« Dans une étendue désertique d'herbe brûlée se dresse un petit mamelon aux pentes douces dans lequel Winnie

est enterrée, d'abord jusqu'au-dessus de la taille. Winnie se souvient qu'en la voyant, un passant s'était demandé : " À quoi ça rime ? ... fourrée jusqu'aux nénés dans le pissenlit... ça signifie quoi ? " Cela rime avec la vie de tout être humain. Cela signifie le courage dont la personne humaine peut se montrer capable. Winnie est pleinement vivante, c'est-à-dire qu'elle endure stoïquement tout ce que vivre implique. Elle est l'incarnation même du courage qu'exige l'inéluctable déroulement de la vie, jour après jour " à perte de passé et d'avenir ". Envers et contre toutes les souffrances et les indignités du délabrement, il émane de Winnie une inébranlable volonté de dignité humaine : " Tiens-toi, Winnie ", se dit-elle, " advienne que pourra, tiens-toi. " Certes, elle aurait tout lieu de sombrer dans des " bouillons de mélancolie ", mais elle s'y refuse farouchement. Puisque vivre c'est continuer encore, autant perdurer " d'un c ur léger ", dignité oblige. Elle s'est ainsi forgé l'art inépuisable de trouver dans la moindre babiole, dans l'événement le plus minime, une source de pétulant intérêt et de vif plaisir : " Ça que je trouve si merveilleux " ne cessera-t-elle de s'exclamer. L'apparente frivolité de son discours est, comme l'humour, la chatoyante politesse du désespoir. " Oh le beau jour encore que ça aura été... Encore un... Après tout. " L'humour de Samuel Beckett ne verse jamais dans l'amère dérision. Oh les beaux jours est une uvre infiniment tonique, puissante, tout à la fois drolatique et profondément bouleversante. » « La chose la plus terrible qui puisse arriver serait de n être jamais autorisé à dormir ( ) comme si au moment où vous êtes en train de vous assoupir, un grand dring vous obligeait à rester éveillé. Il n y a pas un pouce d ombre, rien que cette sonnerie qui réveille tout le temps. J ai pensé qu il n y avait qu une femme pour affronter cette situation et sombrer en chantant », commentait Samuel Beckett. sa passion pour le silence. Pas l idéal pour une conversation à bâtons rompus. Plus je le lis, mieux je me console de ne rien comprendre au monde". Bien qu absorbée progressivement, elle se sent légère et tente d ignorer son ensablement. Avec une tenace énergie, elle vaque à ses occupations. Elle se prépare, met son chapeau, enlève son chapeau, se brosse les dents, brandit une ombrelle. Elle ouvre un sac et fait l inventaire de ses objets familiers. Avec une innocence juvénile, elle prie, discourt, fredonne, se plaint, se remémore des bribes de souvenirs. Elle a pu marcher, elle a pu séduire, autrefois Winnie s accommode de son malheur avec grâce et joue à s imaginer qu elle vit de beaux jours. Il y a, dans cette situation si atrophiée, une cocasserie et un optimisme immenses. Formidables, les ressources que trouve l être humain pour se faire à tout, habiter l inhabitable, lutter contre l ennui, refuser la mort.

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Ce que j'admire le plus chez Beckett, c'est sa passion pour le silence. Quand je cherche à comprendre pourquoi je ne comprends rien du monde, je lis Beckett et je me console par la conscience, qui est la sienne, de l impossibilité de le comprendre. Oh les beaux joursest une radiographie de notre manière de vivre, de penser, de sentir. Comme toutes les radiographies, cette pièce triste, drôle et tragique à la fois, ne prescrit pas de remède, mais décrit, sans illusions, ce qui est, pour ceux qui veulent savoir. Récemment, j'ai lu les nouvelles de Tchekhov. Entre Beckett et Tchekhov j'avais pensé que Beckett était l'écrivain le plus abstrait et que je préférais l'humanité de Tchekhov. Mais maintenant, j ai lu Oh les beaux joursmaintes et maintes fois. Plus j'avance dans le travail, plus j'avance dans ma compréhension du texte, plus j'ai l'impression que ces genslà Winnie et Willie sont bien réels et que je les connais. Beckett me déséquilibre en poussant toujours plus loin les retranchements de ma conscience, en me faisant comprendre vers quelle fin véritable tendent mes habitudes, mon attitude envers le temps, la mémoire, la connaissance, le passé, l'avenir, le comique et l'espoir. Parfois, je préférerais aller au cinema pour m'échapper. Frederick Wiseman Pour cette femme, prisonnière du temps et de l espace vital, l essentiel est d être encore digne, déterminée à passer encore une heureuse journée malgré son insignifiance Et pour remplir la journée où elle lute stoïquement contre la solitude et la mort, elle instaure un rituel de gestes quotidiens et anodins, catalyseur d un nouveau jour à vivre qui la rassure et la stabilise en dépit de son immobilité «Oh les beauxjours» est une pièce de la maturité : le décor est dépouillé de tout objet, les personnages ont un corps en difficulté. L atmosphère d ensemble semble annoncer la fin du monde, et on y reconnaît la thématique de la menace, de la mort et de la fin du temps. La communication y est difficile, mais nécessaire. La première à New-York reçoit un flot de critiques, mais se maintient grâce au public. importance des didascalies. didascalies, gestes et même souvent des silences avec les nombreux « un temps » qui ponctuent le scénario. Ainsi Willie, son compagnon de vie, bien qu il ne l ui parle pas, est un élément existentiel de Winnie car c est ce qui lui permet de parler, c est lui à qui elle s adresse, lui, qui lui donne l impression d avoir un auditeur attentif ou du moins, qui lui donne l impression de ne pas parler dans le vide. Tout est un moyen pour parler, ou, pour tenter de faire parler Willie, et de créer la discussion, Willie, son compagnon de toujours, n'est pas vraiment l'interlocuteur idéal ; il ne l'écoute jamais, et même dans ses bons jours, il daigne à peine lui faire l'aumône de 2

quelques borborygmes. Le reste du temps, il pionce, se mouche, épluche le journal, examine quelque photo cochonne et rampe jusqu'à une sorte de terrier où parfois il reste coincé. enterrée jusqu'aux nénés, puis jusqu'au cou dans un mamelon de terre aride, elle se trouve une foule d'occupations. Essuyer ses lunettes, se coiffer, se brosser les dents, mettre sa toque, l'enlever, farfouiller dans son cabas pour faire amoureusement l'inventaire des menus objets qu'il contient, tout cela l'aide à "tirer sa journée". Et surtout, pour conjurer l'ennui et la décrépitude qui menacent, pour peupler le vaste désert de son existence, elle se saoule de paroles plus ou moins décousues. Tragédies des existences manquées, des opportunités perdues, les pièces et les romans de Beckett nous montrent des humains semblables à nousmêmes,emmurés dans des prisons consenties, étouffés par la sourdine des habitudes où ils se croient à l'abri des coups du sort, complices de ce destin frileux. "L'optimisme de Oh les beaux jours, dit Peter Brook, (1) n'est pas du courage, n'est pas une vertu ; il n'est que le principe qui rend Winnie aveugle à sa condition. " Et même le langage, qui seul peut nous donner le sentiment d'exister, peut s'avérer n'être qu'un misérable écran de fumée. Chaque jour, nous nous rapprochons tous un peu de notre dernière demeure souterraine ; chaque jour, Winnie s enfonce un peu plus dans le sol. Dans le sac de Winnie, les quelques accessoires que lui concède Beckett (toujours aussi économe de ses moyens), et qu elle retire pour les disposer de temps à autre à ses côtés, suffisent à composer un univers intime à partir de ses lambeaux, arrachés au naufrage d on ne sait quelle histoire

une terrible métaphore du monde". Beckett y transpose en effet sur scène la façon dont les puissances conjurées du chaos, de l agonie ou du néant affectent l existence des hommes dans tous ses aspects. our cela, il met en scène deux personnages sombrant dans une profonde folie et surtout dans un état d enfermement psychologique. Winnie, la femme est à moitié enterrée au milieu d'une « étendue d'herbe brûlée s'enflant au centre en petit mamelon ». Son mari, Willie, est muet. La scène n est donc constituée que d'un monologue de Winnie dans lequel l auteur traite habilement du dépérissement de l être humain. De quelle manière Beckett se sert-il de ce monologue pour suggérer la dégradation de l être en marche vers le néant ? Envers et contre toutes les souffrances et les indignités du délabrement, il émane de Winnie une inébranlable volonté de dignité humaine : " Tiens-toi, Winnie ", se dit-elle, " advienne que pourra, tiens-toi. " Certes, elle aurait tout lieu de sombrer dans des " bouillons de mélancolie ", mais

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elle s'y refuse farouchement. Puisque vivre c'est continuer encore, autant perdurer " d'un c ur léger ", dignité oblige. Elle s'est ainsi forgé l'art inépuisable de trouver dans la moindre babiole, dans l'événement le plus minime, une source de pétulant intérêt et de vif plaisir : " Ça que je trouve si merveilleux " ne cessera-t-elle de s'exclamer. L'apparente frivolité de son discours est, comme l'humour, la chatoyante politesse du désespoir. " Oh le beau jour encore que ça aura été... Encore un... Après tout. " Cette dualité de l' uvre pose la question essentielle de la condition humaine, que Beckett a choisi de mettre en scène sous une forme double pour interpeller le spectateur et le mettre face à un questionnement fondamentale sur son existence. Il s'agira donc de se demander comment, à travers le comique gestuel et verbal de la pièce, le spectateur bascule d'une angoisse existentielle digne de celle des Pensées de Pascal à une vision becket¬tienne de la vie qui, malgré son optimisme aveugle, tend vers un humanisme insoupçonné. Beckett va descartando lo anecdótico y lo particular, para llegar a lo esencial, louniversal. evidencian la aversión quetiene Beckett por toda clase de explicitaciones realistas

En Días felices (1961), por ejemplo, Winnie se queja permanentemente de que lo que está sucediendo le ha sucedido antes. Uno percibe esa queja como el anuncio del destino que le espera en el segundo acto, cuando el montículo de arena que le cubría hasta la cintura en el primero, le llega ahora al cuello, y ya no puede cubrirse con el parasol ni suicidarse con el revólver que yacen a su lado. Beckett es uno de los grandes representantes del pesimismo literario, de la visión absurda de la existencia . En una de sus cartas proclamaba: "Si pesimismo es un juicio en el sentido de que el mal sobrepasa al bien, n o se me puede acusar de pesimista ya que no tengo ni deseos ni competencia para juzgar. Simplemente he encontrado más de lo uno que de lo otro." El pesimismo como concepción realista de la vida. Si nos ponemos un rato a pensar en los males que pueden acec harnos en cualquier instante y en lo irremediable de nuestro final, estaremos de acuerdo con él. "Los días felices" es una obra teatral angustiosa, concebida para que el espectador se sienta incómodo desde el primer momento con lo que observa en el escenario. Winnie es una mujer enterrada hasta el pecho en un montículo calcinado. Vive en un desierto de calor extremo, sin vida alrededor. Su marido está con ella, oculto en un agujero del que solo puede salir arrastrándose torpemente. No sabemos lo que ha pro ducido esa situación, aunque según las anotaciones de Beckett en las primeras versiones de la obra, parece que ha sido una especie de guerra nuclear, aunque esto en realidad no tiene importancia.

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En todo caso, en esta situación extrema, en la que solo pue de mover los brazos y la cabeza, Winnie procura que sus días transcurran en una plácida felicidad. Para ello oficia algunos rituales cotidianos, como peinarse, mirarse en un pequeño espejo o limpiarse los dientes, de manera pausada, tratando de mantenerse ocupada en el transcurso de las largas horas de que consta el día, siempre agradeciendo el más pequeño detalle que le haga sentir que está viva, hablando sin parar, como alucinada, como si cerrar la boca significara estar muerta. Además de escucharse a sí misma, Winnie necesita sentir que alguien le escucha o que al menos tiene la posibilidad de hacerlo: "Quisiera no saber lo que dijese nada decir, hablar, hablar tan solo; - con palabras vacías de sentido - vaciar el alma. ¿Qué importa el sentido de las cosas si su música oís, y entre los labios - os brotan palabras como flores limpias de fruto?" Su marido Willie parece que hace tiempo que renunció al mundo y solo existe como por inercia, perdida ya gran parte de su humanidad. Cualquier contestación a una pregunta, siempre de manera breve y banal, a veces con meros monosílabos, es celebrada por la protagonista como una confirmación de su felicidad vital. La obra es en realidad un largo monólogo de Willie (uno de los personajes femeninos más difíciles de interpretar en el teatro), con alguna leve réplica de su marido. La protagonista se aferra a la existencia, cualquier excusa es válida para ello, pero la cruda realidad va imponiéndose poco a poco. Beckett no es un moralista y deja que el espectador saqu e sus propias conclusiones, que no van a ser gratas en ningún caso. La lectura de esta obra marca como pocas, pero poder verla representada en el teatro debe ser una experiencia inolvidable. A ver si un día se me presenta la oportunidad...

Andreu Navarra Ordoño El texto titulado El mundo y el pantalón (1) parece desarrollar una serie de ideas sobre el arte, y más concretamente, sobre el pictórico (aunque sus contenidos puedan ser aplicados a cualquier otra actividad creativa). Es muy probable que así sea (de otro modo escribiría muy perdido). Podría tratarse de un ensayo, aunque quizás sea mejor calificarlo de prosa, porque el texto no es, desde luego, un ensayo canónico o habitual. Este es el chiste amargo que lo encabeza: EL CLIENTE: Dios hizo el mundo en seis días, y usted no es capaz de hacerme un pantalón en seis meses. EL SASTRE: Pero señor, mire el mundo y mire su pantalón. A continuación, se desarrolla una especie de letanía gélida, absolutamente desconcertante, que no cesará ya hasta el fin:

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manteniendo el espíritu abierto. y a la vez fría como el hielo. Esto es lo que nos fascina del autor. sino uno de los hombres más leídos. vaciar la mente de prejuicios. a quien se h a intentado aleccionar mediante toda una literatura de la recepción de obras de arte. No pasa nada. al lado de las angustias del aficionado. en una corriente inexorable. liberarla del deber de tener que juzgar lo que se ha visto leído. y lo demuestra el fragmento que hemos citado. Su nivel nulo de fabulac ión o simpatía. de lo que solemos obviar gracias a nuestros prejuicios. es a la fuerza un absoluto. hablemos de dudas antiguas. o reabsorbidas por elecciones que no se ocupan de ellas. Es como descalzarse un pie y mojar su punta en un río. Somos bien poco. y bucear en él como lo haríamos en la conversación que nos brindara un buen amigo. que llega agitando los brazos y se marcha agitando los brazos. a no comprender. de lo más comprensible. Pues el pobre se imagina que nada de lo que es pintura debe serle extraño. Nos obnubila. Sus textos son. y. Esa es una de las primeras lecciones del fragmento (con la cabeza aturdida de lo que ha creído entrever). despiadada. y se ha acercado a la extinción. caídas en el olvido. Dudas de aficionado. Lo que pasa es que nuestra realidad. por lo que pasó. que nuestra iconografía de tres al cuarto ha cebado de fechas. como muchos de sus mutilados. por lo que nos situamos lejos de cualquier tipo de juicio absoluto. Porque cualquier juicio que pretenda ser coherente. Tenemos que atrevernos a mojarnos en su río. Hemos de partir de cero. Y esta corriente (luego descubriremos que de cristales rotos) es lo más parecido a la verdad. de escuelas. de períodos. Siempre podremos seguir haciéndolo. en primer lugar. hasta tal punto es sabio.Para empezar. con la cabeza aturdida por lo que ha creído entrever. más profundos. De lo que se nos informa es de lo que no solemos hacer. Qué tontería las preocupaciones del ejecutante. Por qué preguntarse por lo que pasa. indigestarse y dejar el libro a la primera línea. de influencias. por lo que se ha convenido en llamar obras maestras. y que sabe distinguir. nuestra percepción de ella. tal y como sueñan lo s pintores. Partir de cero significa. hablemos de otra cosa. o bien marearse y tener que irse a tomar un analgésico. se ha paseado por las fronteras de la nada sin pagar los aranceles que son la muerte. y que de vez en cuando cree adivinar lo que ama. la de nosotros como lectores de él. malas esculturas y obras de mérito. Pero es falaz afirmar que es imposible comentarle. o no hacer lo otro. Lo asombroso es que no nos lo esté diciendo un nihilista. nos nubla. El lector de Samuel Beckett tendrá que irse acostumbrando a no analizar. en segundo. Esta es la propuesta de Beckett. a operar entre la nada. cree entrever. uno siempre resulta enormemente enriquecidoal leerle. Lo asombroso es que no se nos esté diciendo debéis hacer esto. Samuel Beckett es el artista de la claridad. no solo en este texto sino en el conjunto de su obra: no tenemos por qué juzgar. A la verdad cognoscitiva: a nuestras posibilidades reales de percepción. claro está. es el escritor de la transparencia. un analfabeto que desprecie la cultura. a la vez. entre un gouache y una acuarela. Una mentira como un templo. Porque la realidad es un prejuicio. No hay nada. De cualquier modo. comprendido. de aficionado muy sabio. Por qué actuar. Molesta. de los que realmente nos complican nuestra vida haciéndola más placentera. Paradójicamente. más rabiosamente 6 . El aficionado. seguir preguntándonos. seguir dudando. Por qué explorar. Lo prueba el hecho de que nos lo esté diciendo alguien que ha realizado todo esto. Su honestidad sin ningún tipo de fisura. ha conducido estas preguntas hasta sus límites. Porque leer a Beckett puede ser asomarse a la desnudez más absoluta.

Uno tiene referentes reales. vemos a este recluido en una suerte de manicomio u hospital. como en el caso de Borges. siempre nos decía que el texto original. Espía las nauseabundas relaciones sexuales de algún vecino (el sexo en Beckett aparece a menudo vinculado a la senectud). Sapo. Es un absurdo. El otro. Gesta debe de partir de las proximidades de la nada conceptual. objetiva o exterior. No es ni siquiera una locura. Malone no cree que la suya lo sea: todo le da igual. según palabras del propio Diego. La vida de Saposcat. y no de resultados. Es una cuestión de perspectiva. alguien llamado Lemuel asesina a todos sus compañeros con un hacha. de cuyo nombre sí quiero acordarme. si antes de ella indagaban en las contradicciones de la realidad. La obra radicalmente nueva no se asemeja a nada. no sería reconocida como tal. que la obra absolutamente nueva en todos y cada uno de sus constituyentes. No se proponen nada. Esto es lo último que se profiere en la novela: ni con su lápiz ni con su bastón ni ni luces luces quiero decir nunca eso es tocará nunca nunca tocará eso es nunca 7 . de su real gana poética . Podría ser una erudición más o menos ficticia. no tanto. que es la que. Hacia el final de la novela. Así se crean nuevos universos. desde la nada. era un imposible filosófico. diferencia unos poemas de otros. La diferencia entre un tipo de poemas y otro es meramente procedimental. que no es más que la suma de verbalizaciones mentales de Malone. Según Isaac Asimov (2). ya no pretenden vincularse con ella. no es perceptible en cuanto obra de arte. Es una nada inconcebible. una entre las muchas teorías que intentan explicar el origen del universo es la del chorro primitivo. el autor es especialmente cruel con sus personajes. Eso no significa que ambos poemas partan. Esto es lo que nos propone: la creación pura. Malone no intenta recordar ya cómo llegó a la cama en la que convalece. Como se ve. fruto de la libre voluntad del artista. Así se forma el arte según Beckett: a través de una manifestación arbitraria. Consiste en una especie de explosión primitiva de energía de la que derivaría todo. es un infierno. la del joven Saposcat. o multiplicada mediante la palabra. en el caso de Gerardo Diego. pero fracasará una vez tras otra: Malone no soporta los tópicos de las historias de personas indefensas. suerte de anciano que vive recluido en lo que parece una habitación: sin recibir visita alguna. Malone muere o El Innombrable ya no se proponen entender ninguna realidad. nuevas realidades. Un buen ejemplo de esto es Malone. Todo esto en arte se traduce en una libertad total: radical y absurda. Los personajes de Molloy. Cierto profesor de teoría de la literatura. Quizás Huidobro se aproximase a este estado de libertad taumatúrgica.cultos (así lo demuestra la abundante documentación que se evidencia tras esta prosa). Y lo es porque ese texto. El ciprés de Silos parte del ciprés de Silos. Malone intenta contarse una historia. Se limpia con babas los puntos del cuerpo que nota sucias. No puede existir. Pero ni siquiera eso sabemos. por difusa que sea: han renunciado ella. Sam Beckett dice: vale la pena intentarlo. Los críticos coinciden en señalar que los textos del autor posteriores a la segunda guerra mundial. se acerca al mundo a través de un bastón sin el cual se ve absolutamente indefenso. esa obra. Durante una excursión. Para entretenerse. La ordenación de toda esa energía desprendida es lo que diferenciaría el universo de la nada.

