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Annales des tribunaux

illustrées. Procès célèbres
français et étrangers

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Annales des tribunaux illustrées. Procès célèbres français et
étrangers. [s.d.].

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DE LA LIBRAIRIE IMPRIMERIE GÉNÉRALE 38. 9 .ANNALES TRIBUNAUX DES ILLUSTRÉES PROCÈS CÉLÈBRES FRANÇAIS ET ÉTRANGERS DIRECTEUR: MA.URICE LACHAT RE TOME PREMIER PARIS DOCKS. 38 9. boulevard Sébaslopol. rue de Fleurus. .

La publication se poursuivra au jour le jour. nous pourrons publier trois numéros ou plus chaque semaine. l acte d accusation et les débats de ce procès qui comptera parmi les plus célèbres et es plus épouvantables de notre époque. nos artistes prendront les croquis de tous les personnages pour les représenter dans les scènes émouvantes qui seront évoquées par les avocats et le ministère public. liAJIURE. CONDITIONS DE L'ABONNEMENT Le prix de chaque numéro est de 10 centimes Il parait un numéro chaque semaine. En raison de l importance de ce procès et des tirages extraordinaires qu'il nécessitera. ET FORMERONT UNE SÉRIE Prix de chaque série : UN FRANC ON PEUT S'ABONNER POUR UNE SEULE SÉRIE OU POUR PLUSIEURS SÉRIES Il paraîtra environ 10 Séries par an. nos mesures sont prises pour avoir les premiers connaissance des incidents qui se produiront .r-VOYER LE MONTANT DES ABONNEMENTS EN UN MANDAT SUR LA POSTE. Prix de l'abonnement pour 10 Séries : 10 francs POUR RECEVOIR franco PAR LA POSTE. le lundi.X NUMÉROS SERONT RÉUNIS SOUS UNE COUVERTURE ROUGE. O. chaque livraison en plus du nombre indiqué sera payée 10 centimes pour Paris et 12 centimes pour l'envoi franco par la poste dans les départements. et— quelquefois — un autre numéro le jeudi. directeur-gérant. . ON DEVRA AJOUTER PAR SÉRIE 20 CENTIMES ON EST PRIÉ D'f. 9 LE CRIME DE PANTIN Contiendra environ TRENTE Livraisons Prix : UN franc CHAQUE SÉRIE DE 1. suivant les péripéties de ce drame lugubre appelé à se dérouler devant la Cour d'assises de la Seine.0 LIVRA ISONS Si le nombre des livraisons est augmenté. nos sténographes seront chargés de recueillir avec soin tous les détails des interrogatoires et des principales dépositions ainsi que les plaidoi- ries. A L'ORDRE DE MM. 38. par suite de l'importance des débat3 qui doivent avoir lieu devant la Cour d'assises. rue de Fleurus. 9. selon l'importance des débats des procès en cours et l'intérêt qu'ils offrent. 38 L. — en outre. MAURICE LACHATRE. boulevard Sébastopol. IMPRIMÉE. imprimeur-éditeur. nous prions nos correspondants et les Libraires des départements de nous faire connaître à l avance le nombre d exemplaires qu 'il leur conviendra de retenir.

nous a valu un succès prodigieux. LETTRE DE MAURICE LACHATRE AUX ABONNÉS CHERS LECTEURS. le plus épouvantable forfait qui ait été accompli depuis des siècles. et. et tout le cortége d'actes odieux accomplis par des êtres qui n'auront d'humain que la forme et dont le cœur et les instincts appartiendront à des bêtes féroces. bien çertainement. LE DRAME DE TOULON. nous aborderons d'autres sujets dignes de frapper votre attention et tout récents. et. peut-être. des empoisonnements. LES FAISEUSES D'ANGES DE MONTATJBAN. par les péripéties de cette lugubre affaire. chers lecteurs. — — Nous suivrons jour par jour tous les procès qui se produisent devant les Tribunaux fran- çais et étrangers. Maintenant. nous devons chercher à maintenir cette vogue dont notre œuvre a été l'objet. par les détails du crime. ce que nous comptons faire pour nous assurer la continuation de vos sympathies : Lorsque le procès actuel aura pris fin et se sera dénoué devant la COUR D'ASSISES de la Seine. La curiosité des populations surexcitée par les récits des journaux. La création d'un JOURNAL ILLUSTRÉ DES TRIBUNAUX nous a paru une des nécessités de l'époque. et c'est vers ce but que tendront tous nos efforts. celui qui dépasse en atrocité tous ceux dont fassent mention les annales judiciaires. et nous sommes entré dans la voie qui nous était ouverte par la reproduction du CRIME DE PANTIN. Voici. nous aurons encore à enregistrer des crimes horribles. LES EMPOISONNEUSES DE MARSEILLE. des assassinats. . etc. malheureusement. AIMABLES LECTRICES.

et tant d'autres héros tombés sous la hache de la monarchie!. etc. LA BASTILLE BICÊTRE — CADILLAC CAYENNE CLAIRVAUX LA CONCIERGERIE — — — — LA FORCE PÉLAGIE . gratuite. Le duc de Praslin. I Pour augmenter L'attraction qu'offrent nos ANNALES DES TRIBUNAUX et y joindre un puissant ^ intérêt historique.. JORDANO BRUNO. Assassinat des dames Van de L'abbé Contrafatto. Le puits aux cadavres (Af- Anthelme Collet. nul ne pouvant être assuré de ne pas tomber victime de l'un des scélérats qu'en- gendre notre société corrompue. tels que ceux qui ont condamné au bûcher JEAN Huss. JOHN BROWN. Les empoisonneuses de Mar- Cartouche. LE MARÉCHAL NEY. rue de Brabant (Bel- Le curé Delacollonge. LE CHATEAU D'IF :— MAZAS LA SALPÊTRIÈRE SAINT-LAZARE — LE MONT-SAINT-MICHEL — LE SALADERO DE MADRID — — — — LE CHATEAU DES SEPT-ToURS DE CONSTANTINOPLE LES CACHOTS DU VATICAN LA ToUR DE LONDRES — LES PLOMBS DE VENISE — LES MINES DE SIBÉRIE — Etc. Poël. Madame Lafarge. de cet amoncellement de forfaits de toute nature ressortira pour tous et pour chacun une leçon qui profitera au progrès social . La marquise de Ganges. CALAS. nous donnerons successivement. DE LA BARRE. les plus efficaces sont : ° l'éducation mise à la portée de tous.3 Le marquis d'Anglade. La Constantin. les jugements iniques dans lesquels on peut dire que l'INFAMIE DES JUGES FAIT LA GLOIRE DES CONDAMNES : JJ tels que ceux qui ont frappé KARL SAND. 4° l'enseignement vulgarisé ë: d'une saine philosophie pour élever le niveau moral des intelligences. tous nous comprendrons qu'il y a urgence à cher- cher les remèdes à cette exubérance de crimes qui épouvantent les nations et qui troublent les familles. Le curé Gotteland. Derues. Dans l'ordre des criminels fameux figureront : . Lapommerais. les procès | célèbres qui ont eu lieu en'France et à l'étranger. la réformes du code des pénalités chez tous les peuples. les grandes causes politiques. Samson). Indépendamment des procès célèbres nous donnerons l'histoire des prisons d'État où ont gémi les victimes du despotisme. SIRVEN. parmi ces remèdes. faire Dessous le Moustier). l'éducation déclarée commune. de toutes les prisons ou maisons de détention et des bagnes. En itrepamMon : Le comte de Bocarmé. Fieschi. 2° une meilleure répartition des richesses sociales. et où les juges sont les assassins. etc. Le drame de Toulon (Affaire La marquise de Brinvilliers. gique). . dans les chômages ou dans les maladies. LE FORT DE HAlVI LA ROQUETTE — . hommes et femmes.. etc. LES SERGENTS* DE LA ROCHELLE. 5° enfin. Or. victimes du fanatisme religieux. ^ La reine Caroline Fualdès.. * . 1 c'est-à-dire.. seille. des geôles de l'inquisition. 3° l'assistance garantie par la société à toutes et à ' tous dans la vieillesse. et l'instrument de travail fourni gratuitement à tous les citoyens. . obligatoire et professionnelle. et l'abolition de la peine de mort. — L'herboriste Joye. celles dans \ -M lesquelles les condamnés sont des héros. Lacenaire. LE DUC D'ENGHIEN. Jean Chastel. Mais. au milieu des actualités. Dumollard.

Enfin. MAURICE LA LACHATRE. chers lecteurs. chacun de vous. mais la pagination étant distincte. mais. Chaque numéro de 10 centimes ne devant traiter que d'un ou de deux sujets. du prix de UN FRANC. à toutes ces matières nous ajouterons les MYSTÈRES DE LA POLICE. il vous sera loisible de demander les numéros qui ont trait à un seul procès. même pendant sa publica- tion. pourra contenir plusieurs livraisons de deux procès intercalées dans la série. . ou. A toutes et à tous salut fraternel. demeurera libre de ses préférences pour telles livraisons qu'il lui conviendra de choisir.dans la dernière série de l'année. il sera facile aux relieurs de mettre les procès à la suite les uns des autres. Chaque série de dix livraisons brochée. selon l'ordre indiqué dans la table des matières qui se trouvera. vous attendrez qu'il soit entièrement paru pour l'acheter en brochure : chacun des procès et des récits aura une pagination distincte et se vendra sépa- rément. sans être tenu de prendre celles qui renfermeraient des sujets moins à sa convenance. Tel est le vaste ensemble des sujets que nous nous proposons de traiter dans la publication des ANNALES DES TRIBUNAUX. si vous le préférez.

LE DRAME DE TOULON 1 AFFAIRE SAM SON l VIENT DE PARAITRE 10 centimes la livraison .

PROCÈS CÉLÈBRES FRANCAIS ET ÉTRANGERS 6 . ILLUSTRÉES .

— Le massacre. n'est souvent. de plus. p L'émotion causée dans Paris par l'horrible drame d'un travail quotidien. aussi vigilante qu'aujourd'hui . venus.qu'un dérivatif. l'instruction. tous ces senti- mais la démoral satiou. 1 Les légen es antiques les plus cruelles sont dé. Chaque teurs de cet égorge ment. elles ont. l'anstocraiie d'une entrevu par quelques peuples de l'antiquité. bi-n moins funeste vivront autant que lui. de la folie d'un seul. mettre les hautes classes à l'abri non-seule. la justice humaine ciable satisfaction ressentie par l'homme vis-à-vis du pourra-t-ele se montrer assez sévère pour les au. un long et funèbre souve. pas encore vu qui fût efficace. bien moins grave cependant. — Autopsies. —Portraits des assassins. passions l'entraîne.. la crainte 1 .i Chambr e des pairs et jusque dans l'entourage du roi. — Pendant la nuit du 20 septembre 1869. du monde seraient impuissantes à prévenir. loin de là: la profession. Quell garantie nous reste. qui renferme une partie du prolétariat. de cette tragédie sanglante. etc. tenue en suspen- le dernier soupir sur les cadavres de ses enfants? sion pour que cette classe intelligente et laborieuse. Les dernières années du règne de Louis-Philippe considérant avec effroi l'abîme où le désordre de ses laisseront. combattant jusqu'à la mort. aux lettrés. qui les sauve des dangereuses rêveries de dité. si des crimes aussi im- Il semble que l'éducation. maîtres. une question d'Héritage a été le seul motif de l'oisiveté . — Enquête judiciaire. après le labeur quotidien. bonnes ou mauvaises. — Le théâtre du crime. qu'une longue série d'expériences destinées à mora- L'opinion publique s'en empare. complice d'actes coupables ou odieux. de faire appel aux $ criminelle. S'imagine-t-on la somme de corruption qui doit dans une contraction désespérée et suprême. les moralistes ont suffisamment écrit et acquièrent-ils. et qui . les prêtres ont qui se passent dans les régions soi-disant élevées prêché. comm . la richesse prévus et aussi improbables. en Amérique. ce sentiment renaît rendue plus odieuse par l'âge des victimes. au moins n'en a-t-on ruption universelle. Réflexions sur les crimes commis par les gens appartenant aux classes privilégiées sous la monarchie. toujours absorbant.re. Aussi. rendant être répandue et. La démoralisation des classes riches et oisives est Les passions de l'homme. Si une basse cupi. sous ce rapport.' Lynch. aux . déjà celles quiforment. et fassent elles-mêmes chée ? une justice sommaire des coupables. — Recherches et investigations de la police. — Le mobile du crime. par lui-même et directement. pénétrant à la de rencontrer autour de soi de semblables assassins. (FR. travail achevé. FAVRE. Élevées d'une façon plus sévère. à titres divers. aux mauvaises passions pour- aux peuples que la démoralisation des classes moyennes. qui finit aux professions libérales. un indice assuré de la cor. Dans l'émotion causée par le drame de Pantin. famille Kinck à Roubaix. de l'indifférence politique. En pleurant sur les victimes. . que toutes les polices ou tout au moins l aisance dont elles jouissent de. invoquent parfois le juge sera bientôt t'jute la nation. et ils deviennent. dans la vie despeuples. plus saint . s dernières. qui commence passées. ' nir dans les annales du crime. quelle horreur universelle lorsque des cri- Certaines heures. semblent mes comme ceux de La Pocnmeraye ou d'autres sem- fatalement désignées pour les scandales éclatants et blables sont révélés Tous sont ou semblent solidaires 1 pour les sanglants spectacles. cette noble e" inappré. l'échafaud se dressait souvent . — Photographies des — — six victimes. se répandait sur la société chacun semble pleurer sur lui-même. la nécessité morale sans liberté. et. n a pas été complètement stérile. que par des individus pression était sévère. qui n'a pu être commis. se rendit qui n'est pas l'œuvre assurément de criminels de . la ré. peuvent vraient. Exhumation des cadavre:. vernement. Non pas que le gou.. etc. sur ses pro- comme une lèj. pénible. v/iers.) . éloigner d'elles. liser l'espèce humaine. la honte du crime. est ce- nation. conséquence inévitable dela ments se retrouvant. aux contre- s'étonne plus que les populations affolées d'indi. dans lui-ci : pas de morale sans mœurs politiques. soit entamée et enta. et si l'œuvre de quelques-unes aux yeux du vulgaire. aux prêtres et aux moralistes de profes- simple délit. — Arrivée d'une famille d'émigiunts à a gare de Pantin. plus ou moins réfléchis. Aussi. ches. sur ses amis. par les plus vif. — Le trajet funèbre. les escroqueries et les crimes si'. volonté une œuvre utile est nécessairement honnête. a'ix bourgeois. gique de cette mère. LE CRIME DEÍ PANTIN.. La société s'arrête haletante. gna!i(lI! et de terreur. plus recherche immo iérée des jouissances matérielles et ou moins raisonnes. — Les gens de police — Plan des lieux OLl s'est accompli le crime. crainte et la l'onte. L'axiome sauveur. et en présence de crimes semblables. pas de un milieu pins honnête. par la lutte éner. — Mai-on de la . lorsqu'ils ne sont pas étouffés par parlé. on ne aux ouvriers-artistes. Deux sentiments sont mêlés: la leurs montant par degrés insensibles jusqu'aux ou. Transport des victimes à la Morgue. elles ont. par l'apparence des victimes. appartenant aux classes moyennes. sons des apparences plus modestes. sans nul doute. l'homme qui produit de bonne liens qui'les reliaient entre elles. Le dérivatif politique ont généralement une instruction plùs complète que est le remède souverain. jour. Les religions.mécaniciens. quoi ne pas opposer les bonnes? La moralisation C. même la pensée d'un sauveurs. après le devoir accompli. être conçus et exécutés ? ' ment de toute tentative. pour ainsi dire. un immense retentissement. si l'on juge police veillait.. du mon 'e des assassins et des vo. les sectes et les écoles n'ont été une complaisance coupable. mais de toute tentation Il est temps.J cette épouvantable boucherie. souvent de Pantin est indescriptible.n? Mais les sauveurs sont. de plus.

Au moment où l'on croit que tout est fini. Ce ne peu- et derrière la gare de Pantin. Un water-proof cache l'ensemble du vête- Ce terrain se trouve situé à environ 1 kilomètre ment. Des 1-rmes coulent sur tous le-* vi- nous avons à raconter dépasse toute mesure et met le comble à l'horreur. elle était accident de terrain. Il fouille en. âgé de seize ans à peu C'est alors que commence la plus terrifiante près. Ce dernier cadavre. et bientôt il aperçoit la tête meurtrie En eSet. à cinq heures du matin. plus en plus intrigué. un coup de cou- cou.Vert. qui ont pé- Avec un courage au-dessus de tout éloge. les oreilles. il a fait dans l'intérêt de la jus. On déterre d'abord un enfant de sept Une femme d'environ trente-cinq ans. il ne se passe pas de jour plaies pém'trant de trois centimètres de long et deux où quelque attentat contre les personnes ne vienne de profondeur. deux femmes se trouvent a été fraîchement répandu. mais ont seulement barie et de haine traversons-nous donc? Quel mau. et sem. Il Si fait. vais génie pousse ainsi au mal les natures perverses? on aperçoit un deuxième cadavre. vêtue encore d'une robe de soie. De plus. poursuivent . il poursuit ce chemin sanglant comme ses nfants. relire de ce trou sanglant. affliger les consciences honnêtes. qui a tranché net l'artère carotide du ticularité étrange. le corps d'un jeune homme. pen- suivait à travers champs. derrière. il de l'hypocondre droit. il y en a encore un. » cadavre à l'air. sous le coup d'ailleurs ensanglantée déjà. Tremblant. En un instant. les traces se mal dans la foule. il les suit pas à pas et à peu de distance Pâles d'épouvante et de dégoût. réplique un pay- — veut dégager plus de terre encore. Épouvanté. distant de raissait. le nœud a été fait par tice l'office de fossoyeur. il écarte la terre avec un Un instant de répit est accordé au fossoyeur volon- de ses outils. place. Arrivé sième blessure. accompagné ne sont que plaies béantes. chemin de fer de vent être les quatre ou cinq légers coups de couteau l'Est. une casquette avec un galon d'or appa- d'un enfant. dix et huit ans. qu'elle formait mamelon sur le côté droit. Cette fosse était donc inépuisable. dues que la première apparaissent à ses yeux. un bas blanc bien tiré est ensanglanté par min. proprement vêtue d'une robe de soie noire. il trois trous de seize. La terreur est peinte sur toutes ces physiono- Le 20 septembre de cette année 1869 qui était un mies anxieuses. Langlois nétré jusqu'au cerveau. remarque tout à coup une mare de sang. les joues. c'est un garçon. car c'est enfin le der- suc- cession de cadavres qui ait jamais été nier. un mouchoir de s est mis à l'œuvre. Un autre plan général du champ. notre laboureur niveau de l'ombilic. de bar. se rendait avec ses outils de travail sur sa blanc. il les suit. six cents pas environ. ceiui là a h ligure littérale- venir l'autorité municipale ou le brigadier de gen- darmerie. il s'appro. dans la direction d'Aubervilliers. porte au-dessus de l'oreille droite et à la nuque vue en pareille circonstance. core et bientôt il se trouve en présence du cadavre « D'ailleurs. deux plaies longues de huit centimètres. et par derrière trois lon- LE THÉÂTRE DU CRIME. petite robe Horreur! de deux pluies béantes au Pour se rendre à sa propriété. à la plus grande sur- L'EXHUMATION DES CADAVRES prise et au plus grand effroi des spectateurs. Pendanties constatations médicales. dit-il. un sol- da'. d'un sinistre pressentiment. taire. dans la région sur la lisière d'un champ ensemencé de luzerne. si fier de son inteligence. le commissaire et du premier endroit quatre autres mares plus éten. Elle est vêtue d'une robe bleue. elle a reçu plusieurs coups de et arrive près d'une jachère fraîchement labourée et couteau au visage. ému. treize. afin de mettre le san.s jupons '* che pour s'en rendre compte et constate que le sang d'un quatrième cadavre. d'un. Cet enfant est dans un état horrible. poitrine. de plus. mais prenaient cette direction. voir. faites avec un couteau ordinaire. ce de son s crétaire et du docteur Lugagne. La petite fille doit avoir quatre ans lundi. C'est affreuxà. cinquante tenu par quelques filaments rouges. On en retire un enfant de onze ans . il n'y en a plus ! d'une femme. On cherche les causes de la mort. visiblt sous les côtes. pour donner l'alarme et pré. quatre gar- ans environ. il arrive à cet la lame n'a pénétré que dans les jupons. large blessure. sages. un cultivateur nommé au plus. gues traces de sept à huit centimètres qui ont été Quelle épouvantable phase d'aveuglement. personnes sont sur pied. Cette quatrième victime est une femme de trente blent contenir des matières cérébrales. à l'endroit dit le Che. et une petite a çons sous le cou . le Le commissaire de police de Pantin. soie est noué autour du cou. Lps traces ensanglantes coup a été porté dans la région du bas-ventre. voyez sa casquette. C'est un enfant de Dans ce Paris. jupon Langlois. mais le crime que Un coup de bêche laisse bientôt apercevoir le corps d une petite fille. il court à Pantin. avaient donc été enfouis dans . s'échappent les illtt)i'tiIlS. Effrayé et de cinq ans. le médecin reprennent leur triste besogne. il semble qu'on l'ait saigné : un coup fille de quatre ans. il met à jour un foulard. qui pend re- en toute hâte le cultivateur. voisine de Pantin. La mort a dCl être instantanée. Celui-là porte derrière la tête trois splendeurs. de couteau à l'oreille droite. ment hachée : les tt-mpes. à cinq cents qu'on disiingue sur la figure. mais la mort a été causée par une dont une surface assez étendue présentait cette par. Au moment où le déf erreur aperçoit L. une bavette parfaitement blanche recouvre sa propriété. Le médecin relève la mètres environ de la route de Paris. déchiré la nuque. de ses quatorze ans. de sa civilisation. un sentier peu battu qui dant qu'un flot de sang frais et rose c:ilJle d'une troi- abrégeait le chemin qu'il av-ût 'à parcourir. suivent teau a complètement arraché l'œil droit.

ils ne bou- l'autre de ces deux objets étaient maculés de sang. les intestins. ou bien a-t-on af. - Et d'abord comment ce sextuple assassinat a-t-il BESTÉ. saient des aboiements lugubres. Roubel. enfouies? Probablement non. La mère des cinq enfants morts avec elle devait ses mains étaient garnies de bagues. Elle émigrait et était accom. il ne sera possible de rien dire qui soit po.au se- plus loin. on a retrouvé un trousseau de clés... a Ce qui est certain. sur elle son porte-monnaie. sans avoir réalisé. . raissait être enceinte. avoir massacrés. orné de fleurs. derrière la Est-ce un acte de vengeance. sur les lieux mêmes du cri. qui devait les con- ventre trois affreuses blessures.. une autre blan- La femme portait en outra des pendants d'oreilles che et sur la tête une toque à réseau. Quel en a été le mobile? Voici d'autres indications : j L'enquête à laquelle a procédé immédiatement le A deux heures et demie. par les vètements qu'ils portaient. il ne s'en était de vol. Dans la. Le greffier a donné un reçu ainsi libellé l'adresse d'un tailleur de Roubaix. on a Trois veilleurs... L'aîné des garçons était vêtu d'un pantalon de Ces faits font supposer que le vol n'a pas été le drap noir et d'un petit veston. croyant à une bataille d'ivrognes. toute pensée mais.à . l'un et cours. une fosse de trois mètres de longueur. ' avaient des boucles d'une certaine valeur. La petite fille avait une jupe bleue. en or. Ces victimes ont été massacrées d'une façon inouïe. le calme régnait par tout. A trois heures. à 200 mètres du théâtre du crime. il été commis dans le champ où les victimes ont été La nature des blessures fait présumer que les meurtriers se sont servis d'instruments tranchants. avait à ses oreilles des boucles sembla Il les aurait pris dans sa voilure. un peu de coton. tout ce qu'ils possèdent.. probablement. où ils devaient dîner. après les vés. salle d'exposition. " MORGUE DE PARIS. aigus et contondants. gèrent pas. quelque menue monnaie. vertes chacune d'un couvercle en zinc. Le docteur Lugagne a constaté que sur plusieurs aurait été les enterrer à l'endroit où ils ont été trou. Le commissaire de police de Pantin. étaient attendus à la gare de Pantin par un de leurs que menue monnaie. Pantin. qui est située sur le quai. Reçu six cadavres envoyés par le commissaire de Ce 20 septembre 1869. d'où s'échappaient dUlre chez lui. fants avait dans ses poches de 5 à 6 fr. Les cadavres sont arrivés à la Morgue à quatre Les boutons des vêtements des 'garçons portent: heures.. une lame s'y adaptant parfaitement. mobile du crime. on prétend que ces six infortunés légiens .. c'est que la femme avait encore procédé à l'inventaire de tous les effets.. ils avaient également dans leurs poches quel. qui avait au parents. Une question se présente à l'esprit : le crime a-t- Plus de cent coups leur ont été donnés. tels que couteau ou hache. vêtements qu'il portait.. Pour - le greffier. il y a douze cuves en.. De plus... et dans sa Et ce serait pour s'emparer de. fosse. pas inquiété. et les autres un chapeau à brides. et.4:5 c. un marchand boucher. . ' . i - On affirme que le veilleur du chemin de fer avait j L'argent et les bijoux trouvés sur ces infortunés eu son attention attirée par des cris et du tapage. J de ces corps il existait un reste de chaleur vitale. - bles à celles de sa mère. recou- Sur ce point. dans lequel il y avait Il résulte de cet examen que la mère portait une 7 fr. LE MOBILE DU CRIME.. qui passent la nuit à là fabrique trouvé un manche de couteau de table. en argent. Tous ces corps. la ronde de gendarmerie commissaire de police. les chiens des habitations pous- rivées à Pantin dans la soirée de dimanche. cette sonimé que poche se trouvait un porte-monnaie contenant une Ses quatre compagnons de voyage auraient commis vingtaine de francs. Ils crurent que ce n'était rien. un par-dessus de même étoffe. La virole du manche était tordue. ses oreilles donc posséder une certaine somme. Ses trois frères portaient un costume à peu près La famille assassinée est originaire d'un de nos semblable. dans cette horrible boucherie. dans cette voiture. Les émigrants ne s'expatrient ordinairement pas indiquaient des personnes aisées. ou bien une seule Les cadavres ont été placés dans la salle dite de personne a-t-elle frappé? purification.. D'un autre côté. - faire à un fou furieux? Dans la sallè. tendrait à établir que ces personnes étaient ar. entendirent vaguement des appels. et 3 c. les conjectures sont très-nombreuses. pagnée de quatre hommes. ils avaient tous une casquette de collé- départements du Nord. me. soixante cen. gien avec liseré. robe de soie noire. Y a-t-il eu plusieurs meurtriers. La jeune fille. avait une robe de soie noire . en monnaie belge . et. été commis? ~ . Dans chacune on a placé un cadavre et au pied les gations. passait sur la route . pierre. sitif. éloigne.. et tant que la justice n'aura pas terminé ses investi. ce sextuple forfait! Les quatre garçons portaient des costumes de col. de leurs compatriotes timètres de largeur et quarante de profondeur. l'aîné des en. qui pa.. pour les voler.. La femme. des morceaux de saucissons et la moitié d'un petit pain au beurre.

. vêtu d'un costume V ENQUÊTE JUDICIAIRE. Lerouge. qui avaient été. de taille moyenne. par de nuit. Il y a huit jours à peu près. tenu par M. où il n'a jamais couché. Il faut qne l assassin ou les assassins aient mis tailleur à Roubaix. préalablement photographiés par . Richebourg. instants dans sa chambre. un travail leuse. Il avait. un jeune homme. Les allures de ce jeune homme semblèrent singulières à l'inspecteur de l'hô- L instruction procède par de minutieuses investi. On suppose que la petite fille de trois ans a été éventrée dans les bras de sa mère. âgé d'environ vingt ans. fureur inouïe à frapper. enfoncés. Les investigations ont été dirigées M. rue de La police de sûreté a montré une activité merveil. tel. les cadavres. l'Alouette. disait-il. Les poignets sont meurtris et brisés. ce qui prouve M. avec l'énergie du désespoir. Ri- L instruction de cet horrible drame est confiée à M. Penard et Trélat. La mère n'a pas moins de vingt-quatre blessures. pothèse serait inexplicable. Douet-Darcq. la barbe naissante. en face de la gare. Les blessures qui ont été relevées sont affreuses. Toute autre hy. ont été soumis à l'autopsie par qu elle a lutté vigoureusement contre les assassins MM. 12. Plusieurs arrestations ont été faites. gny. se présentait à l'hôtel du Chemin de Fer du Nord. boulevard Denain. En effet. une Quand cet inventaire a été terminé. . Il déclara se nommer Jean Kinck.. il venait simplement passer quelques gations. les yeux noirs. en étoffe de fantaisie mouchetée. et il viendrait se reposer le jour dans la chambre qu~on lui donna. mécanicien. Sur les boutons de leurs gilets on lit : Thomas. à Roubaix. les docteurs Bergeron.

mille a dîné. mais trapu. les pommettes sont sanguinolentes. et prendre des lettres. la mention ordinaire : Faire suivre. On lui dit qu'il n'y était pas. * dresse de Jean Kinck . qu'elle cherchait. rue de l'Alouette. Elle portait au dos la Jean Kinck et Gustave Kinck. qu'ils cau- Dimanche. Et comme le taillandier lui Dans l'armoire. Il est à habitant. les autres sont soriis séparément. » dit-elle. Il payait sa dépense. taillandier. se souvient parfaitement que trois indi- qui était très-minime. Pour satisfaire son cela fait six personnes. elle revint. tailleur à d'années . etc. Le nom de Jean Kinck. La famille assassinée n'est partie qu'à huit heures prise de ne pas trouver Jean Kinck. On a dit que les boutons des vêtements des quatre est le nom du père.— il devait donc encore y avoir ambition il fallait que la mère et les cinq plus jeunes quatre individus. je vais prendre de la terre. Le teint d'un chapelier également de Roubaix. pelles . Un chapeau de drap mou de Jean Kinck. mais il y a. Les enfants. Les victi- Toute la correspondance de Jean Kinck était re. demanda au taillandier Jean Kinck ne reparut que le lendemain matin. il est en effet revenu. Lundi. à la gare du Nord. Enfin. dînait avec son beau- pour elle et ses enfants. çon manier l'instrument. étaient restés dans le vestibule. Elle parut fort sur. par un jeune homme. vers cinq heures du soir. enfin il choisit une pioche On ne la revit plus à l'hôtel. est freux qu'on ne le croyait d'abord. et ne voulant pas l'emporter. Est-il seul? Probablement non. v < demandant Jean Kinck. d'épaules . Elle laissa dans le bureau frère. ensuite il a reçu une dépêche. Il est tourneur de brosses. On engagea duits par un chemin qu'ils ne connaissaient pas. à Paris. peut-être d'autres complices. qui por. Depuis il n'est pas revenu. un morceau de la cravate avec lequel on la voiture. elle contenait à peu près ces LES ASSASSINS mots \ Attendez. il est de taille ordioaire. une dépêche est arrivée à Roubaix à l'a. il porte la mousta- trouvé dans sa chambre. le père et le fils aîné. large Roubaix. mais depuis peu soir. PUIS JE NE SAIS PAS OU L'ON VEUT ME MENER DINER » Or cet homme. au moment où l'acheteur s'est pré- . et semblable aussi BELLANGER. du soir de Paris. ET CI: 109. afin que l'on sacrifiât . et le Là il changea de vêtements. porte l'adresse che en brosse et les cheveux ras grisonnants. respondance d'une ligne à l'autre part à dix heures. donné à l'hôtel du Che- times. à l'hôtel. où elle avait tous les renseignement paraissent Je prouver — — été précédemment adressée. on trouva une chemise ensan. à Roubaix. qu'on le leur ait fait manquer. La mère a demandé son chemin. saient souvent mais sans paraître dans une intimité avec cinq enfants. nous ne sommes pas prêts. à huit heures. » suppose que l'ainé des enfants a été étranglé. min de Fer du Nord. absolue avec la famille. une lettre. Il prit sa clef précipitamment heures du soir. Il avait donc des considérable. remarquer que pas un papier n'est resté sur les vic. demeurant Non. Et tous deux ont remarqué le signalement de l'hôtel ses bagages. faisait observer la lourdeur de la pioche. s'il serait fermé vers sept heures et demie ou huit lundi. où il a une propriété D'abord. Elle parcourut le salon et ne trouva pas celui il est donc possible qu'ils aient manqué le train. il semblait hésiter. son pays. Un seul des trois individus est sorti avec la fa- Je reviendrai. vidus mangeaient à une table rapprochée. route d'Allemagne. mes sont Mme Kinck et les cinq plus jeunes enfants. assez nombreuses. un pantalon taché de sang et auquel adhérait « Je vais du côté d'Aubervilliers . lative à des affaires d'intérêt et de famille. Jean est âgé d'une cinquantaine garçons portaient l'adresse de M. dit-elle. il est revenu lundi matin à l'hôtel avec un qu'il voulait vendre pour en racheter une autre plus ami . - « C'est qu'en effet j'arrive deux heures d'avance. vers six heures du soir. qui paraissaient très. un petit paquet et un panier qui se rapporte exactement à celui de Jean Kinck. en tous points à un mouchoir trouvé dans le panier laissé dimanche soir à l'hôtel. Elle sortit après avoir demandé deux chambres senté. il répondit : glantée. Le jour suivant. — la mère et cinq enfants baix un atelier de mécanicien. se présenta au bureau de l'hôtel. le dernier omnibus donnant la cor- « Il est peut-être au restaurant. et le crime est plus af- qui a été remise cachetée au juge d'instruction. et un Un détail assez curieux : l'enseigne de ce taillan- mouchoir semblable à celui qui a été trouvé dans la dier est ainsi conçue : poche de la plus âgée des victimes. et redescendit au bout marchand a remarqué qu'il ne savait en aucune fa- de cinq minutes. écrite sur papier azuré. présenter à cette heure. une dame. au jour le jour. est hâlé. et qu'on les ait con- gais. Un marchand de vin du Raincy. dix billets ont été pris dimanche merce. » mille. par une femme accompa. j'ai peur que ce soit trop cher. Son intention était d'agrandir son com- complices. La culpabilité de Jean Kinck a semblé évidente à Depuis près de cinq semaines il a quitté Roubaix la justice. 22. il avait fait construire au fond de sa maison de Rou- gnée de plusieurs enfants. Le doute n'est plus permis. venant de Roubaix. de Roubaix. enfants allassent en Alsace. d'osier contenant du linge et un paletot d'enfant en Plus encore : il se fit montrer des pioches et des drap gris. Thomas. cette dame à s'asseoir. chez lequel la fa- taient son adresse. et monta dans sa chambre accompagné d'un autre Le taillandier lui ayant répondu qu'il pouvait se homme. Les coupables sont arrivée à l'hôtel. Spécialité pour messieurs les bouchers. Deux heures après. il a le cou très-court . et est allé en Alsace. à faire entrer ses enfants et L'arme au moyen de laquelle le crime a été com- „ à prendre quelque nourriture : mis a été achetée chez un taillandier.

et il est hideusement convulsionnées.. » dit-elle à Roubaix. 12. est resté chez elle Ce qui peut faire supposer qu'il y a des complices près d'une heure. tu les re- « trouveras bien. dimanche matin 19. que ces bouches sur cet avis. Henri. et ne voulait pas s'expatrier tion du crime. probable qu'il voulait déjà égarer la justice. dans leur rang d'âge. ne savait doute les péripéties par lesquelles a passé la prépara- mot d'allemand. il était revenu le sang courait sous cette peauflasque. entr'ouverte. chebourg. Mais ce même jour où elle aurait dû quitter la quatre francs par jour. le 12. Il y a de cela trois semaines environ.. Les têtes sont effroyables à voir. mais personne n'y a couché. les traits de Grustave Kiùck. Les gens des maisons voisines supposent que la Les six victimes ont été photographiés par M. très-regardante. guet apens. autour des filatures. mois. sorte de rondelles en zinc. le nez. soient allés en Alsace. avec ses cinq enfants. Marie. gagne. pleino Lorsque Gustave Kinck. Il est possible qu'ils se cachent à Paris. bouche. Mme Kinck. des métierset des tissages.. !a tête est à demi justifier le fait de ne pas habiter sa chambre. ayant donné à l'hôtel le de vigueur et de santé. L'autopsie dira le dernier mot. mais.. Alfred. dé- nom de Jean. contiguë à la sienne et habitée par un locataire. Dépense trois cents francs s'il le faut.pouvait gagner à certaines époques jusqu'à vingt. ville. et Mme Kinck. hésitait. son état s'appelle piqueur de Paris quinze jours après le départ pour l'Alsace.occupé comme Kinck à certains tra- Le fils aiué Gustave et son père se sont rejoints à vaux de tourneur. le menton sont tout mâchurés. brun. On broches. qui a acheté la pelle et sentiment de cupidité. prétexta un travail nocturne pour chirée par l'arme de l'assassin. jetés dans le canal. les noms des cinq en- fants morts: Emile. Ni Jean ni Gu-tave Kinck n'ont reparu à Roubaix. gens du même quartier. elle ne faisait plus de ces petites s'établir en Alsace gênait les projets de lucre du causettes auxquelles la vie de province habitue les père et de l'aîné de la famille. il faut aller passer sur le pont du canal. comme on dit. Lu. un homme est venu. toute la maison de la rue de l'Alouette à l'industrie. minuit que le crime a été commis. pendant le temps qu'ils étaient censés habiter l'hô. alors évidemment le mari qui a conduit sa famille dans le en Alsace. Qu'ont donc fait. pres. n° 20. que était enceinte . flement sanguinolent. . Ri- mère était enceinte de cinq mois à peu près. et on suivra sans Mais Mme Kinck était de Tourcoing. apporter de bonnes de joie. « gent pour ses enfan's ! » Que sont devenus ces outils? Peut-être ont-ils été C'est du moins le sens de ses paroles. M Dassonville. La femme étsit une belle et forte créature. M. coup de l'émotion. L'endroit avait été parfaitement choisi. a été vu dans la journée d'hier mardi 21 « On m'apporte de bonnes nouvelles. car elle ne se confia plus à personne. souriaient et parlaient. Il y a d'ailleurs mille professions qui vivent avait donné à la mère l'adresse de l'hôtel de M. car pour aller à la gare en venant de écrit : Pantin. le médecin de Pantin qui a fait lundi les pre . Aujourd'hui. la police de sûreté retrouvera certai. elle gît. que ces lèvres aujour- possible qu'il n'ait pas vu parfaitement juste sous le d'hui déchiquetées. on entants. vait partir le dimanche précédent . à barbe qu'ils ont accomplie lundi 20. nouvelles. l'autre est hideusement tour- . circulait la vie. même en entendant des cris. qui n'est pas fort éloigné du Che- Pour la faire venir à Paris. terie de la petite fille qui a retardé le voyage d'une il faisait des clapotines. Depuis cet éclair de contentement. Ri.. et cela à son corps défendant. pas un cinq enfants. Qui se douterait mières constatations. où qu'ils tel du Chemin de Fer du Nord.. nement l'emploi de leur temps. mais trouvant la porte close. laisse apercevoir ses dents for- ger quelque part pendant les quinze jours qu'ils sont tement serrées. il est assez avec ses Mme Kinck était très-intéressée. mus par un infâme naissante. où l'attendait Gustave.. c'est une dyssen- mais Gustave aurait pu largement gagner sa vie seul. Il était d'ailleurs très-troublé. Voici. semaine. eut un mouvement qui était venu dimanche soir. son mari lui avait min-Vert. concorde avec Mme Kinck a pris le chemin de fer à Roubaix. le front.. il. qui avait paru très- — tout au moins un — c'est que le même individu ennuyée quelque temps avant. Il est venu jusqu'à la rue de l'Alouette. et c'est après Comme c'est triste de ne pouvoir garder son ar. un des yeux est fermé par un gon- restes à Paris. la pioche chez le taillandier Bdlanger. et.. On s'en souvient. Elle de- Son père l'avait adjoint aux affaires de la maison. dans le voisinage. en effet dit d'abord qu'elle que.. isolé pour qu'on n'ait pas le temps de porter un se- Elle a retiré de la banque de Roubaix une somme cours immédiat.. Achille et la plus LES VICTIMES jeune.. avait. parce que la résistance qu'ils mettaient àaller ne la voyait plus. après examen. » Jean Kinck est propriétaire à Roubaix delà maison - 11 s'agissait de l'achat d'une propriété en Alsace. sous ces chairs défigurées. aux yeux enfoncés. le père et le fils. elle était sans Il semble résulter des conversations des voisins que doute retombée dans ses sombres préoccupations Jean eL Gustave ont assassiné Mme Kinck et ses cinq d'intérêt. gny. un coup de hache a fendu le cou . il n'a pas insisté. est séparée du tronc. C'est de cinq mille francs pour l'envoyer à son mari. Jean et Gustave Kinck t Ils ont évidemment préparé l'horrible boucherie Le signalement du jeune homme. sa Cependant le père et le fils ont dû coucher et man. c'est à huit heures qu'il a pris chez le taillandier les que un A ce propos elle disait à une voisine : outils qui ont servi à creuser la fosse.

