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Dans Migrations critiques.

Repenser les migrations comme mobilités humaines en Méditerranée sous la direction de Salvatore Palidda, Karthala, París, 2011, pp. 117-129. avec les contribution de Albrecht, Baroni, Bosworth, Brandariz-García, Brion, Dal Lago, De Giorgi, Deldago Ruiz, Fernández-Bessa, Finzi, Guild, Maccanico, Maneri, Mucchielli, Nevanen, Palidda, Petti, Rahmi, Sigona, Scrinzi

Les études sur les migrations en Espagne. Bilan et réflexions par Manuel Delgado

1. Au service de l’Administration Il suffit un coup d'œil au programme du dernier congrès sur l’immigration qui a eu lieu à A Coruña entre le 17 et le 19 de septembre 2009 pour avoir une idée précise de l’état de la production actuelle sur les migrations et sur son actuelle orientation. Au sommaire des futures Actes de ce congrès, les titres des différentes sessions de travail, panels, tables rondes, ateliers: «Politiques de contrôle de l’immigration», «Systèmes migratoires comparés», «Admission et régulation du séjour et travail des migrants», «Modèles de bien-être et régimes migratoires», «Politiques et droits sociaux» «Indicateurs d'intégration de la population étrangère dans l'analyse sociale», «Politiques de retour des migrants», «Éducation et jeunesse», «Politiques de coopération pour le développement». On peut donc constater une attention préférentielle pour les affaires relatives a la gestion administrative de la population de personnes originaires des pays plus pauvres à la recherche de travail et destinées à occuper les emplois les moins qualifiés. Leur présence est conçue comme celle d'une invasion à laquelle il faut faire front, comme s'il s’agissait d'organiser une sorte d'état d'alarme général suscité par une situation exceptionnelle et préoccupante. Ce n’est pas un hasard si la grande majorité des inscrits au congrès ont été des fonctionnaires des collectivités locales et nationales, employés ou sous contrats comme techniciens spécialisés ou étudiants inscrits dans toutes sortes de troisièmes cycles offerts par les universités; tous formant une sorte de parti, l’authentique légion de professionnels ou aspirants professionnels consacrés aujourd’hui à la scrutation «scientifique», c'est à dire systématique et rigoureuse, de la «question migratoire». Au congrès on a parlé beaucoup de politiques, d'intégration, de prise en charge (sanitaire, éducative, légale, institutionnelle, policière...) de participation, d'inclusion, du besoin de tolérance et d'ouverture à l'autre..., toujours sur un ton solidaire, ou plutôt compatissant, comme si tout n’était que question d'initiatives administratives et/ou de sentiments, de prédispositions éthiques, de valeurs civiques, etc. A peine y est énoncée l’allusion à l'exclusion sociale massive d'une part importante de la population, aux phénomènes de discrimination, ségrégation ou stigmatisation que celle-ci endure et, naturellement, il n’y a pas eu la moindre référence au mot par excellence maudit: exploitation. Il est intéressant rappeler l'évolution qui, après les approches militants et antiracistes de la première moitié des années 1990 (Alvite, 1995; Contreras, 1994; Juliano, 1996, San Román, 1996), a conduit à une prédominance absolue de recherches, publications, ‘informes’, analyses, commissions, organismes, observatoires, centres d'études, réunions, séminaires, masters, cours..., tous orientés à satisfaire les nécessites administratives en matière d'immigration, c'est à dire ce qu'on peut et qu’on doit faire avec les travailleurs étrangers et leurs familles venues pour s'incorporer au marché du travail, en grande partie informel/souterrain. Malgré cette dépendance et servitude,
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est offert dans le champ juridique (Bergalli. 2002). 2002). C'est ainsi que nous sommes devenus une nouvelle évidence du rôle fondamental qu'assument les «experts» à l'heure d'objectiver et faire irrévocable les stigmates de ceux qu’ils étudient. visitée dans plusieurs villes espagnoles et qui a fait partie aussi du Festival de Marseille en 1996. Carlos Giménez et Liliana Suárez. Quelques exemples significatifs: Antonio Izquierdo (Universidad Complutense de Madrid) et la revue Migraciones internacionales édité par le Colegio de la Frontera Norte.maintenant on peut voir des chercheurs et des groupes de recherche qui essaient de concilier la rigueur et l'honnêteté scientifiques. où j’ai pu assister a une discussion 2 . qui opère comme un dispositif de détection de ceux que le système scolaire a considéré comme beaucoup trop différents et qui sert à établir une sorte de frontière infranchissable pour ceux qu’ont été destinataires de ce type d'éducation différenciée. telle qu'elle fonctionne de manière objective en tant que source de confirmation de l’étiquetage dénégatoire qu'endurent ses présumés «bénéficiaires». Javier García Castaño et son Máster en Educación Intercultural à l'Universidad de Granada. 2002. mais elles sont. enfin. 2008). refugio y relaciones intercomunitarias de l'Universidad Autónoma de Madrid. j'ai eu le privilège de recevoir la commande de concevoir une exposition très importante. 