« Dans une étendue désertique d'herbe brûlée se dresse un petit mamelon aux pentes douces dans lequel Winnie

est enterrée, d'abord jusqu'au-dessus de la taille. Winnie se souvient qu'en la voyant, un passant s'était demandé : " À quoi ça rime ? ... fourrée jusqu'aux nénés dans le pissenlit... ça signifie quoi ? " Cela rime avec la vie de tout être humain. Cela signifie le courage dont la personne humaine peut se montrer capable. Winnie est pleinement vivante, c'est-à-dire qu'elle endure stoïquement tout ce que vivre implique. Elle est l'incarnation même du courage qu'exige l'inéluctable déroulement de la vie, jour après jour " à perte de passé et d'avenir ". Envers et contre toutes les souffrances et les indignités du délabrement, il émane de Winnie une inébranlable volonté de dignité humaine : " Tiens-toi, Winnie ", se dit-elle, " advienne que pourra, tiens-toi. " Certes, elle aurait tout lieu de sombrer dans des " bouillons de mélancolie ", mais elle s'y refuse farouchement. Puisque vivre c'est continuer encore, autant perdurer " d'un c ur léger ", dignité oblige. Elle s'est ainsi forgé l'art inépuisable de trouver dans la moindre babiole, dans l'événement le plus minime, une source de pétulant intérêt et de vif plaisir : " Ça que je trouve si merveilleux " ne cessera-t-elle de s'exclamer. L'apparente frivolité de son discours est, comme l'humour, la chatoyante politesse du désespoir. " Oh le beau jour encore que ça aura été... Encore un... Après tout. " L'humour de Samuel Beckett ne verse jamais dans l'amère dérision. Oh les beaux jours est une uvre infiniment tonique, puissante, tout à la fois drolatique et profondément bouleversante. » « La chose la plus terrible qui puisse arriver serait de n être jamais autorisé à dormir ( ) comme si au moment où vous êtes en train de vous assoupir, un grand dring vous obligeait à rester éveillé. Il n y a pas un pouce d ombre, rien que cette sonnerie qui réveille tout le temps. J ai pensé qu il n y avait qu une femme pour affronter cette situation et sombrer en chantant », commentait Samuel Beckett. sa passion pour le silence. Pas l idéal pour une conversation à bâtons rompus. Plus je le lis, mieux je me console de ne rien comprendre au monde". Bien qu absorbée progressivement, elle se sent légère et tente d ignorer son ensablement. Avec une tenace énergie, elle vaque à ses occupations. Elle se prépare, met son chapeau, enlève son chapeau, se brosse les dents, brandit une ombrelle. Elle ouvre un sac et fait l inventaire de ses objets familiers. Avec une innocence juvénile, elle prie, discourt, fredonne, se plaint, se remémore des bribes de souvenirs. Elle a pu marcher, elle a pu séduire, autrefois Winnie s accommode de son malheur avec grâce et joue à s imaginer qu elle vit de beaux jours. Il y a, dans cette situation si atrophiée, une cocasserie et un optimisme immenses. Formidables, les ressources que trouve l être humain pour se faire à tout, habiter l inhabitable, lutter contre l ennui, refuser la mort.

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Ce que j'admire le plus chez Beckett, c'est sa passion pour le silence. Quand je cherche à comprendre pourquoi je ne comprends rien du monde, je lis Beckett et je me console par la conscience, qui est la sienne, de l impossibilité de le comprendre. Oh les beaux joursest une radiographie de notre manière de vivre, de penser, de sentir. Comme toutes les radiographies, cette pièce triste, drôle et tragique à la fois, ne prescrit pas de remède, mais décrit, sans illusions, ce qui est, pour ceux qui veulent savoir. Récemment, j'ai lu les nouvelles de Tchekhov. Entre Beckett et Tchekhov j'avais pensé que Beckett était l'écrivain le plus abstrait et que je préférais l'humanité de Tchekhov. Mais maintenant, j ai lu Oh les beaux joursmaintes et maintes fois. Plus j'avance dans le travail, plus j'avance dans ma compréhension du texte, plus j'ai l'impression que ces genslà Winnie et Willie sont bien réels et que je les connais. Beckett me déséquilibre en poussant toujours plus loin les retranchements de ma conscience, en me faisant comprendre vers quelle fin véritable tendent mes habitudes, mon attitude envers le temps, la mémoire, la connaissance, le passé, l'avenir, le comique et l'espoir. Parfois, je préférerais aller au cinema pour m'échapper. Frederick Wiseman Pour cette femme, prisonnière du temps et de l espace vital, l essentiel est d être encore digne, déterminée à passer encore une heureuse journée malgré son insignifiance Et pour remplir la journée où elle lute stoïquement contre la solitude et la mort, elle instaure un rituel de gestes quotidiens et anodins, catalyseur d un nouveau jour à vivre qui la rassure et la stabilise en dépit de son immobilité «Oh les beauxjours» est une pièce de la maturité : le décor est dépouillé de tout objet, les personnages ont un corps en difficulté. L atmosphère d ensemble semble annoncer la fin du monde, et on y reconnaît la thématique de la menace, de la mort et de la fin du temps. La communication y est difficile, mais nécessaire. La première à New-York reçoit un flot de critiques, mais se maintient grâce au public. importance des didascalies. didascalies, gestes et même souvent des silences avec les nombreux « un temps » qui ponctuent le scénario. Ainsi Willie, son compagnon de vie, bien qu il ne l ui parle pas, est un élément existentiel de Winnie car c est ce qui lui permet de parler, c est lui à qui elle s adresse, lui, qui lui donne l impression d avoir un auditeur attentif ou du moins, qui lui donne l impression de ne pas parler dans le vide. Tout est un moyen pour parler, ou, pour tenter de faire parler Willie, et de créer la discussion, Willie, son compagnon de toujours, n'est pas vraiment l'interlocuteur idéal ; il ne l'écoute jamais, et même dans ses bons jours, il daigne à peine lui faire l'aumône de 2

quelques borborygmes. Le reste du temps, il pionce, se mouche, épluche le journal, examine quelque photo cochonne et rampe jusqu'à une sorte de terrier où parfois il reste coincé. enterrée jusqu'aux nénés, puis jusqu'au cou dans un mamelon de terre aride, elle se trouve une foule d'occupations. Essuyer ses lunettes, se coiffer, se brosser les dents, mettre sa toque, l'enlever, farfouiller dans son cabas pour faire amoureusement l'inventaire des menus objets qu'il contient, tout cela l'aide à "tirer sa journée". Et surtout, pour conjurer l'ennui et la décrépitude qui menacent, pour peupler le vaste désert de son existence, elle se saoule de paroles plus ou moins décousues. Tragédies des existences manquées, des opportunités perdues, les pièces et les romans de Beckett nous montrent des humains semblables à nousmêmes,emmurés dans des prisons consenties, étouffés par la sourdine des habitudes où ils se croient à l'abri des coups du sort, complices de ce destin frileux. "L'optimisme de Oh les beaux jours, dit Peter Brook, (1) n'est pas du courage, n'est pas une vertu ; il n'est que le principe qui rend Winnie aveugle à sa condition. " Et même le langage, qui seul peut nous donner le sentiment d'exister, peut s'avérer n'être qu'un misérable écran de fumée. Chaque jour, nous nous rapprochons tous un peu de notre dernière demeure souterraine ; chaque jour, Winnie s enfonce un peu plus dans le sol. Dans le sac de Winnie, les quelques accessoires que lui concède Beckett (toujours aussi économe de ses moyens), et qu elle retire pour les disposer de temps à autre à ses côtés, suffisent à composer un univers intime à partir de ses lambeaux, arrachés au naufrage d on ne sait quelle histoire

une terrible métaphore du monde". Beckett y transpose en effet sur scène la façon dont les puissances conjurées du chaos, de l agonie ou du néant affectent l existence des hommes dans tous ses aspects. our cela, il met en scène deux personnages sombrant dans une profonde folie et surtout dans un état d enfermement psychologique. Winnie, la femme est à moitié enterrée au milieu d'une « étendue d'herbe brûlée s'enflant au centre en petit mamelon ». Son mari, Willie, est muet. La scène n est donc constituée que d'un monologue de Winnie dans lequel l auteur traite habilement du dépérissement de l être humain. De quelle manière Beckett se sert-il de ce monologue pour suggérer la dégradation de l être en marche vers le néant ? Envers et contre toutes les souffrances et les indignités du délabrement, il émane de Winnie une inébranlable volonté de dignité humaine : " Tiens-toi, Winnie ", se dit-elle, " advienne que pourra, tiens-toi. " Certes, elle aurait tout lieu de sombrer dans des " bouillons de mélancolie ", mais

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elle s'y refuse farouchement. Puisque vivre c'est continuer encore, autant perdurer " d'un c ur léger ", dignité oblige. Elle s'est ainsi forgé l'art inépuisable de trouver dans la moindre babiole, dans l'événement le plus minime, une source de pétulant intérêt et de vif plaisir : " Ça que je trouve si merveilleux " ne cessera-t-elle de s'exclamer. L'apparente frivolité de son discours est, comme l'humour, la chatoyante politesse du désespoir. " Oh le beau jour encore que ça aura été... Encore un... Après tout. " Cette dualité de l' uvre pose la question essentielle de la condition humaine, que Beckett a choisi de mettre en scène sous une forme double pour interpeller le spectateur et le mettre face à un questionnement fondamentale sur son existence. Il s'agira donc de se demander comment, à travers le comique gestuel et verbal de la pièce, le spectateur bascule d'une angoisse existentielle digne de celle des Pensées de Pascal à une vision becket¬tienne de la vie qui, malgré son optimisme aveugle, tend vers un humanisme insoupçonné. Beckett va descartando lo anecdótico y lo particular, para llegar a lo esencial, louniversal. evidencian la aversión quetiene Beckett por toda clase de explicitaciones realistas

En Días felices (1961), por ejemplo, Winnie se queja permanentemente de que lo que está sucediendo le ha sucedido antes. Uno percibe esa queja como el anuncio del destino que le espera en el segundo acto, cuando el montículo de arena que le cubría hasta la cintura en el primero, le llega ahora al cuello, y ya no puede cubrirse con el parasol ni suicidarse con el revólver que yacen a su lado. Beckett es uno de los grandes representantes del pesimismo literario, de la visión absurda de la existencia . En una de sus cartas proclamaba: "Si pesimismo es un juicio en el sentido de que el mal sobrepasa al bien, n o se me puede acusar de pesimista ya que no tengo ni deseos ni competencia para juzgar. Simplemente he encontrado más de lo uno que de lo otro." El pesimismo como concepción realista de la vida. Si nos ponemos un rato a pensar en los males que pueden acec harnos en cualquier instante y en lo irremediable de nuestro final, estaremos de acuerdo con él. "Los días felices" es una obra teatral angustiosa, concebida para que el espectador se sienta incómodo desde el primer momento con lo que observa en el escenario. Winnie es una mujer enterrada hasta el pecho en un montículo calcinado. Vive en un desierto de calor extremo, sin vida alrededor. Su marido está con ella, oculto en un agujero del que solo puede salir arrastrándose torpemente. No sabemos lo que ha pro ducido esa situación, aunque según las anotaciones de Beckett en las primeras versiones de la obra, parece que ha sido una especie de guerra nuclear, aunque esto en realidad no tiene importancia.

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En todo caso, en esta situación extrema, en la que solo pue de mover los brazos y la cabeza, Winnie procura que sus días transcurran en una plácida felicidad. Para ello oficia algunos rituales cotidianos, como peinarse, mirarse en un pequeño espejo o limpiarse los dientes, de manera pausada, tratando de mantenerse ocupada en el transcurso de las largas horas de que consta el día, siempre agradeciendo el más pequeño detalle que le haga sentir que está viva, hablando sin parar, como alucinada, como si cerrar la boca significara estar muerta. Además de escucharse a sí misma, Winnie necesita sentir que alguien le escucha o que al menos tiene la posibilidad de hacerlo: "Quisiera no saber lo que dijese nada decir, hablar, hablar tan solo; - con palabras vacías de sentido - vaciar el alma. ¿Qué importa el sentido de las cosas si su música oís, y entre los labios - os brotan palabras como flores limpias de fruto?" Su marido Willie parece que hace tiempo que renunció al mundo y solo existe como por inercia, perdida ya gran parte de su humanidad. Cualquier contestación a una pregunta, siempre de manera breve y banal, a veces con meros monosílabos, es celebrada por la protagonista como una confirmación de su felicidad vital. La obra es en realidad un largo monólogo de Willie (uno de los personajes femeninos más difíciles de interpretar en el teatro), con alguna leve réplica de su marido. La protagonista se aferra a la existencia, cualquier excusa es válida para ello, pero la cruda realidad va imponiéndose poco a poco. Beckett no es un moralista y deja que el espectador saqu e sus propias conclusiones, que no van a ser gratas en ningún caso. La lectura de esta obra marca como pocas, pero poder verla representada en el teatro debe ser una experiencia inolvidable. A ver si un día se me presenta la oportunidad...

Andreu Navarra Ordoño El texto titulado El mundo y el pantalón (1) parece desarrollar una serie de ideas sobre el arte, y más concretamente, sobre el pictórico (aunque sus contenidos puedan ser aplicados a cualquier otra actividad creativa). Es muy probable que así sea (de otro modo escribiría muy perdido). Podría tratarse de un ensayo, aunque quizás sea mejor calificarlo de prosa, porque el texto no es, desde luego, un ensayo canónico o habitual. Este es el chiste amargo que lo encabeza: EL CLIENTE: Dios hizo el mundo en seis días, y usted no es capaz de hacerme un pantalón en seis meses. EL SASTRE: Pero señor, mire el mundo y mire su pantalón. A continuación, se desarrolla una especie de letanía gélida, absolutamente desconcertante, que no cesará ya hasta el fin:

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hablemos de otra cosa. a operar entre la nada. liberarla del deber de tener que juzgar lo que se ha visto leído. Lo asombroso es que no se nos esté diciendo debéis hacer esto. Porque cualquier juicio que pretenda ser coherente. por lo que pasó. Pues el pobre se imagina que nada de lo que es pintura debe serle extraño. que nuestra iconografía de tres al cuarto ha cebado de fechas. de influencias. y que sabe distinguir. a quien se h a intentado aleccionar mediante toda una literatura de la recepción de obras de arte.Para empezar. caídas en el olvido. comprendido. Dudas de aficionado. la de nosotros como lectores de él. Esta es la propuesta de Beckett. Hemos de partir de cero. Tenemos que atrevernos a mojarnos en su río. nos nubla. Samuel Beckett es el artista de la claridad. en segundo. cree entrever. no solo en este texto sino en el conjunto de su obra: no tenemos por qué juzgar. Su nivel nulo de fabulac ión o simpatía. manteniendo el espíritu abierto. de aficionado muy sabio. o reabsorbidas por elecciones que no se ocupan de ellas. en primer lugar. y que de vez en cuando cree adivinar lo que ama. Molesta. que llega agitando los brazos y se marcha agitando los brazos. y bucear en él como lo haríamos en la conversación que nos brindara un buen amigo. Y esta corriente (luego descubriremos que de cristales rotos) es lo más parecido a la verdad. Paradójicamente. No hay nada. El lector de Samuel Beckett tendrá que irse acostumbrando a no analizar. sino uno de los hombres más leídos. ha conducido estas preguntas hasta sus límites. de períodos. y a la vez fría como el hielo. y. más profundos. Porque leer a Beckett puede ser asomarse a la desnudez más absoluta. a la vez. por lo que nos situamos lejos de cualquier tipo de juicio absoluto. es a la fuerza un absoluto. y se ha acercado a la extinción. a no comprender. Qué tontería las preocupaciones del ejecutante. De cualquier modo. Lo asombroso es que no nos lo esté diciendo un nihilista. se ha paseado por las fronteras de la nada sin pagar los aranceles que son la muerte. Porque la realidad es un prejuicio. y lo demuestra el fragmento que hemos citado. despiadada. Una mentira como un templo. hasta tal punto es sabio. de escuelas. seguir dudando. Lo prueba el hecho de que nos lo esté diciendo alguien que ha realizado todo esto. al lado de las angustias del aficionado. Esa es una de las primeras lecciones del fragmento (con la cabeza aturdida de lo que ha creído entrever). o bien marearse y tener que irse a tomar un analgésico. de lo más comprensible. vaciar la mente de prejuicios. Pero es falaz afirmar que es imposible comentarle. hablemos de dudas antiguas. de los que realmente nos complican nuestra vida haciéndola más placentera. De lo que se nos informa es de lo que no solemos hacer. Lo que pasa es que nuestra realidad. un analfabeto que desprecie la cultura. Partir de cero significa. No pasa nada. Es como descalzarse un pie y mojar su punta en un río. o no hacer lo otro. Su honestidad sin ningún tipo de fisura. claro está. más rabiosamente 6 . en una corriente inexorable. Por qué explorar. malas esculturas y obras de mérito. indigestarse y dejar el libro a la primera línea. con la cabeza aturdida por lo que ha creído entrever. Siempre podremos seguir haciéndolo. es el escritor de la transparencia. Nos obnubila. Por qué actuar. Por qué preguntarse por lo que pasa. como muchos de sus mutilados. por lo que se ha convenido en llamar obras maestras. uno siempre resulta enormemente enriquecidoal leerle. El aficionado. de lo que solemos obviar gracias a nuestros prejuicios. A la verdad cognoscitiva: a nuestras posibilidades reales de percepción. Sus textos son. Somos bien poco. tal y como sueñan lo s pintores. Esto es lo que nos fascina del autor. entre un gouache y una acuarela. nuestra percepción de ella. seguir preguntándonos.

No puede existir. Un buen ejemplo de esto es Malone. Según Isaac Asimov (2). o multiplicada mediante la palabra. No se proponen nada.cultos (así lo demuestra la abundante documentación que se evidencia tras esta prosa). La vida de Saposcat. si antes de ella indagaban en las contradicciones de la realidad. Esto es lo que nos propone: la creación pura. objetiva o exterior. el autor es especialmente cruel con sus personajes. Todo esto en arte se traduce en una libertad total: radical y absurda. Podría ser una erudición más o menos ficticia. El otro. de su real gana poética . desde la nada. Es una cuestión de perspectiva. Malone no intenta recordar ya cómo llegó a la cama en la que convalece. Sam Beckett dice: vale la pena intentarlo. Quizás Huidobro se aproximase a este estado de libertad taumatúrgica. no sería reconocida como tal. La ordenación de toda esa energía desprendida es lo que diferenciaría el universo de la nada. Así se forma el arte según Beckett: a través de una manifestación arbitraria. como en el caso de Borges. pero fracasará una vez tras otra: Malone no soporta los tópicos de las historias de personas indefensas. Para entretenerse. Durante una excursión. Y lo es porque ese texto. siempre nos decía que el texto original. Es una nada inconcebible. fruto de la libre voluntad del artista. Hacia el final de la novela. Malone no cree que la suya lo sea: todo le da igual. Es un absurdo. y no de resultados. Eso no significa que ambos poemas partan. de cuyo nombre sí quiero acordarme. una entre las muchas teorías que intentan explicar el origen del universo es la del chorro primitivo. Sapo. esa obra. que la obra absolutamente nueva en todos y cada uno de sus constituyentes. La diferencia entre un tipo de poemas y otro es meramente procedimental. no tanto. No es ni siquiera una locura. Se limpia con babas los puntos del cuerpo que nota sucias. Los críticos coinciden en señalar que los textos del autor posteriores a la segunda guerra mundial. diferencia unos poemas de otros. ya no pretenden vincularse con ella. Consiste en una especie de explosión primitiva de energía de la que derivaría todo. Como se ve. Malone muere o El Innombrable ya no se proponen entender ninguna realidad. según palabras del propio Diego. no es perceptible en cuanto obra de arte. era un imposible filosófico. Esto es lo último que se profiere en la novela: ni con su lápiz ni con su bastón ni ni luces luces quiero decir nunca eso es tocará nunca nunca tocará eso es nunca 7 . por difusa que sea: han renunciado ella. nuevas realidades. es un infierno. Malone intenta contarse una historia. alguien llamado Lemuel asesina a todos sus compañeros con un hacha. Pero ni siquiera eso sabemos. la del joven Saposcat. suerte de anciano que vive recluido en lo que parece una habitación: sin recibir visita alguna. Gesta debe de partir de las proximidades de la nada conceptual. que es la que. La obra radicalmente nueva no se asemeja a nada. Los personajes de Molloy. Espía las nauseabundas relaciones sexuales de algún vecino (el sexo en Beckett aparece a menudo vinculado a la senectud). Cierto profesor de teoría de la literatura. Uno tiene referentes reales. se acerca al mundo a través de un bastón sin el cual se ve absolutamente indefenso. vemos a este recluido en una suerte de manicomio u hospital. en el caso de Gerardo Diego. que no es más que la suma de verbalizaciones mentales de Malone. Así se crean nuevos universos. El ciprés de Silos parte del ciprés de Silos.

