Dans Migrations critiques.

Repenser les migrations comme mobilités humaines en Méditerranée sous la direction de Salvatore Palidda, Karthala, París, 2011, pp. 117-129. avec les contribution de Albrecht, Baroni, Bosworth, Brandariz-García, Brion, Dal Lago, De Giorgi, Deldago Ruiz, Fernández-Bessa, Finzi, Guild, Maccanico, Maneri, Mucchielli, Nevanen, Palidda, Petti, Rahmi, Sigona, Scrinzi

Les études sur les migrations en Espagne. Bilan et réflexions par Manuel Delgado

1. Au service de l’Administration Il suffit un coup d'œil au programme du dernier congrès sur l’immigration qui a eu lieu à A Coruña entre le 17 et le 19 de septembre 2009 pour avoir une idée précise de l’état de la production actuelle sur les migrations et sur son actuelle orientation. Au sommaire des futures Actes de ce congrès, les titres des différentes sessions de travail, panels, tables rondes, ateliers: «Politiques de contrôle de l’immigration», «Systèmes migratoires comparés», «Admission et régulation du séjour et travail des migrants», «Modèles de bien-être et régimes migratoires», «Politiques et droits sociaux» «Indicateurs d'intégration de la population étrangère dans l'analyse sociale», «Politiques de retour des migrants», «Éducation et jeunesse», «Politiques de coopération pour le développement». On peut donc constater une attention préférentielle pour les affaires relatives a la gestion administrative de la population de personnes originaires des pays plus pauvres à la recherche de travail et destinées à occuper les emplois les moins qualifiés. Leur présence est conçue comme celle d'une invasion à laquelle il faut faire front, comme s'il s’agissait d'organiser une sorte d'état d'alarme général suscité par une situation exceptionnelle et préoccupante. Ce n’est pas un hasard si la grande majorité des inscrits au congrès ont été des fonctionnaires des collectivités locales et nationales, employés ou sous contrats comme techniciens spécialisés ou étudiants inscrits dans toutes sortes de troisièmes cycles offerts par les universités; tous formant une sorte de parti, l’authentique légion de professionnels ou aspirants professionnels consacrés aujourd’hui à la scrutation «scientifique», c'est à dire systématique et rigoureuse, de la «question migratoire». Au congrès on a parlé beaucoup de politiques, d'intégration, de prise en charge (sanitaire, éducative, légale, institutionnelle, policière...) de participation, d'inclusion, du besoin de tolérance et d'ouverture à l'autre..., toujours sur un ton solidaire, ou plutôt compatissant, comme si tout n’était que question d'initiatives administratives et/ou de sentiments, de prédispositions éthiques, de valeurs civiques, etc. A peine y est énoncée l’allusion à l'exclusion sociale massive d'une part importante de la population, aux phénomènes de discrimination, ségrégation ou stigmatisation que celle-ci endure et, naturellement, il n’y a pas eu la moindre référence au mot par excellence maudit: exploitation. Il est intéressant rappeler l'évolution qui, après les approches militants et antiracistes de la première moitié des années 1990 (Alvite, 1995; Contreras, 1994; Juliano, 1996, San Román, 1996), a conduit à une prédominance absolue de recherches, publications, ‘informes’, analyses, commissions, organismes, observatoires, centres d'études, réunions, séminaires, masters, cours..., tous orientés à satisfaire les nécessites administratives en matière d'immigration, c'est à dire ce qu'on peut et qu’on doit faire avec les travailleurs étrangers et leurs familles venues pour s'incorporer au marché du travail, en grande partie informel/souterrain. Malgré cette dépendance et servitude,
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Benach & Nash. sur la vie en commun avec ce que nous appelons par consensus «les immigrés”. ce qu'on peut nommer le «citoyennisme» (Delgado. une sorte de charge que je vis comme une faute. les différentes administrations publiques. éducatif (Marí Ytarte. la volonté de contribuer à la cause contre l'exclusion social et l'évidence qu’il n'est pas possible d'échapper aux impératives venant de ces grandes commanditaires de la recherche. visitée dans plusieurs villes espagnoles et qui a fait partie aussi du Festival de Marseille en 1996. mais elles sont. Carlos Giménez et Liliana Suárez.maintenant on peut voir des chercheurs et des groupes de recherche qui essaient de concilier la rigueur et l'honnêteté scientifiques. j'ai été nommé membre rapporteur de la commission d'études sur l'immigration du Parlement de Catalogne. Il faut souligner qu'existent pourtant encore des approches manifestement critiques.e. C'est ainsi que nous sommes devenus une nouvelle évidence du rôle fondamental qu'assument les «experts» à l'heure d'objectiver et faire irrévocable les stigmates de ceux qu’ils étudient. C'est ce que certains auteurs ont défini comme le paradoxe de l'intégration/ségrégation à l’œuvre dans tout enseignement spécialisé. le Centre d'Estudis sobre Migracions i Minories Ètniques. 2004. Javier García Castaño et son Máster en Educación Intercultural à l'Universidad de Granada. 2002). 