2001). sur l'interculturalité. Quelques exemples. au contraire. une réflexion que j’ai pensé à propos de ma contribution à un discours sur le multiculturalisme. j'ai été nommé membre rapporteur de la commission d'études sur l'immigration du Parlement de Catalogne. légitimant au nom de disciplines scientifiques l'établissement d'un objet d'étude concernant une parcelle de la réalité auquel attribuer une nature «naturelle». Benach & Nash. le Grup de Rercerca sobre Interculturalitat i Gènere (Tello. j'ai écrit des livres réputés comme des références sur la «question migratoire». le Grup de Rercerca sobre Migracions de l'Universitat Autònoma de Barcelona (Ribas. J'ai été responsable du cours de maîtrise de mon Université «Immigration et diversité culturelle» pendant plusieurs années. une sorte de charge que je vis comme une faute. qui finit par réaffirmer la logique qu’elle proclame combattre. De quoi parlons-nous quand nous parlons d'immigrés ou d'immigrants? Je peux évoquer ici mon expérience comme membre de la commission d’études sur l’immigration convoquée par le Parlement catalan. ce qu'on peut nommer le «citoyennisme» (Delgado. dotée d’un grand budget. Toutes ces prérogatives et reconnaissances pourraient nourrir ma vanité. les différentes administrations publiques. C'est ce que certains auteurs ont défini comme le paradoxe de l'intégration/ségrégation à l’œuvre dans tout enseignement spécialisé. La question que je me pose est : jusqu’à quel point nous avons été les collaborateurs actifs et coresponsables. 1999. 2004. le Centre d'Estudis sobre Migracions i Minories Ètniques. sur la vie en commun avec ce que nous appelons par consensus «les immigrés”. dont la valeur mérite d’être reconnue. Il s’agit du même mécanisme pervers qu’intervient dans ce qu'on appelle «éducation spécialisée». désormais considérée du point de vue de ce qui a finit par devenir l'idéologie institutionnelle par excellence. Aramburu. 1997. comme une suite d'impostures et comme des actes de complicité avec une situation d'injustice et d'abus généralisés tout à fait inacceptable. à travers el Máster en inmigración.e. et aussi de l'UAB (Pascual. Solé. i. presque autobiographique. parmi d'autres. Il faut souligner qu'existent pourtant encore des approches manifestement critiques. 2006). 2008). la volonté de contribuer à la cause contre l'exclusion social et l'évidence qu’il n'est pas possible d'échapper aux impératives venant de ces grandes commanditaires de la recherche. C'est sur ce point que je vais proposer ma réflexion personnelle. 2008) ou épistémologique (Santamaría. urbain (Monnet. éducatif (Marí Ytarte. 2008).

En plus. des travaux spécialisés sur l’intégration des immigrés…. ne sont pas du tout immigrés et leur communauté ne constitue pas une «minorité ethnique». il ne suffit pas d’être arrivé d’un pays différent du sien. Il va sans dire que l'application de l’adjectif ethnique affecte uniquement des productions culturelles considérées comme pré. En plus qu'inférieurs par leur place dans le système de stratification sociale. ce qui implique que c’est un intrus. Personne ne parlerait. dialogue. par exemple.. un Français. forment ce qui est qualifié de «minorités ethniques». et en dépit de toute la rhétorique et des discussions à propos des immigrés. la première chose qu'on remarque c’est que ces attributs ne s'appliquent pas à tous ceux qui à un moment donné sont venus de l'extérieur.un Anglais. il n’existe aucune guérison? A quel moment peut-on abandonner la condition d’immigrant? Comment faire pour surmonter une identité à tel point stigmatisant? Est-ce être immigrant est comme une condamnation qu’il faut traîner éternellement et que l’on peut hériter de ses parents ou de ses grands-parents. Chinois. Les immigrants. un Américaine. etc. même pas de classe moyenne. En Catalogne on désigne comme immigrants les venus d’Andalousie. et «immigrant» est une dénomination d’origine tout à fait idéologique. comme c’est le cas de la logique impossible qui fait de certains personnes immigrés «de première» ou «deuxième génération»? Il est manifeste qu’être immigrant ou immigré n’est pas un phénomène naturel. Bolivien. d’ailleurs. Nous avons demandé aux politiciens de la Commission –sans avoir de réponse-: quand on est immigré. de même qu’au nord de l’Italie on parle d’immigrant pour faire référence aux originaires du sud du pays. c’est pour longtemps? C’est pour toute la vie. d’emblée. disons-nous. Philippin. À l’heure de définir clairement ce qui doit être entendu comme un immigrant. des immigrés Allemands qui colonisent massivement en ce moment la côte des Iles Baléares. d’un autre part. ceux qui viennent d’arriver. Pour être reconnu comme immigré à Barcelone. il est indispensable d’être Marocain..ou extramodernes: une danse soufie ou un restaurant péruvien. comme dirait Deleuze (1971: 7). l'immigrant doit être considéré étranger. donc. «immigré» est une épithète qui s'applique aux personnes perçues comme dotées de caractéristiques négatives. «l’immigrant» n’existe que comme personnage conceptuel. sont "ethniques". mais le plus important: il n’a pas été invité. être pauvre. ni leurs coutumes seront jamais cataloguées comme ethniques.hallucinante à propos de ce qu’est un immigré et la différence qu’il y a entre un immigrant et un étranger. Cela n’aurait pas de sens. Équatorien. Pour être immigrant. Pakistanais. personne demandera pour eux ouverture. Pourtant. Je me rappelle comment ont été complètement inutiles les efforts des académiciens de la commission pour soutenir l’évidence