No se preocupa de ser algo. quiso traducirlas a lenguajes distintos. dice Beckett. es una libertad que se aproxima al trance místico. calumniarla. La prosa es. relajante. o Lemuel en Malone? ¿Alguien se ha convertido en alguien? ¿Quiénes han muerto? ¿Qué significa eso es nada? ¿Muere Malone como vaticinaba en las primeras palabras de la novela? ¿Es Malone muere una novela? No parece haber respuestas. Por eso todas sus obras son una sola obra y los géneros uno. ni cubista. como la estoy haciendo yo. en cierta forma. comparar. el garabato más insignificante. sus voluntarias tonterías y puerilidades. La pintura de los hermanos van Velde. más descarado que nunca. en 1938. Podemos insultarla. la pintura de uno de los hermanos es tan placentera. la más oculta y primordial de las pinceladas. Beckett no busca una aproximación más o menos verosímil a la realidad sino la creación de una realidad independiente. Beckett también quiere hacer. una aproximación a la obra de estos dos artistas. que practican algo más desquiciado que el automatismo: lo que hay en sus cerebros una vez vaciados de todo posible contenido. Giacometti quería hacer un rostro. Es la realidad autónoma. Uno de estos dos hermanos no ha expuesto nunca. la nada a ultranza. Así el artista hacía de mediador descarado. Por eso los artistas más aplaudidos. olvidarla. Nada ni nadie debería exigirnos explicaciones. es realizar la conversión de incomprensible a comprensible. Una verdad no causal. autosuficiente. Solo se preocupa de ser la nada. sus pruritos. ¿Qué hay detrás de ellas? ¿Qué se pretende? Una vez más nos lo contesta el fragmento citado cuando empezábamos: se trata de creer adivinar lo que se ama. Eso significa que no pasa nada si no se hace: que somos libres de hacer lo que nos plazca con la obra. y aplicaba sus colores. su multiplicidad de perspectivas simultáneas. Otra cosa es lo que ocurra en nuestra sociedad. Por eso. en cierto modo. de plasmarla. más revolucionarios (pienso en Miró o en Tàpies) sean a la vez los más incomprendidos. El objetivo no es que esa conversión sea imposible. El otro realizó una exposición en Londres. es lo que arruina para Beckett el 8 . el arte fauve. (3) ¿No se parece este final de novela al del poema Altazor. sus abstracciones y. la obligación de emitir enunciados exteriores que versen sobre tareas de los demás. (¿pintores ficticios?) no es ni abstracta.. Porque traducir. El juicio. exenta de preocupaciones y de vinculaciones con el mundo exterior. El cubismo. no imitar. comentar. Una arbitrariedad extrema. mucho más cavernícola que la de los cavernícolas. de Vicente Huidobro ¿No intentan ambas obras alcanzar el mismo objetivo? Hasta el siglo XX el arte partió de las cosas. Estas concepciones son las que laten tras la obra de Samuel Beckett.eso es eso es nada ¿Quién es Malone? ¿Dónde ha estado durante toda la novela? ¿Quién es Lemuel? ¿Por qué comete el vil asesinato? ¿Se ha convertido Malone en Lemuel.. una realidad literaria.. sus visiones. Eso no significa que no pueda hacerse. sino advertir que no es necesario hacerla. hacía eso mismo pero pretendiendo acentuar el filtro que separaba el objeto del lienzo. ni surrealista. El Rostro. los que Sam Beckett pone como ejemplos. de mantener abierto el espíritu. Porque libera. Y por eso es. más cotizados. ¿por qué no?. Por eso el arte más contemporáneo expulsa a sus espectadores. ¿Deben preocuparnos estas cuestiones? Según Félix de Azúa.

Para que tome partido. Con "Esto no es humano". A la basura. o encontrar fea. está dicho todo. ¿Les interesa el espacio? Hagamos que cruja. 9 . Es una pena. la verdadera escritura de Samuel Beckett se sitúan en otra realidad. para que deje de mirar. ¿Les atormenta el tiempo? Matémosle juntos. para que rechace a priori. Eso no es nada. de que tenga que expresar.pensamiento humano. para que deje de existir. tanto el formal como el informal. delante de una cosa que simplemente habría podido amar. El medio más rápido de hacer rimar amor y vacaciones pagadas. Las frases siguientes ilustran la voluntad de libertad mental y receptiva. la realidad más verdadera que vive en el lenguaje. Por lo menos estamos acostumbrados. Los estragos son ya considerables. El poeta que dice: no soy un hombre. Pues el arte no parece necesitar cataclismos para poder ejercerse. Son una crítica total al deber más o menos socializado de que el arte signifique. El día de mañana se le exigirá a la charcutería que sea humana. de libertad honrada. la que resultó de la experiencia de la nada circundante. Lo que ha venido arruinándolo durante siglos de masoquismo conceptual. Lo que es propiamente espantoso es que el artista mismo lo admita. y que se alimenta de materia gris. de que tenga que comprometerse con nuestro mundo habitual (el extracto reproduce estrictamente el orden del autor): Eso llueve sobre los medios artísticos con una abundancia muy particular. Denle un silbato. ¿La belleza? El hombre reunido. ¿La verdad? La ventosidad del mayor número. El arte expresivo. para que acepte a priori. Y el que modestamente nos parece uno de las más bellos pasajes formulables por un ser humano: Se ha hecho lo imposible para que elija. ¿Puede existir amor al arte más sincero que el contenido en esta frase? ¿Puede aspirarse a mayor libertad? El verdadero arte. ¿La bondad? Extinguir. no soy más que un poeta. sin saber por qué. es un arte policial por lo que tiene de represor de la creatividad: ¿Quieren un existente adecuado? Pónganle un azul.

Los Días Felices Los Días Felices Samuel Beckett Introducción 1. Este diluvio crítico continúa y en vez de facilitar y favorecer la comprensión de las obrasoriginales. en muchos casos. sus obras siguen suscitando pasiones encontradas de ferviente admiracióny de rechazo apasionado. ha creado. Considerado como uno de los escritores actuales másinfluyentes. novelista ydramaturgo. One is a Victim of all one has written SAMUEL BECKETT En el panorama literario del siglo XX. Beckett es el escritor contemporáneo vivo sobre el que más se ha escrito ydesde los puntos de vista más diversos. sin embargo.que sobre nadie. Napoleón y Wagner. Se han escrito más libros sobre Jesucristo. VIDA Y OBRA: DE EN SILENCIO A OTRO * L artiste qui joue son ètre est de nulle part. el escritor Samuel Beckett -ensayista. en este orden. una aureola de dificultades en torno a ellas. del placer de 10 . poeta. SAMUEL BECKETT. que ha privadoa muchos lectores (o espectadores).destaca de un modo singular y se ha convertido en un punto crucial de referencia tantoen los ámbitos literarios como teatrales. Et il n a pas de frères. Predigo que en el ario 2000 Beckett puede ser el cuarto de la lista siel diluvio actual de literatura beckettiana continúa.

Simplemente he encontrado más de lo uno que de lo otro.tampoco lo creía-. que en dilucidar oscuridades filosóficas oideológicas creadas en ocasiones por los propios críticos.1978). Lo beckettiano es un adjetivo que seha hecho familiar. se queden sin recoger. University of California Press. Frecuentemente. a este respecto. desconfianza e 11 . es comprensible dada la sorprendente multiplicidad de interpretaciones y la diversidad deteorías elaboradas sobre una obra única que rechaza en sí misma todo sistema y trata de eludircualquier tipo de clasificación. Beckett no ha escrito ni una línea oscura en su vida. es necesario aclarar. revolucionario de los génerosnarrativo y dramático. La estética beckettiana es única e inconfundible yuno de sus rasgos fundamentales es presentar temas trágicos . no se mepuede acusar de pesimista ya que no tengo ni deseos ni competencia para juzgar. Beckett crea un mundo propio poblado de seres extraños a veces. más sobre elestilo literario y el proceso creativo de este autor. metafóricamente. (Ca rta a Tom Bishop. sin duda. 10). centrando sus estudios más sobre elcómo que sobre elqué. la impotencia y el sufrimiento humanos. pág. a este respecto. formadopor las ideas e influido por los acontecimientos de este siglo -como se irá viendo en esta intro-ducción. Se ha mencionado el famoso pesimismo beckettiano. familiaresotras. Maestro de la parodia y de la ironía y dotado con un sentido del humorcorrosivo e inimitable.poder disfrutar sin prejuicios de las creacionesoriginales. y no como un escritor. an Essay in Bibliography(Berkeley. Es un escritor perfectamente enraizado en la estética de este siglo. que no es sino una metáfora de nuestro propio mundo. presentan susobras radican esencialmente en su originalidad formal. encarnados en formasradicalmente cómicas. incluso para quienes no han leído a Beckett. como la brevedad de la vida. una aproximación abierta sin prejuicios(como lo exige cualquier obra de arte original). Esto no quiere decir que Beckett haya surgido de unvacúum. 1970). un gran poeta. pero sí hamostrado cierta preocupación por la excesiva proliferación crítica en torno a ella: ¿Cuándo dejaránde hacerme querer decir más de lo que digo? (a Raymond Federman. A raíz de la aparición de la voluminosa obra bibliográfica de Raymond Federman y John Fletcher: Samuel Beckett:His Works and His Critics. Beckett que las obras que todavía no se han recogido (en la citada bibliografía). Los Angeles y Londres. el profesor Hugh Kennercomentaba: Deseo tanto como el Sr. queBeckett no cree ser pesimista -como Thomas Bernhard. su experiencia vital. en el hecho de que no se pueden clasificar niincluir con facilidad dentro de ningún sistema. que la crítica beckettiana actual ha dadoun giro bastante positivo. Hay que confesar. teoría o movimiento literario y por tanto exigen dellector/espectador una actitud de concentración especial. citado en The Critical Heritage. sus propias palabras sobreeste tema nos parecen significativas: Si pesimismo es un juicio en el sentido de que el mal sobrepasa al bien. la preocupación que expresa el profesor Kenner. su obra refleja. de suradical inseguridad. las dificultades que. En efecto. uno de sus discípulos más lúcidos. la degradación. haciéndose eco de las palabras delautor. lasoledad. Beckett es un claro paradigma de la conciencia dividida del artista contemporáneo. se ha presentado a Beckett como un filósofo. nadamás lejOs de la realidad. Beckett nunca ha entrado en ningún tipo de controversia o exégesis sobre su obra. epígono del existencialismo más pesimista.

del existencialismo y también como padre del post-modernismo. Berkeley.. sin duda. supartida de nacimiento señala el 13 de mayo y el registro oficial de Dublín.Considerado discípulo de escritores tan diversos como Proust.y tanto la vida como el origen de la creatividad son un misterio. presentando la obra y señalandolos hechos biográficos más importantes en tanto estos hayan tenido alguna incidencia sobre dichaobra. del noveau roman. en Irlanda. San Agustín. a conocer y comprender mejor toda la variedad y complejidad de su arte. San Agustín. Se le erige como epígono delmodernismo. Kafka. su obra estárelacionada con autores y tradiciones del pasado que han dejado en ella sus huellas indelebles. Heidegger y Nietzsche entre los filósofos. Pirandello.para otros. que tan celosamente ha tratado de proteger. Milton. sólo le pertenece a él. del surrealismo. Vivir es inventa dice Malone. Leer cronológicamente a Beckett ayuda. En sus obras los críticos encuentran las huellas de Pitágoras.. Chejov. Sartre. incluso antes de ser famoso. Se aceptaesta fecha simplemente porque él lo ha dicho siempre. Un arte que es totalmente inteligible y totalmente inexplicable . paradigma de los escritoresbeckettianos. Sin embargo. Los ecos de estos y otros escritores o de diversas convenciones literarias se hallan ciertamente enla obra de Beckett. etc. iremos de un silencio a ot ro . en lo que sigue. La vida y la obra de este autor están intrínsecamenteunidas. Calderón. Dante. el 14 de junio. Yeats. Cualquierlector/espectador puede entrar en el mundo beckettiano sin mediación crítica alguna y quedarfascinado por la belleza de su lenguaje y sobrecogido por sus impresionantes imágenes escénicas.Uno de los principales atractivos de toda la escritura beckettiana es su notable cualidad oral . Mauthner y Wittgenstein entre lo Los Días Felices Samuel Beckett lingüistas. aunque no haya que reconocerlos para poder disfrutar de ella. escuchamos sus voces y participamos conellos en el propio acto creativo. Cervantes.insatisfacción. alleer sus obras nos hacemos confidentes de sus personajes. los presocráticos. Schopenhauer. la vidaes un silencio y la obra de arte otro . Synge. lospadres acostumbran a dejar pasar un período indeterminado de tiempo -normalmente un 12 . Sterne. Geulincx. la vida privada de Beckett. 1. entre los escritores. Para Beckett. Poseedor de una gran cultura. Shakespeare. Zenón. por tanto. Freud y Jung entre los psicólogos. Joyce. Pascal. Orígenes y primeras influencias Samuel Barclay Beckett nació el 13 de abril de 1906. Estaconfusión de fechas en torno a su nacimiento se aclara en cierto modo al saber que. un Viernes Santo para la leyenda. es maestro dellenguaje para unos y destructor de la novela -o el teatro. Swift. o del teatro del absurdo. Descartes.

. afición que muy pronto compartiría su hijo Samuel.mes. es una de las más recurrentes en sus obras. hubiera sido una contribución más seria a los estudiosbeckettianos . era aparejador. en vida del autor. especialmente la primera parte de tan denostado libro.constituye una lectura apasionante. ya que. Estas dudas sobre la fechareal de su nacimiento. the back-roads . muchos de sus amigos se negaron a colaborar con Bair. Pero a veces me sentía solo (Beckett a Lawrence Harvey. que. no obstante. acusando a laautora de hacer afir maciones poco documentadas.Backs turned both bowed with equal plod they go. Los datos biográficos que se presentan a continuación han sido contrastados con fuentes que creemos fiables. Hay que reconocer. Puedes decir que mi infancia fue feliz mis padres hicieron todo lo posible para hacerme feliz. diríaBeckett a Harold Hobson (1916). aunque su lectura. A fomentar esta leyenda pública . cuya edición por separado. Beckett procedede una familia protestante de la clase media. Hugh Kenner. de las montañas de Dublín. ha contribuido considerablemente la biografía de Deirdre Bairque. era muy religiosa y leía la Bibliaa sus hijos frecuentemente. de 1930 a 1967. el poeta irlandés Thomas McGreevy..One shade. La lectura de estas cartas es de gran interés. Hold and be held. basándose en entrevistas anónimas. Plod and never recede. nosproduzca cierto malestar sabiendo los enormes esfuerzos que éste ha hecho por proteger su vidaprivada. pero pronto perdí la fe . no han hecho sino incrementar losequívocos acerca de lo que este autor llama: la leyenda pública de mi vida. Su madre. Esta imagen de padre e hijo caminando por los senderos. en determinados aspectos. The child hand raised to reach theholding hand. Free empty hands. 13 . amigo de Beckett. Oscar Wilde y William B. Another shade. Yeats. Toda lainformación sobre estos años está bien documentada por estas cartas. es bastante poco fiable. Su padre William Beckett. un retrato de un hombre que se parece más a sus personajesque a él mismo en palabras de John Calder.antesde inscribir a sus hijos como ciudadanos públicos. Me educaron casi como un cuáquero. entre otros. Esta biografía no hubierasido posible. Martin Esslin o John Calder. que esta biografía. Una viva imagen de estospaseos con su padre aparece en una de sus últimas novelas Worstward Ho: Hand in hand with equal plod they go.como sugiere el profesor Calvin Israel. In the free hands -no.como Richard Ellmann. 1970 Los Días Felices Samuel Beckett Como sus compatriotas George Bernard Shaw. Contra ella han arremetido críticos notables. los padres de Beckett tardaron dosmeses. Hold the old holding hand. pues previamente a su publicación se tenían pocosdatos sobre la vida y los sentimientos íntimos de Beckett. al parecer. comoel propio autor. muy aficionado al deporte y disfrutaba dando largospaseos por el campo. aunque presente un retrato de Samuel Beckett que pocos dequienes le conocen podrán reconocer. May Roe. como su propia autora reconoce. de no haber tenido acceso a la correspondencia entreBeckett y su íntimo amigo.

en el prestigiosocolegio Protora Royal School. 14 . en el fondo. Aston Luce. un sketch satírico titulado Le Kid. Dosprofesores influirían decisivamente en su orientación académica. En 1920. Donde Beckett sí adquirió merecida fama de alumno brillante. Beckett no destacó académicamente.Beckett comienza su carrera de políglota en el Kindergarten de Miss Ida Elsner. En 1912. Frague y Francis James. Beckett ingresó en el Trinity en 923 para estudiar Filología Moderna: francés e italiano. un día de la semana de Pascua de1916. cuando se traslada a vivir a París. Beckett admiraba aO Casey. No es pues extraño que el primer intento dramático de Beckett. Este autor es. en Stillorgan. fue en el Trinity College institución universitaria dublinesa de gran prestigio desde sufundación en 1591. donde se montabanlas obras de O Casey. fue el atletismo. gasté la máquina antesde tiempo.desprecio a Corneille. L. pero estambién con Rudmose-Brown con quien hace una lectura apasionada de La Divina Comedia deDante. pero sí en casi todos los deportes. que luegoserían amigos suyos. entre otros autores. especialmente encricket y rugby: Lo que me arruinó. Un recuerdo penetrante deestos años es el ver desde la colinas de Dublín. especialmente del Abbey Theatre. serían uno de sus temas favoritos. Le gustaba mucho dibujar. si bien pocoortodoxo. Beckett se hace asiduo de los bares y los teatros deDublín. lo subtitulara una pesadilla corneilliana . la ciudad ardiendo. ingresa en el colegio Earlsfort House de Dublín. p. hogar de los nacionalistas irlandeses. En los últimos años de esta etapa universitaria. Asistía a las clases de italiano del profesor Walter Starkíe. Samuel se reúne con su hermano Frank. transmitiéndole su amor por Raciney su . cuatro años mayor que él.además de académico. tal como lo relata el narrador de Horn Came Always . cuyas obras vería en el Los Días Felices Samuel Beckett demasiado decadentes para recibirlas. con quienestudia las obras de Descartes y Berkeley. en Enniskillen.es laperfecta unidad entre la forma y el contenido. Ya he cumplido los cuarenta y todavía lanzo la jabalina. en ocasiones especiales. quizá con másjusticia. que le introduce en la literatura francesa. Irlanda del Norte. y el catedrático Thomas B. Este es el comentario irónico sobre sus aficiones deportivas.iniciándose en alemán. con quien estudiaba Pirandello. e incluso mucho después.) Pero la mejor alabanza que Beckett hace del libro de Joyce -y que se puede aplicar.de los más influyentes en la formación deBeckett. y los vagabundos que veía por el campo en lasexcursiones que hacia con su padre. Rudmose-Brown. donde comienza aestudiar francés y piano. al estilo de las obras que escribirá el propio Beckett a partir de mediados de los 40. donde había estudiado OscarWilde. Con tanto saltar y correr cuandoera joven. poeta. sin duda -junto con Descartes. pero le fascinaba más aún el experimentalismo de Pirandello. y está presente de un modo muy especial en sus primeras obras. su tutor. Lennox Robinson y Lady Gregory. No estáis satisfechos a no ser que la formaesté tan separada del contenido que podáis comprender aquélla casi sin molestarosen leer éste. Rudmose-Brown ponea Beckett en contacto con los poetas ValeryLarbaud.

jugaron un papel importante en elnacimiento del escritor Samuel Beckett. donde Hemingway. Jolas afirmaba que el artista tenía que ser un enemigo encarnizado de estos filisteos ydebería crear un arte nuevo que ayudara a destruir la ideología de una civilización podrida . esta revista era portavoz de lascorrientes artísticas más vanguardistas. dadaístas. e irlandeses como Thomas McGreevy y Georges Reavey. que jugó un papel bastantenotable en el nacimiento de Beckett como escritor. Entre los anglófonos. Pero París no era solamente Joyce. especialmente lingüística. sin mediaciones ni compromisos con la realidadexterna.. y quizá tuviera algode ambas cosas. sobre todo entre poetas france-ses. Joyce quedó encantado con este trabajo y se lo recomendó a Eugéne Jolas para supublicación en la revistatransit i on.y por los escritores americanos Hart Crane y Gertrude Stein. Publicada en inglés.se sumaron muy pronto a esta guerra presidida por James Joyce -que publicó entransit i on varioscapítulos de Finnegans Wake. Contales manifiestos. propugnandoesencialmente una revolución lingüística radical. Surrealistas. una gran variedad de revistasliterarias entre las que sobresalía por su influencia y prestigiot ransi ti on. París era. Aspiraban a una mayor libertad de expresión verbal. etc.se daban cita para comer. Entre sus amigos franceses destacaba Alfred Peron. según ellos. por tanto. como se ha señalado anteriormente. quepropugnaba contó desde sus inicios con muchos adeptos.locales favoritos entre la multitud de artistas expatriados que esperaban conseguir la fama en estafascinante ciudad. Ford Madox Ford o Nathalie Barney. Compromisos que habían 15 . Colaboraban en ella muchos escritoresnorteamericanos que habían huido de su país porque. sino que además funcionaban comoverdaderas bibliotecas de préstamo y en donde se podía leer. Salones privados. esesemismo algo). En efecto. Fouquet s. a quien había conocido como lector defrancés en el Trinity College y cuya amistad iba a tener un final trágico como luego veremos. su didactismo vulgar y su trasnochadaretórica. expresionistas. La bestia negra de todos ellos era la mentalidad burguesa. un buen sitio para vivir unjoven -en palabras del propio Beckett. que no sólo vendían libros. entreotros.en Work in Progress . Shakespeare and Company . También eran puntos favoritos deencuentro las librerías de Sylvia Beach. este último era también traductor delruso. planteaba una batalla abierta contra el materialismo plutocrático y contra los filisteos que habían logrado industrializar el arte y lacivilización privándoles a ambas de emoción genuina y reduciéndoles a un realismo estancado yfotográfico . pero de lo que no cabe duda es de que la revolución. carecía de spiritual depth (profundidad espiritual). Era la ciudad de los paseos por los grandes bulevares y lasinterminables tazas de café en La Closerie des Lilas. Su director. Hizo pronto buenos amigos. beber y escuchar las máximas de la Stein enhabitaciones prácticamente empapeladas con Picassos y Matisses. especialmente en el campo de la literatura. como el de StellaBowen. Michaud s o Les Deux Magots. la revistat ransi ti on y los escritores y artistas quecolaboraban en ella -entre los que figuraban Picasso y Miró. in situ . it isthat something itself (su obra no esacerca de algo. LaMaison des Amiés de Livres .sin duda el salón más famoso era el de Gertrude Stein. Eugéne Jolas. y de Adrienne Monnier. la revista consiguió pronto fama de extremista y algo snob . En palabras de Beckett: hiswriting is notabout something. Fitzgerald y Pound-entre otros muchos. que incluyera toda la rica realidad delsubconsciente y la presentara por sí misma. abrían sus puertas a los artistas. donde proliferaban las tertulias literarias.