2006). comme une suite d'impostures et comme des actes de complicité avec une situation d'injustice et d'abus généralisés tout à fait inacceptable. j'ai eu le privilège de recevoir la commande de concevoir une exposition très importante. i. 2008) ou épistémologique (Santamaría. Aramburu. légitimant au nom de disciplines scientifiques l'établissement d'un objet d'étude concernant une parcelle de la réalité auquel attribuer une nature «naturelle». Quelques exemples significatifs: Antonio Izquierdo (Universidad Complutense de Madrid) et la revue Migraciones internacionales édité par le Colegio de la Frontera Norte. 2008). C'est sur ce point que je vais proposer ma réflexion personnelle. au contraire. le Grup de Rercerca sobre Interculturalitat i Gènere (Tello. 2002. est offert dans le champ juridique (Bergalli. parmi d'autres. presque autobiographique. qui opère comme un dispositif de détection de ceux que le système scolaire a considéré comme beaucoup trop différents et qui sert à établir une sorte de frontière infranchissable pour ceux qu’ont été destinataires de ce type d'éducation différenciée. dotée d’un grand budget. urbain (Monnet. Solé. 2001). et aussi de l'UAB (Pascual. 1999. Quelques exemples. une réflexion que j’ai pensé à propos de ma contribution à un discours sur le multiculturalisme. J'ai été responsable du cours de maîtrise de mon Université «Immigration et diversité culturelle» pendant plusieurs années. sur l'interculturalité. 2008). à travers el Máster en inmigración. De quoi parlons-nous quand nous parlons d'immigrés ou d'immigrants? Je peux évoquer ici mon expérience comme membre de la commission d’études sur l’immigration convoquée par le Parlement catalan. où j’ai pu assister a une discussion 2 . Il s’agit du même mécanisme pervers qu’intervient dans ce qu'on appelle «éducation spécialisée». dont la valeur mérite d’être reconnue. Toutes ces prérogatives et reconnaissances pourraient nourrir ma vanité. 1997. qui finit par réaffirmer la logique qu’elle proclame combattre. La question que je me pose est : jusqu’à quel point nous avons été les collaborateurs actifs et coresponsables. telle qu'elle fonctionne de manière objective en tant que source de confirmation de l’étiquetage dénégatoire qu'endurent ses présumés «bénéficiaires». j'ai écrit des livres réputés comme des références sur la «question migratoire». 2002). désormais considérée du point de vue de ce qui a finit par devenir l'idéologie institutionnelle par excellence. refugio y relaciones intercomunitarias de l'Universidad Autónoma de Madrid. enfin. 2008). le Grup de Rercerca sobre Migracions de l'Universitat Autònoma de Barcelona (Ribas.

forment ce qui est qualifié de «minorités ethniques». sont "ethniques". etc. les immigrés le sont également sur le plan culturel. la première chose qu'on remarque c’est que ces attributs ne s'appliquent pas à tous ceux qui à un moment donné sont venus de l'extérieur. Bien loin de l’objectivité des chiffres statistiques. Cela n’aurait pas de sens. car ils proviennent d'une société moins modernisée: la campagne. Philippin. Les immigrants. de même qu’au nord de l’Italie on parle d’immigrant pour faire référence aux originaires du sud du pays. l'immigrant doit être considéré étranger. «immigré» est une épithète qui s'applique aux personnes perçues comme dotées de caractéristiques négatives. les pays de ce qu’on appelle le Tiers Monde. par exemple. Andalou… pauvre. Dans mon pays –de même qu’en France et dans d’autres pays. ce qui implique que c’est un intrus. un Français. des travaux spécialisés sur l’intégration des immigrés….hallucinante à propos de ce qu’est un immigré et la différence qu’il y a entre un immigrant et un étranger. il n’existe aucune guérison? A quel moment peut-on abandonner la condition d’immigrant? Comment faire pour surmonter une identité à tel point stigmatisant? Est-ce être immigrant est comme une condamnation qu’il faut traîner éternellement et que l’on peut hériter de ses parents ou de ses grands-parents. Ils proviennent d’une civilisation arriérée que. Il va sans dire que l'application de l’adjectif ethnique affecte uniquement des productions culturelles considérées comme pré. En plus. par conséquence. par exemple. compréhension. applicable à des individus sans passeport national. Nous venons de reconnaître que pour devenir immigrant il faut. mais le plus important: il n’a pas été invité. ils incorporent parmi nous. Je me rappelle comment ont été complètement inutiles les efforts des académiciens de la commission pour soutenir l’évidence que «étranger» est un terme objectivable. Pour être immigrant. les régions pauvres d'un même État. Nous avons demandé aux politiciens de la Commission –sans avoir de réponse-: quand on est immigré. dialogue. être pauvre. Pakistanais. Dans l’imaginaire social.. même pas une condition administrative ou juridique qu’on puisse établir selon des critères positifs. ceux qui viennent d’arriver. donc. et «immigrant» est une dénomination d’origine tout à fait idéologique. Équatorien.ou extramodernes: une danse soufie ou un restaurant péruvien. «l’immigrant» n’existe que comme personnage conceptuel. et en dépit de toute la rhétorique et des discussions à propos des immigrés. mais seulement à certains d'entre eux. ni les membres de ces nationalités seront invités à des fêtes de la diversité ni aux semaines de la tolérance. d’un autre part. 3 .un Anglais. il est indispensable d’être Marocain. comme c’est le cas de la logique impossible qui fait de certains personnes immigrés «de première» ou «deuxième génération»? Il est manifeste qu’être