tion. le bourrea i se nomme ces enfants par leur père ! Gustave Kinck. la lèvre supérieure est épaisse. multiple. Puis la. Le l'hôtel du Chemin de Fer du Nord. Ici encore. que ceux de sa mère et de son procuration qui devait lui servir à toucher diverses frère aîné. sous le nom de Jean Kinck. été aperçus. avec la dame et deux des plus jeunes enfants. circonstance épouvantable. Ici. les narines qu'on a trouvés assassinés et enterrés dans le Che- sont écrasées. s'arrêter. : Le portrait du second enfant est plus émouvant en- ans. c'est un ensemble à la fois venu chercher les trois autres personnes. et sa mémoire sur On se demandait — et c'est là ce qui faisait pen. plus de vie. Ces frères et cette sœur par On a parlé de complices : il.ce n'estplus un visage. de la mère et de l'aîné . Si le père ne se cache pas. s'il n'est pas retrouvée il faudra supposer que nous nous engageons dans l'horrible.. elle a con- cheveux sont hérissés sur le front. - convulsionné. blait qu'un individu accompagnait lundi matin Jean vérts. reur. s'était éloigné dans la direction du Chemin-Vert. et cependant dans staté qu'à Roubaix avait récemment habité une fa- l'expression de ce visage. lementonest fendu. ses frères et sa sœur ont Les détails sont précis. on voit que l'étranglement a produit On sut ensuite qu'un jeune homme de taille la congestion. nous le le meurtrier s'est également débarrassé de son père. où le meurtrier.. le nez est gonflé. lui réservait. s'il ne donne pas signé Plus nous avançons dans cette terrible affaire. était descendu à par les paupières dont l'enflure emplit l'orbite. la Kinck était-il le véritable nom de ce jeune homme? bouche est grande. dont le signalement répondait parfaitement à celui des victimes. qui aurait choisi le lieu dait comment ces six personnes avaient pu être ame. de tournure distinguée et ayant les allures d'un a. Kinck. ne serait plaie triangulaire qui va de l'oreille aux ailes du nez. amené celles-ci à Pantin. aucune des convulsions de l'effroi. Langlois— on se deman. dont était âgé de dix-neuf à vingt alors qu'il dormait. pour s'approprier l'argent touché par lui. Commissaire de police de Pantin. boulevard mouchoir serré autour du cou a tracé un sillon pro. c'est un trou béant.n'- .. qui aurait creusé par avance la fosse dans uées en cet endroit sans qu'une seule pût en ré. c'est une plaie somme's revenant à sa famille. la mort de toute la famille. les min-Vert! Le meurtrier. déchiquetée. une core.. rait résolu. six enfants. un jeune homme de vingt ans envi. mais à une as. mais il ne l'a pas affirmé. lorsqu'on sait heures et demie. paraît-il. dans la soirée de dimanche. qu'il n'y en a pas eu... qui 'aurait chapper. Ce dernier aurait reçu dernièrement. laquelle il devait enfouir ses victimes. ce chef ne lui permettait pas de le faire. évidem. et qui aurait commis le sextuple On retrouva un cocher d'une voiture de place qui assassinat. visage On prétend que Kinck pèrcne peut être considéré presque calme dans son horrible difformité. M.. et tué avant Et ici se place une supposition qui vient ajouter qu'il n'eût eu le temps de comprendre le sort qu'on encore à l'horreur qu'on croyait arrivée à son apogée. les cheveux sont épars. atones. pas tout à fait son nom. 12.. c'est un écrasement. Ce que cette dernière circonstance avait. Le fils. les yeux sont fermés moyenne. sa mère. un" et qui vient s'ajouter à ce thsu d'horreurs.. l'avait appelé non loin de la gare d'Au- LES GINS DE POLICE bervilliers et lui avait demandé de les conduire sur la route de Pantin. vers onze d'abord d'invraisemblable disparaît.. lequel au- le sourcil gauche est mâchuré. lésait pas au juste. Il semble qu'il ait été surpris par la mort. sous le nom de Jean Kinck. âgé de vingt ans environ. autre que l'aîné des enfants de M. puis était re-. s'il est possible. ce sont eux du nez n'existe plus. sez grande distance du premier point. Jamais. croyons. RGUBEL tre la gare et le fort d'Aubervilliers. encore comme le complice de son fils. sur tous les points Tous les criminels sont dépassés. lèvres n'ont plus déformé. il est certain que ce n'est nous affaire à des tigres ? L'horreur est à son comble.. fond. situé en..y a tout lieu de croire leur frère aîné. rougis de filets sanglants. Denain. du crime.fté . C'est le père qui s'appelle Cette femme aurait été assommée par son mari. on cherche en vain la ter. complets. déclara que. on ne On eut bientôt l'explication de ce problème. Jean. seul cet abominable forfait. une génération n'aura eu sous les yeux un Quoique le meurtrier se soit fait inscrire à l'hôtel plus abominable forfait. En effet. Est-ce de la folie? avons. Ce jeune homme était absolument imberbe. Un Il est bien certain que le sextuple assassinat a eu garçon de l'hôtel a bien déclaré hier qu'il lui sem- lieu à l'endroit même où les cadavres ont été décou. gurée par un beau-fils. qu'il a divisé ceux dont il avait résolu la mort et ron. défi. Le cartilage cinq enfants étaient partis pour Paris. qu'il les a tués en détail. ser que les assassins avaient transporté leurs victimes Ce serait donc Gustave Kinck qui aurait prémédité mortes dans le champ. sous quel prétexte. un nom voué désormais à l'exécra- Cette mère aurait été assassinée. mère et les atroce. composée du père. les yeux sont fixes. aucun étranger ne les accompagnait... sous l'œil droit. Il nous parait intéressant de publier quelques dé- Arrivés près de la gare de Pantin. accompagné d'une dame et de cinq enfants. le prix de la course et avait repris la même direc- Le visage tuméfié du fils aîné est cependant moins tion. mille de ce nom. ment l'enfant a été saisi à l'improviste. les L'instruction a répondu affirmativement. avait réglé odieux et effrayant. était descendu cette terrible affaire. le jaune homme tails sur le personnel du service chargé d'instruire lui avait donné l'ordre de. le monstre. sur le front cinq trous sanglants. Kinck.. grand et mince.

poil brun. c'est un agent très-soigneux. en remplacement de M. |! ' sa position.. Douetd'Arcq.. Dans l'affaire actuelle. voici quel a Sous-chef de la sûreté. Lerouge resta sur le terrain du crime pendant Ancien commissaire . par l'intermédiaire du préfet de police. M... 1 M. . et avec raison remonter à la source du crime. Pen- rial. cien officier . lui annonce la découverte de six cadavres dans la vent servi dans les circonstances les plus délicates de plaine d'Aubervilliers. c'est un homme très-succinct de M. à Roubaix. > j ' M. par lequel ce commissaire calme. M. C'est de là notammen . Entré été le rôle de M. "fi i *' ' . d'aucuns ' M. ) preinte d'exagération.. Claude absent. profit " ' lltit'Y. où l'instruction croyait partir pour Pantin et de là envoya au procureur impé. et pour l'instruction judiciaire desquels fut délégué t f. LEROUGE fi"'. avec un grand air de bonhomie qui l'a sou. qui la croyait em. grand. Lerouge s'empressa de té.WT. Paris. M. qui l'assistait. Lerouge a réussi à mener à bonne fin un disent méticuleux. juge d'instruction.>rH tvi t *»l< v M. r -' r. ¡J. fort. Il a reçu d'abord un avis depuis huit ans au service de la sûreté. brigadier de la sûre- Au reçu du rapport. Lerouge. venons de signaler. un dant deux jours.CLAUDE. quatorze heures à réunir tous les éléments nécessaires puis des délégations judiciaires. La gravité de cette information avait d'abord fait sourire le pers onnel de la sûreté.. de police de la ville de. " q Po: grand nombre d'afl'aires/ mettant justement à. à la découverte des coupables. * qu'il a envoyé M. Roubel. les deux qualités de calme et de bonhomie que nous 'J . Lerouge n'a pas quitté le service rapport établissant les faits que nous connaissons de la sûreté. Vande Velde.

entendu parler ici de Jean ni de Gustave. peints en gris. le panneau supé- times sont tombées sous le fer des assassins. puis les autres enfants. bien accentuée. Avi... grand bourg Saint-Antoine.. Le fiacre avait transporté à la bar. toujours courant. comme chef de la sûreté. mais il me semble que le père a que le cocher s'éloignait on les égorgeait sans pitié. on traverse un petit corridor aboutissant à ûfôè porte quaient la présence d'une voiture auprès du théâtre vitrée A droite. Voilà. Jeune encore. venus l'aveu des crimes dont ils sont accusés. les roues du de salle à manger et. cependant il semble plutôt que ce dix heures du matin pour tâcher d'arracher aux pré. second individu fût aussi un jeune homme. premier étage. 6 et Marie. etc. Comme exécutions célèbres auxquelles il a pré- 2° La dame Kinck étant âgée de 35 ans au plus. rière de Pantin. au. On avait remarqué que des traces de roues indi. est sur la gauche de la maison. pour mettre à exé. v." l'autre assassin. sans doute pour l'Al. . pas de volets.e ne les vois pas On les attendait à la descente de la voiture. respire la sombre exalta- précis. Les volets cution un projet d'émigration. 8 Achille. plus le grenier. les renseignements. il a rebuté par des études fants. très-vif. . prouvent la culpabilité de Kinck fils et très-proba- blement aussi celle de l'ami qui est venu avec lui à tion et certainement l'avarice. le matin tique à celui que l'on a trouvé dans la poche de la des exécutions capitales. chambres à coucher et petit cabi- jeune enfant. net. Brouille de famille amenée par le refus de sayent en vain de f rcer la perte du monument fu. Le ques misérables intérêts pécuniaires que les six vic. Gustave. Père. l'assassin qui a 22 ans n'est que son beau-fils ! nain. trois pièces. Cette maison porte le n° 22 de la rue de l'Alouette. non-seulement. 14. Lemaire. découvert. fournis à. où devaient coucher deux des véhicule portaient des taches de sang. Le fils s'appelle plus entourés de ce moment pât1 les curieux qui es. réveiller et prévenir le con. sous Jean Kinck.. rappelons celles de La Pommeraye. Il est évident que l'assassinat a été commis par mais où dominent l'énergie et l'égoïsme.. dans le corridor. maine. précis pour qu'on puisse se former à ce sujet une C'est lui qui. ^ Greffier de là Morgue. successivement la mère et le plus Là. On n'a plus le pseudonyme de Maxime. Il a succédé dans le triste poste qu'il occupe en Noms des enfants: Emile. 16 ans.. Eh entrant. mais des morceaux de cervelle hu- la prison de la Roquette et l'abbé de Crauzes. ^ sidé. pas de rideaux à la On est certain que l'assassinat n'a eu d'autre mo. elle n'a qu'un seul étage. une physionomie un peu commune dans sa rudesse. ' " Celui que l'on désigne comme un ami seraitln le On n'était pas parti pour longtemps. c'est Jean Kinck. C'est a lui. . SAINT-GENEST sont réellement indiscutables. peinte en vert. RENSEIGNEMENTS OFFICIELS MAISON DE LA FAMILLE KINCK A ROUBAIX La femme assassinée et les cinq enfants portent bien le nom de Kinck.l'hôtel du Chemin de Fer du Nord. Claude est âgé d'environ soixante-cinq ans. ' 30 La voiture qui a conduit les victimes à Pantin M. c'çs'trun A des hommes les Jean Kinck est le nom du père. i et fort. La mère. au premier. fils. La porte d'entrée. 22. qu'incombe père ? Le signalement donné à l'hôtel n'est pas assez naturellement la haute direction du service de sûreté. VANDEVELDE 4° Aucun des assassins n'est arrêté. fenêtre de droite. une cuisine. aveux du coupable. 50 ans. blond. Ce fut toute enfants. Dans la perquisition opérée dans le cabinet occupé très-actif. bile qu'une question d'argent. M. deux par deux.. Jean Kinck a quitté Roubaix depuis plus d'un pharmaceutiques. Gustave. une pièce servant du crime. M. y a une vingtaine de jours. une vitre cassée. Le père et le fils se sont rencontrés à Paris il de police. La voiture a été retrouvée. j. Le visage de plus d'un individu. Claude a le front par Kinck à l'hôtel du Chemin de Fer du Nord. Henri. et tandis très-distinctement. rieur est occupé par un grillage historié. panneau inférieur est en bois plein. des vêtements tachés dd sang et un mouchoir iden- C'est M. sont fermés. çant et la parole abondante. Poncet. comme nous l'avons dit. Mme Kinck d'aller s'établir en Alsace avec ses' en- nèbre'. Philippe. du rez-de-chaussée. homme jeune. 3 ans. bonne position de fortune. des jouets j . Des portraits à la cheminée. M. Résumons donc aussi succinctement que possible damné. - . a été retrouvée. Ils étaient partis de Roubaix. . tous les jours. Un détail hideux. Puis il est entré à la préfecture mois. ce moment à un jeune littérateur qui s'est fait depuis Alfred. les détails-qui ' .. 1° L'un des assassins est connu . une reputation d'homme d'esprit au Tintamarre. :-'"v 5° La victime est la soeur d'une bouchère du fau- Brigadier de la sûreté. on a chauve et les cheveux grisonnants. Le regard est per. Claude qui a la triste mission. figure assez banale de ménagère les en- fants sont à l'âge où on n'a pas encore d'expression l'hôtel le lendemain du crime. mônier de cette maison. puis un escalier 4e bois montant une révélation. Ainsi c'est pour quel. En tous cas. Au sace.. Un des points principaux de cette mission les renseignements positifs connus à l'heure présente est encore de provoquer et de recueillir les derniers sur cette eflroyab!e boucherie. d'aller avec le directeur de dame Kinck. se rend au dépôt vers opinion sérieuse. *<: Petit de taille et de moyenne corpulence. dégagés de toute exagération.

tils de mécanicien sont la. jusqu'à cette heure ne concernent que le fils ainé. par suite de la jalousie. Les uns prétendent que cette séparation remonte- gistrés les annales judiciaires. — quelques carreaux sont cassés. Le fils aîné est considéré ici comme un bon sujet le bon ménage. et ont fait recouvrir d'une large pierre la fosse Alsace. Cette fosse est creusée au milieu d'un ter. on peut croire que. dans la terre les cadavres de six personnes qui la Après la eôur vient un petit terrain non cultivé. poules picorent en liberté dans le jardin. Les époux. Il est riche de 150 000 francs. de ce négociant.Saint-Loui^Â. de Paris. On y aperçoit. avec la pointe de son couteau. KIN. La femme. les premières lettres Et tous les deux avec une cruauté indescriptible. d'époux. enfants couchent pêle-mêle sur des tas de famille Kinck s'était depuis quelque temps rendu dans chiffons. qui rain labouré. Claude. silencieuse.se sont ren. quelques bara. . cocorek dit que tout n'est pas mort dans lait les enfants. 22. de l'envie qu'il\ayait de rom- voie ferrée. Nous avons déjà donné une description assez com. depuis deux ans environ. portes fantas.. Dimanche. le côté droit est occupé par de petits bâtiments à L'opinion publique ne s'était donc pas trompée ! domestiques et recouverts d'une toiture en Un père poussé par une haine farouche ou par usages zinc. habil- petit cot. La vie commune était en conséquence devenue Toute cette plaine est noire. veille encore leur donnaient les noms doux et sacrés où poussent'en liberté une douzaine d'arbres fruitiers. " ' " de la famille Kinck. à larges baies vitrées. A droite également. propriétaires de trois et un garçon très-doux. menté et l'eût été davantage encore plus tard. Depuis trois jours on ne leur a On sait qu'on a trouvé sur leurs boutons le nom pas donné de grain. un écheveau de laine pérer que rien ne pourrait augmenter Fhorreur de est sur une chaise. tes.. plusieurs lettres l'engageant à venir le retrouver en lèbre. les soupçons habitaient Roubaix. et le com. native de Tourcoing. triste. à midij elle a quitté Roubaix. bile du crime. cot. et de frère. cette triste demeure. vivaient d'ailleurs en La famille des victimes ignore. avait reçu de son mari dus au champ Langlois. les cadavres soudre. qui avaient résolu. Mme Kinck. une odieuse cupidité a tué sa femme et cinq de ses derie . chef de la police de sûreté. Était-ce un pressentiment? On sait positivement que la mère et les enfants Cependant. le bon Il est certain que le crime a été commis non loin de accord qui avait régné dans la famille Kinck disparut la fosse. daient en Alsace? Toujours est-il que le chef de la femmes. Était-ce un fait accompli. hâtons nous de le dire. ce à quoi elle n'avait jamais voulu se ré- qui a gardé. tandis que son fils aîné prenait le chemin Tout est sinistre dans cet endroit où s'est accom. récits.afl'eçtipns légitimes.' ' j Mais la maison est morne. Le commerce a été aug:" Kinck père est fabricant de broches pour métiers. dit-on. Forgé et ou . habitait rue. Sur la porte verte un des enfants a gravé. pendant quelques heures. jours déserte.. vantable forfait exécuté pour échapper aux liens d'un bris sur le pavé de Paris: loques ignobles formant mariage indissoluble !1 rideaux devant des morceaux de vitres. une main parricide. la vie de la famille. toits . de se séparer. ou six cabarets. le Chemin-Vert remonte du côté de la suite. un corps 'de logis d'un personnes de sa connaissance qu'elle partait pour étage en briques rouges (la maison du devant est l'Aleace avec ses enfants. de son nom. Hélas la faculté de divorcer 1 ques-bizarres habitées par des chiffonniers qui les rétablie dans notre code aurait pu prévenir cet épou- pnt construites avec tout ce qu'ils ont trouvé de dé. le second fut une forge . hommes. reprochait à sa femme de trahir ses devoirs. quelques usines et cinq place de ses. dont que les meurtriers sont le père et le fils aîné. du mari. quel a été le mo- bonne intelligence. D'après certaines informations qui paraissent exac- plète de l'endroit où ont été retrouvées les victimes. Le premier était la cuisine. rait déjà à deux années. servant d'ate.en planches garnis de tessons de bou. Dans -.é'es intérieurs misérables.. — par A droite. cela pourrait ètr'e appelé le jardin. depuis lors. il s'est et qui n'appartient pas à l'humanité. où elle lier. ou ne s'agissait-il sim- tiques.. de l'Alouette. rue Traversière.traînent encore dans un coin. disent les autres. La petite fille restait auprès de sa mère. d'après d'autres M.continuer de l'Ourcq. c'est enfants! maintenant un poulailler. tandis que. désormais si tristement cé. disent les uns. pli un des forfaits les plus horribles qu'aient enre. alors qu'il était permis d'es. tailleur. Thomas aîné. insupportable aux deux époux. ce pays. presque tou. et. maisons dans la" même rue. l'épouvantable forfait. seul leur M. plement que de la réalisation de biens qu'ils possé- teilles. ils ont entassé arrêté là. . Puis_yiennent les cabinets Un fils l'aîné de la famille. missaire de police de l'île . La rumeur publique à Roubaix accuse le mari. de père-. on l'a agrandi. d'autres relations qui avaient pris dans son cœur la Au fond la gare de Pantin.On l'a sans doute grondé. au loin. =.. peinte en blanc). avait dit aux Au fond de" l'habitation. Deux des enfants allaient en pension chez les LE LIEU DU CRIME frères. Tout cela respire le bien-être. le canal et le pont pre la vie commune pour pouvoir mieux. convertie en buan. la justice a acquis la certitude La porte vitrée donne sur une petite cour. Seules les .. elle ne daterait que de quelques semaines. a porté sur sa mère 1 d'aisance.

horrible spectacle! le cadavre d'un enfant du sexe Il paraît présumable que les victimes auraient été féminin dont elle était enceinte de cinq mois. une adorable jours une chambre. semble souffrir.littéralement haché. les faits précis recueillis laissent place à cer. puis le laboratoire d'au- avec le fils aîné ne semblent pas jusqu'à cette heure topsie. avoir été officiellement constatées. La manière dont la petite fille a été frappée dé- aurait déterminé son fils aîné à l'aider à accomplir montre qu'elle a été tuée dans les bras mêmes de le crime. On se rappelle qu'un facteur à L'emmenant alors avec le restant de la famille la gare avait en effet entendu une voix d'enfant criant: pour prendre part à un dîner commun. et trois Derrière la salle de la Morgue destinée à l'expo. sa mère.cédé à l'autopsie.sures. à la station duquel une voiture rière l'oreille 1" rencontrée. la dalle du reille gauche. saisi alors qu'il criait. et ils n'atteignent qu'indirectement et par supposi. cendue toute joyeuse à l'hôtel du Chemin de Fer du Enfin. tranchées. Dans l'intérêt de ses enfants. son teint olivâtre.depuis quelques l'un de l'autre . pagnie d'un complice. " L'auteur ou les auteurs obéissaient-ils à un Lut Sur les cinq dernières dalles de droite reposent de cupidité. ' chaient sans défiance au milieu d'une obscurité ab- solue. On sait encore que. Le troisième. C'est ainsi que l'on admet que tin à 11 heures. est On sait comment la malheureuse femme était des. son visage porte encore l'empreinte de l'an- jugé d'instruction. présente un assez grand nombre de plaies et chercher les trois autres. au contraire. ce que l'instruction seule révélera. les autres avec uu instrument pointu. en prenait trois d'abord pour revenir ensuite frères. croyant être certain que les cinq derniers que peu de blessures. goisse et son corps est criblé de vingt-trois coups de La police est sur les traces des deux assassins. les deux derniers enfants sont placés près Nord. Puis ce fut le tour des trois autres que la voiture Dans la salle ouest se trouve une rangée de six avait amenées au lieu convenu et que le frère avait cadavres. l'ouverture du corps pour l'autopsie ne Arrivés auprès de la fosse. C'est dans la salle de dépôt qu'ont été placés les Néanmoins.pierre. Sa figure est calme. la pauvre petite fille. enfants de sa seconde femme n'étaient pas de lui. par une les cadavres. On a pro- Ici. qui mar. le fils. la première occupe le . où son fils aîné avait pris. la salle de dépôt. Puis vient celui du fils aîné. inclinées et parallèles. d'autres à droite. comme un couteau ou comme une hache. se trouvent la cour de réception. jour de son arrivée. rencontrait aux abords L autopsie du troisième a prouve que la mort l'avait de l'hôtel et avant qu'elle y fût rentrée. La mère. n° 15 : c'est une grande femme aux cheveux châ- Ce cocher a été découvert et a été entendu par le tains . puis de midi à 6 heures du soir. dont la présence à Paris et la réunion nets. une haine invétérée? Voilà Le premier est celui de la mère. chacun sur lenr pierre. avaient été produites. couché au n° 18. générales que le sextuple crime a dû être combiné Des deux côtés de cette salle sont des dalles de entre ces deux hommes pour faire disparaître le res. facilement exécuté que les victimes. épouvantable vengeance. de crâne une fracture étendue et une plaie béante au forme triangulaire. à la gauche vant pas. ou avec un instrument à lame cou. et du moment où le meurtrier a été certain de l'arrivée qui n'a rien révélé de précis sur l'instrument conton- de ses victimes.blondine de trois ou quatre ans. il a un œil crevé. ou bien s'agissait-il de satisfaire. revenu à Paris.. entre cet organe et l'angle. qui a duré de 8 heures du ma- taines suppositions. moins crispé que ses deux sonnes. Du reste. L'artère carotide et les veines jugulaires sont plate. est le plus mal- AUTOPSIE DES CADAVRES traité : c'est probablement lui qui aura poussé les cris qui ont été entendus . le' coup fut d'autant permet plus de se Tendre aisément compte des bles- plus. elle avait annoncé son retour prochain. d'autres au cou. la salle vitrée. l'autopsie a révélé qu'elle était grosse et Les trois médecins qui ont procédé à l'autopsie des auprès d'elle est le fœtus de cinq ou six mois qu'elle victimes ont constaté que leurs mortelles blessures portait dans son sein. furent en un instant renversées au fond de VISITE A LA MORGUE cette fosse et criblées de coups. ne le trou. mais La mère a cinq blessures dans la région dorsale on ne devait plus l'y revoir.hideuses blessures longitudinales au devant de l'o- sition. distance de l'endroit où le second assassin veillait. il semble résulter des informations corps des victimes.externe dé . les unes avec un instrument L'aîné des enfants. avec joie cet espoir de rapprochement et annoncé le Le second. cocher. et la mort a dû être instantanée.dant dont il avait été parlé. laissant voir. et les laissait à une certaine blessures. gauche. couché au n° 16. il a été préparer leur fosse en com.quatrième fils. couteau. Enfin ^. porte au contondant. disposées comme Sans tant de la famille. la mère aurait accueilli ses cheveux longs. aux traits horriblement crispés. dans lequel on veut voir le Le premier fils a été étranglé et son corps ne porté père qui. attirées à Paris sous le prétexte d'une réconciliation. recouverts de couvercles de zinc.lavage garnie de vastes cuves en pierre avec robi- tions le père. recouverts d'un été chercher et avait emmenées après avoir payé le couvercle en zinc. Le troisième. Pendant que ce dernier achevait ce lugubre sa mère 1 travail. on reprenait Maman! maman! Il porte une affreuse blessure der- le chemin de fer. et trop petite pour contenir les sept per.

et leurs gauche. dû amener soit une syncope. de l'abdomen. Une nou. entre les Allemands qui l'habitent et les ^ gens qu'amènent de ce côté l'abattoir et le marché LE THÉATRE DU CRIME aux bestiaux. situé coup. A minui un quart.s à pré- Remarquez maintenant les dispositions de la sta. qui est celui d'une femme De la station aussi a pu partir le cocher qui. il ferme d'ordinaire bien avant minuit. L autre présente a — par la route de Pantin. Trélat et Louis C'est par là aussi qu'elle a dû revenir à la station Penard. mais aucune n'est de nature à tuer sur le rend de la station au pavillon des employés. Ce qui est surprenant. — a vu des hommes travailler. située sur le Chemin-Vert. jusqu'au teignant certaines profondeurs. par conséquent à l'hôtel. très-fréquentés par les ouvriers allemands distinctement l'endroit où est la fosse. Examinons maintenant. c'est que les S'il ne connaît pas le pays. empreinte qui paraît être celle d'une des extrémités dans c i quartier. il a pris la rue des deux côtés des hangars. puis traversant la plaine en remblai. prendre ensuite la route d'Aubervilliers à Pantin et dans le plan. Ces blessures profondes semblent être le ré. parce qu'à chaque instant. les murs de l'établissement où il à peu près sûr de ne rencontrer personne. le facteur-receveur Coulon se progressif. et même à pied elle aurait pu reuses victimes.. est employé sont fort élevés.par exemple. contournant un petit jardin elliptique. de la locomotive Il n'a pu sortir de Paris que par la porte de qui. semées et habitées par de pauvres gens. le long des maisons éclairées et pleines de forment avec la route d'Aubervilliers. en suivant les lignes pointillées qui condui. de plus été trouvée enceinte de six mois. par le mystérieux acheteur de la pelle et de la Mais leur oreille est assourdie par le cliquetis des pioche. il y a un cabaret qui paraît très-fréquenté. qui peuplent ce pauvre quartier.l'œil. il n'y a pas de maison. derrière eux. sultat de coups de hachette. à Les trois autres enfants ont été éventrés. A l'entrée pourtant. L'un des enfants porte sur un des os du crâne une Il n'y fait pas attention. Le cadavre de la mèra. autant qu'un coup d'œil rapide nous a on le sait. qui commence à l'angle de rue du Chemin-Vert prolongée. Si on admet cette hypothèse. conduisant. de Pantin. les blessures de ces six malheu. l'N du mot chemin. le pont du canal et la l'angle externe de 1 'œil gauche un coup de couteau route de droite qui aboutit à la porte de la Petite" qui paraît avoir lésé profondement l 'os frontal. S'il connaît bien le pays. si nombreuses et si graves. Cette rue du Chemin-Vert n'est éclairée que par velle victime doit donc s'ajouter à cette terrible deux quinquets à l'huile. Blanche. bruyantes. il a dû prendre la Enfin. a suivi la route d'Aubervilliers et neuf blessures pratiquées dans différents sens et at. il leur restait encore un souffle bervillif rs. ont déclarations des voisins. ses deux voyages. puis des cris d'hommes. et il a pu être du côté de la fosse. est couvert de dix. il y a des rixes et des disputes d'une bêche. Les cinq hommes d'équipe qui manœuvrent des Voici maintenant les divers chemins parcourus wagons sur les voies de garage n'entendent rien. sur le rue non habitée. le gardien la route d'Aubervilliers et de la rue de la Gare. au clair de lune. et permis d'en juger. des taches de sang. il a dû être remarqué dans ce trajet fait à huit heures Des angles que les rues Magenta et Lapérouse et demie. Il a dû ensuite prendre à travers champ Langlois. et offrent de conduire à jeunes. à gauche'. Telles sont. a pu entrer-dans la rue du Chemin-Vert. à peine tracée d'abord le long du glacis des Le veilleur de nuit de la maison Paris a entendu fortifications. Villette. où commence la rue Lafayette. La pauvre femme a coude dudit chemin. L'autopsie des six victimes a été pratiquée à la facilement arriver à destination en une heure. les Toutes ces plaies.. C'est ce chemin que la fa- mille a dû prendre. quelque chose . gorge coupée et porte de légères blessures à la De cette station. toujours sur le plan. dans aisée et d'une belle 'constitution. tendu.. n'aient rien en- ]a rue du Chemin-Vert. sent à la fosse. il a dû suivre la route habitants assez nombreux d'une grande maison isolée impériale de Maubeuge jusqu'aux quatre chemins. forme les trains de marchandises - Flandre. devie. Ce champ est celui où l'un a aperçu champs. On y arrive par deux rampes en fer utile do bien connaître pour suivre les péripéties de à cheval. Il est donc probable que lorsque ces malheu. . Voilà les observations qu'on peut faire dè. par les docteurs Bergeron. La cette nuit terrible qui se développeront devant le sortie des voyageurs a lieu de ce côté. on voit très- cabarets. four situé au bord de cette rue.fer du Nord. à l'angle de la rue de la Gare et de la route d'Au- reux ont été enterrés. soit un affaiblissement ¡. Ilentenddes cris de femmes. située dans la petite impasse en pente. et le bruit. sent sur le théâtre de ce crime abominable qu'il est tion de Pantin. jury. Au carre. on se rend à Paris — en voiture poitrine et à la main gauche. à la gare du chemin de. et Sur cette voie.. qui doivent Les deux fils aînés ont la tête littéralement écrasée. L'un a la domicile les habitants des environs. Les maisons y sont clair- liste. le petit garçon et la petite fille. où il est figuré par un petit carré gris. blessures sont affreuses toutes réunies dans la région Toutefois. de l'usine Cartier-Bresson. Quelquefois aussi des charrieurs de viande y viennent Enfin sur la pierre n" 19 sont étendus les deux plus avec leurs tapissières vides. à l'endroit où se trouve. mais sa déclaration est vague. Morgue. On y voit assez souvent des voitures de place. vers minuit. se coucher de bonne heure. glaces de ces wagons.

un coin de rue. se rendit à la Morgue jusqu'à onze heures du matin. j travaillant à l'endroit où est la fosse par le gardien Le cocher a assuré qu'il le reconnaîtrait parfaite- de nuit de l'usine Cartier-Bresson. pour être reprise en- et raconta que dimanche soir il avait conduit cinq en. suite depuis une heure jusqu'à cinq heures. par voie de terre oa: de fer. allant de ci de là. trajet par voiture et en deux voyages nut aussitôt.A minuit.'après avoir eu le frontations. 1 de.-vers quatre heures. il faillit A minuit un quart. sou. l'enfant sûreté. rue de Flandre. venant du Raincy.de la. ont entendu une femme dire qu'elle arrivait de Lorsque les employés de la Morgue sortent de Roubaix. départ du Raincy. MM. où elle habitait depuis dix ans. Tardieu dit - Hier. ^ est entré. . juge d'instruction. donné se rapporte assez exactement à celui de Gus- De minuit à quatre heures du matin. à Pantin. à huit heures du matin. Un jeune homme Savait pris vers deux heures de A six heures. près il décrivit en route les vêtements des enfants et de la la station. entendus parle facteur-receveur Coulon. LE COCHER Les trois docteurs ont prêté le serment d'usage. contre le. Ce qui est certain. et ont immédiatement procédé à l'autopsie des six corps Un jeune cocher. des victimes. Retour. L'autopsie a révélé^la vérité. fosse. car ni la robe ni les jupons n'ont été du Raincy à Pantin. fait faire une foule de courses. hommes vus tave Kinck. puis cris tomber sans connaissance. Pénart quette brodée. laisse le panier et Le cocher n'a jamais vu d'autre grande personne le paquet qu'on lui avait vus au Raincy. DÉTAILS SUR L'AUTOPSIE DES CADAVRES lever la bâche qui recouvrait les victimes sur le bord de la fosse s'écria : M. sujet de la gros- Voici quelques nouveaux détails. Lerouge. s'est rendu à la Morgue .& JVt. semblable chez l'épicier sûreté. :Pâris. Trajet de Pantin à. reçu deux suivre et probablement l'ont conduite à la Morgue coups de couteau dans le ventre. •• Le surveillant Bruandet.. Le signalement qu'il a d'hommes. cris de femmes. demeurant Je reconnais les deux enfants qui ont une cas. fants et une dame en deux voyages dans les environs Voici le résultat de cet examen chirurgical : de la gare de Pantin.veut me mener dîner. c'est M. ne peuvent rien dire. docteur légiste. lieu du * La mère retient d'eux* chambres. peu loin de la 'gpre du Nord. sous-chef du service de A cinq heures.* Ce dernier étant.. unique arrivée de la fa. duquel la mère demande à louer deux vélocipèdes. mais eux. j Enfin. j LA MORGUE C'est à huit heures et demie.en détail sa déposition. Elle a ajouté qu'avant distance par.de Pantin à l'entrée du Chemin-Vert.service. dans la leur. ' Ramené à la Morgue par M. Sa narration ne parut pas La femme Kinck. à Paris. âgée de trente-sept à quarante .. receveur des billets à Pantin. » et Trélat.loin du mille à l'hôtel du Chemin de. tant à voir de près tant d'horreurs.de s'assurer que la famille est arrivée à la gare dait d'un moment à l'autre à ce qu'un prévenu fût de Pantin. voyant lundi. le laissant souvent à Voyage en chemin de fer. l'après-midi.. cette famille avait réalisé en espèces. c'est-à-dire. vers dix heures du matin. Hier il n'y en a pas eu. — il faut" croire pour lui faire reconnaître les cadavres. au bureau 'd. sont épouvantés vingt mille francs. Quand il fut mis en présence des victimes. dîner chez le restaurateur Dumesnil.. mais cependant on le conduisit à la préfecture Raincy. La séance a duré depuis huit heures toire de l'assassinat de Pantin. la famille est vue 'au claire. qui le reçut jet écodta-. qu'on avait eu soin de relever les vêtements avant Une nouvelle preuve du voyage en chemin de fer de frapper. pavillon de Bondy. que le jeune homme va chercher sa pelle et sa pioche chez le taillandier Les corps sont toujours à la Morgue pour les con- . trois ouvriers tourneurs de broches.la -station. assisté de ses deux confrères. Douet d'Arcq. au. mais non. Le rapport de M. c'est que toute la soirée a été A neuf heures* et.. mais on s'atten- temps. une foule énorme avide de détails. Un détail rétrospectif : - Les agents ont aussitôt prié cette femme de les On sait que la pauvre petite Marie a. accoutumés pour-' pour l'emporter en Amérique. retour à l'hôtel de I Jean Kinck. passée à Pantin. à la requête de M.sau-. et qu'elle emmenait avec elle du massacre de toute cette malheureuse famille. Froment. On les lui montra en arrivant. des agents du service de qu'elle était enceinte de six à sept mois . il les recon- . Claude. absent. une somme de quatre. L'exactitude absolue de ces heures est établie. sesse de Mme Kinck. percés. ment. ayant lu dans les journaux l'his. au gardien de police.Fer du Nord. ils son départ.pqs QÙ l'on cherie. et ne dit que ce jeune homme et un individu plus âgé qui pas au garçon du restaurant de l'hôtel ces mots que accueillait ceux qu'on destinait à l'horrible bou- lui a attribués le propriétaire : Je ne. Lerouge lui-même. n'importe où il le rencontrerait. démarohe. lui avait A sept heures vingt-sept minutes. Georges Bergeron. demie. A quatre heures et demie. quichange de vêtements et'disparaît. jeuçie homme crime. ils sont suivis jusqu'à une assez longue maison de la famille Kinck. ce qui fait qu'il n'a pu préciser d'une A sept heures cinquante-huit arrivée à la station façon absolue tous les endroits où le. femme. mêlés à la foule qui se pressait autour de la était viable. à Paris. route de terre. de Pantin. c amené en présence des cadavres mutilés.

