sanctions prévues . Le SGT conient au sanctions.élargissement de la protection socio-sanitaire. La sécurité sociale subit en ce moment de profondes mutations. LES SANCTIONS (TITRE VI). IGL 5. (43) Dossiers documentaires n° 22. sur les œuvres sociales au niveau de l'entreprise et sur l'action sociale étatique. 181).unification des différents régimes. p. 183 SGT) est un deuxième exemple de l'action sociale étatique. F. Il renvoie aux .

G._.la corruption. . de plus il remplit des fonctions politiques et sociales. le licenciement sans préavis ou une demande de répa. à l'exercice du droit d'organisation syndicale. . .le sabotage économique. Comme déjà indiqué.le versement. Les autres dispositions de ce titre contiennent entre autres des règles d'application et des réglementations transitoires. ainsi que l'occupation des locaux de travail et l'immobilisation des moyens de production. ~ dernier titre fixe les modalités d'établissement du comité national des salaires déjà évoqué.la non-observation des dispositions du SGT. 216)._---_. les travailleurs étrangers sont soumis à des dispositions particulières (A. L'article 213 rend compte de la promotion particulière dont doivent bénéficier les travailleurs émigrés. Le droit du travail est sciemment utilisé comme moyen de développement économique du pays. Toutes les dispositions contraires à la présente loi sont abrogées.la violation du s~ret professionnel. par négligence ou intentionnellement. à la production. . Les manquements sanctionnés sont: . Toutefois cette disposition s'appliquera au fur et à mesure de la publication des textes d'application et d'harmonisation (A. sanctions prévues par les règlements intérieurs. d'un salaire plus élevé que le salaire dû. .l'entrave à la liberté du travail. . des statuts particuliers et des règlements intérieurs. CONCLUSION La voie particulière que suit l'Algérie dans Son développement se révèle clairement aussi dans le domaine de l'organisation du travail et de sa manifestation juridique dans le droit du travail. ---------- . Dans certains cas.LE STATUT GÉNÉRAL DU TRAVAILLEUR EN ALGÉRIE 337 - sanctions prévues par les statuts-types et statuts-particuliers.la dissimulation de certains documents. 214). . DISPOSITIONS DIVERSES (TITRE VII).la dissimulation et la fausse déclaration en matière d'incompatibilité ou de culmul d'emploi. La signification déjà soulignée du droit du travail pour une organisation sociale de type socialiste se reflète également dans cette loi. . ration du dommage subi sont possibles.~.

En même temps. Dans cet ordre fondamental. (45) En ce moment une vingtaine de textes d'application ont été déposés sous forme de projet. comme on l'a indiqué en introduction. * Société Max-Planck pour le développement des sciences .Groupe d'études en Droit social international et comparé. cf. p. La codification qui a été réalisée là constitue en grande partie un ordre fondamental pour les travailleurs. 1. il se tient au seuil d'une nouvelle évolution. il n'est pas rare que des affirmations à caractère politique et social aient une certaine priorité.338 G. . Munich (RFA).IGL Le SGT n'est pas uniquement une compilation et un complément aux dispositions de droit du travail en vigueur. El Moudjahid du 5 mars 1979. une longue évolution dans le droit du travail algérien. Le SGT a conclu. Ce n'est que lorsque les normes d'application du SGT seront parues (45) que l'on pourra juger de toute la portée de cette 101. Gerhard IGL *.