La prosa es. Uno de estos dos hermanos no ha expuesto nunca. El Rostro. No se preocupa de ser algo. sus pruritos. sus voluntarias tonterías y puerilidades. en cierto modo. hacía eso mismo pero pretendiendo acentuar el filtro que separaba el objeto del lienzo. comparar. la nada a ultranza. exenta de preocupaciones y de vinculaciones con el mundo exterior. la más oculta y primordial de las pinceladas.. como la estoy haciendo yo. es realizar la conversión de incomprensible a comprensible. Y por eso es. los que Sam Beckett pone como ejemplos. ¿Deben preocuparnos estas cuestiones? Según Félix de Azúa. Estas concepciones son las que laten tras la obra de Samuel Beckett. de Vicente Huidobro ¿No intentan ambas obras alcanzar el mismo objetivo? Hasta el siglo XX el arte partió de las cosas. El otro realizó una exposición en Londres. ni cubista. Podemos insultarla.eso es eso es nada ¿Quién es Malone? ¿Dónde ha estado durante toda la novela? ¿Quién es Lemuel? ¿Por qué comete el vil asesinato? ¿Se ha convertido Malone en Lemuel. Otra cosa es lo que ocurra en nuestra sociedad. el arte fauve. Nada ni nadie debería exigirnos explicaciones. (¿pintores ficticios?) no es ni abstracta. la obligación de emitir enunciados exteriores que versen sobre tareas de los demás. Por eso. o Lemuel en Malone? ¿Alguien se ha convertido en alguien? ¿Quiénes han muerto? ¿Qué significa eso es nada? ¿Muere Malone como vaticinaba en las primeras palabras de la novela? ¿Es Malone muere una novela? No parece haber respuestas. relajante. en 1938. Porque traducir. es una libertad que se aproxima al trance místico. Es la realidad autónoma. de plasmarla.. una realidad literaria. Así el artista hacía de mediador descarado. olvidarla. Beckett no busca una aproximación más o menos verosímil a la realidad sino la creación de una realidad independiente. Por eso el arte más contemporáneo expulsa a sus espectadores. ¿por qué no?. Eso significa que no pasa nada si no se hace: que somos libres de hacer lo que nos plazca con la obra. de mantener abierto el espíritu. Por eso todas sus obras son una sola obra y los géneros uno. más cotizados. la pintura de uno de los hermanos es tan placentera. El juicio. quiso traducirlas a lenguajes distintos. ni surrealista. La pintura de los hermanos van Velde. sus abstracciones y. calumniarla. Una verdad no causal. su multiplicidad de perspectivas simultáneas. autosuficiente. que practican algo más desquiciado que el automatismo: lo que hay en sus cerebros una vez vaciados de todo posible contenido. Giacometti quería hacer un rostro. Eso no significa que no pueda hacerse. comentar. y aplicaba sus colores. una aproximación a la obra de estos dos artistas. mucho más cavernícola que la de los cavernícolas. más revolucionarios (pienso en Miró o en Tàpies) sean a la vez los más incomprendidos. en cierta forma. Por eso los artistas más aplaudidos. no imitar. El cubismo. sino advertir que no es necesario hacerla. el garabato más insignificante. es lo que arruina para Beckett el 8 . Solo se preocupa de ser la nada. sus visiones.. ¿Qué hay detrás de ellas? ¿Qué se pretende? Una vez más nos lo contesta el fragmento citado cuando empezábamos: se trata de creer adivinar lo que se ama. Porque libera. más descarado que nunca. Una arbitrariedad extrema. El objetivo no es que esa conversión sea imposible. Beckett también quiere hacer. (3) ¿No se parece este final de novela al del poema Altazor. dice Beckett.

Las frases siguientes ilustran la voluntad de libertad mental y receptiva. sin saber por qué. está dicho todo. o encontrar fea. y que se alimenta de materia gris. Los estragos son ya considerables. ¿Puede existir amor al arte más sincero que el contenido en esta frase? ¿Puede aspirarse a mayor libertad? El verdadero arte. ¿Les atormenta el tiempo? Matémosle juntos. A la basura. para que deje de mirar. ¿La verdad? La ventosidad del mayor número. Lo que ha venido arruinándolo durante siglos de masoquismo conceptual. la realidad más verdadera que vive en el lenguaje. es un arte policial por lo que tiene de represor de la creatividad: ¿Quieren un existente adecuado? Pónganle un azul. ¿La belleza? El hombre reunido. Por lo menos estamos acostumbrados. Son una crítica total al deber más o menos socializado de que el arte signifique. El día de mañana se le exigirá a la charcutería que sea humana. Para que tome partido. la que resultó de la experiencia de la nada circundante. ¿Les interesa el espacio? Hagamos que cruja. delante de una cosa que simplemente habría podido amar. para que rechace a priori. El arte expresivo.pensamiento humano. para que deje de existir. de que tenga que expresar. 9 . ¿La bondad? Extinguir. Lo que es propiamente espantoso es que el artista mismo lo admita. la verdadera escritura de Samuel Beckett se sitúan en otra realidad. Eso no es nada. no soy más que un poeta. El poeta que dice: no soy un hombre. El medio más rápido de hacer rimar amor y vacaciones pagadas. de que tenga que comprometerse con nuestro mundo habitual (el extracto reproduce estrictamente el orden del autor): Eso llueve sobre los medios artísticos con una abundancia muy particular. Es una pena. Denle un silbato. Y el que modestamente nos parece uno de las más bellos pasajes formulables por un ser humano: Se ha hecho lo imposible para que elija. Pues el arte no parece necesitar cataclismos para poder ejercerse. de libertad honrada. tanto el formal como el informal. para que acepte a priori. Con "Esto no es humano".

en este orden. Beckett es el escritor contemporáneo vivo sobre el que más se ha escrito ydesde los puntos de vista más diversos. que ha privadoa muchos lectores (o espectadores). una aureola de dificultades en torno a ellas. One is a Victim of all one has written SAMUEL BECKETT En el panorama literario del siglo XX. Se han escrito más libros sobre Jesucristo.que sobre nadie. sus obras siguen suscitando pasiones encontradas de ferviente admiracióny de rechazo apasionado. SAMUEL BECKETT.Los Días Felices Los Días Felices Samuel Beckett Introducción 1. en muchos casos. Predigo que en el ario 2000 Beckett puede ser el cuarto de la lista siel diluvio actual de literatura beckettiana continúa. Et il n a pas de frères. Napoleón y Wagner. Considerado como uno de los escritores actuales másinfluyentes. Este diluvio crítico continúa y en vez de facilitar y favorecer la comprensión de las obrasoriginales. sin embargo. del placer de 10 . VIDA Y OBRA: DE EN SILENCIO A OTRO * L artiste qui joue son ètre est de nulle part.destaca de un modo singular y se ha convertido en un punto crucial de referencia tantoen los ámbitos literarios como teatrales. novelista ydramaturgo. ha creado. el escritor Samuel Beckett -ensayista. poeta.

Hay que confesar. familiaresotras. sin duda. incluso para quienes no han leído a Beckett. sus propias palabras sobreeste tema nos parecen significativas: Si pesimismo es un juicio en el sentido de que el mal sobrepasa al bien. Beckett nunca ha entrado en ningún tipo de controversia o exégesis sobre su obra. como la brevedad de la vida. la degradación. formadopor las ideas e influido por los acontecimientos de este siglo -como se irá viendo en esta intro-ducción. University of California Press. no se mepuede acusar de pesimista ya que no tengo ni deseos ni competencia para juzgar. es comprensible dada la sorprendente multiplicidad de interpretaciones y la diversidad deteorías elaboradas sobre una obra única que rechaza en sí misma todo sistema y trata de eludircualquier tipo de clasificación. Esto no quiere decir que Beckett haya surgido de unvacúum. 1970). se queden sin recoger.Simplemente he encontrado más de lo uno que de lo otro. su obra refleja. metafóricamente. Es un escritor perfectamente enraizado en la estética de este siglo. que no es sino una metáfora de nuestro propio mundo. revolucionario de los génerosnarrativo y dramático. lasoledad.tampoco lo creía-. Beckett que las obras que todavía no se han recogido (en la citada bibliografía). pero sí hamostrado cierta preocupación por la excesiva proliferación crítica en torno a ella: ¿Cuándo dejaránde hacerme querer decir más de lo que digo? (a Raymond Federman. el profesor Hugh Kennercomentaba: Deseo tanto como el Sr. presentan susobras radican esencialmente en su originalidad formal. Beckett es un claro paradigma de la conciencia dividida del artista contemporáneo. un gran poeta. uno de sus discípulos más lúcidos. nadamás lejOs de la realidad. queBeckett no cree ser pesimista -como Thomas Bernhard. Beckett crea un mundo propio poblado de seres extraños a veces.poder disfrutar sin prejuicios de las creacionesoriginales. a este respecto. an Essay in Bibliography(Berkeley. Se ha mencionado el famoso pesimismo beckettiano. Lo beckettiano es un adjetivo que seha hecho familiar. de suradical inseguridad. la preocupación que expresa el profesor Kenner. citado en The Critical Heritage. La estética beckettiana es única e inconfundible yuno de sus rasgos fundamentales es presentar temas trágicos . desconfianza e 11 . que la crítica beckettiana actual ha dadoun giro bastante positivo. las dificultades que. la impotencia y el sufrimiento humanos. encarnados en formasradicalmente cómicas. 10). que en dilucidar oscuridades filosóficas oideológicas creadas en ocasiones por los propios críticos. a este respecto. se ha presentado a Beckett como un filósofo. epígono del existencialismo más pesimista. una aproximación abierta sin prejuicios(como lo exige cualquier obra de arte original). su experiencia vital. Los Angeles y Londres. En efecto. pág. más sobre elestilo literario y el proceso creativo de este autor. (Ca rta a Tom Bishop.1978). centrando sus estudios más sobre elcómo que sobre elqué. A raíz de la aparición de la voluminosa obra bibliográfica de Raymond Federman y John Fletcher: Samuel Beckett:His Works and His Critics. es necesario aclarar. Beckett no ha escrito ni una línea oscura en su vida. haciéndose eco de las palabras delautor. Frecuentemente. y no como un escritor. teoría o movimiento literario y por tanto exigen dellector/espectador una actitud de concentración especial. Maestro de la parodia y de la ironía y dotado con un sentido del humorcorrosivo e inimitable. en el hecho de que no se pueden clasificar niincluir con facilidad dentro de ningún sistema.

escuchamos sus voces y participamos conellos en el propio acto creativo. Berkeley. alleer sus obras nos hacemos confidentes de sus personajes. Schopenhauer. Pirandello. un Viernes Santo para la leyenda. Geulincx. Descartes. supartida de nacimiento señala el 13 de mayo y el registro oficial de Dublín. San Agustín. del surrealismo. que tan celosamente ha tratado de proteger.. incluso antes de ser famoso. a conocer y comprender mejor toda la variedad y complejidad de su arte. Pascal. Dante. Los ecos de estos y otros escritores o de diversas convenciones literarias se hallan ciertamente enla obra de Beckett. el 14 de junio. presentando la obra y señalandolos hechos biográficos más importantes en tanto estos hayan tenido alguna incidencia sobre dichaobra. Heidegger y Nietzsche entre los filósofos. aunque no haya que reconocerlos para poder disfrutar de ella. Sin embargo. iremos de un silencio a ot ro . Poseedor de una gran cultura. La vida y la obra de este autor están intrínsecamenteunidas. Kafka. Orígenes y primeras influencias Samuel Barclay Beckett nació el 13 de abril de 1906. en lo que sigue. Calderón. los presocráticos. es maestro dellenguaje para unos y destructor de la novela -o el teatro. sólo le pertenece a él. por tanto. Synge. lospadres acostumbran a dejar pasar un período indeterminado de tiempo -normalmente un 12 .insatisfacción. Vivir es inventa dice Malone. Cervantes. Yeats.. la vidaes un silencio y la obra de arte otro . del existencialismo y también como padre del post-modernismo. del noveau roman.para otros.Considerado discípulo de escritores tan diversos como Proust. Cualquierlector/espectador puede entrar en el mundo beckettiano sin mediación crítica alguna y quedarfascinado por la belleza de su lenguaje y sobrecogido por sus impresionantes imágenes escénicas.y tanto la vida como el origen de la creatividad son un misterio. Swift. Se le erige como epígono delmodernismo. Mauthner y Wittgenstein entre lo Los Días Felices Samuel Beckett lingüistas. San Agustín. Para Beckett. Se aceptaesta fecha simplemente porque él lo ha dicho siempre. paradigma de los escritoresbeckettianos. sin duda. entre los escritores. Un arte que es totalmente inteligible y totalmente inexplicable . Milton. o del teatro del absurdo. Sartre. la vida privada de Beckett. su obra estárelacionada con autores y tradiciones del pasado que han dejado en ella sus huellas indelebles. Freud y Jung entre los psicólogos. etc. Chejov. En sus obras los críticos encuentran las huellas de Pitágoras. Shakespeare. 1. Zenón.Uno de los principales atractivos de toda la escritura beckettiana es su notable cualidad oral . en Irlanda. Estaconfusión de fechas en torno a su nacimiento se aclara en cierto modo al saber que. Sterne. Joyce. Leer cronológicamente a Beckett ayuda.

era aparejador. Hold and be held. Los datos biográficos que se presentan a continuación han sido contrastados con fuentes que creemos fiables. de 1930 a 1967. Una viva imagen de estospaseos con su padre aparece en una de sus últimas novelas Worstward Ho: Hand in hand with equal plod they go. basándose en entrevistas anónimas. the back-roads .Backs turned both bowed with equal plod they go. Beckett procedede una familia protestante de la clase media. muchos de sus amigos se negaron a colaborar con Bair. aunque su lectura. es bastante poco fiable. no han hecho sino incrementar losequívocos acerca de lo que este autor llama: la leyenda pública de mi vida.como sugiere el profesor Calvin Israel. In the free hands -no. Esta imagen de padre e hijo caminando por los senderos. Hugh Kenner. que esta biografía. Hold the old holding hand. que. muy aficionado al deporte y disfrutaba dando largospaseos por el campo. ha contribuido considerablemente la biografía de Deirdre Bairque. La lectura de estas cartas es de gran interés. como su propia autora reconoce.antesde inscribir a sus hijos como ciudadanos públicos. hubiera sido una contribución más seria a los estudiosbeckettianos . Esta biografía no hubierasido posible. Oscar Wilde y William B. pues previamente a su publicación se tenían pocosdatos sobre la vida y los sentimientos íntimos de Beckett. especialmente la primera parte de tan denostado libro. los padres de Beckett tardaron dosmeses. 13 . de las montañas de Dublín. Su padre William Beckett.mes. Su madre.como Richard Ellmann. The child hand raised to reach theholding hand. pero pronto perdí la fe . el poeta irlandés Thomas McGreevy. amigo de Beckett.constituye una lectura apasionante. entre otros. Puedes decir que mi infancia fue feliz mis padres hicieron todo lo posible para hacerme feliz. acusando a laautora de hacer afir maciones poco documentadas. Martin Esslin o John Calder. cuya edición por separado. Pero a veces me sentía solo (Beckett a Lawrence Harvey. en determinados aspectos. no obstante. Yeats. comoel propio autor. en vida del autor. un retrato de un hombre que se parece más a sus personajesque a él mismo en palabras de John Calder. Free empty hands.. aunque presente un retrato de Samuel Beckett que pocos dequienes le conocen podrán reconocer. Estas dudas sobre la fechareal de su nacimiento. diríaBeckett a Harold Hobson (1916). Plod and never recede. de no haber tenido acceso a la correspondencia entreBeckett y su íntimo amigo. A fomentar esta leyenda pública . Hay que reconocer. afición que muy pronto compartiría su hijo Samuel. nosproduzca cierto malestar sabiendo los enormes esfuerzos que éste ha hecho por proteger su vidaprivada. ya que.One shade. Another shade. al parecer. era muy religiosa y leía la Bibliaa sus hijos frecuentemente. es una de las más recurrentes en sus obras. Contra ella han arremetido críticos notables.. May Roe. Me educaron casi como un cuáquero. Toda lainformación sobre estos años está bien documentada por estas cartas. 1970 Los Días Felices Samuel Beckett Como sus compatriotas George Bernard Shaw.

que le introduce en la literatura francesa. Un recuerdo penetrante deestos años es el ver desde la colinas de Dublín. en el fondo. cuatro años mayor que él. lo subtitulara una pesadilla corneilliana . y el catedrático Thomas B. la ciudad ardiendo. y está presente de un modo muy especial en sus primeras obras. Beckett ingresó en el Trinity en 923 para estudiar Filología Moderna: francés e italiano. donde comienza aestudiar francés y piano. con quien estudiaba Pirandello. No estáis satisfechos a no ser que la formaesté tan separada del contenido que podáis comprender aquélla casi sin molestarosen leer éste. pero le fascinaba más aún el experimentalismo de Pirandello.iniciándose en alemán. sin duda -junto con Descartes. p. Beckett admiraba aO Casey. si bien pocoortodoxo. gasté la máquina antesde tiempo. Con tanto saltar y correr cuandoera joven. e incluso mucho después. entre otros autores. pero estambién con Rudmose-Brown con quien hace una lectura apasionada de La Divina Comedia deDante. transmitiéndole su amor por Raciney su . donde había estudiado OscarWilde. cuando se traslada a vivir a París. Este autor es.además de académico. ingresa en el colegio Earlsfort House de Dublín. Lennox Robinson y Lady Gregory. y los vagabundos que veía por el campo en lasexcursiones que hacia con su padre. Le gustaba mucho dibujar. serían uno de sus temas favoritos. con quienestudia las obras de Descartes y Berkeley. poeta. hogar de los nacionalistas irlandeses. especialmente del Abbey Theatre. Rudmose-Brown. pero sí en casi todos los deportes. en ocasiones especiales. al estilo de las obras que escribirá el propio Beckett a partir de mediados de los 40. su tutor. En 1912. Beckett no destacó académicamente.de los más influyentes en la formación deBeckett.) Pero la mejor alabanza que Beckett hace del libro de Joyce -y que se puede aplicar. En los últimos años de esta etapa universitaria.es laperfecta unidad entre la forma y el contenido. En 1920. en Enniskillen. Este es el comentario irónico sobre sus aficiones deportivas. que luegoserían amigos suyos. un día de la semana de Pascua de1916. Rudmose-Brown ponea Beckett en contacto con los poetas ValeryLarbaud. No es pues extraño que el primer intento dramático de Beckett. Asistía a las clases de italiano del profesor Walter Starkíe. Beckett se hace asiduo de los bares y los teatros deDublín. Frague y Francis James. tal como lo relata el narrador de Horn Came Always . Irlanda del Norte. cuyas obras vería en el Los Días Felices Samuel Beckett demasiado decadentes para recibirlas. en el prestigiosocolegio Protora Royal School. un sketch satírico titulado Le Kid. Dosprofesores influirían decisivamente en su orientación académica. Aston Luce. en Stillorgan. fue el atletismo.Beckett comienza su carrera de políglota en el Kindergarten de Miss Ida Elsner.desprecio a Corneille. fue en el Trinity College institución universitaria dublinesa de gran prestigio desde sufundación en 1591. Donde Beckett sí adquirió merecida fama de alumno brillante. Samuel se reúne con su hermano Frank. 14 . especialmente encricket y rugby: Lo que me arruinó. quizá con másjusticia. donde se montabanlas obras de O Casey. L. Ya he cumplido los cuarenta y todavía lanzo la jabalina.

