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COURS DE SEDIMENTOLGIE

Chapitre 1 : La formation des roches sédimentaires


1.1- Définition
1.2- Différents processus de formation des roches sédimentaires
1.2.1- L’altération
1.2.2- L’érosion
1.2.3- Le transport
1.2.4- Le dépôt ou la sédimentation
1.2.5- La diagenèse
Chapitre 2 : La sédimentation
Introduction
2.1- Les processus de sédimentation en milieux continentaux
2.1.1- Les processus éoliens
2.1.1.1- La sédimentation éolienne par les mécanismes de traction
2.1.1.2- La sédimentation éolienne par suspension
2.1.2- Les transports et dépôts glaciaires
2.1.3- Les transports et dépôt par gravité
2.2- Les processus de sédimentation en milieux marins
2.2.1- La sédimentation par courant de traction
2.2.2- La sédimentation par courant de turbidité
2.2.3-3 La sédimentation par décantation à partir de suspension

Chapitre 3 : Classification des roches sédimentaires


3.1- Classification des roches détritiques
3.2- Classification des roches d’origine chimiques et biochimiques
Chapitre 4 : Notion de stratigraphie

4.1- Intérêt de la stratigraphie


4.2- Les principes de la stratigraphie
4.2.1- Le principe de superposition,
4.2.2- Le principe de continuité
4.2.3- Le principe d’horizontalité
4.2.4- Le principe de recoupement,
4.2.5- Le principe d’inclusion
4.2.6-Le principe d’identité paléontologique,

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Chapitre 1 : la formation des roches sédimentaire

1.1- Définition

Les roches sédimentaires sont des matériaux provenant de la


destruction (ou fragmentation) de roches préexistantes, puis
transportés par des agents tels que le vent, l’eau, la glace et déposés.
Elles représentent seulement 5 % de la lithosphère en surface par
contre elles forment 75 % des terres émergées.
Les roches sédimentaires sont simplement composées de particules
sédimentaires consolidées ou non. Ces particules qui peuvent aller de
gros blocs à des molécules dissoutes dans l’eau sont produites par
l’altération et l’érosion de roches ou de sols préexistants. Les
sédiments sont déposés par des agents tels que le vent, l’eau, la glace.
Ils peuvent aussi être secrétés par des organismes. Le sédiment meuble
est converti en roche sédimentaire cohérente et solide au cours de la
diagenèse. Le gisement le plus important pour les roches
sédimentaires est la disposition en lit ou couches nommés aussi strate.
La stratification correspond à des changements dans les conditions de
sédimentation qui provoque le dépôt de différents matériaux au cours
de certaines périodes de temps. Le terme sédiment est souvent utilisé
pour désigner les sédiments et les roches sédimentaires. L’étude des
sédiments constitue la sédimentologie. Les roches sédimentaires
seront étudiées ici sous l’angle de leur genèse c-a-d de leur origine et
des environnements sédimentaires qu’elles caractérisent.

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Suivant le mode de formation, les roches sédimentaires se repartissent
en trois catégories :
- les roches détritiques proviennent de la diagenèse (ensemble des
processus qui affectent un dépôt sédimentaire et le transforment
progressivement en roche sédimentaire solide) ou de la
lithification (transformation d’un sédiment meuble en roche
sédimentaire consolidée par consolidation et cimentation)
d’amas de particules solides arrachées à des roches préexistantes
par les agents atmosphériques. Ces particules ou débris peuvent
être liés par un ciment.
- les roches organogènes dont le sédiment originel est dû à
l’accumulation de débris d’organismes (coquilles, tissus de
soutient etc.)
- les roches hydrochimiques où évaporites proviennent de la
précipitation des sels dissouts dans les eaux. (halite)

1.2- Différents processus de formation des roches sédimentaires


Le processus sédimentaire est composé de l’altération, de l’érosion, du
transport, de la sédimentation ou dépôt et la diagénèse
1.2.1- L’altération
L’altération est l’ensemble des mécanismes qui modifient les
propriétés physicochimiques des minéraux, donc de la roche en ions
solubles et en des grains qu’on appelle sédiment. L’altération