Que m'avez-vous.ji a une piste qu'il ne perd pas. mais moins violents. monsieur. troisième dépêche au préfet. l'autre de huit ans.J[maginéz-vous que c'était di- Mme Rattazzi.. C'était une grande Voiture pouvant contenir ne peut clairement définir. ' rien n'a transpiré de leur entretien. mais il ont été portés avec une abomi. de chercheur de nouvelles. • L'aîné des garçons. en cette occasion.recherches vont être couronnées de succès. je me suis parts. a reçu vingt-quatre blessures qui se décompo. " Après lui viennent les deux aulres garçons. dit? dem^. pour les..portee(.. avec le plus'imperturÇable sang-froid. eHe annonce l'arrestation Le jeune homme saute du siége.ndai-je' au cocher.108 guinolents. . dix-neuf coups de cou. monsieur. et qu'il teau. la petite fille et un ou des petits frères. les intestins pendaient. conduit hospice. Aucune trace de lutte .ans. meur.4 nues. et nous avons traduit en langage le misérable. Tout fait. Nous étions arrivés... la rue Magenta. une pioche et un couteau. Alors il me fait suivre une tue. Ils disparaissent bientôt « Le Havre annonce arrestation ici Kinck. comment cela s'est-il passé? Personne n'a assisté à l'autopsie.misérable apparence..' j" Je m'en vais donc à 'la. tions. trie.maison de M. — Elle a regardé cet horrible spectacle descendais de la gare à vide et désireux de charger. sa poitrine -M.avait l'œil Eh! bourgeois. — ' — Eh bien.coupables se- ouvert. il m'a dit : « Porte de Flan- La préfecture de police a reçu pendant la journée dre.êtes1 . à côté de moi. « tion. Le préfet a fait mander M.. le côté du crime! » gauche entièrement broyé. coin de la rue Davoust. je. ser que Vandevelde a dû quitter Roubaix. il monte.. nous gamins. . à quatre heures quarante-cinq minutes. ' " . un autre à la espère être de retour demain. * -* Voici. Il y a peu de traces de strangula. on ignore si c'est Jean pied et il fait descendre la dame. la victoria « droit enfoncé. Au moment de faire monter. de — née princesse Solins. et de la gare des marchandises. Un cheval blanc. mence à peu près aux fortifications. presque tous les coups ont C'est moi. deux très-profondes de 2 à 3 centi. auteur dans une obscurcie d'arbres. deux hommes sont détenus au Dépôt. là où nous sommes. . oui. pour filer La petite fille âgée de quatre ans était laplus.confrontations.. je m'arrête au Vers deux heures. Pas de détails. » parmi celles-ci. là..entendu. il me touche le bras. me fait signe d'arrêter. « assassinat Pan tin. Le brigadier VandevelJe. autorisée.dans la voiture : Attendez-moi. Il va au marche- de Kinck.¡{{e Flandre. Celle-ci est la plus grave. Rigny (le maître dé l'hôtel du Chemin struction.la damer il lui avait ARRESTATIONS dit quelque chose que je n'ai pas. plaine d'Au- de quatorze.—Circonstances dramatiques. sauf pourtant Voilà. 'dirigé dès lundi soir trompé. une bonne 'voiture.— sent ainsi : presque toutes à la région postérieure .. elle était expédiée par notre correspon.contre eux de fortes présomptions. Son crâne était broyé. On l'a trouvée enveloppée d'un water-proof litté. » 'y Roubaix hommes. à la rigueur six personnes. l.très-forte. La femme Kinck était alors enceinte de six mois. il faisait à peine jour. la dépêche que nous recevions Il dit à moi et aux trois autres petits qui restent du Havre.< de Fer du Nord). Claude n'a pas quitté Paris . comme un crible. c'est vous qui. sauvé. C'était affreux. été portés par derrière. • .. de grandes blessures au cou.tE COCHER (N° 9. c'était devant la posés par les médecins entre les mains du juge d'in.. Le jeune homm'e faihn&nter la dame d'abord servir des mots techniques qui sont consignés sur les et les cinq enfants après elle.bervilliers. Nos renseignements personnels nous font suppo- le fœtus était du sexe féminin. nable férocité. a reçu des' Il y a de tristes bonnes fortunes dans la profession coups analogues. A une heure une deuxième dépêche est arrivée à et qui finit route de Pantin. Enfin. r. BARDOT. âgé de onze ans. Il y avait un jeune homme et cinq Nous n'avons pas voulu. près la préfecture. Gustave.. iront tous bientôt entre les mains de la justice..sur la Belgique. il médit : «Ce n'est pas ça. puis ensuite. Claude. Voilà qu'un groupe dë personnes dont une femme Les rapports ont été ensuite signés et seront dé. rapports médicaux. Le quatrième garçon. un coup violent -à la mâchoire. sur le siège où vous vulgaire toutes les explications qui nous sont parve. '1 Un cocher m'interpella : . il pouvait bijfn êtte onze hè'ares. puis quand LES il a été à côté de moi. qui avait été manche soir. — Mêmes observa. En outre. dit-ôn . le Kinck précipité bassin. Tout à coup. il centralise les arrachée. -• : vendredi. âgé de seize ans. c'est-à-dire aujourd'hui hanche gauche. Une quatrième dépêche du brigadier dit que ses mètres entre les deux épaules. M . il ralement hach'é de coups : sa chemise était trouée existe. de notre côté. quand d'hier des nouvelles de ses agents expédiés de toutes nous arrivons. d'assez sans doute.. espérer que les. le ventre étant tout recherches. Nous restons tous les quatre pendant qu'ils descen- dent la route de Pantin. dant.a. Û tirait à peu près.". l'œil gauche crevé sortait de l'orbite et n'y était plus retenu que par quelques filaments san. l'un J'allais explorer une'fois encore. en biais-qui com- sur avec six a télégraphié à onze heures qu'il était sur une bonne piste. Je m'arrêtai et je montai sur le siège afin de mieux Ces coups ont été portés avec des instruments qu'on causer.

l'os maxillaire. un poignard. frère la drôle de course que j'avais faite. barbe clair-semée et brune. d'ailleurs. vous avez été à la police? nument. parmi elles étaient le prince Demidoff... Son mains sont fortes et larges. la femme Kincke a trois blessures à la cuisse mètres. une blessure hor- . Des fenêtres qui s'ouvrent sur veté?— «une vraie nuit à passer en famille. d'une La Itmme Kinke a subi l'opération césarienne et taille ordinaire. times. Gustave Kincke portait un pa.. qui paraît un peu plus que Quoique la plupart des coups aient été portés à la son âge. ancien greffier au tribunal de Paris. Comment se fait-il qu'ils n'ont pas alors été arrê. le visage est rond et plein. le chapeau lica. M. Là-dessus. mais tains. la scène du carnage devient de plus en plus minute gagnée. nous n'avons pu nous détendre d'une im- Non. c'est elle qui aura reçu les premiers coups. Il a causé à Quatre personnes seules s'y trouvaient avec nous. sans comp- ter . Les cheveux. côtés sur la personne de Gustave Kincke. Des dalles de marbre sont placées dans la longueur.. Rigny. qui avait donné à l'hôtel le prénom de son père . Les petits attendaient bien patiemment. les . en passant. je suis parti. homme de dix-neuf ans. cule ! letot. sera retardée de quelque temps encore. une confrontation entre les meurtriers et les vic- ler témoigner de ses soupçons à la police. la première pour les expositions publiques. quand entendu par. coupé la carotide et meurtri là clavi- Comme vêtement. —.lacéré. qui m'a interrogé avec son commissaire. » Et le cocher ajouta — était ce avec l'intention de faire un mot sinistre ou n'était-ce qu'une naï- murs sont nus. peut-être vingt minutes seulement. Scn costume est à peu près de même étoffa que le malheureux' celui de son fils. Quand nous sommes entrés dans ce funèbre mo- « vous avez ler du crime. ràce à face. établi boulevard reille du chef de gare. répondit-il mais j'avais dit à un con. le Sein gauche est. la troisième pour les au- topsies. le lendemain du crime. C'est un homme d'environ cinquante ans. que Gustave et derrière l'oreille. un instrument conton- dant. il y a une blessure affreuse. venu. justice au directeur de l'hô. l'aspect général est d'une sécheresse et d'une froideur qui impressionnent vivement. afin de faire pris qu'un crime avait été commis. quelque chose ressemblant. savait En même temps que les renseignements se grou- dans des circonstances semblables la valeur d'une pent.. et non Les corps sont posés dans l'ordre indiqué sur notre ICinck comme on l'a écrit jusqu'à présent. c'est un jeune gravure. On découvre devànt nous les cinq dalles et on place D'après des renseignements obtenus de différents les couvercles entre chacune d'elles. me . un tranchet. La petite fille a été frappée sur les bras de sa mère. rible allant de haut en bas. il est de corpulence moyenne cheveux gauche. conde pour les gardiens. on n'entendait rien. visage est calme . Claire. Le second a la figure crispée par la souffrance. C'est un spectacle affreux. sans rien dire et sàns se plaindre. restation prochaine des coupables. 1» sur la tête. tés? Quelques minutes plus tard et l'identité de la L'autopsie est entièrement terminée. des blessures il moucheté gris blanc. n° 105. appelé Brune!. bruns. au- cun bruit. Il fait descendre La Morgue se compose de trois salles principales. les misérables étaient l'ordre d'inhumer les cadavres n'est pas encore par- pris. c'est Jean Kincke ont été vus buvant ensemble chez un évidemment celui dont les cris sont parvenus à l'o- marchand de vins. la barbe et la moustache sont châ. mais d'une forte constitution. LA MORGUE Une demi-heure après. le jeune homme revient. la se- la mère étant partie d'abord avec les deux plus jeu. des becs de gaz le soir. Magenta. le vit age habi. Ses comme il devait respirer encore. Il me met de l'argent dans la main. Au-dessus d'elles des robinets hissent écouler un filet d'eau. Un chapeau mou de couleur — y en a une centaine environ! — quatre instruments ont servi à marron couvrait sa tête. dans l'espoir d'une ar- Rendons. son tour-et alors j'ai été appelé chez le chef de là po. nes. s'empressa d'al. Les corps sont cachés par une sorte de couvercle en toile cirée noire. cette inhumation tel du Chemin de Fer du Nord qui. pression bien facile à comprendre. les trois petits — qui 'étaient les plus âgés de tous. Le fils aîné a d'abord eu le cou mutilé. le teint coloré. commettre les crimes : Il a l'accent allemand.au* GUSTAVE KINCKE tabliers dont les cochers recouvrent leurs jambes. et on arrive à la quasi-conviction qu'il a été . ily avait à peine mon compte et il me dit : allez! La salle des autopsies est longue et étroite . Un couteau. Alors. la Seine l'éclairent le jour. C'est lundi. On pense même que. lui dis-je. et cependant famille massacrée reconnue. Sa taille est de 1 mètre 62 à 64 centimè. enfant de cinq à six mois. tête. un> pantalon et un gilet d'une étoffe à fondnoir D'après la forme. Il a il a été reconnu qu'elle portait dans ses entrailles un une apparence herculéenne. JEAN KINCKE Les cadavres sont d'une grandeur au-dessus de la moyenne. dès qu'il eut ap. a frappé à elle seuie tuellement pâle. il a dû perdre vite connaissance. on l'a étranglé. quoi » 1 Le cocher se tut.

qu'à la nuit noire et qu'il faut bien deux heures Voici du moins ce qui résulte de la déclaration du pour achever ce sinistre ouvrage. De huit heures à onze heures. cocher Bardot et de quelques mots de conversation Gustave Kinck ne doit pas arriver avant que tout surpris par lui. entre Mme Kinck et Gustave. Kinck a dit à son fils qu'il ne pourrait la commencer cun des membres de sa famille. Onze heures sonnent. cre portant le n° 9108 et l'on part. on patiente. si ce n'est son père. On arrête le cocher du fia- on erre aux alentours de la gare du Nord.pas vu — ceci est acquis d'une façon certaine — au. arrêté d'avance. à Paris. Un cocher d'omnibus de la gare les voit longtemps Arrivés à l'endroit fixé. on dîne. soit prêt. C'est que la fosse n'est pas encore prête. Gustave exécute le plan aller et revenir sur leurs pas. que Jean Il amène à son père les trois premières victimes .

des Arrivé rue Royale. A ce moment. avant une absurde histoire de mari trompé. Les deux hommes l'épient tou. tir par la gare du Nord ou par celle de i'Est? Voici les détails de cette arrestation : i On vient d'arrêter un individu que tout indique être Jean Kinck. tère. ' Havre . L'administration a été informée dans la soirée ils sont découverts . le nu- agents sont lancés dans différentes directions qu'il est pru. Kirck main tremble quand il le cocher père. au hasard. Il trouve le lambeau d'étoffe.e arrestation a été accompagnée de circonstances Jusqu'à huit heures du matin. c'est pourquoi il n'a pas paru. part ramener à bord des navires en partance plusieurs jeudi soir pour Colmar. il entra dans l'auberge de intelligents. . il ne faut partir que lorsque l'on sera sûr du résultat de l'affaire. il y a quelque temps. ] L'affaire. habiles et prudentes. commencée par M.médiatement parti pour le Havre. C'est afin de s'ap- sacre. ils en donnent beaucoup. à refermer les sillons si atrocement remplis. on les voit rôder aux envi. qui Le reste de la nuit se passe à combler la fosse. il va faire bientôt jour. Vandevelde Vers midi. I Le Havre. été transporté immédiatement à l'hospice. mais d'un ordre plus modeste. Des dépêches sont envoyées de. Le Havre annonce ce soir l'arrestation opérée ici S'ils avaient pu le tuer alors ! Mais il faisait trop de Jean Kinck. | jours. disait-on. CeV. et comme il fait nuit profonde et qu'ils ne LES CAUSES savent pas d'une façon bien cerlaine la valeur des forfait Quelles ont pu être les causes de ce épou- coups qu'ils portent. qu'il résolu Et puis quand tout est fini. vait lui servir à toucher diverses sommes assez im.qu'un individu dont le signalement répondait à celui guiser leur culpabilité. tous deux. Lerouge . depuis de longues années. ils font leur sinistre besogne. marins retardataires. Lerouge.et. ne peut Voici dans quelles circonstances tout à fait impré- qu'être bien terminée par M. soir. est im- dans le quartier. dans le reste de la France. changent l'épouvantable crime de Pantin est entre les mains de vêtements. 23 septembre. le principal auteur de l'épouvan- LES RECHERCHES table assassinat de Pantin. les coupables soient pris et surtout retrouvés vivants. se serait aperçu que sa femme en- me saet ne pas paye adul- tretenait. On a parlé d'un acte de vengeance. tractée par un trouble subit lors de l'entrée du gen- Revienne à qui voudra l'honneur. que les enfants étaient les fruits de cette Une seconde fois. ne sachant pas quel sera le bon. ] Selon une autre version. auteur des assassinats de Pantin. « Eh bien. • \ Le paysan Langlois passe et voit deux hommes qui La dépêche télégraphique suivante est arrivée hier ont l'air de l'épier. Mangeneau. du service mari- part pour Roubaix. une liaison et quand il appelle ses frères. à condiiion que darme. moment où le com.chait à s'embarquer. et mille contes. située dans la maison portant. ARRESTATION DE L'ASSASSIN Ils restent tous deux. ^ jour et ils auraient été vus et pris peut-être. qui avait produit au Ha- vre une impression non moins vive qu'à Paris et Les recherches sont actives. il a de leur nuit. d'où il a pu être retiré vivant. ses frères et sa sœur. M. mauvaise mine auxquels il demande leurs noms et Tous les fils ont été posés par M. faisait ronde à Saint-François dans le de comme nous le disions hier. mardi soir. Le père était moins liai- sûr de lui. il est inutile de chercher à dé. sa voix est cal. Kreimp.de la justice. ne peut laisser échapper les L'un d'eux. elle est dans vues et comme providentielles cet homme a été ar- la voie. à reçu. dans l'obscurité. Claude. -i M. Claude. raison de plus pour me montrer vos papiers ! Faut-il donc des papiers pour voyager en — France? » . proprier cet argent aurait de massacrer C'est le moment de partir. arrêté au moment où il cher- missaire de police arrive. la fuite seule leur reste : ils de Jean Kinck avait été mis en état d'arrestation au se sauvent. Langlois se sauve éperdu prévenir un agent de police. tous côtés. les deux hommes marchent derrière lui. Le crime son . but time. 45. rêté. la scène se reproduit. on a donc tout lieu de croire que l'auteur de Ils vont à l'hôtel en moins d'une heure. filet. alors. dont la physionomie avait paru con- criminels. Ils restent M. ils savent ce qu'ils voulaient savoir . Pas encore . chef du service de la sûreté. Gustave Kinck aurait J est accompli. | portantes revenant à sa famille. On a mis en Gustave Kinck revient à la voiture . en se refermant. une procuration de- effacer autant que possible tous les vestiges du mas. répond qu'il est étranger. il soir à Paris : trouve un cadavre. employé principal de la sûreté. M. mais sûrs vantable ? qu'il y en aura un bon pour chacun. s'est précipité dans un des bas- rons et épiant les hommes qui découvrent le travail sins du Havre.dramatiques : K nck. et nous les retrouvons chez le mar. 4 h. le leurs papiers. chand de vins du boulevard Magenta. méro 57. impitoyablement sa belle-mère. le gendarme Ferrand. Est-ce donc qu'ils voudraient par. Il y voit attablés plusieurs individus d'assez dent de ne pas dévoiler.

deux signes nommés communément de Me Deledicque. Sa informations de la justice désignent comme le physionomie est belle. et Mme Kinck-Rousselle mètres au coin de la bouche. plus 50 centimes en billon . Un petit peigne . on a trouvé sur cet homme il a ajouté que si on voulait satisfaire ce d. garni avec l'idée bien arrêtée et bien évidente d'y trouver de trois lames. quai. Acte de vente d'une maison sise à Roubaix. en date du 18 novembre 1863. — Même étude. 15. d'une cravate noire et d'un foulard avril 1861. donner les premiers soins. et qu'il paraissait tenir à dissimuler soi. mais bien pro- Roubaix. profit de M. à huit rubis. à cylindre. l'eau. — Le juge d'instruction et le procureur im- 8. 30 juillet 1857. quatre endroits. Un instant après il est très-pâle et feint un état d'abattement absolu. Un petit médaillon à secret. Un dossier contenant 12 extraits du registre des La vindicte publique lui sera redevable de la cap- priviléges et hypothèques de Lille . sifflante. » de 5 francs en argent. tout à coup au sommet. Une ceinture en cuir vide. Vente de maisons par M. . contenant une l'hospice à cinq heures. 6. sinon comme le seul. tenue par Il l'emmène par le quai des Casernes et le pont un cordon de cuir et portant les numéros 47440 Lamblardie. pouvoir interroger ce soir 5. On le porte sur le quai et de là au poste Il est si calme qu'on n'a pas cru devoir lui mettre de sûreté. au fond de laquelle il est couché. Cocheteux. A pièce de 5 francs en argent et une pièce de 50 cen- chaque minute son trouble allait croissant. lui ont. en argent. Mais dans notre port. et Mme Cocheteux. au 31 janvier 1861. accourt lui la camisole de force. Ces papiers établissent clairement son mencer ce travail. bien que ses traits soient lé- principal. calfat. pharmacien. ajoute le gendarme. élève de l'Ecole des beaux-arts. Moustache naissante. donné les soins d'usage peine l'individu était-il dans le bassin qu'il s'y est et à l'aide de frictions énergiques l'ont rapidement précipité lui-même tout habillé. et Mme Kinck-Rousselle. en dessous de la rait sage et laisserait faire son esquisse par un jeune chemise. identité : il n'est autre que le nommé Jean Kinck. le sauveteur était M. La chemise est marquée 4. saute sur un radeau. Hauguel eut la force et la Sa respiration est rapide. saisit violemment il s'est enveloppé dans une couverture de laine blan- son sauveteur par les jambes. fortement aplati vers le haut. Les habits qu'il portait sont ceux d'un ouvrier ou 3. celui que le bruit public et les premières portionnée. le menton couit. Sa parole était haletante. les lèvres min- Voici la liste des papiers et des objets trouvés ces. ses projets de suicide contrariés. Il a le front droit. 11.ésir. les che- en la possession de Kinck : veux et les sourcils noirs. times. Il présence d'esprit de se dégager. S. l'indi. 9. en l'étude du même côté. en billon toute contenance. L'individu. les dents très-fortes. au violon. et l'autro situé plus bas à demoiselles Danel et consorts du 20 avril 1861. Vanderholle Jean Kinck. accompagnés du docteur Lecadre. rouge à bordure blanche. l'individu perd Léopold II. il se trouve toujours un sauveteur courageux Les internes de service dans la salle Sainte-Gabrielle prêt à riquer sa vie pour sauver son semblable. Arrivé sur le quai de la Carène. T. Une quittance de mainlevée de M. Il paraît être âgé d'environ vingt ans. lettres particulières et divers papiers. portant les numéros 40730 et 7797. dont 31 pièces à l'effigie de A ces mots de procureur impérial. ture de l'auteur d'un des crimes les plus abomina- 7. le plus apparent placé à 3 centi- 2. P. et de là dans le bassin. On voit gaiement sur la joue « M. 17 et 20 paletot bruns. Adjudication d'une maison sise à Roubaix au aux initiales E. Il a demandé à boire. On compte. roles. dont l'arrestation fait grand honneur à à M. notaire à Lille. à manche blanc. oc Si vous ne pouvez justifier de votre identité. de l'eau. A deux agents de police. voyant mis hors de danger. de Roubaix. son visage crispé. le procureur impérial. se dégager de l'étreinte du gendarme. et 43. je serai forcé de vous conduire 10. où se continuera l'explication. vers le menton. vidu' profite du passage d'une voiture de place pour 13. Un couteau-canif neuf. l'entraîner avec lui. qui venait de com- gneusement. sous la garde de Cette fois. Un porte-monnaie en maroquin avec garniture périal. la perspicacité du gendarme de marine Fertand. où M. et 170 fr. Ils se composaient d'un pantalon et d'un Osterlgek à M. cicatrice de 3 centimètres de longueur allant dans la pour une' somme de 8000 fr. Hauguel. de Jean Kincke est de taille moyenne. dès qu'il y a une chute à Kinck a été transporté vers deux heures à l'hospice. sortent de en cuivré. mais fuyant Pantin. oppressée. Il court au 14. Kinck. On remarque au-dessous de l'oreille gauche une 1. la bouche petite.-Une montre savonnette. — Même étude. en pièces au parquet de M. au parquet. ressaisit l'individu épuisé et le ramène à la surface afin d'échapper à un interrogatoire immédiat. Kinck est étendu sur son lit. grains de beauté. se débat et essaye de che et cherche à dissimuler ses traits sous son oreiller. le nez busqué. d'un marin. Kinck-Rousselle. il essaye de balbutier quelques pa. 12. il se- divers papiers placés sur la peau. Une montre en or. avec chaîne et Le gendarme l'arrête et lui dit qu'il va le conduire clef de même métal. En le déshabillant. Ebran. des assassins de gèrement irréguliers. Obligations par M. dont la principale est ébréchée en la mort. par M. mais ne peut les articuler. à direction de la bouche. et comme on tardait un peu. M. Un foulard de soie contenant 210 fr. trouvé ctans ses poches. Un portefeuille contenant un certain nombre de bles qui aient affligé notre époque. Kinck.

ceux-là. phénol. J'habite Roubaix. de la voiture à travers une foule extrêmement montre Il a constamment refusé de parler. l'assassin devait vivre. du matin. Tout ce qui a été dit sur des brouilles de famille Le jeune homme pris au Havre a déclaré s'appeler est inexact . tout s'est borné à une tentative de fui le. odieu- ses et absurdes à la fois. Dans l'après-midi. G. •. Heureusement il n'en est Une foule énorme encombrait la place du Havre. plus tendrement lié. Il a à la main une coupure placée à la jonction du Ces papiers auraient-ils été volés à M.I Lli qu'ont donné au- On avait dit que le meurtrier s'était fait justice : jourd'hui les abords de la gare Saint-Lazare. les cadavres des six victimes ont' an sujet de l'horrible crime de Pantin. intime- . Il a fait des révélations complètes. Jean Kiuck. pas amené par ce train. pourraient bien être victimes. justice. il faut reconnaître que nous sommes dans une période de doute et d'hésitations. ainsi que plusieurs égratignures. les suppositions aux. Monsieur. 25 m. part pour et le fils Kinck et est entièrement confirmée par une Paris avec l'inculpé. Plusieurs milliers de personnes ont stationné une sinat perpétré. où ils se trou. Un spectacle étrange était C'. journal le Havre donne l'énûmération. les maiijs de la justice. Impossible d'obtenir de Kinck aucune réponse. 10 h. s. quel est-il? le fils ou le père? heures vingt minutes. dans la salle des morts. se serait-il détruit? partie dela journée. Claude. ' > T.transportes de la salle d'autopsie. 50 m. mann par le train d'une heure. attendant l'arrivée des trains du Non. ainsi le monstre qui a pu tremper ses mains L'imagination se perd dans des conjectures sans dans le sang de sa famille entière n'échappera pas fin. rien . car une voiture cellu- laire attendait dans la cour d'attente. chef de Ja police de sûreté. le fils. Tous les systèmes Nouvelle complication. 2i septembre 1869. Il portait les papiers de son père. disait-on. cepen- Le Havre. gare. la voiture cellulaire quitta la ' Hier soir Gustave Kinck a été transporte de l'hos. les sergents de ville avertissaient la foule que le prévenu ne serait L'individu arrêté hier est bien Gustave Kinck. il s'était noyp. : les plus vraisemblables pourraient bien être renver- Le jeune homme arrêté n'est pas Gustave Kinck sés. Il était impos- ARRESTATION DE TRAUPMANN sible de voir un intérieur plus uni." L'individu arrêté portait sur lui des lettres à l'a- Ce serait donc le nom de l'homme qui est entre M. et essayait de pénétrer dans la pour exécuter un suicide un cerlain courage que cour d'attente ou chemin de fer de l'Ouest. La déclaration de Traupmann innocente le père M. Kinck r après qu'il aurait été tué par ce Traupmann et ses pouce et de l'index. Il faut la rue d'Amsterdam. et ceux qui ont été accusés de s'être rendus cou- et n'appartient pas à la famille Kinck. Les renseignements que nous avons publiés ont AUTRE DÉPÊCHE été empruntés aux sources les plus sûres. LAURENS. 17 . Nous avouons franchement ne plus rien compren- >. Je vous tiendrai au courant. s'il est vrai que le père et la mère n'aient TrauDlliann. D'ailleurs si la cupidité a été (. ment liés avec Ja famille Kinck. GIRAUD. du matin. Vers une heure moins un quar'-. Claude était attendu aujourd'hui à midi à Paris. dant. quelles les journaux se livrent sont odieuses. et nous avons tout lieu de croire qu'elle a été envoyée à Maisons-Laffitte. été. dre à cette sombre affaire. et je connaissais beaucoup les membresde cette malheureuse famille. Tout ce que vous dites est faux. terie. * le mobile de son crime.'Amsterdam. depuis le pre- vaient ces jours derniers. faux et injuste. Ainsi donc cet abominable crime ne restera p":s complices? impuni. Havre qui entrent en gare à une heure et à quatre Maintenant. pourquoi. l'effroyable assas. Paris. partenant à la famille Kinck. et qui aurait pu arracher le criminel aux mains de h Mais il a déclaré qu'il parlerait aujourd'hui.' A demain de nouveaux détails. mier mot jusqu'au dernier. impriment cette après-midi. afin d'éviter le passage pice à l'infirmerie de la prison. ail châtiment. La police elle-même croyait à l'arrivée de Traup- DÉPÊCHE TÉLÉGRAPHIQUE. lettre apportée au Gaulois par un individu dont l'air L. de franchise excluait toute idée de funèbre plaisan- dresse de Traupmann. au lieu d'être criminels. -! pables du plus horrible assassinat qu'on ait vu de- Il portait tous les paniers de Jean Kinck dont le puis longtemps. pas été d'accord sur le fait d'une installation en Al- . ainsi que tous les autres journaux. il vivra. Il avait sur lui un grand nombre de papiers ap- Kinck a promis de parler demain. 24 septembre 1869 J'arrive aujourd'hui même de Roubaix et je lis avec un douloureux étonnement ce que votre jour- En prévision de la confrontation qui doit avoir lieu nal. Ils ont été préalablement purifiés à l'aide du Pour tous ceux qui ont été comme moi. Le Havre. 9 h. rue n'ont pas les scélérats.

ajoutait-elle. parce Mme Lœft avait écrit à son mari qu'elle n'avait que le voyage lui coûterait moins cher. pour le savoir exactement. il m'en a fait prévenir. dire parce qu'il veut que personne ne le sache. C'était un homme plein d'économie que Jean reçu une lettre de sa femme Mme Lœft. mais il m'a défendu de le sais avec M. je sais où il est. . mais qu'il avait bie de mon ami Kinck. Fné. il m'a dit qu'il allait à haines secrètes aient existé entre ces membres d'une Bull. près Guebwiller. ouvrier tourneur à l'usine Cor. si ce n'est que je me mis à rire de la lu- parent. crime affreux? La réputation de Jean Kinck et celle de son fils Voulez-vous savoir exactement ce qui s'est passé étaient excellentes.sace. « Mais. Dassou. qui est éta- Kinck. il savait le prix de l'argent pour l'avoir ga. Les personnes qui en douteraient peuvent Mon ami Kinck avait le projet d'aller en Alsace s'adresser. à M. Je n'ajoutai aucune importance à ce récit de Je lui demandai s'il avait des nouvelles de son M. établissement. » donnier. Quelque temps après le. et il m'a dit qu'il passait par la Belgique. pas vu Kinck. Il est parti il y a un mois à peu de jours près. ville. oil il voulait s'établir. ou il comptait préparer son même famille si unis en apparence. Il me répondit que non. le propre cousin de mon ami. départ de Kinck. Lœft. blie à Guebwiller. Lœft. je Rien au monde ne pourra me faire croire que des l'ai vu avant son départ. il y avait une vie de famille et la convicti' n qui s'est emparée de moi ? très-unie. ce désaccord n'a jamais atteint des proportions Et puis que signifient ces causes présumées d'un telles qu'un dissentiment sérieux en soit résulté. je cau. qui partageait pour ainsi dire la même maison.

\ malheurs auraient été évités. le un voisin qui connaissait bien Gustave. « Vous êtes bien Gustave Kinck. on ne l'a plus revu après qu'il vât à ce nouveau venu un air de famille avec Jean a été chez le notaire. peut-être. monsieur. arrivait au Havre. Deux faits inouïs que personne n'a racontés. les yeux enfoncés et vifs. J'ai son portrait sur moi. monsieur. née d'hier a été fort calme. me semblent bien à la Daissance. J père. la pro. La moustache est épaisce et taillée en brosse. le notaire n'a plus revu personne. | clara que ce monsieur n'était pas Gustave Kinck. curation qu'on a portée au notaire ou bien était f çon tel qu'il ne lui livra pas l'argent qu'il demandait. j Gustave ne se trouvait pas. Cet individu déclara les noms et Mon ami Jean Kinck qu'on prétend avoir vu et à professions suivants sur le livre de police : qui on donne l'âge de quarante ans.1 1) Depuis. c'est le portrait que lon gris-brun un peu râpés. les reau de poste et dit : deux premiers en Alsace comme les derniers à Pan- « Avez-vous une lettre chargée pour M. monsieur? C'est — ou c'était — un garçon. vait s'exprimer que très-imparfaitement en fran- tave. çais. si le crime n'était pas découvert. à l'hôtel de grand.retrouvés sur lui. le haut du nez est cassé Mme Lœft a écrits à son mari. Mme Kinck ne reçut plus une seule lettre de Là se bornent nos renseignements.Kinck complices. plutôt blancs que gris. et le fils sont tués comme la mère et les enfants. dizaine de poils très-longs viennent de chaque côté Quelques jours après le départ de mon fils aîné. Revenons au voy:)ge de n. disait-il. ni père rêté au Havre. Pour ne pas livrer la lettre indûment il pour la faire disparaître et toucher. une faire pour les hommes du n élier. vrai ou faux. monsieur. d'un gilet en étoffe ve- l'on donne de Gustave Kinck descendu à l'hôtel du loutée et mouchetée. Nous croyons son mari écrite de sa main. et un jeune homme se présenta chez un notaire de quand je le regarde. I se présenta. . Il Kinck n'a pas été vu à BÜhl ni à Guebwiller. fort. Le notaire ne trouva pas bonne tournure à ce dans son voyage. les recherches continuent Quand son mari lui eut donné son adresse à l'hô- plus actives que jamais et nul doute que la justice ne tel du Chemin de Fer du Nord. Cela la tourmentait et qu'il nec'est absolument rien passé de plus. Quant à Gustave. pu se renre co'jpab'e d'un crime atfreux. des vrais coupables décharge au moins la mémoire Je ne sais pas. Edouard DANGIN | prit que Jean Kinck s'étant foulé le poignet avait re. par le train de cours à la main d'un ami. ce Traupmann. Elle fut portée à la maison où naturellement manquer. elle lui écrivit. Fasse Dieu. et à l'air vigoureux. avec cette trace. mais il dit les J étrange : le haut est écrasé. un individu se présenta au bu. que l'employé ait tait pas dessaisi des papiers et des titres de propriété laissé partir cet homme sans le faire arrêter? Que de si compromettants qui ont été. Jean — Oui. et que nez pointu a les ailes larges. etc.i jeune homme et fut pris instinctivement d'un soup. Traupmann était un des amis de la famille Kinck . depuis le départ de son mari pour . le que c'était faux. On s'assura Dius tard a les sourcils sont épais. né en Bavière. de mes malheureux amis ! conté que. Kinck? C'est moi. X. | ni fils.! Kinck. est un homme Wolff. le notaire hésita encore bien qu'il trou. un autre Gustave Kinck une procuration pour son fils.l'Al. On l'amena rue Dauphine. et en son absence d'une cicatrice sur la figure. si les journaux ont ra-. Gustave tin. monsieur. Pour moi. L'instruction de la police ne peut Kinck. il ne pou- Si vous connaissiez comme moi ce pauvre Gus. Charles. et ses L'employé qui connaissait un peu Gustave . Recevez. et coiffé d'un chapeau de feutre Chemin de Fer du Nord. Celui-ci dé. 7 h. je termine en vous répétant que le père Dans la journée. qu'une prompte découverte gligence. C'est pour cela sans doute que Traupmann ne s'é- Comment se fait-il. se coller contre la joue. C'est une figure un peu Il n'avait pas de bagages avec lui. dit le notaire. Paris. puisque l'homme qui est des. 50. Il n'a pas l'ombre NBW-York. ont volé la procuration. » L'homme qui a été arrêté. pour parvienne à débrouiller cet imbroglio de crimes dont lui demander comment il se faisait que ses lettres on ne trouve pas de précédent dans les annales judi- ne fussent pas de sa main. j Trois ou quatre jours plus tard une lettre chargée il était en rapport d'affaires avec Kinck. 37. qu'il a été tué. tenu par M. un individu vêtu d'un paletot et d'un panta- Ce qu'il y a de plus curieux. ils doivent jeter un grand jour sur cette af. curieux . La jour- elle ne s'en cachait pas à ses voisins. Elle fut rassurée quand la prochaine lettre lui ap- ciaires. j'ai lu qu'il avait l'air d'un petit jeune flânent autour de la gare qu'on le conduisît à un hô- homme. Je ne peux arrivait à la poste de Roubaix à l'adresse de Gustave pas y croire encore.es pauvres amis. c'est . monsieur. Maintenant. ont voulu voler de vue crut reconnaître qu'il y avait une substitution la lettre chargée. Il lui dit seulement : « Repassez avec votre cendu à l'hôtel du Nord n'est pas lui. Il a les cheveux presque domicile. avoir laissés au chemin de fer. Brion. parlons de Traupmann qui a été ar. si en effet Jean avait fait | Quatre ou cinq jours après. je ne peux pas admettre qu'il ait Guebwiller avec une procuration de Jean Kinck.. prix des propriétés vendues. fausse ou bien était volée. car. tailleur. par Mme Henry. le front des méplats. dernier à l'air âgé. avec de fausses le fit entrer dans une pièce du fond et alla chercher procurations. ont fait venir la famille à Paris de personne. tel où l'on parlât allemand. au contraire. On dit qu'il est mince et mou de couleur grise : il demanda aux gamins qui plutôt petit. 1 sace. ras. sans cette né. de retrouver la vérité. Mercredi 22. monsieur.

depuis mardi. » son consommateur. Et Wolf se leva. » dit Wolff. de Paris. Wolff — nous port. tranquille en apparence. En entrant dans le débit de M. Il a en effet un accent alsacien très-prononcé. dont il ne but que la moitié A onze heures et demie et quelques minutes. qu'il paya en faisant Il faisait jeudi sa tournée. vous allez me suivre au dépôt de sûreté. demi-bouteille de vin. pour un potage et un lit. montant à 6 fr. n'entendit rien de la conversation. accompa. Le train avait un peu de retard. j'y suis depuis deux jours. .. — — Je veux bien. et mie dans le café. face du quai de Lille. Le garçon. à la table de l'entrée à compter une somme de trois — Oh! je comprends un peu le français. — allemand à Thérèse Holiander qu'il allait chercher non qu'il conçût le moindre soupçon.. et — Et qu'est-ce que vous venez y faire ? — Chercher du travail. 20 ou 25 c.. Pour qu'on établisse votre identité. Mais ils lisent les journaux. — Ici nous le perdons un instant de vue. c'est-à-dire — Il vous faut un passe-port. » agents de la sûreté. mais parce que à se placer comme tailleur. il se rendit dans sa assassins a été envoyé à toutes les autorités militaires chambre. Nous retrouvons la piste de Troppmann que nous o'né de haricots verts — une portion de gâteau et une ne quitterons plus maintenant jusqu'aux aveux. mais déjà Et il s'aboucha alors avec de jeunes marins du un peu troublé. 37. d'ailleurs. tous les points l'hôtel : d'embarquement des côtes sont surveillés par des « Bonsoir. Voilà le menu de son cherche presque constamment quelque émigrant sur repas : qui plane un soupçon. mais il cents francs. n° 8. les gendarmes de la marine n'ont pas reçu Le jeudi 23. disant que la veille il avait passé la nuit dans un hôtel de la capitale qu'il n'a pas désigné. pour s'enquérir des formalités à remplir en vue l'appellerons ainsi jisqu'à nouvel ordre — Wolff de son embarquement prochain. il fut C'est à neuf heures environ qu'il sortit. que nous ne pouvons plus le suivre à une minute — Depuis quand?. dit en riant à sa demoiselle de comptoir : tricorne d'un gendarme sur la porte du débit. et dormez bien. Il se plaignit de la cherté des hôtels « Vous êtes étranger au Havre? luidemanda-t-il. où. qui tenait les chopes. Si vous n'avez pas de papiers. dans le département de la Manche. rue Royale. pour le garçon. il y passe Il y a dans la maison une domestique allemande. tention des autres personnes. occupé lemand. Cela attira si peu l'at- — — Tiens! je croyais que vous ne parliez que l'al.. côté. Le gendarme dit quelques mots à Wolff et on les Je le suis. — Ça ne me regarde pas. il descendit vers huit heures et de. disant en tout d'abord frappé de la physionomie de Wolff. vit sortir tous deux sans bruit. Il demande deux chopes. lorsque apparaît le çais. » « C'est trop cher. et est né à Saint-Germain-sur- Il fuma paisiblement un cigare et demanda sa note. fit vivement le voyageur. vrage comme tailleur. cher et se prépare à les déboucher. ne s'aperçut même pas de la sortie de ne m'est pas très-familier. non dans le corps de logis où il avait et départementales.. il a trente-trois ans. Nous savons cependant qu'il n'a pas cherché d'ou. regardant sa tournure un peu bo. se fit servir une tasse de café au depuis cinq jours tous nos confrères ont reproduit le lait. ports d'où il est le plus difficile de partir. « J'ai été volé. n'en a pas besoin. connu Mme Henry mit le reste de côté pour le repas du sur les quais et facile à retrouver. cette communication. Pour voyager en France on près. mais sans rien laisser lots retardataires et les ramener à leur bord. boissons tenu par le sieur Mangeneau. a qui tout fait dans ce dramatique épisode de l'arres-' En montant se coucher il salua ainsi les dames de tation. avec ordre d'arrêter tout indi- mangé. madame. à laquelle il demanda dans sa raides en matière de passe-port. et supposant qu'il ne comprenait pas le fran. questions assez banales. mais dans une dépendance de l'hôtel. Le garçon va les cher- nasse. que le débitant. il faut savoir que. pour recueillir les mate- changer une pièce de 20 fr. au rez-de-chaussée de l'hôtel. rue d'Édreville. « Ma foi. tre accompagné d'un novice de dix-huit ans. mais s'èst occupé à l'agence Pourquoi faire? Christy ou Capelle de son départ — pour l'Amérique. ce n'est que vers neuf heures du Il ignorait sans doute que le Havre est un des soir qu'il arriva à l'hôtel de New-York. » conclut-il. 57. Il but ensuite deux chopes qui lui furent servies presque au coin du quai Casimir-Delavigne et en dans le café. tant de monde que les autorités s'y montrent très- Thérèse Hollander. D'ailleurs on y re- langue qu'on lui servît à dîner. était venu à pied. A ce moment il n'était pas encore inscrit sur les Pour bien comprendre comment c'est le hasard registres d'entrée et de sortie. quante francs pour leur transport. — Oui. que le signalement connu des Et vers dix heures enfin. trouvé de l'ouvrage il reviendrait prendre pension dans la maison. il en- à peine. Ces agences demandent aux émigrants cent cin. sise à vidu suspect. Non. Mangeneau. et qu'aussitôt qu'il aurait sa figure lui était totalement inconnue.. qui lui furent Le gendarme dont il s'agit ici s'appelle Ferrand. adressées par un consommateur. il a bien l'air d'un tailleur. dans le débit de lendemain. Seuls. Un potage — un poisson frit — un rôti.. mesdames. Sèves. on lui avait présenté — Vous avez des papiers? une note de dix francs. Mme Henry. on remarqua qu'il évitait de répondre aux signalement de Kinck que nous avons donné.

avec les cheveux collés.Henri de Marseille. rêtent aux cris de Ferrand. baix — Paris » donnèrent l'éveil à Ferrand. — Le procureur impérial ? Fertand saute aussitôt après lui. Pendant qu'on s'empresse autour d'Hauguel. du jeune homme brun. avouait plus disparaît sous les chalands et radeaux amarrés là. tenez. éperdu. mais sa conversation. était amarré la Louisiane. se montrant bassin du Roi du nouveau bassin... n'ayez pas passé par Pantin ? » horrible à voir. D'un solide poignet. ancré au pied du rial. — Mécanicien. encombré de chaînes. viennent à fleur d'eau. — devant lequel non pas son interrogatoire.. se crampon- Autre indice : Wandergenbergue évitait ses re. courant autour des trois pavillons qui sont là — deux « Réellement. persiste dans son œuvre. à On voit à la surface les deux hommes qui se dé- l'œil enfoncé. « Comment vous appelez-vous? » L'autre hésite une seconde et répond : quets. C'est bien le — Parbleu! j'ai pris le chemin qui mène toujours faux Wolff que le calfat tient dans ses bras. évanoui. je suis forcé de vous mener devant lui. je le conduisais au dépôt l'avant de la Louisiane. non loin du radeau monté par Ferrand. il ne voit plus d'issue. reprit d'un air bonhomme : Moi! répondit le calfat Hauguel en se précipi- — « Ah çà1 vous dites que vous venez chercher du tant aussitôt sous les bateaux entre lesquels on voit travail. et Et d'une vigoureuse poussée il éloigne la barque. ruisselants Juste à ce moment.... Pantin. de camions. » flanc. dit du Commerce. veut le fuir. quai. On court Regardant plus attentivement Wandergenbergue. Le malheureux commettait faute sur faute.» fait gaiement — De Paris. dont la largeur est suffisante pour livrer pas. ça me connaît. il est devenu tout blanc.. Seulement celui-ci n'a pas de barbe. et non loin lement épouvanté. devait être abattu en carène. charpentiers. un fiacre de place venait sur sur sa face pâle. se jette à l'eau et — » « Mais je disais ça pour l'effrayer. le gendarme « Qui sauvera cet homme ? crie Ferrand. les deux héros de ce drame sur la jointure du pouce à. de ballots.. de mort. ment. route avez-vous prise pour venir de Paris ? C'est la main qui porte une plaie. il com. gereux... il chercher une gaffe de sauvetage qu'on leur jette. « Vous vous expliquerez avec le procureur impé. nant aux jambes d'Hauguel. il est rasé Une barque mal m an oeuvi-é e passe au-des»us de depuis peu. » le calfat. 'met celui-ci en danger gards à chaque interrogation il détournait les yeux. à tard Ferrand en souriant. — Et vous venez? — N'ayez pas peur.. à la main droite une blessure récente formant plaie Une seconde fois. vous n'avez aucun papier? occupés par les comptables des camionneurs du port. celui-ci noir. quelle l'attire à lui. Wolff celui remonte presque aussi défait que celui qu'il a sauvé..— Et cela l'a-t-il réel. « Arrêtez-le. Après avoir remarqué cette pâleur.. l'enlève et le jette sur le radeau. lui trouva un air de ressemblance avec le signale. . leurs têtes. — était en ce moment . Trois fois ils paraissent.. — De quel pays êtes-vous? Prenez garde c'est peut-être un homme dan- — ! — De Roubaix. nés.. Ces trois réponses rapides « mécanicien — Rou. entre le port et la barque de la sûreté tout simplement.. Êtes-vous bien sûr que vous veux. insignifiantes au gendarme. qui Ils suivaient la rue Royale et le quai des Caser. — trois fois ils plon- On approchait du pont Lambardie qui sépare le gent.. d'ancres. Ferrand voit encore cet oeil noir. hurle Ferrand. trouve un second gilet. mais dont ils ne se servirent pas. pontée de plaisance Hérisson du Havre. tout droit. » Ce dernier lance au gendarme un regard de haine — Le fait est que Ferrand n'a jamais pu le pronon. quel est donc votre état? de temps en temps apparaître le corps de l'assas- . et tourne en — — cer. Mais — indice effrayant — l'inspection rapide (c Tonnerre de Dieu !. «Waodergenbergue. crie Ferrand. battent dans une lutte suprême. trois-mâts frarçais.. de pa- La poursuite commence. couché sur le bien. marchant à côté l'un de l'autre. les nommés Malart et Conteur. sin. sans répondre à la question de Ferrand cherche sur la poitrine du mécanicien . mais l'assassin.. l'index. 11 Quel fichu nom 1. le gendarme « Et dites-moi donc.. et saute sur un radeau de calfat. *> - che du mécanicien une écorchure fraîche encore. — Si. fait le gendarme. Jusqu'à ce qu'enfin une main.. Chemin faisant. — Oh! je crois du sloop Gustave. Oili. et aussitôt. qui Ferrand prend le trottoir de gauche. lu dans le Figaro.. L'assassin. demandai-je. Hauguel se dégage de cette étreinte. et découvre en- ... vous al- qu'il passe lui permet de remarquer à la joue gau. ces lettres. Deux hommes. mençait à perdre la tête. » l'autre par celui de la corporation des brouetliers du C'étaient des lettres en allemand qui semblèrent grand corps. c'est un assassin. de droite. le gendarme Ferrand continue •— Cet endroit du quai de' Videcoq.. et ne lui parurent pas Traqué par les douaniers et les passants qui s'ar- constituer une caution suffisante. l'écume qui bouillonne à ses lèvres le pont. viennent en aide au sauveteur. à la moustache naissante.. il s'élance en courant sur le quai. et la bave qui coule le long de ses joues. sage à une seule voiture. lez noyer les deux hommes. et. malgré tout. Ferrand le saisit par les che- — Vraiment 1.

une somme de 8000 fr. et M.. en date du 18 septembre 3° Vente de la maison de M. au 2° Obligations par M. et Osterlinck à M. 1863. et Mme Kinck-Rousselle. du 20 avril 1861. au profit de M. Jean Kinck. 1° Acte de vente d'une maison sise à Roubaix. et Mme Kinck-Rousselle à profit de M. Kinck. Kinck-Rousselle. du 31 janvier 1861. de Me Délebecque. 17 et 20 dont voici le détail : avril 1861. au 30 juillet 1857. en l'étude Mme Kinck. de Roubaix. halle à M. demoiselle Danel et consorts. Vander- même notaire. des pièces trouvées sur lui. et Mme Cocheteux. pour 4° Adjudication d'une maison sise à Roubaix. I: eut pris connaissance . notaire à Lille. du 6° Une quittance de main-levée de M. 5° Adjudication d'une maison sise à Roubaix. en date du 30 juillet i 857. Cocheteux-Osterlinck à d'une valeur de 9500 francs. .