Beckett obtiene su primer premio literario. y plagado de detalles insignificantes sobre la vida y obra de Descartes. cuando era un joven pedante en palabras del propio Beckett. En esta misma revista. Leon-Paul Fargue y August Stramm.está presente en toda su obra.. Whoroscope . Beckett había estudiado con admiración a este filósofo en el Trinity. puede crear sus propias palabras.Quizá lo más importante de este premio fue que uno de los miembros del jurado. Bruno. rechazando el ideal clásico de Hulme y T. a un sentido faccioso de la armonía y a la esterilizaciónde la mentalidad creativa . El lenguaje es un flujo constante. Katherine Mansfield. claramente. por lo que todo escritor tiene derecho a manipular éste según su gusto y haciendo caso omiso de las leyes sintácticas ygramaticales.. Virginia Woolf. con un poema. otra delas mujeres influyentes en el mundo literario parisino -ya hemos mencionado a Sylvia Beach yAdrienne Monnier organizó un concurso poético para obras originales que tuvieran como temacentral el tiempo . sobre poder lograrmediante la creación artística experiencias transcendentales . e incluso Joyce en sus primeras obras y partedelUl ys s es. se interesó por el autor del poema y le encargó un trabajo sobre la obra de ProustEn busca del tiempo perdido. refranes. Vico. Louis Aragon. RichardAldington. Los citados maestros fueron también. Nancy Cunard. André Breton. El poema de Beckett. 1929 -. tienea Descartes como protagonista.y el dualismo cartesiano -el abismo entre la mente y el cuerpo. Beckett compartía con los verticalistas las ideas respecto a lahegemonía de la vida interior sobre la exterior y su método de profundización en la búsquedaartística que luego reflejaría admirablemente en las páginas de su ensayo sobre Proust. porque conducía inevitablemente auna conformidad reaccionaria y decorativa. Los maestros eran: GertrudeStein. guías para el joven Beckett. era bastante escéptico. lleno de alusiones recónditas. su propio lenguaje. parodia la búsqueda de esa experiencia metafísica que tanardientemente perseguían Hart Crane y Jolas.Eugene O Neill.. S. nunca estático.adquirido antes escritores modernistas como D. Para Jolas y sus epígonos habíaque devolver a la palabra su magia original y para esto era necesario partir de una desintegración de la palabra. Lawrence. que en 1932 firmabael manifiesto Poetry is Vertical (La Poesía es Vertical). Estos autores habían utilizado fenómenos del subconsciente como motivación de unospersonajes que estaban anclados. 16/17. Eliot. en la realidad externa. 16 . Whoroscope está escrito en un tono paradójico. escrito la noche anterior a la fecha limite del plazo. Respecto aotras ideas contenidas en el manifiesto. Beckett publica también Sedendo et Quiescendo y varios poemas que luego incluirá en la colección Echo s Bones a la quenos referiremos más adelante. en la abominable edición de la Nouvelle Revue Française y se quedó fascinado por el lenguaje y estilo proustianos. James Joyce. enel mismo número que apareció por primera vez su ensayo Dante. una especie de declaración de principiosque apostaba por la primacía de la visión poética y la hegemonía de la vida interna sobre laexterna . por ejemplo. Beckett. Joyce . típico delestilo erudito de sus primeras obras. juegos depalabras ( puns ). En su primer texto narrativo Assumption -publicado ent ransi ti on. sin duda. tal como lo afirmaban losverticalistas.con un lenguaje excesivamente alusivo. H. Beckett dedicó el verano de 1930 a leer dos veces los 16 volúmenes de esta obra. Hart Crane.

ya que el tiempo humano es despiadadamente limitado. cuando éste confesó con su habitual honestidad a Lucía Joyce. la protagonista de la obra objeto de estevolumen. Samuel Beckett vuelve a Dublín y se encierra en el Trinity College. los novelistas del XIX.pero se concentra especialmente en los dramas de Racine: Andrómaca. son sobre todo víctimas de ese monstruo de dos cabezas de salvacióny condenación : el Tiempo. en el campo estilístico.después ya casi nunca volverá a leer filosofía: Peu doné pour la philosophie (Beckett a LudovicJanvier. especialmente. son sus propias palabras Quizá el hecho que Beckett considera. Durante estos cursos en Dublín lee laÉti ca de Geulincx y las obras de Kant y Schopenhauer. como los de Proust. en el mismo centro de su obra -aunque esto será años mástarde. denuevo con Rudmose-Brown. Después de la intensa vida intelectual y bohemia parisina. Yeats. las huellas de Geulincx y Schopenhauer se vislumbran claramente ensus obras. Balzac.Joyce tuvo una influencia principalmente moral sobre Beckett. 3. Flaubert y Stendhal. una frase perfectamente construida. piensaque la expresión artística es casi siempre un fracaso y elige este arte del fracaso emplazando a laignorancia y a la impotencia humanas.Tampoco cree que la expresión artística tenga que ser necesariamente un éxito -un logro-. Los protagonistas deBeckett. no su intelecto . a su ávida audiencia. la idea proustiana de que el Arte nosredime del efecto destructor del tiempo. que estaba enamorada de él. El ensayo sobre la obra de Proust presenta una especie de credo artístico . Esto provocó una aguda crisis enlos frágiles nervios de Lucía. 17 . le enseñó lo que era la integridad artística y le recomendó que escribiera lo que le dictara su sangre. por ejemplo. sin embargo. Pronto se dio cuenta de que el trabajo académico legustaba muy poco. 1968). para no pensar y protegerse así de los aspectos más dolorosos de la vida. es un perfecto paradigma a este respecto. Fedra yBéreni ce. Regreso a Dublín: Trinity College Beckett alargó su estancia en París todo lo que pudo y el ensayo sobre Proust fue una buena excusa. Lainfluencia de Proust será igualmente importante. Beckett no comparte. Winnie. cuando por fin encuentre su propia voz. Una desus alumnas describe su actitud en clase: Solía mirar por la ventana durante algunos minutos y luego lanzaba. Beckett todavía admira a este último filósofo. donde comienza a trabajar como profesor ayudante de francés. y Joyce sugirió a Beckett que no volviera por su casa -su amistadvolvería a reanudarse algunos años más tarde cuando Beckett se estableció definitivamente en París. Las relaciones entre Joyce y Beckett se enfriaron sólo en unaocasión. al francés junto con su amigo Alfred Peron. Enseña literatura francesa. de Finnegans Wake. prefiriendo el aburrimiento de vivir al sufrimiento de existir . Poseen también el rasgo común de arroparse en hábitos y rutinasinsignificantes. hermano del poeta. Otra fue la traducción del episodio Anna Livia Plurabelle . por lo bien que escribe: how fine hiswri ti ng is . que no comparte en sutotalidad el autor irlandés.que las visitas a su casa eran principalmente para ver a su padre . como mentor. más importante de estos años en Dublín es su amistad conel pintor Jack B. a quien conoce gracias a su amigo Tom McGreevy: ¡pensar que te debo a ti conocer a Jack Yeats y a Joyce! le escribirá Beckett agradecido en una desus cartas.

que nunca publicará. Beckettno se ha considerado nunca un escritor exiliado: Simplemente me largué de allí (Beckett a SeanO Mórdha. Smeraldina-Rima. la teocracia y. sin embargo. ejerció en él. de un modo especial. The Amaranthers. el paisaje dublinés y las voces de susgentes poblarán las obras de Beckett y. la total entrega a suarte. de su cargo en el Trinity College. se dedica a la traducción. Tiene que regresar repentinamente aDublín. para una exposición de este pintor en París. en 1932. como Joyce. su primera y última narrativa. Crevel. Sin ideas muy clarassobre su futuro. cuenta las relaciones amorosas del Los Días Felices Samuel Beckett protagonista Belacqua con una serie de mujeres. Comienzan a agobiarle la hipocresía social dublinesa. En 1939 escribe. demodo especial. la censura existente sobre todas las artes. Esta es una obra fantásticamentecómica. a larga distancia . no tiene parientes -cita con la que se inicia esta introducción ya que pensamos queBeckett es también esa clase de artista. una influenciaprincipalmente moral. En junio de 1933 muere su padre: qué voy a hacer yo ahora sino seguir sus huellas por campos ysenderos . y en distintasciudades: Viena. al ser pronunciadas por uno de los estudiantes más brillantes que han salido del Trinity. tras el asesinato del presidente Paul Doumer. encuentra la paz e inspiración necesarias y comienza a escribir su primeranovela. bastantes años mayor que Beckett. A pesar de sus amigos. que tienen también como protagonista a un personaje indolente llamado Belacqua. En 1954 escribirá. Como medio de subsistencia. Narrada en primera persona por un tal Mr. En 1932 se porta muy mal . Su hermano Frank se hace cargo de los negociosfamiliares y Samuel recibe una pequeña renta de unas doscientas libras al año. Breton. Beckett . Dream of Fair to Middling Women. entre otras cosas. De nuevo en París. Beckett añora París donde se sentía mas motivado creativamente y máslibre intelectualmente. escribe Beckett a un amigo alemán. Beckett 18 .especialmente de poesía surrealista: Eluard.Los mejores episodios de esta obra están incluidos en su primera colección de cuentos More Pricks Than Kicks (1934). ya que. director de Silence to Silence). en estos primeros años en París.Jack Yeats. París y Dublín. Sugran cultura y erudición se filtrarán con frecuencia en sus primeras obras e irán fragmentándose ydiluyéndose en sus textos posteriores. Yeats se inspiraba en las gentes sencillas y en los paisajes del oeste deIrlanda para sus obras. 4. La novela no tiene unidad formal y está plagada de alusioneseruditas. en el Dublin Magazine. especialmente. una crítica elogiosa y apasionada de la novela de JackYeats. un homenaje no menos apasionado en el que afirma: El artista que pone su ser en juego no es deninguna parte. neologismos y extranjerismos que muestran los gustos cosmopolitas del joven Beckett. al no tener sus papeles en regla. El origen de un estilo único Aunque Dublín no estimulaba su creatividad. Syra-Cusa y Alba. y Beckett admiraba su originalidad y. se marcha alContinente y dimite. no podía soportar enseñar a otros lo que él mismo no sabía . palabras que no dejan de tener ciertaironía.

y ciertamente estos relatos muestran la diferencia de los orígenes artísticos de ambos escritores. Decide no ser esclavode las cosas en las que ya no cree: hogar. 247). Se ha dicho queMore Pricks than Kicks.Muere en Alemania su prima Peggy Sinclair.prohibiéndose su venta. Belacqua es un artista indeciso y perezoso. lee tenazmente y lleva a sus amigas a dar largos paseos alcampo . de un lado a otro sin rumbo fijo. Londres y París como el propio Beckett en esto ños. tanlibremente como le sea posible. Stephen Dedalus. pág. Beckett se distancia irónicamente de su protagonista y no se lo toma en serio.. Beckettmuestra en ellos una fe joyceana en la palabra. donde se consideran los cuentos obscenos y blasfemos. a quien Beckett visitaba con frecuencia y con quienhabía estado muy unido emocionalmente. Comienza a escribir su novela Murphy y algunos poemas que más tarderecopilará. 1964). contra el imagismo preconizado por Pound y Eliot. excepto en Irlanda. La persona poética se va revelando fragmentariamenteen diversas etapas. aunque visitará a su madre frecuentemente hasta la muerte deésta en 1950. las alternativas en blanco ynegro. Decide abandonar su primera novela y escribir unacolección de relatos cortos sobre un joven estudiante perezoso de costumbres fijas. usando en su defensa las únicasarmas que se permite utilizar: silencio. haciéndose continuas preguntas que ni siquieraintenta responder: A [Belacqua] no le preocupaban. decidido y con voluntad firme. Acompañado de un amigo 19 .Estos poemas son típicos del estilo hermético y erudito característico de sus primeras obras. nunca volverá a vivir en Irlanda. bebe abundantemente. Uno de los hechos que más impresionarían a Beckett durante su estancia en Londres fue escucharal eminente psiquiatra Carl Jung.. o religión . en la colección titulada Echo s Bones -publicados en París por Europa Press en 1935. Stephen expone con entusiasmo y seriedad su ideario artístico al final del Retrato -Joyce se toma a su protagonista en serio. En Londres pasa tres años malos financiera y psicológicamente (Beckett a John Fletcher. que: comemeticulosamente. es la otra cara del Retrato del artista adolescente joyceano. que recibe críticas bastantefavorables. ¿peroy ahora? [More Pricks than Kicks. exilio y astucia (The Portrait of the Artist as a Young Man. El tono que el narrador adopta es más satírico que el delDream y comienza avislumbrarse el humor negro y la característica ironía verbal beckettiana. A partir de esteaño. pág. 171]. es un dilettante que vaga. Belacqua. Su protagonistaes un ser narcisista que deambula entre Dublín. en alguna forma de vida o arte . generalmente. y se propone expresarse.decide ir a vivir a Londres en otoño de este mismo año. Llegó incluso a atreverse a proponer una pequeña paradoja de su propiacosecha y se aventuraba a decir que entre los contrarios no era posible alternativaalguna. por el contrario. alfinal de la obra de Joyce. ¿Tenían que ser risas o lagrimas? Al final ambas cosas son lo mismo.Los poemas presentan una consciente y progresiva disolución de imágenes y los personajescorpóreos se van transformando en voces. desde su nacimiento hasta una especie de estado post mortem . patria.indolentemente. el polo opuesto de Stephen Dedalus. En 1934 publica More Pricks than Kicks (Más aguijones que patadas). está seguro del camino a seguir y de cómo seguirlo.

Beckett recuerdaespecialmente de sus lecturas de esta época los magníficos poemas de Hölderlin y la novela deFontane. etc. el protagonista sustítuye ala Divinidad. En esta novela. Cascando . aparentemente. están ya presentes enMurphy. Beckett viaja continu amente por varias ciudades alemanas sus favoritas. escritores. que luego desarrollará en sus obrasposteriores. EnMurphy se parodia especialmente la problemática relación entre el cuerpo y la mente. Una donación reciente de un libro de notasdel autor a la Fundación Internacional Beckett. sino también citasde lecturas científicas. El caso que más leimpresi onó fue el de una joven paciente de Jung que había muerto sin tener. y los deseos de su cuerpo. etc. quien. filósofos. muestracitas anotadas de las lecturas de Beckett en los años 30. asistió a unas conferenciassobre enfermedades mentales que Jung pronunció en la Tavistock Clinic. Schopenhauer.Beckett alude a esta conferencia en varias obras.sino que además hace continuos comentarios sobre pintores. Pascal. EnMurphy. Beckett reconoce a Murphy como el primero de una serie de protagonistas que él llama sugente . En 1936 regresa esporádicamente a Dublín -publica un poema. o hallar una forma que acomode el caos. psiquiatras.abundando en alusiones eruditas aunque con deliberado tono irónico.y a París.enfermedad alguna. Existía pero realmente no vivía y por eso no había podido ayudarla.. Beckett utiliza las ideas filosóficas como poeta. Londres y Dublín. es la tarea delartista contemporáneo . Este episodio le gustó tanto a Joyce que un día sorprendió a Beckett recitándolo dememoria.. en elDublin 20 . que ama a Celia. no sólo cuenta la historia de Murphy y de unapandilla de seres grotescos que. Entre 1934 y 1937. en sus propias palabras: no veorastro de sistema alguno por ningún sitio . Elprotagonista se halla dividido entre los anhelos de su mente de aislarse totalmente del mundoexterior. No hace falta haber leído a Descartes paradisfrutar de esta cómica novela llena de incidentes disparatados provocados por la conductasurrealista de Murphy.Munich. llegan a Dublín con objeto de recuperarle. Effie Briest que evocará Krapp en La última cinta. el hospital psiquiátrico donde trabajaba su amigo le proporcionaran sustancia temática y serán el germen de su novelaMurphy. encabezada por Neary. para mostrar la incapacidad de cualquier sistema para explicar larealidad humana de un modo coherente y plenamente satisfactorio. No sólo aparecen filósofos y escritorescomo Kant. en la que el filósofose refiere al amor mediante el cual Dios se ama a si mismo. Pope. Berlín y Dresde. Estas conferencias y sus frecuentes visitas al Bethlehem Royal Hospital. como la teoría de la relatividad y cálculos matemáticos. un omnisciente narrador.médico. en Kent. dispone en su testamento que sus cenizas seanarrojadas en los servicios del Teatro Abbey de Dublín preferentemente durante algunarepresentación . Cervantes (Don Quijote). como en la alusión Amorintellectualis quo Murphy se ipsum amat -frase tomada de laÉt ica de Spinoza. parodiándolas aveces y fragmentándolas otras. no como filósofo. con sede en la Universidad de Reading. El famoso psiquiatra dio la asombrosa explicación de que el problema de lajoven era que no vivía. especialmente en All that Fall (Todos los que caen)y Footfalls (Pasos). El cáustico sentido del humor y la penetrante ironía. Chejov. entre otras cosas.