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s’effectue par l’action des agents atmosphériques (l’eau, vent, glacier).
Elle à lieu sur la surface de la terre et aussi au fond des eaux. Plusieurs
facteurs contrôlent l’altération qui sont la température, le Ph, la
porosité, le gel-dégel, les facteur biologiques et le climat. En fonction
de ces paramètres, l’altération peut être physique, chimique ou
biologique. Le processus physique de la roche s’effectue par la
00désagrégation des minéraux d’une roche préexistant au moyen des
fractures et des fissures. Il existe 3 types d’altération physique :
 la gélifraction : l’eau pénètre dans les pores ou dans les fissures
de la roche et provoque en gelant l’éclatement de la roche
 la dilation thermique différentielle : dans ce processus, les
différents minéraux des roches ont des propriétés physiques
variées et ne se dilatent pas de la même manière. Cette
différence de dilation provoque la fracturation de la roche
 les effets de la tectonique : ils peuvent provoquer la formation
des brèches, des failles au sein des roches. Ces brèches et ces
failles formées constituent des éléments de désagrégation de la
roche.

A la fin de l’altération, nous avons des matériaux mobiles livrés à


l’érosion
Les processus d’altération chimique s’effectuent de façon chimique au
sein de la roche. Elle agit de deux façon, l’altération chimique par
dissolution totale des constituants de la roche (certains minéraux tels
que la halite, la calcite sont dissous et leurs ions sont évaporés dans

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une solution colloïdale et l’altération chimique par néoformation de
certains minéraux ( les micas sont transformés en minéraux argileux).
Le processus d’altération biologique s’effectue par l’intervention des
organismes. - Racines et lianes
- Micro-organismes
- Lithophages
- Animaux fouisseurs
- Hommes

1.2.2- L’érosion

Elle correspond à la mobilisation des produits de l’altération, c’est


l’ensemble des mécanismes d’enlèvement et de l’éloignement des
produits de l’altération. En effet sous l’action de la pesanteur, de l’eau,
le vent et des glaciers, les produits de l’altération du sol ou des roches
sont enlevés et transportés, laissant certaines formes d’érosion
caractéristiques sur le massif rocheux. L’action d’enlèvement et de
détachement des débris d’altération est appelée glycogénèse.
.0h
1.2.3- Le transport

Après leur formation, les sédiments sont transportés depuis les zones
sources jusqu’aux zones de dépôt appelés milieux de sédimentation
(bassin de sédimentation).
Les matériaux sédimentaires ont tous un volume et un poids suffisants
pour subir l’effet de la pesanteur. La pesanteur fait que la
sédimentation s’effectue surtout dans les zones basses de l’écorce, où
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se rassemblent les eaux après un transport plus ou moins important.
On distingue :
L’action de la pesanteur
L’action de la pesanteur est surtout importante dans les reliefs. Elle est
l’agent principal, responsable des éboulements du fait du poids des
roches.
L’action de l’eau
L’eau (pluie, rivière, fleuve, océan etc.) est l’agent le plus important
du transport des sédiments. Dans les courants marins ou fluviatiles, le
mouvement de l’eau n’est généralement pas uniforme, il est dans la
plupart des cas tourbillonnaire et affecte surtout les particules. Le
transport des sédiments par l’eau peut être classé en 3 groupes:
 le transport par roulement dans lequel les particules roulent au
fond de l’eau et affecte les éléments de diamètre supérieur à 500
microns.
 le transport par saltation dans lequel les particules avancent
par petits sauts, la saltation affecte les éléments de diamètre compris
entre 250 et 500 microns.
 le transport par suspension dans lequel les très fines particules
sont transportées en solution (particules inférieures à 250 microns).

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Figure 1: Modes de transport solide, d’après Graf et Altinakar (2002)

Le transport par le vent


Le transport par le vent est surtout effectif dans les pays arides, là où
la couverture végétale est peu importante pour assumer son rôle
protecteur ; ex : les dunes du Sahara. Le grand froid est aussi un
facteur qui favorise les phénomènes éoliens. Pendant l’époque
glaciaire d’immenses surfaces sont dépourvues de végétation et sont
balayées par le vent, les poussières transportées s’accumulent pour
former le lœss (roche friable, roche sédimentaire détritique de nature
périglaciaire).
Le transport par la glace
Les glaciers érodent, transportent les matériaux qu’ils ont érodés et les
déposent lors de la fusion de la glace. Les dépôts dû aux glaciers sont
généralement très hétérogènes (particules, blocs) Ex : les moraines
glaciaires, les tillites glaciaires.