Contales manifiestos. Joyce quedó encantado con este trabajo y se lo recomendó a Eugéne Jolas para supublicación en la revistatransit i on. y de Adrienne Monnier. Aspiraban a una mayor libertad de expresión verbal. it isthat something itself (su obra no esacerca de algo. esesemismo algo). Colaboraban en ella muchos escritoresnorteamericanos que habían huido de su país porque. En palabras de Beckett: hiswriting is notabout something.sin duda el salón más famoso era el de Gertrude Stein. esta revista era portavoz de lascorrientes artísticas más vanguardistas. LaMaison des Amiés de Livres . que incluyera toda la rica realidad delsubconsciente y la presentara por sí misma. París era. propugnandoesencialmente una revolución lingüística radical. abrían sus puertas a los artistas. Eugéne Jolas. Pero París no era solamente Joyce. Michaud s o Les Deux Magots.. En efecto. la revistat ransi ti on y los escritores y artistas quecolaboraban en ella -entre los que figuraban Picasso y Miró. Hizo pronto buenos amigos. e irlandeses como Thomas McGreevy y Georges Reavey. Ford Madox Ford o Nathalie Barney. por tanto. sino que además funcionaban comoverdaderas bibliotecas de préstamo y en donde se podía leer.se daban cita para comer. Entre sus amigos franceses destacaba Alfred Peron.jugaron un papel importante en elnacimiento del escritor Samuel Beckett. este último era también traductor delruso.se sumaron muy pronto a esta guerra presidida por James Joyce -que publicó entransit i on varioscapítulos de Finnegans Wake. la revista consiguió pronto fama de extremista y algo snob . que no sólo vendían libros. un buen sitio para vivir unjoven -en palabras del propio Beckett. in situ . beber y escuchar las máximas de la Stein enhabitaciones prácticamente empapeladas con Picassos y Matisses. dadaístas. entreotros. sobre todo entre poetas france-ses. que jugó un papel bastantenotable en el nacimiento de Beckett como escritor. La bestia negra de todos ellos era la mentalidad burguesa. carecía de spiritual depth (profundidad espiritual). expresionistas. También eran puntos favoritos deencuentro las librerías de Sylvia Beach. Su director. donde Hemingway. y quizá tuviera algode ambas cosas. Fouquet s. etc. especialmente en el campo de la literatura. Compromisos que habían 15 . planteaba una batalla abierta contra el materialismo plutocrático y contra los filisteos que habían logrado industrializar el arte y lacivilización privándoles a ambas de emoción genuina y reduciéndoles a un realismo estancado yfotográfico . pero de lo que no cabe duda es de que la revolución. sin mediaciones ni compromisos con la realidadexterna. como se ha señalado anteriormente. Surrealistas. Shakespeare and Company . Jolas afirmaba que el artista tenía que ser un enemigo encarnizado de estos filisteos ydebería crear un arte nuevo que ayudara a destruir la ideología de una civilización podrida . Salones privados. especialmente lingüística. Era la ciudad de los paseos por los grandes bulevares y lasinterminables tazas de café en La Closerie des Lilas. Entre los anglófonos. su didactismo vulgar y su trasnochadaretórica. como el de StellaBowen. Publicada en inglés. quepropugnaba contó desde sus inicios con muchos adeptos. a quien había conocido como lector defrancés en el Trinity College y cuya amistad iba a tener un final trágico como luego veremos.locales favoritos entre la multitud de artistas expatriados que esperaban conseguir la fama en estafascinante ciudad. Fitzgerald y Pound-entre otros muchos. según ellos.y por los escritores americanos Hart Crane y Gertrude Stein.en Work in Progress . una gran variedad de revistasliterarias entre las que sobresalía por su influencia y prestigiot ransi ti on. donde proliferaban las tertulias literarias.

por ejemplo. sin duda. En esta misma revista. Leon-Paul Fargue y August Stramm. típico delestilo erudito de sus primeras obras. Estos autores habían utilizado fenómenos del subconsciente como motivación de unospersonajes que estaban anclados. juegos depalabras ( puns ). a un sentido faccioso de la armonía y a la esterilizaciónde la mentalidad creativa . en la realidad externa. RichardAldington. Nancy Cunard. Los maestros eran: GertrudeStein. su propio lenguaje.con un lenguaje excesivamente alusivo. Whoroscope está escrito en un tono paradójico. El poema de Beckett. Whoroscope . Virginia Woolf. e incluso Joyce en sus primeras obras y partedelUl ys s es.y el dualismo cartesiano -el abismo entre la mente y el cuerpo. sobre poder lograrmediante la creación artística experiencias transcendentales . Hart Crane. 16 .adquirido antes escritores modernistas como D. escrito la noche anterior a la fecha limite del plazo. enel mismo número que apareció por primera vez su ensayo Dante. Lawrence. Beckett había estudiado con admiración a este filósofo en el Trinity. porque conducía inevitablemente auna conformidad reaccionaria y decorativa. En su primer texto narrativo Assumption -publicado ent ransi ti on. tienea Descartes como protagonista.. Para Jolas y sus epígonos habíaque devolver a la palabra su magia original y para esto era necesario partir de una desintegración de la palabra. 1929 -. Beckett publica también Sedendo et Quiescendo y varios poemas que luego incluirá en la colección Echo s Bones a la quenos referiremos más adelante.Quizá lo más importante de este premio fue que uno de los miembros del jurado.Eugene O Neill. Respecto aotras ideas contenidas en el manifiesto. Eliot.está presente en toda su obra. Joyce . guías para el joven Beckett. por lo que todo escritor tiene derecho a manipular éste según su gusto y haciendo caso omiso de las leyes sintácticas ygramaticales. tal como lo afirmaban losverticalistas. se interesó por el autor del poema y le encargó un trabajo sobre la obra de ProustEn busca del tiempo perdido. lleno de alusiones recónditas. que en 1932 firmabael manifiesto Poetry is Vertical (La Poesía es Vertical). puede crear sus propias palabras. Beckett. era bastante escéptico. H. André Breton. refranes. una especie de declaración de principiosque apostaba por la primacía de la visión poética y la hegemonía de la vida interna sobre laexterna . Beckett obtiene su primer premio literario. Katherine Mansfield. y plagado de detalles insignificantes sobre la vida y obra de Descartes. parodia la búsqueda de esa experiencia metafísica que tanardientemente perseguían Hart Crane y Jolas. El lenguaje es un flujo constante. con un poema. Beckett compartía con los verticalistas las ideas respecto a lahegemonía de la vida interior sobre la exterior y su método de profundización en la búsquedaartística que luego reflejaría admirablemente en las páginas de su ensayo sobre Proust. Vico. Beckett dedicó el verano de 1930 a leer dos veces los 16 volúmenes de esta obra. rechazando el ideal clásico de Hulme y T. Bruno. otra delas mujeres influyentes en el mundo literario parisino -ya hemos mencionado a Sylvia Beach yAdrienne Monnier organizó un concurso poético para obras originales que tuvieran como temacentral el tiempo . James Joyce. Los citados maestros fueron también. claramente. S. cuando era un joven pedante en palabras del propio Beckett.. en la abominable edición de la Nouvelle Revue Française y se quedó fascinado por el lenguaje y estilo proustianos. Louis Aragon.. 16/17. nunca estático.

Beckett todavía admira a este último filósofo. El ensayo sobre la obra de Proust presenta una especie de credo artístico . que no comparte en sutotalidad el autor irlandés. Regreso a Dublín: Trinity College Beckett alargó su estancia en París todo lo que pudo y el ensayo sobre Proust fue una buena excusa. denuevo con Rudmose-Brown. Winnie. los novelistas del XIX. Poseen también el rasgo común de arroparse en hábitos y rutinasinsignificantes. Balzac. Una desus alumnas describe su actitud en clase: Solía mirar por la ventana durante algunos minutos y luego lanzaba. Otra fue la traducción del episodio Anna Livia Plurabelle . las huellas de Geulincx y Schopenhauer se vislumbran claramente ensus obras. a quien conoce gracias a su amigo Tom McGreevy: ¡pensar que te debo a ti conocer a Jack Yeats y a Joyce! le escribirá Beckett agradecido en una desus cartas. más importante de estos años en Dublín es su amistad conel pintor Jack B. 1968). 3. Enseña literatura francesa. prefiriendo el aburrimiento de vivir al sufrimiento de existir . cuando por fin encuentre su propia voz. en el campo estilístico.después ya casi nunca volverá a leer filosofía: Peu doné pour la philosophie (Beckett a LudovicJanvier. Flaubert y Stendhal. Beckett no comparte.Tampoco cree que la expresión artística tenga que ser necesariamente un éxito -un logro-. que estaba enamorada de él. ya que el tiempo humano es despiadadamente limitado. Las relaciones entre Joyce y Beckett se enfriaron sólo en unaocasión. Después de la intensa vida intelectual y bohemia parisina. son sus propias palabras Quizá el hecho que Beckett considera. para no pensar y protegerse así de los aspectos más dolorosos de la vida. Pronto se dio cuenta de que el trabajo académico legustaba muy poco. sin embargo.que las visitas a su casa eran principalmente para ver a su padre . Yeats. en el mismo centro de su obra -aunque esto será años mástarde. hermano del poeta. Lainfluencia de Proust será igualmente importante. especialmente. Los protagonistas deBeckett. la idea proustiana de que el Arte nosredime del efecto destructor del tiempo. cuando éste confesó con su habitual honestidad a Lucía Joyce. a su ávida audiencia. son sobre todo víctimas de ese monstruo de dos cabezas de salvacióny condenación : el Tiempo. donde comienza a trabajar como profesor ayudante de francés. de Finnegans Wake. piensaque la expresión artística es casi siempre un fracaso y elige este arte del fracaso emplazando a laignorancia y a la impotencia humanas. Esto provocó una aguda crisis enlos frágiles nervios de Lucía. Samuel Beckett vuelve a Dublín y se encierra en el Trinity College.Joyce tuvo una influencia principalmente moral sobre Beckett. al francés junto con su amigo Alfred Peron. como mentor. es un perfecto paradigma a este respecto. la protagonista de la obra objeto de estevolumen. Fedra yBéreni ce.pero se concentra especialmente en los dramas de Racine: Andrómaca. Durante estos cursos en Dublín lee laÉti ca de Geulincx y las obras de Kant y Schopenhauer. una frase perfectamente construida. no su intelecto . por ejemplo. y Joyce sugirió a Beckett que no volviera por su casa -su amistadvolvería a reanudarse algunos años más tarde cuando Beckett se estableció definitivamente en París. como los de Proust. le enseñó lo que era la integridad artística y le recomendó que escribiera lo que le dictara su sangre. por lo bien que escribe: how fine hiswri ti ng is . 17 .

se marcha alContinente y dimite. que tienen también como protagonista a un personaje indolente llamado Belacqua. y Beckett admiraba su originalidad y. escribe Beckett a un amigo alemán. Beckett . París y Dublín. Beckett añora París donde se sentía mas motivado creativamente y máslibre intelectualmente. Crevel. El origen de un estilo único Aunque Dublín no estimulaba su creatividad. el paisaje dublinés y las voces de susgentes poblarán las obras de Beckett y. se dedica a la traducción. bastantes años mayor que Beckett. sin embargo. Narrada en primera persona por un tal Mr. La novela no tiene unidad formal y está plagada de alusioneseruditas. neologismos y extranjerismos que muestran los gustos cosmopolitas del joven Beckett. un homenaje no menos apasionado en el que afirma: El artista que pone su ser en juego no es deninguna parte. en 1932. Esta es una obra fantásticamentecómica. Dream of Fair to Middling Women. al ser pronunciadas por uno de los estudiantes más brillantes que han salido del Trinity. la teocracia y.especialmente de poesía surrealista: Eluard. Syra-Cusa y Alba. una influenciaprincipalmente moral. demodo especial. Beckettno se ha considerado nunca un escritor exiliado: Simplemente me largué de allí (Beckett a SeanO Mórdha. director de Silence to Silence). ejerció en él. entre otras cosas. 4. especialmente. En 1939 escribe. Sugran cultura y erudición se filtrarán con frecuencia en sus primeras obras e irán fragmentándose ydiluyéndose en sus textos posteriores. no podía soportar enseñar a otros lo que él mismo no sabía . palabras que no dejan de tener ciertaironía. En 1932 se porta muy mal . la censura existente sobre todas las artes. no tiene parientes -cita con la que se inicia esta introducción ya que pensamos queBeckett es también esa clase de artista. Tiene que regresar repentinamente aDublín. Breton. Su hermano Frank se hace cargo de los negociosfamiliares y Samuel recibe una pequeña renta de unas doscientas libras al año. Smeraldina-Rima. a larga distancia . ya que. Comienzan a agobiarle la hipocresía social dublinesa. cuenta las relaciones amorosas del Los Días Felices Samuel Beckett protagonista Belacqua con una serie de mujeres. en el Dublin Magazine. Yeats se inspiraba en las gentes sencillas y en los paisajes del oeste deIrlanda para sus obras. Beckett 18 . y en distintasciudades: Viena. De nuevo en París. tras el asesinato del presidente Paul Doumer. de un modo especial. al no tener sus papeles en regla. En 1954 escribirá. The Amaranthers. la total entrega a suarte. de su cargo en el Trinity College. encuentra la paz e inspiración necesarias y comienza a escribir su primeranovela. para una exposición de este pintor en París.Jack Yeats. como Joyce. en estos primeros años en París. Como medio de subsistencia.Los mejores episodios de esta obra están incluidos en su primera colección de cuentos More Pricks Than Kicks (1934). En junio de 1933 muere su padre: qué voy a hacer yo ahora sino seguir sus huellas por campos ysenderos . que nunca publicará. Sin ideas muy clarassobre su futuro. su primera y última narrativa. una crítica elogiosa y apasionada de la novela de JackYeats. A pesar de sus amigos.

por el contrario. Beckett se distancia irónicamente de su protagonista y no se lo toma en serio. en la colección titulada Echo s Bones -publicados en París por Europa Press en 1935. Uno de los hechos que más impresionarían a Beckett durante su estancia en Londres fue escucharal eminente psiquiatra Carl Jung. o religión . alfinal de la obra de Joyce.Los poemas presentan una consciente y progresiva disolución de imágenes y los personajescorpóreos se van transformando en voces. nunca volverá a vivir en Irlanda. Decide abandonar su primera novela y escribir unacolección de relatos cortos sobre un joven estudiante perezoso de costumbres fijas. 247). 1964). es la otra cara del Retrato del artista adolescente joyceano..decide ir a vivir a Londres en otoño de este mismo año. Beckettmuestra en ellos una fe joyceana en la palabra. En 1934 publica More Pricks than Kicks (Más aguijones que patadas). Belacqua. bebe abundantemente. es un dilettante que vaga. En Londres pasa tres años malos financiera y psicológicamente (Beckett a John Fletcher. generalmente. haciéndose continuas preguntas que ni siquieraintenta responder: A [Belacqua] no le preocupaban. donde se consideran los cuentos obscenos y blasfemos. patria. Belacqua es un artista indeciso y perezoso. excepto en Irlanda. aunque visitará a su madre frecuentemente hasta la muerte deésta en 1950. La persona poética se va revelando fragmentariamenteen diversas etapas. Stephen expone con entusiasmo y seriedad su ideario artístico al final del Retrato -Joyce se toma a su protagonista en serio. exilio y astucia (The Portrait of the Artist as a Young Man. Decide no ser esclavode las cosas en las que ya no cree: hogar. pág. A partir de esteaño. y ciertamente estos relatos muestran la diferencia de los orígenes artísticos de ambos escritores. Acompañado de un amigo 19 .Estos poemas son típicos del estilo hermético y erudito característico de sus primeras obras. a quien Beckett visitaba con frecuencia y con quienhabía estado muy unido emocionalmente. el polo opuesto de Stephen Dedalus. Llegó incluso a atreverse a proponer una pequeña paradoja de su propiacosecha y se aventuraba a decir que entre los contrarios no era posible alternativaalguna. está seguro del camino a seguir y de cómo seguirlo. y se propone expresarse. pág. 171]. usando en su defensa las únicasarmas que se permite utilizar: silencio. El tono que el narrador adopta es más satírico que el delDream y comienza avislumbrarse el humor negro y la característica ironía verbal beckettiana. desde su nacimiento hasta una especie de estado post mortem . ¿Tenían que ser risas o lagrimas? Al final ambas cosas son lo mismo. ¿peroy ahora? [More Pricks than Kicks. de un lado a otro sin rumbo fijo. contra el imagismo preconizado por Pound y Eliot. lee tenazmente y lleva a sus amigas a dar largos paseos alcampo . Comienza a escribir su novela Murphy y algunos poemas que más tarderecopilará. Se ha dicho queMore Pricks than Kicks. tanlibremente como le sea posible. que: comemeticulosamente.indolentemente. Su protagonistaes un ser narcisista que deambula entre Dublín. las alternativas en blanco ynegro. en alguna forma de vida o arte . Londres y París como el propio Beckett en esto ños. decidido y con voluntad firme.prohibiéndose su venta.Muere en Alemania su prima Peggy Sinclair. Stephen Dedalus. que recibe críticas bastantefavorables..

El famoso psiquiatra dio la asombrosa explicación de que el problema de lajoven era que no vivía. No hace falta haber leído a Descartes paradisfrutar de esta cómica novela llena de incidentes disparatados provocados por la conductasurrealista de Murphy. muestracitas anotadas de las lecturas de Beckett en los años 30. en elDublin 20 . Beckett viaja continu amente por varias ciudades alemanas sus favoritas. están ya presentes enMurphy. un omnisciente narrador. filósofos. que ama a Celia. EnMurphy. etc. como en la alusión Amorintellectualis quo Murphy se ipsum amat -frase tomada de laÉt ica de Spinoza. Cascando .Munich. Elprotagonista se halla dividido entre los anhelos de su mente de aislarse totalmente del mundoexterior. escritores. que luego desarrollará en sus obrasposteriores.Beckett alude a esta conferencia en varias obras.. El cáustico sentido del humor y la penetrante ironía.y a París. Schopenhauer. Estas conferencias y sus frecuentes visitas al Bethlehem Royal Hospital.abundando en alusiones eruditas aunque con deliberado tono irónico. asistió a unas conferenciassobre enfermedades mentales que Jung pronunció en la Tavistock Clinic. Effie Briest que evocará Krapp en La última cinta. Berlín y Dresde. En 1936 regresa esporádicamente a Dublín -publica un poema. para mostrar la incapacidad de cualquier sistema para explicar larealidad humana de un modo coherente y plenamente satisfactorio. como la teoría de la relatividad y cálculos matemáticos. en Kent.enfermedad alguna. entre otras cosas.médico. Cervantes (Don Quijote). Beckett recuerdaespecialmente de sus lecturas de esta época los magníficos poemas de Hölderlin y la novela deFontane. EnMurphy se parodia especialmente la problemática relación entre el cuerpo y la mente. En esta novela. no como filósofo. aparentemente. encabezada por Neary. Existía pero realmente no vivía y por eso no había podido ayudarla. Beckett reconoce a Murphy como el primero de una serie de protagonistas que él llama sugente . en la que el filósofose refiere al amor mediante el cual Dios se ama a si mismo. Londres y Dublín. Pascal. o hallar una forma que acomode el caos. el protagonista sustítuye ala Divinidad. El caso que más leimpresi onó fue el de una joven paciente de Jung que había muerto sin tener.sino que además hace continuos comentarios sobre pintores. Este episodio le gustó tanto a Joyce que un día sorprendió a Beckett recitándolo dememoria. Una donación reciente de un libro de notasdel autor a la Fundación Internacional Beckett. no sólo cuenta la historia de Murphy y de unapandilla de seres grotescos que. parodiándolas aveces y fragmentándolas otras. el hospital psiquiátrico donde trabajaba su amigo le proporcionaran sustancia temática y serán el germen de su novelaMurphy. Beckett utiliza las ideas filosóficas como poeta. con sede en la Universidad de Reading. especialmente en All that Fall (Todos los que caen)y Footfalls (Pasos). psiquiatras. Chejov. es la tarea delartista contemporáneo . dispone en su testamento que sus cenizas seanarrojadas en los servicios del Teatro Abbey de Dublín preferentemente durante algunarepresentación . y los deseos de su cuerpo. Entre 1934 y 1937. No sólo aparecen filósofos y escritorescomo Kant. sino también citasde lecturas científicas. etc.. en sus propias palabras: no veorastro de sistema alguno por ningún sitio . llegan a Dublín con objeto de recuperarle. quien. Pope.