Thrale. que abandonará sinconcluir. Beckettbosqueja ya una especie de credo artístico nuevo que. y añade que esta idelidad al fracaso establece una ocasión y relación nuevas [con el objeto artístico] . Beckettinsiste de nuevo en que el arte es la expresión de una necesidad a través de un camino de dudas einterrogaciones: El arte ha sido siempre esto -pura interrogación. Murphy yel resto nacieron el día en que me di cuenta de mi propia ignorancia. Sólo entonces comencé aescribir las cosas que sentía . Poco a poco la gran cultura y erudición beckettianas irán difuminándose en sus obras. Desea encontrar una clase de silencio que agujeree el lenguaje y contrapone estaliteratura todavía no escrita . donde vivirá hasta 1961. De esta necesidad de conocer de unavez por todas. crítica de los poemas de Dennis Devlin. Trabaja con su amigo Alfred Peron en la traducción deMurphy al francés. el fracaso es su mundo y el huir de él traicionarse . En otro ensayo de esta época escrito en francés. Beckett parece dudar acerca del camino que debe seguir. 6 de la Rue des Favorites. con la apoteosis de la palabra joyceano. pero está enamorada de su vehículo . Como dice la profesora Cohn. excepto el periodo de la guerra. continúaBeckett. en élambos analizan la relación entre el artista y el objeto de su arte. una vez más.a literature of the un-word . Reanuda su amistad con Joyce y entabla nuevas amistades con artistasplásticos: los pintores Geer y Bram Van Velde y el escultor Giacometti. más tarde. Consideraal lenguaje como un velo que ha de rasgarse para poder acceder a las cosas -o a la nada. esta carta es una especiede declaración de la creación a través de la destrucción . También expresa susdeseos de pecar contra su propia lengua . Expresasus deseos de crear una literatura liberada de la palabra . surge la obra de arte que no es sinouna oscilación angustiosa entre alternativas penosamente inadecuadas. De 1937 a 1942. a perseguireternamente una meta en continua recesión. no por su intelecto . preguntas retóricas sin retóricaindependientemente del papel que la realidad social le haya obligado a jugar. La admiración de Beckettpor Bram Van Velde quedaría plasmada en el tercero de sus diálogos con Georges Duthuit.Magazine. condenada.ocultastras él . En una carta de esta época a su amigo alemán Axel Kaun. Les Deux Besoins. De la tensión entre la necesidad artística de expresar y el nada que expresar surge laobra de arte -idea que Beckett mantiene. Gertrude Stein. Es en este diálogo donde Becketthabla de la fidelidad al fracaso como la motivación de Bram: ser artista es fracasar como nadiese atreve a fracasar. 21 . el dilema humano entre el deseo y la imposibilidad de conocer: El hombre es por definición una criatura desposeída. plasmaría en sus obras. Se instala en el núm. y siguiendoel consejo de Joyce comenzará a escribir dictado por su sangre . En el otoño de 1937 vuelve a París. Escribe críticasde libros para ganar algún dinero. y que el artista obligado a crear hace un acto expresivo de sí mismo de su propia imposibilidad de su propiaobligación . Comienza a escribir unaobra de teatro sobre las relaciones entre Samuel Johnson y Mrs. podría ser una guía adecuada. y de la imposibilidad de hacerlo. Beckett expone. Continúa su exploración estética enI ntercessi ons.

Knott. Se enumeran exhaustivamente todas lasposibilidades lógicas de los problemas más triviales. Watt. En su libro Out of this Century. En esta época Beckett tenía un affair con Peggy Guggenheim. Sólo treinta de los ochentamiembros de su grupo sobrevivieron la guerra. Beckett vuelve a París inmediatamente: Prefería Francia en guerra que Irlanda en paz. SuzanneDeschevaux-Dumesnil. le describecomo: un escritor frustrado. un intelectual puro . a la casa totalmente irracional de Mr. Allí Beckett trabaja como agricultor de día y escribe su novela más cómica. que impresionaría profundamente a Beckett. del racional protagonista. por las noches: para olvidar la guerra y la ocupación -quizá también por esto. Beckett y Suzanne nofueron detenidos por los nazis gracias a un telegrama de la señora de Alfred Peron: Alfred arrètépar Gestapo. Beckett visita a su agresor en la cárcel y le pregunta el por quéde su ataque: Je ne sais pas monsieur . Joyce y Valery Larbaud le ayudaron a cobrar un cheque irlandés que le permitióir a Toulouse. Watt. por razonar sobre lo irrazonable. A su regreso a París en 1942 es cuando se une a la Resistencia. con quien vive desde entonces aunque no se casaronhasta 1961. y esto para ella era uno de sus atractivos.En todas sus exploraciones estéticas de estos años Beckett insiste en que este arte de dudas einterrogaciones es quizá la única vía para conocerse a sí mismo. Beckett se une a un grupo de laResistencia y se ocupa de traducir información sobre los movimientos de las tropas alemanas. Prière faire necessaire pour corriger l erreur. La gratuidad de los actos humanos es un tema recurrente en su obra. coleccionista de arteamericana. (Beckett a Israel Shenker.mecanografiaba la información y la preparaba para ser microfilmada. la novela transcurre en Irlanda.Guggenheim contaría más tarde que Beckett en esta época era impredecible e indeciso acerca decasi todo. También irá a verle al hospital una antigua amiga de L École Normal Supérieur. 1956. frase que años más tarde repetirá elmensajero de Godot. Su último encuentro con Beckett había tenido lugar el añoanterior en Vichy.la Merdecluse en Esperando a Godot. pianista de profesión. que le llamaba Oblomov como el héroe de la novela de Goncharov por su indolencia. La guerra le hace salir de la apatía y letargo de estos años según sus propias palabras y en espe-cial los crímenes nazis cometidos contra muchos de sus amigos. cuenta la historia de un viaje de ida y vuelta. Poco después de salir del hospital. fue apuñalado por un extraño y estuvo a punto deperder la vida. Corrigieron el error obteniendodocumentación falsa y huyendo al sur de Francia a la Vauclus e . Un extraño incidente sucedió en 1938. le contesta éste. Conocemos con todo detalle la increíble ygrotesca historia de la familia 22 . esto es. e ilustra los esfuerzos que Watt hace por explicar todo lo que allísucede. Cuandopaseaba con unos amigos por las calles de París. Watt. y éste es el tipo de arte al que él sededicará. En 1939 estalla la guerra cuando visitaba a su madre en Dublín. Joyce le visita en el hospital y escribe luego a su hijo: Beckett se ha salvado demilagro. En 1941 muere Joyce en Zurich.

Beckett tenía que hacerse pasar por un campesino francés para no ser delatado porlos espías nazis. La locura de la guerra y la ocupación impregnan las páginas deWat t. de un modomuy singular. especialmente en elhecho de que los héroes beckettianos hacen -como los pícaros . obviamente. citaremos el famoso párrafo sobre la tierra: My earth and my father s and my mother s and my father s father s and my mother s mother s and my fathers mother s and my mother s father s and my father s mother s father s and my mother s father s mother s Y así se siguen permutando las palabras padre y madre durante once líneas más.todo lo posible para sobrevivir acualquier precio. quizá. Beckett 23 . La tensión lingüística a que Beckett está sometido en esta época se evidencia en el manuscrito de Watt. Como ejemplo demusicalidad y de vaciado del contenido semántico de las palabras hasta convertirlas en merossonidos. Beckett interrumpecon frecuencia la narración principal para intercalar otras narraciones secundarias. convirtiéndolasen un simple susurro al predominar los sonidos fricativos. Su autor dice que esta novela está escrita en franglais . Sam. Hay también. quien. al predominar la repetición delas consonantes: p y r . seguirán existiendo hasta que notengan nada más que contar. Beckett viaja a Irlanda para visitar a su familia. y hace toda clase de comentarios sobre ella. Por ejemplo. las innumerables enumeraciones y el vaciar las palabras de sentidohasta convertirlas en un simple sonido. o la irrealidad de lo real Al finalizar la guerra en 1941. y por mucho que deseen acabar sus historias . nosconfiesa que está en un hospital psiquiátrico. sin duda. dificultan sin duda la lectura de esta novela. uno de los episodios más cómicos de toda la novela.Lynch. uno. cuatro. Encuentradificultades para regresar a Francia y se apunta como voluntario en la Cruz Roja irlandesa paratrabajar como intérprete en el hospital irlandés de SaintLô. tres. En traducciónal castellano.insistiendo continuamente en la ficción de todo lo narrado. en Normandía. especialmente las eses . ese fue el orden en que Watt contó suhistoria . El desorden de los capítulos. sino que complementan y conforman la estructura narrativa final dela obra. ciertos paralelismos con la novela picaresca. Las influencias de Cervantes. Una vez más. o sus protagonistas. o los problemas del Sr. Sterne y Swift. se mencionan a menudo tras el estilo narrativo de lasnovelas de Beckett -especialmente las de los años40. 5. Su narrador. el percusivo. que está lleno de anotaciones marginales en francés. y es allí donde ha conocido a Watt. Como Cervantes. cambia también de lengua. pero el lectorpaciente tendrá la recompensa de disfrutar de la devastadora ironía beckettiana y de la musicalidadde su lenguaje. le ha contado su vida: Dos. La voz de Beckett. el sonido predominante sería. y acabó hablando y pensando en francés únicamente. el narrador entra en la propianovela como un personaje más. pero estas no sonmeras interrupciones gratuitas. en la Vaucluse donde decide cambiar el estilo elusivo y erudito de susprimeras obras y para facilitar esta tarea. ciudad totalmentedevastada por la guerra. Louit para redactar su tesis sobre los visicelts . Su lengua materna comenzó aparecerle extraña y es. hasta que las palabras se acaben. paradigmáticos de la prosa poética de sus obras posteriores.

tiende hacia la omnisciencia yla omnipotencia. Meses mástarde. cualquiera que presteatención a su propia experiencia se da cuenta de que es la de alguien que no-sabe. (A Ludovic Janvier. a su primigeniamendicidad. y empieza aescribir En attendant Godot.) 24 . L expulsé . Las razones que el propio Beckett ha dado. Como artista. en 1964.hubiera sido sin duda un buen escritor. Si Beckett hubiese continuado escribiendo en inglés. e iluminado los aspectos másrecónditos de la existencia humana. 1957). cuanto más sabia.Aquí termina este período de creatividad febril totalmente en francés. citaré en sucesiónlas obras escritas entre 1941 y 1910: La Peinture des Van Velde. han sidovariadas: Parce qu en français c est plus facile d écrire sans style (Porque en francés es más fácilescribir sin estilo) (Beckett a Gessner.que termina en mayo de 1948. (julio de 1946). En marzo comienza L innomable y endiciembre publica. Paradójicamente. únicaobra en inglés escrita en estos años. No creo que la impotenciase haya explotado en el pasado Mi pequeña exploración es sobre esa zona quesiempre ha sido dejada a un lado por los artistas como algo inservible como algo pordefinición incompatible con el arte. publica una colección de doce poemas Poèmes 38-39 . En otra ocasión afirmó: Je me remis à écrire en français avec le desir de m appauvrir encore davantage. con el deseo de empobrecermeaún más. Comienza aquí el periodo que a menudo se ha denominado sitio en la habitación ( thesiege in the room ). El poema Saint-Lô (1946). Beckett encuentra suvoz original en el momento en que se da cuenta de su impotencia y de su ignorancia: Joyce. regresa a París y. Un autor que ha ampliado los límites de lo real . en la prosa notable de sus primeros años. A Richard Coe le diría. encuentra su antiguo apartamentodisponible.Mol l oy y al final de año comienza Malone meurt. hoy en día. convierte a Beckett enun escritor genial. como señalamos antes. Ese fue el verdadero motivo). Publica tres poemas entransition (junio de 1948). más podía. A finales de 1945.abandona la seguridad personal y se encuentrarodeado por el sufrimiento humano y la muerte. comparaba elestilo a un pañuelo alrededor de un cáncer de garganta . que teníamiedo de la lengua inglesa: because you couldn t help writing poetry in it (porque en ella nopuedes evitar escribir poesía). una de las voces más originales y uno de los autores más revolucionarios delpresente siglo. entransit i on. que le deja en una situación de impasse : il m ait mis dans les sales draps . Este periodo de escritura en francés. ou: le monde et le pantalón -primer ensayo crítico en francés. los Tres diálogos con Duthuit .C était le vrai mobile (Me puse a escribir en francés. Para queel lector se haga una idea de lo extraordinariamente productivo de este encierro. En1947 escribeEl eut héri a (pieza teatral inédita). Beckett. Este estado de sitio será el periodo más fructífero de su vida creativa. sobre su cambio de lengua. en esta misma revista. Creo que. Entre julio ydiciembre de 1946 escribe Mercier et Camier. que finalizará en enero de 1949. sorprendentemente. A finales de enero de 1950finalizaL i nnomabl e. en su ensayo sobre Proust. que con el titulo de Suite aparece en la revista de Jean Paul Sartre Les Temps Modernes. 1968. Premier amour y Le calmant . Yo trabajo con impotencia e ignorancia. que aparece en Cahiers d Art.que no-puede. Escribe la primera versión de La fin . Al escribir en francés tenía que someterse a la disciplina de las palabras.

en undía de tormenta. no se originó del modo tanromántico como se suele presentar.Solo no hubiera llegado nunca. Molloy hace constantes hipótesis y se interroga acerca de sí mismo -y acerca de su situaciónaunque no siempre es capaz de responder a sus propias preguntas. que se decidiera a seguir el consejo deVico: Todo aquel que quiera brillar como poeta tiene que des -aprender su lengua nativa y volver a la mendicidad prístina de las palabras. Me da dinero y se lleva las cuartillas. la depuración y la destrucción . su indigencia y su profesión de escritor: tantas cuartillas. Molloy nos describe susituación. La escritura se convierte en narración. de la narrativaconvencional hasta límites que nos hubieran parecido imposibles. 25 . Soy yo quien vive aquí ahora.Cada personaje es uno y a la vez múltiple. también. Cualesquiera que fueren las razones reales de su cambio de lengua. sino tambiénMal one muerey El innombrable. Tantascuartillas. quizá. podía ser. o el verdadero origen de suvisión artística. el lenguaje en una voz. Sus héroes son a la vez sujeto y objeto de sus relatos: Estoy en la habitación de mi madre. Boccaccio. Me ayudaron. lo cierto es que Beckett ha creado un estilo único. con un lenguaje musical. su mejor fuente de inspiración episodio que estáhecho ficción en La última cinta. tanto dinero. no acerca dealgo. No sé cómollegué aquí. como Joyce en Finnegan s Wake. Paseando por un muelle en Dublín a mediados de los 40. que nos cuentan ycómo nos lascuentan. En unas pocas frases. Él no lo niega. sino quien permite que el lenguajehable en él subrayado mío. nos dice el autor en De una obra abandonada. en todo caso en algún ve hículo. y utilizando unlenguaje de una abrumadora belleza -en palabras de Jerôme Lindon. que hacemos nuestras. El patrón narrativo de estas novelas es un viaje de ida y vuelta. Puede ser. quizá. Aún reconociendo que Beckett como gran escritor nació en los años de la postguerra en Francia. o historias. pero estas negaciones y afirmaciones se niegan inmediatamente o más tarde o mástemprano . Beckett parece ser que tuvo una especie de epifania y se dio cuenta de que la oscuridad . La historia.presentara la esencia de su visión poética.Cervantes al Joyce delUli ses. Chaucer. sobre este terreno de arenas movedizas. Su estilo es esencialmente oral. pero utilizando un caminototalmente opuesto: el de la simplificación. tanto dinero.personajes que se crean hablando. de una sencillez asombrosa. compuesto de frases exentas de toda retórica y erudición. sino presentar ese mismo algo. antes de Beckett. Esta visión artística. que viven en las palabras y por las palabras: las palabras hansido mis únicos amores. En una ambulancia quizá. se crea no sóloMoll oy. desprendida de todo artificio. sus protagonistas son voces que nos hablan.De éstas y otras citas similares se desprende que Beckett quería abandonar el exhibicionismolingüístico de sus años jóvenes y escribir en una lengua que. forman una identidad. Como diceNovalis: No es escritor quien usa el lenguaje.al que se acaba de aludir. Por fin Beckett encuentra su propio estilo de narrar. no muchas . que él tanto temía. o una búsqueda siguiendo la mejor tradición de la literatura oral : Homero. Esta cita de las primeras líneas deMoll oy puede ser un buen ejemplo del estilo oral beckettiano.transparente y cortante. Niega y afirma todo al mismotiempo. Quizállegué aquí gracias a él. Hay un hombre que viene todas las semanas. A lo largo de surelato.

es irracional. el 5 de enero de 1953 en París. LeíMo llo y en unas horas como no habíaleído nunca un libro antes. A partir de La Fin . lo realmente real. Roger Blin jugaría un papel igualmente importante en el nacimiento del dramaturgo. totalmente ficticio. una obra maestra sagrada. A través de Suzanne.les une una insatisfacción con la realidad externa. A todos sus personajes -incluimos aquí al primero de ellos.. que lo que sentía eraque la publicación deMolloy causaría nuestra bancarrota ..hoy nadie duda de la continuidad de su obra. por mucho que enMurphy yWatt se parodien yridiculicen todos los sistemas. de la coherencia de su mundo cerrado y autorreferencial. No podía creerlo.Beckett vuelve a hacer trabajos de traducción. pero creemos importante destacar las razones que impulsaron a Beckett a enviar los manuscritos de sus dos primeras piezas teatrales a Blin. sociales. Lindon envió los contratos a Beckett para que los firmara. son dignos de todo elogio al aceptar unas obras que. Sí Jerôme Lindon jugó un papel crucial en el descubrimiento de Beckett como novelista... estéticos. al indolente Belacqua-. En agosto de 1950 muere su madre. La sensibilidad y el buendiscernimiento artístico de Lindon. religiosos. éticos. en el Teatro de Babilonia. Murphy muere accidentalmente cuando casi lo había conseguido. De 1950 a 1955. Entre ellosuna Antología de poesía mejicana. En 1949.Moll oy es hoyuno de los libros más vendidos de Minuit. Sin embargo. desde elpunto de vista comercial. No era una novela que había sido publicada por uno demis colegas. y Watt estaba a punto delograrlo en casa de Mr. Comienza a traducir al ingléssus propias obras. que yo como editor no tenía nada que ver con ella: era un manuscrito publicado y. sabia que no iban a ser un éxito -aunque. Lindon le preguntó si noestaba de acuerdo con los términos del contrato y Beckett le contestó que no. Knott. para comer -como todavía él recuerda. Suzanne. mostrándonos lo real de la irrealidad . Malone muere y El innombrable. Blin dirigió La sonata de 26 . estas novelas no rompentotalmente con el mundo exterior. laabrumadora belleza del texto me invadió.. Cabe recordar aquílas palabras de Unamuno: Lo real. rechazado por varios editores. recorre un sin fin de editoriales con los manuscritos deLa Trilogía.Lindon nos cuenta que un día encontró sobre su mesa los tres manuscritos de La Trilogía y ese díasupo que iba a ser un verdadero editor . los personajes de Beckett viven exiliados enun mundo irracional. todos pretendenescapar. La historia es bien conocida. Soy yo quien vive aquí ahora. Su mujer. En noviembre de este mismo año firma un contrato conJerôme Lindon de Les Éditions de Minuit para publicar Molloy. creemos que la razón construye sobre irracionalidades. no sabiendo cómo salir del impasse en que le había dejado El innombrable. en colaboración con Octavio Paz. paradójicamente. de la que de un modo u otro. Esperando a Godoty Eleuthéria. Desde la primera línea: Estoy en la habitación de mi madre. Este apareció undía en las oficinas de Minuit con los contratos firmados y muy triste . al poner en escena En attendant Godot. etc.