1.2.4- Le dépôt ou la sédimentation

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La sédimentation est le stade de dépôt des sédiments. Elle a lieu
lorsque la vitesse de l’agent de transport diminue ou lorsque cet agent
disparaît (fusion de la glace) elle dépend de la granulométrie des
éléments sédimentaires et aussi la vitesse du courant de l’eau. On
distingue la sédimentation en milieu aqueux (eau) et éolien (vent).

1.2.5- La diagenèse
La diagenèse est l’ensemble des processus physico-chimique
responsable de la transformation des sédiments (meubles) en roche
sédimentaire cohérente. Les roches formées à la suite de la diagenèse
peuvent contenir deux sortes de minéraux : les minéraux détritiques
venus d’ailleurs et les minéraux formées sur place ou minéraux
authigènes qui sont responsables de la consolidation des sédiments
déposés. La diagenèse s’établit par 4 mécanisme différents les uns des
autres, ce sont : la compaction, la cimentation, la recristallisation, la
métasomatose
La compaction
C’est le processus mécanique ou physique fondamentale de la
diagenèse. Il s’agit de la réduction du volume massif du sédiment sous
le poids croissant des dépôts qui le recouvrent qui conduit à la
réduction de la porosité. En effet, la compaction produit la chasse
forcée de l’eau interstitielle et le réarrangement des grains les uns par
rapport aux autres. De ce faut, le contact entre les grains devient plus
important.
La cimentation

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C’est la modification diagénétique la plus commune en un remplissage
des interstices entre les grains du sédiment par un dépôt minéral par
précipitation. En effet, dans les sédiments détritiques grossiers par
exemple quelque soit leur état de compaction, il subexiste toujours des
vides importants entre les grains. A partir des solutions interstitielles
remplissant ces vides des minéraux authigène peuvent saturer pour
consolider les sédiments. C’est la cimentation qui transforme les
sédiments meubles en roches rigides et cohérentes. Elles peuvent se
produire au cours de la sédimentation ou tardivement. Les minéraux
les plus fréquent qui cimentent les sédiments sont : la calcite, la
dolomite, les minéraux argileux, le fer, la silice. Ces minéraux peuvent
se précipiter à partir des sédiments ou à partir des eaux interstitielles
ou être introduits.

La recristallisation
C’est l’apparition de nouveaux minéraux. Dans ce cas certains
minéraux de la roche primitive, sont dissouts par des solutions
interstitielles et la matière ainsi dissoute va nourrir d’autres cristaux
qui deviennent de plus en plus gros. Finalement la structure primitive
du dépôt, est complètement modifiée, on dit qu’il y’a recristallisation.
Ce type de diagenèse se retrouve dans la plus part des calcaires. La
recristallisation caractérise aussi la transformation des grès en
quartzite.

La métasomatose

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C’est la transformation d’une roche avec apport extérieur. C’est une
sorte particulière de recristallisation. C’est un phénomène de
remplacement d’un minéral par un autre de composition chimique
différente avec ou sons changement de forme.

Chapitre 2 : La sédimentation

Introduction
C’est le stade de dépôt, elle peut être marine ou continentale, elle peut
se faire à partir de particule détritique où à partir de solution et
colloïdes. Au moment de se déposer les particules sédimentaires
s’organisent sous l’influence des forces hydrodynamiques ou
aérodynamiques responsable de leur transport jusqu’au lieu de
sédimentation. Cette organisation se traduit souvent par des structures
sédimentaires d’autant plus variées.

2.1- Les processus de sédimentation en milieux continentaux

2.1.1- Les processus éoliens


Les lois physiques de déplacement des particules sont les mêmes dans
les gaz que dans les liquides. On connait des transports par traction au
niveau du sol (saltation, roulement, charriage) et des transports en
suspension. Ce sont les poussières atmosphériques comme celles qui
prennent naissance sur le Sahara et traverse l’atlantique (l’harmattan).
Certains éléments fins de ces poussières peuvent parfois faire le tour
complet du globe. Le transport et le dépôt de sédiment éolien
s’effectue dans les déserts arides actuellement (Sahara) dans quelques

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zones glaciaires localisées, où sur des plages et cordons littoraux sous
tout climat.