Ce matin. à huit rubis. por. remarque. Wandergenbergue. le pouls marquait cent vingt pulsations. et dit : tant les numéros 40 730 et 7791. et était — Tout de même. à gauche. Le fiacre s'est arrêté dans la cour de la prison. 7° Un dossier contenant douze extraits du registre le portrait de l'assassin et place au-dessous le nom de d'inscription de privilèges et hypothèques de Lille. brun. » saint Joseph est à ses pieds... Le médecin. » 47 44. Il lui serait. .. dont Kinck était sassin de Pantin..comme 12° Une montre en or cylindre.. porte le numéro 11 . lui parle. M. six heures. introduit dans l'infirmerie. L'homme représenté sur ce portrait est un fort 9° Un porte-monnaie en maroquin avec garniture beau gars. A cinq heures. après quoi on l'a transporté dans une voiture connaissance. Trouvé. où comptiez-vous aller ? l'assassin entrait dans la voie des aveux. sur la joue gauche.. K Laissez-moi. il se tourne vers A l'hospice on le place dans la salle Gabriel. Il demeurait aussi rue de l'Alouette. quel est son âge. trouvée dans la poche de Mme Kinck. dans un lit de l'infirme- tions de sinapismes et de ventouses qui arrachent au rie. accablé. un encrier.. Puis d'une voix rude : nier à droite.. harcelé. fait-il. » brèches. C'est du même métal. mais laissez-moi donc! » Il y a vingt-deux lits dans la salle. il la regarde. M. c'est bien comme ça qu'on dit qu'il est. Il demande à boire. avec chaton et clé « Mais ceci remonte à deux ou trois jours. tiste. arrive le juge M. au eux d'un ton suppliant : rez-de-chaussée. il a fallu qu'il ouvrît volontairement la de place. Deux gardiens ont monté. il y a peut-être quelque chose de con- un} pièce de 50 centimes et cinquante centimes en centré. délégué 15° Un p( tit médaillon à secret contenant un ca. A la fin. Un signe distinctif que nous li- times en billion et 200 francs en pièces de 5 francs vrons aux phrénologistes. Cependant la nuit fut relativement mande. mais détourne la tête et ferme les yeux. deux grains de beauté 11° Un foulard en soie contenant I franc 70 cen. Il est évident qu'il a l'autre est nouvellement promu. 14° Un pe tit peigne. Il se rencontrait avec boit. au premier. au meurtre de Mme Kinck. s'approchant du lit.. » le propriétaire. Fauvel. qui aide les malades à se soulever.. en dessous. Jean à l'estaminet des Amis réunis. Trouvé. Pour perdre laine. assisté de deux brigadiers: l'un. pariteurs — veille constamment sur lui. à l'air énergique en cuivre contenant une pièce de 5 francs en argent.. voulu se suiciler tout à l'heure. finit par une courbe rapide en roi des Belges. lui rend la cruche Il avoue avoir pris une certaine part spécialement de lait et ne parle plus. ne s'en serve pour s'étrangler. » dit-il chaque fois qu'on Le soir. en lui tendant une cruche en tout semblable aux ca. piers. hein?. fébrile qu'on craignait à chaque instant des acci- Mlle Waldy. n'est-ce pas?. et ne l'ont plus patient des hurlements de douleur : quitté d'un instant.. Le malade voit parfaitement ce que fait l'ar- 8° Un portefeuille contenant lettres et divers pa. et intelligent. la blessure de la main.. millésime 1860. dans le dernier bâtiment. ]3° Montr e savonnette argent portant les numéros A Pantin. pour l'instruction en l'absence du titulaire. le der. garni unique réponse.. le sien. bien difficile de nier. En vain M. puib Gustave Kinck. dans la physionomie. vide.... assez droit d'abord.— A New-York. Fauvel. la 10° Une ceinture en cuir. —les deux brigadiers assis sur une ban- bouche. une statuette de « Je parlerai demain. lundi matin qu'on vous a fait cette marque. dont la. juillet bière en Alsace.. faruuche. du reste. et août.0 et 43. M. « Laissez-moi tranquille. lassé. La dentition billion. le même que la pièce approchant de là naissance des cheveux. est un ouvrier mécanicien du nom — Voici du lait!. Fleu. Saulnier. quette de devant. Troppman — ceci résulte de ses propres déclara- nettes de grès à couvercles dans lesquelles on sert la tions — a passé à Roubaix les mois de juin. à manche blanc. et M. aux yeux caves. quand il daigne ouvrir la bouche. Kinck. c'est la façon dont le front. principale contient quatre est: «Laissez-moi!. lendrier en cuivre. l'as. le commissaire central. Saulnier le presse de questions. Faulin. dents cérébraux. Jolly. qui fait au crayon sures de la main et de la joue déjà signalées. son 16° Un cmteau-canif neuf. à sept heures. quelques heures après. tenant dans Un sergent de ville — ici on les nomme des ap. le juge d'instruction était « Vingt-deux ans. a prescrit des applica. la scène du port n'a On a roulé le malade dans deux couvertures de pas duré plus de huit à neuf minutes. le nez aquilin. M. — on craint qu'il est venu. Même silence qu'auparavant. voici . dit la femme pendant qu'il bien connu de Mme Kinck. » dit la concierge de l'hospice de Troppman. le soi-disant Kinck. car indépendamment des bles- ret. — Ef. M. de trois la nes. dont 31 pièces à l'effigie de Léopold II. au fond.. qui lui demande dans sa langue maternelle calme. Alors. ses bras celui dont on épiait chaque mouvement. Alsacien comme Jean Kinck. Le juge se retire alors. est superbe et parfaitement placée. vu sa jeunesse. étant sous l'eau. Jean Kinck. » De l'eau. en argent. le gendarme Ferrand. lèvre supérieure un peu mince. le malade était dans un tel état de surexcitation Cependant il répond plus doucement à la sœur. Préalablement on a enlevé la corde à poignée — A. appartenant à une riche famille a le. élève de l'École des beaux-arts. plus trois timbres-poste de vingt centimes. » Celui qu'on a successivement appelé Charles Wolff. Les internes font venir un de leurs amis.

c'est qtie. tégoriquement lorsqu'on lui demande si c'est ainsi Il est arrivé aussi un beau-frère de Mme Kinck. à bord de VHarmonia. L'un d'eux pi. le restaurateur Binet. Mais Morgue.. des exco. ville natale de Jean Kinck. NOUVELLES INFORMATIONS Il dit qu'on ne lui en a pas parlé à Roubaix. Il ne répond pas ca. où logeait Gus- Troppman dit ignorer absolument ce que peu. dit-il. dont un est soldat aux chasseurs à pied. parents. qui s'est. précipitamment vers la barrière. Rigny. peut-être. le garde de nuit de l'usine Cartier-Bres- vent être devenus les Kinck. Kinck. Lecocq multiplié par Gauler. de New-York. Jean lui donnait de l'argent. nous remarquons plusieurs nouveaux pour avoir pu utiliser aussitôt cette partie des aveux. tous les deux jours au Grand La raison de cette remise était l'arrivée à Paris et Café Parisien. sur le lieu du crime. car deux ou son garçon d'extra. Ce qui peut faire espérer que Troppman se dé- ternel. on l'a arrêté jeudi matin . habitant tous deux à Tourcoing. le Vert. Douet hasard. . il a remis leur sés à Paris. on a vu aussi le culti- Paris pour les confrontations. Claude est arrivé ce matin au Havre. Quand s'ouvrit la portière. les deux frères de Mme coup. ajoutait-il. lui. sur et s'il avait manqué ce départ.qu'on découvre sur sa main. demain. lui avait procuré les moyens de se sauver après le Ce sont MM. heures. vateur Langlois. du reste. se montrer avec une pelle et une pioche sur l'épaule Que diable! Il faudra bien cette fois qu'on sache aux gens qui se tiennent devant tous les cabarets de la vérité! la route impériale. se voyaient. fait des perquisitions son des départs qui ont lieu le vendredi. C'est ainsi. redescendit quelques minutes après aux Quatre-Che- ses déclarations sont pleines de réticences. à huit heures ritable nom Troppman. sur ses bras. cidera à tout avouer. Roussel. s'étant d'abord débarrassé. et dirigé par le père. ont pu C'est d'abord le conducteur de l'omnibus de la pousser Kinck à cet acte monstrueux? » Villette à Aubervilliers. Mais que pouvaient son énergie. Il a parlé aussi de l'histoire du cocher. pa. le port du Havre. entre autres. son." ensuite de « ja- <c ce fait : en quittant la maison du taillandier. un quart. La victime était marraine d'un famille Kmck-Rousselle sont en sa possession. Mais après leur avoir demandé noms. Il monta et saillante en dehors de la découverte de son nom . huit heures et demie. On pense que demain il y aura confrontation à la position. pas tout ce qu'il sait. vêtu d'un paletot moucheté. M. Soubras et Laurence. il prétendrait presque qu'il s'est trouvé là comme par L'INSTRUCTION. à Guebwiller (Haut-Rhin). tave Kinck. au milieu des cheveux. or. vendredi 24. Il ne dit mins. été activée en rai. il pouvait s'embarquer le sommet du front. d'Arcq a fait venir à son cabinet un certain nombre Troppman dit aussi qu'il ne sait pas où demeu. « Mais quels motifs. pré. Samedi matin. car Troppman déclare la certitude d'avoir le cou couDé. personnages. l'interrogatoire. en prenant cette voiture. Il faisait signe d'ar- D'ailleurs. Il est assez remis pour pouvoir être transféré à Chez le juge d'instruction. il ne s'est pas occupé Enfin. qui quittait le lendemain. de pa. le jeune homme s'est dirigé cissements. cette nuit. de chercher à sauver sa tête. également à destination raît-il. de plusieurs membres Il hésite à reconnaître que c'est Jean Kinck qui de la famille Kinck. son amour ma. M. le taillandier Rellanger. samedi. le propriétaire de une à la Morgue. et c'est la seule chose absolument rêter au conducteur de cet omnibus. témoins ont été conduits hier matin. — Hier vendredi. Gustave Kinck et lui Troppman. la mar. mît la main sur lui. par le juge'. prirent ensemble la direction de la rue du Chemin- compagné de deux agents. il était ac. vaillamment défendue. . Il est appelé à déposer sur Il a parlé d'abord d'intérêts. le second un jeune homme. qualités-et demeures. On parle également de deux autres Les lettres en allemand saisies sur lui par le gen. à six navires sont en partance pour l'Amérique. il était question des Quatre-Chemins. il doit y en avoir Ont comparu aussi. Un rédacteur du Figaro qui a.) — médité. prouvant qu'il y a eu lutte. » (HENRI COLONNA. il voudra sans doute spontanément—que le crime a été préparé. que profonde des ongles de la mère. Arrivé mercredi soir. qu'on doit expliquer que les titres de propriété de la cafetier à Roubaix. le la Fayette part 'pour New-York. qui a servi dimanche. individu plus âgé qui attendait sur la route. et ils M. que le premier est un véritable Porthos. évita de M. le. juge du Havre manquait encore aujourd'hui dé Parmi les témoins qui devaient être questionnés renseignements assez précis sur le plan de'ce quartier aujourd'hui. contre trois misérables acharnés à la tuerie. du Raincy. Il était temps qu'on. prénoms. l'hôtel du Chemin de Fer du Nord. On voit. et nous insistons sur la présence de ce té- des autres. riations des traces d'ongles entrés dans la chair. lui demande-t-on. avant le massacre du 20 septembre. Dans sa dé. Jean.ers dangereux pour la fuite. rait Jean Kinck pendant les quinze jours qu'il a pas. vers lousie. » mais ne peut ou ne veut pas donner d'éclair. celui qu'on suppose Mais il est aujourd'hui entre les mains d'hommes être Gusta-ve Kinck passa la pelle et la pioche à un devant lesquels il faut savoir tout ce qu'on dit. Ils audition à mardi. Ces darme maritime Ferrand lui sont adressées à son vé. l'avoir en compagnie. d'ailleurs. moin chez le juge. « ayant à peu près Nous disons trois hommes. de ses enfants. La surveillance avait. puis commis par Jean Kinck. ayant assez. est contre-maître de fabrique. de témoins. Mme Kinck et ses enfants. âge.

le. piste du père et du fils.. » n'est pas possible. Gustave Kinck est un bon fils . disait M. » Mais qui a tué Jean Kinck? Qui a tué Gustave Le jeune homme a filé.père. qui est venu presser le départ de la femme Kinck des cinq mille francs retirés de la Banque de Roubaix. les 5500 fr. auquel on attribue le crime.M. lui avait dit : Donc Gustave n'est pas brouillé. avec. voir. par des dé. et peut-être sont-ils morts. — Mais Jean Kinck a quarante-cinq ans. il veut commettre un la lecture des journaux. son frère. à n'en pas dou. pas vus. limonadier à Roubaix. parce que je suis blessé tuer sa mère. cela est certain. il ne res. s'est dé- Je poursuis mes investigations. papiers de son père. coupable que Gustave Kinck. Je n'ai pas la prétention d'être aussi fort que Et ils ont une analogie singulière avec le signa. n'aurait pas bu un verre de bière sans en demander D'ailleurs Mme Kinck a été trompée par les soi- la permission à sa mère. par Voilàun singulier criminel. que Gustave qui voulait s'établir à Guebwiller. » depuis longtemps. annonçant à son père l'envoi ter. Mais Mme Kinck a reçu de l'Alsace et de Pa- était à l'hôtel du Chemin de Fer. fils respectueux. la plaine des Vertus.. C'est toujours son signalement. il avait deux montres sur lui. Kinck père a quitté sa maison. A Roubaix encore. d'une blessure que Jean Kinck se serait faite au bras Comment donc a-t-on pu s'emparer des papiers du en luttant contre ses victimes. D'ailleurs. d'elle. parti avec son fils pour Guebwiller. et dans laquelle il dit : Le ménage Kinck vivait en paix. n'y manque pas surtout. exigeaient toute cents francs? — Je m'enquiers. Et. il voilà tout. où on ne les a Il y a longtemps qu'il n'y est venu. Un enfant de seize ans avoir autant de férocité. ont fait fausse route. jeretourne à Roubaix. et je retrouve la trace de Kinck père. tails assez émouvants.. et comme. des papiers apparte- Gustave Kinck a décidément seize ans. bercer la petite Marie. J'apprends que cidée à grand'peme à suivre les idées de son mari. » simple. Quelques nuages D'ailleurs. et que l'homme de Guebwiller. l'ainé des fils.sa mère. est celui qui s'est présenté à l'hôtel du Chemin de Dans ma conviction. me voici à Guebwiller et je prends des ren. « ? pas un père et un fils qui ont exécuté le massacre de — Oui. je me rends bien compte. . comme on l'a « Pourquoi emmenez-vous vos enfants à Paris? prétendu. c'est sa Mais si l'on n'a pas vu M. L'homme arrêté au Havre se nomme Troppman.. et pourquoi un étranger s'est-il affublé Gaulois. et ne s'en est séparé que depuis quelques' — Oh! non.arrive à la même conviction que le correspondant du père Kinck. Le directeur a répliqué : Ah ! quel poids de moins sur le cœur si ce n'est Êtes-vous Jean Kinck . c'est lui. sa petite sœur. il aura tant de bonheur. francs sont toujours au bureau de poste. mon mari sera si heureux de les jours pour suivre son père. où il est né . reau de poste. et je ne crois point avoir la logique lement de l'homme de l'hôtel du Chemin de Fer. il est seignements sur Jean Kinck. d'avance une culpabilité de fantaisie pour dérober on me confirme tout ce que j'ai appris en Alsace — la sienne. Jean Kinck n'est pas plus Fer sous le nom de Jean Kinck. en prenant la bureau de poste de Guebwiller. de Roubaix. où j'arrive. — Les cinq mille la nichée. qui a touché les cinq mille cinq Les lettres fausses demandaient. originaire de Roubaix. Et mon opinion est désormais formée. il est resté toujours auprès allez-y seule. on les a refusés à un et que son signalement ne correspond pas à celui qui intrus. Jean et Le directeur de la poste de Guebwiller a reçu la Gustave Kinck ont été dans l'impossibilité d'agir visite d'un jeune homme de vingt-deux ans qui lui a depuis leur départ de Roubaix. qu'il n'a que seize ans. « Apporte un jouet pour Achille et une poupée point de motif de jalousie. à Roubaix. elle Kinck. ils ont été les victimes d'un Voilà donc un fait acquis. A Paris. il a dans ses déclarations parlé — parler de lui dans les meilleurs termes. on cite de l'hôtel du Chemin de Fer. mari un bon ouvrier. Jean Kinck n'a été marié qu'une fois. et tout le monde s'accorde à chose remarquable. Là. il a dit qu'il était complice du semble pas à l'homme de l'hôtel qui s'est servi dés crime il avoué : a une partie du crime de Pantin.. je retrouve la trace de l'homme D'ailleurs.je n'ai plus assassin habile se préparant un alibi ou plutôt créant rien à faire à Guebwiller. C'est le modèle des bons sujets. la mère était une femme pour Marie . main étrangère : «Je me sers de la main d'un ami. on le voyait tous les jours entre eux à propos de changement de résidence.nant à Jean Kinck . pas été touchés à Guebwiller. point de jalousie. viction est qu'ils ont été assassines. que personne n'a vu Kinck sextuple assassinat et il cache ses fonds dans un bu. Ils ont disparu com- demandé les cinq mille cinq cents francs envoyés à plètement. Kinck à sa femme.. Ainsi l'homme de l'hôtel du Chemin de Fer du mais j'ai la conviction que tous les journaux. ris différentes lettres de son mari écrites par une Pour le coup. Ma con- Jean Kinck. avec douleur. a répondu le jeune homme. d'Edgar Poë dans l'assassinat de la rue Morgue. ici une lettre de lui. pour Paris.n'ont est l'enfant de Mme Kinck. disant lettres conjugales. des allures du fils Kinck? Enfin. ma raison se détraque. Lecocq. le Fi- Nord est le même que celui qui s'est présenté au garo en tête. mais pas assez vite pour Kinck? Pourquoi les a-t-on tués? que l'on n'ait pu voir ses traits. a envoyé les 5500 fr. sa famille.. — non ! cela au bras. je veux l'exécuter. tendre. ses frères. Kinck père à Guebwiller volonté. — La mère.

peut-être enterrées au coin de criminelle avait pour but de s'approprier les biens quelque bois. Troppman a pu rêver le succès.victimes. on peut supposer que toute la machination premières. car le criminel devait être pèces leurs immeubles. * Troppman a joué le double rôle de Jean et de Si même on veut élargir le caractère de Tropp. l'analogie dans les inventions le prouve. où il les a attirées dans un piége iden- de la famille Kinck. deux premiers crimes. pour Si Jean Kinck n'a été blessé que dans la lutte de avoir son argent. il a attiré Mme Kinck et ses Mais la logique se resserre sur le champ du crime. pourquoi n'écrivait-il pas lui-même à sa de Guebwiller. tre des papiers de la famille Kinck. des L'homme du Havre doit être celui qui a écrit les enfants Kinck. .. une fuite facile en Amérique. et aussi pour qu'il n'écrivît pas à sa mère que le l'impunité. de Gustave Kinck et de Jean Kinck. il s'est affublé de la peau de ses man. il réalisait en es- Pour cacher son crime. lettres. tique à celui d'Aubervilliers. on analogie d'inventeur. Gustave Kinck . ' lui a fait croire que son mari était blessé au bras. maî- père avait disparu. — les cinq mille cinq cents francs Pantin. femme ? et comment pouvait-il prévoir qu'il se bles. de l'intimité de la famille Kinck. Troppman doit être l'assassin de Mme Kinck. Pour motiver une écriture étrangère dans les let. pour cacher les Sur ce champ.. la supposition est libre. Il a tué Gustave Kinck peut-être parce que ce serait au bras ? Il y a là un mystère que je dénouerai dernier se serait étonné de la disparition de son père. par l'aphorisme suivant : Analogie d'invention — tres adressées au nom de Jean Kinck à sa femme. Il a commencé d'abord par tuer Jean Kinck. d"où. enfants à Paris.

la fortune. 12. restes mortels de leur malheureuse sœur et de leurs Il recevait les lettres et il y répondait. dans le cabinet de M. mais ils n'avaient pas songé à cette différence On nous transmet une indication qui tendrait à de teinte de la terre. Là. tenu par M. beaucoup plus intriguée que moi parI Faubourg-du-Temple. des sillons comme ceux que produisent les dents d'une que Troppman a tout fait. Durand. souvenirs. Ils venaient de Roubaix. je me rendis enfin -. un jeune homme disant se nom. terres étaient partout détrempées . était a Comme l'heure était assez avancée. francs. mon atten- de Jean et de Gustave Kinck par Troppman et son tion fut attirée par une teinte différente que l'on re- complice ou ses complices. je fouillai encore une grande activité. mais. Je remuai un peu assassinés depuis longtemps. . L'instruction judiciaire se poursuit à Paris avec je trouvai alors un bout de foulard. justice. La mission de la justice se résume donc à ceci: où existait la fosse. lorsqu'après son immersion il a cousin des victimes. et que Troppman a oubliées dans un tiroir de gue. les « M. infortunés neveux. comblé la fosse. on le voit partout et toujours. Douet d'Arcq. j'aperçus des traces de sang. les magistrats et cité. et commençai mon travail. pas curieux. eh bien! tu devrais prendre la bêche cc gny. ils prenaient un Bellanger. et Après quelques hésitations. Voici les incidents auxquels d'àutres témoins ont tave Kinck ont été tués avant Mme Kinck et ses cinq participé : autres enfants. Les pauvres gens ont eu la plus grande peine l'instigateur du crime. j'ai épié le crime sur les bancs de les habitudes. puis ils se sont di- Maintenant Troppman a-t-il des complices? rigés vers la Morgue. Sur le conseil du gardien. pu parler. Mais pourquoi. Le journal des Débats donne et j'aperçus une oreille et des cheveux. toi qui n'es à l'hôtel du Chemin de Fer du Nord. sente lorsque le meurtrier vint dimanche faire son Les parents avisèrent un gardien et insistèrent acquisition. à qui J'ai lu tous les mémoires sur la police. du monde à maîtriser leur émotion profonde. mes toute la famille Kinck. les L'absence des deux criminels supposés et leurs an. je retournai vers la pièce de mer Jean Kmck est allé vendre. En me dirigeant vers ce point faire croire que Kinck père et Kinck fils ont pu être noir. la logique. raconté comment Je me résume : il avait été amené fortuitement à découvrir la fosse La profusion des blessures prouve qu'il y a eu qui contenait les cadavres. horloger. ils se Troppman était si bien l'âme de toute cette ma. rien d'extraordinaire. et tués par les mêmes mains. Ri. boulevard Denain. Le cultivateur Langlois nous a. femme elle-même ne voulut plus regarder. la terre là-bas! » « Cette montre est entre les mains de la justice. j'àrrivai avec ma femme pour labourer un champ Eh bien! ce mystère. Je bêchai assez profondément. Le juge d'instruction a entre les mains toutes les paraissait surtout les préoccuper. la terre avec le bout de mon pied . Ce qui M. jpette somme de quatre-vingts francs a été payée me dit tout à coup : ce Tiens ! vois-tu. Ma Les deux frères et le beau-frère de la dame Kinck. le juge d'instruction Douet d'Arcq. c'était de savoir si lettres que Mme Kinck écrivait de Roubaix à son on allait pouvoir les conduire tout de suite à la Mor. de leur famille. _après avoir cadavres de Jean et de Gustave Kinck. le metteur en scène.' en indiquant qui ils étaient. désir de ma femme. se faisant t qui se trouve dans notre voiture et fouiller un peu appeler Jean Kinck. émotion il a tout fait. mari. tandis trois membres de la famille Kinck étaient accompa- qu'on n'aperçoit nulle part Gustave et Jean Kinck. —c'est l'assassinat préalable voisin de celui où le crime a été accompli. pour quatre-vingts terre que j'allais herser. vendu la pelle et la pioche à Gustave Kinck. quand lundi matin técédents indiquent un mystère. Rigny. le passé et le caractère de la cour d'assises. Nous ap- qui avaient été mandés par dépêche télégraphique. auprès de lui pour parler immédiatement au procu. ces traces de sang et cette terre fraîchement remuée. l'auteur. et plus je consulte ma raison. marquait dans la partie du champ fraîchement remuée. ceux-ci sont revenus au palais de nations ont jeté la police et les journaux. et Troppman. Le magistrat instructeur avait assigné également reur impérial. gnés par un soldat du 18e bataillon de chasseurs. qui gagnait les quelques personnes présentes. Ma foi! à ce des renseignements précieux : moment. on sait le reste. sont rendus à la police de sûreté. Ci Le dimanche il avait plu toute la journée. Il est eu lieu. au cc devient une pièce de conviction. rue du Ma femme. toutes les ils ont fourni des renseignements très-détaillés sur causes célèbres. ainsi qu'une dame qui se trouvait pré- les employés du parquet étaient absents. plus je crois que Jean et Gus.il veut profiter de l'erreur où ses machi. pelâmes un cultivateur qui se trouvait non loin de là. ayant été Chemin de Fer : informé de l'arrivée des frères de la dame Kinck. Les D'ailleurs. 21. Troppman est-il avec mon mari? » a mandés ce matin à son cabinet. où ils voulaient dire ua dernier adieu aux sa commode à l'hôtel du Nord. une triste confrontation a Troppman a vécu à Roubaix près des Kinck. Faire avouer à Troppman le lieu où il a caché les œ Les meurtriers. une montre chez M. y était descendu. » En descendant de la gare du Nord. ancien employé du greffe du tribunal. le taillandier de la rue de Flandre qui fiacre et se faisaient transporter au palais de justice. je sentis un froid me venir à la tête. par ce qui précède. herse . 4 des complices. chination — que Mme Kinck a demandé à l'hôtel du M. arrivaient hier soir à Paris. ou le meurtrier. lui aussi. a-t-il accusé Jean et Gustave Kinck ? Les cadavres ayant été reconnus par les membres Parce q 1. avaient pris la précaution de faire Il est prouvé jusqu'à l'évidence. ne trouvant Le 6 septembre.

Il est donc à croire que l'affreux drame du 20 sep- faire de Pantin. tembre a été préparé longtemps à l'avance. au moindre reproche. 'Mme Kinck et ses enfants ont. était également cité. alors qu'un où plusieurs Des ordres ont même été donnés au directeur du autres dissimulaient leurs traces. . mandé le nommé Kinck. Jean Kinck. Elle s'est recevaient une éducation convenable. deux ans et un mois. on lui a répondu que pas même de discussions. si cet enfant de dix-neuf ans.annonce à ses trois autres frères qu'il va. âgée de quarante-cinq ans. de simples ouvriers. besogne qu'il fallait faire résolûment et vite. mère. mère èt les cinq enfants. venir les prendre. était sorti du collége. le résumé de la première enquête. où même à cent cinquante mille francs.. à vrai dire. mais qui est sa petite sœur de deux ans et son plus jeune frère. a Ces indications font nécessairement supposer que conduit les victimes là où elles devaient trouver la . Henri. ils sont montés dans francs. puis au collège. après avoir déposé ses bagages dans sins. préfecture de police pour recevoir l'homme cieusement la fosse qui devait recevoir six victimes arrêté. à l'époque de leur ma. douze ans. ainsi qu'on l'a dit par erreur. venaient ensuite Émile. et qui a vu les six ne paraît pas douteux. si craintif. Le veilleur de nuit de l'usine autre plus habile et plus résolu qu'un instrument. dimanche dernier. paye le cocher et lui dit qu'il tion . Mme Kinck. le RÉSULTAT DE LA PREMIÈRE ENQUÊTE père. qui a entendu des cris pendant la subissant la volonté qui le dominait et acceptant tous nuit du dimanche au lundi. Kinck n'était pas dans l'hôtel. laborieux. dur au ture la direction de la route de Pantin. côté du cocher . son émotion se manifestait d'une demi-heure. la résolution et l'habitude du crime Nous croyons utile de reproduire un article du a peut-être semblé nécessaire au père Kinck pour Droit qui donne un résumé complet. il n'a été entre les mains d'un victimes dimanche. huit ans. on s'était habitué à mé.' On assure que le procureur impérial de la Seine nés par le fils et le frère de ceux qui avaient été con- a reçu plusieurs dépêches de ses collègues de pro. mais. sans le savoir.crime.peut s'en aller. leurs enfants. les conduire là où tous devaient être assassi- des circonstances qui se rattachent aux épouvantables nés. at- matériels acquis par l'instruction. tout jeunes ils dirigée immédiatement vers l'hôtel du . doux. Achille.trois autres enfants. Ceci dit sur le rôle qu'ont dû jouer Jean Kinck et riage. née à On la retrouve avec ses cinq enfants à la station Tourcoing. dans peu sel. Cartier-Bresson. à cent et le chemin de fer. six ans. ou. L'aîné des fils. fait descendre de la voiture sa. dans les moyens préparatoires et au travail. Il part. le fils aîné. selon quelques évaluations. vince. dement et par des bras énergiques. par leur intelligence et leur économie.conducteur prendre le chemin précédemment par- nable. Gustave Kinck pouvait bien servir pour l'exécu- Aujourd'hui. Le cocher voit les trois enfants et leur nager la sensibilité de cet enfant par trop impression. mier lit. C'est. car elle n'a pas reparu à l'hôtel. de la classe ouvrière dans la classe mairement les faits. était âgé d'Aubervilliers. l'affaire entre dans une nouvelle tion des moyens préparatoires. Là. aussi. ori.Chemin de Fer étaient mis en pension. placée en immeubles s'élevait à quatre-vingt mille à midi cinquante-sept minutes. ce qui aujourd'hui chez qui logeait Gustave Kinck. par leur assiduité Gustave Kinck. qui devaient leur être ame. précis des l'exécution d'un forfait. homme de dix-neuf à vingt ans. elle a dû trouver dans la rue la personne La famille se composait du père. damnés à la mort par une volonté inexorable. après y avoir fait Ces faits sont certains. dans la famille.propriétaire de l'hôtel du Chemin de Fer du Nord. le jeune homme fait prendre à la voi- Kinck le père était économe. déclaration faite par le cocher qui. travail et d'un caractère ferme et énergique. qui se trouve près de la station. Les époux Kinck étaient. pas de querelles. est sortie avec ses Roubaix. Al. revient au bout cès. clair. Leurs enfants Mme Kinck est arrivée à six heures du soir. sonne. qui devait être exécuté rapi- faits de l'horrible crime de Pantin. Gustave Kïnck. leur petite fortune assisté à la messe à l'église Notre-Dame de Roubaix. nous allons exposer som- étaient passés. il issu du mariage de Jean Kinck et d'Hortense Rous. il a pu acheter la phase . les périls de l'entreprise. à l'époque du crime. il importe donc de bien établir les résultats pelle et la pioche qui a servi à creuser la fosse. elle est abordée par un jeune de dix-neuf ans et demi. mais il n'était pas de taille à exécuter la grosse crimes commis sur le territoire de Pantin. qui les fait tous mon- treize ans. Marie-Hortense. savam- ment organisé et mis à exécution par Jean Kinck. qui n'était pas d'un pre. Son intelligence était peu développée. a pris part au . enfants . bourgeoise. et peut-être aussi par un troisième personnage. timide à l'ex. ils dans l'exécution du crime. En effet. et qui prend place sur le siége à fred. puisqu'ils résultent de la de médiocres études. de la mère. et il couru. accroupis et le poignard à la main. ereusaient silen- dépôt de la. était d'un caractère placide.qu'elle demandait ou quelqu'un envoyé par cette per- ginaire d'Alsace. la agents de la sûreté. Hortense Rousselle. dont le calme. A un certain endroit de cette route. il y a un an. La meilleure du Nord. tirer dans le piége qui leur était tendu sa mère et ses Nous croyons pouvoir rendre compte avec détails frères. et jouissaient d'une excellente réputation à une chambre qu'elle a retenue. dès que celui-ci sera amené du Havre par les et attendaient. âgé de cinquante ans. ils étaient affectueux pour M. il dit au co- Gustave Kinck. jusqu'alors si timide et mort. disposés à rendre service à leurs voi. fait descendre de la voiture les par la coloration de son visage et une grande émo. elle a de- intelligence régnait dans le ménage. fournissant des renseignements relatifs à l'af.ter dans la voiture.de temps. qui les a amenés à Paris.cher d'arrêter.

DEUXIÈME PHASE DU PROCÈS - Réflexions sur l influence des romans judiciaires. c'est lui qui les sorti de son orbite et pend sur la figure . et l'on peut dire qu'el- suite d'une. il ne cherche pas. indisposition de la petite fille. Ce courage. je me l'imposerai. —Le directeur des postes de Guebwiller. la LE ROMAN JUDICIAIRE ET L'ASSASSINAT honte de le confesser. il s'ap. — La majorité des écrivains de notre lit- vailler. au contraire. L effroyable massacre de Pantin comble la par les maîtres contemporains Victor Hugo. . . Jean Kinck et Gustave Kinck avaient longuement pour provoquer leur arrestation par leur présence préparé le crime. et on était autorisé à Jean Kinck avait fait un voyage en Alsace. où doivent se rendre sa mère. . un troisième a reçu le coup Bardot. muler son individualité. La terre est enl'evée pioche et d'une pelle. ne s'ont pas affaiblies. George Sand. les maquilleurs de guillotinés. il est vrai. et participé l'un et l'autre à son lors de la découverte des cadavres. plaine de Pantin a été le théâtre? Nous croyons pou- - Si Kinck père apparaît peu dans les actes prépara. démie de crimes sanglants qui désole et déshonore tions. Balzac. tion. et ses intestins sont sortis du corps. été retardé par cerne. Paris. il nom de Kinck. Troppman à la Morgue. à six heures du matin. mesure. —' Découverteduseptième cadavre. à Roubaix. il était revenu à Paris. - exécution. Henri Cauvain. — - État civil de la famille Kinck. en prenant. je le subirai. un autre a la figure criblée l'épaule. la terreur peinte sur son visage fait On a dit que les deux assassins étaient restés sur supposer qu'il était encore vivant lorsqu'il a été pré. et nous nous engageons pour notre part à tra- notre pays. Le voyage du Havre à Paris. en ce qui les con- des cinq enfants. mais ont-ils déterminé sa mère à ajourner le voyage de Paris été les seuls actèurs de ce drame terrible dont la jusqu'au rétablissement complet de son enfant. gurer ostensiblement dans tous ces actes. cette Nous considérons comme un devoir de conscience honte. — Confrontation. Kinck fils fi. autant qu'il sera en notre pouvoir de le faire. Ce départ: avait. sur ce point de lumineuses nouvelles à l'instruction.. car il donne à l'hôtel son proche. Jusqu'à ce jour on avait cru. c'est lui qui retient la voiture du cocher de coups de couteau . c'est lui Les faits qui se sont réalisés au Havre ont apporté qui. le lieu du crime et qu'ils avaient assisté à l'examen cipité dans la fosse et recouvert de terre. et l'on com- éventrée. térature courante ne trouvera rien à glaner dans les à diriger le goût de la lecture des classes ouvrières champs de l'imagination pure. que les assassins étaient au nombre-de deux. une heure du matin. je l'aurai. de reproduire les réflexions pleines de sagesse de Nous. un qua. le châtiment d'en prendre sa part de responsabilité. un paysan se va retenir une place dans l'hôtel du Chemin de Fer rendait à son champ pour le herser. d'ailleurs. lès preuves de culpabilité. son embarras sont remarqués par ceux auxquels il s'adresse pour cette davres. ce châtiment. et le commissaire de police. les assassins l'ont Cette nouvelle est complètement inexacte. - Il faut que l'un de nous ait le courage de l'écrire. qui se présente à la station d'Aubervilliers de couteau dans l'œil et dans la gorge : l'œil est pour recevoir sa mère et ses frères. et empreintes d'amertume. Fré- . le prénom de son père. des mœurs ou de l'a- vers les livres utiles. son trouble. et on extrait successivement de la fosse les six ca- La mère a reçu vingt-deux coups de couteau ou de acquisition . mais il porte au trois a. Alexandre Dumas. son fils Gustave était venu le et que ces assassins étaient Jean Kinck et Gustave rejoindre quinze jours avant le départ de la mère et Kinck. Le champ des na. qui avait les laissent bien peu de place au doute. il écarte la terre et s'empresse de prévenir C'est lui qui le dimanche à huit heures du soir. vers les publications capables nalyse des passions. la rue de l'Alouette. et que le vendeur est poignard. Nouveaux renseignements. — Arrivée à Le champ de mort. Eugène Sue. à dissi- ce remarque que un la terre paraît avoir été fraîchement bêchée . prend facilement que. on voit. mère lorsqu'elle a été frappée . fait monter en voiture et les conduit par groupe de trième a un seul trou dans la tête. glanté . que suggère dans le Figaro à ce publiciste le CRIME PANTIN . mais croire. les poé- M. l'endroit où il sait qu'ils doivent être assassi- cou un lambeau d'étoffe qui a dû comprimer ses cris nés. ..vets. dans ces champs déjà récoltés de leur donner une éducation virile et démocratique. les assassins n'ont pas été assez moins ont établi dès le début de l'instruction que stupides pour passer la nuit sur le lieu du crime. avant d'arriver à du Nord. l'undes enfants a le crâne fracassé et la obligé de lui dire que de tels objets se placent sur cervelle s'en échappe. tiseurs d'assassins. La prison. il indique éomme étant son domicile tire le liage et constate qu'il est complètement ensan. aperçoit sortant de la terre un linge blanc. nous nous associons à DE nous sommes pour beaucoup dans l'abominable épi- ses généreuses émo. tout ayant été terminé avant Quels étaient les assassins? les déclarations des té. . Le lundi. — A Mazas. les romanciers de cours d'assises. ses frères et champ. qui se rend immédiatement non loin du théâtre du crime. il est tellement ému qu'il' ne sait com- ment emporter son acquisition. —La tante de Kinck. Gustave Kinck: — Départ du Havre. fait l'acquisition -d'une 'sur le lieu qui lui est indiqué. il dans terrain contigu sa petite sœur. et l'étrangler . La petite et à la découverte de l'une des victimes par le paysan fille de deux ans était sans doute dans les bras de sa qui a fait la découverte du mouchoir ensanglanté. voir aujourd'hui répondre négativement à'cette ques- toires du crime.

si connus du « pâle voyou. que ce qui entre brutalement dans son cer. la victime apitoie un peu. car nos hideuse vérité.. » entendement déjà obscur. et audace indomptable. mais en vant sa crapuleuse débauche à la hauteur d'une grandissant ainsi et excusant presque son bonhomme. qui ignore les » tragiques infortunes du chevalier de la Barre Cette prétendue cause célèbre. nous en pervertissons son dans le panier. intéresse bien davantage. étant moutards. ou de Lally-Tollenda. nous lui faisons regretter . nous en empoisonnons la conscience parents ou nous. la légende des grands criminels étroite. et trop sursemés par leurs disci. ques que des personnages marquants de nos moder- Aux bas-fonds sociaux grouille. inné. rer. que ce qui tombe d'emblée sous sa conception Dans ces milieux. déplorable mensonge de notre plume qui enjolive la dont le souvenir est resté vivant escarpe pour nous. son amante. avec des détails homme excéptionnel. se transmet de père en fils. Oui. semée d'incidents roma- Aussi comprenez donc : « En voilà un qui va nous nesques. ce les mémorables aventures de cet fameux. le sentiment nes annales.. l'avons vu ètemuer déjà malade du lecteur.l décapité? rompu tifices de notre invention. dans trier. etc. ils y sont plus histori- cle coutumier de goûts et d'instincts grossiers. qu'arrive-t-il? Le lecteur ne puise. éle- que nous ne connaissions point. mais le meur- Aussi. On y préfère frémir à pleu- ples. déric Soulié.. parfois en héros superbe.. sacrant sa largue. 's étude. en blaguant pas mal. fulgurante passion. transformant son monstrueux sujet en jaspiner tout au long. faussée par les ar- vif. s'il dispute ardemment sa tête à la loi venge- la littérature devenue son amusement et non son resse. Sans remonter à Cartouche ou à Man- de l'admiration pour tout ce qui est révolte sauvage drin.