immigrant ou immigré n’est pas un phénomène naturel. des immigrés Allemands qui colonisent massivement en ce moment la côte des Iles Baléares.. “immigrant” ou “immigré” sont. disons-nous. c’est pour longtemps? C’est pour toute la vie. avant tout des appellations d'origine qui ne s'appliquent pas à des immigrés réels. pour prendre un exemple. Pourtant. À l’heure de définir clairement ce qui doit être entendu comme un immigrant. Pour être reconnu comme immigré à Barcelone. un Japonais…. Personne ne parlerait. des politiques ou des initiatives solidaires adressées «aux immigrants». il ne suffit pas d’être arrivé d’un pays différent du sien. d’emblée. Ils n’existent pas d’immigrants riches. un Américaine. comme dirait Deleuze (1971: 7). même pas de classe moyenne. ni leurs coutumes seront jamais cataloguées comme ethniques. Bolivien. ne sont pas du tout immigrés et leur communauté ne constitue pas une «minorité ethnique». Chinois. En plus qu'inférieurs par leur place dans le système de stratification sociale. d’ailleurs. En Catalogne on désigne comme immigrants les venus d’Andalousie. personne demandera pour eux ouverture.

intrus. et en tant que tel est maintenu à tout moment au service d’une claire séparation entre l’intérieur et l'extérieur de ce système social auquel il s’intègre. le contentieux basque. ce qu’on pourrait dire une nouvelle minus-value: l’incapacité ou invalidité culturelles. Mais si l’on peut encore défendre l’existence de cet immigré. dangereux. représente des logiques impossibles. Pour mériter la marque immigrante ou immigré. et à la survie même de son essence spirituelle. même lorsqu'il ne bouge pas. il peut être n’importe quoi. il est placé et établi. au service de la mission de rendre pensable la désorganisation sociale vue de l'intérieur (comme l’a écrit Isaac Joseph. ne bouge pas. mais comme un corps étranger. l'immigré est aussi dangereux car il est associé à toutes sortes de menaces à l'intégrité et la sécurité de la société d'accueil. La guerre à la Bosnie. c’est-à-dire quelqu'un qui se trouve migrant dans ce moment-ci. il est indispensable d’être aussi pauvre. mais jamais un immigré. individu qui n'est pas à une frontière. Considéré au pied de la lettre. on ne peut pas du tout parler d’immigrant.une définition concrète de ce qu’ils sont et de ce qu’ils ne seront jamais protagoniste. Ce n’est par hasard que le participe actif est le verbe impersonnel qui dénote la capacité de réaliser l’action qu’exprime le verbe dont il dérive –immigrer. cet individu qui a changé de lieu à un moment donné de sa vie. inférieur. non. cela suppose l’éventualité d’une chose irréalisable: qu’un être humain soit immigré de naissance. Mais. qu’il faut expulser. un surplus duquel il faut se libérer. excessif.pas une valse ou une pizzeria. J’en ai déjà cité une: celle qui implique l’existence de migrants de première ou deuxième génération. dans notre cas. la 4 . un Italien ou un Canadien. un immigrant laisse sa condition d’immigrant au moment même où il arrive. Enfin. mais qui reste surpris dans le temps. L'immigrant doit être numériquement excessif. Pour satisfaire une telle fonction symbolique. inconcevables. attrapé par son passé. ni d’être le descendant de n’importe quel tout venant. Après. mais qui est la frontière ellemême. certainement pas. ce qu’on appelle «sa culture». son auto-évidence.alors que le temps présent implique une actualisation de cette action. À quoi sert cette dénomination subtilement péjorative? Très simple: pour ethniciser ceux qu’on signalé et comme une façon d’indiquer l’existence proche d’individus qui soufrent un type particulier de handicap. Ainsi l'immigré n'est pas seulement la pièce fondamentale d'un système de production fondé sur l'exploitation humaine ou l’assurance d’un renouvellement de la population. la condition requise n’est pas d’être né dans un autre lieu. Les deux dénominations impliquent –malgré l’innocence que suppose sa banalité. Les Tziganes ou les Sénégalais sont ethniques. l'être humain qui nous intéresse a comme caractéristique principale qu'il ne se déplace pas. car il est un lest qu’il est urgent de jeter. il est essentiel que l’immigrant ou l’immigré. D’une part. Pour postuler d’être immigrant ou immigré. la désignation immigré (la plus commune en France) implique l’application à certains êtres humains d’un participe passé substantif: l’étranger est contemplé et reconnu comme quelqu’un qui est arrivé. arriéré… Mais encore plus: l’immigré ou l’immigrant doivent être monstrueux. il est tout à fait sédentaire et souvent il est né déjà sédentaire. Il est conceptuellement perçu comme se déplaçant dans l'instabilité perpétuelle. esclave à tout jamais de ce moment-là dans lequel il est parvenu à sa destination. handicapé. c'est-à-dire un immigré qui n’aurait jamais immigré de nulle part. 1997: 182). constamment renouvelée. car on ne peut pas attribuer un participe présent à une action passée. C’est le langage ordinaire qui a reconnu l'immigrant comme être liminal. même s'il est devenu sédentaire. de sorte qu'il est perçu comme quelqu'un de trop. moment qu’il ne pourra surmonter dans aucune circonstance. mais il assume le caractère d’opérateur symbolique. au service d’une fonction d’ordre symbolique par essence. il n’est pas non plus possible d’être migrant ou immigré tout court. c’est un conflit ethnique.