2.1.1.1- La sédimentation éolienne par les mécanismes de traction


Ici les particules se déplacent par glissement, roulement et saltation,
les plus fines sont triées et partent en suspension. Le seuil de vitesse
nécessaire à la mise en mouvement des particules par le vent
augmente avec la granulométrie. Ce sont les particules de 10 µm qui
sont mobilisées en premiers, de même les silt et argiles comme en
milieu aqueux nécessite une vitesse plus grande pour être mise en
mouvement.
Dans le domaine éolien se succèdent aussi les structures de dune, de
lits plans, de ripples en fonction de la vitesse du vent. Les principaux
facteurs qui contrôlent la distribution des grandes étendues sableuses
d’origine éoliens sont encore mal connus. Par contre les chercheurs se
sont intéressés à la géométrie et à la formation des édifices éoliens que
sont les dunes. Différents types de dune ont été distingués, on note 2
types de dunes arquées:
- les Barkhane (barchan)
Ce sont des dunes avec des pointes sous le vent, car ces pointes
avancent plus vite que le corps mère de la dune. Elles se rencontrent
sur substrat sec.

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- les dunes paraboliques
Ce sont des dunes avec des pointes au vent, car ces pointes avancent
moins vite que le corps de la dune mère. Ces dunes se rencontrent sur
substrat humides avec présence de végétation qui freine le
déplacement des sables au niveau des pointes. Ces deux types
d’édifices se forment dans les zones où l’alimentation en sable est
faible. Ce sont des formes de transport plutôt que de dépôt. On les
rencontre en bordure des mers de sable et dans certaines zones
littorales (Sahara ou côtes atlantiques).

En dehors des dunes arquées il existe d’autres types de dunes qui


sont :
- les dunes pyramidales ou en étoiles
Elles peuvent atteindre une ou plusieurs longueurs de mètre de haut.
Elles semblent se former à proximité des reliefs montagneux qui
provoquent des modifications profondes dans le sens du vent.

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- les dunes longitudinales
Elles peuvent être longues et étroites et sont allongées dans le sens du
vent. Elles peuvent atteindre jusqu’à 200 km de long, 50 m de haut et
peuvent être espacées de 1 à 2 km. Elles sont formées par des vents
unidirectionnels bien rétablis.

- les dunes transverses


Elles sont aussi rectilignes ou légèrement sinueuses mais
perpendiculaires au vent dominant.

Ces trois dernières formes sont des formes de dépôts contrairement


aux dunes arquées. Les dépôts de traction d’origine éolien bien que
comparable dans leur structure à ceux mis en place en milieux aqueux
peut cependant être distingué, car les effets mécaniques sur les grains
dans l’air sont supérieurs à ceux qui se produisent sur le fond d’un
courant d’eau. La surface des grains de sable acquiert donc un aspect
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caractéristique qualifié de mât et les formes sont souvent très
arrondies. Les structures sédimentaires d’origine éolienne sont de
grandes tailles en générale, enfin les fossiles sont absents dans les
dépôts éoliens où ils sont extrêmement rares.

2.1.1.2- La sédimentation éolienne par suspension

Lorsqu’un vent violent souffle sur des alluvions où des sédiments


desséchés, les particules argileuses et silteuses se déplaceront en
suspension. C’est ainsi qu’on à pu estimer à environ 30 millions de
tonnes par an les poussières soulevées sur le Sahara et transportées à
travers l’atlantique. Ces poussières alimentent la sédimentation
pélagique (en haute mer) dans les océans, elles se déposent aussi sur
les zones côtières entraînées par les pluies qui y sont fréquentes. Des
poussières éoliennes peuvent aussi être générées dans les zones
périglaciaires, elles sont différentes des précédentes et donnent
naissance aux lœss, qui sont des dépôts presque exempt d’argile et très
siliceux.

2.1.2- Les transports et dépôts glaciaires

Plusieurs types de dépôt sédimentaires sont associés aux glaciations.