que «étranger» est un terme objectivable. les régions pauvres d'un même État. par conséquence. Nous venons de reconnaître que pour devenir immigrant il faut. Dans mon pays –de même qu’en France et dans d’autres pays. mais seulement à certains d'entre eux. Ils n’existent pas d’immigrants riches. car ils proviennent d'une société moins modernisée: la campagne. par exemple. ni les membres de ces nationalités seront invités à des fêtes de la diversité ni aux semaines de la tolérance. applicable à des individus sans passeport national. avant tout des appellations d'origine qui ne s'appliquent pas à des immigrés réels. un Japonais…. Ils proviennent d’une civilisation arriérée que. “immigrant” ou “immigré” sont. Bien loin de l’objectivité des chiffres statistiques. Dans l’imaginaire social. les immigrés le sont également sur le plan culturel. 3 . ils incorporent parmi nous. Andalou… pauvre. des politiques ou des initiatives solidaires adressées «aux immigrants». pour prendre un exemple. compréhension. même pas une condition administrative ou juridique qu’on puisse établir selon des critères positifs. les pays de ce qu’on appelle le Tiers Monde.

de sorte qu'il est perçu comme quelqu'un de trop. et à la survie même de son essence spirituelle. mais jamais un immigré. cela suppose l’éventualité d’une chose irréalisable: qu’un être humain soit immigré de naissance. L'immigrant doit être numériquement excessif. individu qui n'est pas à une frontière. dans notre cas. ce qu’on appelle «sa culture». il est tout à fait sédentaire et souvent il est né déjà sédentaire. Les Tziganes ou les Sénégalais sont ethniques. intrus. arriéré… Mais encore plus: l’immigré ou l’immigrant doivent être monstrueux. la désignation immigré (la plus commune en France) implique l’application à certains êtres humains d’un participe passé substantif: l’étranger est contemplé et reconnu comme quelqu’un qui est arrivé. il est indispensable d’être aussi pauvre. J’en ai déjà cité une: celle qui implique l’existence de migrants de première ou deuxième génération. même lorsqu'il ne bouge pas. mais qui reste surpris dans le temps. un surplus duquel il faut se libérer. et en tant que tel est maintenu à tout moment au service d’une claire séparation entre l’intérieur et l'extérieur de ce système social auquel il s’intègre. constamment renouvelée. Enfin. ce qu’on pourrait dire une nouvelle minus-value: l’incapacité ou invalidité culturelles. Pour satisfaire une telle fonction symbolique. c’est-à-dire quelqu'un qui se trouve migrant dans ce moment-ci. Mais. l'immigré est aussi dangereux car il est associé à toutes sortes de menaces à l'intégrité et la sécurité de la société d'accueil. il peut être n’importe quoi. esclave à tout jamais de ce moment-là dans lequel il est parvenu à sa destination. excessif. l'être humain qui nous intéresse a comme caractéristique principale qu'il ne se déplace pas. au service d’une fonction d’ordre symbolique par essence. Il est conceptuellement perçu comme se déplaçant dans l'instabilité perpétuelle. mais comme un corps étranger. handicapé. c'est-à-dire un immigré qui n’aurait jamais immigré de nulle part. au service de la mission de rendre pensable la désorganisation sociale vue de l'intérieur (comme l’a écrit Isaac Joseph. il n’est pas non plus possible d’être migrant ou immigré tout court. on ne peut pas du tout parler d’immigrant.une définition concrète de ce qu’ils sont et de ce qu’ils ne seront jamais protagoniste. Les deux dénominations impliquent –malgré l’innocence que suppose sa banalité. mais qui est la frontière ellemême. il est placé et établi. Considéré au pied de la lettre. Après. Mais si l’on peut encore défendre l’existence de cet immigré. il est essentiel que l’immigrant ou l’immigré. un Italien ou un Canadien.pas une valse ou une pizzeria. D’une part. 1997: 182). représente des logiques impossibles. Pour postuler d’être immigrant ou immigré. c’est un conflit ethnique. C’est le langage ordinaire qui a reconnu l'immigrant comme être liminal.alors que le temps présent implique une actualisation de cette action. Pour mériter la marque immigrante ou immigré. La guerre à la Bosnie. la 4 . le contentieux basque. ne bouge pas. À quoi sert cette dénomination subtilement péjorative? Très simple: pour ethniciser ceux qu’on signalé et comme une façon d’indiquer l’existence proche d’individus qui soufrent un type particulier de handicap. cet individu qui a changé de lieu à un moment donné de sa vie. inconcevables. non. dangereux. mais il assume le caractère d’opérateur symbolique. Ce n’est par hasard que le participe actif est le verbe impersonnel qui dénote la capacité de réaliser l’action qu’exprime le verbe dont il dérive –immigrer. attrapé par son passé. qu’il faut expulser. moment qu’il ne pourra surmonter dans aucune circonstance. un immigrant laisse sa condition d’immigrant au moment même où il arrive. certainement pas. Ainsi l'immigré n'est pas seulement la pièce fondamentale d'un système de production fondé sur l'exploitation humaine ou l’assurance d’un renouvellement de la population. la condition requise n’est pas d’être né dans un autre lieu. ni d’être le descendant de n’importe quel tout venant. car on ne peut pas attribuer un participe présent à une action passée. même s'il est devenu sédentaire. son auto-évidence. car il est un lest qu’il est urgent de jeter. inférieur.