à surveiller. Ceux qui sont classés comme «minoritaires» finiront inéluctablement par se convertir en ce que tout le monde -et les scientifiques peuvent-ils «démontrer» qu'il est vrai. finit inévitablement par produire la réalité qu'elle même cherche à classer. conflictuelle. l'anthropologue a pu apparaître comme typifiant une anomalie qui a été présentée comme «culturelle» et dont le résultat est une infériorité qui n'est finalement culturelle. déviant. D'autre part. notre appareil terminologique a contribué à la distribution de catégorisations délimitatives. irréversibles. C'est le cas de la science anthropologique. il ne faut pas étudier les Maghrébins mais la manière dont certains individus sont produits comme Maghrébins et l'intervention stratégique de cette image dans les pratiques d'identification. irrévocables. comme toute classification. sans atteindre en aucun cas son destin final: c’est ici et maintenant où il se trouve. En effet.Gérard Althabe nous a mise en garde: par exemple. les intérioriseront.restauration d’un pèlerinage inaugural qui ne culmine jamais. il a certifié traits. pour ainsi dire. 2. c'est bien probable qu'ils finiront par apprendre. le soi-disant immigrant réédite l’image a légendaire du barbare: l'étranger éternel et absolu qui a débarqué chez nos plages et dans lequel nous reconnaissons les profils interchangeables du naufragé et de l'envahisseur. des relations sociales qui ont été le résultat de pratiques et d'idéologies desquelles dépend le maintien et la reproduction d'une société hiérarchisée. la ségrégation et les abus réelles. ceux qu'ont été marqués avec l'attribut «immigré» ou «ethnique». de la terminologie aseptique et les définitions abstraites des langages disciplinaires à la discrimination. c'est à dire à la réelle asymétrie des rapports sociaux. mais à un ici et a un maintenant auxquels il n’appartient pas. c'est à dire inexorables. aidant à l'enfermer dans une prison identitaire –«je suis immigré. ainsi comme son gré d'accessibilité aux biens et aux ressources indispensables. Bref. pas admissible. inerties et récurrences reposant sur des taxonomies ethniques ou nationales dont le rôle a été fournir des outils cognitifs nécessaires au service de l'exclusion et l'exploitation des travailleurs étrangers. l'anthropologie «des immigrants» a admis sans aucun esprit critique ou a fourni avec leurs propres catégories d'analyse prémisses conceptuelles qu'ils ont légitimé -ou du moins potentiellement. On passe ainsi. mais des migrés. on obtiendra la professionnalisation de 5 . Cette tâche est à la charge de systèmes experts réputes scientifiques. Encore mieux. tout le temps immigré».d’où n'était ni possible ni légitime d'échapper.établie qu'ils sont. destinée à unifier l'hétérogène et expédier une partie de cette hétérogénéité jugée trop exceptionnelle au domaine du pathologique. indésirable. à expulser ou simplement affaire délicate à examiner avec attention. systèmes qui utilisent toujours un langage technique et sophistiqué. inacceptable. Loin de considérer les êtres humains étudies dans la pluralité des situations où ils apparaissent constamment impliqués. les termes de leur infériorité. une fois de plus. à tenir à distance. les feront substantives dans eux-mêmes. reconnus comme compétents pour définir ce qui est le normal et comment fonctionne cette normalité. c'est à dire: ils finiront par se minoriser. et en particulier de l'anthropologie pas des migrations -champ sous la juridiction de la démographie-. mais sociale. et seul immigré. dangereuse. Loin de là. qui exige de se voir répété.la marginalité d'une partie très importante de la classe ouvrière de nos pays. Mais voici comme la classification scientifique. La naturalisation «scientifique» des immigrés Naturaliser veux dire montrer comme «naturelles». c'est à dire relative au lieu que le Maghrébin occupe dans une structure économique et de production.