Les matériaux transportés par les glaciers le sont en surface où à la
base des glaciers, ils constituent les moraines superficielles et les
moraines de fond. Les moraines superficielles sont constituées de

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débris hétérogènes apportés sur le glacier par les torrents, les
avalanches, les glissements de terrain où les écoulements de boues.
Les éléments transportés ne sont ni polis ni striés mais toujours
anguleux. Les moraines de fond sont composées de matériaux de
toutes les classes granulométriques allant des blocs géants aux argiles.
Les éléments sont fracturés, polis, striés, arrondis par friction entre
eux et sur le fond, ce qui donne les formes caractéristiques de roches
moutonnées ou en dos de baleines.

2.1.3- Les transports et dépôt par gravité

La gravité intervient dans tous les processus de transport précédent,


mais c’est aussi un agent de transport à part entière dont les processus
de dépôt vont de la simple chute sous l’action du poids au courant de
turbidité. Ces derniers sont en général traité à part et les auteurs inclus
dans les processus gravitaires les avalanches ou chute de pierres, les
éboulements, les glissements, les mass-flows.

a) Avalanche et chute de pierres


Elles constituent un processus de sédimentation gravitaire vertical
sans composante horizontales. Elles donnent naissance à des blocs mal
classés avec une grande porosité primaires et qui seront remaniés par
les autres agents. Avalanches et chute de pierre peuvent se produire en
milieu continental ou marin toujours à partir d’une falaise dont
l’origine peut être tectonique érosionnelle.

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b) les glissements (Slides ou Slumps)
Les glissements se produisent sur des pentes moins accentuées que les
falaises en milieu aérien ou aquatique. Les glissements produisent un
déplacement de matières à composante horizontales.
Slides = glissement sans perturbation de la structure originelle
Slumps = écoulement plastiques avec destruction de la structure
originelle
c) les mass-flows
Ces mécanismes inclus ce que l’on nomme sandflow, debrisflow,
grainflow qui peuvent se traduire par écoulement boueux en français.
Il s’agit de l’écoulement de dispersion concentrée de particules dans
un fluide.

2.2- Les processus de sédimentation en milieux marins

On distingue dans le milieu aqueux 3 types de processus


sédimentaires :
- la sédimentation par des courants de traction
- la sédimentation par des courants de turbidité
- la sédimentation par suspension

2.2.1- La sédimentation par courant de traction

C’est un des processus les plus importants des transports et de dépôt


de sédiments. Les courants de traction transportent les particules
sédimentaires par roulement et saltation sur le fond. Les courants de
traction sont unidirectionnels dans les rivières alors que dans les
estuaires, delta ou en mer ouverte ils peuvent être directionnels par
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l’action de la marée. L’étude de ces courants et de leur résultante dans
le sédiment a été faite expérimentalement en canal dont le fond est
tapissé de sable. Lorsque le courant est nul le fond sableux reste plat.
Si l’on augmente la vitesse du courant ce n’est qu’à partir d’une
vitesse critique que les particules de sable commenceront à rouler ou à
acquérir des mouvements de saltation. Il se forme alors à la surface du
sable des rides centimétriques, si le courant continue d’augmenter les
rides se transforment en dune hydraulique. Les rides et les dunes sont
identiques dans leur formation, leur genèse et leur structure interne.

2.2.2- La sédimentation par courant de turbidité

Les courants de turbidité = courant de densité. Ils sont générés par une
différence de densité dans les fluides. Cette différence de densité
provoque les mouvements liés au fait que le fluide le plus dense vient
se placer sous le moins dense. Cette différence de densité peut dans le
milieu marin être dûe à des différences de température ou de salinité,
et le plus souvent à des différences de teneur de matière en suspension
(turbidité) dans ce cas, les eaux turbides ont tendance à s’écouler sur
le fond. Il a été reconnu comme étant le mécanisme de dépôt des
flyschs. Ces flyschs sont constitués d’épaisses séquences de sable
granoclassé et d’argile. Ce sont ces sables qui sont nommés turbidite.
La vitesse d’un courant de turbidité dépend de plusieurs paramètres
qui sont :
- la différence de densité entre le fluide dense et le fluide ambiant, son
épaisseur et l’angle de la pente

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- l’accélération de la pesanteur
Les mécanismes des courants de turbidité contribuent à
l’accumulation dans le domaine marin profond, d’importantes
quantités de sédiments détritiques souvent sableux (deep sea sands).
Ces dépôts constituent ce que l’on appelle les éventails détritiques
sous marins (deep sea fan) dont l’épaisseur peut être considérable. Les
sables présentent le plus souvent, un granoclassement vertical, une
matrice argileuse et contiennent des faunes déplacées provenant du
plateau continental.