En effet. ceux qu'ont été marqués avec l'attribut «immigré» ou «ethnique». il a certifié traits. sans atteindre en aucun cas son destin final: c’est ici et maintenant où il se trouve. le soi-disant immigrant réédite l’image a légendaire du barbare: l'étranger éternel et absolu qui a débarqué chez nos plages et dans lequel nous reconnaissons les profils interchangeables du naufragé et de l'envahisseur.établie qu'ils sont. l'anthropologie «des immigrants» a admis sans aucun esprit critique ou a fourni avec leurs propres catégories d'analyse prémisses conceptuelles qu'ils ont légitimé -ou du moins potentiellement. Mais voici comme la classification scientifique. à tenir à distance.Gérard Althabe nous a mise en garde: par exemple. finit inévitablement par produire la réalité qu'elle même cherche à classer. dangereuse. il ne faut pas étudier les Maghrébins mais la manière dont certains individus sont produits comme Maghrébins et l'intervention stratégique de cette image dans les pratiques d'identification. notre appareil terminologique a contribué à la distribution de catégorisations délimitatives. reconnus comme compétents pour définir ce qui est le normal et comment fonctionne cette normalité.d’où n'était ni possible ni légitime d'échapper. Loin de considérer les êtres humains étudies dans la pluralité des situations où ils apparaissent constamment impliqués. à expulser ou simplement affaire délicate à examiner avec attention. Cette tâche est à la charge de systèmes experts réputes scientifiques. les intérioriseront. indésirable. mais des migrés. Bref. qui exige de se voir répété. 2. Loin de là. On passe ainsi. déviant. C'est le cas de la science anthropologique.restauration d’un pèlerinage inaugural qui ne culmine jamais. de la terminologie aseptique et les définitions abstraites des langages disciplinaires à la discrimination. des relations sociales qui ont été le résultat de pratiques et d'idéologies desquelles dépend le maintien et la reproduction d'une société hiérarchisée. à surveiller. aidant à l'enfermer dans une prison identitaire –«je suis immigré. Encore mieux. irrévocables.la marginalité d'une partie très importante de la classe ouvrière de nos pays. mais à un ici et a un maintenant auxquels il n’appartient pas. les termes de leur infériorité. irréversibles. tout le temps immigré». inacceptable. c'est bien probable qu'ils finiront par apprendre. Ceux qui sont classés comme «minoritaires» finiront inéluctablement par se convertir en ce que tout le monde -et les scientifiques peuvent-ils «démontrer» qu'il est vrai. l'anthropologue a pu apparaître comme typifiant une anomalie qui a été présentée comme «culturelle» et dont le résultat est une infériorité qui n'est finalement culturelle. la ségrégation et les abus réelles. c'est à dire à la réelle asymétrie des rapports sociaux. une fois de plus. c'est à dire: ils finiront par se minoriser. D'autre part. destinée à unifier l'hétérogène et expédier une partie de cette hétérogénéité jugée trop exceptionnelle au domaine du pathologique. on obtiendra la professionnalisation de 5 . pour ainsi dire. conflictuelle. mais sociale. ainsi comme son gré d'accessibilité aux biens et aux ressources indispensables. inerties et récurrences reposant sur des taxonomies ethniques ou nationales dont le rôle a été fournir des outils cognitifs nécessaires au service de l'exclusion et l'exploitation des travailleurs étrangers. pas admissible. les feront substantives dans eux-mêmes. c'est à dire inexorables. et en particulier de l'anthropologie pas des migrations -champ sous la juridiction de la démographie-. et seul immigré. La naturalisation «scientifique» des immigrés Naturaliser veux dire montrer comme «naturelles». c'est à dire relative au lieu que le Maghrébin occupe dans une structure économique et de production. comme toute classification. systèmes qui utilisent toujours un langage technique et sophistiqué.