une suite d'unités discrètes. qu'il existe une correspondance entre les structures sociales et l'ordre mental. signifie que le classement et en même temps la stratification sont aussi des structures symboliques.serait d'exercer alors ce que Pierre Bourdieu appelle. par laquelle l'être humain classifie l'univers. que toutes les sciences. à la suite Weber. sert à la fois à nourrir la base d'un classement.a pu apparaître involontairement ainsi impliqué -comme dans la bonne époque coloniale. en effet.la complexité d'une société humaine comme la notre. dans un travail déjà classique. puisque elle a été fournie par cette source de vérités qu’est l'institution presque religieuse de la Science. Il faut rétablir l'actualité de la leçon principale de Durkheim et Mauss dans son célèbre étude sur les classifications primitives. appliqué au cas des sociétés urbaines modernes. verticalement 6 . c'est à dire superposée et définissable par et dans elle-même. mais aussi l'occultation de leur propre nature hiérarchisante. que la violence symbolique est exercée moyennant des systèmes de classification rigoureuses à disposition non seulement de l'imposition des standards culturels dominants et pour argumenter «scientifiquement» les divisions sociales. relier et ordonner -grâce à des systèmes logiques de dénotation.dans la naturalisation d'un ordre socioéconomique qui se dresse sur toute sorte d'inégalités structurelles. mais aussi à le produire. mais socialement induite. une vérité plus vraie encore. Ce n'est pas la différence à fournir la différenciation. Toute unité de classification. comme on pouvait s'y croire superficiellement. comme on peut voire dans nombreux cas de représentants et des médiateurs qui se présentent et sont reconnues comme des interlocuteurs privilégiés avec les minorités préalablement habilitées comme telles. partagée par les épistémologues eux-mêmes. Rappelons-nous que l'ensemble des travaux de Foucault. Cette observation nous permet de voir qu’ils n’existent pas des différences culturelles qui engendrent la diversité. La grille ethnique -l'anthropologie et ses critères de qualification et classification. l'ethnicisation prétendument scientifique des secteurs sociaux victimes de l'exploitation et de la marginalisation a pour tâche de jeter sur eux une sorte de nomination de laquelle apparaissent. nous ne classifions pas de choses qui existent mais elles existent et nous les découvrons parce ces choses ont été classifiées antérieurement. fonctionnent comme des dispositifs qu’inventent et ordonnent des entités explicatives supposés durables. distribuer. élaborer des définitions de coordination basées sur un principe régulier de division nomothétique. à partir de lesquelles.Cette condition construite et à certain point toujours arbitraire des épistèmes n'est qu'une reconnaissance. inventé par ou pour l'Administration. À savoir. derrière lesquelles il faut reconnaître à tout moment l'action de dispositifs de mise en ordre et de contrôle. Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron (1970) nous ont montré. sociodicées. La mission des classifications -comme celles qu'instaurent la segmentation ethnique de la nouvelle classe ouvrière.quelques-uns d'entre eux juste autant que «minoritaires». organisées. y compris l'anthropologie elle-même. l'identité de la plupart desquelles est tout à fait artificielle. séparer. En d'autres termes. est engagée dans une réflexion extrêmement sceptique au sujet des catégories analytiques de sciences qu'ils sont toujours à la fois sociales et naturelles. Cela. mais la différenciation qui crée et réifie les différences. comme par magie. qui intériorisent dans l'esprit des individus sa vérité. distinguer. tels que ceux fournis par les sciences sociales. C'est ainsi que fonctionne la rationalité utilisé pour classer. Dans notre cas. les stratégies symboliques qui viennent légitimer et naturaliser la base sociale de la domination des détenteurs des différents types de capital. De quoi s'agit-il ? Il faut voir notre rôle comme chercheurs en sciences sociales à l'heure de digitalisation d’une information venant d’une expérience empirique qu’il est en essence analogique. mais c'est la diversification qui trouve ou génère des marques au service de la volonté et le besoin de distinction.