Beckett se hace famoso y decide retirarse a su casa de campo en Ussy. just play . Beckett vio la obras dos veces. una obra que trataba continuamente de evitar toda definición . Se hace cargo de laeducación de sus sobrinos Edward y Caroline. nuestra manera de actuar. visitará 27 . Ni el director. que el éxito de Esperando a Godot se había debido a queesta pieza se había entendido mal: La crítica y el público insistían en interpretar en términosalegóricos y simbólicos. A Blin le interesaron las dos piezas y si estrenóGodot y noEleut héri a fue porque. Albee. de un modo u otro.espectros de Strindberg. ni el autor esperaban el gran éxito que iba a tener la obra. 1956). que jamás habían oído hablar de Pascal. Dramaturgos tan notables como Pinter. Mientras sus protagonistas Didi y Gogo esperan a Godot. Si esperamos tenemos que esperar a alguien ysi continuamos esperando es porque ese alguien nos ha prometido algo lo suficientementeimportante como para dar sentido a nuestra espera. Las múltiples resonancias filosóficas y literarias que seencuentran. Los dos amigos charlan. Fugardo Arrabal. en una sala casi vacía y decidió enviar Esperando a Godot yEl eut héri a a Blin. sin duda. Undirector tan influyente como Peter Hall ha declarado: Beckett ha cambiado nuestra manera de representar a Shakespeare.hablan con el tirano Pozzo y su esclavo Lucky al cual le obligan a pensar para divertirse. de hecho meencuentro mejor con el último ya que he respirado profundamente sus airesvivificantes toda mi vida de escritor. Mamet. de escribir y de dirigir teatro. también en 1956. excepto los dos últimos años (Beckett a AlanSchneicher. En 1954. puro juego es cénico. representado en susprotagonistas. por lo quese supone que Didi y Gogo seguirán esperando. A los cuarenta y siete años. Esperando a Godot es simplemente la historia de una espera. Por eso entendieron tan bien esta obra los prisioneros de SanQuintín (California). Y esto es todo. rehusando todo tipo de entrevistas: El éxito o el fracaso popular nunca me han importado mucho. Beckett viaja a Dublín para asistir al funeral de su hermano Frank. en el Teatro de la Gaîté-Montparnasse. al tener menospersonajes. ni de los hermanos Fratellini. Beckett comentaba. y ese algo que hacen es loque estructura la pieza. y al finalde cada uno de los actos reciben el mensaje de que Godot no vendrá hoy pero sí mañana. en esta obra dicen más de los propios críticos que las descubren que de lapieza en sí y su universalidad y grandeza reside precisamente en esto. nacieron a la sombra de Beckett y confiesan la influencia de éste en sus obras. Stoppard. Shepard. tienen que matar el tiempo haciendo algo. discuten. ni la enorme influencia que iba a tener en el teatrocontemporáneo.las controversias que iba a suscitar. Después. ya que había sido fiel al texto y al espíritu de Strindberg. era más barata. en que cada uno de losespectadores saca sus propias conclusiones y se ve. o actuando de un modo similar a ellos. juegan con sus botas o sus sombreros.como dice el protagonista deComedia. Godot sería así la cristalización de los deseos ynecesidades que todos tenemos.

hizo unas declaraciones sorprendentemente explícitas: [Hamm] es un rey en un juego de ajedrez perdido desde el principio. orquestados por una serie de movimientos inútiles encaminados a llegar aun fin.hipódromo. La inmovilidad comienza a invadir la escena yde sus cuatro personajes. En los años 50. de monólogos y diálogos musi -calmente estructurados. sino de frases cortantes e inesperadas como la famosade Nell: nada hay tan divertido como la desgracia . que oscila del modo más natural entre los coloquialismos más vulgaresy un profundo lirismo.. Beckett escribe principalmente piezas teatrales. La estructura musical de las obras posteriores. ya que Blin había tenido problemas para encontrar un teatro en París. Hay una situación opresiva demutua dependencia.muy raramente Irlanda. compositor. aparecen en esta obra creada.. tres están paralizados y el cuarto se mueve con dificultad.. el papel fundamental de pausas y silencios y laeconomía y precisión gestuales. escribe Acto sin palabras 1... 28 . para voces. ecos de su Foxrock natal. dedicada a Roger Blin en agradecimiento por el éxito de Godot. movimientos. y nonace de la acción -gestos. que Esperando a Godot. Final de partida no obtuvo la favorable acogida de su primera obra. que no avanzarácon el garfio. que está en recesión continua. como nos dice el autor. Cada uno de sus gestoses un nuevo movimiento inútil que pospone el fin. y el oficio del poeta no es clarificar. etc. Desde elprincipio sabe que está haciendo ruidosos movimientos sin sentido. sino sugerir. estación. y con el actor de pantomima DerekMendel. solamente trata de aplazar el inevitable final. iglesia. Las voces son en esta ocasión una serie de personajes típicamenteirlandeses con un lenguaje. El humor de esta obra es puramente textual. A través de vocesy sonidos. personajes y objetosestán acabándose .. mucho más corrosivo y salvaje que el deGodot . El tema central de esta pieza es la imposibilidad de acabar. La crítica la recibió con perplejidad cuando no con abierta hostilidad.insinuar. se hace real el pueblo de Boghill y sus habitantes. que está mejor concebida. (1955).-. en 1967. El año 1956 marca el regreso de Beckett a su lenguamaterna con la creación de la pieza radiofónica All that Fall (Todos los que caen). o casi acabándose . Esto es lo que hace el diálogo peligrosamentesencillo de Fin de partie. Beckett dirigiendo la obra en Berlín.. etc. aunquesigue conservando la nacionalidad irlandesa. las relacioneshumanas son abiertamente hostiles y están a punto de extinguirse. no para cuerpos . estrena en Londres en francés: Fin de partie y Acte sans paroles 1. Sus casas. El lenguaje dramático se compone de solos y dúos. están ya presentes en Final de partida. Es un mal jugador. que penetrenprofundamente en las emociones. Regresa a París y comienza a escribir Final de partida. La representación escénica sigue un proceso entrópicoimplacable. utilizar palabras con una aureola de asociaciones.desde el punto de vista escénico. Sólo unos pocos críticos resaltaron su lirismo y su simplicidad escénica El señor Beckett es un poeta. El 3 de abril de 1957. En colaboración con su primo John Beckett.

una vozgrabada -la del joven Krapp. Confiesa. que acabará siendo La última cinta (1918). de laTril ogí a. o sea. como en Imagination morte imaginez (1965) y 29 . Beckett ha dicho: Nunca escribo unasola palabra sin haberla dicho antes en voz alta (Beckett a Jean Reavy. obra en la que. From an Abandoned Work ( De una obra abandonada ). una especie de transcriptor que se limita a repetir lo que alguien le dicta: Como era cito antes de Pim con Pim después de Pim como es tres partes lo digo como lo oigo. estos residua son restos de ficción -o novelas reducidas-intensamente líricas. que supone todo un cambio en su estilo narrativo. La poética de la luz y la oscuridad escénica. Sustituye al todopoderoso narrador en primera persona. como en Assez (1966) y en otros la precisión científica. y también la primera narración en inglés después deWat t. Beckett volverá a escribir relatos cortos: Tètes Mortes . una voz nos habla de un personaje generalmente mudo e inmóvil. Estas son las primeras palabras de la novela que. como El innombrable. Como su titulo indica. un encuentro -con Pim.Como es . Beckett sale de la fragmentación textual narrativa con una obra maestra: Comment c est (Como es). que debería leerse en voz alta. Haciéndose eco de Leopardi: É fango e il mondo . En unos relatospredomina la armonía y la calma.Residua en inglés. donde las cosas suceden de otromodo. la producción de Beckett durante los años 50 es bastanteescasa. por ejemplo. simplemente camina describiendo las cosas que ve y comenta sus sentimientos sobre ellas. en un mundo de una oscuridad y un silencio implacables. Escribe una colección de textos que titulará despectivamente: Textes pour rien ( Textospara nada ). y escribepara él The Magee Monologue . voces grabadas tendrán un papelfundamental en sus obras más recientes.va a jugar un papel protagonista. narrada en forma de versículos sin puntuaciónalguna. En ellos yase apunta la dicotomía voz/imagen típica de los últimos textos beckettianos.A mediados de los años 50. nacen en La última cinta.y unaseparación -después de Pim. A principios de los 60.Su protagonista ya no busca al ser oculto tras los pseudo-seres que va creando. La fragmentación sintáctica caracteriza a este último relato. en 1919. 1962). todo secalcula y se mide. Beckett llegó a decirque la voz que oía en su cabeza era igual que la de Magee. que do tan al lenguaje de un ritmoy estructura musicales. por una voz impersonal. Por lo que se refiere a la narrativa. conbreves alusiones a otro mundo up in the light (arriba en la luz). Se inicia también en esta obra la escritura sin comas. una voz con el tono y el ritmo delinglés hablado en Irlanda. nos cuenta la historia de una espera -antes de Pim-. fundamentales en el últimoteatro de Beckett. Después de Comment c est. que odia todo lo que se mueve y que le encanta el blanco y las cosas inmóviles. Sus personajes son seres inmóviles que habitan en mundos blancos apa-rentemente estériles. La cualidad oral del lenguaje beckettiano se puede apreciar también demodo especial en esta novela. característica desus textos posteriores. es un largo poema de frases cortas y repetitivas. Beckett sitúa a suspersonajes arrastrándose por el barro. también por primera vez. oye por la radio la voz del gran actor irlandés Patrick Magee.

La actividad del cilindro es enloquecedora y penosa. participa también del proceso experimental y minimalista quecaracteriza a su narrativa. Los críticos que no ven más que repetición en Beckett es porque se centran sólo en sutemática: la soledad. tanto por su contenido como por superfecta estructura. es una notable excepción. y. Doscientos cinco seres habitan en un cilindro. enun espacio escénico totalmente negro. dentro de éste. no desees nada). aproximadamente. Estosseres fracasan en su doble búsqueda. como se verá más adelante. Beckett es un autor genuinamente experimental que no se repite formalmente nunca. pasamos al orden y la exactitud rigurosa de Tétes Mortes . suspendida. Play (Comedia). por el calor extremo que sus habitantes tienenque soportar y por el roce continuo de unos cuerpos contra otros en tan reducido espacio. al ser perdido (The Lost Ones. dura treinta segundos.pieza teatral que sigue aAl ient o y que es quizá la obra dramática más original de este autor. Del caos verbal de laTril ogí a. después de los Textos para nada . buscando. Beckett vuelve a salir de la actitud minimalista de los 60 con Le depeupleur. que sospechan que existe. reduciendo a la protagonista a una boca ardiendo . y cada una de sunovelas. Ésta será la última obra dramática beckettiana de una duraciónescénica normal . escrita a principios delos 60. La actividad humana siempre ha sido objeto de parodia en laobra beckettiana. que ya aparece enMurphy. Come and Go (Ir-yvenir). Beckettinicia su teatro de los años 70. la imposibilidad de 30 . inmóvil. que marca un nuevo giro en su estilo narrativo. Si Como es era totalmenteimpredecible. presentan nuevas posibilidades y amplían el lenguaje de sus respectivosgéneros. es su título en inglés): un seul ètre vous manque er tout est dépeuplé . Breath (1966) es una broma dramática escrita en una postal para la revista musical de Kenneth Tynan. ya que ni encuentran a su ser perdido. dura. El teatro de Beckett de los años 60. o piezas teatrales. los que no hacennada: Ubi nihil vales ibi nihil velis (don de no puedas nada. estrenada en 1972. Esta fiase deGeulincx. y sus personajes más atractivos son generalmente los pasivos. Beckett concluye los años 70 con una novela no menos extraordinaria: Company (Compañía). El proceso reduccionista no podía ir más lejos. cerradocompletamente al mundo exterior. el torrente verbal de la protagonista. media hora. Unas vecessus experiencias se desarrollan en el campo narrativo y otras en el dramático. en esta novela se crea un mundosuperpoblado y en movimiento constante. y Breath (Aliento). no menos lo fue Not I (Yo no). En 1971. dura un cuarto de hora. Happy Days (Los días felices). acompañadas de un aumento ydisminución de la luz escénica. la brevedad de la vida humana. Sin embargo. a su otro ser. cada uno a su modo.Bing (1966). Si el vacíoy la inmovilidad amenazaban con invadir los textos precedentes. losespectadores/lectores de Beckett estamos acostumbrados a las sorpresas.Oh Calcut t a!--. el sufrimiento.que consiste en una inspiración y una expiración profunda. es favorita de Beckett. a unos tres metros del suelo. 1979. ni tampoco la salida delcilindro. Una figura gris encapuchadaescucha.

con el paso del tiempo etc. cámara móvil e imagen inmóvil enEh Joe. En 1961 comparte con Jorge Luis Borges el Publishers Prize . pensando seguramente. con Buster Keatoncomo protagonista. en elacoso que iba a suponer para su vida privada. la degradación física. Beckett dijo que lo aceptaba con la condición de no tener que ir aEstocolmo a recogerlo. la crítica más reciente se centra más en elestudio del proceso creativo más en elcómo que en elqué.Describiremos más adelante el largo y meticuloso proceso creativo que sigue Beckett paracomponer sus obras. 31 . que no es meroacompañamiento. en 1966. Beckett comienza sucarrera de director teatral Teatro Odeón de París. la pureza de su lenguaje y su especial sentido del humor. alababan ahora sumaestría formal. ya que una inundación. Con la concesión del Nobel. decidió ir a Túnez de vacaciones. Las donaciones que ha hecho el autor desus manuscritos a distintas instituciones y universidades.. Los años sesenta son especialmente fructíferos dentro del campo dramático. con la puesta en escena de Va et vient. premio internacional otorgado por los editores. que sabía que estaba entrelos favoritos. Beckett. sino uno de los personajes principales. 1962. yCascando(1963). en la creación de su única película. En 1964. pero tratados de maneras diversas en cada una de ellas. experimenta en el campo cinematográfico y viaja a Nueva York. la crítica en torno a Beckett se disparó.Los Días Felices Samuel Beckett comunicarse. La señora Beckett calificó el premio de catástrofe . obtiene el premio de la crítica en el Festival de Venecia por su película Film. o por quienesquieran entender lo que ha sucedido en nuestra civilización en los últimos treintaaños.Afortunadamente -como apuntábamos al principio-. en el sur de Túnez. le conceden el premio Nobel de Literatura: por una obra que dotando de nuevas formas a la novela y al teatro. temas que ciertamente estánpresentes en todas sus obras. En 1966 experimentará con la televisión. Lindon recogió el Nobel en su lugar y también tuvo que enfrentarse a laprensa. Cuando su amigo Jerôme Lindon le comunicó porteléfono la concesión del premio. al hablar de Los días felices. protegió a Beckett de la persecuciónperiodística. El 23 de octubre de 1969. facilitan los estudios en este campo. para colaborar con sudirector americano Alan Schneider. En sus obras radiofónicas Words and Music (Palabras y música). La recepción del Nobel podríamos calificarla de beckettiana .Fue también en esta época cuando comenzó el reconocimiento oficial de Beckett. Sus admiradoresseguían insistiendo en que Beckett es: un escritor de una importancia y estatura clásicas cuyas piezas teatrales y novelasno pueden ser ignoradas por nadie a quien le importen estos géneros. En 1961. El talento experimental de Beckett se refleja en todos los campos artísticos en los que hatrabajado. alterna con las posibilidades expresivas de voces/palabras y música.Film. adquiere su grandeza en la destitución del hombre moderno. Incluso críticos que se habíanmostrado escépticos sobre la verdadera importancia de la obra beckettiana.

y a algunos estudiosos de suobra. cuyo protagonista niega que la vida que se cuenta sea la suya. La voz narrativa habla ahora en segunda persona y se dirige a un ser mudo einmóvil. peroque. Desde su encierro creativo. leshace anclarse en el tiempo. al narrarlos.. Cuando sea viejo . ahora dramáticamente.. Afortunadamente. El silencio de Beckett que está siemprepoblado de palabras. todo ello. como Beckett las llama. El humorcasi desaparecido de la narrativa de los años 60 vuelve a aparecer en esta novela.. Y la voz continúa. en el estilo de las obras que han merecido tal honor. claro está. Quiere obsequiar a su criatura con unamosca viva que le confunda con un muerto y dotarle de cierta actividad mental. a principios de los años 70. obra dramática de 1976.fue el acceder a publicar.. ha seguido rechazado casi todas las entrevistas. a finales de los años 40. en 1973.dotándole con un intento de reflexión.. aceptando únicamente lasdescripciones del presente: Viste la luz primera en tal y tal día y ahora yaces tumbado de espaldas en la oscuridad.obras escritas en los 40 y 50 que antes siempre se había negado a editar. salen ala luz Primer amor. para variar . publicados en el número 2 de la revistaMi nuit . que incide de nuevo. pero la fecha de sunacimiento le parece pura ficción.. Hasta cierto punto .. donde generalmente sededica a escribir y a escuchar el silencio. que Beckett irónicamente titula Foirades II y III . Mercier y Camier. la vida de Beckett ha sido muy sencilla. Acepta estar tumbado ya que siente el peso de sus huesos contra el suelo . El narrador se denomina the crawling creator (el creador a gatas). en el conflicto pasado/presente aunque creemos que de manera menos efectiva que en la novelaCompañí a. Por lo que respecta a la prensa. después del Nobel. frecuentemente. se convierten en pura ficción. 6.de habla. cuanto menormejor. 32 . La dicotomía entre voz incesante e imagen muda se encarna en escena en That Time (Aquella vez).A muchos escritores la concesión del Nobel les anula. que Beckett escribiría tres años más tarde.. y los textos breves. El conflicto realidad/ficción es central en estanovela. Beckett ha seguidoimperturbable su camino artístico como si nada hubiese sucedido. quizá. Quizá la única concesión -y estocomo siempre por insistencia de sus amigos. donde generalmente ve a sus amigos. yCompañí a es el título de su novela más autobiográfica. La parodia se convierte. piensamejorar al oyente -el ser inmóvil que yace en la oscuridad.dividiendo su tiempo entre París. se corresponden con episodios de la vida del propio autor. dijo Beckett a Stanley Gontarski -director y crítico de su obra-. en auto-parodia en los textosbeckettianos. y su casa de Ussy. Beckett. igual que antes que le otorgaran dicho premio. les hace cambiar de camino o. Todas las escenas delpasado . utilizando laparodia como recurso. y donde contesta su voluminosa correspondencia. sin pérdida de carácter . recordándole su pasado y describiéndole minuciosamente su situación presente. Pasado y presente son sólo historias que el narrador se inventapara hacerse compañía. mi trabajoserá mí compañía .

De acá para allá.. que como suautor pretendía. más que a su intelecto.. una figuraespectral masculina. mandíbulas.. nos habla de lo que ha sido su vida hasta esta noche . Beckett trata el problema de la creatividad. Pausas y silencios sonesenciales en el teatro de Beckett.N o t I (1972) y That Time (1976). la obligación que el escritor tiene de decir y laimposibilidad de decir lo que desea. Actrices tan extraordinarias como Jessica Tandy.. depuración y profundización enlo esencial.mandíbulas ¿qué?.. el Oyente . De funeral en funeral. mejillas. Giraudoux o Ionesco. De la mamá a la tata y vuelta. en Pasos -aunque enSol o el protagonista estátotalmente inmóvil-.Además de las dos obras mencionadas. junto con las obras paratelevisión Ghost Trio (Trío de espectros) y but the clouds (...en muchas de sus obras y... que nos recuerda a May.. Hasta hoy. no tanto de reducción. ambas de 1977.son un perfe cto ejemplo de la última estética teatral beckettiana de imágenes y voces en lapenumbra -a veces.).. e incluye también en su título el nombre del lugar donde lapieza fue estrenada.. Ceño fruncido desde entonces. afecta a los nervios del espectador. peroque interviene en el proceso creativo mediante interrupciones al Lector con un ligero movimientode su mano derecha y así va creando pausas y dando forma al relato de éste. que han interpretado la pieza. sinparar un minuto boca ardiendo torrente de palabras.Como los impromptus de Molière... Su teatro de los años 80 continuará este proceso. en los años 70. sino también dan sentido a las palabras.Esta noche. 1980.. como en Not 1. de un modo irónico.. En A Piece of Monologue (Solo)..... Las dos últimas frases de la cita precedente nos dan la imagen central de la obra. Con los primeros pasos. Por eso ceño fruncido siempre.. sino más bien de concentración. si. Mamando elprimer fiasco. el Lector . sólo la boca. para así conseguir unas imágenes escénicas que perduran en la mente aún cuandohayamos olvidado los textos que la acompañan. el de Beckett es un ejercicio deautorreflexión sobre el acto creativo. con un débil rayo de luzdando vida a una protagonista en forma de boca en movimiento incesante: Todo el cuerpo como desaparecido.. por lo que supone un reto paracualquier actriz -aunque la pieza dura apenas un cuarto de hora. casi en una total oscuridad escénica. En esta pieza la figura delescritor se desdobla en dos. un personaje creativo. como lo hace en Ohio Impromptu (1981). Billie Whitelaw o Madeleine Renaud. y otro espectador. labios.Beckett resume la vida del personaje en unas pocas líneas: El nacimiento fue su muerte. casisiempre.N o t 1 es sin duda: una pequeña obra maestra que lleva a este maravilloso escritor un poco máscerca de su objetivo de destilar su visión de la esencia humana en una gota pura dearte dramático. coinciden en señalar que este papel ha sido uno de los más difíciles de su vida. no solo crean ritmo. mejillas... Con su característica maestría narrativa y economía de recursos.. El torrente verbal que esel texto ha de ser interpretado muy rápidamente y sin pausa alguna.... ¿la lengua?. En este caso un Simposio sobre la obra de este autor celebrado en 33 . sino las nubes. labios. Estas tres piezas.. -al menos satisfactoriamente. Footfalls (Pasos) (1976)compone la trilogía dramática de Beckett. o de empobrecimiento-como tantas veces se ha repetido-. lengua. el momento quecontemplamos en la escena. Toda la vida..

según señala el texto. EnNana ya no hay un furioso torrente verbal como en Yo no. sustituido por unhumor más bien situacional. la luz enComedi a. Se puede. El Impromptu de Ohio es también un cuento intensamente lírico de amor yseparación. para estar seguros de que nodirá ni pío .Cat astrophe (1982) y What Where (Qué dónde). EnCat ást rofe. el intenso calor en Los días felices. ausente en parte de sus piezas de los 70. 34 . es su propia voz grabada . casi por completo.Cuando no son las personas es la naturaleza.laUniversidad de Ohio. meciéndose casi constantemente en una mecedora alritmo de una voz que. en sus dos últimas obras escénicas. sin lugar a dudas. La dom inación y el sometimiento son temas centrales de esta obra. 1983. sus personajes vuelven a la luz. quenos recuerdan el obsesivo ballet de la obra para televisiónQuad (1982). No. ¿Le diste una paliza? BOM. las fuentes de tortura. como el arpón en Acto sin palabras. se mueven en escena y el diálogo aparece de nuevo. se sugiere-entre otras torturas. Como la pieza precedente. un ser mudo e inmóvil. ¿Y no lo dijo? BOM. En Qué dónde cuatropersonajes aparecen y desaparecen de escena. después de tantos monólogos o falsos diálogos y de haberhecho desaparecer de la escena. una mujerenvejecida prematuramente y toda enlutada. La actriz inglesa Billie Whitelaw interpretó a la protagonista. la voz de la protagonista es dulce y serena como en una canción de cuna: hasta que al fin llegó el día llegó al fin al fin de un largo día cuando ella dijo a sí misma a quién sino hora de acabar hora de acabar Como Beckett siempre es imprevisible. donde se pregunta por elqué y eldónde de algúnsuceso: BAM. pero Rockaby (Nana) es la primera obra dramática de este autor escrita en verso.amordazar al protagonista. también en un homenaje al autor en el Centro de InvestigaciónTeatral de Buffalo. afirmar que todo el teatro de Beckett es poético. Se estrenó el 8 de abril de 1981. Se suceden una serie deinterrogatorios de marcado carácter policial. Sí. Qué dónde trata también el tema de la tiranía -tema por otro ladopresente en toda la obra de Beckett desde la creación de Pozzo y Lucky en Esperando a Godot. el cuerpo de sus actores devorado por laoscuridad circundante. siguiendo una serie de movimientos prefijados. Se sustituye así al bebé delas nanas por una anciana que parece estar resignada esperando la muerte o quizá simplemente elsueño.o los objetos. BAM. dedicada al disidente checo Vaclav Havel. en los Estados Unidos. Reaparece también el humor verbal.