mais aussi à le produire. comme on peut voire dans nombreux cas de représentants et des médiateurs qui se présentent et sont reconnues comme des interlocuteurs privilégiés avec les minorités préalablement habilitées comme telles. derrière lesquelles il faut reconnaître à tout moment l'action de dispositifs de mise en ordre et de contrôle.a pu apparaître involontairement ainsi impliqué -comme dans la bonne époque coloniale. La grille ethnique -l'anthropologie et ses critères de qualification et classification. est engagée dans une réflexion extrêmement sceptique au sujet des catégories analytiques de sciences qu'ils sont toujours à la fois sociales et naturelles. une vérité plus vraie encore.dans la naturalisation d'un ordre socioéconomique qui se dresse sur toute sorte d'inégalités structurelles. comme on pouvait s'y croire superficiellement. En d'autres termes. tels que ceux fournis par les sciences sociales. nous ne classifions pas de choses qui existent mais elles existent et nous les découvrons parce ces choses ont été classifiées antérieurement. Dans notre cas. fonctionnent comme des dispositifs qu’inventent et ordonnent des entités explicatives supposés durables.serait d'exercer alors ce que Pierre Bourdieu appelle. Cela. y compris l'anthropologie elle-même. en effet. distinguer. verticalement 6 . l'ethnicisation prétendument scientifique des secteurs sociaux victimes de l'exploitation et de la marginalisation a pour tâche de jeter sur eux une sorte de nomination de laquelle apparaissent. mais socialement induite. C'est ainsi que fonctionne la rationalité utilisé pour classer. puisque elle a été fournie par cette source de vérités qu’est l'institution presque religieuse de la Science. à partir de lesquelles. une suite d'unités discrètes. relier et ordonner -grâce à des systèmes logiques de dénotation. Cette observation nous permet de voir qu’ils n’existent pas des différences culturelles qui engendrent la diversité. inventé par ou pour l'Administration. mais aussi l'occultation de leur propre nature hiérarchisante.la complexité d'une société humaine comme la notre. Rappelons-nous que l'ensemble des travaux de Foucault. Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron (1970) nous ont montré. qui intériorisent dans l'esprit des individus sa vérité. à la suite Weber. sociodicées.Cette condition construite et à certain point toujours arbitraire des épistèmes n'est qu'une reconnaissance. par laquelle l'être humain classifie l'univers. qu'il existe une correspondance entre les structures sociales et l'ordre mental. séparer. comme par magie. signifie que le classement et en même temps la stratification sont aussi des structures symboliques.quelques-uns d'entre eux juste autant que «minoritaires». c'est à dire superposée et définissable par et dans elle-même. que toutes les sciences. À savoir. Toute unité de classification. La mission des classifications -comme celles qu'instaurent la segmentation ethnique de la nouvelle classe ouvrière. distribuer. mais la différenciation qui crée et réifie les différences. l'identité de la plupart desquelles est tout à fait artificielle. De quoi s'agit-il ? Il faut voir notre rôle comme chercheurs en sciences sociales à l'heure de digitalisation d’une information venant d’une expérience empirique qu’il est en essence analogique. sert à la fois à nourrir la base d'un classement. Il faut rétablir l'actualité de la leçon principale de Durkheim et Mauss dans son célèbre étude sur les classifications primitives. Ce n'est pas la différence à fournir la différenciation. que la violence symbolique est exercée moyennant des systèmes de classification rigoureuses à disposition non seulement de l'imposition des standards culturels dominants et pour argumenter «scientifiquement» les divisions sociales. élaborer des définitions de coordination basées sur un principe régulier de division nomothétique. les stratégies symboliques qui viennent légitimer et naturaliser la base sociale de la domination des détenteurs des différents types de capital. appliqué au cas des sociétés urbaines modernes. organisées. mais c'est la diversification qui trouve ou génère des marques au service de la volonté et le besoin de distinction. partagée par les épistémologues eux-mêmes. dans un travail déjà classique.