2.2.3-3 La sédimentation par décantation à partir de suspension

Les sédiments les plus fins (argiles et parfois silt) sont transportés en
suspension. Les roches obtenues à partir des suspensions peuvent être
interstratifiées avec les turbidités ou des dépôts de traction. On
distingue 3 types de suspensions :
- les turbidités distales
Elles peuvent être considérées comme des suspensions. Il s’agit
d’argiles et de silt à laminer, on les rencontre dans les bassins marins
profonds mais aussi dans les lacs. Dans les lacs glaciaires ces
suspensions donnent naissance aux varves.
- un 2ème type de suspension provient de ce que l’on appelle la couche
nepheloïde. Il s’agit de
La masse d’eau

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- le 3ème type de dépôt en suspension est celui où les eaux turbides
circulent dans les eaux claires. C’est le cas de certaines régions se
déversant en mer. Ex : cas de la lagune Ebriè en période de crue.

Chapitre 3 : Classification des roches sédimentaires

Introduction
Les roches existantes à la surface de notre planète s’altèrent au
contact de l’atmosphère et subissent une désagrégation ou une
modification chimique et biochimique pour donner les roches
exogènes. En effet, les débris issus de cette désagrégation par érosion
sont emportés en d’autres lieux par les eaux courantes ou par le vent.
Ces matériaux vont se déposer dans des dépressions continentales ou
marines en formant des sédiments meubles. Ces sédiments subiront
les phénomènes diagénétiques pour donner naissance à des roches
consolidées cohérentes nouvelles. Ces roches qui représentent un
dépôt de matières ayant subi un transport préalable sont regroupées
dans la catégorie des roches sédimentaires. Celles qui sont formées
sur place par altération superficielle (sans transport) sont appelées des

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roches résiduelles. Ces deux types de roches composent les roches
exogènes.

Tableau 1: mécanisme de formation des roches exogènes

3.1- Classification des roches détritiques

 basée sur l’état d’agrégation

Cette classification tient compte de l'état d'agrégation des particules


sédimentaires. On oppose les roches meubles et plastiques des roches
dures ou cohérentes. Dans les roches meubles, les grains détritiques
sont entièrement indépendants les uns des autres. Ces grains forment
un assemblage en équilibre mécanique dont les espaces

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intergranulaires (pores) représentent une fraction importante du
volume de la roche.

- Dans les roches plastiques, la présence de minéraux argileux en


quantité importante permet une déformation sous la contrainte.

- Dans les roches cohérentes, les constituants sont intimement soudés


les uns aux autres et la roche garde sa forme aussi longtemps que des
contraintes ne viennent la briser. La transformation du sédiment
meuble en roche indurée résulte soit de l'introduction d'un ciment
entre les grains, soit de la compaction du sédiment, soit encore de la
déshydratation des constituants argileux.

 Classification en fonction de la granulométrie des détritus

La dimension des particules détritiques ou granulométrie est un critère


de classification des roches meubles et cohérentes. On admet
généralement trois grandes classes granulométriques qui sont les
rudites, les arénites et les lutites.

Tableau 2 : Classification des roches détritiques

Taille des Classification Roches Roches


éléments meubles consolidées
Rudites Blocs Conglomérats
> 2mm (Grains Galets (poudingues et
grossiers) Graviers brèches)
Arénites
2mm à 0,2mm (Grains Sables Grès
moyens)

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Lutites Boues Argilites
< 0,2mm (Grains fins ou Silts, Vases Argiles
Pelites) Argiles

3.2- Classification des roches d’origine chimiques et biochimiques


La composition chimiques des roches organogènes reflète leur origine
et permet de les subdiviser en quatre grands groupes :

3.2.1- Les roches carbonatées


Elles représentent 20% des roches sédimentaires. Le minéral le plus
dominant est le carbonate caractérisé par le radical CO3. Les
principales roches carbonatées sont les calcaires (CaCO3) qui fait
effervescence avec le HCl à froid, la dolomie CaMg (CO 3)2, la craie et
les marnes qui sont un mélange d’argile et de calcaire.