Alors on projette une image publique qui tente de surdimensionner les conflits et remarque ses aspects les plus mélodramatiques et truculents. bien loin de rectifier la tendance au démantèlement des services publiques. la nécessité sociale et politique d'unification de la pensée et de démêlement du réel. leur donne à tous le deux à la fois les attributs et les attributions.implique des pratiques administratives consistant non seulement dans la protection. explications.établissent les mécanismes pour nous protéger de cette menace . alors ces mêmes instances -les gouvernement et les média.. Une fois que les institutions et la presse à son service ont été autoconvaincus et ont convaincu le public qu'il existe un grand motif de souci social et même une authentique anxiété collective. Loin de faire quelque chose pour corriger les pratiques patronales basées en l'exploitation ou la spéculation immobilière. donc. Les pouvoirs assument. 7 . la lutte contre l’«invasion» ne négligera jamais le respect scrupuleux des droits humains et des valeurs démocratiques. naturalise tous les deux. à ses antipodes. Au même temps. cependant. de la marginalité. les pratiques réelles. théories auxquelles sont livrés infatigablement les «experts» et les «spécialistes». avec ses arguments «scientifiques». le discours des «bonnes pratiques». mais aussi dans l’institutionnalisation de l'exploitation. Le mot créé le groupe qu’il nomme et celui-ci nomme. d'«ouverture à l'autre». bien sûr. les instances officielles affirment que l’immigration est vraiment un problème et on décrit cet affaire insinuant qu'il est le principal ou un des plus importantes que le pays subit. aujourd'hui les productions idéologiques institutionnelles reprennent leur ambiguïté intrinsèque et parlent surtout du «dialogue parmi les cultures». de la ségrégation et d’un numéro indéterminé de variétés d'exclusion et négations sociales qui affectent surtout les plus vulnérables.. Une fois de plus il n'a été pas possible d’échapper des codes qui dressent ce qui est nécessaire. les hiérarchies. bien qu’ils nous tranquillisent avec l'idée que tout est sous contrôle et nous ne nous écarterons pas de nos supposés principes moraux fondateurs. ce qui doit et peut changer. parmi lesquelles les travailleurs et travailleuses étrangers en situation précaire chronique. les mêmes institutions mettent en place les instruments et les mécanismes de l'abus systématique et généralisé sur les travailleurs étrangers et leurs familles. Ce double discours des institutions inquiètes et provocatrices d'inquiétude -à cause de l'"alarmant problème de l'immigration".bien sûr. ils tâchent d'atténuer le problème et les solutions -souvent très sévèresqui viennent d’être suscitées: ils assurent que dans cette mission les fondements humanistes de notre civilisation seront sauvegardés et. 3. en même temps. sans arrêter de nous convaincre de la valeur indéniable de ses résultats. interprétations. pour montrer le caractère inévitable de n'importe quelle ordre social et contribuent afin de le rendre possible. de l'injustice. loin d'assurer une amélioration des prestations sociales qu’on nous avaient fait miroiter comme le futur état du bien-être. D'une part. mais. Le racisme cosmopolite Le rôle des institutions par rapport au «problème» de l’immigration est double.que retombe la pire partie des dynamiques d'accumulation et croissance des taxes des profits.. D'un cote. de l'autre. C’est sur ces nouveaux prolétaires -qu'ils travaillent ou qu'ils cherchent du travail ou comme exilés dans les territoires de la marginalité sociale et de la délinquance. la tâche d'ennuyer la population à propos d'un cadre proche de l'émergence nationale provoquée par l'immigration. victimes d'un double marquage sociale dénigratoire (pauvres et étrangers illégales ou/et illégitimes).

de «diversité culturel» et d'autres invocations abstraites des bons sentiments. les manques. une pure déterritorialisation. Ces mouvements –du volontariat confessionnel à un certain radicalisme dramatique. dont la grande ruse consiste dans les faire passer par le contraire de ce qu'elles sont en réalité. paysages multicolores capables de donner un air cosmopolite de leur quotidienneté. De fait. ainsi comme la rhétorique de l'éloge esthétique de la diversité. Qu’est-ce qu’on nie? Une expérience sociale au ras du sol marquée par la douleur. caricaturés maintenant comme un sympathique et cher mosaïque culturel. qui n'est singulier. Nous sommes en face de cette nouvelle correction politique consubstantielle à la production d'une image moralisante du monde social où les intérêts de classe ont été cachés. et d'autres nébuleuses conceptuelles auxquelles on confie l'escamotage de toute référence aux conflits et aux antagonismes sociaux. à l'inverse. 2003: 179). qu'ils ne sont pas traditionnelles. mais divers. les classes moyennes qui nourrissent les processus de gentrification cherchent justement ceci: mélange culturel. La diversité culturelle ainsi apprivoisée se constitue non seulement dans une source de légitimité idéologique qui montre comme horizontales des rapports sociaux brutalement verticales. une réalité faite d'exploitation et de misère que. Et c’est ainsi que. hyperespaces. les injustices que souffrent des êtres humaines réels.se postulent comme médiateurs (il serait meilleur de dire coup-feu) entre les pouvoirs politiques et économiques et les segments sociaux problématiques.. bigarrure inoffensive de gens diverses. mais elle peut devenir un magnifique affaire et toute une industrie. Les élites intellectuelles ont reçu la mission de faire le discours de toutes ces transfigurations de la circulation d'argent et du pouvoir et ils l'ont converti en une vague idéologie qu’on pourrait désigner libéralisme culturel (Friedman. l'antiracisme officiel et celui pratiqué par nombre d’organisations représente une variable du citoyennenisme. De fait.. flux transnationaux. Cet argot sert en vérité à décrire un ordre culturel de dimensions mondiales. nous sommes invités à contempler comme un grand spectacle sensualiste. Le dialecte du «multiculturalisme» et l'«interculturalité». En parallèle. hybridations culturelles. Comme on le sait. un aimable caléidoscope de cultures où n'importe quelle allusion aux conditions matérielles de vie des gens serait parfaitement évitable. mais des simples accidentes ou contingences d'un ordre social qu’on croit possible améliorer éthiquement. d’en haut. Voilà en ce que consistent dans ce moment-ci les nouvelles faces du racisme.. considérant que l'exploitation et l'injustice sociale ne sont pas des facteurs structurelles et même structurantes du système socioéconomique existant. en représentant les premières devant les deuxièmes et. sans axe ni structure. 