No. Nocabe duda que en la pequeña pantalla Qué dónde resulta efectiva dramáticamente y más cómica ylos rápidos cambios de imágenes producen la impresión de un teatro de guiñol . una cara iluminad en un espacio escénico en oscuridad total. BAM. 1985). Qué dónde es la muestra finaldel proceso de simplificación. y. ¿Pero no lo dijo? BOM. Esta es la últimacreación escénica de Beckett. BAM. depuración y experimentación con el lenguaje escénico iniciado porBeckett hace más de treinta años con Esperando a Godot. resume perfectamentela estética del claro/oscuro típica de su último teatro. Qué dónde. encaja perfectamente dentro de la última estética delclaro/oscuro beckettiana. La imagen final que se consigue en esta pieza. Sí. Lo intenté. se pretende arrancar. a su vez. BAM. BAM. Sí.BAM. desde el punto de vista estético.Beckett suprimió todo menos las caras de los personajes que aparecen y desaparecen en unapantalla totalmente negra. Dentro del último teatro de Beckett. BAM.la tiranía que el autor ejerce sobre sus propias creaciones. Más en línea con la temática de este autor. lo interesante es la manera distinta con que Beckett abordaun tema ya tratado anteriormente. una especie de gran inquisidor . noagotan en modo alguno su significado. Si. ¿Y no le reanimaste? BOM. El cuarto personaje se llama Bem y el quinto es un megáfono. ¿Gritó? BOM. Aunque no se sabe muy bien cuál es el secreto que. identificado en el texto como lavoz de Bam. como el propio texto índica. Se desmayó. En esta versión. La poética de voces musicales e imágenesfugaces pintadas por la luz en unos espacios escénicos casi vacíos. 35 .] Bam piensa que Bom le miente y llama a un tercer personaje. Beckett nos hace así una vez máspartícipes del proceso creativo.mediante tortura. Este cambio puede parecer unretroceso. BAM. Bim. forma parte de este mismo estilo dramático. interrogue aBom. a las que tortura y manipula hastaconseguir las imágenes y las palabras deseadas. ¿Y bien? BOM. pero las connotaciones políticas que indudablemente tienen ambas obras. en su versión televisiva. No pude. no hay que olvidar queCat ástrof e es unensayo del último acto de una obra. estas dosúltimas piezas son extrañas por su aparente realismo situacional. creemos que sepueden interpretar como nuevas metáforas sobre el proceso creativo que muestran el autoritarismo. hasta el momento. Igualmente. [Pausa. la versión que elautor hizo de. para que. ACatástrofe y Qué dónde se les ha denominado el teatropolítico de Beckett. Was Wo (Stuttgart. Sin embargo. ¿Suplicó piedad? BOM. ¿Lloró? BOM. ¿Entonces por qué paraste? BOM. Beckett piensa ahora que esta pieza funciona mejor en televisión. para la televisión alemana.

Estos textos. la paz . esta última obra es. sin duda. Habla del ruido. (La cabeza sobre las manos medio esperando cuando volvió a desaparecer que no volviera a reaparecer y medio temiendo que no lo hiciera). Con más o menos palabras. razona con sus restos de razón y oye gritos en su cabeza comosiempre .) 36 . stir no more . deben de encarnarse en la escena. peroalguien lo hará. Como Winnie. pasada por alto. Susurros todavía). de la imagen. nos presenta los deseos desu protagonista de acabar todo de una vez y no moverse más -(and stir no more). quizá.y. de su mente y dice que intenta vaciarla hasta que no le quedenada en lo más profundo y todo acabe: Time and grief and self so-called. El final de El innombrable es un buen ejemplo de latensión entre el no poder continuar y elt ener que continuar. en este último texto se levanta y seva para luego ir apareciendo en sitios diferentes. Oímos una voz femenina en Mal vu mal dit (1981) y voces masculinas en Worstward Ho (1983) y Stirrings Still -su último texto. Es una forma que ha sido abandonada. pero con un lenguaje intensamente poético. dice Calder. Suúltima obra. escrito en 1987 y publicado recientemente. en consecuencia. Obras como Mal vu mal dit. no moverse. Pasea de una pared a otra en la oscuridad . Convencido de que El ser tiene una forma. hubbub . tampoco la obligación de decir. quizá hasta encontrar: the missingword (la palabra que falta) como el narrador de Stirrings Still sugiere.pero la voz no cesa y. finalmente. como en el Impromptu de Ohio hay un doppel -gänger . Stirrings Still (Movimientos aún o. Las imágenes siguenapareciendo en la mente del dramaturgo y. estos deseos de acabar de una vez. de no seguiradelante.y al mismotiempo su temor de que esto suceda: Head on hands half hoping when he disappeared again that he would not reappear again and half fearing that he would not. sobre elorigen del ser.o Worstward Ho. por tanto. poniendo unsustituto en su lugar. por tanto. o. Oh all to end. Beckettfrecuentemente ha intuido que la raíz del ser quizá esté en el silencio -que es la esencia deluniverso. En Stirrings Still. como él la denomina. las palabras no serian más que manchas sobre el silencio -utilizando unaexpresión del propio autor. La tentación del silencio está siempre latente en toda la obra de Beckett. (El tiempo y el sufrimiento y el así-llamado ser. Beckett continúa su ontoespeleología particular. son una metáfora sobre la frustración artística y el deseo deencontrar. no son nuevos en la obra beckettiana. Toda la escritura beckettianaes autorreferencial y su última obra está llena de ecos de otros textos anteriores. como May enPasos. por el contrario. su investigación. de narrar. autobiográfica y presenta los sentimientosconflictivos de Beckett entre continuar aún. Sin embargo. Oh acabar con todo. puramente literaria. son difícilmente comprensibles aisladas del resto de la obra beckettiana. Alguien la encontrará algún día. o nosusurrar mas. mas lírico. Quizá yo no.Las voces de Beckett. En sus esfuerzos por dar forma al ser por medio de la palabra. en sus últimos textos narrativos tienen también un timbre cada vez más sereno. que en vez depermanecer sentado en la mesa haciendo compañía a su doble. Según John Calder.

y. a partir de los años 70. Creemos que Beckett es. esto hace que muchas de sus obras narrativasse trasladen a la escena de un modo natural. alternativamente. uno en el que yo pudiera controlar la situación y los movimientos de la gente. Las obras de Beckett. Escribí Esperando Godot. Beckett sobresale. Desde 1966. Londres y París. París. Una voz y una palabra que tan indeleblemente han manchado el silencio . Lo mismo sucede con las obras de teatro de Samuel Beckett (George Devine). nos damos cuenta de que tenemos que hacer un reajuste ennosotros mismos y en nuestra actitud. sentí la necesidad de crear para un espacio más pequeño. En la primera parte de esta introducción. Se hainsistido. pues sería absurdo. su actividad como directorde escena de sus propias obras. en el campo dramático por haber limpiado la escena de todos los elementossuperfluos y haber creado así un lenguaje escénico de una intensidad poética sorprendente. LOS DÍAS FELICES EN EL TEATRO DE BECKETT Cuando vemos por primera vez un nuevo estilo de pintura o escuchamos unanueva clase de música. si queremos sacar el mejor provecho de estasexperiencias nuevas. y de su total dedicación a su arte. dirigiendoEn d sp ie l en Berlín. y sobre todo una clase especial de luz. No cabe argumentar aquí. si Beckett es un dramaturgo que escribe novelas oun novelista que escribe teatro . es más conocido como dramaturgo que comonovelista. También sabemos algunas de las razones que le impulsarona escribir piezas teatrales: El teatro es para mí una relajación de mi trabajo en la novela.) Cuando trabajaba enWa tt . El teatro sacó a Beckett a la luz en más de un sentido. un gran poeta dramático. se ha tratado de presentar la vida y la obra de SamuelBeckett de una manera cronológica. poemas o piezas teatrales. también en la cualidad oral de su lenguaje. Eso es relajante. por eso la crítica moderna al referirse aellas habla simplemente detext os. II. todavía más. que escribe textosnarrativos. pero si hay que reconocer que fue Esperando a Godot y noMoll oyla pieza que le ha d ado mayor universalidad. en elteatro. Beckett triunfó allí donde Joyce había fracasado.de la voz de Beckett. según su inspiración. ante todo.especialmente. trabajo o deseo lelleven a uno u otro género. encajan difícilmente dentrode las calificaciones convencionales de narrativa y/o teatro. Seconoce con bastante detalle cómo aborda su trabajo como dramaturgo y director de escena -al leersus meticulosos cuadernos de dirección. 1983) En otras ocasiones Beckett ha especificado.Estas son las últimas palabras -hasta ahora. Uno tiene un espacio definido y gente en ese espacio. 1967. (Beckett a Michael Haerdter. para que el lector pueda darse cuenta de la variedad y riquezade la producción artística de este autor. (Beckett a Rosette Lamont. cómo se enfrenta a su trabajo como dramaturgo: 37 . le ha hecho viajar frecuentemente entre Berlín.

Liberar al teatro de todo lo que no es esencial.tendríamos otra obra totalmente distinta. La puesta en escena. Shakespeare. se ocultaa veces debajo de la cama comme du temps de Molière y su padre escribe. Final de partida y La última cinta. Sin embargo. actores y escenógrafos. de Artaud. Victor. En Eleuthéria (Libertad. De esta pieza primera. conservará lastécnicas de la comedia grotesca y del vaudeville . vulgar a veces y. pues sus gestos son tan importantes como suspalabras. Hay. que nos indican lo que Winnie hace. Si suprimiéramos o cambiáramos las acotaciones escénicas de Los días felices. que han trabajado con Beckett. el espacio dramático. sin embargo. Al leer el texto tampoco podemos prescindir de lasacotaciones. que inicia el estilo depurado y poético de su teatro posterior.otras. coinciden en señalarsu perfeccionismo y meticulosidad como director de escena y su sentido de la precisión y del ritmoescénicos. ya está escrito en sus propios textos. parece ser la tarea que Beckett se propone comodramaturgo. Corneille. Antes de Los días jelices Antes de Los días felices además de la obra inéditaEleut héri a. Siguiendo el estilo del Teatro de la Crueldad. como 38 . Shaw. autoritaria y creativa como Hamm. yespecialmente detallado en sus últimas piezas.Cuando escribo una obra de teatro me pongo dentro de los personajes. en general. de un modo diferente. Hauptmann. parodias y alusiones a Sófocles. que Beckett se ha negado a estrenar. como Alfred Jarry. Pirandello ya movimientos literarios. Directores de escena. dos pantomimas: Acto sin palabras Iy Acto sin palabras II. soytambién el autor de las palabras y los espectadores visualizando lo que sucede en laescena. que utilizará magistralmente en sus obrasposteriores. Zola. espacios abiertos indefinidos.como luego veremos. y Victor. Beckett escribió tres piezas deteatro: Esperando a Godot. y cada una de sus piezas muestra. el protagonista. este camino hacia las raícesdel arte dramático. ésta conserva rasgos de todas ellas.Winnie es optimista y racionalista como Didi. 1. lírica como Maddy Rooney y. Del barroquismo deEl eut héri a. si con éstos consigue facilitar el trabajo de los actores o subrayar algúnefecto dramático. Winnie es únicay Los días felices una obra diferente a cuanto Beckett había escrito antes o iba a escribir después. Ninguna de estaspiezas podía predecir la obra que nos ocupa y. Aborda sus propios textos como si estuvieran escritos por otro y no duda en hacercambios en las piezas. como Krapp. pasamos al clasicismo de Esperando a Godot. quiere rescatar momentos de felicidad de losrecuerdos del pasado. además. como el simbolismo. Beckett parodia todas las convencionesteatrales precedentes y las rechaza como en un acto de exorcismo. que nos recuerda aMur phy.sobre el género merdre . Las acotaciones escénicas en las obras de Beckett son parteintegral de éstas. al estilo de los personajes del Purgatorio de Yeats. el surrealismo y el realismo socialista. Molière. en griego). mencionandosólo los más evidentes. da vueltas y vueltas como un ánima en pena . y dos obras radiofónicas: Todos los que caen yCenizas. y no se puedentomar como meras sugerencias para el director de escena -la obra que aquí nos ocupa es un buenejemplo de esto. Los espacios dramáticos creados por Beckett son. especialmente de los momentos sentimentales. Ibsen. se introduce unverdugo chino en escena para torturar al protagonista.

Los días felices. que desea siempre encontrar un equilibrio. ylo único que éste tiene que hacer es descubrirla. En suensayoProust .que juegan un papel fundamental en sus primeras piezas. Los objetos. desenterraría. habitaciones claustrofóbicas como las de Final de partidao La última cinta. pasamos al gris o negro claro según Clov de Final de partida y al blanco y negro de La última cinta. o crear personajes. Este solo comienza con una descripción de la estenografía de la pieza y termina con las palabras deWinnie: leves jaquecas de vez en cuando . Lasrelaciones humanas también se van a reducir. maletas. Los problemas deestructura le preocupan especialmente a Beckett. dice que la obra de arte ni se crea. pero ninguna de estas dos obras predice la luz radiante niel colorido de Los días felices. o las pantomimas. Un proceso que se caracteriza por la simplificación. o bien.o minimizando su importancia aunque juegan todavía un papel esencial en Happy Days. también en esteensayo. seconvierte en luz radiante en Los días felices. etc. en laobra de radio Todos los que caen. La última cinta tendrá ya un sólo protagonista. se observa especialmente enBeckett. que consideramos importante. Inventar voces. aunque su voz grabada jugará. parano estar solo. que aparecerá ya siempre en versiones sucesivas. A este monólogo preliminar de veinte páginas. Desde la idea. irán también desapareciendo de la escena. Beckett concibió Los días felices como una obra en un sólo acto. del escritor) son los de un traductor. un reflejo anímico de sus personajes-. La característica entropía escénica beckettiana se iniciaya en los años 40 y 50. Hace. una distinción. sombreros.precisión y concentración. botas. y como ésta. de una obra hasta su culminación. excavarla. que nos muestran claramente elminucioso proceso creativo beckettiano.el de Godot. Hasta la cuarta versión no seesboza el acto segundo. La oscuridad que amenazaba invadir la escena después de La última cinta. lesiguen siete manuscritos. 2. o imagen inicial. escaleras. con nuestra propia voz.. Final de partida tiene cuatro personajes. Si Esperando a Godot y Final de partida muestran-entre otras cosas. Beckett siempre ha estado interesado en el proceso creativo. El papel de la luz escénica es crucial en el teatro de Beckett -y esquizá. Nos ocuparemos a continuación de cómo creó Beckettesta pieza extraña y extraordinaria. Esta dualidad que se da en todo creador. es un tema central en toda la obra de Beckett. entre lo que dice y cómo lo dice. El deber y el trabajo del escritor (no del artista. De la luz crepuscular de Esperando a Godot. comohemos dicho. ni se elige . sigue un laboriosoproceso de auto-traducción. un papel de segundo personaje. pero sólo uno puede moverse y condificultad. oarmonía. una habladora impenitente y la única que vive en unmundo en color. que preconizaya el teatro de luces y sombras posterior.la difícil convivencia entre los seres humanos. sino que pre-existe en el artista. Beckett comenzó a escribir un monólogo femenino que tituló: [X] Female Solo . tres ológrafos y cuatro mecanografiados. 39 . La última cinta yCenizaspresentan la problemática relación con nosotros mismos y los esfuerzos que hacemos para poblarnuestra soledad -aunque sólo sea. como lo demuestran los manuscritos de sus obras. a la vez artista y artesano. Los días felices : proceso creativo En 1960. Winnie es la primera protagonista femenina en el teatro de Beckett -precedida por Maddy. entre el artista y el escritor: El artista ha conseguido el texto: el artesano lo traduce.