Poco a poco la gran cultura y erudición beckettianas irán difuminándose en sus obras. Beckett parece dudar acerca del camino que debe seguir. Como dice la profesora Cohn. el dilema humano entre el deseo y la imposibilidad de conocer: El hombre es por definición una criatura desposeída. preguntas retóricas sin retóricaindependientemente del papel que la realidad social le haya obligado a jugar. Continúa su exploración estética enI ntercessi ons. Reanuda su amistad con Joyce y entabla nuevas amistades con artistasplásticos: los pintores Geer y Bram Van Velde y el escultor Giacometti. Trabaja con su amigo Alfred Peron en la traducción deMurphy al francés. Gertrude Stein. continúaBeckett. La admiración de Beckettpor Bram Van Velde quedaría plasmada en el tercero de sus diálogos con Georges Duthuit. De 1937 a 1942.a literature of the un-word . esta carta es una especiede declaración de la creación a través de la destrucción . y de la imposibilidad de hacerlo. podría ser una guía adecuada. 21 . una vez más. Sólo entonces comencé aescribir las cosas que sentía . Beckettbosqueja ya una especie de credo artístico nuevo que. Es en este diálogo donde Becketthabla de la fidelidad al fracaso como la motivación de Bram: ser artista es fracasar como nadiese atreve a fracasar. Thrale. donde vivirá hasta 1961. En una carta de esta época a su amigo alemán Axel Kaun. Murphy yel resto nacieron el día en que me di cuenta de mi propia ignorancia. y añade que esta idelidad al fracaso establece una ocasión y relación nuevas [con el objeto artístico] . Escribe críticasde libros para ganar algún dinero. a perseguireternamente una meta en continua recesión. surge la obra de arte que no es sinouna oscilación angustiosa entre alternativas penosamente inadecuadas. en élambos analizan la relación entre el artista y el objeto de su arte. Consideraal lenguaje como un velo que ha de rasgarse para poder acceder a las cosas -o a la nada. con la apoteosis de la palabra joyceano. También expresa susdeseos de pecar contra su propia lengua . excepto el periodo de la guerra. Les Deux Besoins. En otro ensayo de esta época escrito en francés. más tarde. Beckett expone. y siguiendoel consejo de Joyce comenzará a escribir dictado por su sangre . el fracaso es su mundo y el huir de él traicionarse . crítica de los poemas de Dennis Devlin. pero está enamorada de su vehículo . Beckettinsiste de nuevo en que el arte es la expresión de una necesidad a través de un camino de dudas einterrogaciones: El arte ha sido siempre esto -pura interrogación. plasmaría en sus obras.Magazine. De la tensión entre la necesidad artística de expresar y el nada que expresar surge laobra de arte -idea que Beckett mantiene. y que el artista obligado a crear hace un acto expresivo de sí mismo de su propia imposibilidad de su propiaobligación . Desea encontrar una clase de silencio que agujeree el lenguaje y contrapone estaliteratura todavía no escrita .ocultastras él . De esta necesidad de conocer de unavez por todas. Expresasus deseos de crear una literatura liberada de la palabra . Se instala en el núm. 6 de la Rue des Favorites. En el otoño de 1937 vuelve a París. que abandonará sinconcluir. Comienza a escribir unaobra de teatro sobre las relaciones entre Samuel Johnson y Mrs. condenada. no por su intelecto .

Beckett se une a un grupo de laResistencia y se ocupa de traducir información sobre los movimientos de las tropas alemanas. Cuandopaseaba con unos amigos por las calles de París. La guerra le hace salir de la apatía y letargo de estos años según sus propias palabras y en espe-cial los crímenes nazis cometidos contra muchos de sus amigos. Watt.la Merdecluse en Esperando a Godot. e ilustra los esfuerzos que Watt hace por explicar todo lo que allísucede. Watt. En su libro Out of this Century. que le llamaba Oblomov como el héroe de la novela de Goncharov por su indolencia. Prière faire necessaire pour corriger l erreur. le describecomo: un escritor frustrado. con quien vive desde entonces aunque no se casaronhasta 1961. En 1939 estalla la guerra cuando visitaba a su madre en Dublín. coleccionista de arteamericana. la novela transcurre en Irlanda. Beckett visita a su agresor en la cárcel y le pregunta el por quéde su ataque: Je ne sais pas monsieur . A su regreso a París en 1942 es cuando se une a la Resistencia. frase que años más tarde repetirá elmensajero de Godot. Beckett y Suzanne nofueron detenidos por los nazis gracias a un telegrama de la señora de Alfred Peron: Alfred arrètépar Gestapo. por las noches: para olvidar la guerra y la ocupación -quizá también por esto. Joyce y Valery Larbaud le ayudaron a cobrar un cheque irlandés que le permitióir a Toulouse. un intelectual puro . pianista de profesión. Un extraño incidente sucedió en 1938. Su último encuentro con Beckett había tenido lugar el añoanterior en Vichy.Guggenheim contaría más tarde que Beckett en esta época era impredecible e indeciso acerca decasi todo. esto es. Knott.En todas sus exploraciones estéticas de estos años Beckett insiste en que este arte de dudas einterrogaciones es quizá la única vía para conocerse a sí mismo.mecanografiaba la información y la preparaba para ser microfilmada. En esta época Beckett tenía un affair con Peggy Guggenheim. le contesta éste. Sólo treinta de los ochentamiembros de su grupo sobrevivieron la guerra. Joyce le visita en el hospital y escribe luego a su hijo: Beckett se ha salvado demilagro. y éste es el tipo de arte al que él sededicará. 1956. del racional protagonista. y esto para ella era uno de sus atractivos. Beckett vuelve a París inmediatamente: Prefería Francia en guerra que Irlanda en paz. a la casa totalmente irracional de Mr. fue apuñalado por un extraño y estuvo a punto deperder la vida. Allí Beckett trabaja como agricultor de día y escribe su novela más cómica. En 1941 muere Joyce en Zurich. Corrigieron el error obteniendodocumentación falsa y huyendo al sur de Francia a la Vauclus e . cuenta la historia de un viaje de ida y vuelta. La gratuidad de los actos humanos es un tema recurrente en su obra. (Beckett a Israel Shenker. Conocemos con todo detalle la increíble ygrotesca historia de la familia 22 . Watt. También irá a verle al hospital una antigua amiga de L École Normal Supérieur. Se enumeran exhaustivamente todas lasposibilidades lógicas de los problemas más triviales. SuzanneDeschevaux-Dumesnil. que impresionaría profundamente a Beckett. Poco después de salir del hospital. por razonar sobre lo irrazonable.

ese fue el orden en que Watt contó suhistoria . hasta que las palabras se acaben. quien. Beckett interrumpecon frecuencia la narración principal para intercalar otras narraciones secundarias. seguirán existiendo hasta que notengan nada más que contar. sino que complementan y conforman la estructura narrativa final dela obra. pero el lectorpaciente tendrá la recompensa de disfrutar de la devastadora ironía beckettiana y de la musicalidadde su lenguaje. uno de los episodios más cómicos de toda la novela. convirtiéndolasen un simple susurro al predominar los sonidos fricativos. ciertos paralelismos con la novela picaresca. el narrador entra en la propianovela como un personaje más. cambia también de lengua. Como Cervantes. el sonido predominante sería. La tensión lingüística a que Beckett está sometido en esta época se evidencia en el manuscrito de Watt. nosconfiesa que está en un hospital psiquiátrico. citaremos el famoso párrafo sobre la tierra: My earth and my father s and my mother s and my father s father s and my mother s mother s and my fathers mother s and my mother s father s and my father s mother s father s and my mother s father s mother s Y así se siguen permutando las palabras padre y madre durante once líneas más. le ha contado su vida: Dos. Hay también. Beckett 23 . Su narrador. o los problemas del Sr.Lynch. de un modomuy singular. Como ejemplo demusicalidad y de vaciado del contenido semántico de las palabras hasta convertirlas en merossonidos. obviamente. sin duda. Una vez más. cuatro. y es allí donde ha conocido a Watt. y hace toda clase de comentarios sobre ella. Las influencias de Cervantes. pero estas no sonmeras interrupciones gratuitas. y por mucho que deseen acabar sus historias . especialmente en elhecho de que los héroes beckettianos hacen -como los pícaros . En traducciónal castellano. dificultan sin duda la lectura de esta novela. que está lleno de anotaciones marginales en francés. en la Vaucluse donde decide cambiar el estilo elusivo y erudito de susprimeras obras y para facilitar esta tarea. especialmente las eses . 5. el percusivo. tres. Encuentradificultades para regresar a Francia y se apunta como voluntario en la Cruz Roja irlandesa paratrabajar como intérprete en el hospital irlandés de SaintLô. las innumerables enumeraciones y el vaciar las palabras de sentidohasta convertirlas en un simple sonido. Su autor dice que esta novela está escrita en franglais . Por ejemplo. se mencionan a menudo tras el estilo narrativo de lasnovelas de Beckett -especialmente las de los años40. paradigmáticos de la prosa poética de sus obras posteriores. La voz de Beckett. quizá. ciudad totalmentedevastada por la guerra. Beckett tenía que hacerse pasar por un campesino francés para no ser delatado porlos espías nazis. Sterne y Swift.todo lo posible para sobrevivir acualquier precio.insistiendo continuamente en la ficción de todo lo narrado. Sam. La locura de la guerra y la ocupación impregnan las páginas deWat t. uno. en Normandía. Louit para redactar su tesis sobre los visicelts . al predominar la repetición delas consonantes: p y r . o la irrealidad de lo real Al finalizar la guerra en 1941. Beckett viaja a Irlanda para visitar a su familia. El desorden de los capítulos. Su lengua materna comenzó aparecerle extraña y es. o sus protagonistas. y acabó hablando y pensando en francés únicamente.

ou: le monde et le pantalón -primer ensayo crítico en francés. En marzo comienza L innomable y endiciembre publica. A finales de enero de 1950finalizaL i nnomabl e.que termina en mayo de 1948. (A Ludovic Janvier. en su ensayo sobre Proust. Comienza aquí el periodo que a menudo se ha denominado sitio en la habitación ( thesiege in the room ). han sidovariadas: Parce qu en français c est plus facile d écrire sans style (Porque en francés es más fácilescribir sin estilo) (Beckett a Gessner.C était le vrai mobile (Me puse a escribir en francés. Publica tres poemas entransition (junio de 1948). Las razones que el propio Beckett ha dado. Este periodo de escritura en francés. entransit i on. Ese fue el verdadero motivo). que finalizará en enero de 1949. hoy en día. Si Beckett hubiese continuado escribiendo en inglés. A Richard Coe le diría. Entre julio ydiciembre de 1946 escribe Mercier et Camier. que aparece en Cahiers d Art. en la prosa notable de sus primeros años. una de las voces más originales y uno de los autores más revolucionarios delpresente siglo. Escribe la primera versión de La fin . Beckett encuentra suvoz original en el momento en que se da cuenta de su impotencia y de su ignorancia: Joyce.abandona la seguridad personal y se encuentrarodeado por el sufrimiento humano y la muerte.que no-puede. a su primigeniamendicidad. En1947 escribeEl eut héri a (pieza teatral inédita). más podía. L expulsé . publica una colección de doce poemas Poèmes 38-39 . en 1964. con el deseo de empobrecermeaún más. Un autor que ha ampliado los límites de lo real . cualquiera que presteatención a su propia experiencia se da cuenta de que es la de alguien que no-sabe. Como artista. que con el titulo de Suite aparece en la revista de Jean Paul Sartre Les Temps Modernes. en esta misma revista. e iluminado los aspectos másrecónditos de la existencia humana. Este estado de sitio será el periodo más fructífero de su vida creativa.Aquí termina este período de creatividad febril totalmente en francés. Beckett. citaré en sucesiónlas obras escritas entre 1941 y 1910: La Peinture des Van Velde. convierte a Beckett enun escritor genial. 1957). Al escribir en francés tenía que someterse a la disciplina de las palabras. (julio de 1946). sobre su cambio de lengua. Creo que. Premier amour y Le calmant . los Tres diálogos con Duthuit . sorprendentemente. En otra ocasión afirmó: Je me remis à écrire en français avec le desir de m appauvrir encore davantage. comparaba elestilo a un pañuelo alrededor de un cáncer de garganta . encuentra su antiguo apartamentodisponible. No creo que la impotenciase haya explotado en el pasado Mi pequeña exploración es sobre esa zona quesiempre ha sido dejada a un lado por los artistas como algo inservible como algo pordefinición incompatible con el arte. 1968. cuanto más sabia. Meses mástarde. tiende hacia la omnisciencia yla omnipotencia. regresa a París y. Paradójicamente. A finales de 1945.) 24 . y empieza aescribir En attendant Godot. como señalamos antes. que le deja en una situación de impasse : il m ait mis dans les sales draps . Para queel lector se haga una idea de lo extraordinariamente productivo de este encierro. que teníamiedo de la lengua inglesa: because you couldn t help writing poetry in it (porque en ella nopuedes evitar escribir poesía).Mol l oy y al final de año comienza Malone meurt. únicaobra en inglés escrita en estos años. Yo trabajo con impotencia e ignorancia.hubiera sido sin duda un buen escritor. El poema Saint-Lô (1946).

Me da dinero y se lleva las cuartillas. o historias. en todo caso en algún ve hículo. quizá. en undía de tormenta. tanto dinero. En una ambulancia quizá. antes de Beckett. Puede ser. Niega y afirma todo al mismotiempo. La escritura se convierte en narración. que viven en las palabras y por las palabras: las palabras hansido mis únicos amores. o el verdadero origen de suvisión artística. no se originó del modo tanromántico como se suele presentar. no muchas .Solo no hubiera llegado nunca. que se decidiera a seguir el consejo deVico: Todo aquel que quiera brillar como poeta tiene que des -aprender su lengua nativa y volver a la mendicidad prístina de las palabras. sino quien permite que el lenguajehable en él subrayado mío.personajes que se crean hablando. El patrón narrativo de estas novelas es un viaje de ida y vuelta. sino presentar ese mismo algo. 25 . Por fin Beckett encuentra su propio estilo de narrar.Cervantes al Joyce delUli ses. tanto dinero. que él tanto temía. La historia. el lenguaje en una voz. Chaucer. Esta visión artística. lo cierto es que Beckett ha creado un estilo único. de una sencillez asombrosa. nos dice el autor en De una obra abandonada. No sé cómollegué aquí. pero utilizando un caminototalmente opuesto: el de la simplificación. Esta cita de las primeras líneas deMoll oy puede ser un buen ejemplo del estilo oral beckettiano. Molloy hace constantes hipótesis y se interroga acerca de sí mismo -y acerca de su situaciónaunque no siempre es capaz de responder a sus propias preguntas. compuesto de frases exentas de toda retórica y erudición. que hacemos nuestras.al que se acaba de aludir.De éstas y otras citas similares se desprende que Beckett quería abandonar el exhibicionismolingüístico de sus años jóvenes y escribir en una lengua que. Boccaccio. En unas pocas frases. Su estilo es esencialmente oral.transparente y cortante. Beckett parece ser que tuvo una especie de epifania y se dio cuenta de que la oscuridad . se crea no sóloMoll oy. no acerca dealgo. su mejor fuente de inspiración episodio que estáhecho ficción en La última cinta. o una búsqueda siguiendo la mejor tradición de la literatura oral : Homero. también. sobre este terreno de arenas movedizas.Cada personaje es uno y a la vez múltiple. con un lenguaje musical. Me ayudaron.presentara la esencia de su visión poética. Hay un hombre que viene todas las semanas. quizá. Sus héroes son a la vez sujeto y objeto de sus relatos: Estoy en la habitación de mi madre. Molloy nos describe susituación. sus protagonistas son voces que nos hablan. pero estas negaciones y afirmaciones se niegan inmediatamente o más tarde o mástemprano . Cualesquiera que fueren las razones reales de su cambio de lengua. forman una identidad. podía ser. desprendida de todo artificio. que nos cuentan ycómo nos lascuentan. Soy yo quien vive aquí ahora. y utilizando unlenguaje de una abrumadora belleza -en palabras de Jerôme Lindon. Tantascuartillas. Aún reconociendo que Beckett como gran escritor nació en los años de la postguerra en Francia. Él no lo niega. sino tambiénMal one muerey El innombrable. Quizállegué aquí gracias a él. como Joyce en Finnegan s Wake. la depuración y la destrucción . su indigencia y su profesión de escritor: tantas cuartillas. Como diceNovalis: No es escritor quien usa el lenguaje. Paseando por un muelle en Dublín a mediados de los 40. de la narrativaconvencional hasta límites que nos hubieran parecido imposibles. A lo largo de surelato.

Malone muere y El innombrable. al indolente Belacqua-. creemos que la razón construye sobre irracionalidades. sabia que no iban a ser un éxito -aunque. Roger Blin jugaría un papel igualmente importante en el nacimiento del dramaturgo. que lo que sentía eraque la publicación deMolloy causaría nuestra bancarrota . De 1950 a 1955...Lindon nos cuenta que un día encontró sobre su mesa los tres manuscritos de La Trilogía y ese díasupo que iba a ser un verdadero editor . estéticos. el 5 de enero de 1953 en París. Suzanne. desde elpunto de vista comercial. La sensibilidad y el buendiscernimiento artístico de Lindon. Murphy muere accidentalmente cuando casi lo había conseguido. Entre ellosuna Antología de poesía mejicana.. los personajes de Beckett viven exiliados enun mundo irracional. sociales. Lindon envió los contratos a Beckett para que los firmara. LeíMo llo y en unas horas como no habíaleído nunca un libro antes. de la coherencia de su mundo cerrado y autorreferencial.Beckett vuelve a hacer trabajos de traducción. no sabiendo cómo salir del impasse en que le había dejado El innombrable.Moll oy es hoyuno de los libros más vendidos de Minuit. todos pretendenescapar.. recorre un sin fin de editoriales con los manuscritos deLa Trilogía. Soy yo quien vive aquí ahora. mostrándonos lo real de la irrealidad . En noviembre de este mismo año firma un contrato conJerôme Lindon de Les Éditions de Minuit para publicar Molloy. laabrumadora belleza del texto me invadió. Sin embargo. para comer -como todavía él recuerda. estas novelas no rompentotalmente con el mundo exterior. son dignos de todo elogio al aceptar unas obras que. La historia es bien conocida. Este apareció undía en las oficinas de Minuit con los contratos firmados y muy triste . que yo como editor no tenía nada que ver con ella: era un manuscrito publicado y. Comienza a traducir al ingléssus propias obras. A partir de La Fin . Cabe recordar aquílas palabras de Unamuno: Lo real. En 1949. Su mujer. No era una novela que había sido publicada por uno demis colegas. rechazado por varios editores. Knott. En agosto de 1950 muere su madre. pero creemos importante destacar las razones que impulsaron a Beckett a enviar los manuscritos de sus dos primeras piezas teatrales a Blin. A través de Suzanne. en el Teatro de Babilonia. totalmente ficticio. éticos. religiosos. A todos sus personajes -incluimos aquí al primero de ellos. una obra maestra sagrada. Blin dirigió La sonata de 26 . de la que de un modo u otro. etc.. Esperando a Godoty Eleuthéria. Desde la primera línea: Estoy en la habitación de mi madre. Sí Jerôme Lindon jugó un papel crucial en el descubrimiento de Beckett como novelista. lo realmente real. y Watt estaba a punto delograrlo en casa de Mr.les une una insatisfacción con la realidad externa.hoy nadie duda de la continuidad de su obra. No podía creerlo. por mucho que enMurphy yWatt se parodien yridiculicen todos los sistemas. en colaboración con Octavio Paz. es irracional. paradójicamente. al poner en escena En attendant Godot. Lindon le preguntó si noestaba de acuerdo con los términos del contrato y Beckett le contestó que no.

las controversias que iba a suscitar. Mamet. y al finalde cada uno de los actos reciben el mensaje de que Godot no vendrá hoy pero sí mañana. ni la enorme influencia que iba a tener en el teatrocontemporáneo. también en 1956. Ni el director. Beckett vio la obras dos veces. Las múltiples resonancias filosóficas y literarias que seencuentran. Beckett se hace famoso y decide retirarse a su casa de campo en Ussy. just play . sin duda. Mientras sus protagonistas Didi y Gogo esperan a Godot. Stoppard. A los cuarenta y siete años. por lo quese supone que Didi y Gogo seguirán esperando. de hecho meencuentro mejor con el último ya que he respirado profundamente sus airesvivificantes toda mi vida de escritor. y ese algo que hacen es loque estructura la pieza. de un modo u otro. Si esperamos tenemos que esperar a alguien ysi continuamos esperando es porque ese alguien nos ha prometido algo lo suficientementeimportante como para dar sentido a nuestra espera.como dice el protagonista deComedia. Se hace cargo de laeducación de sus sobrinos Edward y Caroline. tienen que matar el tiempo haciendo algo. nacieron a la sombra de Beckett y confiesan la influencia de éste en sus obras. en que cada uno de losespectadores saca sus propias conclusiones y se ve.hablan con el tirano Pozzo y su esclavo Lucky al cual le obligan a pensar para divertirse. Los dos amigos charlan. de escribir y de dirigir teatro. 1956). A Blin le interesaron las dos piezas y si estrenóGodot y noEleut héri a fue porque. ni de los hermanos Fratellini. Después. una obra que trataba continuamente de evitar toda definición . Por eso entendieron tan bien esta obra los prisioneros de SanQuintín (California). En 1954. juegan con sus botas o sus sombreros. Beckett comentaba. ya que había sido fiel al texto y al espíritu de Strindberg. representado en susprotagonistas. o actuando de un modo similar a ellos. en esta obra dicen más de los propios críticos que las descubren que de lapieza en sí y su universalidad y grandeza reside precisamente en esto. en una sala casi vacía y decidió enviar Esperando a Godot yEl eut héri a a Blin. que el éxito de Esperando a Godot se había debido a queesta pieza se había entendido mal: La crítica y el público insistían en interpretar en términosalegóricos y simbólicos. ni el autor esperaban el gran éxito que iba a tener la obra. Albee. que jamás habían oído hablar de Pascal. Shepard.espectros de Strindberg. Undirector tan influyente como Peter Hall ha declarado: Beckett ha cambiado nuestra manera de representar a Shakespeare. era más barata. visitará 27 . nuestra manera de actuar. al tener menospersonajes. Godot sería así la cristalización de los deseos ynecesidades que todos tenemos. Dramaturgos tan notables como Pinter. puro juego es cénico. Esperando a Godot es simplemente la historia de una espera. Y esto es todo. Beckett viaja a Dublín para asistir al funeral de su hermano Frank. en el Teatro de la Gaîté-Montparnasse. excepto los dos últimos años (Beckett a AlanSchneicher. Fugardo Arrabal. discuten. rehusando todo tipo de entrevistas: El éxito o el fracaso popular nunca me han importado mucho.