2001). tel que s'utilise aujourd'hui. le citoyennisme est la doctrine de référence d'une suite de mouvements de réforme morale du capitalisme qui aspirent à atténuer ses effets grâce à un aiguisement des valeurs démocratiques abstraites et une augmentation des compétences étatiques qui la rendront possible. car ses produits ont été placés sur le marché comme authentiques nouveaux produits typiques. usurpant la voix des deuxièmes devant les premières.. comme si la vielle identification territoire-culture ait été substituée par le territoire-pluralité. mais aussi d'une bonne partie de ce qui a survécu du mouvement ouvrier (voir le pamphlet C. cette idéologie qui est arrivé à administrer et tempérer les restes du gauchisme de la classe moyenne. périodiquement. mais propres d'un nouveau goût local. le citoyen moyen est placé par l'Administration et ses ONG dépendants devant de mises en scène dont le 8 . ils sont tout à fait cohérents avec la prolifération actuelle de métaphores de la libre circulation du capital: espaces virtuels. fractalités. nous trouvons dans ce moment des figures d'un cosmopolitisme désancré ou la revendication de la nature composée des nations.

Concrètement.sujet est la pluralité humaine. et où celui qu’y assiste est invité à participer à et à regarder -comme un touriste ou un consommateur qui se promène dans un centre commercial. les cultivateurs de l'ouverture à l'autre.des expressions culturelles lointaines. 2002 [1888. c’est celle qu’on peut voir déployée tous les jours autour de nous. c'est à dire archéologie des arguments qui protègent et immunisent ce qu'on donne pour déjà su. Une identification entre la pséudomoralité chrétienne et le solidarisme actuelle à laquelle arrivait aussi Bertolt Brecht dans sa Sainte Jeanne des abattoirs. généalogie des valeurs. est placée entre guillemets par les différentes fêtes de la diversité. jamais vu chez lui. Dans l’ouvre. dans laquelle. comme a remarqué Gilles Deleuze. Cette différence qu'on nous montre dans les grands bazars multiculturels est une différence désactivée. Toute la généalogie nietzschéenne est. Du 9 . p. on peut souligner la lucidité de cette pièce fondamental de la philosophie «à coups de marteau» qu'est L'Antéchrist. Dans les fêtes de la diversité et dans les écoles multiculturelles nous apprenons les recettes de cuisine de l'«autre». tous ceux qui se réfugient dans certaines ONG consacrées à supplanter les humiliés. dans les marchés. 2004: 63). dans ce sens. la modernité su engendrer un nouveau conformisme et des nouvelles soumissions. il clame dans la première page de son œuvre (Nietzsche. souvent payantes. Rien de pire. de jouet. de plus malsaine que ce culte de la pauvreté et du fracas qu'on peut trouver derrière la miséricorde chrétienne. car en fin de compte ils vivent de et pour elle. presque toujours dans des enceintes fermées. dans les rues. les dates de son calendrier et les nœuds de son kimono ou de son tchador. les activistes chrétiennes nommés les Chapeaux Noirs jouent dans le conflit entre travailleurs et le patronat des abattoirs de Chicago un rôle pas différent de ce qui jouent certaines organisations humanitaires et solidaires qu'intervient pour rapport avec le nouvel prolétariat d'origine immigrant et. soudain. Jeanne Dark. Les choses n'ont pas trop changé. est devenue l'instrument convenable d'une institution bienfaisante que Brecht nous montre comme nourrie directement par les puissants auxquels est asservie. «Plutôt vivre parmi les glaces que subir les vertus modernes et autres vents du sud». pires que les racistes sont les vertueuses du dialogue entre les cultures. rendue au service d'une imaginaire société multicolore et éclectique. semaines de la tolérance. Son objet: calmer l'agitation des opprimés et maltraités. c'est une jeune idéaliste. malgré ses bonnes intentions. Aujourd'hui. dévier l'attention du noyau des problèmes -ce de l'exploitation d'une majorité par une minorité-. sans aucune capacité de remettre en question. mais qui. journées de la coexistence entre cultures. Les vieux principes de la bonté chrétienne s'occupent maintenant des nouveaux valeurs des droits humains ou du démocraticisme abstrait. là où on peut trouver un démasquement des différentes formes de «bon cœur». dans laquelle les immigrés misérabilisés ont devenu souriants figurantes dans un spot de promotion d'un univers harmonieux et non conflictuel. faire prosélytisme pour les valeurs de la patience et la résignation face a cette injustice qu'on dénonce seul d'une manière tiède. l’incarnation parfaite de cette virtuosité que Nietzsche détestait et que. inoffensive. avec les masses appauvries de ce qu'ont désigne le «tiers monde». Il s'impose ici une récupération de l’accusation féroce de Nietzsche contre toute théorie des valeurs. Une des Chapeaux Noirs. cette largueur du cœur qui ‘pardonne’ tout parce qu’elle ‘comprend’ tout». dont la variante laïque actuelle serait ce qu’on nomme avec euphémisme «solidarité». Sous autant exotisme on se ferme l'espace pour les véritables questions: Quant est-ce que tu est partie? Qu'est-ce que tu as laissé là? Qu'est-ce que tu as trouvé ici? Combien gagne-toi? Es-tu seule?» (Espai en blanc. 71). dans les bus. au au-delà. Nietszche méprisait «cette tolérance. de tous les exhibitionnistes de la bonté qu'affirment combattre la misère des autrui mais qu’ils font tout le possible pour la conserver et la multiplier.