ils tâchent d'atténuer le problème et les solutions -souvent très sévèresqui viennent d’être suscitées: ils assurent que dans cette mission les fondements humanistes de notre civilisation seront sauvegardés et. mais aussi dans l’institutionnalisation de l'exploitation. Une fois de plus il n'a été pas possible d’échapper des codes qui dressent ce qui est nécessaire. la lutte contre l’«invasion» ne négligera jamais le respect scrupuleux des droits humains et des valeurs démocratiques. victimes d'un double marquage sociale dénigratoire (pauvres et étrangers illégales ou/et illégitimes). à ses antipodes. les instances officielles affirment que l’immigration est vraiment un problème et on décrit cet affaire insinuant qu'il est le principal ou un des plus importantes que le pays subit. Les pouvoirs assument.que retombe la pire partie des dynamiques d'accumulation et croissance des taxes des profits. 3.. C’est sur ces nouveaux prolétaires -qu'ils travaillent ou qu'ils cherchent du travail ou comme exilés dans les territoires de la marginalité sociale et de la délinquance. de l'autre. les pratiques réelles. aujourd'hui les productions idéologiques institutionnelles reprennent leur ambiguïté intrinsèque et parlent surtout du «dialogue parmi les cultures». de la marginalité. de la ségrégation et d’un numéro indéterminé de variétés d'exclusion et négations sociales qui affectent surtout les plus vulnérables. Loin de faire quelque chose pour corriger les pratiques patronales basées en l'exploitation ou la spéculation immobilière. cependant. parmi lesquelles les travailleurs et travailleuses étrangers en situation précaire chronique. en même temps. Au même temps. d'«ouverture à l'autre».. D'un cote. les hiérarchies. théories auxquelles sont livrés infatigablement les «experts» et les «spécialistes». bien qu’ils nous tranquillisent avec l'idée que tout est sous contrôle et nous ne nous écarterons pas de nos supposés principes moraux fondateurs. le discours des «bonnes pratiques». interprétations. D'une part. pour montrer le caractère inévitable de n'importe quelle ordre social et contribuent afin de le rendre possible. explications.implique des pratiques administratives consistant non seulement dans la protection. la nécessité sociale et politique d'unification de la pensée et de démêlement du réel. de l'injustice.. Ce double discours des institutions inquiètes et provocatrices d'inquiétude -à cause de l'"alarmant problème de l'immigration". avec ses arguments «scientifiques». bien sûr.bien sûr. mais. la tâche d'ennuyer la population à propos d'un cadre proche de l'émergence nationale provoquée par l'immigration. Alors on projette une image publique qui tente de surdimensionner les conflits et remarque ses aspects les plus mélodramatiques et truculents. bien loin de rectifier la tendance au démantèlement des services publiques. les mêmes institutions mettent en place les instruments et les mécanismes de l'abus systématique et généralisé sur les travailleurs étrangers et leurs familles. alors ces mêmes instances -les gouvernement et les média.établissent les mécanismes pour nous protéger de cette menace . ce qui doit et peut changer. Le mot créé le groupe qu’il nomme et celui-ci nomme. Le racisme cosmopolite Le rôle des institutions par rapport au «problème» de l’immigration est double. loin d'assurer une amélioration des prestations sociales qu’on nous avaient fait miroiter comme le futur état du bien-être. leur donne à tous le deux à la fois les attributs et les attributions. donc. Une fois que les institutions et la presse à son service ont été autoconvaincus et ont convaincu le public qu'il existe un grand motif de souci social et même une authentique anxiété collective. sans arrêter de nous convaincre de la valeur indéniable de ses résultats. naturalise tous les deux. 7 .

hyperespaces. qui n'est singulier. Qu’est-ce qu’on nie? Une expérience sociale au ras du sol marquée par la douleur. mais elle peut devenir un magnifique affaire et toute une industrie. car ses produits ont été placés sur le marché comme authentiques nouveaux produits typiques. une réalité faite d'exploitation et de misère que. comme si la vielle identification territoire-culture ait été substituée par le territoire-pluralité. De fait. considérant que l'exploitation et l'injustice sociale ne sont pas des facteurs structurelles et même structurantes du système socioéconomique existant. d’en haut. le citoyennisme est la doctrine de référence d'une suite de mouvements de réforme morale du capitalisme qui aspirent à atténuer ses effets grâce à un aiguisement des valeurs démocratiques abstraites et une augmentation des compétences étatiques qui la rendront possible. un aimable caléidoscope de cultures où n'importe quelle allusion aux conditions matérielles de vie des gens serait parfaitement évitable. En parallèle. bigarrure inoffensive de gens diverses. cette idéologie qui est arrivé à administrer et tempérer les restes du gauchisme de la classe moyenne. nous trouvons dans ce moment des figures d'un cosmopolitisme désancré ou la revendication de la nature composée des nations.. La diversité culturelle ainsi apprivoisée se constitue non seulement dans une source de légitimité idéologique qui montre comme horizontales des rapports sociaux brutalement verticales. paysages multicolores capables de donner un air cosmopolite de leur quotidienneté. ainsi comme la rhétorique de l'éloge esthétique de la diversité. Le dialecte du «multiculturalisme» et l'«interculturalité». les classes moyennes qui nourrissent les processus de gentrification cherchent justement ceci: mélange culturel. en représentant les premières devant les deuxièmes et. 2001). Ces mouvements –du volontariat confessionnel à un certain radicalisme dramatique. tel que s'utilise aujourd'hui. fractalités. l'antiracisme officiel et celui pratiqué par nombre d’organisations représente une variable du citoyennenisme. mais des simples accidentes ou contingences d'un ordre social qu’on croit possible améliorer éthiquement.se postulent comme médiateurs (il serait meilleur de