Didi sacaba un papel del bolsillo y leía la cita.S. ochenta y tressacerdotes sobreviven . para llegar a lo esencial. A este primer paso en elproceso creativo. Proyectil aberrante cae sobre Irlanda. En lasprimeras versiones estaba más visible en escena aunque siempre de espaldas al público y contestabafrecuentemente a Winnie. por ejemplo. esta consecuencia obvia fue lo que hizo que se omitiera el papel escrito . por ejemplo. y del Reverendísimo Charlie Hunter: ascendido recientemente (not long ago elevated). es más efectiva. o es por otra cosa? (Pausa).Final de partida comenzó siendo una obra en dos actos ysólo en sus últimas versiones aparece con un acto único. Por el procedimiento dela creación de ausencias . que posteriormente van a ir desapareciendo. Beckett va descartando lo anecdótico y lo particular. tenía que tener una existencia físicareal. La ironía continúa cuando en estemundo. le gustaba meter su lengua en mi boca . En los primerosmanuscritos de Esperando a Godot. siete mil desaparecidos. Hay también muchos cortes que afectan a la protagonista. louniversal. ¿Vienes por mí. También se desechan en la versión final las referencias a los bombardeos. Johnson: bastante viejo comopara ser mi padre. el mundo en el que viven los protagonistas parecehaberse vuelto loco. (T. se ofrecen: oportunidades para joven espabilado . lee en el periódico: Proyectil cae sobre Pomona. En la versión final. Proyectil sobre Man . Como precisa el profesor Duckworth: Para que Godot hubiera escrito las palabras [del mensaje]. o por otra cosa? La repetición de la frase o por otra cosa . que en un principio se llamaba B y luego Edward. Estafue. 2. la única línea que llegó hasta la versión final de la obra. sólo se salva laseñora de la limpieza de los retretes públicos. que 40 . Willie.más poéticas. Otros cambios importantes que se descubren estudiando el proceso de creación son los que serefieren a los personajes.explicaciones y conexiones. La última escena de la obra sufre también diversas variaciones encaminadas siempre a acentuar lanota de ambigüedad final. A pesarde éstos y de otros cortes similares.. se transforman en otras más ambiguas. Como es típico en Beckett... laexistencia de Godot es dudosa y la cita de éste con los protagonistas un tanto ambigua. se puede ver que Godot había citado po r escrito aDidi y Gogo.. En los primeros manuscritos de Los días felices. Ella: vienes por el revólver... Seguimos las modificaciones de una frase de Winnie en versionessucesivas: 1. En los primeros manuscritos de sus obras hay. o por mí. ¿Buscas un beso o a Browning? 3. Un segund paso en el proceso creativo es destruir los sistemas de causalidad y cronología sustituyéndolos por otra clase de ordenamientos internos. lo trágico con lo cómico. Willie. frecuentemente.. El papel de Willie.. desde el punto de vista dramático. Se eliminan lamayor parte de las connotaciones sexuales en las historias del Dr.. el tono cómico del primer acto se mantiene en la versión final. querido.. al parecer devastado por la guerra. sin embargo.. con Winnie sentada sobre sus rodillas.pág. tomados generalmente del lenguaje musical. Willie. loirreverente se mezcla con lo serio. I -primer manuscrito. ¿Vienes po r un beso. y por lotanto a la guerra. escenas en un principio realistas. muchos detalles realistas . se reduce en versiones sucesivas. 4). Beckett lo ha denominado: la creación de ausencias ..

no puede ser másimpresionante.el mencionar abiertamente el revólver. son los principaleselementos de tortura para Winnie. en un montículo calcinado y reseco.Cat ástrof e. esta mujer comienza a actuar como si su situación fuesetotalmente normal. El propio autor la ha dirigido endos ocasiones. Ruth White fue la primera Winnie. Winnie no está en una especie de infierno de Dante -o de Milton. la imagen infernal que propone Beckett no tiene ninguna simbologíaespecial. o su marca. Los colores de este espacio escénico son diferentes gamas de naranja y amarillo. llama a su día divino y se entrega a las rutinas cotidianas de rezar. aparentemente vacío yestéril. con su actriz favorita. o el ponerpuntos hasta matar las íes -como dice un personaje de una de sus últimas piezas. Enterrada hasta la cintura. que no se explica cómo no se ha derretido .logran un mayor impacto dramático en la versión final de la obra. y cadauno de los espectadores ha de hacer el esfuerzo interpretativo. evidencian la aversión quetiene Beckett por toda clase de explicitaciones realistas. con Peggy Ashcroft como Winnie. Billie Whitelaw. Becher. Espacio escénico y personajes La imagen visual que aparece. en1975. dirigida por Alan Schneider. limpiarselos dientes. dirigidos por Roger Blin. Lo más sorprendente es que cuando el sonidoestridente de un timbre la despierta. Happy Days se estrenó en el Cherry Lane Theatre de Nueva York el 17 de septiembre de 1961. como protagonista. tanto elmontículo como el cielo. o limarse las uñas con verdadera devoción. simplemente está ahí atrapada por la tierra en un mundo cruel. El intenso calor y el sonido del timbre. la obra se estrenó dentro de un festival de teatro en Madrid. 1963. y oficialmente el 14 de mayo de 1964 en el Teatro Valle Inclán. En España. Ladepuración del lenguaje y la simplificación de las imágenes en la creación de Los días felices. Willie. con la cabeza apoyada sobre los brazos. ¿Por qué está Winnie enterrada hasta lacintura? Nunca lo sabremos. Estas breves anotaciones sobre el proceso creativo de Los días felices. dirigida por Trino Martínez Trives introductor del teatro de vanguardia en spaña en los años 70. la primera en 1971 en el teatro Schiller de Berlín.como algún crítico hasugerido. con Madeleine Renaudy Jean-Louis Barrault como protagonistas. para conseguir la imagen del horno deluz infernal al que la protagonista alude. Browning. con MaruchiFresno como Winnie. o convertido en negras cenizas . Beckett simplemente presenta unas metáforas escénicas. y el montaje de Peter Hall. Más adelante hablaremos de otros montajes en España y de la recepción crítica de la obra. Ésta esuna de las piezas de Beckett que se reponen con más frecuencia. han de ser un eco de estos colores. 41 . Oh les beaux jours. como nunca conoceremos las promesas de Godot. para el Teatro Nacional. en el TeatroMaría Guerrero. en Londres. y en 1979 en el teatro Royal Courtde Londres. La manía de explicitar . 3. en 1963. o por qué el mundoexterior en Final de partida es gris. y John C. al levantarse el telón en Los días felices. París. Otros montajesextraordinarios han sido el estreno francés. Sin embargo. vemos a una mujerdurmiendo.

nunca podríamos com-pletar la primera colina en un tiempo finito. como señalan lasacotaciones escénicas. y la imagen de los días y las horas apilándose a nuestro alrededorestá ya claramente descrita en El innombrable: podemos preguntarnos. conocer nada. sin recordar nada. según Zenón. por el procedimiento de añadir primero la mitad. luego la mitad de ésta y así sucesivamente. repiten continuamente Los Días Felices Samuel Beckett acciones insignificantes que no les llevan a ninguna parte. Sídividimos en dos una colina de granos de mijo y luego queremos volver a rehacerla añadiendo a unade las dos mitades a la otra. 42 .El montículo de Winnie es una extensión delpersonaje. Los seres humanos actuamos en untiempo finito y nunca podremos llegar a la esencia de lo real que es infinita. una especie de falda que la arropa. sin historia niproyectos. como Sísifo. Winnie. enterrado bajo los segundos ( The Unnamable. como El innombrable. aunque no cesa de repetirlodurante toda la obra. luego la mitad de la mitad. por qué te entierra grano a granoni muerto ni vivo.. Dirigiendo la obra en Berlín (1971). Los personajes de Beckett.En el teatro de Beckett no se puede hablar de escenografía en el sentido convencional. etc. de uno. por todos los lados. 393). (Beckett no ha reconocido como suyas obras que se hanmontado ignorando sus direcciones escénicas)... Zenón utilizaba estas paradojaspara mostrar la discontinuidad entre los movimientos en el espacio y en el tiempo. por qué no pasa el tiempo. Beckett modificó ligeramente el espacio escénico situando aWinnie ligeramente a la derecha de la escena y no exactamente en el centro . el tiempo que losantiguos muertos y de los muertos aún no nacidos. por otro. ya que la esencia de la realidad es infinita . ylógicamente el protagonista concluye. Winnie no convence al espectador de que sus días son felices. ya quetodos y cada uno de los elementos físicos que componen el espacio escénico son esenciales paracrear una metáfora escénica específica. esperar nada. de aquel viejo griego que menciona Clov en Final de partida. luego la mitad de lamitad restante.. por eso son especialistas en el arte delfracaso. de pasada. La intención del autor es dar así más importancia a Willie. no pasa. El paso deltiempo nos va enterrando a todos.. concediéndole unmayor espacio para moverse -aunque los espectadores no le vean la mayor parte del tiempo. el tiempo de otros. tu tiempo. (Una paradoja similar es la de Aquiles y la tortuga). pág. argumentando que si una flecha lanzada a un objetivo tiene que recorrer la mitad delcamino. El viejogriego es Zenón de Elea y la colina de granos de mijo es una de sus paradojas más conocidas. parece estar también enterrada bajo los segundos en esta colinaimposible del tiempo .enJumpers. o un túmulo mortuorio en el que se hunde. por un lado. nunca llegaría a su objetivo en un tiempo finito. La cruel imagen escénica que vemos contradice continuamente sus palabras. por esto nuestro actosson inútiles según esta filosofía. y larealidad. cada vez más espeso. cada vezmás hondo. que por lo tanto: San Sebastián murió de un susto -lainfluencia de la ironía beckettiana en Stoppard es incuestionable..por qué se apila a todo tu alrededor instante a instante. ya que las mitades que se añadieran serían cada vez máspequeñas. Tom Stoppard parodia esta filosofía.

refleja especialmente su pérdida de memoria. y que la hace única entre los personajes de Beckett. Esse est percipi . El don especial de Winnie. les beaux jours es una de estascitas erróneas del poema de Verlaine: Colloque sentimental.limpias de fruto?. Su relación es. como diceel profesor Gontarski en su estudio de los manuscritos de esta obra: la composición de Los días felices revela el continuo interés en una nuevarealidad mitológica compuesta de fragmentos o en decadencia. Además de las citas.¿Qué importa el sentido de las cosas si su músicaoís. Esta realidad míticano se construye alegóricamente. que Beckett desarrollará dos años más tarde enFil m (1963). a faltade otra más adecuada. la existencia de Winnie está garantizada por lapresencia de Willie.. o la preocupación por el deterioro de su atractivo físico: fuihermosa en otro tiempo. No obstante. ¡Ah les beaux jours de bonheur indecible.. como frecuentemente repite Winnie. Estos versos son de grandes. Si paraexistir necesitamos ser percibidos por alguien.Shakespeare o Yeats. Où nous joignions nos bouches! -C'est possible.refiriéndose a diversos objetos de su bolsa. Las ideas de los poetas que cita Winnie aparecen distorsionadas al presentarse en fragmentoserróneamente recordados. El propio titulo de la obra en francés: Oh.utiliza frases extrañas como el estilo antiguo o abundantes mercedes y comete bastantes erroresgramaticales. Quisiera no saber lo que dijese inada decir. Willie . Winnie es una señora de la clase media -collar de perlas incluido.vaciar el alma . y entre los labios . poetas como Milton. como la historia de Mildred.el famoso dictum de Berkeley. La mayor parte de su recuerdos son sentimentales: su primer beso con un talJohnson .Otros expresan sustemores. personajes y objetostienen un aspecto desgastado . El titulo inglés alude a la canción popular Happy Days are Here Again . ya que necesita a alguien que la escuche. una de amor/odio. El lenguaje de la protagonista -rico en matices ycambios de estilo. . .con palabrasvacías de sentido . o de ni contigo ni sin ti Winnie despierta a sumarido.que ella cita fragmentariamente. hablar tan sólo. golpeándole con la sombrilla. Se autocorrige constantemente. como las de casitodas las parejas beckettianas. 43 . están acabándose . su continuo torrente verbal la hace invulnerable atodo sufrimiento.cuyo atractivo físico estádeteriorándose. Winnie es una auténtica maestra -igual que otros personajes de Beckett. El tema del deterioro físico y mental es central en esta pieza.os brotan las palabras como flores . hablar. en sucontinuo recurso a citas literarias. De este hablar por hablar . que alababa Unamuno. o la última copa cuando todos los invitados se habían ido. como Herrick o Wolfe. A este espacio de tiempo lo llama días utilizando una palabra del estilo antiguo . casi desconocidos. a los versos maravillosos -bagaje intelectual de sus añosescolares.Winnie tiene sus recuerdos para llenar las horas entre el timbre de despertar y el timbre dedormir . sino que vemos el panorama del pensamientooccidental en fragmentos desgastados como un collage de objetos perdidos.Winnie y Willie son la pareja que habita este inhóspíto desierto. o de poetas mediocres.

el ser humanocon su portentosa capacidad de adaptación persiste en comenzar cada jornada conuna razonable dosis de optimismo. pero se consuela inmediatamenteexclamando: extraño. imperturbable. por eso susituación es más cruel. se arropa en los gestos y las rutinas cotidianas. A Winnie no le preocup a la comunicación real. Beckett defineel hábito como: compromiso que hace el individuo con su entorno o entre el individuo y suspropias excentricidades orgánicas. Winnie. al contrario muy de este. de quien Winnie se ríe. nada que hacer .. aligual que sus risas. sus palabras son flores limpias de fruto . Prisionera de la tierra.. lo devoraba la tierra. es un personaje familiar. Willie es la fiera salvaje .Dirigiendo la obra en Berlín. esto le parece extraño ..pero su situación muestra el abismo existente entre los deseos de la mente y las posibilidades delcuerpo -otra muestra del dualismo cartesiano recurrente. Los Días Felices Samuel Beckett 44 . Teme quedarse undía sin nada que decir. momentos en que Winnie parece darse cuenta de su realidad... Winnie desea ser. consciente sólo a medias de su destino. porque a este ser etéreo. en toda la obrabeckettiana. ya que está totalmente separado de su esposa y su deterioro pone de manifiesto la futili-dad de los apetitos físicos a los que se aferra .ayudada por los objetos que va sacando de su gran bolsa. Su sorprendente aparición al final de la pieza y su exclamación Win . una sucesión de hábitos ya que el individuo es unasucesión de individuos. pertrechado de mil pequeñas razones para seguirviviendo.. aquí todo es extraño y continua su charla. poragradar a otro . Se suena la narizestrepitosamente. no no. Hay.. Lavida es un hábito o. o recordar que loha sido.Sale y entra a gatas en su casa/agujero tras el montículo de Winnie. examina obsesivamente la postal pornográfica y casi todos sus comentarios. Beckett comentó que Willie era como una tortuga muy de la tierra . cosa que había estado deseando hacer toda laobra y no había podido: porque el canto sale del alma y uno no puede cantar así como así. ysus necesidades son elementales. Respirar es un hábito. convencido de que ha venido al mundo para ser feliz. Beckett ha comparado a Winnie con un pájaro que desea flotar hacía el azul .Protegida por sus rutinas cotidianas. mejor dicho. como Ariel. como la propia protagonista explica. La actitudde Winnie nos parece inconcebible y. y ayudada también por sus palabras. Winnie no es consciente de su propia realidad.. un espíritu del aire. la garantía de una inviolabilidad insulsa. queson otro hábito mas: saber que en teoría me oyes aunque de hecho no lo hagas es todo lo quepido . Esto forma parte de la ironía situacional dela pieza. como dice SanchísSinisterra: su situación no es nada del otro mundo. sin embargo. como señalamos antes. consiguen animar a Winnie y hacerla cantar. También le parece inexplicable que el calor sea cada vezmás intenso y el sudor cada vez menor. reflejan sus preocupaciones sexuales. sin embargo. Elhábito es el lastre que ahoga al perro hasta hacerlo vomitar. Beckett comentó a la actriz alemana Eva Katharina Schultz que: el destino de Winnie era más patético.

a Alan Schneider. La segunda en Londres. primer director de la obra. También trata de la necesidad de otrapersona. La obra trata de pasar el tiempo de este modo.Beckett ha estado presente. en el SchillerTheater Werkstatt. Beckett se lo negó diciendo que no podía imaginarse Oh les beaux jours sin Madeleine Renaud. Jean Luc Godard) le pidió permiso para rodar Oh les beaux jours. algunos de ellos han sido publicados en Alemania y en Inglaterra. En 1971. con Eva Katharina Schulz como Winnie. Beckett ha dirigido Los días felices en dos ocasiones. La mayoría de los cortes textuales y cambios escénicos que Beckett realizó en estemontaje. El proceso que sigue Beckett para dirigir sus obras siempre es el mismo.tratando de no estar demasiado deprimida. dirigido por George Devine. en 1963. Aunque Beckett estuvo pocotiempo presente en los ensayos. no podíaconcebir a nadie. explica este personaje y esta obra como paradigmas de la vida cotidiana: Winnie está terriblemente ocupada no haciendo nada. la obra que Beckett ha seguido más de cerca desde que la escribiera en 1961. Asesoró. asesorado por el autor. antes dedirigir cada uno de sus montajes. han sido mantenidos en sucesivas puestas en escena de la 45 . lo mismo que yo me sientomuchas veces. en 1979. Beckett estuvo tan implicado en este montaje que. sin embargo. en Berlín. fue el de Peter Hall para el Teatro Nacionalen Londres. como asesor. en el papel de la protagonista. durante mucho tiempo. Beckett acepta la invitación del Schiller Theater para dirigir la obra en su versión alemana: Glückliche Tage. especialmente en su estreno enParís.y Winnie ciertamente ha venido al mundo para ser feliz. meticulosamente. Además de estos montajes propios. Beckett dirige Happy Days Como ya apuntamos anteriormente. sino a Madeleine Renaud. Pasa varias semanasvisualizando la obra. Estaes.Tophoven. Su actividad comodirector de escena se conserva en los cuadernos de dirección que prepara. la primera en 1971. que actuó en el papel de Winnie dirigida por Beckett. Otro montaje extraordinario. memorizando el texto y anotando minuciosamente todos los movimientos ygestos de los personajes. Antes de comenzar los ensayos en Berlín. de pasar el día. sin duda. aunque no sea más que para chillarla. anotó el texto con sugerencias para el montaje. Un año más tarde viaja a Londres para asistir a los ensayos delestreno británico. con Brenda Bruce como Winnie. en el Royal Court. ¿Cuántos matrimonios conocemoscomo ese? y ¿cuánta gente? 4. en 1961. en otras puestas en escena. Billie Whitelaw. Beckett comenzó a dirigir sus propias obras en 1966. en elRoyal Court Th eatre con Billie Whitelaw como protagonista.en un espacio escénico creado por Jocelyn Herbert -escenógrafa de los mejores montajes ingleses delas piezas de Beckett. Becketthabía elaborado dos cuadernos de notas de dirección y memorizado la versión alemana de E. Lamayoría de sus montajes los ha realizado en Berlín y el resto en París y Londres. con la extraordinaria Peggy Ashcroft como Winnie. el 10 de agosto de 1971. 1975. Estas son las palabras deesta excepcional actriz: Un director de cine (por qué no nombrarlo.por correspondencia. en el estreno en el Cherry LaneTheatre de Nueva York.

y las variaciones de estas repeticiones. P.. 8) Hasta el final del acto.. gira a la izquierda yhacia adelante para explotar su bolsa y mira muy de cerca el mango de su cepillo de dientes . Beckettdibuja incluso un diagrama del gateo de Willie hacia su agujero cuando está invisible al público yotro de su g ateo al final de la obra subiendo por el montículo. a despacio Winnie . se señala que: sonríe treinta veces.obra.23 7) Hasta el fin de la historia del señor Sower/Cooker...12 4) Hasta que acaban de reírse. En el Acto 1. Para facilitar los ensayos. 4) Hasta el final del acto. En el Regiebuch alemán están enumeradas todas las posesiones de Winnie y se especifica quetodos los objetos de la bolsa deben parecer muy usados.. ser conspicuos y no ser realistas.. Cadauno de estos 46 . para mirar a Willie. También indica que Willie tiene tresposiciones distintas tras el montículo y que su voz tiene que sonar distinta desde cada una de estasposiciones. como indicamos a continuación: Acto 1: 1) Desde el principio hasta Ojos viejos . las cosas.(la voz se le quiebra. y en el acto segundo: Estarás de acuerdo con Aristóteles en eso. cabeza baja). 3) Hasta Canta tu vieja canción Winnie . cambió algunas líneas del Acto II. Beckett dividió la obra en doce escenas.P. Por ejemplo..p. Winnie dice a Willie: Creo queest arás de acuerdo conmigo en esto. (Fin de sonrisa.. lupa. 4 2) Hasta Willie se abanica con el periódico y Winnie coge la lupa . P.deben de manipularse con la mano izquierda.tiene cinco expresiones felices y ocho tristes . tiene tresseries de movimientos: gira a la derecha y hacia atrás. Willie -el subrayado es mío. para que produjeran unefecto de eco con otras similares del Acto 1. Winnie en el Acto 1. Willie . Mira la sombrilla) . La mayoría de las notas de dirección se refieren a Winnie. Se indicatambién el tono. la intensidad y duración de cada una de las ocho veces que suena el timbre .18 5) Hasta Nadie. El Regiebuch señala cua-renta cambios en el diálogo. espejo.. gafas. y del limado de uñas. P.20 6) Hasta . Por ejemplo. Hayanotaciones tan especificas como la siguiente: Todos los objetos de vidrio. P. tan maravillosas . colocarlos al lado izquierdo . Acto II: 1) Hasta que Winnie dice ¿y ahora? 2) Desde La cara .8 3) Desde Totalmente garantizadas hasta que Willie dice él . Se anotan todas las repeticiones de frases ymovimientos. y después. ocho en el primer acto y cuatro Los Días Felices Samuel Beckett en el segundo.