«Donne-lui le drapeau» (Brecht. que t'aide aussi. l'humanitarisme et la solidarité caritative de notre temps Nietzsche ait pu dire le même qu’il a écrit dans l'Antéchrist: pour elles «Supprimer une détresse quelconque allait à l’encontre de ses intérêts les plus vrais: les détresses. Hosannah! ». quand Jeanne Dark meurt.avec lesquels on veut atténuer la rage et la passion des offensés. l'exclusion. Mauler. je vins à point nommé / Hélas! Bonté sans conséquence! Sentiments / Qui n’ont pas laissé la moindre empreinte» (Brecht. Dans la version de la pièce de Brecht étrenné à l'édition de 2004 du Théâtre Grec de Barcelone. pourtant. montrez leur une fois de plus que votre supériorité consiste dans ce que vous ne considérez pas supérieurs. 1961. Dans cet instant. avec une mise en scène d'Àlex Rigola. elle en vivait. c'est indispensable répandre le discours moralisant de l’empathie a mutuelle entre les pluriels. et elle en créa pour s’éterniser». une allusion qui touche la majorité des ONG. p. compréhension mutuelle. p. Hosannah! / Aide la classe. solidarité. y compris ceux de soutien aux immigrés et les différents clubs de fans du multiculturalisme et l'interculturalité. Hosannah! / Aide ceux qui possèdent déjà. ordonne. aujourd'hui.. signalant les corps inerte de la sainte. du désespoir. cette association était explicite. Bibliographie 10 . 112). Dans le moment final. Dans une société dans laquelle la lutte de classes est finalement abolie au nom du «vivre en commun des cultures».. de la cochonnerie. Obéissant. Hosannah! / Écrase la haine. dans des liturgies où les nouveaux despotes peuvent exhiber leur générosité. Quand la Jeanne Dark de Brecht découvre que son combat a été inutile et «j’ai fait tort aux persécutés / Et n’ai servi que les persécuteurs». comme je vous ai aimés» De la tolérance. tout ce qui apparaît dans ce moment dissimule sous des invocations melliflues aux nouveaux mots magiques -dialogue. Le racisme est. un des Chapeaux Noirs met une enseigne des Nations Unies entre les mains du cadavre de Jeanne. du mépris vers cette barbosité christianoïde qu'aime se vautrer dans la résignation et le mensonge et qu'il n'est pas d'autre chose que fausse compromis ou compromis lâche. Actualité absolue. identifiant la fausse générosité de l'organisation bénéfique avec celle des actuelles associations de support au développement. L'exploitation. pour les exploiteurs.christianisme bénéfique dénoncé par Nietzsche nous sommes passés au langage de la tolérance et du dialogue. cependant elle continue: «Moi même. 116).. Derrière on cache et on légitime le sommeil doré totalitaire d'un dépassement sentimental des conflits au nom des valeurs abstraites montrés comme les plus élevés. le leader des potentats. qui se débat entre ses intérêts et ses scrupules hypocrites. malgré vous le savez. Parce que ce discours multiculturel qui proclame respect et compréhension est en réalité une pure catéchèse au service du Dieu de la pauvreté. 1961[1931]. démagogie qui fait l'éloge de la diversité après avoir désactivé sa capacité de questionnement et après l’avoir volé de la vie. qu’ai je fait? Rien / Quelles que soient les apparences / Que rien ne sort tenu pour honorable / Hormis ce qui change le monde / Définitivement: il en a grand besoin / Moi. surtout «tolérant». les Chapeaux Noirs et les patrons entonnent en chœur une chanson: «Accorde aux riche miséricorde. les poursuites.C'est cela qu’on nous répétaient des hauts voix officiels: «Tendez vos mains aux différents. La modalité d'une des devises les plus astucieuses que les pouvoirs ont été capables d'inventer et de manier: «Aimez-vous les uns les autres. coopération. l'esthétique Benetton de la différence.

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