dire coup-feu) entre les pouvoirs politiques et économiques et les segments sociaux problématiques. usurpant la voix des deuxièmes devant les premières. Nous sommes en face de cette nouvelle correction politique consubstantielle à la production d'une image moralisante du monde social où les intérêts de classe ont été cachés. qu'ils ne sont pas traditionnelles. à l'inverse. Voilà en ce que consistent dans ce moment-ci les nouvelles faces du racisme. Comme on le sait. mais propres d'un nouveau goût local. hybridations culturelles. le citoyen moyen est placé par l'Administration et ses ONG dépendants devant de mises en scène dont le 8 . Cet argot sert en vérité à décrire un ordre culturel de dimensions mondiales. De fait. les injustices que souffrent des êtres humaines réels. mais aussi d'une bonne partie de ce qui a survécu du mouvement ouvrier (voir le pamphlet C. Et c’est ainsi que. une pure déterritorialisation. dont la grande ruse consiste dans les faire passer par le contraire de ce qu'elles sont en réalité.de «diversité culturel» et d'autres invocations abstraites des bons sentiments. flux transnationaux.. les manques. ils sont tout à fait cohérents avec la prolifération actuelle de métaphores de la libre circulation du capital: espaces virtuels. 2003: 179).. sans axe ni structure. nous sommes invités à contempler comme un grand spectacle sensualiste. caricaturés maintenant comme un sympathique et cher mosaïque culturel. et d'autres nébuleuses conceptuelles auxquelles on confie l'escamotage de toute référence aux conflits et aux antagonismes sociaux.. mais divers. périodiquement. Les élites intellectuelles ont reçu la mission de faire le discours de toutes ces transfigurations de la circulation d'argent et du pouvoir et ils l'ont converti en une vague idéologie qu’on pourrait désigner libéralisme culturel (Friedman.

semaines de la tolérance. dans les marchés. Aujourd'hui. jamais vu chez lui. tous ceux qui se réfugient dans certaines ONG consacrées à supplanter les humiliés. c'est à dire archéologie des arguments qui protègent et immunisent ce qu'on donne pour déjà su. presque toujours dans des enceintes fermées. généalogie des valeurs. Dans l’ouvre. Une des Chapeaux Noirs. là où on peut trouver un démasquement des différentes formes de «bon cœur». est placée entre guillemets par les différentes fêtes de la diversité. de plus malsaine que ce culte de la pauvreté et du fracas qu'on peut trouver derrière la miséricorde chrétienne. dans les bus. soudain. rendue au service d'une imaginaire société multicolore et éclectique. faire prosélytisme pour les valeurs de la patience et la résignation face a cette injustice qu'on dénonce seul d'une manière tiède. les dates de son calendrier et les nœuds de son kimono ou de son tchador. Cette différence qu'on nous montre dans les grands bazars multiculturels est une différence désactivée.des expressions culturelles lointaines. Les vieux principes de la bonté chrétienne s'occupent maintenant des nouveaux valeurs des droits humains ou du démocraticisme abstrait. dans laquelle les immigrés misérabilisés ont devenu souriants figurantes dans un spot de promotion d'un univers harmonieux et non conflictuel. Une identification entre la pséudomoralité chrétienne et le solidarisme actuelle à laquelle arrivait aussi Bertolt Brecht dans sa Sainte Jeanne des abattoirs. 2002 [1888. la modernité su engendrer un nouveau conformisme et des nouvelles soumissions. Nietszche méprisait «cette tolérance. avec les masses appauvries de ce qu'ont désigne le «tiers monde». dans les rues. de jouet. p. Toute la généalogie nietzschéenne est. Rien de pire. dans laquelle. au au-delà. Concrètement. mais qui. est devenue l'instrument convenable d'une institution bienfaisante que Brecht nous montre comme nourrie directement par les puissants auxquels est asservie. c’est celle qu’on peut voir déployée tous les jours autour de nous. inoffensive. cette largueur du cœur qui ‘pardonne’ tout parce qu’elle ‘comprend’ tout». les activistes chrétiennes nommés les Chapeaux Noirs jouent dans le conflit entre travailleurs et le patronat des abattoirs de Chicago un rôle pas différent de ce qui jouent certaines organisations humanitaires et solidaires qu'intervient pour rapport avec le nouvel prolétariat d'origine immigrant et. 2004: 63). Les choses n'ont pas trop changé. l’incarnation parfaite de cette virtuosité que Nietzsche détestait et que.sujet est la pluralité humaine. souvent payantes. 71). les cultivateurs de l'ouverture à l'autre. de tous les exhibitionnistes de la bonté qu'affirment combattre la misère des autrui mais qu’ils font tout le possible pour la conserver et la multiplier. pires que les racistes sont les vertueuses du dialogue entre les cultures. comme a remarqué Gilles Deleuze. car en fin de compte ils vivent de et pour elle. Sous autant exotisme on se ferme l'espace pour les véritables questions: Quant est-ce que tu est partie? Qu'est-ce que tu as laissé là? Qu'est-ce que tu as trouvé ici? Combien gagne-toi? Es-tu seule?» (Espai en blanc. c'est une jeune idéaliste. dévier l'attention du noyau des problèmes -ce de l'exploitation d'une majorité par une minorité-. sans aucune capacité de remettre en question. journées de la coexistence entre cultures. malgré ses bonnes intentions. Jeanne Dark. «Plutôt vivre parmi les glaces que subir les vertus modernes et autres vents du sud». Il s'impose ici une récupération de l’accusation féroce de Nietzsche contre toute théorie des valeurs. dont la variante laïque actuelle serait ce qu’on nomme avec euphémisme «solidarité». Son objet: calmer l'agitation des opprimés et maltraités. on peut souligner la lucidité de cette pièce fondamental de la philosophie «à coups de marteau» qu'est L'Antéchrist. Du 9 . il clame dans la première page de son œuvre (Nietzsche. et où celui qu’y assiste est invité à participer à et à regarder -comme un touriste ou un consommateur qui se promène dans un centre commercial. Dans les fêtes de la diversité et dans les écoles multiculturelles nous apprenons les recettes de cuisine de l'«autre». dans ce sens.