à l'Antony. n'était. dominante. Hadel- perverse. mais du sceau terrible des parricides ! il ne put justifier de son identité. Cepend-ant. en ambitieux à la Richard d'Arlington et en amoureux Eh bien ! le point de départ de ses horribles combi. et qui permet au Judas d'écrire en son lieu et arrêter et lui dit simplement de se pourvoir d'une place. LE DIRECTEUR DES POSTES DE GUEBWII-LER Il y a un reflet certain de notre littérature usuelle. populaire. gé. l'un de ces romans spéciaux pire. ils virent roma- nesques. bien qu'il fût certain de l'iden- blique que je signale. non-seulement escamoté à son profit la personnalité que sa présence était nécessaire à Roubaix. M. du reste. (JULES CAUVAIN. aboutissait à marquer la mémoire de deux innocents Le 31. Alors. — mais sachant martyrs de Pantin. On lui dit bandit. qui habite ses formes. lettrée pour ainsi dire dans Hadelmann fit prévenir la femme Loeb. le jeune homme revint avec un papier tim- Je les retrouve dans ces métamorphoses du fuyard. il prétendit s'appeler Jean-Émile Kinck : tion de sa machination.) qui analysent toutes les possibilités de dissimuler les plus grands crimes. ordinairement Roubaix. le romancier qui se nour.. certes. a le priait de dire à Jean. moi aussi j'ai été tait que le récépissé de là Banque de Roubaix. Sans un hasard providentiel. et du grain de quelque guet-apens de fan. Gustave Kinck. J'ai dit que l'inspiration homicide du monstre de Les époux Roller. brandissant C'est pourquoi je voue par avance à l'ignominie. une nouvelle lettre parvint. dans ce mortuaire enfouissement sous la lune pâle. Moi aussi j'ai inventé pu- mon tité de celui-là. l'imitateur! comme Je reviens ici aux égorgements de Pantin. leur beau- crée par une main cupide. Combien de romanciers. moi. afin de mieux épicer son festin de vam- naisons est. frère.la punition « d'un mâtin aussi crâne ! » Qu'une oc. pas Jean Kinck. il C'est le 31 qu'un jeune homme s'est présenté pour fuyait. le véritable massacreur de Pantin. Mme Kinck écrivit le 27 août à M. mais il a presque fait en. qui se projette dans la large La famille Kinck a des parents établis à Guebwil- fosse où gisaient les six membres de la famille massa. qu'il fallait une procuration notariée. Mais il ne. il était sorti tout un épi de piéges infernaux. ler. elle Tropmann. grâce à nous. certaine. au ces Un être de la race de Caïn et d'Yago. Le 2. il disparaissait. Roller que les fonds étaient retirés et expédiés dosser à ces deux spectres la tunique de Nessus de par la posta à Guebwiller. sans la réhabilitation tacite de notre mise en C'est pourquoi je les adjure de laisser reposer. dans les explications qu'il donnait. il s'évanouissait pour lajustice. qu'une nécessité l'y pousse. un ouvrier à rira dans l'avenir avec la mémoire exhumée des six l'éducation nécessairement bornée.. j'en jurerais. aux ar- prologue. Roller au sujet siné ? des capitaux à retirer de la banque de Roubaix. et la fausse piste machiavéliquement tracée par lui. écrivirent à sa femme. paralysant le bras de son ami tué. du fils et du frère de Le 30. en me repentant moi-même. qu'elle croyait à Guebwiller. à lui aussi. les souvenirs embellis. poing l'instrument de boucheries humaines? comme corbeau des lettres. . Gustave Kinck. le coupable du second des méfaits contre la morale directeur de la poste. supprimée du père et du mari. la première fois à la poste. lui demanda. exploité l'assassin se mettant dans la peau de l'assas. Vers le milieu d'août. Cette sorte d'acharnement. Le directeur des postes ne le fit cependant pas ment. Jean a quarante-trois ans. ses propres crimes. fabuleux ou dans les arrangements de procès mais au lieu de recevoir une réponse d'elle. puisque ! double meurtre a été sans doute encore le sombre leur évocation peut provoquer l'adjonction. deviendra. plusieurs années. paraissait embarrassé C est pourquoi j -ai le droit d'accuser mes confrères. un fonds déposés à la poste . brigands.. il a déclaré se nommer Jean Kinck . depuis miss Braddon. fut informé de l'arrivée prochaine de Kinck. ont par une femme de Roubaix. le sieur Roller. mann déclara ne pas connaître ce jeune homme qui taisie. bré sur lequel était écrit que Jean Kinck autorisait dans cette tuerie organisée en deux fournées. n'aurait point marché s'il n'avait pas re. l'organisa.. mais comme il ne présen- Je le déclare en toute humilité. s'est pas présenté qu'une fois. Mme Loeb. et connaît toute la famille : trempé son inspiration à notre érudition en la matière. la lutte saisissante qui accompagne la capture du On ne songea pas encore à l'arrêter. elle n'eut pas de peine à démontrer que le prétendu Je retrouve nos rouages dans cette supposition de Kinck était un imposteur. dont un ô honte des assassins réels ou apocryphes. de nouvelles pages tracées avec du Maintenant que la lumière perce les ténèbres du sang frais. chives du mal. s ils ont entoure cl une casion se présente.. qu'y voit-on surgir. que ses victimes ou ses juges. au courant de cette affaire et ne Pantin avait été puisée dans les inventions de forfaits voyant pas arriver Jean Kinck. pour attirer la famille condamnée à la funèbre procuration en règle. une procu- criminel épique. annonçant à ses six dernières victimes . et qui manipulera leur bourreau lire. blessure. Il se disait envoyé par sa mère pour retirer les remords me le suscite. qui captivait probablement plus ration notariée. hideux mystère. à tout jamais. même dans son fils Gustave à retirer les valeurs déposées à son adresse. fosse commune. et se recommanda Oh ! la semence avait bien pris dans cette cervelle d'un nommé Hadelmann qu'on fit chercher. scène. dont le feuilleton use et abuse depuis arriver le 7 septembre le fils. et auréole vertigineuse le bagne et l'échafaud des l'admirateur qui n'y aurait probablement jamais son. pour ce mécanicien borné.

quant témoin. qui se trouvait à Paris. il a été l'objet de plusieurs jugements au Je-ffl Kinck serait parti de cette ville il y a cinq se. raison de leurs travaux. « Mme Kinck marchait en avant de ses enfants. de s'attarder de ce côté. gère. dont le signalement a été donné par le taillandier de La famille se dirigeait de Pantin vers Aubervil- la rue de Flandre. comme nous l'avons dit. affaires. mais la signature loppé l'enfant. née à Tourcoing. et l'exa- conçu : mina curieusement. en Plus développé que son âge le comporte. avis à Paris. il n'a pas été inquiété. mais il rejoindre. route vers les Quatre-Chemins. déclaration qui explique certains points restés obscurs Il portait une montre et une chaîne d'or. Comme il faisait froid. Le 3 août 1867. à Tourcoing. Douetd'Arcq a reçu une Pied très-fort. Mais comme il n'est pas prudent. à Hortense Rousselle. Personne ne disait mot. et portait sa « Regarde à la poste. bureau de poste de Guebwiller. liers. Du reste. Gustave-Louis. la « mère avait retiré son water-proof et en avait enve- La procuration y était en effet. reconnaissent en lui le jeune homme celin est absolument sûr de reconnaître cet individu. instal- lée à Guebwiller. Le 24 octobre 1863. à Roubaix. dans la journée. le 30 suivirent. Jules Hercelin. Il ne parait pas avoir prêté aide à son Joseph . toutes les lettres recommandent à la famille ment de Gustave Kinck.k. M. Autour de Le directeur de la poste et le garçon Breuth.. lorsqu'il est venu. Procuration depuis longtemps à Guebwiller. à Roubaix. Un de nos correspondants nous envoie le signale- Enfin. Tropmann père est ouvrier mécanicien et inventeur d'un instrument que nous ne connaissons pas. devait rapporter des millions. Réponse. De ce mariage sont nés: Le père de Tropmann habite Cernay. et contredit absolument le témoignage Il était vêtu d'un pantalon et d'un gilet vert-jaunâtre- à bande noira. surlaroute de Pantin v Questionné par Roller sur le faux Jean Kinck. Marie-Hortense. Marié à Tourcoing. qui a été communiqué à de prendre le train de midi trente minutes pour n'arri. Hercelin. manufacturier. et le jour même il reçut un télégràmme Derrière venaient les quatre autres enfants. « Où vont-ils donc par là ?» se demanda M. de Cernay (Haut-Rhin). a une volonté de fer . il à Aubervilliers. Il avait des moustaches. à Roubaix. maines. à Roubaix. le 13 septembre 1852. René Pillet. essayer de toucher les cinq mille cinq cents francs au Le 15 avril 1859. Il était dé haute taille et paraissait avoir trente-cinq ans. Il est mal dans ses D'après de nouveaux renseignements de Roubaix. . Henri-Joseph. Sur le signe que fit un des individus. Il disait avoir passé par la Belgique pour aller chez M. Il paraît aussi qu'il Le 31 décembre 1861. il reçut de Paris un télégramme ainsi de Pantin. entre chercher son père. sous le nom de Jean Kin. Elle était vêtue de sa robe de soie noire. du cocher. passait. M. à Roubaix. GUSTAVE KINCK mann. du carrefour de la rue de la Gare et de la route. un long pardessus et un pantalon grisâtre. Guebwiller. tribunal de commerce. Trop. fils. toutes*les autorités du littoral : ver que le soir à Paris. d'une main étran. ces hommes a été particulièrement remarqué par ce à Jean Kinck n'a jamais paru. avec poche de côté. Elle déjà dites. né à Guebwiller (Haut-Rhin). dans les dépositions précédentes. On y a relevé deux circonstances nouvelles. et par conséquent se Voici l'état civil exact de la famille Kinck : dirigea vers la fosse. polisseur sur vernis travaillant Jaquette brune mouchetée. Il portait au faux Kinck. qui NOUVEAUX RENSEIGNEMENTS paraît avoir joué un grand rôle dans les fables de fortune débitées à Mme Kinck. M. L'un de tel du Chemin de Fer du Nord. Les enfants et les hommes la - Kinck (Jean). Émile-Louis. il est arrivé le 31 août vers onze heures du matin dans une voiture particulière. Mme Kinck prit le sentier en ÉTAT CIVIL DE LA FAMILLE KINCK pente qui. et est des. n'a point quitté Cernay depuis longtemps. et son fils aîné quinze jours après pour le Tropmann fils ne paraît pas très-intelligent. Gustave en donna montre. Her- Canon-d'Or. Paraît avoir de dix-huit à dix-neuf ans. descend vers la plaine. saisi dans la maison Kinck une volumineuse il ne se livre que lorsqu'il parle des choses qu'il a correspondance adressée par Kinck à sa femme. il se croisa avec la famille Kinck. Il était cendu à l'hôtel du Canon-d'Or. Elle a trait à la nuit du crime. » petite fille dans ses bras. est écrite. Arrivé auprès du pavillon des employés de la gare Le 16. on ne trouverait pas les Kinck et Tropmann. répondit simplement qu'il le connaissait. Guebwiller. minuit et une heure du matin. attendu que dans la journée Taille : 1 mètre 65 centimètres. près Le 19 juin 1853. il s'enferme dans un mutisme absolu. du son cou s'enroulait une sorte de foulard. et laquelle. Si on l'interroge sur des faits nouveaux. il passa outre et continua sa juin 1837. le 1er avril 1826. porteurs de grosses cannes. Le 21 août 1856. Alfred-Louis . son caractère est très-concentré. Hier. Achille-Louis. Kinck parle d'une grande entreprise avec M. La voici : Casquette en drap à carreaux brun et violet. puis le mandant à Paris et lui disant de descendre à l'hô. trois hommes. De Jean Kinck à Gustave Kinck. On a. coiffé d'un chapeau de soie à haute forme. A sa ceinture brillait une chaîne de du notaire n'était pas légalisée.

Claude Des cris de : « A mort. quart. . Une foule immense. Claude. essayèrent de la forcer. LA PRISON Pendant la durée du voyage. était surexcité plutôt qu'abattu. La foule ne s'était pas trompée. traver- Ici les mêmes difficultés se reproduisirent. Lerouge l'attendait sur la voie avec plusieurs de sûreté coururent en ce moment un véritable dan. station. Claude à la droite secrétaire. La foule qui encombrait la rue de la Prison et on se ruait vers la sortie de la rue d'Amsterdam. Claude avait fait demander au médecin. portières de gauche. il y toucha à peine. si le A Rouen.du Le chef de la police s'étant pourvu de vivres pour médecin de la prison. Celui-ci refusa tou- mann. des incidents nouveaux se produisirent. la gare. on partit dès onze heures dans une Tropmann. où le fiacre n° 1237 l'attendait. que l'on fait sortir les cercueils transportés par le Les scènes de la rue se reproduisirent plus vio. ger. ARRIVÉE A PARIS Cette surexcitation. Les agents de la police M. à cause de cela même. placé à côté de lui. M. le rôle de la police.i nait une foule compacte qui attendait l'arrivée de serait difficile. le procureur impérial. chercha le compartiment où se trouvait M. chevaux à coups redoublés. Il tenait constamment le bras passé dans versant les rues de la Paix et de Rivoli. il décida que le départ aurait lieu le matin tière. il s'agit de re. Bien qu'aucune nouvelle n'en la durée de la route. Souvras. de déchirer les sto- même par le train de onze heures quarante-cinq. M. Cependant la foule. Ansart. publique. mais la foule. on pressentait le départ de Trop. Lerouge s'était con-{ dès que l'on vit les portes s'ouvrir pour livrer pas. et son Dans le wagon. monde à les faire remonter dans leurs wagons. se trouvait M. un retard d'un quart lui fut offert au prisonnier . Elle renfermait. ne se trahit pas par des expansions de paroles. nicipale. jours. la prison. l'intermédiaire de M. Tropmann se fourra dans l'encoignure dans Le petit cortége. il d'heure. au point de vue des investigations. servé. une embrasse et de l'autre tenait un madras à car- DÉPART DU HAVRE reaux rouges et jaunes placé devant sa figure afin de cacher ses traits à la curiosité avide de la foule. le cocher tenait les rênes pendant qu'un agent. On avait remarqué aussi la présence. certé avec M. s'opposa presque à l'en. s'appelle la porte des Morts! C'est par elle trée du wagon. * 1 Dans l'intention de ne pas exposer le prévenu à i même les rues avoisinantes se répandit en clameurs des tentatives populaires. chef adjoint de la police mu- i sage à l'assassin. lentes encore. descendre Tropmann par celle de droite et. On sant la voie. composé de deux voitures. par foules énormes entouraient les palissades des gares. entra- du train. et sur la répopse affir. des services ostensibles destinés à égarer la curiosité peine la gare. et un déjeuner préparé pour y eut. Aucun lien n'entravait la marche de l'assassin. à laquelle il est souvent en proie. n'avait pas jugé à propos de lui mettre des menottes. M. l'enlevèrent. M. celui de se voir arracher l'homme qui leur était Aussitôt que le train eut ralenti sa marche. dans les rues et de figure effrayantes. l'assassin! » des gestes et se posta devant la portière. On eut toutes les peines du Tropmann avait été prévenu à neuf heures et de. laissa Tropmann à son silence . j mais bien par des gestes de fureur et des expressions Pendant toute la journée d'hier. agent du service de sûreté sauta sur le marchepied. < Arrivé sur le quai d'embarquement. prévenu était transportable. se dirigeant vers la Morgue. Souvras. Chaque fois qu'un train étaitsignalé. les voyageurs du train se massèrent autour de la por- mative. fouettait les . un confié et d'être eux-mêmes victimes des fureurs po. A chaque station où le train devait s'arrêter. et avait résolu d'établir rue d'Amsterdam a La voiture s'ébranla cependant et gagna à grand'. Tropinann s'il voulait manger. une escouade d'agents faisait On arriva cependant à la gare. vers la porte de la rue de Rome effroyable. demanda à plusieurs reprises à eût été donnée. fut discret. des M. Se doutant que le passage de la prison au wagon sur la place avoisinant la gare Saint-Lazare. On joindre le compartiment réservé pour Tropmann. le portè- descendit de voiture au milieu d'une bousculade rent. L'arrivée à Paris eut lieu à cinq heures moins un ce qui a lieu la plupart du temps chez les criminels. qui s'était aperçue de la ruse. se précipita dans la rue de Rome comme pour arrêter LE VOYAGE DU HAVRE A PARIS la voiture qui partit au galop. et il mie de son extraction. tourné dans le sens de la marche la rue Auber. se presse aux alentours de du criminel et en face de lui M. (voiture de place. pulaires auxquelles ils devaient s'opposer. personnages de la police de Paris. l'entraînèrent. furieux menaçaient les agents qui protégeaient le dé. enfila le coin de gauche. qui avait forcé les portes et qui s'était Détail singulier : la porte par laquelle il a quitté répandue dans toute la gare. chemin de fer de l'Ouest. En montant dans le wagon de première classe ré. l'état d'irritation dont la curiosité a déjà été surexcitée par les allées dans lequel il se trouvait se traduisait par des gestes et venues du personnel de la prison et par celles des d'impatience plutôt que d'émotion véritable. res qui étaient baissés. pour ainsi dire. Pendant que les voyageurs descendaient par les < part du coupable. Claude et son secrétaire. autres employés de la préfecture. on Il est dix heures du matin. outre Tropmann.

reconnaissez-vous les per- Le greffier. Kinck frappaient. sans que sa voix tremblât. Tropmann. Douet d'Arcq. j'ai poussé vers La formalité de la confrontation accomplie. assistants. ça. a-t-il dit. avec un sang-froid que n'avait aucun des M. c'est vrai. il dit en montrant du doigt chacun des cadavres : « Ça. M.c'est Mme Kinck. ça. çaj c'est Achille. se tenait à la porte. Avant de signer au procès-verbal. accompagné de M. c'est d'émotion. Douet d'Arcq en lui montrant les tables de marbre sur lesquelles sont les CONFRONTATION — TROPMANN A LA MORGUE victimes. . une fois de plus. Dupré-La. et. » C'est à ce moment seulement qu'on a cru voir sur Il a ajouté. et l'introduisit dans la salle d'instruction. ' le visage de Tropmann se produire un sentiment Cette séance a duré près d'une heure. la salle.î f « Tropmann. c'est Emile. c'est la mann déclara. reçut Tropmann bît la moindre altération.actif du père et du fils Et il ne retira même pas sa casquette ! Ce cynisme Kinck. un troisième nom. sonnes dont les cadavres sont ici exposés! Db dont les grilles furent aussitôt fermées après l'entrée Le prévenu fit quelques pas dans la longueur de de Tropmann. Trop- Henri. Saint-Genest. j'ai tenu pendant que Jean Kinck et Gustave passé dans la salle du conseil pour dresser le procès. on est « la fosse.. ça. dit alors M. à ces deux noms. J'ai aidé. c'est Alfred.. qu'il n'avait été petite Marie » 1 qu'un instrument très . verbal. 'a glacé tous les assistants. sans qu'un seul muscle de son visage su- salle et de Mi Onfroy de Bréville. ça.

Brulin s'adressa alors à Huck : pes . Celui-ci a déclaré se nommer : dominent toute' la plaine. l'agent emportait la pelle et la Une fois que la porte de la cellule s'était refermée pioche chez M. . ac- Jean-Baptiste . 'w Quand le fiacre est arrivé au grand trot devant la Le premier de ces instruments était une de ces pe- porte d'entrée de la prison. puis së laisser choir. affaissé. faite avec des morceaux de bois informes. Dans la matinée d'hier. de force au détenu auquel on suppose des projets de Tout à coup cet homme. dit Mustapha. des traces de sang. Au greffe se trouvait M. Mustapha trouva sur ses pas une pioche et une mann. M. L'administration a le droit d'appliquer la camisole vers la fosse où avaient été retrouvées les premières victimes Mlishipha. sur l'esca. le souper réglementaire En effet. jaunâtre. la marque du taillandier Bel langeÈ. on commença à gratter la terre • LE CHAMP DE MORT et on mit à jour la partie supérieure du dos d'un ca- davre. les sieurs Et exercer la profession de mécanicien. ce terrain appar- reté. il est de petite taille (cinq pieds environ). Douet-d'Arcq doit beau d'étoffe de cinq ou six centimètres carrés. la constatation suffisante de la culpabilité de Trop. lement encore que l'arrivée. Tropmann (il écrit son nom: avec un o et non au) Un agent de sûreté. Il n'est pas d'usage que les prévenus soient con. Le garçon boucher se baissa pour le ramasser. pointue des deux côtés. se frayer un chemin. « Tiens! ça tient » dit-il. dont se servent les compagnons maçons. qui la cultive lui-même. courut aussi et saisit des mains de Mustapha la pelle Être âgé de vingt-deux ans et natif de Ceriiey et la pioche afin de les porter chez le commissaire. on a pu Id voir jeter sur sa prison tin regard Pantin. et le mouvement attira l'attention civil du prévenu. et conduit dans une cellule doublé du rez-de-chaussée. nommé et encore après avoir généralement passé un certain Huck. Roubel. Garçon boucher. DÉCOUVERTE DU SEPTIÈME CADAVRE avec le prévenu. Langlois . rente.. n° 11. s'explique par frère. oh a procédé à la constatation de l'état personnes environ. Claude et Souvros ont pu. des fenêtres de leur caserne. dit Brulin. Deux gendarmes. débris de j planches. qui se trouvait présent. M. se transporter à Mazas pour continuer la série des interrogatoires. d eux. Claude et là police ont abandonné le prévenu — — Où demeurez-vous? dans le greffe. traversait la pièce de terre qui temps dans une geôle annexée au bureau de la sû. au gendarme mann. s'arrêta et dit. accoururent aussitôt et questionnè- Après avoir signé cette déclaration. Il est vêtu d'une espèce de jaquette fond Mustapha. commissaire de police de sur lui. qui en a cédé l'exploitation à son beau- été reprodui té depuis La Pommerais. le gendarme nez pointu. en employant la lame des sabres des gendarmes. On a pro. le factionnaire s'est tites pelles d'appartement qui servent à remuer les avancé vivement en croisant la baïonnette et en cendres dans le foyer. Après l'avoir fait passer Cette découverte réunit une foule de trois mille sous la toise. 39. pareille à celles On a passé outre. 26 septembre. après l'avoir livré entre les mains de Route d'Aubervilliers. Brulin : gnons ou gardiens. circulaire. surveillant le moindre de ses « Ne vous apercevez-vous pas que le terrain mouve. Instinctivement les deux gendarmes se dirigèrent beau fixé au mur. le . ça sonne creux. mouvements. cédé aux formalités d'usage. a — Et regardant attentivement. demeurant rue de Mous- Cette infraction aux règles habituelles. Brandreth. L endroit où les victimes ont été enterrées les On acheva de déterrer ce cadavre par assassins a été entouré d'une balustrade grossière. fait suite à celle de M. « Comment vous appelëz-vous? mince. des gendarmes qui. 1 Avec les ongles. le greffier ét divers employés. les accompagnait. gendarme? Quelques instants après. Brulin et Hoch. Le prévenu sera conduit sur le théâtre du crime. La foule s'était accrue et c'est à peine si MM. Après avoir constaté que ces outils ne portent pas Physionomie di. criant : L'autre outil était une petite pioche à main à man- « Halte-là !< che court. » la justice représentée par lë directeur de la prison. en tenue de service. on aperçut un lam- Aujourd 'hui. qui marchait au-devant suicide . pelle. cette mesure n'a pas été prise pour Trop. (Haut-Rhin) . les cheveux châtains collés sur les tem. — Pendant ce temps. qui se trouve enfermé avec quatre compa. A MAZAS On avait placé trois croix de grandeur très-diffé- Le départ de la Morgue s'est effectué plus diffici. qui n'a pas tier. il a été écroué rent le garçon boucher. un garçon boucher. Tropmann : teint très-basané. » été servi. très. mais bien au dépôt de la préfecture heures moins un quart. tient à une dame veuve. directeur de Le manche et le fer de la pioche portaient encore la prison. d'un pantalon à carreaux et coiffé d'une — — Votre profession? casquette. en se retournant. à onze duits à Mazas.

blait assez à un couteau de cuisine à manche noir. Le coupable est exécuté. enterrées au champ de navets. voiture lourde et sombre ayant deux persiennes de . hors. elles seront. composition : le reste du corps était enflé . châtains de longueur ordinaire. Elle le conduisit à la Morgue. le gendarme Hoch découverte du cadavre on envoya chercher du renfort. dont le manche seul sortait d'une sépulture de famille à Roubaix. Si les victimes du crime de Pantin n'ont point de Le couteau. Baron. LE CHAMP DE NAVETS Le bras droit est à moitié nu. de ligne. fond mar. l'amphithéâtre le renvoie au champ de navets. et on le déposa. Il a Quelques instants àprès. dit Parisien. chaque côté. mètres de la première . les bras le long verre au gilet. la paume des mains en de. de son vrai nom cimetière d'Ivry. tines éclataient. lement semblables. tiques. On envoya chercher de suite le commissaire de po. c'était en quelque sorte un amas de ment trente centimètres de profondeur . Mais c'était une erreur qui fut promptement re. était de travers. sur un ter- ils arrivaient sur les lieux. ci fut placé. ou si elles n'ont longueur de douze à quinze centimètres. reille droite et indiquée dans le signalement de Gus. elle n'a Si les corps ne sont pas reconnus. après Il comprend trois parties : la première est réser- constatation. en haut d'Ivry. été établi route de Choisy. il a été ouvert le 14 décembre 1860. vée aux décédés deBicêtre. large de dix centimètres. Et pour qu'il soit bien oublié. en drap. Comme dernière preuve de l'identité du cadavre. elle mesure deux mètres de On retourna le cadavre . Le conservateur du champ de navets reçoit le Tout autorise donc à déclarer que ce cadavre est corps. ainsi que le médecin qui rain de sept cents mètres de long et de trois cents avait fait. en dresse procès-verbal qu'il envoie à la pré. Pas une inscription sur cette tombe blanc. La face était tournée contre terre. les pieds Quand il n'est plus possible de travailler dessus. comme tous les cadavres non reconnus de la Morgue. on les inhume au pas de barbe . à midi moins un quart. On lira le cadavre hors de la fosse en le pre. Ce nom de champ de navets vient tout simplement Bien qu'il ait les traits horriblement convulsionnés. Il y avait encore une blessure assez profonde à la Quand un corps est reconnu à la Morgue. coude. et un couteau enfoncé entièrement dans la plaie. la figure est ronde et pleine. un s'écria : lieutenant et un sous-lieutenant furent détachés du « Ils sont deux ! » fort d'Aubervilliers. la figure n'avait plus longueur. mais rien n'indique qu'un être hu- La casquette. les premières consta. Une bande noire au pantalon et des boutons en L'assistance publique fait vendre à l'enchère tes . vêtu des habits qu'il por- Le pantalon et le gilet de même couleur. à petites côtes mouchetées main repose là. un paletot muette. tations. Vers trois heures on put enlever le cadavre. pable. soixante centimètres de largeur et seule- forme humaine . tel qu'on l'a. La victime paraît avoir environ vingt ans . • celui de Gustave Kinck. pour que son der- il y avait un tricot en laine semblable à celui des jeu. — c'est le nom qu'on lui J lice de Pantin et M. de ce qu'un champ plein de ces légumes se trouvait il est impossible de ne pas reconnaître une grande autrefois devant la porte de derrière de ce cimetière. Celui- connue. La foule était tellement considérable qu'après la Le terrain à moitié découvert. puis il le livre à la voiture de la Faculté de Le dessus des mains commençait à entrer en dé. mètres de large qui a été acheté par la ville de Paris. il est nuque due sans doute à un coup de pioche. un capitaine. déclara que la mort de cette victime de. Les bottines étaient en veau à élas- du corps et des cuisses.à son inhumation. aux décédés des hôpitaux et aux supplicés. ciés sont amenés par la voiture de la Roquette. la tête n'était boue et de terre . avaient tellement gonflé que les élastiques des bot. on aperçut de suite une blessure au pas à vingt centimètres de terre. point de parents qui les réclament.. les pieds touchant les premières victimes. presque encore le bord du trou béant dans le sens de La fosse où l'on a découvert ce cadavre est à trente sa longueur. posée sur la tête. Le médecin lava le visage du cadavre. Chaussettes de laine tricotées éga.nier asile soit bien ignoré. commissaire d'Auber.tait au moment de son arrestation. il y a quelques jours. ron. les corps Çles suppli- Kinck. donne dans le langage familier du pays. fecture. pas une pierre qui protége le repos du cou- chiné blanc. ressemblance avec les autres membres de la famille C'est là qu'après l'exécution. qui est le ci- autres sous les seins avec un couteau. On l'enterre. le public n'est pas admis nes frères Kinck. médecine qui l'emporte et qui le livre à la dissection. et. à quelques pas delà fosse. une On a remarqué aussi une cicatrice placée sous l'o. sur la nant par les aisselles. et la troisième des autres membres de la famille Kinck victimes. la seconde aux décédés des vait remonter à peu près à la même époque que celle XIIIe et Va arrondissements de Paris. passa la main entre les bras et le corps du cadavre et trente hommes du 71. les manches du pale- tot et de la chemise se trouvent relevées jusqu'au La famille Kinck n'a pas encore été inhumée. même charrette qui avait déjà servi à transporter vait sorti. — s'appelle villiers. arrondi sur les côtés et à son extrémité. metière de l'arrondissement où se trouve la Morgue. tave Kinck. Le champ des navets. cheveux champ de navets. ressem. à quatre heures moins un quart. et deux enterré généralement au Père-Lachaise. cou.

En Amérique. tère . ils allèrent dîner chez Bon. sou. pour demander des renseignements riche c'est sa seule ambition. J'en attends de mon frère. Doursou l'en dissuada. produite sur Doursou. aux hôpitaux. frère. mais comme je ne vois venir personne. vous — n'avons pas dit ce qui l'y amenait.. il Le jeune homme lui dit à voix basse : avait cru de son devoir d'averlir un agent de la po- « Malheur à qui me veut du mal. je vous conseille de l'arrê- deux romans. qui s'occupe aussi d'amener des passa. vous qui êtes intelligent et qui paraissez avoir lèrent dans un café rue de Paris. giquement ceux qui lui parlent. il occu- de navets reçoit les corps des suppliciés et ceux de la pait plusieurs ouvriers qu'il vient de renvoyer pour Morgue. Dès le matin. qu'il lui a dites. chasse aux bêtes féroces . coûte que coûte. A onze heures et demie. et qui examinait un trois-mâts-barque. qui vit ses derniers jours en- les d'un hôpital. et il veut être riche à sur les conditions du passage. Ce jeune jeuner. est ainsi exposé à porter je vais vous le dire : Je quitte ma famille. Il ne sourit jamais. fets de succession vacaiite. Vous quitterez la mi- . où il avait un oncle millionnaire. à dix heures du matin. C'est là que Tropmann fit des confi. venez avec moi. il fixe éner- Les deux jeunes gens passèrent la journée en. mon père est mécanicien. J 'ai un secret. chant. al. Doursou lui indiqua la maison Rosney. Il lui dit qu'il allait partir pour la posté au cabestan du bassin de la barre. que Tropmann et le jeune homme entrèrent chez pour lui le personnage de Rodin était l'idéal qu'il Mangeneau. j'ai averti la police de sû- de Paris. mais que les MYSTÈRES DU PEUPLE ter immédiatement. Tel pauvre homme. Nous les résumons. et Tropmann l'invita à dé. s'était fait.vole cet argent. aussi contient-il encore que la dépouille vivre de ses rentes. mon père tre murs je pouvais plus la dépouille d'un assassin. rue Royale. Il paraît triste et préoccupé. « elles sont à mon nom : Tropmann. Doursou n'eut aucun soupçon. et donna les hommes et avec tous les éléments. et je — tion de Traupmann. ne parviendrez pas à vous cacher. Ils déjeunèrent. Allez jusqu'au bout. stationnait sur le quai de la Tropmann ne parut pas s'intéresser beaucouo à Barre quand il vit un jeune homme qui lui parut cette visite. il s'associera des hommes de carac- Le soir. Pour échanger banknotes. rand était entré dans le débit Mangeneau. Non.' défroques des condamnés. — plicié. aperçu que Tropmann dissimulait ses blessures. 3. qui est à Paris. sou. Il veut devenir riche. Doursou. a-t-il dit à Dour- et demie. fayelte. ne m 'ac- C'est depuis deux ans seulement que Le champ corder avec lui. C'est mon oncle qui m'a envoyé ne d'Avinain et celle de Mombles. cet argent pour que j'aille le rejoindre en Amé- Autrefois ces corps étaient enterrés au cimetière rique. homme dit que Tropmann lui proposait de lui a ils eurent une conversation philosophique. il aime la lutte avec tous Tropmann coueha chez Bonnet. je n'ai pas de La personne assassinée. il vous faut des Montparnasse où le fait suivant s'est présenté : — ces Un homme condamné à mort pour assassinat avait papiers. lui demanda. Tropmann a un regard fascinateur. pour le faire arrêter. » par EUGÈNE SUE leur étaient supérieurs et étaient En résumé. placeur de marins. chez Bonnet. fut inhumée dans le même cimetière. — La victime repose à quelques pus de son assassin. dit au gendarme Ferrand : « Il man d'Eugène Suë qui avait fait aussi les Mystères ya là l'assassin de Pantin . reté. à huit heures. c'est mon oncle qui me l'a envoyé. et qu'il Tropmann convint qu'il y avait du bon dans ces pourrait nous échapper. mais je vais repartir ce soir pour Paris. dez-vous pour le lendemain mercredi. Doursou s'était s'embarquer. ComplétoDs d'après le Havre le récit de l'arresta. struit. je veux tout vous dire. -Doursou a montré une grande habileté : s'étant pour lier conversation. Doursou jugeant qu'il fallait profiter de ce moment Doursou répliqua que le Juif errant était un ro. semble et allèrent à l'ancienne maison Barbe.. veux partir. » Celui-ci devait. voici l'impression que Tropmann a sans contredit un chef-d'œuvre. Tropmann a dit qu'il avait lu le Juif errant. Dour. mais nous Mais cela est impossible sans passe-port. Il demanda si l'on ne pourrait pas s'y cacher. Avouez-moi que vous avez. il vit Tropmann en com- à la Femme sans tête. tout prix. lice de sûreté. n'ayant pas été reconnue. veiller. à un ren- onze heures « Si vous voulez venir avec moi. il a des projets immenses. ' gers aux Compagnies de paquebots. ne sait pas que je suis ici. chose caractéristique.. trouver Doursou et Tropmann en- Doursou lui demanda s'il venait au Havre pour semble chez Bonnet. je suis mé. denèes à Doursou. il veut faire la net. Mais tenez. être quai de Lille. pour le sur- Nouvelle-Orléans. et servent Il montrait des banknotes.. il espère Tropmann parla en allemand avec un employé. On sait que le gendarme Fer. nettoyés. et les choses caractéristiques IL a paru à Doursou très-intelligent et même in. pagnie d'un jeune homme du Havre. puis ils. Je vous le conseille. Voici des banknotes que je voudrais réaliser. que l'on porte comme ef- l'Aigle-d'Or... Ces effets sont raccommodés. s'il voulait visiter ce navire. faire fortune . été jeté dans le trou informe que l'on creuse au sup. pendant ce déjeuner. le nommé E. près de l'hôtel de du caractère. étranger. » Voici le point élucidé : Tropmann et Doursou allèrent visiter le La- Mardi. acheter son passe-por!.