3.2.2- Les roches siliceuses


Les roches siliceuses organogènes sont constituées essentiellement de
silices (quartz, opale et calcédoine) provenant d’organismes à test
siliceux.
La décomposition de ces silicates s’accompagne de la mise en solution
de la silice. Cette est transportée par les fleuves. Certains organismes
les concentrent, ce sont : les Radiolaires ; les Silicoflagellés, les
Eponges et le Diatomées.
Exemples de roches siliceuses : le Silex et la Silexite.

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La Silexite est une roche essentiellement formée de quartz constituant
des couches continues.
Le Silex est un mélange de quartz sous forme de concrétion et de
calcaires ou de marnes.

3.2.3- Les roches organiques

Ce sont des roches qui proviennent de la décomposition des matières


organiques végétales ou animales. Ces matières organiques
emprisonnées dans les roches sont facilement détruites par oxydation
et se transforment en gaz (CO 2, H20, NH4 etc.) Cette transformation
est le résultat de l'action de bactéries et des moisissures à l'air libre.
Lorsque l'oxygène est absent, la flore bactérienne change et devient
anaérobie, c'est à dire, capable d'emprunter l'oxygène nécessaire à son
métabolisme directement à la matière, organique. Cela se produit
lorsque les restes des organismes sont recouverts d'une tranche plus ou
moins épaisse d'eau. Les matières organiques (C, H ,0 et N) évoluent
alors vers des corps ne contenant plus que C et H qui constituent les
combustibles minéraux.
Il y a des roches solides connues sous le nom d’ensemble de charbon.
On classe les charbons en fonction de leur concentration en charbon
(C). Ainsi nous distinguons : la tourbe (%C=55%) ; la lignite ou
charbon brun (55%<%C<70%) ; la houille (70%<%C<85% et
l’anthracite (92 à 95% de C).
On a aussi les roches liquides et gazeuses : Pétrole et gaz naturel.

3.2.4- Les roches phosphatées


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Elles résultent de l'accumulation du phosphore (P) sous forme de
phosphate. Le minéral le plus fréquent est l'apatite Ca 5(P04)3(OH,F,
Cl), souvent en agrégats.
Le phosphore est concentré par des organismes microscopiques
(Dinoflagellés), d'autres de grande taille (requins). Le phosphore est
un élément abondant dans les os des vertébrés. Le reste de la roche est
généralement carbonaté. Le terme générique conseillé pour ces roches
est la phosphatite. Il existe des roches phosphatées particulières dont:
- le guano, formé par la réaction des roches d’iles océaniques avec les
déjections d'oiseaux de mer
- les phosphorites des grottes ayant une origine comparable mais
dérivées des déjections de chauves-souris.
Les roches phosphatées sont la matière première de l'Industrie des
engrais, d'où leur rôle économique considérable

3.2.5- Les roches salines


Ce sont les résidus d'évaporation soit d'eau de mer, soit de lacs salés.
On les appelle aussi évaporites.
Exemples:
- Sel gernme ou halite (NaCI)
- Gypse (CaS04, 2H20)
- Sylvite (KCI).

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Chapitre 4 : Notion de stratigraphie

Introduction

Le terme stratigraphie est une science qui étudie la succession des


dépôts sédimentaires (grès, calcaires, marnes, sables, argiles etc..),
généralement arrangés en couches ou strates. Cette stratigraphie obéit
à un principe important défini par le Danois NIELS Stensen (1669) :
le principe dit que chaque couche se dépose sur une couche plus
ancienne de sorte que une séquence non perturbée par des
mouvements tectoniques, les couches les plus anciennes soient à la
base et les plus jeunes au sommet. C’est le principe de superposition.
Les études stratigraphiques s’appuie sur la connaissance des milieux
marins et continentaux actuels. Elle se propose de connaître la genèse
et la signification historique des divers formations. L’analyse
stratigraphique porte en 1er lieu sur l’aspect et la composition des
couches ainsi que sur leur répartition géographique. Dans le 1er cas on
parle de lithostratigraphie, dans le second cas on parle de
paléogéographie. Mais le but principal est d’établir la succession
chronologique des événements qui sont à l’origine des dépôts des
couches étudiées en déterminant leur âge relatifs grâce surtout à la
^paléontologie ou leur âge absolue grâce aux méthodes
radiochronoloques.
On distingue trois branches principales de la stratigraphie :