Es un mal jugador. etc.. personajes y objetosestán acabándose . mucho más corrosivo y salvaje que el deGodot . orquestados por una serie de movimientos inútiles encaminados a llegar aun fin. el papel fundamental de pausas y silencios y laeconomía y precisión gestuales. y el oficio del poeta no es clarificar. de monólogos y diálogos musi -calmente estructurados. Sus casas.muy raramente Irlanda. El año 1956 marca el regreso de Beckett a su lenguamaterna con la creación de la pieza radiofónica All that Fall (Todos los que caen). o casi acabándose .insinuar. que penetrenprofundamente en las emociones.desde el punto de vista escénico. La inmovilidad comienza a invadir la escena yde sus cuatro personajes. La estructura musical de las obras posteriores.hipódromo.. El lenguaje dramático se compone de solos y dúos.. y con el actor de pantomima DerekMendel. (1955). Sólo unos pocos críticos resaltaron su lirismo y su simplicidad escénica El señor Beckett es un poeta. que está mejor concebida. ecos de su Foxrock natal. tres están paralizados y el cuarto se mueve con dificultad. Regresa a París y comienza a escribir Final de partida. Beckett escribe principalmente piezas teatrales. En colaboración con su primo John Beckett. El tema central de esta pieza es la imposibilidad de acabar.-. En los años 50. Final de partida no obtuvo la favorable acogida de su primera obra. utilizar palabras con una aureola de asociaciones. se hace real el pueblo de Boghill y sus habitantes.. escribe Acto sin palabras 1. A través de vocesy sonidos. compositor. Beckett dirigiendo la obra en Berlín.. que Esperando a Godot. estación. que no avanzarácon el garfio. Desde elprincipio sabe que está haciendo ruidosos movimientos sin sentido. Las voces son en esta ocasión una serie de personajes típicamenteirlandeses con un lenguaje. aparecen en esta obra creada. dedicada a Roger Blin en agradecimiento por el éxito de Godot. aunquesigue conservando la nacionalidad irlandesa. hizo unas declaraciones sorprendentemente explícitas: [Hamm] es un rey en un juego de ajedrez perdido desde el principio. como nos dice el autor. no para cuerpos . en 1967. Cada uno de sus gestoses un nuevo movimiento inútil que pospone el fin. 28 . El humor de esta obra es puramente textual. que oscila del modo más natural entre los coloquialismos más vulgaresy un profundo lirismo. El 3 de abril de 1957. Esto es lo que hace el diálogo peligrosamentesencillo de Fin de partie. sino sugerir. sino de frases cortantes e inesperadas como la famosade Nell: nada hay tan divertido como la desgracia . para voces. las relacioneshumanas son abiertamente hostiles y están a punto de extinguirse. etc. que está en recesión continua.. Hay una situación opresiva demutua dependencia. y nonace de la acción -gestos. ya que Blin había tenido problemas para encontrar un teatro en París. iglesia. están ya presentes en Final de partida. La crítica la recibió con perplejidad cuando no con abierta hostilidad. estrena en Londres en francés: Fin de partie y Acte sans paroles 1. La representación escénica sigue un proceso entrópicoimplacable. movimientos.. solamente trata de aplazar el inevitable final.

en 1919. Después de Comment c est. oye por la radio la voz del gran actor irlandés Patrick Magee. La fragmentación sintáctica caracteriza a este último relato. Haciéndose eco de Leopardi: É fango e il mondo . y escribepara él The Magee Monologue . o sea. La cualidad oral del lenguaje beckettiano se puede apreciar también demodo especial en esta novela. una voz nos habla de un personaje generalmente mudo e inmóvil. simplemente camina describiendo las cosas que ve y comenta sus sentimientos sobre ellas. narrada en forma de versículos sin puntuaciónalguna. característica desus textos posteriores. La poética de la luz y la oscuridad escénica. un encuentro -con Pim. Estas son las primeras palabras de la novela que. Por lo que se refiere a la narrativa. una voz con el tono y el ritmo delinglés hablado en Irlanda. de laTril ogí a. la producción de Beckett durante los años 50 es bastanteescasa. que odia todo lo que se mueve y que le encanta el blanco y las cosas inmóviles. En unos relatospredomina la armonía y la calma. obra en la que. En ellos yase apunta la dicotomía voz/imagen típica de los últimos textos beckettianos. 1962). Beckett volverá a escribir relatos cortos: Tètes Mortes . como El innombrable. estos residua son restos de ficción -o novelas reducidas-intensamente líricas. todo secalcula y se mide. Beckett sale de la fragmentación textual narrativa con una obra maestra: Comment c est (Como es). Como su titulo indica. Beckett llegó a decirque la voz que oía en su cabeza era igual que la de Magee. como en Imagination morte imaginez (1965) y 29 . por ejemplo. es un largo poema de frases cortas y repetitivas. fundamentales en el últimoteatro de Beckett. Confiesa.y unaseparación -después de Pim. que debería leerse en voz alta. Se inicia también en esta obra la escritura sin comas. Beckett ha dicho: Nunca escribo unasola palabra sin haberla dicho antes en voz alta (Beckett a Jean Reavy. Escribe una colección de textos que titulará despectivamente: Textes pour rien ( Textospara nada ). como en Assez (1966) y en otros la precisión científica. voces grabadas tendrán un papelfundamental en sus obras más recientes. que supone todo un cambio en su estilo narrativo. que acabará siendo La última cinta (1918).Su protagonista ya no busca al ser oculto tras los pseudo-seres que va creando. en un mundo de una oscuridad y un silencio implacables. Sustituye al todopoderoso narrador en primera persona. conbreves alusiones a otro mundo up in the light (arriba en la luz). A principios de los 60. Sus personajes son seres inmóviles que habitan en mundos blancos apa-rentemente estériles. nacen en La última cinta. también por primera vez. From an Abandoned Work ( De una obra abandonada ). una vozgrabada -la del joven Krapp. una especie de transcriptor que se limita a repetir lo que alguien le dicta: Como era cito antes de Pim con Pim después de Pim como es tres partes lo digo como lo oigo.A mediados de los años 50. que do tan al lenguaje de un ritmoy estructura musicales.va a jugar un papel protagonista. nos cuenta la historia de una espera -antes de Pim-. y también la primera narración en inglés después deWat t. donde las cosas suceden de otromodo.Residua en inglés. por una voz impersonal. Beckett sitúa a suspersonajes arrastrándose por el barro.Como es .

inmóvil. aproximadamente. En 1971. losespectadores/lectores de Beckett estamos acostumbrados a las sorpresas. a unos tres metros del suelo. La actividad del cilindro es enloquecedora y penosa. Beckett concluye los años 70 con una novela no menos extraordinaria: Company (Compañía). la imposibilidad de 30 . pasamos al orden y la exactitud rigurosa de Tétes Mortes . Una figura gris encapuchadaescucha.Oh Calcut t a!--. cada uno a su modo. no menos lo fue Not I (Yo no). dura un cuarto de hora. presentan nuevas posibilidades y amplían el lenguaje de sus respectivosgéneros. escrita a principios delos 60. El teatro de Beckett de los años 60. y Breath (Aliento). al ser perdido (The Lost Ones. por el calor extremo que sus habitantes tienenque soportar y por el roce continuo de unos cuerpos contra otros en tan reducido espacio. Beckett vuelve a salir de la actitud minimalista de los 60 con Le depeupleur. como se verá más adelante. Come and Go (Ir-yvenir). es una notable excepción. o piezas teatrales. Beckettinicia su teatro de los años 70. Estosseres fracasan en su doble búsqueda. es su título en inglés): un seul ètre vous manque er tout est dépeuplé . buscando. Esta fiase deGeulincx. Happy Days (Los días felices).pieza teatral que sigue aAl ient o y que es quizá la obra dramática más original de este autor. y. la brevedad de la vida humana. suspendida. Doscientos cinco seres habitan en un cilindro. después de los Textos para nada . ya que ni encuentran a su ser perdido. Beckett es un autor genuinamente experimental que no se repite formalmente nunca.Bing (1966). Breath (1966) es una broma dramática escrita en una postal para la revista musical de Kenneth Tynan. y sus personajes más atractivos son generalmente los pasivos. Unas vecessus experiencias se desarrollan en el campo narrativo y otras en el dramático. estrenada en 1972. Del caos verbal de laTril ogí a. Si Como es era totalmenteimpredecible. media hora. que marca un nuevo giro en su estilo narrativo. Si el vacíoy la inmovilidad amenazaban con invadir los textos precedentes. ni tampoco la salida delcilindro. que sospechan que existe. participa también del proceso experimental y minimalista quecaracteriza a su narrativa. Ésta será la última obra dramática beckettiana de una duraciónescénica normal . en esta novela se crea un mundosuperpoblado y en movimiento constante. dentro de éste. el torrente verbal de la protagonista. no desees nada). que ya aparece enMurphy. cerradocompletamente al mundo exterior.que consiste en una inspiración y una expiración profunda. los que no hacennada: Ubi nihil vales ibi nihil velis (don de no puedas nada. Sin embargo. Los críticos que no ven más que repetición en Beckett es porque se centran sólo en sutemática: la soledad. 1979. acompañadas de un aumento ydisminución de la luz escénica. dura. El proceso reduccionista no podía ir más lejos. La actividad humana siempre ha sido objeto de parodia en laobra beckettiana. dura treinta segundos. enun espacio escénico totalmente negro. tanto por su contenido como por superfecta estructura. es favorita de Beckett. el sufrimiento. a su otro ser. Play (Comedia). y cada una de sunovelas. reduciendo a la protagonista a una boca ardiendo .

experimenta en el campo cinematográfico y viaja a Nueva York. La señora Beckett calificó el premio de catástrofe . Beckett. obtiene el premio de la crítica en el Festival de Venecia por su película Film. El 23 de octubre de 1969. En 1961 comparte con Jorge Luis Borges el Publishers Prize . 31 . en 1966. facilitan los estudios en este campo. la degradación física. yCascando(1963).Los Días Felices Samuel Beckett comunicarse. adquiere su grandeza en la destitución del hombre moderno. al hablar de Los días felices. decidió ir a Túnez de vacaciones. premio internacional otorgado por los editores. en la creación de su única película.. con Buster Keatoncomo protagonista. Sus admiradoresseguían insistiendo en que Beckett es: un escritor de una importancia y estatura clásicas cuyas piezas teatrales y novelasno pueden ser ignoradas por nadie a quien le importen estos géneros.Afortunadamente -como apuntábamos al principio-.Film. pero tratados de maneras diversas en cada una de ellas. sino uno de los personajes principales. en elacoso que iba a suponer para su vida privada. protegió a Beckett de la persecuciónperiodística. la crítica en torno a Beckett se disparó. Beckett dijo que lo aceptaba con la condición de no tener que ir aEstocolmo a recogerlo. El talento experimental de Beckett se refleja en todos los campos artísticos en los que hatrabajado. Cuando su amigo Jerôme Lindon le comunicó porteléfono la concesión del premio. en el sur de Túnez. cámara móvil e imagen inmóvil enEh Joe. con la puesta en escena de Va et vient. En 1966 experimentará con la televisión. Con la concesión del Nobel. para colaborar con sudirector americano Alan Schneider.Describiremos más adelante el largo y meticuloso proceso creativo que sigue Beckett paracomponer sus obras. Beckett comienza sucarrera de director teatral Teatro Odeón de París. alababan ahora sumaestría formal.Fue también en esta época cuando comenzó el reconocimiento oficial de Beckett. Incluso críticos que se habíanmostrado escépticos sobre la verdadera importancia de la obra beckettiana. Lindon recogió el Nobel en su lugar y también tuvo que enfrentarse a laprensa. En sus obras radiofónicas Words and Music (Palabras y música). 1962. con el paso del tiempo etc. Las donaciones que ha hecho el autor desus manuscritos a distintas instituciones y universidades. la crítica más reciente se centra más en elestudio del proceso creativo más en elcómo que en elqué. Los años sesenta son especialmente fructíferos dentro del campo dramático. que no es meroacompañamiento. La recepción del Nobel podríamos calificarla de beckettiana . En 1964. temas que ciertamente estánpresentes en todas sus obras. alterna con las posibilidades expresivas de voces/palabras y música. En 1961. la pureza de su lenguaje y su especial sentido del humor. o por quienesquieran entender lo que ha sucedido en nuestra civilización en los últimos treintaaños. le conceden el premio Nobel de Literatura: por una obra que dotando de nuevas formas a la novela y al teatro. pensando seguramente. que sabía que estaba entrelos favoritos. ya que una inundación.

.. leshace anclarse en el tiempo. Por lo que respecta a la prensa. utilizando laparodia como recurso. que Beckett escribiría tres años más tarde. igual que antes que le otorgaran dicho premio. en el conflicto pasado/presente aunque creemos que de manera menos efectiva que en la novelaCompañí a. en el estilo de las obras que han merecido tal honor. y a algunos estudiosos de suobra. Desde su encierro creativo. El silencio de Beckett que está siemprepoblado de palabras. en 1973. como Beckett las llama. Y la voz continúa. Beckett ha seguidoimperturbable su camino artístico como si nada hubiese sucedido.dividiendo su tiempo entre París. después del Nobel.. frecuentemente. El conflicto realidad/ficción es central en estanovela. que Beckett irónicamente titula Foirades II y III . recordándole su pasado y describiéndole minuciosamente su situación presente. Quiere obsequiar a su criatura con unamosca viva que le confunda con un muerto y dotarle de cierta actividad mental. El humorcasi desaparecido de la narrativa de los años 60 vuelve a aparecer en esta novela. Todas las escenas delpasado . cuyo protagonista niega que la vida que se cuenta sea la suya. Hasta cierto punto .. y los textos breves. mi trabajoserá mí compañía . Beckett. peroque. al narrarlos. El narrador se denomina the crawling creator (el creador a gatas).. 6.. ahora dramáticamente. aceptando únicamente lasdescripciones del presente: Viste la luz primera en tal y tal día y ahora yaces tumbado de espaldas en la oscuridad. yCompañí a es el título de su novela más autobiográfica. Mercier y Camier. y donde contesta su voluminosa correspondencia. sin pérdida de carácter . claro está. para variar . Quizá la única concesión -y estocomo siempre por insistencia de sus amigos. a finales de los años 40.dotándole con un intento de reflexión.A muchos escritores la concesión del Nobel les anula. a principios de los años 70. en auto-parodia en los textosbeckettianos. La dicotomía entre voz incesante e imagen muda se encarna en escena en That Time (Aquella vez). obra dramática de 1976. donde generalmente ve a sus amigos. La parodia se convierte... Cuando sea viejo .de habla. publicados en el número 2 de la revistaMi nuit . cuanto menormejor. se corresponden con episodios de la vida del propio autor. que incide de nuevo. piensamejorar al oyente -el ser inmóvil que yace en la oscuridad. les hace cambiar de camino o. todo ello. Pasado y presente son sólo historias que el narrador se inventapara hacerse compañía.obras escritas en los 40 y 50 que antes siempre se había negado a editar. donde generalmente sededica a escribir y a escuchar el silencio. La voz narrativa habla ahora en segunda persona y se dirige a un ser mudo einmóvil. la vida de Beckett ha sido muy sencilla. salen ala luz Primer amor. Afortunadamente. Acepta estar tumbado ya que siente el peso de sus huesos contra el suelo . ha seguido rechazado casi todas las entrevistas. se convierten en pura ficción. pero la fecha de sunacimiento le parece pura ficción.fue el acceder a publicar. 32 . quizá. y su casa de Ussy. dijo Beckett a Stanley Gontarski -director y crítico de su obra-.

que nos recuerda a May.. Las dos últimas frases de la cita precedente nos dan la imagen central de la obra. Hasta hoy. el Oyente . Footfalls (Pasos) (1976)compone la trilogía dramática de Beckett. como en Not 1. -al menos satisfactoriamente. Por eso ceño fruncido siempre.. en Pasos -aunque enSol o el protagonista estátotalmente inmóvil-. mejillas. labios. Actrices tan extraordinarias como Jessica Tandy. Su teatro de los años 80 continuará este proceso. con un débil rayo de luzdando vida a una protagonista en forma de boca en movimiento incesante: Todo el cuerpo como desaparecido. nos habla de lo que ha sido su vida hasta esta noche ...... como lo hace en Ohio Impromptu (1981).).. por lo que supone un reto paracualquier actriz -aunque la pieza dura apenas un cuarto de hora. el Lector . no tanto de reducción.en muchas de sus obras y.mandíbulas ¿qué?. mejillas.. casisiempre. sólo la boca. mandíbulas. Con su característica maestría narrativa y economía de recursos. no solo crean ritmo. De la mamá a la tata y vuelta. En este caso un Simposio sobre la obra de este autor celebrado en 33 ..Además de las dos obras mencionadas.Beckett resume la vida del personaje en unas pocas líneas: El nacimiento fue su muerte. En A Piece of Monologue (Solo). casi en una total oscuridad escénica.Esta noche. afecta a los nervios del espectador..N o t I (1972) y That Time (1976). Con los primeros pasos. En esta pieza la figura delescritor se desdobla en dos.. e incluye también en su título el nombre del lugar donde lapieza fue estrenada. Beckett trata el problema de la creatividad... que han interpretado la pieza. el de Beckett es un ejercicio deautorreflexión sobre el acto creativo... labios. y otro espectador. ambas de 1977. Ceño fruncido desde entonces...son un perfe cto ejemplo de la última estética teatral beckettiana de imágenes y voces en lapenumbra -a veces. sino también dan sentido a las palabras. Giraudoux o Ionesco. Toda la vida. peroque interviene en el proceso creativo mediante interrupciones al Lector con un ligero movimientode su mano derecha y así va creando pausas y dando forma al relato de éste. sinparar un minuto boca ardiendo torrente de palabras. De funeral en funeral. Estas tres piezas.N o t 1 es sin duda: una pequeña obra maestra que lleva a este maravilloso escritor un poco máscerca de su objetivo de destilar su visión de la esencia humana en una gota pura dearte dramático. más que a su intelecto. 1980. Billie Whitelaw o Madeleine Renaud. una figuraespectral masculina. para así conseguir unas imágenes escénicas que perduran en la mente aún cuandohayamos olvidado los textos que la acompañan. el momento quecontemplamos en la escena.. depuración y profundización enlo esencial.. en los años 70. si.. que como suautor pretendía... un personaje creativo.. coinciden en señalar que este papel ha sido uno de los más difíciles de su vida. Mamando elprimer fiasco. junto con las obras paratelevisión Ghost Trio (Trío de espectros) y but the clouds (.. sino las nubes.De acá para allá. lengua. ¿la lengua?.. la obligación que el escritor tiene de decir y laimposibilidad de decir lo que desea.Como los impromptus de Molière. o de empobrecimiento-como tantas veces se ha repetido-.. sino más bien de concentración. El torrente verbal que esel texto ha de ser interpretado muy rápidamente y sin pausa alguna.. de un modo irónico... Pausas y silencios sonesenciales en el teatro de Beckett.

después de tantos monólogos o falsos diálogos y de haberhecho desaparecer de la escena. el intenso calor en Los días felices. ¿Y no lo dijo? BOM. meciéndose casi constantemente en una mecedora alritmo de una voz que. Sí. una mujerenvejecida prematuramente y toda enlutada. dedicada al disidente checo Vaclav Havel. sus personajes vuelven a la luz. ausente en parte de sus piezas de los 70. también en un homenaje al autor en el Centro de InvestigaciónTeatral de Buffalo. ¿Le diste una paliza? BOM. EnNana ya no hay un furioso torrente verbal como en Yo no. 34 . Como la pieza precedente. la voz de la protagonista es dulce y serena como en una canción de cuna: hasta que al fin llegó el día llegó al fin al fin de un largo día cuando ella dijo a sí misma a quién sino hora de acabar hora de acabar Como Beckett siempre es imprevisible. La dom inación y el sometimiento son temas centrales de esta obra. un ser mudo e inmóvil. para estar seguros de que nodirá ni pío . siguiendo una serie de movimientos prefijados. El Impromptu de Ohio es también un cuento intensamente lírico de amor yseparación. Se estrenó el 8 de abril de 1981.o los objetos. como el arpón en Acto sin palabras. la luz enComedi a. BAM. sustituido por unhumor más bien situacional. Se suceden una serie deinterrogatorios de marcado carácter policial. casi por completo.Cuando no son las personas es la naturaleza. En Qué dónde cuatropersonajes aparecen y desaparecen de escena. La actriz inglesa Billie Whitelaw interpretó a la protagonista. Qué dónde trata también el tema de la tiranía -tema por otro ladopresente en toda la obra de Beckett desde la creación de Pozzo y Lucky en Esperando a Godot.laUniversidad de Ohio. pero Rockaby (Nana) es la primera obra dramática de este autor escrita en verso. se sugiere-entre otras torturas.amordazar al protagonista. Se sustituye así al bebé delas nanas por una anciana que parece estar resignada esperando la muerte o quizá simplemente elsueño. 1983. donde se pregunta por elqué y eldónde de algúnsuceso: BAM. es su propia voz grabada . sin lugar a dudas. en los Estados Unidos. afirmar que todo el teatro de Beckett es poético.Cat astrophe (1982) y What Where (Qué dónde). quenos recuerdan el obsesivo ballet de la obra para televisiónQuad (1982). se mueven en escena y el diálogo aparece de nuevo. Reaparece también el humor verbal. el cuerpo de sus actores devorado por laoscuridad circundante. Se puede. según señala el texto. las fuentes de tortura. No. EnCat ást rofe. en sus dos últimas obras escénicas.