Kinck père. débarrasser de sa blouse blanche. au nom de vingt-trois ans. Ce fait tendrait à confirmer les sup. chez Mme Kinck. Ce fils aurait aujourd'hui vingt à et son fils aîné . très-joli garçon. un jeune homme de vingt à vingt-deux ans. si toute- fois il est au nombre des coupables? LA TANTE DE JEAN KINCK Il y a quelques semaines. Quel rôlt. M. le juge du cocher. a pris une Une déposition très-importante a été reçue hier au voiture à Lille pour se faire conduire à Roubaix. il venait. pour engager Gustave — le fils aîné . disait-il. La déposition Une tante de Kinck père a déclaré à M. a joué dans tout ceci le fils naturel de Kinck. reçue à Lille. brun. confirme ce fait. rue de l'Alouette. Ce jeune d'instruction que son neveu avait eu un fils naturel homme a eu une longue conversation avec Mme Kinck avant son mariage.lui-ci lui conseilla de changer de costume et de se positions généralement admises à Roubaix. parquet de Lille.

un garçon au regard en dessous. il en em. D. il fait encore d'autres victimes. « C'était. il n'a pas fait cela seul. — L'avez-vous revu depuis? mann étaient tous deux Alsaciens. et est âgé de cinquante. la rue au moment où une vache s'était échappée des Tropmann. affirme : ses yeux sont rouges. dont le père des broches. il s'y est re- six ans. est revenu très-tard. c'est l'assassin. qu'il mérite plus haut. qui a une fabrique de busettes n'a pas encore tiré au sort. en le voyant. prétendant que c'étaient des affaires très-impor- ans à peu près. sonne qui lui avait donné de l'argent. travaillant peu. a amené le n° 3. il est l'inventeur d'une mitrailleuse lui. trois filles. » D. — Oui.. il annonçait fin. on peut se faire une idée très-exacte de la réputation de buveur qu'il s'est acquise dans le l'individu. du reste. mais à Brunstadt. à Roubaix. monsieur. Il est venu s'établir à Cernay il y a vingt fusé. et est parti comme mécani- d'après le même journal. le suivre à Paris il Mme Kinck devait les re. voici cinq à six mois. — Depuis combien de temps votre fils avait-il Ses allures efféminées l'avaient fait stirnommer quitté le pays? « Mademoiselle Buselte par ses camarades d'atelier. inventeur d'une machine à fabriquer les busettes. il ferait fortune. Jean-Baptiste. né non pas à Cernay. La famille se compose de trois garçons et de Seul. Outre la machine D. tantes et qu'il ne pouvait pas divulguer. Le cadet. et qui a perdu son avoir vingt francs à sa mère mais elle lui a répondu dans des tentatives avortées. — Depuis un an à peu près. m'étant rendu à Roubaix pour monter Il était très—lié avec la famille Kinck. il n'a que dix-neuf ans. s'il avait quinze cents francs à r busettes à heure. subir M. Morel et Motch. Cependant. à ce moment. à la Nous transcrivons ici l'interrogatoire que lui fit démarche indolente. — Il disait que. nous ont dit les personnes qui pays. où il travaille à l'usine de - On croit que le jeune homme venu au nom de Kinck MM. Joseph. et se trouve ac- tait pour Paris. exactement la date. son père. Françoise. la lèvre épaisse et En lisant le signalement que nous reproduisons pendante. il est parti sous prétexta d'aller à Mulhouse. qui tire cent coups ganiser une affaire et qu'il gagnerait de l'argent. R. jeune homme pour justifier sa démarche. — Que vous disait-il à cette époque? dont nous parlons plus haut et qui fournit huit rnillê R. Des trois fils. il allait or- très-ingénieusement construite. tout le monde avait en ce moment. Kœchlin. du préfet le crime. et je Tropmann père. semblé toute naturelle puisque Kinck père et Trop. C'est un garçon qui Tropmann pèrè s'adonne à la boisson. Jean-Baptiste. On comprend.. qu'elle n'avait pas besoin de son argent. Sa mère lui a dit : 0 tention de se rendre en Amérique pour y spéculer Mais ce n'est pas l'heure du train. le lendemain. il y a trois semaines ou un mois. Edmond. C'est un mécanicien des plus ha. mais elles ne réussi. mais il est extrême- une honnête ment fort. l'une. 3 détails sont fournis parles voisins. a tiré au sort à la classe de Mais ce fils naturel n'est pas Tropmann. » Nous voulu connaître le f « avons nom de la per-. père. James Tropmann. née Françoise Fromm. D. mais que. même absent. Cernay : il est de Brunstadt. ne causant pres. une autre est mariée à un nommé Saal et habite la Suisse. de Tournai. est le plus jeune des six enfants de Trop- peur. à M. en tout cas. en particulier chez MM. R. l'ont connu. a Le plus jeune. car. Mais nous i jrons quelle qualité a prise la ans. chercheur. j'ai rencontré à Guebwiller j la personne que j'allais chercher à Mulhouse. ouvrier très-adroit. tuellement à Mulhouse. l'aîné. voici deux mois environ . il avait précédemment travaillé à mécanicien d'Alsace. Je ne puis dire Tropmann aimait beaucoup l'argent. ce dernier est le fils d'un cien de marine. se liant difficilement. il est âgé de trente-quatre ans. 1867. bien heureux qu'on l'ait arrêté. je pense que c'était au mois avait en lui line grande confiance. car peut-être aurait-. — Logeait-il chez vous? f -A taine aisance grâce à son intelligence et à ses connais. Thalwyl (Suisse). est a l'air très-doux : il est mince. | sance pratiques en mécanique. il se trouvait dans femme dont la douleur intéresse tout le monde. Cette liaison avait de novembre de l'année dernière. répondit-il. A l'âge de dix-sept ans. surtout puis- une machine à tubes en papier pour les filatures qui qu'il ne voulait pas dire d'où cela lui venait. rent pas. il eut le courage de s'élancer sur la vache. 19. Il a inventé notamment . n'était autre que son fils naturel. D. n'est pas né à rapporte de l'argent. disait qu'il s'occupait d'une nouvelle invention. ! . des expériences d'hui. très-sournois. Henri Marsey. est ouvrier mécani- Quoi qu'il en soit. est âgée de trente-cinq — à joindre parla surte. inventeur. car. ici pour monter les machines sur le modèle inventé qui ne parle pas le français. Il a offert biles. est très-employée dans le département et à Rou. le fils Kinck par. il en Alsace. assez fort. du moins à ce qu'il par son père. qui est détenu mains d'un maquignon juif. (Êdouard DANGIN. R. il la .) pas de Mulhouse ? LA FAMILLE TROPPMANN - « Non. habite Cernay et n'est pas mariée. Sa femme. rue Traversière. — Quoique cela ne soit plus douteux aujour- Il avait inventé une mitrailleuse. cien. Il à la minute. je ne puis comprendre qu'il ait pu commettre furent faites en présence du juge de paix. mann. — Quel est le caractère de votre fils ? baix. j'étais moi- pruntait souvent à ses connaissances. Tropmann père est un ouvrier arrivé à une cer. rédacteur du Gaulois : V que pas. et nul n'osait se jeter au-devant de l'animal. Le fils a été envoyé Tropmann père est un homme trapu. Bonsoor. — Oui. R. Je suis et d'autres autorités en 1868. Jean-Baptiste cédé son brevet. tu ne viens « sur les inventions de son père. un Tropmann fils a quitté Roubaix pour retourner jour.

des familles de Cernay : c'étaient évidemment les — quelle adresse? A premiers qui se fussent présentés à son esprit. Qu'un jour son fils lui demanda à plusieurs çoise. Louis Fleury . au Havre successivement les noms de Wolff. mes affaires vont bien. 16. quand elles dans son lit et l'affaire n'aurait pas été ébruitée. Tropmann fils alla à l'atelier avec « J. il entra par la fenê- Les cinq lettres font toujours allusion à la même tre. le juge de paix. gare de l'Est : le timbre porte en outre le chif- fre 3. lui avait raconté son fils. comme il était fermé. ce qui indique la troisième levée. interrogé sur le fait. qui est au. que le soir. seulement il disait à son fils : II: Je suis bien fâché que tu sois dissimulé comme L'écriture de ces lettres est hâtive et tremblée. Vous m'é- à la tête d'un coup de marteau. j'en ai demandé aujourd'hui. qui voulu l'en frapper. car vous de- trailleuses. les gens veulent regarder les pays. Chers parents. sont presque terminées. — Toujours très-bonne il aimait et respectait beaucoup sa mère : je n'ai rien à lui reprocher de ce fils a été mise à la poste. Dans une autre lettre en date ché et l'aurait frappé au front.— Avait-il de l'argent quand il était dernière. Jean Kinck a dû être assassiné du 1" au 3 sep- trouverait le moyen de faire fortune. D. : Ce récit. je l'ai fait baptiser et élever à l'école pri. D. Tropmann s'est donné — De Paris. 20 septembre 1869. il écri. Henri Marsey conclut que. et qu'on découvrira le dernier mot de reçu des lettres de lui. d'après son récit. qu'il « J'ai cherché votre lettre et je vois que vous ne voulait pas nommer et qu'il avait vu à Guebwil. vous trompez. Tu ne nous dis jamais ce que tu M. — Il m'a dit en avoir reçu de quelqu'un. Je l'envoie à l'adresse de Fran- la gare. du 16 septembre. Il a fait sa première communion à quatorze qu'il a écrit et jeté à la boîte la lettre en question. Des réponses de ma Le père Tropmann ajoute ensuite que son fils était lettre dépend maintenant mes affaires. moment où il se disposait à commettre son crime maire. le passa à Lang. » a été assassiné à Pantin. il avait loué un bâtiment isolé auprès de vez en avoir besoin. disait-il. je suis revenu aujourd'hui de « mann fils. est revenu avec de l'argent et a offert vingt francs à tance capitale : M. émanant de la bouche même de Trop. j'ai dernier avait attiré Lang à l'atelier et l'avait frappé écrit aujourd'hui encore quelques lettres. » Lang : et. me désespérer si vite. et ça ne s'agit pas de si peu. francs. prit le marteau. croyez que je suis désespéré de réussir. et. le jour où Tropmann Voici maintenant des renseignements d'une impor. dont je vous envoie cent francs. Lang. a ré. seule- Pendant le cours de l'enquête <on eut connaissance ment ils traînent (sic) un peu. TROPMANH. aurait passé plusieurs jours pourtant pas laisser mes affaires de côté. Du côté d'Aubervilliers. et l'aurait frappé de l'argent. » Le père Tropmann fut alors invité à aller chercher A PARIS — AU CHAMP LANGLOIS les lettres et à les déposer entre les mains de M. reprises un marteau pour un travail. ment chez vous? Chers parents. conduites par les laboureurs Lesendre. Je n'avais plus d'argent. B. Tropmann aurait attiré un jeune homme. rangé. mais vous ler : c'était. car je suis beaucoup trop entêté pour ter ses nouvelles inventions. sa mère . dont j'at- par surprise. rue de Strasbourg. cette sinistre énigme entre Bollwiller. Tropmann s'occupe d'une an lire. ces trois noms appartiennent à — Oui. de Fisch — Répondiez-vous? et de Vandenberghe. Mais le père n'a pu que répéter ce que tends la réponse. — Poste restante. auprès de la. tembre auprès de Guebwiller. dans un guet-apens. tembre. si Gustave Kinck fais. Celui-ci alors aurait pris le marteau et aurait préoccupation. et disait qu'il bre.saisit par les cornes. C'est donc au. ce qui m'embôte autant du fait suivant : que vous. ans. B. qu'il K Je vous embrasse. sera bientôt terminée. côté-là. et qu'il ne donnait aucun sujet de « Votre fils : J. et a rap. TROPMANN. entre le 16 et le 20 septem Il s'occupait beaucoup de chimie. pas noceur. selon lui. gare. les tordit et abattit l'animal à porté cinq lettres en date des 4. Gruebwiller. J'ai reçu trois cents pondu qu'au moment de ses recherches sur les mi. mais je xie peux jourd'hui en Amérique. Mes affaires vont bien : Allé par là. » plainte. puis je lui ai appris le métier de mécanicien :i dont voici le contenu : il était devenu assez bon ouvrier. a-t-il répondu. Le père Tropmann. depuis le dernier départ de son fils. que c'est là que doivent être dirigées les mann si. est évidemment inexact : certainement ce Londres. la personne qui devait exploi. crivez de revenir. — Quelle était sa conduite envers vous et sa Notez cette dernière date : la lettre de Tropmann mère? : R.. mais on ne peut pas toujours faire aussi A la suite d'une querelle au sujet d'une fille du vile que l'on voudrait. auprès de l'église. Marsey a demandé au père Trop. lui répondit qu'il y en avait un dans l'atelier de la « Votre fils. cela avec nous. et aussitôt que j'aurai cette réponse. je reviendrai. arrivent trois charrues Il s'est rendu chez lui. CI: R. Soultz et « Plusieurs. il avait recherches. je viendraide nouveau à Cernay. CI: Paris. 10. 18 et 20 sep- ses pieds. Tropmann fils le lui aurait arra. — D'où vous étaient-elles adressées? Autre détail assez curieux. affaires de toutes les faces avant de risquer de perdre nommé Lang.

commissaire de police du quartier ment. et ordonne des fouilles qui restent sans résultat. le capitaine Jodessu. tandis qu'ici la char. il propose de faire apporter du Jar- seulement eu le temps de déposer ses sacs et n'avait din des Plantes quelques chacals. Ce carrefour. Baille rectifie devant nous une erreur Introduit d'abord dans la salle d'interrogatoire ou accréditée sur le champ dit Langlois. il ne prend que de soc était donné. Claude a renouvelé poussassent aux roues. en vain. commis de grands crimes. ces cris partaient. il a cherché à tirer de lui des était du côté d'Auberviliiers. A LA MORGUE Pendant cet incident.et Pierre Lantier. Dès les premiers éventrements du terrain. le nom de carrefour Notre-Dame de Paris. l'humanité Le premier sillon. accomplit sa funèbre besogne. routes d'intérêt communal. comme il avaitrepoussé celui de la veille. Il continue A quatre heures un quart. Ce champ ap. devant elles s'étendait le champ long de cent cin. A huit heures et demie M. les aboiements acharnés à se contenter de bouillons. de par la voix populaire. par presque entièrement sans sommeil. par M. demeurant tous trois rue anx Rei. du côté de Pantin. M. fut tracé en reprend ses droits et on le voit pleurer. davre de Gustave Kinck. suivant la même direction tandis que le troisième Pendant une heure. lui dit le juge d'instruction. choisi dès le début de l'affaire de l'Assassinat. et commencer la rédaction de son rapport. vous avez « L'autorité municipale d'Aubervilliers se refuse ab. De temps en temps. il n'y avait pas une heure. recevra probable- M. le travail cles charrues s'ar- rête. rue. Clément. A quatre heures trente-cinq. 1 lieutenants Robiquet et Masson. commissaire de police. ce qui a causé l'erreur. Voyons. A cinq heures environ on voit le commissaire de . après la découverte du ca- d'Aubervilliers. mais vous êtes jeune et à solument à laisser établir un témoignage matériel de votre âge le cœur ne peut pas être endurci. MAZAS LE LABOURAGE Le prisonnier continue à se montrer dans sa cel- A trois heures moins un quart. et requis sur la demande de est destiné à devenir le point central de plusieurs M. Boudier. tion. Baille. des A six heures la charrue de Legendre s'arrêtait la paysans enfument leurs champs. aveux . par une singulière bizarrerie quante mètres sur trente de large. Il n'en est rien. d'où dans une voiture de place a la Morgue. Baron court dans la direction de Pantin. du bouillon. Douet d'Arcq. Le juge d'instruction a parlé à Tropmann avec Le premier acte de l'autorité a été d'enlever tous une émotion qu'il a essayé. Tropmann a repoussé son déjeuner étaient une savate et un débris de chapeau. avait bienveillance. ci une nouvelle édition de l'interrogatoire de la c'est qu'il est limitrophe à celui de Langlois. à Aubervilliers. conseiller municipal. d'an chien font une diversion momentanée aux préoc. le premier coup lule morne et presque indifférent . ches ayant été inutilement employées du côté de Le commandant du fort. certains La nuit a été en apparence très-calme et pourtant objets ayant été rejetés des sillons. rien n'avait été trouvé. quand il existera. pondant avec une voix brève et sèche. furent remis. pas pris celui de manger la soupe pour arriver plus On donne à ce brave homme acte de sa proposi- vite sur le champ où il était requis. les trois charrues étaient de front. Autre erreur à rectifier. Un monsieur fend la foule et demande à ouvrir Le 1er bataillon de ce régiment qui venait de s'in. Cette mesure avait donné lieu de croire Tropmann n'a fait aucun aveu . M. vaux fussent très-robustes. commissaire de police d'Aubervilliers . Baron. dernière. ré- monument commémoratif. il fallut que des paysans Après M. du meurtre. Clément. j Le capitaine de gendarmerie Burlureaux. s'est transporté dans la Le second creusa. Lerouge pour diriger l'instruction judiciaire. par M. il s'est contenté de que l'on était dans l'intention d'élever en ce lieu un reproduire ses dénégations des jours précédents. du 90e de ligne. le commissaire de police ordonne la reprise Le lieutenant-colonel Wilmette. et l'on continue l'œuvre commencée. Ces objets Hier matin. de travail. rens ont été prendre le prévenu et l'ont emmené M. du labourage. le chef de bataillon Guyot. et M. ce symbole de paix. adjoint au maire d'Aubervilliers. Pantin. les pelles et les pio- M. partielles. le commissaire. l'attentat avec d'autant plus de raison que ce champ nes. on l'écoute avec staller dans le fort. suivies du même insuccès. à la garde d'un gendarme. Claude et l'agent Lau- cupations du public. Tropmann a persisté dans ses dénégations Le terrain était si piétiné que. se trouvait M. Douet d'Arcq. juste au milieu du champ en cellule du prévenu. veille. Au loin. le champ avait été entièrement remué. partant de la direction de la gare vers celle du fort Le juge d'instruction. un avis au commissaire de police . Montrez . de prospérité. police Baron s'asseoir sur quelques mottes de terre Un soleil splendide éclaire la plaine verdoyante . contrastant avec sa froideur habituelle. bien que les che. les mêmes tentatives. le paysage semble gai à tout le monde. les Quelques minutes après se produit un incident. il a eu a subir de celui- partient à la veuve Magnien . de rendre com- les emblèmes pieux destinés à perpétuer le souvenir municative.

non. que votre prompt Kinck. Je vous dis que non. les core et la bienveillance qui dictait les paroles du juge marques d'attendrissement qu'il a données hier à d'instruction. il fut impossible de rien tirer de plus plusieurs reprises. pas un mot ne sortit — Je ne peux pas avouer ce que je n'ai pas fait. donnent à espérer qu'il pourrait de Tropmann. chise un peu de la commisération qu'il serait déjà — Non. entrer bientôt dans la voie des aveux. on pourrait presque dire cet en- « 1 Ah pauvre Gustave! s'écria-t-il. Cependant. — Non. dit M. a une ténacité incroyable qui frappe beaucoup drais être à sa place ! » . et si vous deviez bientôt — Avouez que c'est vous qui avez tué Gustave paraître devant un autre tribunal. tenté d'avoir pour votre âge. A la vue du cadavre. signer. Après cette séance on le conduisit dans l'amphi- Après la fin de l'interrogatoire qu'il était appelé à théâtre où eut lieu la confrontation. le prévenu s'est levé avec résolution et a ap. mais Baptiste.du repentir . cette fois avecmoinsde cynisme et s'est mis à pleurer. il a déclaré le reconnaître. Ce jeune homme. ce n'est pas moi. ment qu'on aura à rendre de vous. Jean. » — Vous ne voulez faire aucun aveu? Tropmann restait impassible . repentir vous donne plus de confiance dans le juge. commotion violente. avouez que vous avez frappé. M. Tropmann a éprouvé une posé d'une main ferme les noms : Tropmann. « Avouez. » Malgré des efforts qui durèrent quelque temps en' chez un être aussi chétif que lui. avez prise au crime . que vous vous présentiez devant le tri. de ses lèvres. Douet d'Arcq. la part que vous bunal des hommes en lui inspirant pour votre fran. que je vou- fant. Claude échoua de son côté.

qui les a calme et silencieux. de Rome.. Pourquoi? de nourriture. il a répondu. l'an dernier. marchande de nouveautés. trop d'en- Cela vous donnera du temps. il a ficatif. ni les entendre. quand au contraire on était partout ^Les corps vont être rendus à la famille. Douet matin même. mystérieux vient de s'accomplir dans l'hôtel de New- Dimanche matin. Est-ce plutôt un fou ou un maniaque ? Les parti- Il n'aurait que dix-neuf ans. à dix heures entrait un homme du nom de Émile a: Puisqu'il faut mourir. corps et d'esprit. principalement ceux en mourir de faim. Mme Kinck avait dit à sa cousine : Tropmann a reçu quatre fois la visite d'un prêtre. d'une dévotion exagérée. dirent-ils. il dîna d'un fort bon appétit et dormit tion. » quatrième étage. des petites qui fut accompagnée d'abondantes larmes. il faut toujours espérer que vous sauverez On l'avait logé dans une petite chambre située au votre tête. dans le principal corps de bâtiment. d'ailleurs. vous pourrez le faire à ce moment-là.. il recommence la même Roubaix. Douet d'Arcq. « C'est à peine s'il répond. mieux vaut que ce Deloney. Les deux villes sont distantes de quatre lieues environ. Avons-nous affaire à un criminel bourrelé de re- Circonstance inattendue. continua l'un d'eux. parfaitement. Saint-Allier (Mayenne). l'écrou porte la date de mords et y mettant fin par une mort volontaire ? la naissance de Jean-Baptiste Tropmann. son regard était un peu avons tous passé par là. . tégrer à Mazas. la justice Lorsqu'il s'éveilla lundi matin. il aurait voulu manger d'Arcq. il est descendu dans où étaient ses pauvres parents. un épouvantable. de voisins. il était reposé. et s'en est emparée : sans doute ils contiennent des in- quand on le fit sortir de la cellule pour l'emmener à dications précieuses. Tant que vous ne serez pas con. il y avait trop alors le pourvoi en cassation et le pourvoi en grâce. âgé de vingt-six ans. portant toute la barbe. située entre Cernay et Guebwiller. à tout la Morgue. IVlmeRous. C'est un grand a Pourquoi vous désespérer. ajoutant qu'on faisait bruit vendus par elle. égaré... Il y avait des papiers dans une malle . » disait-il. croyons certaines versions : et on est certain qu'il s'est dirigé de ce côté. bas âge. « Quand même. A neuf heures. Une cousine de Mme Kinck-Rousselle fait Autre symptôme : la lumière lui faisait peur. à la Morgue hier à midi et quelques minutes. Jean Kinck avait lait sincérité. né à soit tout de suite. où est descendu Tropmann. vous aurez A l'entendre. ébranlé. dont il criminel dont. est arrivée de Lille et a été amenée immédiatement Vendredi soir.statues de la Vierge et de divers saints bien en cour selle. sœur de Mme Kinck. damné. Tropmann est sorti vers neuf heures. il n'était pas chez lui . trop de bruit. je LE HAVRE n'en ferai pas tomber trois. Et comme on tentait encore de faire appel à sa Elle a dit que. chapelets. car on a suivi sa piste. des médailles. sans chandelle. On suppose que c'est là que Tropmann aura en- Interrogé par M. il redescend encore au café atte- L enterrement aura lieu très-prochainement à nant à cette salle à manger . jour de la moindre nourriture. Au retour. sans profession. « Oui. » Ce n'est que sous toute réserve que nous insérons La population du Havre est en émoi. avec fenêtre sur la cour. par Deloney devait pousser très-loin les pratiques M. Les enfants. parti samedi pour Buenos-Ayres. réclamés. la salle à manger de l'hôtel. Un suicide cette réponse que l'on attribue à l'assassin. Il était dix heures. litanie. » qui veillent sur lui. Il serait facile. Nous brun. plusieurs enfants demanda successivement plusieurs livraisons. sans de cette dernière hypothèse invoquent un fait Les membres de la famille Kinck ont été conduits d'une véritable importance. il se contenta de répondre : venir sa femme en Alsace pour lui montrer une pro- Le gredin de père! il a aussi assassiné son fils » 1 priété qu'il avait nouvellement acquise. — Avait-il commis quelque acte Tout le jour il lut le Magasin pittoresque. et qui est « Après cette exclamation on prit le parti de le réin. il y a six mois environ. des scapulaires. à huit heures. il semblait dispos de hasard. l'arrestation. Tropmann eut un mouvement négatif bien signi. auraient été victimes? C'est ce que dira l'instruc- Le soir. Il avait dans sa malle des Pendant la confrontation avec le corps. C'est à ce moment que sont intervenus les deux Il arrêta son passage sur le steamer Montezuma. fortement insisté pour qu'on le changeât de chambre. A plusieurs reprises. à six heures. Il a recommencé ses ha- Elle a reconnu son neveu Gustave et les mouchoirs bituelles doléances. si nous en terré le cadavre de Jean Kinck. j'ai deux complices. Jamais je ne voudrai aller habiter cette propriété. Claude.. prisonniers qu'on lui a adjoints. sans le prévenir. Le a une déposition des plus intéressantes hier à M. Tropmann a refusé de prendre York. trop de portes. On pourrait nous y assas- Il n'a guère adressé la parole aux deux détenus siner tous sans que perionne s'en aperçoive. comme à Pantin. Et si vous voulez fants surtout. trouvé hier. J'y aurais trop de peur. paraissaient l'impressionner vivement : il Tropmann. de confronter Tropmann avec ce cadavre. Nous l'ignorons. Le jeudi. Mais pourquoi vous dirais-je leurs noms? C'est bien assez d'une tête. et Il voulait se laisser mourir de faim. se décida à prendre un peu ne pouvait ni les voir.

broussailles. nêtre. nous dit-on. d'une taille au-dessus de la moyenne et d'une force peu commune. il Maintenant si on demande quel jour Kinck père a . mes avaient été vus. Il est hors de doute que l'homme qui a creusé la lon gauche. regagne sa chambre comme pour se coucher. la route est bordée Deloney était vêtu d'un gilet et d'un pantalon. la première lettre est partie de On présume que Deloney se sera poignardé à la Paris. pas devoir se borner à une simple lettre. C'est la veille que Jean Kinck sera mort. La bonne frappe : pas de réponse. malheureuse famille les détails suivants : pondant au signalement de ceux qu'on appelait au dé. willer. du sang dans l'appartement ! La route qui conduit de Bollwiller. près de Montaleu. le moment où nous l'avons signalé chez le marchand La Société des sauveteurs de Rouen avait cru ne de vins où il buvait de l'eau-de-vie à même le cara. à cinq heures après midi. mais n'ayant en réalité septembre 1868. monte à sa chambre. Rousselle. faire disparaître la victime. » que cet âge. Hortense Tropmaun qui vient de se faire justice lui-même. Il y avait qu'on retrouvera le cadavre de Jean Kinck. Mais entre Bollwlller et Soultz. boulevard Magenta. trois au-dessous. tance de Bollwiller et de Guebwiller. qui était elle-même très-robuste.. Il y a des bois. restation de Tropmann. parvient à regarder dans l'intérieur de la chambre Si la lettre est partie d'Alsace. Cette fe. baix et Lille. Haugel. des taillis. se trouve Soultz. l'hercule du Nord. et si c'est un des complices de cousins de Rousselle. nous répon- Hier samedi. Elle appelle Jean Kinck a dû périr dans les environs du lieu une autre domestique. LE CALFAT HAUGEL mes. était à peine entr'ouverte. ce sont des crime de Pantin. Une bonne de l'hôtel Tropmann a écrit la première lettre fausse. il était facile de nêtre était ouverte : elle porte des traces de sang. où il a été l'objet d'une Les traces de cet homme ont été retrouvées depuis véritable ovation. « Jean Kinck est originaire de Buhl. drons qu 'on n "a qu à se reporter à la date du jour où vait pas encore vu descendre. à neuf heures et demie du soir. non loin de la fe. Rou- elle. surprise. Un serrurier ouvre la porte. Toujours dans l'hypothèse du crime. au contraire. pu tomber sous les coups des assassins. a assisté au banquet tance la famille Kinck.. le courageux calfat. et d'où cette première lettre est datée. . Il avait des mains énor. était à trois complice eût attendu Kinck à la descente du train. Son père et sa mère tiennent à Tourcoing l'estami- On se demande si ce suicide doit être rattaché au net du Pont-d'Arcole. c'est à Paris que Jean Kinck a. mètres de la fenêtre. Les bras heures du soir. Ceci confirme ce qu'on a dit sur la vigueur de la Le Gaulois. c'est en Alsace par un carreau placé au-dessus de la porte. fenêtre. Si. C'est à quatre délégué une députation spéciale pour transmettre heures et demie seulement qu'on les perd auprès de son invitation à celui auquel on doit. Le corps est resté toute la nuit dans l'hôtel. des sauveteurs de Rouen. plusieurs parents dans Le plus jeune était Tropmann. D'après les dernières constatations. le de chaque côté d'immenses terrains cultivés que do- gilet était déboutonné par le bas. et ré. C'est une heure favorable pour une étaients pendants de chaque côté du torse. dont la couverture théâtre du crime. et compte. en somme. en avoir plus trente-cinq ans. A peu près à égale dis- Un poignard gisait sur le sol. minent des collines. on ne l'a. Vendredi donc. c'était un homme paraissant de construction mécanique qu'il a fait assurer. cette partie de l'Alsace. la porte en était fermée en de. près Gueb- but le père et le fils Kinck. située juste en face. capitale. dans un de ses numéros consacrés au mère et la résistance qu'elle a dû opposer à ses as- drame qui nous occupe. la station où il On fait venir la police. bre de cinq : deux sont situées au-dessus du mame. des fourrés presque à perte de vue. le sieur X. l'ar- la gare du Nord. a mis plus d'une fois à la raison les ivrognes et les tapa- RENSEIGNEMENTS NOUVEAUX geurs. après avoir soigneusement fermé la porte. avait raconté que deux hom. née Hor- La police a gardé la clef de la chambre par devers tense Rousselle. des Les blessures faites par le poignard sont au nom. a toute sa famille à Tourcoing. et avait fon sur les instances de Tropmann. placé au fond de la chambre. Mme Kinck de curieux détails : Mme Kinck. et qu'avant de rendre le dernier soupir il Le Propagateur du Nord donne sur la famille de aura encore eu la force d'aller s'étendre sur le lit. La visite de la députation a donné lieu à une scène Quand je pense que moi j'ai jeté un homme à des plus touchantes entre ces braves gens. se hisse sur ses épaules. amortissait l'effet du poignard. Il possède à Bühl nn atelier Quant au second. Après « ! l'eau » avoir inutilement cherché Haugel à son domicile.. a dû être le Deloney était étendu sur le lit. que le gendarme Ferrand On a eu connaissance d'un propos de Tropmann avait si malencontreusement laissé échapper de ses antérieur à son arrestation et qui a une importance mains. Il était couché sur le dos Le train omnibus venant du Nord arrive à neuf et avait la tête voilée d'un mouchoir. été tué. cet homme serait reconnu comme un de ceux qui suivaient à dis. le soir du crime. sassins. faut descendre pour aller à G-uebwiller. Il serait donc possible que Tropmann ou un Le lit. par la compagnie du Soleil. C'est pour ces trois fosse de Pantin a dû également confier le cadavre de derniers coups qu'il aurait fallu écarter le gilet qui Jean Kinck à la terre. dans. chez un Le Journal de Colmalf donne sur le père de cette marchand de vins à la bouteille.

Kinck. Au nombre de ces blessures est celle du qui doivent diminuer.Gustave Kinck. mon- siné par ses complices. et.. poursuit en ces termes dix heures du soir. et qu'il lui avait affirmé que c'était en cou. et de sa lutte avec mise du mandat. mais . au bureau de poste le 2 septembre . ses mains l'assassin du malheureux Jean Kinck et gieux avec lesquels on conviait son fils. Le directeur de la poste. pour retirer le mandat de 5500 fr. plus. s était présenté au bureau de poste. entièrement cicatrisées.demain 17 par le convoi arrivant à Paris à dix fondément déchirée. pris. entre le pouce et 'l'index. sur le côté droit. qu'il disait tes : être envoyé par sa mère pour retirer les fonds qu'elle 1° Contusions très-récentes. Le 16 septembre. après avoir raconté la découverte du ca. Jean Kinck. qu'un individu. 1 septembre et à une époque qu'ils n'ont pu préciser. se prit à fondre en trouvé en présence de personnes qui connaissaient larmes sans pouvoir poursuivre jusqu'au bout la lec. fils de Jean Kinck. Gustave Kinck recevait une de- blent faites par des ongles. L'individu qui se présentait comme étant Jean Hauguel. sillonne la joue gauche. mais Haugel l'objet de leur mission et lui remirent la le 31 août. En effet. nous. qu'il tendit à son père. et explication. qu'il s'était présenté. et de demander. suffoqué par l'émotion que lui causait. Tout le bras gauche est lit. qu'il présentait. qu'il avait réclamé la re- sa chute du quai dans le radeau. la conversation. Doursou nous a dit que Trop. : Celte découverte donne nécessairement lieu à la Nous disons que ce fait est certain. les mann cachait cette dernière blessure avec une indications nécessaires pour se rendre à l'hôtel du chiqueite. qu'au sur- efet puissante la contagion des grands sentiments. nous avons ajouté que cette démarche avait été faite en compagnie de son père. à quatre otx cinq jours. Ces blessures et ces contusions sont de trois sor. pouvant remonter à •croire que Gustave Kinck a pris part aux crimes du dix ou douze jours. ont déclaré qu'en ou de contusions. A la main sur le vu d'une quittance notariée de Jean Kinck.non comme étant Jean le père. s'est trouvé Certains faits sont de nature à rendre douteuse la placé à côté d'un jeune homme avec lequel il a fait solution de cette question. s'est présenté chez eux. de Guebwiller. mais que cette remisé lui avait été Haugel dans le bassia du Commerce. les bras de son enfant en le pressant contre son Le même jeune homme se présenta de nouveau cœur. pour lever toutes les difficultés. le cnlfat prenait. a été assez heureux pour se retirer sans ture de la lettre. somme de a 5500 fr. tant Jean-Emile Kinck. le 17 septembre. à son arrivée. •' refusée parce qu'il ne présentais pas le: récépissé de 2° Blessure-s à peine cicatrisées pouvant remonter la Banque de Roubaix. KINCK FILS EST-IL OU N'EST-IL PAS COUPABLE Il est certain que Gustave Kinck a. exposèrent à date. lettre d'invitation des sauveteurs. sentait les larmes lui gonfler les yeux. mais comme étant gré lui. fâcheuses impressions que les premiers ont fait naître. pêche télégraphique lui enjoignant départir le len- Enfin. Ces circonstances sont certes de nature à faire 3° Blessures plus anciennes. disant que son père était tourneur et que lui s'appelait se nommer Jean Gustave Kinck. et chacun. qu 'on lui avait refusé ce mandat parce que les pa- . il fut de nou- veau éconduit et put se retirer librement.les délégués se rendirent à la petite auberge oÜ. Le corps de Tropmann était couvert de blessures Les époux Raller. nous avons déjà dit qu'une Ce jeune homme lui dit qu'il habitait Roubaix. il s'était muni Les délégués de la Société des sauveteurs de Rouen de la procuration de son père. suivant les in- structions qu'il a reçues. lorsqu'il s'est les termes mèmes de l'invitation. non le 10 septembre. De celles-là serait celle qui quoiqu'il eût constaté qu'il était bien Gustave Kinck. suivant détruire les front. pour qu'il fût fait droit à sa demande. n'ayant pu justifier de son identité et ayant bien naturellement une si flatteuse démarche et par même été convaincu de mensonge. Ce témoin est un commis voyageur qui. parce qu'il a question de savoir si Gustave Kinck a participé au été attesté par un témoin qui a voyagé avec Gustave crime du 20 septembre et s'il n'aurait pas été assas. le convoi qui devait l'amener à Paris à davre de Gustave Kinck. Guebwiller. avait été envoyée par Mme Kinck à Gueb- willers. mais il est d'autres faits qui jusqu'au- caractère desquelles nous n'avons pu obtenir aucune jourd'hui étaient restés complètement inconnus. sur le 20 septembre. à Le Droit. Kinck. son mo.Chemin de fer du Nord. des égratignures qui sem.lui avait déclaré que le mandat ne serait remis que tÁralement labouré de coups de couteau. mal. i on voit des écorchures. le fait ayant eu lieu. qui aurait eu alors entre ci à son tour ayant jeté les yeux sur les termes élo. té dans un wagon de troisième classe. la peau est pro. qu'il avait été envoyé à Guebwillei Kinck. scène touchante est indescriptible. mais celui. La y mirent fia par de bonnes paroles et reçurent la conduite de cet individu avait été par trop étrange promesse qu'Haugel se rendrait à leur invitation. sans que LES BLESSURES DE TROPMANN les autorités locales fussent informées des démarches plus qu'étranges de cet audacieux personnage. nous rectifions aujourd'hui cette deste repas.avoir été livré à la justice. le 10 septembre. et se l'étant fait indiquer. envoyé par Mme Kinck pour retirer de la poste un mandat de 5100 fr. il déclara qu'il L'impression produite sur les assistants par cette s'appelait bien Jean Kinck . résultat probable de avait envoyés de Roubaix. ne put qui aurait rendu impossibles ces épouvantables cri- davantage conienir son émotion et se précipita dans mes qui ont ensanglanté la plaine de Pantin.heures du soir. pant du pain qu'il s'était ainsi blessé.

i ne connaissait pas cet hôtel. a été. comme sa mère. sa morales qui excluent la pensée que ce jeune homme. les antécédents de ce jeune homme. ait pu jouer un rôle quel- son père et sa mère. son interlocuteur lui dit Il nous semble que les confidences de Gustave que cet hôtel était proche de la gare. sur A dix heures. pour ses frères et sa petite conque dans le crime de Pantin. ses explications sur sa famille et sur lui- rivée il le lui indiquerait. sa tendresse pour si bon fils. ne sont pas douteux. les deux jeunes gens sont sortis en. son affection. toutes ces cution des épouvantables crimes du 20 septembre. si bon frère. sont difficilement conci- J. et qu'à son ar. arrivant à Il a donné récemment un témoignage touchant de Paris le veudredi 17 septembre par le train de dix son affection. Kinck. conduite régulière. conduit immédiatement par Trop- . ses démarches pour toucher les cinq mille cinq cents semble de la gare et ont cheminé côte à côte. un joujou pour son frère le plus jeune. sœur. et les deux jeunes gens se revenait à Paris et devait se rendre à l'hôtel du Che. Le commis voyageur a montré du doigt l'hôtel du que sur les indications qui lui avaient été données il Chemin de fer du Nord. circonstances nous paraissent constituer des preuves d'ailleurs. ses frères et dans laquelle il lui recommandait de rapporter de sa petite sœur. Nous croyons donc que Ghs'ave Kinck. sur le but de son voyage à Guebwiller. sont séparés après s'être donné une poignée de min de fer du Nord. francs envoyés par sa mère. comme il faisait observer qu'il main. même. lorsqu'il écrivait à son père une lettre heures du s ir. ^ r liables avec sa participation au vol de cinq mille Guebwiller une poupée pour sa petite sœur Marie et cinq cents francs et surtout avec la pensée de l'exé.piers qu'il avait présentés n'étaient pas suffisants.

le détenu est d'au. et ramas- ce jour. il est probable que c'est une invention de tres fois sous la surveillance de gardiens. je réus- Sur la planchette du dessous. D'après de nouveaux renseignements on peut sui- Un baquet daps le fond. que Tropmann avait laissés-chez ses parents. lors de i nier pour appeler le surv illant de garde dans le son dernier voyage. Trop- le juge d'instruction opérant à Cernay mann l'accompagnait. moyennant finances. dans l'hôtel a pris son parti de se nourrir comme les autres pri. le prévenu sans qu'il puisse s'en douter. déclare que Avant-hier M. fabricant d'allumettes à Cernay. un jour complet sur la Pendant son remier séjour à Pantin. au-dessus de la porte. TROPMANN DANS SA CELLULE A MAZAS Dans celle du 10. Tropmaun a quitté l'Alsace il y a sept mois. Paris. Dans le fond de la cellule. une petite sonnette qui sert au prison. un vase rempli d'eau. avoir une grande foi dans son système de défense. Cambli la vendit à M. Il L'affaire. f du juge qui en est chargé. et pa- A Mazas. qui s'y rendent pour vider Dumas. il dit qu'il en est revenu. tué. hommes dans une cellule à Mazas. Kinck. fj ? les victimes de l'attentat. sère. Kinck père était déjà abattue. La A la Morgue. avait acheté de avec activité. genre de hamac qui s'accroche - Dans toutes les lettres. « Maintenant. Dans celle qui est datée du 4. Cçim- A la préfecture de police. corridor. il parle beau- coup de sa mère . on peut supposer que le jeune Gustave fut assas- Gardé souvent par des détenus. Tropmann. la fosse préparée à l'avance. désole. mais sans résultat actuel. On les réserve aux prévenus dange. comme on le croit. c'est le crime. La famille est mise Au milieu de la porte. vre Tropmann depuis son départ de Cernay jusqu'au voilà tout le mobilier de cette triste chambre. on attend avec impatience que la machine se dérangea en route. égorgé et jeté dans ont précédé le crime. ou bien pour trouver un précédent à l'horrible forfait de Pantin. Tropmann était toujours proprement vêtu. naires dont la cloison qui sert de séparation est Si le 4. — on remarque dans l'une des let- quand vient la nuit au clou fiché dans le mur de tres cette phrase : Il ne faut pas que ma mère se II: gauche. état. quelque gredin qui l'aura aidé dans le massacre. et qu'il travaillait très-irrégulièrement. > que sous son prénom. il annonce qu'il part pour Lon- dres. dont la mission siné dans la nuit du 17 au 18 Quant au voyage à est de provoquer des confidences. Tropmann a retrouvé son calme et paraît raissait infatué de sa personne. La pièce est formée de deux cellules ordi. heureuse de retrouver Cinq de ces lettres jettent un pays du père. Est-ce pour y chercher un système de défense leurs différends à coup de couteau. Cambli. homme . Cambli vendit d'autres machines semblables dans LETTRES DE TROPMANN dans le département du Nord. en vertu d'une C est dans ce voyage qu'il se lia avec la famille commission rogstuire. il rassure ses parents : Cette cellule est de celles qu'on appelle. Tropmann passa trois semaines à la remettre en bon davre de Gustave Kinck pendant qu'un peintre fai. dit-il. Richebourg a photographié le ca. Quarante-deux lettres de Tropmann adressées à Comme il fallait un ouvrier son père ^et à de proches parents ont été saisies par pour la pose. moins compliqué que celui qu'il a adopté jusqu'à Journellement l'autorité doit intervenir. mann dans la plaine de Pantin. et Tropmann fils fut permission soit donnée de rendre à la famille Kinck chargé de la réparer. se trouve une planche assez longue sur laquelle on voit à droite le lit plié. if* sait son portrait à l'huile. les recherches continuent bli. rue de Mètz. Cette maison sert de lieu de rendez-vous aux Il demande à lire les Crimes célèbres par Alexandre Allemands de la commune. de Bâle. il annonce son arrivée à Puris et dit à sa lam. que son affaire marche. pu trouver.lb que tout va bien. également à gauche. » C'est la lettre reux ou à ceux pour qui une surveillance active est adressée à la famille Kinck pour la faire venir à réclamée. un guichet est indiqué au au courant de ses péripéties sans qu'elle se doute que milieu duquel se trouve le judas par où l'on surveille le fils a entrepris la destruction de la famille Kinck. Le prévenu Tropmann attend le jugement des Dans celle du 16. Ces recherches ont mis sur la piste L'instruction suit son cours régulier dans le cabinet d'un complice. il est question d'une affaire qui doit tirer sa famille d'embarras. à Mazas. on croit être Tropmann père une machine destinée à faire des sur la trace d'un complice. Rimaillot. qui vint à Paris avec lui. et notamment à Rou- j baix. un escabeau et une table. sur la planchette. ser quelques blessés. Tropmann conduite de Tropmann pendant les vingt jours qui fit la connaissance d'un autre compatriote. à droite de la porte. G est là qu'il a La demande a été refusée. Il prenait ses re- sonniers et a tout à fait renoncé à ses velléités de priver d'aliments. lettre que j'ai écrite le jour même. Dans sa lettre du 18. tenu par un sieur Kaiser. Londres. se pas chez Grévi. tout dépend du succès d'une cellules doubles. Le juge d'instruction a saisi également des habits A gauche. rue du Chemin- Vert. qui n'est encore connu tubes en papier. il ne faut pas qu'elle perde courage. marchand de vins. jour du crime. sirai et je parviendrai à la mettre à l'abri de la mi- se trouve le matelas. à Pantin. Il Il logeait à la Villette.