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La lithostratigraphie est basée sur la nature des terrains
indépendamment du contenu en fossiles.
Exemple : corrélations lithostratigraphiques des niveaux de sable
bitumineux de la région d’Adiaké.
La lithostratigraphie comporte 4 subdivisions croissantes (strate,
membre, formation et groupe).

La biostratigraphie est basée sur le contenu en fossiles de chaque


unité lithologique donnée. Ex : les divers niveaux de glauconites de la
falaise de Fresco comporte une variété de fossiles (nautiles, bivalves,
échinodermes et foraminifères) qui nous permet de les dater du
Paléocène. Elle se décompose en plusieurs subdivisions également
croissantes (biozone, cénozone, acmé). Du fait de la spécialisation, on
rencontre parfois les termes de palynostratigraphie (basée sur les
spores, les grains de pollens et les dinokystes).

La chronostratigraphie est basée sur de nombreuses méthodes (le


plus souvent la géochronologie) en vue d’organiser les séquences
sédimentaires en unités chronostratigraphiques, dont les plus usitées à
l’échelle mondiale sont :
- l’étage (âge géochronologique moyen 5 à 6 millions d’années). Le
nom de l’étage correspond en principe à l’endroit où il a été décrit
pour la première fois : ex : l’Aquitanien (Aquitaine au Sud-ouest de la
France). L’étage est l’unité de base de la stratigraphie qui permet
d’établir des corrélations à longue distance.
- la série (formée de plusieurs étages pendant une époque donnée)
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- le système (regroupe plusieurs séries accumulées durant une
période)
Une échelle stratigraphique a été établie et périodiquement remise à
jour en fonction des nouvelles découvertes.

4.1- Intérêt de la stratigraphie


Trois buts principaux sont poursuivit par les stratigraphes :
Les buts pratiques
Il s’agit de recherche de gisement économique Ex : la recherche d’eau,
d’hydrocarbure, de minerais, et la réalisation de grands travaux
Les buts scientifiques
Il vise à la compréhension des phénomènes ayant aboutit à la
formation des strates et de leur succession. Il y’a le plus souvent une
liaison entre les buts pratiques et les buts scientifiques.
Les buts historiques
Il vise à reconstituer l’histoire de la terre à partir des faits
d’observation car les couches ou strates sont de véritables archives
pour les géologues.

4.2- Les principes de la stratigraphie

4.2.1- Le principe de superposition, selon lequel dans les terrains


non-déformés les formations les plus basses sont les plus anciennes, et
les formations les plus hautes sont les plus jeunes. C’est la façon
d’exprimer l’âge relatif.

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4.2.2- Le principe de continuité qui stipule qu’une même couche a le
même âge sur toute son étendue. On peut établir ainsi des relations
entre des strates éloignées.

4.2.3- Le principe d’horizontalité, selon lequel les couches


sédimentaires sont déposées à l’origine horizontalement. Une
séquence sédimentaire qui n’est pas en position horizontale aurait
subit des déformations ultérieurement à son dépôt.

4.2.4- Le principe de recoupement, selon lequel les couches sont


plus anciennes que les failles ou les roches qui les recoupent

4.2.5- Le principe d’inclusion, selon lequel les morceaux de roches


inclus dans une couche sont plus anciens que leur contenant.

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4.2.6-Le principe d’identité paléontologique, les fossiles sont des
restes d’organismes conservés dans les roches, deux couches
contenant les mêmes fossiles stratigraphiques sont de même âge. Les
fossiles sont classés en deux groupes :

- le fossile chronostratigraphique: est un fossile qui a vécu à une


période ou une époque bien déterminée de l’histoire de la terre (les
trilobites, les ammonites etc.)
- le fossile de faciès : est un fossile qui a vécu dans plusieurs périodes
ou époques de l’histoire de la terre mais qui a un milieu de vie
caractéristique (Ostréa)

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