Dentro del último teatro de Beckett. y. a las que tortura y manipula hastaconseguir las imágenes y las palabras deseadas. la versión que elautor hizo de. encaja perfectamente dentro de la última estética delclaro/oscuro beckettiana. depuración y experimentación con el lenguaje escénico iniciado porBeckett hace más de treinta años con Esperando a Godot. estas dosúltimas piezas son extrañas por su aparente realismo situacional.mediante tortura. BAM. Sin embargo. como el propio texto índica. Esta es la últimacreación escénica de Beckett. Se desmayó. en su versión televisiva. El cuarto personaje se llama Bem y el quinto es un megáfono. BAM. identificado en el texto como lavoz de Bam. Este cambio puede parecer unretroceso. ¿Entonces por qué paraste? BOM. Si. ¿Gritó? BOM. Lo intenté. Was Wo (Stuttgart. No pude. BAM. no hay que olvidar queCat ástrof e es unensayo del último acto de una obra. BAM.la tiranía que el autor ejerce sobre sus propias creaciones. creemos que sepueden interpretar como nuevas metáforas sobre el proceso creativo que muestran el autoritarismo. Beckett piensa ahora que esta pieza funciona mejor en televisión. Más en línea con la temática de este autor. La imagen final que se consigue en esta pieza. hasta el momento. pero las connotaciones políticas que indudablemente tienen ambas obras. Beckett nos hace así una vez máspartícipes del proceso creativo. Sí. 35 . BAM. Igualmente. ¿Lloró? BOM. ¿Suplicó piedad? BOM. Nocabe duda que en la pequeña pantalla Qué dónde resulta efectiva dramáticamente y más cómica ylos rápidos cambios de imágenes producen la impresión de un teatro de guiñol . una especie de gran inquisidor . se pretende arrancar.BAM. noagotan en modo alguno su significado. para que. 1985). Bim. Sí. a su vez. ¿Y bien? BOM. desde el punto de vista estético. No. En esta versión. La poética de voces musicales e imágenesfugaces pintadas por la luz en unos espacios escénicos casi vacíos. lo interesante es la manera distinta con que Beckett abordaun tema ya tratado anteriormente. forma parte de este mismo estilo dramático. Aunque no se sabe muy bien cuál es el secreto que. para la televisión alemana. Qué dónde es la muestra finaldel proceso de simplificación.] Bam piensa que Bom le miente y llama a un tercer personaje. ACatástrofe y Qué dónde se les ha denominado el teatropolítico de Beckett. [Pausa. interrogue aBom.Beckett suprimió todo menos las caras de los personajes que aparecen y desaparecen en unapantalla totalmente negra. ¿Y no le reanimaste? BOM. ¿Pero no lo dijo? BOM. BAM. Qué dónde. resume perfectamentela estética del claro/oscuro típica de su último teatro. una cara iluminad en un espacio escénico en oscuridad total.

Obras como Mal vu mal dit. no moverse. en consecuencia. finalmente. Convencido de que El ser tiene una forma. Las imágenes siguenapareciendo en la mente del dramaturgo y.o Worstward Ho. Quizá yo no. son una metáfora sobre la frustración artística y el deseo deencontrar. La tentación del silencio está siempre latente en toda la obra de Beckett. Toda la escritura beckettianaes autorreferencial y su última obra está llena de ecos de otros textos anteriores. Beckettfrecuentemente ha intuido que la raíz del ser quizá esté en el silencio -que es la esencia deluniverso. Pasea de una pared a otra en la oscuridad . En sus esfuerzos por dar forma al ser por medio de la palabra. no son nuevos en la obra beckettiana. Stirrings Still (Movimientos aún o. escrito en 1987 y publicado recientemente. puramente literaria. quizá hasta encontrar: the missingword (la palabra que falta) como el narrador de Stirrings Still sugiere. de narrar. son difícilmente comprensibles aisladas del resto de la obra beckettiana. deben de encarnarse en la escena. la paz . Estos textos. por el contrario. El final de El innombrable es un buen ejemplo de latensión entre el no poder continuar y elt ener que continuar. pasada por alto. Oh all to end. como en el Impromptu de Ohio hay un doppel -gänger . Beckett continúa su ontoespeleología particular. o nosusurrar mas. (La cabeza sobre las manos medio esperando cuando volvió a desaparecer que no volviera a reaparecer y medio temiendo que no lo hiciera). Con más o menos palabras. Suúltima obra.Las voces de Beckett. Oímos una voz femenina en Mal vu mal dit (1981) y voces masculinas en Worstward Ho (1983) y Stirrings Still -su último texto. Según John Calder. que en vez depermanecer sentado en la mesa haciendo compañía a su doble. Oh acabar con todo. Susurros todavía). En Stirrings Still. de no seguiradelante. stir no more . por tanto. poniendo unsustituto en su lugar. sin duda. (El tiempo y el sufrimiento y el así-llamado ser. o. en sus últimos textos narrativos tienen también un timbre cada vez más sereno. Sin embargo. en este último texto se levanta y seva para luego ir apareciendo en sitios diferentes. Es una forma que ha sido abandonada. hubbub . mas lírico.y al mismotiempo su temor de que esto suceda: Head on hands half hoping when he disappeared again that he would not reappear again and half fearing that he would not. sobre elorigen del ser.y. peroalguien lo hará. las palabras no serian más que manchas sobre el silencio -utilizando unaexpresión del propio autor. dice Calder.pero la voz no cesa y. tampoco la obligación de decir. Habla del ruido. Como Winnie. autobiográfica y presenta los sentimientosconflictivos de Beckett entre continuar aún.) 36 . esta última obra es. estos deseos de acabar de una vez. quizá. como él la denomina. de la imagen. Alguien la encontrará algún día. razona con sus restos de razón y oye gritos en su cabeza comosiempre . por tanto. como May enPasos. su investigación. nos presenta los deseos desu protagonista de acabar todo de una vez y no moverse más -(and stir no more). pero con un lenguaje intensamente poético. de su mente y dice que intenta vaciarla hasta que no le quedenada en lo más profundo y todo acabe: Time and grief and self so-called.

se ha tratado de presentar la vida y la obra de SamuelBeckett de una manera cronológica. Escribí Esperando Godot. y. encajan difícilmente dentrode las calificaciones convencionales de narrativa y/o teatro. dirigiendoEn d sp ie l en Berlín. Eso es relajante. 1967. esto hace que muchas de sus obras narrativasse trasladen a la escena de un modo natural. también en la cualidad oral de su lenguaje. un gran poeta dramático. pues sería absurdo. uno en el que yo pudiera controlar la situación y los movimientos de la gente. II. (Beckett a Rosette Lamont. Beckett triunfó allí donde Joyce había fracasado. en el campo dramático por haber limpiado la escena de todos los elementossuperfluos y haber creado así un lenguaje escénico de una intensidad poética sorprendente. Uno tiene un espacio definido y gente en ese espacio. Seconoce con bastante detalle cómo aborda su trabajo como dramaturgo y director de escena -al leersus meticulosos cuadernos de dirección. cómo se enfrenta a su trabajo como dramaturgo: 37 . si queremos sacar el mejor provecho de estasexperiencias nuevas. sentí la necesidad de crear para un espacio más pequeño. Desde 1966. LOS DÍAS FELICES EN EL TEATRO DE BECKETT Cuando vemos por primera vez un nuevo estilo de pintura o escuchamos unanueva clase de música. alternativamente. Londres y París.de la voz de Beckett. (Beckett a Michael Haerdter. su actividad como directorde escena de sus propias obras. para que el lector pueda darse cuenta de la variedad y riquezade la producción artística de este autor. No cabe argumentar aquí. que escribe textosnarrativos. El teatro sacó a Beckett a la luz en más de un sentido. nos damos cuenta de que tenemos que hacer un reajuste ennosotros mismos y en nuestra actitud. todavía más. Una voz y una palabra que tan indeleblemente han manchado el silencio . por eso la crítica moderna al referirse aellas habla simplemente detext os.Estas son las últimas palabras -hasta ahora. es más conocido como dramaturgo que comonovelista.especialmente. pero si hay que reconocer que fue Esperando a Godot y noMoll oyla pieza que le ha d ado mayor universalidad. Se hainsistido. Beckett sobresale. según su inspiración. a partir de los años 70. si Beckett es un dramaturgo que escribe novelas oun novelista que escribe teatro . Creemos que Beckett es. en elteatro. 1983) En otras ocasiones Beckett ha especificado. trabajo o deseo lelleven a uno u otro género. Las obras de Beckett. poemas o piezas teatrales. y sobre todo una clase especial de luz. En la primera parte de esta introducción. Lo mismo sucede con las obras de teatro de Samuel Beckett (George Devine). También sabemos algunas de las razones que le impulsarona escribir piezas teatrales: El teatro es para mí una relajación de mi trabajo en la novela.) Cuando trabajaba enWa tt . y de su total dedicación a su arte. ante todo. París. le ha hecho viajar frecuentemente entre Berlín.

espacios abiertos indefinidos. se ocultaa veces debajo de la cama comme du temps de Molière y su padre escribe.como luego veremos. como Krapp. de Artaud. en general. que inicia el estilo depurado y poético de su teatro posterior. que utilizará magistralmente en sus obrasposteriores. que nos indican lo que Winnie hace. autoritaria y creativa como Hamm. Hauptmann. y no se puedentomar como meras sugerencias para el director de escena -la obra que aquí nos ocupa es un buenejemplo de esto. Ninguna de estaspiezas podía predecir la obra que nos ocupa y. dos pantomimas: Acto sin palabras Iy Acto sin palabras II. ésta conserva rasgos de todas ellas. Sin embargo. vulgar a veces y. Ibsen. como 38 . Los espacios dramáticos creados por Beckett son. y cada una de sus piezas muestra. Beckett escribió tres piezas deteatro: Esperando a Godot. Aborda sus propios textos como si estuvieran escritos por otro y no duda en hacercambios en las piezas. Victor. Directores de escena. como el simbolismo. este camino hacia las raícesdel arte dramático.otras. sin embargo. conservará lastécnicas de la comedia grotesca y del vaudeville . además. Molière. Beckett parodia todas las convencionesteatrales precedentes y las rechaza como en un acto de exorcismo. La puesta en escena.sobre el género merdre . Las acotaciones escénicas en las obras de Beckett son parteintegral de éstas. yespecialmente detallado en sus últimas piezas. quiere rescatar momentos de felicidad de losrecuerdos del pasado. el protagonista. Shaw. como Alfred Jarry. al estilo de los personajes del Purgatorio de Yeats. Zola. Antes de Los días jelices Antes de Los días felices además de la obra inéditaEleut héri a. que nos recuerda aMur phy.Cuando escribo una obra de teatro me pongo dentro de los personajes. Liberar al teatro de todo lo que no es esencial. parece ser la tarea que Beckett se propone comodramaturgo. en griego). Shakespeare. se introduce unverdugo chino en escena para torturar al protagonista. Corneille. el espacio dramático. especialmente de los momentos sentimentales. 1. Final de partida y La última cinta. soytambién el autor de las palabras y los espectadores visualizando lo que sucede en laescena. pues sus gestos son tan importantes como suspalabras. el surrealismo y el realismo socialista. ya está escrito en sus propios textos. actores y escenógrafos. si con éstos consigue facilitar el trabajo de los actores o subrayar algúnefecto dramático. De esta pieza primera. Del barroquismo deEl eut héri a. pasamos al clasicismo de Esperando a Godot. En Eleuthéria (Libertad. mencionandosólo los más evidentes. Pirandello ya movimientos literarios. da vueltas y vueltas como un ánima en pena . Winnie es únicay Los días felices una obra diferente a cuanto Beckett había escrito antes o iba a escribir después.tendríamos otra obra totalmente distinta. y dos obras radiofónicas: Todos los que caen yCenizas. de un modo diferente. que Beckett se ha negado a estrenar. Si suprimiéramos o cambiáramos las acotaciones escénicas de Los días felices. Al leer el texto tampoco podemos prescindir de lasacotaciones.Winnie es optimista y racionalista como Didi. parodias y alusiones a Sófocles. Hay. y Victor. coinciden en señalarsu perfeccionismo y meticulosidad como director de escena y su sentido de la precisión y del ritmoescénicos. que han trabajado con Beckett. Siguiendo el estilo del Teatro de la Crueldad. lírica como Maddy Rooney y.

El papel de la luz escénica es crucial en el teatro de Beckett -y esquizá.la difícil convivencia entre los seres humanos. La característica entropía escénica beckettiana se iniciaya en los años 40 y 50. y como ésta. del escritor) son los de un traductor. Desde la idea. o las pantomimas. botas.precisión y concentración. Winnie es la primera protagonista femenina en el teatro de Beckett -precedida por Maddy. 2. un reflejo anímico de sus personajes-. sino que pre-existe en el artista. La última cinta tendrá ya un sólo protagonista. Final de partida tiene cuatro personajes. Lasrelaciones humanas también se van a reducir. Esta dualidad que se da en todo creador. escaleras. dice que la obra de arte ni se crea. irán también desapareciendo de la escena. pasamos al gris o negro claro según Clov de Final de partida y al blanco y negro de La última cinta. es un tema central en toda la obra de Beckett. como lo demuestran los manuscritos de sus obras. que preconizaya el teatro de luces y sombras posterior. seconvierte en luz radiante en Los días felices. excavarla. que consideramos importante. Los objetos. una distinción. sombreros. también en esteensayo. tres ológrafos y cuatro mecanografiados. ni se elige . o bien.el de Godot. entre lo que dice y cómo lo dice. un papel de segundo personaje. que nos muestran claramente elminucioso proceso creativo beckettiano. Este solo comienza con una descripción de la estenografía de la pieza y termina con las palabras deWinnie: leves jaquecas de vez en cuando . una habladora impenitente y la única que vive en unmundo en color. en laobra de radio Todos los que caen. De la luz crepuscular de Esperando a Godot. La oscuridad que amenazaba invadir la escena después de La última cinta. Inventar voces. con nuestra propia voz. de una obra hasta su culminación. Un proceso que se caracteriza por la simplificación. o crear personajes. Los días felices : proceso creativo En 1960. A este monólogo preliminar de veinte páginas. entre el artista y el escritor: El artista ha conseguido el texto: el artesano lo traduce. En suensayoProust .. oarmonía. pero sólo uno puede moverse y condificultad. Nos ocuparemos a continuación de cómo creó Beckettesta pieza extraña y extraordinaria. Los problemas deestructura le preocupan especialmente a Beckett. Hace. comohemos dicho. maletas. Si Esperando a Godot y Final de partida muestran-entre otras cosas. o imagen inicial. Los días felices. Hasta la cuarta versión no seesboza el acto segundo. etc. aunque su voz grabada jugará. sigue un laboriosoproceso de auto-traducción. Beckett comenzó a escribir un monólogo femenino que tituló: [X] Female Solo .o minimizando su importancia aunque juegan todavía un papel esencial en Happy Days.que juegan un papel fundamental en sus primeras piezas. habitaciones claustrofóbicas como las de Final de partidao La última cinta. La última cinta yCenizaspresentan la problemática relación con nosotros mismos y los esfuerzos que hacemos para poblarnuestra soledad -aunque sólo sea. ylo único que éste tiene que hacer es descubrirla. Beckett siempre ha estado interesado en el proceso creativo. desenterraría. pero ninguna de estas dos obras predice la luz radiante niel colorido de Los días felices. Beckett concibió Los días felices como una obra en un sólo acto. El deber y el trabajo del escritor (no del artista. se observa especialmente enBeckett. parano estar solo. que aparecerá ya siempre en versiones sucesivas. lesiguen siete manuscritos. que desea siempre encontrar un equilibrio. a la vez artista y artesano. 39 .

desde el punto de vista dramático. Proyectil sobre Man . por ejemplo. la única línea que llegó hasta la versión final de la obra.. siete mil desaparecidos. o es por otra cosa? (Pausa).. lo trágico con lo cómico. lee en el periódico: Proyectil cae sobre Pomona. Didi sacaba un papel del bolsillo y leía la cita. y del Reverendísimo Charlie Hunter: ascendido recientemente (not long ago elevated). ¿Vienes por mí. es más efectiva.más poéticas. Como precisa el profesor Duckworth: Para que Godot hubiera escrito las palabras [del mensaje]. En los primerosmanuscritos de Esperando a Godot. Beckett lo ha denominado: la creación de ausencias . le gustaba meter su lengua en mi boca .. Beckett va descartando lo anecdótico y lo particular. Proyectil aberrante cae sobre Irlanda. esta consecuencia obvia fue lo que hizo que se omitiera el papel escrito .. frecuentemente. 4). Se eliminan lamayor parte de las connotaciones sexuales en las historias del Dr. escenas en un principio realistas. que en un principio se llamaba B y luego Edward. para llegar a lo esencial. sin embargo. al parecer devastado por la guerra. Como es típico en Beckett. que posteriormente van a ir desapareciendo. se reduce en versiones sucesivas. que 40 . Por el procedimiento dela creación de ausencias . ¿Buscas un beso o a Browning? 3. con Winnie sentada sobre sus rodillas.. Seguimos las modificaciones de una frase de Winnie en versionessucesivas: 1. laexistencia de Godot es dudosa y la cita de éste con los protagonistas un tanto ambigua. se transforman en otras más ambiguas. ¿Vienes po r un beso.. (T. tomados generalmente del lenguaje musical... Estafue. Johnson: bastante viejo comopara ser mi padre. ochenta y tressacerdotes sobreviven .pág.. La última escena de la obra sufre también diversas variaciones encaminadas siempre a acentuar lanota de ambigüedad final. el mundo en el que viven los protagonistas parecehaberse vuelto loco.S.. se ofrecen: oportunidades para joven espabilado . Hay también muchos cortes que afectan a la protagonista. La ironía continúa cuando en estemundo. louniversal. 2.explicaciones y conexiones. sólo se salva laseñora de la limpieza de los retretes públicos. A este primer paso en elproceso creativo. I -primer manuscrito. Willie. En los primeros manuscritos de sus obras hay. A pesarde éstos y de otros cortes similares. y por lotanto a la guerra.Final de partida comenzó siendo una obra en dos actos ysólo en sus últimas versiones aparece con un acto único. por ejemplo. muchos detalles realistas . querido. Un segund paso en el proceso creativo es destruir los sistemas de causalidad y cronología sustituyéndolos por otra clase de ordenamientos internos. o por otra cosa? La repetición de la frase o por otra cosa . En la versión final. o por mí. loirreverente se mezcla con lo serio. Willie. el tono cómico del primer acto se mantiene en la versión final. Otros cambios importantes que se descubren estudiando el proceso de creación son los que serefieren a los personajes. En los primeros manuscritos de Los días felices.. Ella: vienes por el revólver. También se desechan en la versión final las referencias a los bombardeos. Willie. El papel de Willie. tenía que tener una existencia físicareal.. En lasprimeras versiones estaba más visible en escena aunque siempre de espaldas al público y contestabafrecuentemente a Winnie. se puede ver que Godot había citado po r escrito aDidi y Gogo.