on aurait sans doute fait commissaire de police a fait accompagner Frémion à croire que de Paris elle était allée en Amérique. blié. tier Sainte-Marguerite. vers dix heures et demie. heures du soir Arrivés sur une grande route (la route d'Aubervil- C'est le). et Voici une déposition fort importante. à onze heu- L'INSTRUCTION DU PROCÈS res un quart. DÉPOSITIONS quérir la fortune. Afin de vérifier l'exactitude de cette déclaration. d'atelier. Cette conception eût pu très-bien En voyageant il a donné les détails suivants : aboutir. Il lui tarde que le secret soit Le Journal de Roubaix dit qu'un de ses camarades levé afin de pouvoir les lire. témoins. nys. pour la conquérir. accompagné de son patron. je voulus poursuivre tout. La nécessité de tuer tous a entendu dire à son garçon qu'il avait vu dimanche les ayants droit. un individu en blouse plique pas autrement. Cet homme était adonné à. la famille Kinck. me dit. qui précise qu'il partirait ensuite pour quelque temps en Amé. j'a- Pantin ne l'eût déjouée. mes qui étaient occupés à ce travail. n° 157. 56.de peine dans les ateliers Weyer et Lereau. à onze heures et demie. le mille de Roubaix à Paris. il se lait. il d'une fortune tout entière. » adresse une questiou. entre trois et quatre heures de l'après-midi.. Priar. lieu de la conversation. rue Traversière. c'est plus court. disent sur son affaire. tenu par M. droit mon chemin. il la police connaît le nom. tionné que sur un point. au coin de la rue après une confrontation qui lui a été particulièrement de l'Alouette et de la rue de l'Espérance. Le sieur Lenoble a fait con- geance ni un vol ordinaire. et je descendis à la gare du M. qui avalt bu un coup. Après avoir attiré la fa.V'?r~:?rt que de celle-ci. non plus que la découverte de blanche ou en manches de chemise qui travaillait tous les papiers de la famille entre les mains de dans le champ Langlois. Au pied de l'escalier qui conduit à collègues tomes les autres atfaires dont il était chargé cette dernière gare. en Il s'est fait apporter un roman d'Alexandre Du- face de la gare de Strasbourg. que sont maintenant entendus tous les liers). ne s'ex. Mais il lui est fort diffi- de Kinck père. si la prompte découverte des cadavres de a Je suis à Paris depuis deux mois environ. s'est présenté vendredi der- Nous nous trouverions donc en présence d'une nier. il a settes. la boisson et à la débauche. combinaison profonde. l'heure où la fosse a été creusée. Tropmann est arrivé à Roubaix le 26 mai 1869. il s'installe à Mazas et y reste jusqu'à six Nous fîmes route ensemble. la fortune de champ où il avait vu travailler cet homme . à l'aide des papiers volés. est resté taciturne pendant une demi-heure. était déjà resté quelques mois à Y hôtel de Bdle. avec plusieurs amis. Douet d'Arcq. Bonsoor avait acheté le brevet qu'il possédait. et dont Chaque fois qu'un point a besoin d'être élucidé. bervilliers. quand en est reparti le 16 juillet. en me Voici comment il procède à l'égard de Tropmann. déjeuner. A Paris. des machines à faire des bu. soir. celle qui a trait à la Je le suivis et il me raconta sa vie au fort d'Au- déposition qu'il vient de recevoir. il travaillait chez M. rences littéraires étaient pour Alexandre Dumas. dix jours avant le dépari on le presse trop. l'homme arrêté au Havre. c'est de là. Cependant. il Tropmann devait monter chez M. rue de Charonne. lui par là. fabricant de Il s'inquiète beaucoup des journaux et de ce qu'ils machines. comme étant la partie du procuration au nom même de Kinck. l'indifférence apparente est revenue. y compris les petits enfants. chez M. désagréable. De. cile de ne pas être catégorique lorsqu'il n'est ques- Il logeait rue du Grand-Chemin. Le matin. au Palais-Chinois. montrant un stntier à travers les champs : « Viens D'heure en heure à peu près. il y Eugène Suë et Fenimore Cooper. car elle gêne son système de défense. vais besoin de venir changer de linge chez mon on- cle Desouche. d'une série de crimes lon. mais la soustraction naître qu'en dînant chez lui. compagnons. il disait qu'il voudrait trouver une occasion. mais le soldat. Tropmann est devenu plus communicatif avec ses Il prenait sa pension à l'estaminet : à la Chasse.are:r) hdure. Puis. juge d'instruction. il a quitté Pantin vers L'interrogatoire y gagne en clarté. Désiré Clemenen. Tropmann connaissait donc Paris. demeurant chez le sieur Lenoble. puis il le renvoie. au commissariat du quar- guement médités et n'ayant pour mobile ni la ven . par fosse des six victimes. dimanche 19 courant. et les réponses le mois de février et est parti pour l'Alsace. Il Tropmann n'aime pas beaucoup à répondre . en précision. n'importe laquelle. parlé de son crime avec ses compagnons. . agit de même. que l'assassin Il a parfaitement reconnu l'endroit où se trouve la eu les assassins auraient fait liquider à distance. et Pantin. mas. raconte que le langage de Tropmann respirait toujours le même désir d'ac. James Bonsoor. épicier. la question. je rencontrai un militaire qui et ne cAolù:. dans la matinée d'hier. me demanda où j'allais à r. il leur a dit que ses préfé- et dont il avait vu un spécimen à Paris. et. Le nommé Frémion (Louis). en effet. et au mi- M. et le nombre d'hom- rique et reviendrait plus tard quand tout serait ou. Jean-Baptiste Nys. après son Je lui répondis : à AuberviLiers. 19. âgé d'une quinzaine Il faut reproduire sa conclusion qui résume toute d'années. je pris le chemin de fer de ceinture à la gare de Charonne. une seule. il le fait appeler. a laissé àses pont de Flandre.

qui n'était autre que Tropmann. rendit à son domicile vers sept heures du soir. '1 \ passé la nuit dans la même chambre (n° 22) que Tropmann. ou bien l'on achète un cachet vidus se sont levés à trente pas du premier et se sont chez un graveur. nous ans. nous autres serons compromis. » . a reçu aujourd'hui une let- et les prés Saint-Gervais. de tâcher d'arriver près de j demeurait rue du Chemin-Vert. ils dînèrent ensem. il prit rendez-vous avec Tropmann pour le dont se servent les pâtissiers pour envelopper Jes samedi 11 septembre. Mais Mme Braig se rent dans l'esprit de ce dernier rappelle parfaitement bien avoir reçu. des papiers chez cer- Pendant que nous l'observions. Il résolut de se rendre à Auteuil. sans qu'on ait eu à lui faire le moindre Nous traversâmes alors les champs et nous retom. parmi nous était En de chez Tropmann. et comme Aron est très-com. Tout à coup il s'arrête et me dit : l'on devenait inviolable. Ce soldat n'a pas été trouvé. car ils la regardaient beaucoup. » qu il se trouverait bientôt san:. 0 Ils se donnèrent rendez-vous pour le dimanche 19. ouvrage. Montmartre. Il « monta dans l'appartement occupé par Wetling. « On se procure. « Allons-nous-en. ce sont des pays. Faites alors votre testament. Après une conversation assez banale.. » parler à celui qui la creusait. il demeure dans la commune de Bobigny (Seine). si vous n'y al. et à vous. rentrant de son travail. et pendant le Le garçon lui en ayant fait l'observation trajet. chez un sieur Wet- ling. Il s'appelle Aron (Jacques). comme Aron faisait comprendre à Tropmann : « Taisez-vous. de pâtissier. Tropmann l'a as. et Aron conclut qu'il lui avait manqué de parole ce sassiné en suivant les mêmes procédés qu'avec le jour-là. madame Braig. » « et le samedi il se rendit à l'atelier où était occupé L'enveloppe est grossièrement faite avec du papier Aron. on a ajouté : Tro. où ' "" (J « X HENRY. où il prenait même ses repas. mann. emme. 5. ^ tre ainsi conçue : Il a été question déjà d'un jeune homme qui aurait « 26 septembre. et les papiers ainsi établis vous dirigés vers nous. à l'hôtel du Chemin de. \ Ht) . Le lendemain. oeil américain elle fe. « avec son me « rait dire ce que je ne voudrais pas. Aron. se votre affaire... C'est un ami qui vous prévient tout de suite. qui l'accompagna jusqu'au dépôt des omnibus ces donnent lieu de croire que Kinck père a été vu à (la Villette Saint-Sulpice). 13. bien qu'on se fût dérobé à v. virons. C'est donc j Ce jeune homme travaillait d'abord à Pantin. il va sans doute s'y cacher pour l'éternité. femme ressemble à ma mère. Sur un autre papier. comme tout le fait supposer. » travaillait. il y avait 15 septembre de cela deux ou trois mois. commissaire de police du quartier du faubourg nant avec lui Aron. père dans la banlieue et probablement entre Pantin rue Grange-Batelière. Fer du Nord. cette commune néreux que courageux. Voici les conseils qu'il lui une fosse. lui dit-elle. Ils se couchèrent dans le même ht. et il vous avouerait tout son crime. ! lez pas. entre autres choses. dit-il. au premier abord. On lia conversation. mann n'eut garde de manquer le rendez-vous. Tropmannra. » possédant plusieurs usines où il pouvait s'utiliser. ble dans un cabinet borgne de la rue de Flandre. il a dit Cette! « sortant vous. Keller. il avait jeté dans une rivière un chez elle deux bouteilles de pale ale. le mercredi Il lui dit. Si. reproche sur sa conduite et son travail. trois « Madame. jour de paye. Il lui. propriétaire de la Taverne de Londres.' hi iir. sage Jouffroy. dans une fabrique de craie. être prise conta à Aron certains détails de sa vie qui se fixè. dimanche 12 septembre. recula prudemment et Us se quittèrent le soir.{ « Regarde donc. tains agents d'affaires . Aron sortit des ateliers où il vont nous arranger ça aux pommes (sic). il fit la rencontre de Trop- Des renseignements provenant de différentes sour. Il emmena ce dernier à Paris. ce dernier Mme Braig nous a dit lui dit qu'il était bien facile de passer à l'étranger. ' Paris et dans plusieurs communes usinières des en. se promettant de se re- me dit : voir. Il y a quinze jours que nous avons bu de l'ale jours avant le crime. ». propriétaire. ils parti. Cinq pains à cacheter la ferment. plus gé. où il cc plus chez elle. Le 8 septembre. Tropmann prétendit avoir affaire à Fontainebleau. donna. gâteaux. — ses livres le prouvent— trois hom- mes qui se sont assis à la table n° 8 et ont consommé tement du Nord.j travaille comme ouvrier. deux autres indi. » ce dernier lui présenta un jeune homme proprement Ceci est écrit au verso de trois adresses détachées mis. rent tous les deux pour Saint-Cloud.. Nous ferons était ajusteur dans les ateliers Weyer et Lereau. garantissent de toute mauvaise rencontre des gen- Le soldat. Je ne retournerai :oc rue de la Folie. homme avec lequel il s'était pris de querelle. qui s'était approché de la fosse pour darmes. La présence de ces hommes l'a frappée. qu'un jour. Cette lettre peut. voulut m'offrir un café. Elle a été mise à la poste rue Saint-Lazare. ' reste de la famille. car autrement en voilà trois qui Le 17 septembre. Aujourd'hui même il faut voir Tropmann. il est âgé de dix-neuf et chez vous. La- Tropmann rentra chez lui vers dix heures. pour une sinistre mystification. léger et gris comme celui municatif. Dans la rue de Flandre. voyageant dans le dépar. net. en v'là un devant nous qui creuse la loi de la conscription. Mme Braig a é té porter cette'lettre chez M. on retrouvera le cadavre de Kinck Mme Braig. où que le signalement de l'un d eux correspondait parfaitement avec celui de Trop- ^ . bâmes sur la route de Flandre où le soldat. demeurant dans le pas- « C'est votre compatriote.. lui disant : de la montre de M.

Sa déposition prouve que depuis longtemps Trop- 22. l'enquête. D'après le Progrès du Nord. un cachet portant cette inscription : « Gustave à Roubaix. Lorsque nous avons donné le dessin de la pelle et Rien de ce qui peut mettre la justice sur la piste taires de l'opinion . Quatre médecins délégués par l'administration ont examiné lundi Tropmann. de la pioche.1 a fabriqué. d'un complice ne doit être négligé par les journalis- tes. » Kinck. ajoute le Figaro dans farticle que nous le troisième était un homme de trente-cinq ans à reproduisons. Bouillan. cache une force peu commune. de minuit à une leur importance. a suivi la trace de Kinck . dont nous ayons reproduit dit-on. faire procéder au curage du canal. agissent. rue de l'Alouette. heure. voyagent. Leur rapport constate qu'il est parfaitement sain . M. mécanicien. bien et entre autres la nuit du crime. et la preuve. 'le juge d'instruction Leroy. Hercelin. Le second était un jeune homme très-timide. c'est que la justice va. sins auront peut-être jeté les pièces de conviction. il y a un mois environ. ce n'était pas par un amour puéril du figure énergique. qui ne parlent. mann. par M. et que son apparence chétive mann méditait son crime. Gustave Kinck était alors à Roubaix : ce n'est donc pas lui qui a commandé le cachet. dirigée par Un graveur de la rue Saint-Martin. où les assas- la déposition. Ces détails ont. de corps et d'esprit. s'enquièrent comme ils le font que parce qu'ils sont les manda- publique. détail : c'était pour qu'on vit bien par les proportions Le signalement du dernier semble s'appliquer à que la pelle a servi à un homme moins fort que celui cette sorte d'hercule aperçu par plusieurs personnes. qui a dû manier la lourde pioche.

fonde. Une rumeur étrange circulait hier même dans cer- Les deux suppositions accréditées ici sont que tains cercles officiels. avant toute autre course en vide.. .. contifiBnr.t di-vai?. Il lui a fait écrire une lettre qu'il a eu à peine la force de signer. tante une autre dépêche gendarme Ferrand. pour lui à la poste. ne me Le lendemain. Je dois ajouter que le calfat t-igéeJean Kmck. pour laquelle. ') venu à pied et aura été tué et caché entre Soultz et Jusqu'à l'heure de mettre sous presse. le soir. tenonb. dans un silence absolu le bureau du . c'est qu'à Guebwiller.\!légraphe. Or c'est jusiement à ce tournant que l'on descend de l'omnibus. qu'il a quitté Guebwiller sur une dépêche signée par nous apprend que le père Tropmann est brisé. L'année dernière. éprouve une profonde affection. Une dépêche datée de Cernay. nal du Havre.. de l'Ange. Rien n'est venu confirmer cette nouvelle que nous montrer à son compagnon de voyage sa maison si- tuée à cinq cents pas de là.1 crime. d'après ses lettres. que commence le ch min . Dès le premier On doit se rappeler que Gustave Kinck fut fort jour j'ai exprimé des dou'es sur cette histoire où il étonné quand Mme Roiier.. sans phras s et sans prétention.. tous les l'eau. Kinck était parti de Guebwiller très-pauvre. Si la lettre reste sans effet. et c'est là. îéoits. hôtel du Haugel (on prononce Haugnel) et les charpentiers Chemin de Fer. Le plan de Tropmann eùt échoué. c'est-à-dire depuis le d'hui un vrai coupe-gorge. parle plus aisément de son crime. On y arrive par deux points communiquant Cet homme était auparavant dans une misère pro- avec la partie la plus pauvre de la ville. Seulement. de Tropmann. le 29. Il cause un peu avec ses deux codétenus. y. sa tante. elles sont nécessaires.. accompagné de Tropmann. r»r-'. aujourd'hui presque joyeux. s'il avait pu passer la mer par cette seule raison qu'il Kinck père avait été assassiné. f tant le pays.v . jeudi et vendredi. Il a dû arriver à Paris le 18. Le pauvre père le supplie. le long du lit d'une rivière presque toujours à l'argent plein ses poches. abattu le faux Jean Kinck. qui ont aidé le calfat à sortir de Ce qui est certain. tin lundi. femme du con.. Malai t et Couteur.. sont La lettre a dû arriver ce matin 28 septembre à Paris. et par le récit qu'on lui a fait du crime de son fils. sa. n'avait pas ne grande bahi été de faussaire. Mais on ne peut s'empêcher de prendre part à la douleur de cette pau- La police de sûreté est à la recherche. Tropmann commence à devenir plus communicatif àMazas. depuis vendredi. Kinck. personne. au nom de toute la fa- RECHERCHES DANS LA VALLÉE DE GUEBWILLER mille qu'il plonge dans la désolation. quand il vint à Gneb- willer... » vre mère. pour montrer à sa femme la maison qu'il avait achetée.père jusqu'au 8 septembre. dès le 4 septembre.de. naturelle. D'après les renseignements puisés à Cernay. on incrédules. et ne s'enferme vre.n qu'-l -v. était l'assassin. .. comme prématurée. mercredi. "\ sa mère et les cinq autres enfants y sont venus le 19. et -qu'il n'est'pas prudent de sui. dans un délai jour où le nom de Tropmann a été connu. jusqu'à preuve évidente. comme ont dit les témoins appelés à ce sujet.IV de P:mtÍü. pour. assistaient à ma conversation avec Ferrand. on espère que l'intervention directe On a quelques soupçons sur le lieu probable du de ses parents le décidera à compléter ses aveux. a lieu de croire qu'il n'est pas bien loin encore.. atterrés dès qu'on a su que complices. il répétait à qui voulait l'entendre l'histoire de sa vie laborieuse. Quant à Gustave. arrivant à Gueb. aussi ferme-t-il dl' bonne Nous revenons aujourd'hui. avec l'appui du Jour- heure. amis de Jean Kinck.. A partir de cette époque vaient qu'il devait venir se fixer au pays. même serait autorisé à supposer que. il a dis- très-prochain. attendu qu'il a mal au bras. avec de sert. il doit y avoir là une gare de chemin paru de Pantin. mais sa piste a été retrouvée et on de fer. Goebv: i'pr lui ap. que l'acquisition de Kinck. il qui longe la rivière. uas vu son ueJ't!. de gendarme cierge de l'usine Gfûu et Ci" à. à une heure.m. Il ne révélait que trois jours après l'arrestation. On disait que le cadavre défiguré dé Jean Kinck willer par la route unique. nous avons Guehwiller.. et partit le jour même. ainsi que son brigadier. in- il euvoj uf-t> «iepeene puur que je vieuue signer m 'a •. et faisant une noce à tout sec et dont les bords. C'est aujour. ne sont fréquentés par casser. d'un autre compatriote de Tropmann qui a été vu à Pan- ? Cette maison est située dans un endroit très-dé.. mardi. ou sera avait été trouvé non loin de Cernay. s'agis ait de police de sûreté avertie. ce qui expli. de désigner ses Les gens de Cernay.. que Doursou lAe". indépen- damment de l'Allemand dont nous parlions hier. - p. on le mettra en face Il se plaisait à répéter qu'il n'avait que dix francs de sa mère. parce qu'ils savent qu'il S'il reste encore un sentiment humain dans le cœur est natif de Bronstatt et non de Cernay. cet état de chose doit changer. sim. de •. comme le premier jour. il dans sa poche quand il commença sa route en quit. -.. Si pénibles pour la famille que puissent être ces épreuves. tant soit peu fantaisistes.fts de Tronmann à Doursou auii ne con- « . du Il reçut aussitôt chez sa.. Or. celle de Soultz.v. et ajoutait : « Je reviendrai l'année prochaine pour faire agrandir ma maison et construire à côté un atelier. . et ils étaient nombreux. et la nou- velle de son départ pour l'Amérique les eût laissés on ne découvre plus deIl. du Nord. leur compatriote.. c'est le :7¡ dans l'après-midi. prit le 16 septembre uu EUE JU ci. Tropmann. constatait son bonheur en mé- nage. sur l'iiieiderit Doursou. il se présenta chez le directeur et semblaient pas aussi dignes de foi que la narration échoua. ou sera descendu de l'omnibus à l'hôtel attendu une dépêche. Il est vrai que c'est dans ce chemin que se trouve plus. le mandant à Paris..

et là il a avec lui. et au creusement de quelconque dans ce drame étaientd'une précision telle sa iosse. impossible de répondre à Il faisait partie d'une société de dix a douze indi. Il faut se défier des imaginations tardives et des prophètes qui viennent. 10 h. la famille Kinck? vient le mérjte d'avoir deviné à temps quel homme Tous les actes notariés? il avait sous la main. nous avons le récit invraisemblable. Il est allé travailler à Roubaix. justice. inconsis. . Tortillard. l'a-t-elle suivi dans le lieu dé- mune de Pantin. pouvaient être que l'expression de la vérité. et qu'une seule ville . plus connu sous le nom de Tortillard. vous dire : LE HUITIÈME CADAVRE « Ah ! je vous l'avais bien dit. place a été publié jusqu'à ce jour. pour résumer tout déjà signalé des malfaiteurs qui n'existaient que dans ce qui a été dit et écrit sur le CRIME DE PANTIN de- sa cervelle et fait rechercher des scélérats inventés puis le jour où il a été découvert jusqu'à ce moment. Kinck. sur le vu d'une lettre signée de Tropmann ? me-des-Champs. à lui re. )t Dépêche télégraphique particulière. nous avons. des relafions durant les vingt jours de septembre L'arrestation a eu lieu jeudi dern:er v«rs midi. surnommé Une foule de questions se posent chaque jour. et c'est l'assa sin qui s'était trahi lui-même. J'étais bien sûr de ne pas me tromper. la nuit. Comment. que l'assassin était au Havre — et avance qu'il a prévenu la police de sûreté et qu'elle ne s'est Hœnsler. matin. — d'un autre terrible affaire et de s'expliquer. dont nous avons ra. toutes ces questions. fait la connaissance assez intime de Ja famille Aujourd'hui le témoin Aron. des photographies des repris de justice. que Trois jours après Doursou raconte une conversa. vert entre Bollwiller et Cernay. On a retrouvé un certain nombre de femmes de tionnel. hier soir. Nous avons publié le procès-verbal du gendarme. a été mandé par pas dérangée ? la justice pour aller reconnaître un cadavre décou- Doursou. les restes de la famille Kinck. parle de banknotes vues entre més. et cela au marches pour lui faire toucher les cinq mille cinq péril même de sa vie. Il ne cherchait pas à s'attribuer un mérite excep. tant et intéressé du placeur de matelots. et des indications minutieuses qui ont été envoyés tion et autres personnages du même acabit. C'est dire qu'il a des rapports forcés avec la police et la gendarmerie. Dans sa clientèle il a souvent affaire à faite au moyen des signalements. précis. qu'il a passés à Paris avant le crime. clairet sans forfanterie du gendarme Ferrand. une première constatation ayant dû être d'équipage.. après coup. seront dirigées sur Tourcoing. à plusieurs reprises il a Nous ne pouvons mieux faire. Tout porte à croire que c'est le cadavre de Jean nir aux navires américains et étrangers des hommes Kinck père. a été interrogé hier. les mams de Tropmann. est placeur de matelots. où sont ces banknotes? Tourcoing et Roubaix ne forment. Son occupation est de four. il est venu à Paris.. fort peu particulièrement dans ce pays où l'on avait lieu de pourvus de papiers et souvent mal en règle avec la penser que Jean Kinck avait été assassiné. la famille n'avait pas encore Il n'y a pas l'ombre d'une banknote. monde. le beau-frère de Kinck. que de transcrire l'article du chroniqueur du Petit En résumé. Le moment est venu de voir enfin ce qu'est cette depuis longtemps connu de ses chefs. conté hier les relations avec Tropmann doit être Puis. Le marchand qui a vendu les outils employés à Les souvenirs de ceux qui avaient tous joué un rôle l'assassin it de Gustave Kinck. RÉSUMÉ DE LA SITUATION Un assure me me que Doursou aurait plus d ima- ginative que de jugement. Qui est cet homme qui a si bien su avant tout le Guebwiller. moment de l'arrestation Cependant. où ils seront inhu- tion philosophique. dans l'après-midi. et il a été chargé d'un amené à Mazas pour une confrontation. fait réclamer les corps. Tropmann est le fils d'un compatriote de Jean Il est à supposer que ses complices étaient déjà Kinck. nous apprend le Soir. des matelots de l'État en déser. d'un côté. petit village dépendant de la com. assez tard. Tous les titres de propriété ? Au courageux Haugel revient l'honneur d'avoir Comment Gustave Kinck s'est-il prêté à des dé- rendu à la justice un assassin dangereux. on le sait. par lui. le témoignage Journal. la date et concordaient si parfaitement ensemble qu'ils ne précise de ce crime. KRAFT. j'étais au Havre vendredi vers cinq heures du matin. et l'étude approfondie de ce qui vidus et au retour ils se sont arrêtés à Pantin. par son imagination romanesque. s'il est possible.. C'était probabilité de nos conjectures. nous fait croire à la de l'Église. 30 septembre. il avait arrêté Tropmann sans savoir qui il mœurs douteuses. chez le marchand de vin Yvon. avec lesquelles Tropmann a eu arrêtait. Ce n'est qu'aujourd'hui. travail dans une usine qui avoisine Pantin. et qui célébrait ce jour-là sa fête sert où le crime a été commis? patronale. les deux cités sont réunies par un le détail de tout ce que Tropmann portait sur lui au faubourg entièrement couvert de maisons. dans Comment la famille Kinck est-elle venue à Paris. a été jusqu'à Notre-Da. la journée du dimanche 19. mystère qui y règne encore. On a. cents francs de Guebwiller? On recherche également avec qui Tropmann. Comment Tropmann avait-il tous les papiers de Rendons à Ferrand ce qui est à Ferrand. Nous pensons qu'il est. le côté.

mais il ne sait pas en tirer parti. à côté de celle où j'ai travaillé et je suis sûr voyait seul. On n'aurait qu'à « Comment faire? dit enfin le père de famille con- choisir. Je ne veux pas acheté une fabrique. « Oh! ils seront riches un jour. et Gustave. procuration. leuses et en négligea les dangers. et Alfred. dit-elle. — Paris. irrité par les résistances qu'il sards d'une entreprise grandiose l'effrayaient. il reprenait sa lecture favorite. voyez-vous. C'est une forte somme.. en fixes et fascinateurs. et Emile. La mitrailleuse. 4 rencontre. New-York. Je possède n'avait qu'un but. poussé. » . Enfin Kinck. 1- Il faisait beaucoup de pro- l'on gagnerait seulement cinquante francs sur cha- cune. de la réali- où j'ai un oncle. Il dînait très-souvent terre. :!" 1 Disant cela.. — Des millions! disait Gustave enthousiasmé. » esprit qu'il avait envoyé sa femme à Guebwiller. Mais il n'avait pas — teur. " le Juif Errant. on la vendrait vaincu. me charge de la vente de vos propriétés-. car je n 'y Il admirait ce caractère. Mettez que avec elle.. !Î' Chaque fois qu'il allait à cette usine. entrainé. Londres. Kinck était ambitieux. continuer ces calculs. Angle- A son retour à Roubaix. et je ne profiter. ma petite Marie. tion de fortune modeste mais honorable .fc AJ . elle déclara que rait son ami. en Autriche cent mille mitrailleuses. " ' — Vous croyez? demandait Jean Kinck....J < des milliers de busettes. » « Il y a un moyen de vous. lent père. concluait Jean Kinck. Tropmann.. auprès de son mari.. ce serait avec une grande répugnance qu'elle irait Le père Kinck était ébranlé. revenait à la charge. et libres de choisir le lieu de résidence qui vous On ne parlait que de lui .. . et les ha- Malheureusement. Et toute la famille se regardait et Gustave admi- Mais lorsque Mme Kinck revint.' ' » habiter la ville qu'elle venait de visiter. à Paris. demanda Jean Kink. j'y consens! je donnerai ma cisément j'en connais une à quelque distance de Pa. heureux . Mais aux États-Unis! jets et voulait habiter l'Alsace. supposez en en en ment avec la famille Kinck. Je pourrais bien me procurer quelques milliers de tait celui de Rodin. allons! vous irez « Comment cela?. il avait une posi- mitrailleuse qui tire cent coups à la minute. il considérait sa nombreuse famille vin l'oubli de ses malheurs. sation de tous vos biens. circonvenu. Italie. habiter Paris! v — Oui et non. Vous Nous irons à Paris!. il les regardait tous avec des yeux "<c Allons ! disait-il toutes les fois qu'il revenait. — Donnez-moi une procuration. tation.' . •.. d'Eugène Suë. — Un personnage surtout le frappait dans ce livre .. voudrais pas moi-même m'occuper de cela. et qu'il serait impos-. Ce sera la plus belle affaire de l'époque. on voyait en lui l'artisan plaira. il néglige ses affaires et il cherche dans le D'un autre côté. dit Tropmann. Sa femme le supplia : — Cela exigerait-il beaucoup d'argent? ajoutait « Oh ! mon ami. — Et nous irions habiter Paris ajoutait Mme 1 ne vit plus que le brillant côté de l'affaire des mitrail- Kinck.. Mais à New-York. mann.. il se disait sans cesse qu'on pour. excité. reprenait le tenta- bien ingénieux de l'imiter. En France. dit r Cette conversation se renouvela plusieurs fois. mais c est en im- rable en faisant disparaître tous ceux qui devaient en meubles. donc.' C'est toujours un excel. la têt e d'un des plus grands établissements industriels — Et que faudrait-il pour cela? demandait Jean de France... 'J ce que l'on voudrait dans tous les pays. pressant les mains de Mme Kinck. Il faudrait de toute habitation. et je vous mettrai bientôt à lable.. où il avait même On en vendrait bien le double. et il trouvait qu'il serait entends rien. table en ce moment. » Kinck Jean Kinck hésitait encore. d'abord quelques milliers de francs pour payer la lo- rait y assassiner impunément. ce que l'on gagnerait est incalcu. C'était le rêve qu'il caressait. v Sa femme. environ cent cinquante mille francs. dans ploitant son invention ! que d'argent à gagner ! l'intimité du tête-à-tête. éviter ce voyage. quand il se ris. il a découvert une Longtemps le père Kinck hésita . Tropmann avait le don de persuader. » * . — . seulement France. — Allons! eh bien. s'approprier un héritage considé. inventions. de vous rendre riches à tout jamais Tropmann devint l'inséparable des Kinck. Pré. en propriétés difficiles à réaliser.:. Tenez! de encore décidé ce qu'il ferait. Gustave. Mme Kinck avait l'air de dire en regardant ses Toute la famille était il. Voilà déjà cinq millions. rendre nos enfants riches. pour Et quand il rentrait. c 'é. mais il n'a plus conscience de ce qu'il fant. Il faudrait monter une usine.. isolé au milieu d'un vaste champ. Cependant quelle comprenez fortune vous auriez ! Voyez combien millions vous posséderiez en peu de temps. loin qu'on l'aurait à de bonnes conditions. et toi aussi. et enfants: j Tropmann assistait à son repas. de cet homme à face multiple. il se lia plus intime. qui devait bientôt être augmentée d'un nouvel en. De plus. ils deviendraient trop éblouis- Cette idée était tellement enracinée dans son sants.-Ï i d'une fortune princière. on serait riche. I. je on serait décoré. mais le reste me paraît difficile. qui francs. prodigieuse. cation et en suite soixante a quatre-vingt mille francs l'outiller et pour commencer cette vaste exploi- sible de découvrir les coupables. et — Écoutez : mon père est le génie même pour les Achille. je vous le promets.. éblouie par les promesses de Trop- Et cependant quelle fortune on réaliserait en ex. et Henri. \ " " " fait. savez qu'il a trouvé le moyen de faire rapidement —• Oui..

rendent en passant par la Belgique . réalisable en-ce moment.. Il réclame la lettre. disant qu'il s'appelle Jean Il écrit à Gustave que son père impatient est parti Kinck. Il Gustave fait ce voyage . à l'hôtel du Chemin de Fer du Tropmann balbutia quelques mots et se retira. il lui dit d'aller sans retard à homme de quarante-cinq à cinquante ans. baix tous les fonds qu'elle pourra se procurer et no. Tropmann l'engagea tout d'abord à aller en Alsace point central de leurs affaires en Alsace. Plus long le père Kinck avait été à consentir. qui pour Paris sans attendre les fonds qui doivent lui il n'a pas été publie. Ici. Jean Kinck est un retirer. et vous Guebwiller puis de venir le rejoindre en même temps ne paraissez pas avoir cet âge. Dans cette hypothèse Mme Kinck réunira à Rou.. En même temps. Tropmann se rend à Guebwiller. ils descendent à former et en faire une succursale de la grande usine. plus tamment une somme de cinq mille cinq cents francs ardent il devint à vouloir se lancer dans l'inconnu. une station. Guebwiller. » que son père à Paris. Nord. et les enverra à Guebwiller. s'appelle M. Et il arrive désolé à lui est aveuglément acquise. Gros) lui répond: parvenir à Guebwiller . Paris. Le directeur de la poste (disons son nom. à Bolwiller peut-être tout près de qui serait toujours à Pantin. que lui seul Gustave peut les « Je ne puis vous la donner. prendre des dispositions pour vendre son usine. l'on perd la trace du père Kinck. ou Kinck père et Tropmann partent pour l'Alsace et s'y plutôt pour examiner si l'on ne pourrait pas la trans. . mais à lui aussi on refuse a confiance en lui et il sait que toute la famille Kinck la lettre contenant les valeurs.. Ce premier échec ne l'émeut pas outre mesure.

le crime ne peut rester longtemps nouvelle à ses enfants. qu'au- C est bien noir. il il écrit à la mère devenir à Paris. le dimanche soir. on la piétine. arriver. ques détails peuvent être inexacts. en effet. voir un mari.. s'est chargé de le s'être débarrassé de ses complices.. au milieu du champ qui conduit à l'usine. On nous assure que les cadavres de la famille * tendait. » mement lié avec Tropmann et qu'il était également Et. » Tropmann marque des sillons jusqu'à ce que toute Ils partent en effet pour Pantin. avec tous ses en. Il C'est pour cela qu'il ne peut pas écrire à sa chère se frotte les mains et regrette bien un peu de ne pas impuni. communique la bonne Seulement. On sait le reste. dans A une certaine distance. propriétés et de lui en faire parvenir le montant. et il montre devoir.. » « Il faut partir. On des- cend de voiture. confiante et joyeuse. j et peut-être pour New-York. il est terre. Nous réunissons ici les faits nouveaux que nous Allons. lorsqu'il pense l'avoir caché à tous les regards. il fait arrêter le fiacre. r e Porte de Flandre. où étaient les deux r fosses. ajoute-t-il. Les trois assassins son cabinet au Palais de Justice. votre mari. » vre les victimes de cet horrible crime. sine. Tels sont les faits qui résultent de tout ce qui a Mme Kinck se rappelle alors qu'on l'attend seu. journaux judiciaires. content de son œuvre. se précipitent sur la famille et bientôt six'cadavres nera. été publié sur cet horrible drame de Pantin. en ce moment à la Morgue..dans la ? visite qu'elle a voulu faire sur le lieu du crime. ajoute-t-il. dit-il. décou- père. votre fils vous « avons pu recueillir et que les journaux nous font attendent. que Tropmann Elle annonce à ses voisins son départ pour Paris croyait bien caché. . j'ai Il résulte d'un procès commercial publié par les dit à deux compagnons de l'usine de nous servir d'es. THOMAS GRIMM. cet excellent homme. — D'ailleurs. une pelle étaient à côté. Douet d'Arcq a continué aujourd'hui. tout Le dimanche matin tout le monde s'habille. dit Tropmann. » connaître : Et ce n'était que trop vrai : Gustave Kinck les at.. vont emplir la fosse béante. Bientôt.. à Pantin. une petite hachette. Le Journal des Débats nous donne des renseigne- Tous ensemble ils se dirigent vers le champ en ments sur la marche de l'instruction : quittant la voiture. un trou était creusé. un frère. en rapports avec le père de ce dernier. il nous attend. Immédiatement on comble la fosse . A dix heures. dit Mme Kinck. » dit Tropmann. heureuse d'aller par le chemin de fer du Nord. mais certainement mène dans le quartier. Ils s'y rendent . 1 1 Tropmann est là. soir. ce ne sera qu'une perte de-temps. droit. Il doit les conduire immédiatement à l'usine. lendemain. il se compare à Rodin. mais il espère y faire. dont il va avoir tous les heures. M... teaux et armés de bâtons se présentent. allons prier le bon Dieu. pendant la nuit. ton père y retour.. se dit-il. de se trouver tous Le champ Langlois. la famille voulant se charger seule de ce triste — Oh! je suis armé. « Nous allons à Paris et nous allons embrasser le M. dit Tropmann. Tropmann en est « Mes enfants. Gustave Puis il donne rendez-vous à ses complices pour le est lâchement assassiné.. On pourrait Il cun monument commémoratif ne fût élevé à cet en- faire de mauvaises rencontres dans ce lieu désert. Mme Kinck. m heures du soir ils sont à Paris. qu'il est chargé de réaliser toutes ses travaillant il s'est blessé à la main droite. il est à l'u. monte dans le fiacre. s'ébahit devant les étalages. fl Personne à six heures à l'hôtel du Chemin de Fer du Nord. femme et que lui. en sortant de la maison du Sei. avant de partir. Kinck. « Nous avons un champ à traverser pour arriver à l'usine. » Bientôt. tous les objets qui y avaient été déposés par la piété Tropmann dit : publique. et avec ses enfants elle se pro. Ils seraient conduits à Tourcoing. Viens. dans la tombe.. deux'individus enveloppés de man. 19 Il dit que Kinck père est déjà très-occupé. Quel- lement à dix heures. Paris connaît la fatale nouvelle. biens. Tropmann. » «1 gneur. Et la famille. dit Mme Kinck. comme par une étincelle électrique. l'instruction con- cernant le crime commis à Pantin. seront retirés ce On fait signe à une voiture.. sans méfiance. en allant visiter son champ. par le train qui arrive à dix rassé de toute une famille. i allons à la messe. ils se dirigent vers le chemin de fer et à six Et il part pour le Havre par le premier train. que Gustave Kinck était inti- corte. un père. en Amérique. applaudit à la manière adroite dont il s'est débar- fants. elle retourne à l'hôtel. Il dira que la famille est en est dans l'enchantement. Langlois. il faut aller à New-York. et il s'en va. «J Et lorsque Tropmann a recouvert son cadavre de Il erre à l'aventure tout le reste de la nuit.. est débarrassé de réunis. allons. et quand ils sont trace ait disparu. mon plan a échoué. qu'il Son plan est fait.. elle admire les boulevards et l'ensemble est plus que probable. seulement.j Aucune indication matérielle ne précise l'endroit La sœur de Mme Kinck a prié elle-même. allons le retrouver. en effet. informé. « Ce n'est rien. grâce à sa procuration. une pioche.