qu’ai je fait? Rien / Quelles que soient les apparences / Que rien ne sort tenu pour honorable / Hormis ce qui change le monde / Définitivement: il en a grand besoin / Moi. les Chapeaux Noirs et les patrons entonnent en chœur une chanson: «Accorde aux riche miséricorde. solidarité. surtout «tolérant». dans des liturgies où les nouveaux despotes peuvent exhiber leur générosité. comme je vous ai aimés» De la tolérance. c'est indispensable répandre le discours moralisant de l’empathie a mutuelle entre les pluriels. l'esthétique Benetton de la différence.. 116).. Bibliographie 10 . malgré vous le savez. Dans une société dans laquelle la lutte de classes est finalement abolie au nom du «vivre en commun des cultures». du désespoir. y compris ceux de soutien aux immigrés et les différents clubs de fans du multiculturalisme et l'interculturalité. Dans la version de la pièce de Brecht étrenné à l'édition de 2004 du Théâtre Grec de Barcelone. aujourd'hui. L'exploitation. cette association était explicite. tout ce qui apparaît dans ce moment dissimule sous des invocations melliflues aux nouveaux mots magiques -dialogue. je vins à point nommé / Hélas! Bonté sans conséquence! Sentiments / Qui n’ont pas laissé la moindre empreinte» (Brecht. Le racisme est. l'exclusion. identifiant la fausse générosité de l'organisation bénéfique avec celle des actuelles associations de support au développement. que t'aide aussi. Dans cet instant. Hosannah! / Aide ceux qui possèdent déjà. signalant les corps inerte de la sainte. Derrière on cache et on légitime le sommeil doré totalitaire d'un dépassement sentimental des conflits au nom des valeurs abstraites montrés comme les plus élevés. de la cochonnerie. 1961[1931]. ordonne. coopération. elle en vivait. 112).. Obéissant. qui se débat entre ses intérêts et ses scrupules hypocrites. pour les exploiteurs. «Donne-lui le drapeau» (Brecht. Parce que ce discours multiculturel qui proclame respect et compréhension est en réalité une pure catéchèse au service du Dieu de la pauvreté. Mauler. montrez leur une fois de plus que votre supériorité consiste dans ce que vous ne considérez pas supérieurs. pourtant. compréhension mutuelle. 1961. et elle en créa pour s’éterniser». Actualité absolue. Quand la Jeanne Dark de Brecht découvre que son combat a été inutile et «j’ai fait tort aux persécutés / Et n’ai servi que les persécuteurs». l'humanitarisme et la solidarité caritative de notre temps Nietzsche ait pu dire le même qu’il a écrit dans l'Antéchrist: pour elles «Supprimer une détresse quelconque allait à l’encontre de ses intérêts les plus vrais: les détresses. le leader des potentats. les poursuites. du mépris vers cette barbosité christianoïde qu'aime se vautrer dans la résignation et le mensonge et qu'il n'est pas d'autre chose que fausse compromis ou compromis lâche. p. p. La modalité d'une des devises les plus astucieuses que les pouvoirs ont été capables d'inventer et de manier: «Aimez-vous les uns les autres. une allusion qui touche la majorité des ONG. avec une mise en scène d'Àlex Rigola. Hosannah! / Écrase la haine. cependant elle continue: «Moi même.avec lesquels on veut atténuer la rage et la passion des offensés.christianisme bénéfique dénoncé par Nietzsche nous sommes passés au langage de la tolérance et du dialogue. Hosannah! / Aide la classe. démagogie qui fait l'éloge de la diversité après avoir désactivé sa capacité de questionnement et après l’avoir volé de la vie.C'est cela qu’on nous répétaient des hauts voix officiels: «Tendez vos mains aux différents. un des Chapeaux Noirs met une enseigne des Nations Unies entre les mains du cadavre de Jeanne. Dans le moment final. Hosannah! ». quand Jeanne Dark meurt.

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