que Winnie utilizara un tono especial para leer lainscripción del cepillo de dientes y una especie de canto para sus múltiples citas. añadiendo que no era estoica.Igualmente.consciente del peligro que corre si acaba su ritual de acciones cotidianas demasiado pronto. ejemplificaban el convencionalismo dela mujer burguesa de clase media. la del señor y la señora Shower. del que retoma todo el lenguaje y los elementos físicos de laescena. trabajaba con una fotocopia del Regiebuch preparado para su montaje de Berlín. con la discontinuidad temporal. los limites de la locura. Beckett quería. a veces. consciente de susituación y tiene momentos de inseguridad y tristeza más frecuentes en el segundo acto de los queconsigue sobreponerse con su optimismo habitual. Se interrumpe o lainterrumpen constantemente. El autor/directormenciona también la variedad de colores de la voz de Winnie en el primer acto. colorido. Sin embargo. contrastando co la voz blanca del segundo. elpasado olvidado y el futuro inconcebible . Winnie se vuelve hacia la bolsa y congela su gesto. hay un cambio fundamental en la concepción de laprotagonista. sino inconsciente y que de esta inconsciencia proveníasu fuerza..interpretó a Winnie. Beckett señaló durante losensayos: Una de las claves de la pieza es la interrupción. Eva K. Winnie imita otra voces: la de Willie. Ella [Winnie] comienza pero no termina nada. Algo comienza. y una muy articulada para dirigirse aWillie . Billie Whitelaw. obligada a ser feliz -o a aparentar que lo esindependientemente de las circunstancias. la actriz preferida de Beckett -quizá porque como él mismo observa. una de lascaracterísticas más importantes de este montaje.. además.. Schultz y. El Regiebuch es un minucioso compendio de dirección teatral. etc. Si MadeleineRenaud.al trabajar con ella no tiene siempre que explicarle todo . Sólo una nota de sus ochenta yseis paginas. apunta a las bases filosóficas de la obra: Relacionar la frecuencia de la interrupción de palabra y acción. se quedará sin palabras antes de terminar el día. y todos sus movimientos poseían un aire extraño. Unamujer-niña capaz de muy poca concentración -segura un minuto e insegura elsiguiente. interrumpe su charla con frecuencia. Winnie pasa de tema a tema y de un objetoa otro interrumpiendo continuamente sus acciones y sus palabras. luego comienzaotra cosa. Seestilizaron sus gestos.La comedía del primer acto surgía de la discontinuidad. dobles o triples. Es un ser interrumpido. La interrupción constante de gestos. atolondrada ycharlatana . luz. Laexperiencia temporal [de Winnie] es un paso incomprensible de un presente inexplicable a otro. Está un poco loca. una íntima cuando se habla a sí misma. Además de éstas. sí sigue a un ritmo demasiadorápido. presenciando la obra es evidente que Winnie es.. temiendo que. Cuando Beckett dirigió la obra en Londres en 1979.movimientos contiene tres variaciones que también se indican -Beckett llama a estosgiros simples.. movimientos y palabras es. en cierto modo. Billie Whitelaw es una Winnie mucho menos domésticay su interpretación mucho más inquietante bordeando. Peggy Ashcroft. incluso los más rutinarios. 47 . lade Mildred. Otras anotaciones interesantes son las que se refieren a las diferentes voces de Winnie que posee una voz normal. Beckett describió a Winnie en sus ensayos como profundamente frívola. Sin embargo. consecuentemente. como observa la profesora Cohn. a veces.

la sincronización del texto conel movimiento de los pasos en la obra tituladaPasos. Algunas veces cambia el texto para dar a la obra esta estructura musical. en traducción de Trino Martínez Trives. que hacemos nuestras.Trino Trives estrenó esta pieza en 1963 -como se ha señalado. que hemos mencionado antes.con Billie Whitelaw es su canto del cisne teatral . como el Auditor deN o t I -inspirado en una mujer tunecina 4) Quizá el aspecto mas importante de Beckett como director es que considera la puesta en escenade una obra como el último paso en el proceso creativo. ritmos. como se ha descrito en las notas a la traducción de lapieza. Las principales características de Beckett como director de escena pueden resumirse en: 1) Precisión total y atención meticulosa a todos y cada uno de los detalles escénicos para quetodos formen parte de la estructura general de la pieza. Muchas de sus imágenes se inspiran en pinturas: Blake para la cabeza de That Time. etc. sin duda. 2) Beckett se acerca al texto de un modo musical. Confiamos que Beckett siga escribiendopara el teatro porque uno sabe que continuará extendiendo sus fronteras y ampliando susdimensiones. dirigiendoPasosBeckett declaró: esto es música de cámara . La orquestación delos movimientos de Winnie.casi veinte años después de haber escrito la obra. que el primer acto es demasiado largoy realizó varios cortes en el texto -en el episodio de la sombrilla. de 1979. Por ejemplo. Sus traducciones de las obras de Beckett son 48 .núm. Beckett ha dicho que su Happy Days. consiguiendo unas imágenes fascinantes con un lenguaje tan significativo que unosminutos sirven para comunicar toda la experiencia humana. suimaginación y su talento le llevan . 3) El impacto y la forma de la imagen visual escénica preocupan a Beckett tanto como preocupaban a Artaud. por ejemplo. También cambiósignificativamente la aparición final de Willie. movimientos. o Caravaggio y Munch para la boca ardiendo de Not 1. No porque él se proponga hacerlo. tonos. el 13 de mayo de 1964. no realista y psicológico. sino porque es por este camino donde su gusto.primero dentro de un festival deteatro. Hay que reconocerel mérito de Trives al arriesgarse a estrenar unas piezas que sabía de antemano iban a ser rechazadaspor la censura de la época. Beckett volvió a su estética de luces y sombras y minimalismoescénico. es un buen ejemplo de coreografíamusical. Cree ahora. Después de Los días felices. Otras se toman directamente de la realidad. van estructurando la puesta en escena.. 39. no como algo añadido a él. introductor del teatro de Beckett en España. En este montaje ha dejado las huellas de toda sucarrera como director de escena. no sólo para mostrarnos su maestría en el uso del lenguajeescénico. y más tarde. es que nos muestra cómo Beckett ve Los días felices. sino también para entender mucho mejor sus obras. Los montajesque ha dirigido han servido. Los DÍAS FELICES EN ESPAÑA La primera versión en castellano de Los días felices se publicó en la revista teatral Primer Acto. 1963. en el Teatro Valle Inclán de Madrid.La importancia de este montaje. Estas son palabras de Alan Schneider. o los movimientos de Willie tras el montículo-invisible a los espectadores. Las repeticiones degestos.

Ni lo que dice ni lo que quieredecir. conuna perspectiva de veinte años. Shakespeare es un autor corriente al que. Francisco Álvaro. sin belleza. fue atacado por la críticaconservadora como si se tratara de una agresión frontal a toda la escena española. con cambios menores. la actriz catalana Rosa Novell. representante de la crítica católica militante. Beckett. quizá porque esta obra requiere una actriz excepcional.. más o menos. que en el estreno de la obra llevaba unsombrero hongo pequeñito que en montajes posteriores sustituyó por un sombrero de fiesta conuna pluma de colores larga . una concepción materialista y blasfema de la vida. En 1984. A Beckett no se le atacaba por falsear la realidad. Recuerda que en su actuación resaltaba loselementos grotescos de la obra y. citaré al crítico más notable de la época. se dirigió aldirector y dramaturgo José Sanchís Sinisterra para que dirigiese esta 49 . enamorada del personaje de Winnie. si lamanera de ofrecérnoslo no fuera la negación del teatro. fatigoso. pero no hayque olvidar que en los primeros 60. tartamudo. Es el genio no el geniecillo. Pero esto último sería lo de menos ya que no entraña ninguna novedad. Cabe añadir aquí que parte de la críticabeckettiana española está todavía anclada en los planteamientos filosóficos e ideológicos de los 60. DonSamuel es un raro entre los muchos que en el mundo han sido. escribía enYA: A Samuel Beckett le entendemos y no nos gusta.. sino por revelarla innecesariamente y por tener(según este tipo de crítica). es exponente de un antiteatro pesado. Las obras de Beckett empezaron a montarse en nuestro país dentro de un panorama teatral que no permitía estrenar Divinas palabras de Valle Inclán. que esté dispuesta a someterse a la rigurosa disciplina que el texto requiere.puede entender todo el mundo. Según la actriz Maruchi Fresno. y un revolucionario de las formasdramáticas -quizá el mayor en este siglo junto con Genet. sin pensamiento ni galanura formal . sumontaje hizo una gira por varias ciudades españolas en 1975. Trino Trives no sólo volvió a montar la obra en 1965. y se las puede tachar de trascendentalistas y solemnes. laacogida por parte del público fue generalmente buena. sentenciaba: Aquí no conoceremos íntegramente a Shakespeare. sin interés. En cambio. pero sí al Sr. En este panoramacrítico.fácilmente criticables. Lo cualtiene su explicación. aburrido. sino que. en versión de Trino Trives). sin emoción.autor de El espectador y la crítica. Finalmente. o la secreción póstuma del surrealismo -y las versiones de Trives están sin dudainfluidas por las ideas de la época. Otras obras de Beckett se montaron esporádicamente en España en los años 60 y 70. Tuvieron que pasar algunos años antes de que a este autor se leconsiderara fundamentalmente como un desmitificador. pero noLos días felices. Alfredo Marqueríe Días felices como las anteriores piezas del autor. reiterativo. El estreno de Los días felices (Días felices. también recuerda. en su versión íntegra y que suprimía escenas de Luces de bohemia por considerarlas obscenas. Don Nicolás González Ruiz. a Beckett se le consideraba como un epígono de los filósofosexistencialistas.

continua Sagarra. La dirección de Sanchís Sinisterra fue excelente al conseguir el ritmo. un ejercicio casi perfecto . delos Teatros del Círculo de Bellas Artes. Pep Ferrer interpretó el minúsculo. Escuchando ahora el gran texto seencuentran bastantes vestigios de optimismo: una capacidad de 50 . Al hablar de la interpretación de Rosa Novell. la intensidadpoética. una crítica sobre:Oh. anticipaba el tema musical dela pieza y privaba al espectador de la sorpresa de oírla por primera vez cuando Winnie abre su cajitade música. hay momentos en que el textose queda bajo. dentro del Festival Beckett . el 28 de febrero de 1984. y tampocoera lo suficientemente intensa como para ser uno de los principales elementos de tortura. y Happy Dqys es una de ellas. completamente inadecuado pararepresentar el horno de luz infernal . Este montaje. escribe sobre este mismo montaje. El telón defondo era demasiado pequeño y su colorido. el autor más importante que vive en la actualidad. y elespectador está --o se le supone. era excesivamente suave y la distorsionadamúsica del vals de La viuda alegre . en la versión catalana deVicenç Altaio y Patrick Grifeu. la comicidad y el patetismo característicos de esta pieza. Si comparamos las criticas a este montaje con las mencionadas anteriormente. presentado en el Teatro Maria Guerrero. dice Haro Tegglen. La luz era blanquecina. celebrado del 28 de marzo al5 de mayo de 1985. azul celeste. papel de Willie con meticulosaprecisión. El sonido del timbre que despiertaa Winnie y que es el principal elemento de tortura. 28 de febrero de 1984)... el espacio escénicopresentaba algunos problemas. Joan de Sagarra. Con el título de Oh. Este estreno catalán constituyó todo un éxito por la magnífica interpretación de Rosa Novell en el papelprotagonista. el10 de octubre de 1984. escribía desde Barcelona( El Paí s. con el título:Qué hermosos días en versión de Sanchís Sinisterra: Hace un cuarto de siglo . no sube como suben los buenossouff l es . como requiere la obra. y en la Sala Fernando de Rojas. ahora en castellano. imagen central de la pieza. veremos que el cambio de la crítica española en torno a Beckettha sido notable.pertenecientes al estreno de la obra. y añade una observación muy pertinente: yo me pregunto siesa ponderación no habrá jugado contra la eficacia del espectáculo. que es muy mesurada.obra. el crítico teatral Eduardo Haro Tegglen desde Madrid . Rosa Novell conseguíamantener fascinado al espectador especialmente en el difícil segundo acto. en versión castellana de Sanchís Sinisterra. pero difícil. en el Teatro Regina. tal vez. els bons dies.suficientemente familiarizado. muyponderada. afirmando que no contaba el argumento de la obra porque Beckett es. Con una precisión gestual y una variedad vocal admirables. esta obra de Beckett era una tragedia metafísica aterradora.se estrenó en el Teatro Regina de Barcelona. els bons dies -traducida de la versión francesa Oh les beaux jours. También desde las páginas de El País. si con las más significativas. no rojiza. Sin embargo. o sin tal vez. cuando queda reducida auna cabeza parlante. si no con todas suspiezas.. se presentó en Madrid en elTeatro María Guerrero durante cuatro días en octubre de 1984. que precedía la subida del telón..

por ejemplo.. la magnífica condiciónplástica del ser humano para adaptarse.. Nuestras vanguardias de los años 60 y principios delos 70 optaron por el teatro épico y combativo .. noshemos resignado a vivir sin respuestas a aceptar la interrogación como signo fatal deeste tiempo de incertidumbre. la mayor parte de la crítica aclamó la obra y. querechazaba sistemáticamente todo lo que venía de fuera. o a toda la Generación del 98. uns dies llunyans. absurdista. También es acertada la observación que hace Haro sobre laescenografía: [en ésta] se percibe como molesta la limitación de la duna en la que están lospersonajes. ya es menos comprensible que los profesionales de la escena letengan todavía cierto miedo a Beckett -salvo algunas excepciones.Diego Salvador y Fernando Arrabal -por citar los 51 . Cabría preguntarse por qué la presencia del teatro de Beckett en España ha sido tan esporádica ysuperficial. en su nota en el programa afirmaba: Ocurre. o por qué nuestro Teatro Nacional.resignación. o seignoraban. el amor y la compañía de los dos seres residuales -Winnie laenterrada. tomando como modelo a Bertold Brecht. para combatir la falta de libertades y la brutalopresión franquista.. etc. nihilista. en forma de comedias omelodramas. La influencia de Beckett en algunos autores españoles es innegable. la interpretaciónde Rosa Novell y la dirección de Sanchís Sinisterra. En general. Luis Matilla. por su tufo intelectual -como lo hacia el crítico teatral Alfredo Marqueríe-. algunas piezas teatrales de Lorca o Alberti. Manuel de Pedrolo (enCruma). . amb un interés puramentdocumental (unos días lejanos. Ángel García Pintado. Un pequeño sector de la crítica no fue tan receptivo y mostraba ciertas reticencias sobre laoportunidad de montar otra vez un texto de hace más de veinte años -como si se hubierarepresentado esta obra en España con cierta frecuencia. que hemos renunciado a la obsesión interpretativa.. sin embargo. Jerónimo LópezMozo (especialmente en Moncho y Mimi). sin duda. se pierde la noción del espacio infinito al que se refiere el texto. En los años 80.. en especial. Valle Inclánincluido.y los días felices de Winnie les parecían. només. El cambio en la sociedad española desde 1963 se refleja también. Varios críticos se hicieron eco de la palabras deéste que.Quizá la publicación de los cuadernos de dirección de escena de Beckett. i que ens arriben. Como los personajes de Beckett nos instalamos ensituaciones inexplicables El famoso absurdo es nuestra realidad cotidiana.Antes era fácil apelar a los principios autocráticos y censores de la sociedad española.. Todo loque no fuera naturalismo realista.. tenía poca posibilidad de éxito. en la mayor sensibilidad y ecuanimidad de la crítica teatral. eligieronun teatro de denuncia y de compromiso político. como oscuras e incomprensibles. que ha enriquecido e influido decisivamente en la escena contemporánea. descifradora. con un lenguaje escénico coloquial.. Existe todavía la idea delBeckett pesimista. Willie el reptante.como al critico deAvui .. no ha montado nunca obras taninfluyentes en la estética del teatro contemporáneo como son Esperando a Godot o Final de partida -obras ya clásicas y que se representan con frecuencia en los teatros nacionales de otros países. y que nos llegan nada más que con un interés puramentedocumental). y no la del gran poeta dramático creador de una estéticaradicalmente nueva. sirva para modificaralgunos de los conceptos erróneos más comunes sobre este autor.

Existe una edición catalana titulada Oh els bons dies. precediendo alestreno de la obra. 1961. 1963. Los problemas de traducir a Beckett son múltiples y variados. hemos tratado de presentar.que con el absurdometafísico . núm. en versión del propio autor. Barcelona. su intensidad poética y su musicalidad. muchos años después de su creación. publica la obra enLondres. 39. que tuvo lugar al año siguiente. las obras de los años 70 y 80 -y algunas anteriores-no se han editado hasta muy recientemente. estas dos versiones. brevemente. Happy Days se publicó en 1961 y. enriquecedor para nuestro teatro. En 1962. con el tít ulo de Oh. PRIMERAS EDICIONES DE HAPPY DAYS La primera edición de Happy Days se publicó en Nueva York.son apasionados beckettianos. en traducción de Trino Martínez Trives. Faber & Faber. por lo que su influencia en la escena actual española no ha sido muy significativa-Arrabal es un caso especial dentro de este grupo. sólo señalaremos aquíalgunos de los más significativos. 7) ycomo necklace en Faber & Faber (pág. Esto nos lleva de nuevo alproblema de la irregularidad de las ediciones de las obras de Beckett en nuestro país -especialmentede su teatro. reconocen abiertamente la influenciabeckettiana. les beaux jours. En la actualidad. no se había publicado como obraindependiente. por lo que ha sidoimposible para la gente de teatro española seguir la experimentación escénica beckettianacronológicamente. o del absurdo a la española .1963. Casi todos los traductores de Beckett -y no sólo ennuestro país. hasta ahora. Grove Press. 9). de la versión francesa. sin duda. Otro problema que quizá explique el relativo desconocimiento de la obra de Beckett en España-especialmente las más recientes. La primera edición en francés se publicó en París. por eso heoptado por una edición bilingüe en la que el propio lector pueda en todo momento cotejar el textotraducido con el original y comprobar por sí mismo errores y aciertos y a la vez poder experimentarel gran atractivo de la escritura beckettiana. Es difícil encontrar obras de Beckett enlas librerías. Ediciones del Mall. LesEditions de Minuit.más obvios-. en la revista teatral Primer Acto. en una versión inglesa idéntica a la americana. El teatro de estos autores es principalmente alegórico y ha sido escasamenterepresentado.1984. como hubiera sido deseable y. ediciones agotadas no vuelven a editarse y parece haber una mala distribución de laediciones existentes. En las notas a esta edición se comentan.brevemente. se observa un resurgimiento del interés en torno a Beckett. que aquí. que aparecer como necklet en Grove Press (pág. Esta palabra es collar . Sólo hay una variación insignificante de una palabra substituida porotra sinónima. por Vicenç Altaío y Patrick Grifeu. que esperemos queayude al lector/espectador español a conocer toda la variedad y riqueza de su obra. SOBRE ESTA EDICIÓN: HAPPY DAYS / LOS DÍAS FELICES Esta es la primera edición anotada y bilingüe de esta obra en España. La primera versión en castellano se publicó en Madrid. que hacen de latarea traductora un acto casi imposible.traducida. Paradójicamente. - 52 .que tiene más que ver con el absurdo social -de los romances de ciego. la tentación de intentar traducir la palabrabeckettiana se presenta como algo inevitable. En lasnotas a esta edición bilingüe se señalan las diferencias más importantes entre las versiones inglesa yfrancesa de la obra. Como todo poeta Beckett es difícilmente traducible. Estos autores practican una especia de teatro no-realista. En lo referente a su teatro.es un problema editorial. excepto por las variantes ortográficastípicas del inglés americano.

yo misma lo he hecho en repetidas ocasiones. comouna melodía. como autor. de repeticiones de ciertas fraseso palabras que hacen que determinados temas queden grabados en la mente del espectador. hay bastantes anotaciones que se refieren a la puestaen escena de la obra. ante la frecuente imposibilidad de traducir ciertas palabras ofrases polisémicas. excelente traductor. e innecesaria-mente.. creemos que el artículo esnecesario -el título francés es ³Oh le s beaux jours´ (subrayado mío)-. etc. Ahora pienso que esta traducción es errónea y que el articulo en castellano es totalmente necesario -y no sólo desde el punto de vistagramatical. En las anotaciones al texto se señalan algunos de los problemas encontrados. cambios enepisodios o escenas. Las anotaciones textuales no son exhaustivas para no distraer excesiva. añadidos. se siguen siempre las sugerencias que ha hecho Beckett en sus propiosmontajes -creo que esta clase de anotaciones pueden ser útiles para posibles directores de escena Los Días Felices Samuel Beckett Finalmente.He intentado que mi traducción no destruya la estructura de ecos . he optado en consecuenciapor Los días felices. el que vemos en escena es el último de la serie. Happy Days suele traducirse generalmente como Días felices.lo que no implica que sean necesariamente buenostraductores. se puede permitir. por lo tanto. reconoce la dificultad de traducir sus obras y ensus diferentes versiones -inglesas o francesas-hace continuas modificaciones textuales.por recurrir a la versión francesa. cortes. teniendo que optar. sinotodos los días felices deWinnie. Al ser éste un texto dramático. no le están permitidas a sus traductores. en ocasiones muy pocas. 53 . así como laspequeñas traiciones cometidas. El propio Beckett. peroque. unas palabras respecto al titulo. al lector. obviamente. libertades que él.ya que la obra no presenta unos determinados días felices.

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