Browning. en un montículo calcinado y reseco.el mencionar abiertamente el revólver. Billie Whitelaw. con MaruchiFresno como Winnie. 41 . Happy Days se estrenó en el Cherry Lane Theatre de Nueva York el 17 de septiembre de 1961. para conseguir la imagen del horno deluz infernal al que la protagonista alude. la imagen infernal que propone Beckett no tiene ninguna simbologíaespecial. Enterrada hasta la cintura. 3. Willie. Ladepuración del lenguaje y la simplificación de las imágenes en la creación de Los días felices. dirigida por Trino Martínez Trives introductor del teatro de vanguardia en spaña en los años 70. con Madeleine Renaudy Jean-Louis Barrault como protagonistas. son los principaleselementos de tortura para Winnie. Ésta esuna de las piezas de Beckett que se reponen con más frecuencia. La manía de explicitar .logran un mayor impacto dramático en la versión final de la obra. El propio autor la ha dirigido endos ocasiones. para el Teatro Nacional. al levantarse el telón en Los días felices. en el TeatroMaría Guerrero. y oficialmente el 14 de mayo de 1964 en el Teatro Valle Inclán. no puede ser másimpresionante. o su marca. París. o convertido en negras cenizas . como protagonista. con la cabeza apoyada sobre los brazos. Más adelante hablaremos de otros montajes en España y de la recepción crítica de la obra. limpiarselos dientes. Ruth White fue la primera Winnie.Cat ástrof e. y John C. Espacio escénico y personajes La imagen visual que aparece. Los colores de este espacio escénico son diferentes gamas de naranja y amarillo. simplemente está ahí atrapada por la tierra en un mundo cruel. dirigidos por Roger Blin. Sin embargo. esta mujer comienza a actuar como si su situación fuesetotalmente normal. Winnie no está en una especie de infierno de Dante -o de Milton. Oh les beaux jours. o limarse las uñas con verdadera devoción. Estas breves anotaciones sobre el proceso creativo de Los días felices. En España. han de ser un eco de estos colores. dirigida por Alan Schneider. Lo más sorprendente es que cuando el sonidoestridente de un timbre la despierta. con Peggy Ashcroft como Winnie. Beckett simplemente presenta unas metáforas escénicas. 1963. ¿Por qué está Winnie enterrada hasta lacintura? Nunca lo sabremos. en1975. El intenso calor y el sonido del timbre. la obra se estrenó dentro de un festival de teatro en Madrid. aparentemente vacío yestéril. y el montaje de Peter Hall. vemos a una mujerdurmiendo. como nunca conoceremos las promesas de Godot. Otros montajesextraordinarios han sido el estreno francés. en 1963. y en 1979 en el teatro Royal Courtde Londres. con su actriz favorita. evidencian la aversión quetiene Beckett por toda clase de explicitaciones realistas. Becher. la primera en 1971 en el teatro Schiller de Berlín. que no se explica cómo no se ha derretido . tanto elmontículo como el cielo. o por qué el mundoexterior en Final de partida es gris. y cadauno de los espectadores ha de hacer el esfuerzo interpretativo. en Londres. llama a su día divino y se entrega a las rutinas cotidianas de rezar. o el ponerpuntos hasta matar las íes -como dice un personaje de una de sus últimas piezas.como algún crítico hasugerido.

Winnie. que por lo tanto: San Sebastián murió de un susto -lainfluencia de la ironía beckettiana en Stoppard es incuestionable.. por qué no pasa el tiempo. de uno. sin historia niproyectos.por qué se apila a todo tu alrededor instante a instante. ylógicamente el protagonista concluye. La cruel imagen escénica que vemos contradice continuamente sus palabras. por todos los lados. Los personajes de Beckett.El montículo de Winnie es una extensión delpersonaje. repiten continuamente Los Días Felices Samuel Beckett acciones insignificantes que no les llevan a ninguna parte. conocer nada. y la imagen de los días y las horas apilándose a nuestro alrededorestá ya claramente descrita en El innombrable: podemos preguntarnos. ya que las mitades que se añadieran serían cada vez máspequeñas. El paso deltiempo nos va enterrando a todos.. cada vezmás hondo. luego la mitad de la mitad. por eso son especialistas en el arte delfracaso. y larealidad. sin recordar nada. por un lado. etc. (Beckett no ha reconocido como suyas obras que se hanmontado ignorando sus direcciones escénicas). (Una paradoja similar es la de Aquiles y la tortuga). 393). por esto nuestro actosson inútiles según esta filosofía. luego la mitad de lamitad restante. argumentando que si una flecha lanzada a un objetivo tiene que recorrer la mitad delcamino. 42 . Tom Stoppard parodia esta filosofía. Dirigiendo la obra en Berlín (1971).En el teatro de Beckett no se puede hablar de escenografía en el sentido convencional. luego la mitad de ésta y así sucesivamente. enterrado bajo los segundos ( The Unnamable. Sídividimos en dos una colina de granos de mijo y luego queremos volver a rehacerla añadiendo a unade las dos mitades a la otra.. no pasa. de aquel viejo griego que menciona Clov en Final de partida. El viejogriego es Zenón de Elea y la colina de granos de mijo es una de sus paradojas más conocidas. Los seres humanos actuamos en untiempo finito y nunca podremos llegar a la esencia de lo real que es infinita. La intención del autor es dar así más importancia a Willie. Winnie no convence al espectador de que sus días son felices. el tiempo de otros. como El innombrable. parece estar también enterrada bajo los segundos en esta colinaimposible del tiempo . por qué te entierra grano a granoni muerto ni vivo.. el tiempo que losantiguos muertos y de los muertos aún no nacidos. tu tiempo. esperar nada.. una especie de falda que la arropa. concediéndole unmayor espacio para moverse -aunque los espectadores no le vean la mayor parte del tiempo. pág. por otro. ya quetodos y cada uno de los elementos físicos que componen el espacio escénico son esenciales paracrear una metáfora escénica específica. según Zenón. nunca podríamos com-pletar la primera colina en un tiempo finito. por el procedimiento de añadir primero la mitad.. ya que la esencia de la realidad es infinita . o un túmulo mortuorio en el que se hunde. Zenón utilizaba estas paradojaspara mostrar la discontinuidad entre los movimientos en el espacio y en el tiempo.enJumpers. de pasada. como Sísifo. nunca llegaría a su objetivo en un tiempo finito. como señalan lasacotaciones escénicas. cada vez más espeso. aunque no cesa de repetirlodurante toda la obra. Beckett modificó ligeramente el espacio escénico situando aWinnie ligeramente a la derecha de la escena y no exactamente en el centro .

Winnie tiene sus recuerdos para llenar las horas entre el timbre de despertar y el timbre dedormir . como Herrick o Wolfe. La mayor parte de su recuerdos son sentimentales: su primer beso con un talJohnson . Winnie es una auténtica maestra -igual que otros personajes de Beckett. Où nous joignions nos bouches! -C'est possible. Winnie es una señora de la clase media -collar de perlas incluido.cuyo atractivo físico estádeteriorándose. sino que vemos el panorama del pensamientooccidental en fragmentos desgastados como un collage de objetos perdidos. como frecuentemente repite Winnie. Estos versos son de grandes.con palabrasvacías de sentido . o de poetas mediocres.Shakespeare o Yeats. El propio titulo de la obra en francés: Oh.refiriéndose a diversos objetos de su bolsa. Se autocorrige constantemente. que Beckett desarrollará dos años más tarde enFil m (1963). a faltade otra más adecuada. como las de casitodas las parejas beckettianas. El don especial de Winnie. en sucontinuo recurso a citas literarias. Su relación es. El lenguaje de la protagonista -rico en matices ycambios de estilo. Willie . que alababa Unamuno. A este espacio de tiempo lo llama días utilizando una palabra del estilo antiguo . están acabándose . El tema del deterioro físico y mental es central en esta pieza. y que la hace única entre los personajes de Beckett. De este hablar por hablar . . No obstante. les beaux jours es una de estascitas erróneas del poema de Verlaine: Colloque sentimental.vaciar el alma .que ella cita fragmentariamente. golpeándole con la sombrilla. ya que necesita a alguien que la escuche. Esta realidad míticano se construye alegóricamente. como la historia de Mildred. hablar. personajes y objetostienen un aspecto desgastado . 43 .. la existencia de Winnie está garantizada por lapresencia de Willie. o la última copa cuando todos los invitados se habían ido.refleja especialmente su pérdida de memoria.¿Qué importa el sentido de las cosas si su músicaoís.limpias de fruto?. El titulo inglés alude a la canción popular Happy Days are Here Again . o de ni contigo ni sin ti Winnie despierta a sumarido.utiliza frases extrañas como el estilo antiguo o abundantes mercedes y comete bastantes erroresgramaticales. como diceel profesor Gontarski en su estudio de los manuscritos de esta obra: la composición de Los días felices revela el continuo interés en una nuevarealidad mitológica compuesta de fragmentos o en decadencia. Además de las citas.. poetas como Milton. ¡Ah les beaux jours de bonheur indecible.el famoso dictum de Berkeley. Las ideas de los poetas que cita Winnie aparecen distorsionadas al presentarse en fragmentoserróneamente recordados. Esse est percipi . su continuo torrente verbal la hace invulnerable atodo sufrimiento. Si paraexistir necesitamos ser percibidos por alguien.os brotan las palabras como flores . a los versos maravillosos -bagaje intelectual de sus añosescolares.Winnie y Willie son la pareja que habita este inhóspíto desierto. o la preocupación por el deterioro de su atractivo físico: fuihermosa en otro tiempo. y entre los labios . Quisiera no saber lo que dijese inada decir. una de amor/odio. . casi desconocidos.Otros expresan sustemores. hablar tan sólo.

Lavida es un hábito o. Beckett ha comparado a Winnie con un pájaro que desea flotar hacía el azul . Hay. consciente sólo a medias de su destino. porque a este ser etéreo. examina obsesivamente la postal pornográfica y casi todos sus comentarios. como la propia protagonista explica. un espíritu del aire. queson otro hábito mas: saber que en teoría me oyes aunque de hecho no lo hagas es todo lo quepido . nada que hacer .. como dice SanchísSinisterra: su situación no es nada del otro mundo. poragradar a otro . sin embargo. Willie es la fiera salvaje . no no. Beckett comentó a la actriz alemana Eva Katharina Schultz que: el destino de Winnie era más patético. Winnie no es consciente de su propia realidad. se arropa en los gestos y las rutinas cotidianas. La actitudde Winnie nos parece inconcebible y.. en toda la obrabeckettiana. Winnie desea ser. momentos en que Winnie parece darse cuenta de su realidad. Respirar es un hábito. esto le parece extraño ..ayudada por los objetos que va sacando de su gran bolsa. Elhábito es el lastre que ahoga al perro hasta hacerlo vomitar. el ser humanocon su portentosa capacidad de adaptación persiste en comenzar cada jornada conuna razonable dosis de optimismo. reflejan sus preocupaciones sexuales. convencido de que ha venido al mundo para ser feliz.. consiguen animar a Winnie y hacerla cantar. A Winnie no le preocup a la comunicación real. aligual que sus risas. imperturbable. aquí todo es extraño y continua su charla. sus palabras son flores limpias de fruto . o recordar que loha sido. sin embargo. cosa que había estado deseando hacer toda laobra y no había podido: porque el canto sale del alma y uno no puede cantar así como así. pertrechado de mil pequeñas razones para seguirviviendo. Teme quedarse undía sin nada que decir.Protegida por sus rutinas cotidianas. de quien Winnie se ríe. lo devoraba la tierra. ysus necesidades son elementales. Los Días Felices Samuel Beckett 44 . por eso susituación es más cruel.. una sucesión de hábitos ya que el individuo es unasucesión de individuos. como Ariel. Prisionera de la tierra. mejor dicho.Dirigiendo la obra en Berlín.pero su situación muestra el abismo existente entre los deseos de la mente y las posibilidades delcuerpo -otra muestra del dualismo cartesiano recurrente.Sale y entra a gatas en su casa/agujero tras el montículo de Winnie. la garantía de una inviolabilidad insulsa.. También le parece inexplicable que el calor sea cada vezmás intenso y el sudor cada vez menor. es un personaje familiar. Se suena la narizestrepitosamente. Esto forma parte de la ironía situacional dela pieza.. y ayudada también por sus palabras. pero se consuela inmediatamenteexclamando: extraño. Beckett defineel hábito como: compromiso que hace el individuo con su entorno o entre el individuo y suspropias excentricidades orgánicas. Beckett comentó que Willie era como una tortuga muy de la tierra .. como señalamos antes. al contrario muy de este. Winnie. Su sorprendente aparición al final de la pieza y su exclamación Win . ya que está totalmente separado de su esposa y su deterioro pone de manifiesto la futili-dad de los apetitos físicos a los que se aferra .

en 1979. en 1963. sin embargo. meticulosamente. con la extraordinaria Peggy Ashcroft como Winnie. en el papel de la protagonista. Jean Luc Godard) le pidió permiso para rodar Oh les beaux jours. lo mismo que yo me sientomuchas veces.Tophoven. con Eva Katharina Schulz como Winnie. Un año más tarde viaja a Londres para asistir a los ensayos delestreno británico. antes dedirigir cada uno de sus montajes. han sido mantenidos en sucesivas puestas en escena de la 45 . 1975. La obra trata de pasar el tiempo de este modo. ¿Cuántos matrimonios conocemoscomo ese? y ¿cuánta gente? 4. a Alan Schneider. Aunque Beckett estuvo pocotiempo presente en los ensayos. Lamayoría de sus montajes los ha realizado en Berlín y el resto en París y Londres. Otro montaje extraordinario. dirigido por George Devine. La mayoría de los cortes textuales y cambios escénicos que Beckett realizó en estemontaje. El proceso que sigue Beckett para dirigir sus obras siempre es el mismo. con Brenda Bruce como Winnie. sino a Madeleine Renaud. especialmente en su estreno enParís. en otras puestas en escena.por correspondencia. en el Royal Court. la primera en 1971. asesorado por el autor. Pasa varias semanasvisualizando la obra. aunque no sea más que para chillarla. Beckett ha dirigido Los días felices en dos ocasiones. el 10 de agosto de 1971.tratando de no estar demasiado deprimida. en el SchillerTheater Werkstatt. durante mucho tiempo. En 1971. algunos de ellos han sido publicados en Alemania y en Inglaterra. Billie Whitelaw. La segunda en Londres. que actuó en el papel de Winnie dirigida por Beckett. Beckett acepta la invitación del Schiller Theater para dirigir la obra en su versión alemana: Glückliche Tage. Beckett comenzó a dirigir sus propias obras en 1966. sin duda. Además de estos montajes propios. la obra que Beckett ha seguido más de cerca desde que la escribiera en 1961. Asesoró. en 1961. Beckett se lo negó diciendo que no podía imaginarse Oh les beaux jours sin Madeleine Renaud. Antes de comenzar los ensayos en Berlín.y Winnie ciertamente ha venido al mundo para ser feliz. en elRoyal Court Th eatre con Billie Whitelaw como protagonista.Beckett ha estado presente. de pasar el día. También trata de la necesidad de otrapersona. Su actividad comodirector de escena se conserva en los cuadernos de dirección que prepara. explica este personaje y esta obra como paradigmas de la vida cotidiana: Winnie está terriblemente ocupada no haciendo nada. memorizando el texto y anotando minuciosamente todos los movimientos ygestos de los personajes. Beckett estuvo tan implicado en este montaje que. Becketthabía elaborado dos cuadernos de notas de dirección y memorizado la versión alemana de E. fue el de Peter Hall para el Teatro Nacionalen Londres. no podíaconcebir a nadie. en Berlín. primer director de la obra. anotó el texto con sugerencias para el montaje. como asesor. Estas son las palabras deesta excepcional actriz: Un director de cine (por qué no nombrarlo. en el estreno en el Cherry LaneTheatre de Nueva York. Estaes.en un espacio escénico creado por Jocelyn Herbert -escenógrafa de los mejores montajes ingleses delas piezas de Beckett. Beckett dirige Happy Days Como ya apuntamos anteriormente.

20 6) Hasta .tiene cinco expresiones felices y ocho tristes . colocarlos al lado izquierdo . ser conspicuos y no ser realistas.deben de manipularse con la mano izquierda. gira a la izquierda yhacia adelante para explotar su bolsa y mira muy de cerca el mango de su cepillo de dientes . tan maravillosas . Se indicatambién el tono. Por ejemplo. El Regiebuch señala cua-renta cambios en el diálogo. cambió algunas líneas del Acto II. y del limado de uñas. Cadauno de estos 46 . tiene tresseries de movimientos: gira a la derecha y hacia atrás.... como indicamos a continuación: Acto 1: 1) Desde el principio hasta Ojos viejos . También indica que Willie tiene tresposiciones distintas tras el montículo y que su voz tiene que sonar distinta desde cada una de estasposiciones. Por ejemplo. P. Beckett dividió la obra en doce escenas. Hayanotaciones tan especificas como la siguiente: Todos los objetos de vidrio. 4 2) Hasta Willie se abanica con el periódico y Winnie coge la lupa . gafas. P.18 5) Hasta Nadie.. Mira la sombrilla) .. a despacio Winnie . P. se señala que: sonríe treinta veces.12 4) Hasta que acaban de reírse. para que produjeran unefecto de eco con otras similares del Acto 1. 4) Hasta el final del acto. lupa. cabeza baja).. las cosas. Winnie dice a Willie: Creo queest arás de acuerdo conmigo en esto. P.P..23 7) Hasta el fin de la historia del señor Sower/Cooker. La mayoría de las notas de dirección se refieren a Winnie. 3) Hasta Canta tu vieja canción Winnie . ocho en el primer acto y cuatro Los Días Felices Samuel Beckett en el segundo. Willie . Winnie en el Acto 1. y en el acto segundo: Estarás de acuerdo con Aristóteles en eso. (Fin de sonrisa. Se anotan todas las repeticiones de frases ymovimientos. Para facilitar los ensayos. En el Acto 1. Willie -el subrayado es mío.(la voz se le quiebra.p. 8) Hasta el final del acto. espejo. En el Regiebuch alemán están enumeradas todas las posesiones de Winnie y se especifica quetodos los objetos de la bolsa deben parecer muy usados.obra. Beckettdibuja incluso un diagrama del gateo de Willie hacia su agujero cuando está invisible al público yotro de su g ateo al final de la obra subiendo por el montículo.. la intensidad y duración de cada una de las ocho veces que suena el timbre . y después. Acto II: 1) Hasta que Winnie dice ¿y ahora? 2) Desde La cara ..8 3) Desde Totalmente garantizadas hasta que Willie dice él . y las variaciones de estas repeticiones. para mirar a Willie.

El Regiebuch es un minucioso compendio de dirección teatral. como observa la profesora Cohn. además. Se interrumpe o lainterrumpen constantemente. 47 . contrastando co la voz blanca del segundo. una de lascaracterísticas más importantes de este montaje. Winnie imita otra voces: la de Willie. Es un ser interrumpido.consciente del peligro que corre si acaba su ritual de acciones cotidianas demasiado pronto. Además de éstas. Laexperiencia temporal [de Winnie] es un paso incomprensible de un presente inexplicable a otro. dobles o triples. a veces. Otras anotaciones interesantes son las que se refieren a las diferentes voces de Winnie que posee una voz normal. colorido. hay un cambio fundamental en la concepción de laprotagonista. los limites de la locura. a veces. una íntima cuando se habla a sí misma.. que Winnie utilizara un tono especial para leer lainscripción del cepillo de dientes y una especie de canto para sus múltiples citas. en cierto modo. Cuando Beckett dirigió la obra en Londres en 1979. Sin embargo. Ella [Winnie] comienza pero no termina nada. con la discontinuidad temporal.movimientos contiene tres variaciones que también se indican -Beckett llama a estosgiros simples. Si MadeleineRenaud. la del señor y la señora Shower. añadiendo que no era estoica. Seestilizaron sus gestos. y una muy articulada para dirigirse aWillie . presenciando la obra es evidente que Winnie es. Billie Whitelaw. Winnie pasa de tema a tema y de un objetoa otro interrumpiendo continuamente sus acciones y sus palabras. incluso los más rutinarios. Está un poco loca. lade Mildred. Beckett quería. apunta a las bases filosóficas de la obra: Relacionar la frecuencia de la interrupción de palabra y acción. se quedará sin palabras antes de terminar el día. ejemplificaban el convencionalismo dela mujer burguesa de clase media.. elpasado olvidado y el futuro inconcebible . Sólo una nota de sus ochenta yseis paginas. sí sigue a un ritmo demasiadorápido. Billie Whitelaw es una Winnie mucho menos domésticay su interpretación mucho más inquietante bordeando. Winnie se vuelve hacia la bolsa y congela su gesto.interpretó a Winnie. etc. trabajaba con una fotocopia del Regiebuch preparado para su montaje de Berlín. y todos sus movimientos poseían un aire extraño. consciente de susituación y tiene momentos de inseguridad y tristeza más frecuentes en el segundo acto de los queconsigue sobreponerse con su optimismo habitual. temiendo que. El autor/directormenciona también la variedad de colores de la voz de Winnie en el primer acto.. Eva K.al trabajar con ella no tiene siempre que explicarle todo .Igualmente. la actriz preferida de Beckett -quizá porque como él mismo observa. consecuentemente. obligada a ser feliz -o a aparentar que lo esindependientemente de las circunstancias. movimientos y palabras es. luz. Unamujer-niña capaz de muy poca concentración -segura un minuto e insegura elsiguiente. sino inconsciente y que de esta inconsciencia proveníasu fuerza. Beckett describió a Winnie en sus ensayos como profundamente frívola. del que retoma todo el lenguaje y los elementos físicos de laescena. Peggy Ashcroft. Beckett señaló durante losensayos: Una de las claves de la pieza es la interrupción.. atolondrada ycharlatana . Schultz y.. La interrupción constante de gestos. Algo comienza. interrumpe su charla con frecuencia.La comedía del primer acto surgía de la discontinuidad. luego comienzaotra cosa. Sin embargo.

Trino Trives estrenó esta pieza en 1963 -como se ha señalado. como se ha descrito en las notas a la traducción de lapieza. sino porque es por este camino donde su gusto. que hacemos nuestras. Confiamos que Beckett siga escribiendopara el teatro porque uno sabe que continuará extendiendo sus fronteras y ampliando susdimensiones.La importancia de este montaje. es un buen ejemplo de coreografíamusical. van estructurando la puesta en escena. Por ejemplo. de 1979. no realista y psicológico. etc. sin duda. ritmos. la sincronización del texto conel movimiento de los pasos en la obra tituladaPasos.primero dentro de un festival deteatro. que el primer acto es demasiado largoy realizó varios cortes en el texto -en el episodio de la sombrilla. es que nos muestra cómo Beckett ve Los días felices. 1963. La orquestación delos movimientos de Winnie. Muchas de sus imágenes se inspiran en pinturas: Blake para la cabeza de That Time. Cree ahora.. suimaginación y su talento le llevan .casi veinte años después de haber escrito la obra. 2) Beckett se acerca al texto de un modo musical. Los montajesque ha dirigido han servido. Otras se toman directamente de la realidad. Los DÍAS FELICES EN ESPAÑA La primera versión en castellano de Los días felices se publicó en la revista teatral Primer Acto. Sus traducciones de las obras de Beckett son 48 . en el Teatro Valle Inclán de Madrid. 39. Algunas veces cambia el texto para dar a la obra esta estructura musical. Las principales características de Beckett como director de escena pueden resumirse en: 1) Precisión total y atención meticulosa a todos y cada uno de los detalles escénicos para quetodos formen parte de la estructura general de la pieza. Las repeticiones degestos. Hay que reconocerel mérito de Trives al arriesgarse a estrenar unas piezas que sabía de antemano iban a ser rechazadaspor la censura de la época. como el Auditor deN o t I -inspirado en una mujer tunecina 4) Quizá el aspecto mas importante de Beckett como director es que considera la puesta en escenade una obra como el último paso en el proceso creativo. Beckett volvió a su estética de luces y sombras y minimalismoescénico. tonos. Después de Los días felices. en traducción de Trino Martínez Trives. y más tarde. por ejemplo.con Billie Whitelaw es su canto del cisne teatral . no como algo añadido a él. 3) El impacto y la forma de la imagen visual escénica preocupan a Beckett tanto como preocupaban a Artaud. el 13 de mayo de 1964. En este montaje ha dejado las huellas de toda sucarrera como director de escena.núm. consiguiendo unas imágenes fascinantes con un lenguaje tan significativo que unosminutos sirven para comunicar toda la experiencia humana. o Caravaggio y Munch para la boca ardiendo de Not 1. Estas son palabras de Alan Schneider. Beckett ha dicho que su Happy Days. no sólo para mostrarnos su maestría en el uso del lenguajeescénico. movimientos. sino también para entender mucho mejor sus obras. o los movimientos de Willie tras el montículo-invisible a los espectadores. No porque él se proponga hacerlo. introductor del teatro de Beckett en España. También cambiósignificativamente la aparición final de Willie. dirigiendoPasosBeckett declaró: esto es música de cámara . que hemos mencionado antes.

también recuerda. que en el estreno de la obra llevaba unsombrero hongo pequeñito que en montajes posteriores sustituyó por un sombrero de fiesta conuna pluma de colores larga . Otras obras de Beckett se montaron esporádicamente en España en los años 60 y 70. Es el genio no el geniecillo. la actriz catalana Rosa Novell. pero sí al Sr. más o menos. En 1984. sumontaje hizo una gira por varias ciudades españolas en 1975. fue atacado por la críticaconservadora como si se tratara de una agresión frontal a toda la escena española. representante de la crítica católica militante. Tuvieron que pasar algunos años antes de que a este autor se leconsiderara fundamentalmente como un desmitificador. Pero esto último sería lo de menos ya que no entraña ninguna novedad. Las obras de Beckett empezaron a montarse en nuestro país dentro de un panorama teatral que no permitía estrenar Divinas palabras de Valle Inclán. en versión de Trino Trives). a Beckett se le consideraba como un epígono de los filósofosexistencialistas. en su versión íntegra y que suprimía escenas de Luces de bohemia por considerarlas obscenas. sino por revelarla innecesariamente y por tener(según este tipo de crítica). sino que. con cambios menores. A Beckett no se le atacaba por falsear la realidad. que esté dispuesta a someterse a la rigurosa disciplina que el texto requiere. citaré al crítico más notable de la época. conuna perspectiva de veinte años. quizá porque esta obra requiere una actriz excepcional. Shakespeare es un autor corriente al que. Cabe añadir aquí que parte de la críticabeckettiana española está todavía anclada en los planteamientos filosóficos e ideológicos de los 60. aburrido. sin emoción. laacogida por parte del público fue generalmente buena. En este panoramacrítico. Beckett. sin pensamiento ni galanura formal . Don Nicolás González Ruiz.autor de El espectador y la crítica. o la secreción póstuma del surrealismo -y las versiones de Trives están sin dudainfluidas por las ideas de la época. Ni lo que dice ni lo que quieredecir. y un revolucionario de las formasdramáticas -quizá el mayor en este siglo junto con Genet. Recuerda que en su actuación resaltaba loselementos grotescos de la obra y. se dirigió aldirector y dramaturgo José Sanchís Sinisterra para que dirigiese esta 49 .puede entender todo el mundo. una concepción materialista y blasfema de la vida. pero no hayque olvidar que en los primeros 60. El estreno de Los días felices (Días felices. Según la actriz Maruchi Fresno. sin belleza.fácilmente criticables. sin interés. escribía enYA: A Samuel Beckett le entendemos y no nos gusta. En cambio. y se las puede tachar de trascendentalistas y solemnes. DonSamuel es un raro entre los muchos que en el mundo han sido. reiterativo.. sentenciaba: Aquí no conoceremos íntegramente a Shakespeare.. pero noLos días felices. Francisco Álvaro. Alfredo Marqueríe Días felices como las anteriores piezas del autor. tartamudo. Lo cualtiene su explicación. Finalmente. fatigoso. es exponente de un antiteatro pesado. enamorada del personaje de Winnie. Trino Trives no sólo volvió a montar la obra en 1965. si lamanera de ofrecérnoslo no fuera la negación del teatro.

celebrado del 28 de marzo al5 de mayo de 1985. como requiere la obra.. pero difícil. delos Teatros del Círculo de Bellas Artes. papel de Willie con meticulosaprecisión. hay momentos en que el textose queda bajo. presentado en el Teatro Maria Guerrero. y elespectador está --o se le supone. También desde las páginas de El País. en versión castellana de Sanchís Sinisterra. els bons dies -traducida de la versión francesa Oh les beaux jours.suficientemente familiarizado. o sin tal vez. El telón defondo era demasiado pequeño y su colorido. muyponderada. el 28 de febrero de 1984. la comicidad y el patetismo característicos de esta pieza. Este montaje.. y tampocoera lo suficientemente intensa como para ser uno de los principales elementos de tortura. continua Sagarra. que es muy mesurada. Sin embargo. Rosa Novell conseguíamantener fascinado al espectador especialmente en el difícil segundo acto. la intensidadpoética. Con una precisión gestual y una variedad vocal admirables. el autor más importante que vive en la actualidad. Este estreno catalán constituyó todo un éxito por la magnífica interpretación de Rosa Novell en el papelprotagonista. La dirección de Sanchís Sinisterra fue excelente al conseguir el ritmo.se estrenó en el Teatro Regina de Barcelona. esta obra de Beckett era una tragedia metafísica aterradora.obra. Con el título de Oh. Joan de Sagarra. era excesivamente suave y la distorsionadamúsica del vals de La viuda alegre . dentro del Festival Beckett . el crítico teatral Eduardo Haro Tegglen desde Madrid . que precedía la subida del telón. Pep Ferrer interpretó el minúsculo. dice Haro Tegglen. no rojiza.. y en la Sala Fernando de Rojas. y Happy Dqys es una de ellas. tal vez. un ejercicio casi perfecto . escribía desde Barcelona( El Paí s. una crítica sobre:Oh. completamente inadecuado pararepresentar el horno de luz infernal .pertenecientes al estreno de la obra.. escribe sobre este mismo montaje. El sonido del timbre que despiertaa Winnie y que es el principal elemento de tortura. Si comparamos las criticas a este montaje con las mencionadas anteriormente. y añade una observación muy pertinente: yo me pregunto siesa ponderación no habrá jugado contra la eficacia del espectáculo. La luz era blanquecina. cuando queda reducida auna cabeza parlante. anticipaba el tema musical dela pieza y privaba al espectador de la sorpresa de oírla por primera vez cuando Winnie abre su cajitade música. imagen central de la pieza. Escuchando ahora el gran texto seencuentran bastantes vestigios de optimismo: una capacidad de 50 . en el Teatro Regina. en la versión catalana deVicenç Altaio y Patrick Grifeu. Al hablar de la interpretación de Rosa Novell. el10 de octubre de 1984. el espacio escénicopresentaba algunos problemas. 28 de febrero de 1984). ahora en castellano. no sube como suben los buenossouff l es . con el título:Qué hermosos días en versión de Sanchís Sinisterra: Hace un cuarto de siglo . se presentó en Madrid en elTeatro María Guerrero durante cuatro días en octubre de 1984. si no con todas suspiezas. afirmando que no contaba el argumento de la obra porque Beckett es. azul celeste. els bons dies. veremos que el cambio de la crítica española en torno a Beckettha sido notable. si con las más significativas.

només. Cabría preguntarse por qué la presencia del teatro de Beckett en España ha sido tan esporádica ysuperficial. Como los personajes de Beckett nos instalamos ensituaciones inexplicables El famoso absurdo es nuestra realidad cotidiana.. no ha montado nunca obras taninfluyentes en la estética del teatro contemporáneo como son Esperando a Godot o Final de partida -obras ya clásicas y que se representan con frecuencia en los teatros nacionales de otros países. La influencia de Beckett en algunos autores españoles es innegable. nihilista. algunas piezas teatrales de Lorca o Alberti. En general. en forma de comedias omelodramas.. etc. como oscuras e incomprensibles. la mayor parte de la crítica aclamó la obra y. sin embargo. que hemos renunciado a la obsesión interpretativa. Varios críticos se hicieron eco de la palabras deéste que.Antes era fácil apelar a los principios autocráticos y censores de la sociedad española. Existe todavía la idea delBeckett pesimista. para combatir la falta de libertades y la brutalopresión franquista. i que ens arriben. descifradora. Willie el reptante. eligieronun teatro de denuncia y de compromiso político. en especial. Valle Inclánincluido. amb un interés puramentdocumental (unos días lejanos. la interpretaciónde Rosa Novell y la dirección de Sanchís Sinisterra. o seignoraban. ya es menos comprensible que los profesionales de la escena letengan todavía cierto miedo a Beckett -salvo algunas excepciones. por ejemplo. uns dies llunyans. el amor y la compañía de los dos seres residuales -Winnie laenterrada. tomando como modelo a Bertold Brecht. Luis Matilla.y los días felices de Winnie les parecían... querechazaba sistemáticamente todo lo que venía de fuera. con un lenguaje escénico coloquial.. se pierde la noción del espacio infinito al que se refiere el texto.Diego Salvador y Fernando Arrabal -por citar los 51 . Un pequeño sector de la crítica no fue tan receptivo y mostraba ciertas reticencias sobre laoportunidad de montar otra vez un texto de hace más de veinte años -como si se hubierarepresentado esta obra en España con cierta frecuencia. y no la del gran poeta dramático creador de una estéticaradicalmente nueva. . en la mayor sensibilidad y ecuanimidad de la crítica teatral. tenía poca posibilidad de éxito. o a toda la Generación del 98.resignación. o por qué nuestro Teatro Nacional. la magnífica condiciónplástica del ser humano para adaptarse..Quizá la publicación de los cuadernos de dirección de escena de Beckett. Jerónimo LópezMozo (especialmente en Moncho y Mimi). Manuel de Pedrolo (enCruma). También es acertada la observación que hace Haro sobre laescenografía: [en ésta] se percibe como molesta la limitación de la duna en la que están lospersonajes. sin duda. noshemos resignado a vivir sin respuestas a aceptar la interrogación como signo fatal deeste tiempo de incertidumbre. absurdista. Nuestras vanguardias de los años 60 y principios delos 70 optaron por el teatro épico y combativo . En los años 80. y que nos llegan nada más que con un interés puramentedocumental). Ángel García Pintado. sirva para modificaralgunos de los conceptos erróneos más comunes sobre este autor. El cambio en la sociedad española desde 1963 se refleja también... que ha enriquecido e influido decisivamente en la escena contemporánea.. en su nota en el programa afirmaba: Ocurre.como al critico deAvui . Todo loque no fuera naturalismo realista. por su tufo intelectual -como lo hacia el crítico teatral Alfredo Marqueríe-..

9). Casi todos los traductores de Beckett -y no sólo ennuestro país. en traducción de Trino Martínez Trives. - 52 . ediciones agotadas no vuelven a editarse y parece haber una mala distribución de laediciones existentes. Grove Press. hasta ahora. El teatro de estos autores es principalmente alegórico y ha sido escasamenterepresentado. por lo que su influencia en la escena actual española no ha sido muy significativa-Arrabal es un caso especial dentro de este grupo. les beaux jours. En las notas a esta edición se comentan. no se había publicado como obraindependiente. En lasnotas a esta edición bilingüe se señalan las diferencias más importantes entre las versiones inglesa yfrancesa de la obra. en versión del propio autor. en una versión inglesa idéntica a la americana. sólo señalaremos aquíalgunos de los más significativos. 1961.1984. Existe una edición catalana titulada Oh els bons dies. Esta palabra es collar .es un problema editorial. sin duda. precediendo alestreno de la obra. brevemente. En lo referente a su teatro.que tiene más que ver con el absurdo social -de los romances de ciego. de la versión francesa.que con el absurdometafísico . 1963. por eso heoptado por una edición bilingüe en la que el propio lector pueda en todo momento cotejar el textotraducido con el original y comprobar por sí mismo errores y aciertos y a la vez poder experimentarel gran atractivo de la escritura beckettiana. 39. por Vicenç Altaío y Patrick Grifeu. Esto nos lleva de nuevo alproblema de la irregularidad de las ediciones de las obras de Beckett en nuestro país -especialmentede su teatro. En 1962.brevemente. Los problemas de traducir a Beckett son múltiples y variados. La primera versión en castellano se publicó en Madrid. enriquecedor para nuestro teatro. Es difícil encontrar obras de Beckett enlas librerías.más obvios-. Sólo hay una variación insignificante de una palabra substituida porotra sinónima. PRIMERAS EDICIONES DE HAPPY DAYS La primera edición de Happy Days se publicó en Nueva York. como hubiera sido deseable y. que esperemos queayude al lector/espectador español a conocer toda la variedad y riqueza de su obra. 7) ycomo necklace en Faber & Faber (pág. con el tít ulo de Oh. muchos años después de su creación. que aquí. núm. se observa un resurgimiento del interés en torno a Beckett. Otro problema que quizá explique el relativo desconocimiento de la obra de Beckett en España-especialmente las más recientes. por lo que ha sidoimposible para la gente de teatro española seguir la experimentación escénica beckettianacronológicamente. Paradójicamente.son apasionados beckettianos. SOBRE ESTA EDICIÓN: HAPPY DAYS / LOS DÍAS FELICES Esta es la primera edición anotada y bilingüe de esta obra en España. reconocen abiertamente la influenciabeckettiana. Ediciones del Mall. La primera edición en francés se publicó en París. Estos autores practican una especia de teatro no-realista. Happy Days se publicó en 1961 y. Como todo poeta Beckett es difícilmente traducible. excepto por las variantes ortográficastípicas del inglés americano. En la actualidad. Barcelona. LesEditions de Minuit. en la revista teatral Primer Acto. que aparecer como necklet en Grove Press (pág. su intensidad poética y su musicalidad. que hacen de latarea traductora un acto casi imposible. publica la obra enLondres. hemos tratado de presentar. que tuvo lugar al año siguiente.1963. Faber & Faber. o del absurdo a la española . la tentación de intentar traducir la palabrabeckettiana se presenta como algo inevitable. las obras de los años 70 y 80 -y algunas anteriores-no se han editado hasta muy recientemente.traducida. estas dos versiones.

peroque.He intentado que mi traducción no destruya la estructura de ecos . comouna melodía.por recurrir a la versión francesa. creemos que el artículo esnecesario -el título francés es ³Oh le s beaux jours´ (subrayado mío)-. cambios enepisodios o escenas. ante la frecuente imposibilidad de traducir ciertas palabras ofrases polisémicas. 53 . Al ser éste un texto dramático. yo misma lo he hecho en repetidas ocasiones. el que vemos en escena es el último de la serie. añadidos. se siguen siempre las sugerencias que ha hecho Beckett en sus propiosmontajes -creo que esta clase de anotaciones pueden ser útiles para posibles directores de escena Los Días Felices Samuel Beckett Finalmente. en ocasiones muy pocas. El propio Beckett. de repeticiones de ciertas fraseso palabras que hacen que determinados temas queden grabados en la mente del espectador. por lo tanto. Las anotaciones textuales no son exhaustivas para no distraer excesiva. obviamente.. teniendo que optar. excelente traductor. Happy Days suele traducirse generalmente como Días felices. e innecesaria-mente.ya que la obra no presenta unos determinados días felices. al lector.lo que no implica que sean necesariamente buenostraductores. etc. he optado en consecuenciapor Los días felices. Ahora pienso que esta traducción es errónea y que el articulo en castellano es totalmente necesario -y no sólo desde el punto de vistagramatical. unas palabras respecto al titulo. hay bastantes anotaciones que se refieren a la puestaen escena de la obra. se puede permitir. reconoce la dificultad de traducir sus obras y ensus diferentes versiones -inglesas o francesas-hace continuas modificaciones textuales. cortes. no le están permitidas a sus traductores. En las anotaciones al texto se señalan algunos de los problemas encontrados. así como laspequeñas traiciones cometidas. sinotodos los días felices deWinnie. como autor. libertades que él.

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