malgré la nouvelle « La découverte du cadavre qui avait été annon- tactique que plusieurs journaux paraissent avoir adop. si je suis condamné à vingt années de travaux forcés. l'aurait terminé seul aussi. chez ce Ils sont dirigés sur Tourcoing. M. sous peine d'ê- Aucun témoin n'était assigné aujourd'hui chez le tre inquiétés. Il continue à affirmer que si l'on parvient à re. dit le donneur d'avis. Quand il . Tropmann se raidit de plus en plus contre les in- \k° Les deux individus que le jeune Frémion a vus vestigations de la justice. Clément. venir jusqu'à l'hôtel où il a changé de pantalon. n'attirait pas les regards en traversant les rues. On retrouverait encore. cée par le journal de Colmar. gramme. où l'enterrement a Haas. dimanche 19. qu'il était trop tard pour publier : ble de plus en plus véridique. Claude. qui ne reposent que sur des oc idées. et l'un de Nous recevons un renseignement qui nous paraît ses agents. famille Kinck. dans une seconde édi- a dit à ses gardiens : tion. Il pa- ont été récemment saisis tant à Paris qu'à Guebwil. on acquerra la preuve qu'il n'est pas le seul Une heure après nous avoir adressé ce télé- coupable. par le chef de la sûreté et le juge d'instruction. se sont rendus fort grave : aujourd'hui. raît qu'après sa déposition on aurait décidé qu'elle ler. à Cernay et au Havre. » trouver Jean Kinck encore vivant. au petit village de Notre- Ces deux commerçants ont été appelés et entendus Dame-des-Anges. est soldat à la compagnie d'ouvriers ducteur de la voiture d'Aubervilliers l'a vu remettre d'artillerie de la marine. » ler. je n'aurai terminé ma peine qu'à œ Le cadavre de Jean Kinck a été trouvé à Ollwil- quarante ans. Il s'obstine à ne rien répondre aux questions que lui adressent MM. à la disposition de qui ils doivent se mettre complices de Tropmann. il est dans un état de prostration \ 3° Le second individu que la femme et le garçon complète et ne cesse de pleurer. Il admet qu'il peut échapper à la peine capitale et Le Gaulois a publié hier. magistrat instructeur. de telle sorte qu'il lieu ce matin à dix heures. qui a sien étant couvert de boue. chef du service de sûreté. Quelqu'un très-digne de foi nous assure que c'est Hier. les effets en- nue à faire preuve d'une parfaite insensibilité. la maison d'arrêt cellulaire. et que je vous ai télé- tée et qui consiste à dire que Tropmann ayant conçu graphiée. Ils ont eu un Au sortir de la porte d'Aubervilliers. la midi. en ayant commencé seul l'exécution. en garnison à Cherbourg. vers trois heures. comme il le pré- tend. rête. 2° Le second individu que les garçons de l'hôtel La nouvelle du crime accompli par son frère l'a du Chemin de Fer du Nord ont vu venir avec lui lundi rendu presque fou. tophe. 6° La bande mal famée avec laquelle le marchand Le coupable aurait fait l'acquisition de la pelle à de vins l'y a vu dimanche assez tard dans l'après- main chez un marchand du quai de la Tournelle. à Mazas. Souvras. Le Soir dit que Tropmann. sur les traces d'un des tion. On a retrouvé les individus avec lesquels Trop- établi au faubourg Saint-Martin. Claude et Douet d'Arcq. à deux heures. Le père de Tropmann est ar- seul le plan. le frère de l'assassin de la 1" Le second individu grand et fort-à qui le con. t dins le chemin Langlois à onze heures et demie pen- d qu'un troisième creusait la fosse . sanglantés de Tropmann dans un petit caveau der- Il a été un peu indisposé hier. dans la cité long entretien avec Tropmann. après le crime. Edmond Tropmann. l'hôpital maritime. c'est M. lundi vers midi. M. Flandre. à une toilette préalable. la dépêche suivante : « Après tout. notre collaborateur nous en envoyait un Cette dernière partie de sa déclaration nous sem. Le juge d'instruction était Parmi la bande en question se trouvait une fille d'ailleurs occupé à lire les lettres ou documents qui soumise qui était en compagnie de Tropmann. com. conti. petite pioche provenait du magasin d'un marchand -. de Mars. présidé à cette opération. Nous n'avons qu'un incident à signaler : le service 5° Le second individu qui attendait aux Quatre- de sûreté croit savoir que les instruments qui ont Chemins les victimes descendant de voiture et que le servi à la perpétration du crime ne sont point ceux cocher a vu s'engager avec elles dans les rues qui qui ont été achetés chez le taillandier de la rue de conduisent au champ . second. nous opposons des faits . mann a été. Ils ont été interrogés hier par le juge d'instruc- La police serait. dans sa prison. devait être mise en arrestation. Douet d'Arcq continuera son infor. on craint une fièvre lu marchand de vin du boulevard Magenta ont vu cérébrale. été enlevés de la Morgue et placés dans des cer. la pelle et la pioche. Au n* 5 est un logeur nommé Haas. tous les jours à partir d'aujourd'hui. il y a une petite ruelle du nom d'allée Chris- Demain. affirme-t-il. est inexacte. à cinq heures. Jpire avec lui. avant de se montrer en ville pour cueils destinés aux voyages. rière la maison. HENRY MARSEY. M. compa- mation dans le cabinet d'instruction qui se trouve à triote de Tropmann. le missaire de police du quartier Notre-Dame. C'est un bon sujet. Il aurait procédé. « HENRY MARSEY. principaux. dit-on. hier soir. les corps des victimes ont chez ce logeur que Tropmann aurait été lundi matin. » A ces suppositions. autant vaut en finir tout de suite. on a dû le faire transporter à matin .

dont Mazas est la plus ter- 1° Un directeur. et laisse au criminel. la peine capitale puisse l'atteindre et discute. etc. Les portes des cellules entr'ouvertes permettent à -i chaque détenu de voir le prêtre officiant. curé de Notre-Dame et le clergé de la pa- Six de ces galeries contiennent chacune. divisés cha- cellule. et suivre ainsi les péripéties convergent toutes vers un centre commun. plient et se compliquent de telle sorte qu'il devient 10° Une surveillante-fouilleuse. du drame qui va se dérouler devant la Cour d'as- quel se trouve le guichet du brigadier. prêtre. jaloux 3° Un brigadier. 8° Un médecin. Quatre commissaires. où est placé un autel pour la célébration des offices religieux. ne se rencontrent pas. deux cent et une cellules. l'aspect d'une rotonde. les jardins et les tolet. .. où Tropmann est détenu. : : louez le Seigneur. extrêmement difficile de suivre les fils d'un écheveau 11° Deux barbiers. tant au rez-de-chaussée qu'aux premier de chœur.. qui est entré il y a quelques jours dans la prison. dans sa Ces préaux sont au nombre de cinq. Hier. Nous 12. a cela de particulier qu'il isole 2° Quatre commis-greffiers . LA PRISON DE MAZAS ne parlant pas. Rien de plus émouvant que cette lamentable céré- lules. reproduite par le Petit Les détenus de Mazas ignorent que c'est le prévenu Moniteur universel. FUNÉRAILLES DE LA FAMILLE KINCK i. soit qu'ils traversent les galeries pour la pro. à droite roisse. lesquels y sont amenés et remplacés toutes damné à vingt ans. M Son personnel se compose de : Le système cellulaire. d'une triste célébrité. sur le nombre des années de travaux forcés cun en vingt promenoirs. monie. silence morne et devant les sœurs et frères de 14 pour les bains. derrière celle où a lieu l'exposition publique.. divisée en sept galeries qui Alors. Elle est le type drame de Pantin ne sont point parvenus. Est-il de bonne foi? Il ne paraît pas croire que préaux.. l'enceinte cellulaire. dans le. Il y a à Mazas douze cents cellules. le procureur impérial. S'il est un endroit dans Paris où les bruits du peut contenir douze cents détenus. lui-là. - menade. l'étole blanche a aussitôt remplacé l'étole noie 11 pour les avocats. ont récité les prières La septième est le corridor qui conduit au guichet des morts. des différents journaux. ma mémoire. le masque de l'incognito.. Les cercueils des victimes avaient été placés les La prison de Mazas est située sur le boulevard de uns à côté des autres dans une grande salle située ce nom. buvant à peine quelques gouttes de Nous donnons la description de la prison de Ma. Il s'attend à être con. ces prières : 1117 pour les détenus. Les enquêtes officieuses et officielles se multi. silencieux. Il est surmonté d'une plate-forme. 30 septembre 1869. l'archi- viennent aboutir à un centre commun. de l'officiant et le Laudate pueri dorninum Enfans. LES COMPLICATIONS ET LES PÉRIPÉTIES ^ 7° Trois aumôni!ers.. les parloirs. bouillon.. éprouver une impression qui ne s'effacera jamais de 18 pour les escaliers de communication. (EDOUARD DANGIN. Mme Kinck. sombre. détenus. TIMOTHÉE TRIMM. 1l' d 'entrée. 9° Un pharmacien... à deux étages de cellules. mille Kinck. anéantis dans la douleur m'ont fait 14 pour les punitions. • 5. chaque individualité.se sent serré de trop près. Ils peuvent contenir cent qui pourront lui être infligées. précédés d'un bedeau et de plusieurs enfants et à gauche. quel sont pris les chemins de ronde.. Le cercueil de la petite Marie a été scellé le der^ nier. il se contente de lever les Entre les murs extérieurs du bâtiment et ceux de yeux sur son interlocuteur et les braque sur lui pen. ^ 6° Une lingère. 1 rible application. après avoir et second étage. de M. à trois heures et demie a eu lieu. il existe un grand espace sur le. assisté du Le service est organisé dans la prison de Mazas de commissaire de police Clément. pleines de tristesse psalmodiées au milieu d'un 16 pour les surveillants. devant les membres de la malheureuse fa- „ Les préaux cellulaires placés dans les cours ont la forme d'une circonférence divisée en rayons. c'est ce. croyons donc devoir nous borner à reproduire les Les bâtiments intérieurs de Mazas forment une articles qui nous paraîtront les plus remarquables rotonde. Elle a été construite en 1850. dant quelques secondes comme deux canons de pis.7 La prison de Mazas. dont les galeries.. j| zas par Timothée Trimm. 4 C'est dans la cellule de Mazas que nous venons de décrire que Tropmann demeure. ils La maison de Mazas présente donc intérieurement étaient recouverts d'un drap mortuaire. soit qu'ils restent dans les cel.. à savoir Sous les voûtes néfastes de la Morgue.. un ange fait son entrée dans le i . 5° Soixante-quatre surveillants. se sont rendus à la Morgue et. Total 1200. qui s'embrouillent de jour en jour davantage..) les heures. / 10 pour les passages des préaux. offert l'encenl et l'eau bénite. la mise en -bière des façon à ce que les détenus soient toujours isolés et malheureuses victimes de Pantin. des prisons cellulaires. 4° Sept sous-brigadiers. sises. pour la première fois peut-être.

à dix ver cette somme. et en res. Roussel.leurs '1 fallait disposer de 2000 francs environ. à Tourcoing. M. Clément. commissaire de police. et l'assistance a jeté secrétaires et les membres de la famille Kinck. Aujourd'hui. dans lesquelles étaient M. afin de lui demander de la pré- Ce sont les époux Roussel qui ont réclamé le corps lever sur les 5500 fr. leurs Ils ont dû arriver ce matin. à la famille Kinck. malheureuse famille. funèbres faisait son entrée à la Morgue. Le Journal des Débats donne à ce sujet un tou. a pris le parti de venir trouver le heures. à midi. saisis chez le directeur des de leurs malheureux parents et qui les ont accompa. Mme Kinck à Jean Kinck. à la pre- mière heure. ainsi conçue : Les époux Roussel ne sont pas riches. M. . sortait à quatre heures et demie. et les frais nécessaires à ce transport de corps sont très-élevés : M. rial. A quatre heures et quart. et Mme Louis ROUSSEL-DUBOIS et . M.royaume céleste a été entonné. postes de Guebwiller. le procureur impé. un service solennel. chant détail : Nous avons reçu une lettre de part. Là a été faite par les magistrats la remise des corps tion profonde des assistants. n'ayant pu trou. 1er octobre. qui les a fait placer dans un fourgon. où doit avoir lieu. minutes. suivi de deux voitu. un fourgon des pompes Les cercueils ont été reçus par le chef de gare. rien ne peut dépeindre l'afflic. Le de l'eau bénite sur les dépouilles mortelles de cette funèbre cortége s'est dirigé vers la gare du Nord. Ils sont partis par le train de huit heures quinze res. Jules ROUSSEL. enfants. et qui avaient été adressés par gnés. procureur impérial.

Bien- fants. Pen- de la station. qui est véritablement énorme. Emile-Louis KINCK. Mlle Marie-Hor. né à Roubaix le ville. duisent les sept cercueils rangés dans la nef. et Gustave un peu éloigné des sans exagération que toute la ville le suivait.'Cinquante 1" octobre 1869. pays. cathédrale. Dausse. où étaient placés les cercueils les deux quitte l'église pour aller au cimetière. se dirigeant à pied ou en voiture vers la ville. plem-ent l'avis que vingt sergents de ville sont en- Une grande voiture conduisit les sept cercueils à voyés de Lille comme renfort pour maintenir la foule. tôt le cortége se met en marche pour se rendre à la Mme veuve KINCK et sa famille. puis celle de Tournai. mais on en manquait dans la MM. ches. remplaçant M. porteurs ordinaires. ont abandonné les ateliers : il en est venu de la Bel. (Thomas GrRiMM. il n'y a que les douze agents de po. Kinck père? Il y a un instant d'émotion. Ils sont là vingt-huit parents. le conseil municipal se rend en En passant devant le n° 15. de Mazeille..) Ce sont les autorités qui ferment la marche : M. conduits au cimetière de la ville pour y être inhu. l'église Tout le long du chemin on ne voyait que gens entière en est pleine du chœur à la porte d'entrée. C'est d'une simplicité remarquable. VICE SOLENNELS qui auront lieu le vendredi gique. le juge de paix. La C'est lamentable vraiment. secré- - Parti de Paris. Roussel-Defontaines. vint . Alfred-Louis KINCK. entièrement tendue. M. Sur le passage des sept cercueils. M. cousins. le Saint-Paul qui est retenu par un deuil (il vient de wagon tendu de noir qui contenait les restes de la perdre son beau-frère. etc. conduisant directement à l'hospice de dant la cérémonie. les six autres qui suivent par rang d'âge sont Roubaix le 31 décembre 1861 . la circulation. née à Tourcoing. né à cérémonie. Roubaix. dente. maréchal des logis de la gendarmerie à M. le 31 juin Ici viennent les sept corps portés à bras par les 1827. soutenu par l'abbé de Notre-Dame de L'assemblée à l'Enfant-Jésus. On l'a averti par dépêche. i Il y a du monde jusque sur les toits. avec un prêtre de Notre. etc. Jean KINCK. La grande cour. On suit la rue de Roubaix. Dausse. Jules Brame. le 20 septembre 1869 sur laquelle sont inscrits le nom et l'âge des défunts. bleue. Ils les recommandent instamment à vos prières. c'est le doyen qui offi- huit heures tren!e minutes du matin. fants. tants pleurent. autres. pas autre chose. tous en proie à une émotion profonde. en gare à Tourcoing à neuf heures vingt minutes. et la plupart des assis- route de Roubaix à Tourcoing était pleine de monde. puis les irréparables qu'ils viennent de faire de chantres. M. une dépêche. les réverbères et il arrive de sa ferme-modèle de Beaumont. couverts de suaires blancs avec une grande croix né à Roubaix le 24 octobre 1863. les prud'hommes. où il restait encore quelques ouvriers. tendus aussi d'étoffes noires et blan. M. qui la communique au maire. Gustave-Louis-Joseph KINCK. né à noir. avec un retard considérable occasionné par l'affluence Rien ne saurait rendre l'effet indescriptible que pro- des voyageurs. et Mme LEROUX-ROUSSEL et leurs en. \- Tourcoing le 30 juin 1853 . et lorsque le cortégè catafalques. rue de Roubaix. l'empereur l'a décoré de sa propre main l'an passé. qui est entré cie. d'où leurs corps seront le triste cortége. on s'arrête un instant. Le cercueil de la mère est recouvert d'un suaire baix le 15 avril 1859. contenait six ferment à onze heures et demie. Après les corps vient la famille. tense KINCK. de fer. lice. Il n'en est parti que vendredi par le train de A l'église Saint-Christophe. les ouvriers Ils vous prient d'assister aux CONVOI ET SER. Les ateliers. de M. Est-ce la confirmation C était véritablement un deuil public. de Dame et un ordonnateur des pompes funèbres. né à Rou. La gare était tendue de noir. La présence du bruit qui a couru de la découverte du corps de des autorités du département en fit bientôt une cé. Devant chaque corps marchent des enfants du Tous décédés à Pantin. et cette simplicité même ajoute à la grandeur de la Et de M. 21 août 1856. Vers dix heures. corps de l hôtel de ville à l'hospice. Powc assurer c'est là que Jean Kinck. les six gendarmes et les quarante pompiers qui M. de Lille. re- Une foule énorme entourait les abords du chemin joint le corbége à l'église. Achille-Louis KINCK. à Tourcoing. maire. dont l'un porte une petite croix de bois noir. près Paris. de Mme Kinck.est apportée parle l'Enfant-Jésus. tous les cons- famille est arrivé à Lille vers deux heures du ma. épouse Tourcoing. on a été obligé de faire venir ceux de Roubaix. Henri-Joseph KINCK. née à Roubaix le 3 août 1867. et Mme DUPONT-ROUSSEL et leurs en. On eût dit un pèlerinage. mouillent. jeudi. composent toute la force armée à Tourcoing. 1 Enfant-Jésus. titués. tous les yeux se Aussi décédé à Pantin. en l'église de Saint. Ce vénérable curé a cinquante-trois ans de prêtrise. à dix heures. taire général de la préfecture. le clergé des deux paroisses réunies de Dame Hortense-Juliette-Joseph ROUSSEL. jeune homme encore. ont l'extrême douleur de vous faire part des pertes En tête marchent quatre bannières noires. mille personnes sont rangées sur la route suivie par Christophe. Enfant-Jésus. En tête le frère més. Magnien) . où était disposée une chapelle ar. C'est sim- rémonie officielle. de Roubaix. tin. député de l'arrondissement. on peut dire : plus jeunes ensemble.

la somme sera inscrite ont précédé le crime. mais la viennent même de cette particularité que le compa- municipalité n'avait pas attendu cette décision. et tenait à la main une cas- les mérites de la vie de famille. Plusieurs honnêtes familles. L'accusé persiste à dire que Jean Kinck l'avait bien qu'ils ne sont pas coupables. Il était vêtu d'un paletot gris. Une dame a fait une déposition assez singulière. grands égards. un marteau de fumiste à deux taillants. c'est avec fierté qu'il rappelle l'incré. Il Il fait ressortir devant cette population d'ouvriers n'avait pas de cravate. ont eu lieu. le conseil s'était assemblé d'urgence Nous avons aussi des renseignements curieux sur et avait voté les fonds nécessaires aux obsèques. a pu croire qu'il y demeurait et y aux journaux une circulaire pour les prier de recueil. il faut qu'elle soit non pas locale.. et demande enfin pardon à la mé. — HENRI COLONNA. Jules toutes les questions. gagnée par Moreau. pour tonner à cette souscription un carac.En passant rue Impériale. les coups ont été reconnus dans les autopsies. que M. Ce court épisode est rendu plus touchant encore INTERROGATOIRES par la grande simplicité d'allures de la population tourquemoise. mais qu'il a connu sa femme. et l'on se sépare alors du boulevard Magenta pour être venu lundi matin sous l'empire d'une poignante émotion. le' tout en assez mauvais état. pantalon marron. épousée. qu'il l'a nationale. c'est maintenant l'œuvre de la justice plus gros que lui. et d'un réitérées de ses concitoyens. boire dans son établissement. quette de voyage en taffetas noir.s. pour le 17. mais comme on ne l'a pas confronté avec la ville. mais On arrive au cimetière en saluant le monument de il prétend ne pas avoir acheté la petite pelle à main la bataille de Tourcoing. s'inquiétaient des allures publicité à un acte aussi honnête. Quant au taillandier Bellangé. il adresse aux pauvres morts une objurgation Un témoin. » « « des hommes qui va commencer. le conducteur de la voiture d'Aubervilliers. La justice de Dieu vous a reconnu. est veuf.. Mais. de la vie de tra. gnon de Tropmann a bu à lui seul un carafon d'eau- Bien que tous ses membres soient démissionnaires de-vie tout entier. Kamply. causant avec un individu plus grand et « réunit déjà.. La maison est tenue par lir les offrandes de tous ceux qui voudront concourir une femme Fritz. de midi à trois heures et demie. Comme tout le témoins qui l'ont vu se livrer à ces acquisitions. Il ne dévie pas de ce système. de Guebwiller à Paris. et. le lundi matin. Tropmann.. dulité de tous ceux qui ont connu la famille. connaît parfaitement pour lui avoir acheté la pelle et à -l'avance. dont qu'on en fasse la photographie. trouver le père. . elle pleure. » n'a fait que porter ces objets jusqu'à l'octroi de Dans la foule je distingue Mlle Duguéret. terre vous « maintenant. général quelques paroles émues.. voyage avec Gustave Kinck. monde. Il a été confronté avec le marchand qui lui a vendu. l'expiation suprême. - tége s'arrête encore sur la place de la Bourse. qu'il l'a aimée. cette terre près du faubourg Saint-Martin. nous aimons chargé d'acheter les instruments du crime et qu'il mieux deux victimes de plus. La femme et le fils de Le gouvernement a fait savoir au maire qu'il prend ce débitant confirment cette déclaration. chez lequel l'accusé faisait de construction d'un monument commémoratif. Cette dans les entrailles de laquelle Elle aurait rencontré. Ils dorment bien I( et ne se réveilleront pas de sitôt. Ce la vie que menait Tropmann pendant les jours qui vote se trouvant sans objet. ce n'est pas une pensée de lancèrent des regards singuliers et s'éloignèrent pré- colère. en tête d'une souscription publique destinée à la Le logeur Wetling.. l'artiste Pantin .. Tropmann a répondu sans le moindre embarras à Le maire cède son tour de parole à M. qui habi- Le Figaro est heureux d'être le premier à prêter sa tent la maison Wetling. de vengeance. ré-cemment arrivé d'Alsace. M.. rue Lafayette. Lille. Nous savons sa confrontation avec un certain nombre de témoins. Tropmann'a été reconnu par un marchand de vins tous vers. un nouvel interrogatoire de Tropmann et L'assassin n'est pas de nos pays. l'associé de Une commission a été nommée qui enverra demain Tropmann père. prenait sa pension. homme a dû être assassiné le soir même. dans le cabinet du directeur de la prison disent-ils. c'est là tère imposant. loin d'elle.. Tropmann le re- Une grande croix noire annonce que le terrain où. le trouvée ensanglantée dans le champ Langlois. Comme on l'avait pensé.. qui ne consent à parler que sur les instances d'un gilet de velours noir pointillé de blanc. dit-il en concluant. il prétend Après les prières. sont creusées sept fosses. « Les Kinck sont honnêtes et bonoré. l'image de Tropmann est bien cipitamment. si fréquentes visites. aussi qu'il a accompagné Jean Kinck en portant ces s'avance. qu'elle « reposez recèle encore une victime. a été donné par la pioche . vail. et prononce au milieu de l'attendrissement outils jusqu'à Pantin. aussi n'hésite-t-il pas à reconnaître les divers de Paris en représentation à. Mais. a fait le touchante. dans la matinée du 30 septembre. se former comme bon ouvrier. qui se fait honneur de n'avoir pas cru Hier. voyant qu'elle les écoutait. un seul instant à la culpabilité du père. en ce moment. le cor.. étranges de quelques-uns de ses habitués. Ils sont arrivés tous deux le matin du vendredi moire de Gustave du soupçon qui a pesé un instant 17 septembre. » Les deux hommes. Tous les cœurs sont tournés vers la prière. Dausse. L'accusé disait. lui Ce qui domine la foule. Brame.travailler. Au moment où. de Mazas. 18 mai 1794. secrétaire général. vendredi. le jeune sur lui. qui avait pour Tropmann les plus à cette pieuse dépense. et se sou- à sa charge tous les frais des funérailles. retrace leur départ joyeux pour aller re.

dont ce même rayon dessinait vive- bonne heure. ses béné- un article de la Petite Presse. » # f somnambulique prise par un rédacteur de ce jour. sur une consultation fices. plus dissimulé que Gustave. laissant les autres ensemble. 29 septembre 1869.. mais il Tropmann devient plus communicatif avec ses ne l'aimait pas. Nous nous sommes quittés de ailes mobiles. Nous sommes sortis ma femme et moi en compagnie aux yeux rêveurs. M. mais dorée de cette nuance d'ambre que je ne connais pas. f LETTRE DU PÈRE DE TROPMANN « — Monsieur désire savoir où se trouve le cadavre Le Moniteur universel donne le texte de la lettre de Jean Kinck . M. forfait. malheu- reux. . il LA SYBILLE Fallait trouver. f * certitude que c'est sur les conseils de Tropmann . comme d'une personne qui ré- adorer. a « Je ne puis plus douler maintenant de l'horreur . Fauvelle-Legallois se plaça devant Mme Ber- the. aux tiraient des plans. le regard magnétique Oui. à un léger penchant pour le plaisir. à ses côtés. il ressentait une jalousie mêlée de haine. l'indicateur et le gros doigt. que je m'adresse à front. et se fermèrent peu à peu. que devient plaisir à voir. s'écrie : six ans. au nom Sa poitrine se gonfla. Interrogée par moi sur l'objet principal de ma vi- . Ils en ont même pris sept à huit verres. Oh! je ne veux pas m'occuper de cela. Seulement Tropmann et Aron ne buvaient que de son sourire avenant et le duvet de la jeunesse qu'un l'absinthe. sur sa poitrine et sur son visage. C'est ainsi qu'on a acquis la qu'il cachait sous une fausse amitié. « C'est le suprême. lui. tandis que lui n'en avait L'instruction se poursuit et réunit chaque jour de pas. parfaitement bien faite. » me répondit en substance : « Tropmann' était lié avec Gustave Kinck. par celui-ci tous les secrets de sa famille. à la taille « C'est dimanche que nous nous sommes amusés!. tu laisseras croire au monde entier que tu es le se rapprochant de plus en plus de ses genoux. et comment il a été tué? adressée à Tropmann par son père. Il ressentait de la jalousie contre le compagnons de prison. mais qui viennent souvent qui sied si bien aux créoles ! Ses dents blanches et chez Wetliqg. qui l'a tué. et le fluide envahissant. cercles dans l'air. — c'est le nom de la jeune sibylle. plaça à On m'apprend que tu refuses de nommer tes plusieurs reprises devant ses yeux grands ouverts « deux de ses doigts. dit la som-' Cernay. ce serait trop long . à l'entour de ses épaules. tembre? (Le Figaro. je te conjure de désigner tes infàmes com. C'est trop grave et trop fati- Malheureux fils. « Au nom tes frères et de tes soeurs qui t'aimaient tant. et qui avait de l'argent. mais voilà ce qu'elle « JOSEPH TROPMANN. Legallois commença à faire des passes magnétiques sur sa tête et sur son possibilité où je suis de t'écrire. M. vulsifs. etc. mais comme celui-ci pouvait se livrer en secret. Aron et d'autres personnes la peau brune. Tropmann. aux cheveux châtains foncés et à de Wetling. 6 i. à titre de curiosité littéraire. . de Strasbourg. pour avoir le mot gallois. dans la sienne. Elle eut de petits mouvements con- plices à la justice des hommes. qui était dans une position sociale plus d'avenir qu'il avait fondés sur son établissement en avantageuse que lui. ses achats. je la déclaration d'Aron par laquelle il prétendait avoir m'assis sur un canapé. qui causait vant moi une charmante femme de vingt-cinq à vingt- avec deux de ses voisines de l'événement. élancée. où un peu espacées se montraient derrière ses lèvres nous avons bu trois saladiers de vin à la française. son front pur. mais nouveaux documents.« Gustave Kinck ne l'aimait pas trop non plus. Fauvelle-Le- Wetling. quelques soupirs bruyants en de Dieu que nous t'avons appris à craindre et à sortirent avec effort. et s'endormit. » ment le rose des narines. Ils étaient en dessous tous les deux .. accompagnant Aron. mais Tropmann.) M. Il dessina des des personnes compatissantes qui veulent bien me servir d'interprètes. et la justice loute cette nature exquise et nerveuse me faisaient l'ayant sans doute interrogé à ce sujet. et sur l'invitation du professeur. rayon de soleil nous permettait de suivre sur les on- Ils avaient l'air très-préoccupés. ® que Jean Kinck a entrepris le voyage de Guebwiller. gant. Voyant sa résistance.f . son nez droit. elld renversa sa tête en « supporte seule le souvenir impérissable de l'horrible arrière. Il leur fait part des projets jeune homme. adieu d'un père dont la vieil. Alors je commençai à la questionner. toute cette distinction. Et puis je n'aime pas me mêler des affaires de « la justice. Ils pri- de ta mère qui se meurt de douleur. le commissaire de police de Pantin est venu chez nal. pâlies par la fatigue .t de ta position ! Et c'est brisé de douleur et dans l'im. ses gains. seul coupable ! Les yeux de la somnambule se dilatèrent. son col flexible. songe à ta famille ! Il n'est pas juste qu'elle de son maître la domptant.! grâce à lui. Fritz ayant depuis confirmé ce propos. entrant mais quel ne fut pas mon étonnement en voyant de- chez une dame locataire de la maison. Je ne m'étendrai pas sur toutes les demandes que ]esse est flétrie. On aurait dit. aux longs cils noirs. et mis ma main perdu Tropmann de vue depuis le vendredi 17 sep. vêtue de noir. siste et étouffe. en complices! Mais si tu ne les nommes pas. Nous sommes allés rue de Flandre. rue Jean-Jacques-Rousseau. de rent une teinte vitreuse. qui était toujours mieux mis que Amérique avec l'argent de la famille Kinck. qu'ils dulations de son profil gracieux . le mari de la femme Fritz. savait Nous reproduisons. svelte. chez un célèbre magnétiseur. d'une dépêche télégraphique que celui-ci avait reçue Je m attendais à avoir affaire à une horrible vieille. je lui fis. - Que veut monsieur? dit-elle en me désignant. frêle. nambule avec dépit.

— Et réussira-t-on à trouver son cadavre? — Non. Quels sont ces hommes? — — Par qui ? — De mauvais gars qu'il a pris à Pantin même. jour où il a tué la mère et les cinq en- il sera méconnaissable. car 20 septembre. — Par Tropmann. — Et lui voyez-vous des complices le dimanche et Tropmann niera que ce soit le corps de Kinck. Il l'a tué tout seul. quelques jours mauvaise mine. mais pas tout de suite. dans quelques mois. je vois bien celui-ci maintenant. — Oui . Je le vois avec deux hommes de — Gustave Kinck a été tué après. et qu'il connaît iL peine » — Avec un complice? M. Fauvelle-Legallois voulut continuer l'interro- . après. fants? — Et Gustave Kinck? — Certainement.

commu.doux comme celui d'une jeune fille. et la minuté né Éo trouve pas Il longe la colline et la forêt. que Kinck père est venu ce moment sans ouvrage. Son personne fût venu le réclamer. quand il est couché. l'ai vu à Rouen. Haugel ne veut à aucun prix éntendre parler de faire Kinck père est venu jusqu'à Soultz. à Cernay Cette différence tient à ce que dans cette dernière à Guebwiller. aux palement entre Soultz et Cernay. maintenant où a-t-il été assassiné ? assez. — A 1 heure où je vous écris.rades sur la place de la Mâture. et dans ses interrogatoires. Malgré le bruit qui se fait autour de lui. Magnétisme. l'employé du bureau de l'omnibus de lui ont été décernées par les Sociétés de sauvetage Soultz remarqua entre autres bagages. universel. dans les con- Quand. a été Le juge d'instruction est ici. et à Soultz ils sont quel il' travaille est droit. et jusqu'à Soultz. GémoIid. en a accompli trente et quel- ques . qui ne nous permettra plus de fournir des renseigne- Le professeur commença à lui faire des passes. gatoire. 1CI' octobre [869. il Haugel compte une dizaine de sauvetages. un de ses amis lui disait. situation il ne peut s'absenter de l'œuvre qu'après ou Mais plus que probablement pour se rendre à épuisement des réparations à faire. A Paris. # P. Il perd de sa fermeté et de son éner- Voilà dans sa plus exacte et stricte vérité le récit gie. m Cernay.» la domination du fluide. son l'ouvre et y trouve une boîte sur laquelle il lit : père. mais j'eus pitié de la pauvre femme. à cal- Tropmann. de Bollwiller à Soultz en omnibus. ments très-détaillés sur ce qui se passe à Mazas. nagénaire qui a fait aussi jadis ses preuves. dit-il. a repris cha- d'un coup. désignant le dessinateur Espérons que bientôt j'aurai de nouvelles parisien : j cations à vous faire. il est en sa De tout cela il résulte. '>-''L recherches de la justice. Haugel alors se tournait et se retournait pour ren- dre impossible la tâche de l'artiste. Le croquis assez inexact qu'un journal a donné. • » •••••••/( C'est un garçon de trente-cinq ans. ses raisons pour s'y refuser. qui haletait sous sonne qui arrive de Cernay. J8 Désireux de savoir à qui appartenait le colis. se les frotta. juge d'instruction. portefeuille est rempli des cartes qu'on lui fait pas- L'employé se souvient bien que ce sac avait été ser de toutes parts comme marque de sympathie. _tout à fait en peine de me répondre. De temps en temps. Haugel Roubaix. « Y' t'croque (Il te croque. princi. Édouard Waldteufel nous envoie du Havre des LA MALLE DE JEAN KINCK détails sur le calfat Haugel : Guebwiller. les interstices entre les Donc il y a un point éclairci et qui facilitera les planches de la coque des navires. il s'étu. je lui redemandai quelques die à élucider tous les points de cette mystérieuse explications sur ce qu'elle m'avait appris. iL de ma consultation avec la somnambule de la rue Jean-Jacques Rousseau! (VICTOR COCHINAT. il portait pour la première fois les médailles qui Hier soir. » « est une nature de sentiment. Tropmann a été reconnu positivement par 'iiun La jeune femme éveillée ne savait plus ce qu'elle grand nombre de témoins. par jour. un sac de de cette ville et de Belgique. on est venu m'appor. quand il se trouve chemin est plus court. 8 fr. qui est garde-feu. sans que son triomphe et son œil était gros de larmes.) LE CALFAT HAUGEL Il M. * m'avait dit pendant qu'elle était sous l'empire du Il finira certainement par succomber sous le poids sommeil magnétique. quand le navire à bord du- en autre personne (Tropmann). Elle ouvrit alors les yeux tout M. mais en sens contraire. et je priai Je magnéti. très-nerveux et d'une Stupéfaction du préposé qui fait immédiatement sensibilité presque féminine. et dit: « Merci! » que fait. après les ovations dont il a été l'ob- près Guebwiller. Tropmann A son avis Tropmann sait nager. est de plus très-peu toujours. S. déposé au bureau par deux personnes disant qu'elles J'ai remarqué entre autres celles de hauts fonction- viendraient le chercher le lendemain. une minute de répit. 1 ! CAMILLE KRAFT. de compagnie. v fréquenté et propice à l'exécution des projets de Le travail de calfat consiste. Je que Kinck père est venu en Alsace. il semblait confus de voyage qui était là depuis environ un mois. l'instruction est entrée dans une phase seur de la réveiller. Sa profession de calfat lui compagnie d'une rapporte 7 fr. vainement il lutterait contre la vérité. inspecteur général des se sont plus montrées. descendus pour aller à pied. pris malgré lui pendant qu'il causait avec des cama- Des fouilles sont organisées environs. Douet d'Arcq. Il dû plonger a .) » . prenant congé d'elle et du rédacteur du frontations auxquelles il soumet Tropmann. dons et secours de l'Empereur. son œil est Ce matin. mais qui ne naires et celle de M. feutrer avec de l'étoupe. comme on sait._ jet. qui père n'est pas encore arrêté : je le tiens d'une par- nous parlait d'une manière saccadée. de tonne heure. un vénérable no- « Jean Kinck. elle fut et ténébreuse affaire. | i déclaration. il a encore son grand-père. sa voix est ti- ter une nouvelle qui prouve maintenant clairement mide autant que sa main est robuste et calleuse. Il a. c'est son portrait. . puisque c'est pour aller à cette ville que le On mange un morceau à bord. • ••••• . de l'évidence.

où le lui. il entendra chaque déposition dans le La lettre était partie des environs de Bollwiller. Guebwiller. qui est le cabaretier Signol. Roubaix. après quoi Haugel. vaient l'enrichir. il a le visage coloré. mais avant tout On suppose que la mère de Tropmann arrivera il veut connaître ces étangs qui lui sont signalés et . house. il écoute quelques indications de hier. sur avis reçu cette guinguette de la rue de l'Arsenal. sera un peu remise. propriétaire par le train qui allait croiser.) bon espoir . il revint à la charge. est très-indiquée. C'est un homme un peu fort. l'arrivée du juge d'instruction de Colmar temps en temps avec Sandon. quai être connu par mon premier télégramme. qui tient dans cette DÉCOUVERTES DE LA POLICE. et alla déjeuner chez son res. fermée par un petit crochet. et papiers ayant appartenu à Jean Kinck.5. sœur lui annonçant que sa mère était dangereuse. » conduisaient trois mille francs pour le laisser partir. le juge. est de rabattre ensuite sur fait accord avec sa femme sur les questions d'intérêt. même forme. Un cabaretier de Pantin. il l'avait dans un jour ou deux.Guebwiller à propos de la découverte d'effets et de pour n'être plus à redouter. le 11. au milieu d'un groupe de camarades. où il trinque de nuit même. il le laissa enlever par deux ou- vriers charpentiers. Villeminot. tache. le soleil qui rendait ébranlée par les sinistres événements qui l'accablent. certainement dans ces parages. il est boîte en bois blanc longue de Onl. octobre 1860. Belin. lieu de résidence de chaque témoin. une adresse imprimés sur de la police. et quand il jugea lettre adressée au Moniteur par son correspondant de que son homme devait être suffisamment anéanti . et repoussait du pied divers objets entreposés chez ment malade. ramasse machinalement et va la remettre dans le faré et l'argent qu'il cachait ont signalé à l'attention sac lorsqu'il voit un nom. large de 0111. on lui signalait déposés dans le bureau du chef de gare quatre objets apportés à l'instant même de Soultz par un nommé Vogel. Le juge d'instruction confie ces objets à un agent La police de sûreté a fait une descente judiciaire qui l'accompagne. mais après l'interrogatoire. fortuné Jean Kinck. lorsque d'un sac à main s'échappa une petite longtemps pleuré. petite ville le bureau de l'omnibus desservant la sta- tion de Bollwiller. qui va devenir le centre d'ac. mais dus entendus comme témoins pourraient bien être cela touche à la complicité probable de deux sujets mis en état d'arrestation. et d'un vieil étui à les moustaches. 2 octobre. l'eau fort transparente permit aux spectateurs du .) forcer à couler . car Tropmann résiste à toutes les basques au-dessous de la quille du vaisseau la objurgations. Il en a été profondément ému et a lui. M. il était à bout de forces et avait lui-même besoin de reprendre haleine. (Le Petit Journal. Hier au soir donc. a ra. point extrême du en allemand. quai de voir le noyé et de signaler à son sauveur la On tient toujours beaucoup à la mettre en pré- place qu'il occupait. son ami.20. portant garniture en cuir sur les côtés. là s'engagea la terrible lutte con- nue . L'inten- de ne venir à G-uebwiller qu'après s'être mis en par. verte de ces objets qui sont tout le bagage de l'in- pondance échangée entre Tropmann et Jean Kinck. Nous croyons étreignant vigoureusement la poitrine de Tropmann utile de reproduire cette lettre en son entier. Vogel faisait un rangement dans Le Soir dit que Tropmann a reçu une lettre de sa l'arrière-partie de la bouticlue qui lui sert de bureau. le démenti refluait vers Paris. personnes connues . j'en parle comme s'il était mort De nouveaux agents de la police de sûreté viennent et que son cadavre fût retrouvé. bien qu'ancienne. Voici comment eut lieu la décou- La police vient de découvrir à Lille une corres. assez mal famés et qui étaient un peu trop les amis On a trouvé au domicile de Jean Kinck un vieux de Tropmann pour qu'on ne s'occupe pas d'eux. (HENRI COLONNA. à Pantin. — aussitôt que sa santé. Tous ces détails m'ont été racontés par A huit heures du matin j'arrivai à Bollwiller. il déchiffre ces ner comme vagabond et a offert aux agents qui le mots : « Jean Kinck. Il la On a arrêté à Bruxelles un individu que son air ef. livret de chemin de fer renfermant une lettre écrite Nous partons pour Guebwiller. chapeau en cuir. et Il a dû vous taurateur habituel. On constate l'empreinte sur le cuir de l'un des conté que Tropmann. trapu. Lamblardie.10 revenu à son indifférence habituelle. sans plus se préoccuper du tour J'emportais hier la fausse nouvelle que l'on sait de force qu'il venait d'accomplir. LI persiste à ne pas vouloir nommer ses Louisiane et il battait l'eau de ses mains pour se complices. à la deuxième. rentra se changer mais en approchant de Bollwiller. avait le travail en sacs d'un pouce qui a laissé sa trace sanglante. nommés Lecoutheux et Maillard. Tropmann était pris pir ses sence de son fils. Haugel 'assena un coup à son adversaire pour LA TRACE DE JEAN KINCK l'épuiser. tives recherches. mécanicien. Quelques-uns des indivi. La horreur et parlait constamment de projets qui de. tion de M. et haute de 00. de ce modeste établissement. dans son bras droit. à partir de Mul- dans sa chambrette. on prononce deux noms. Nous avons déjà donné une rapide analyse de la Il remonta à la surface de l'eau. où Tropmann conseillait à Jean Kinck ressort de l'instruction dirigée de Colmar. dans une commissaire de police attendait. Bollwiller. perdu de vue. Il arrive de Paris. tapisserie fanée sur les deux faces et graphie. le couvercle avec un timbre humide . A la première. intitulé : A la Botte A sa descente de wagon le magistrat dut avoir d'oignons. s'est laissé condam. Ce' premier sac est accompagné d'un autre de Le parquet de Paris a reçu aujourd'hui sa photo. car il va l'être très- d'être envoyés à Soultz.trois fois pour le pêcher. très-exalté.

Il voulait à toute force une grande activité. paraît donc d'une MMCS Dieudonné et Périllier et Me Lachaud les as- énergie de volonté capable de mener à bonne fin sistait. à la lon et gilet . qu'on vide ces canaux de suite. faire agréer au préalable ses motifs d'excuses par la fondeur peu commune. quelques-uns de ces accusés dont la cause est perdue sans rien faire inscrire. "quelque petit liers de carpes. déjà. VALDU. Laquelle? On ne le saura qu'après l'arrêt mains.. profondeur sans compter un mètre de vase.) Fleutot et la femme Merlet avaient pour avocats M.) Plusieurs journaux ont parlé du Cabinet du juge d'instruction à Mazas. mais. les jeunes avocats qui acceptent par dé- C'est le 4 septembre que deux individus ont dé. il y a là dedans des mil. s crois que c'est une inspiration dont il faut attendre C'est ainsi que cela se passe d'ordinaire. Antoine Herzog. Me Jules Favre a bien été sition de Vogel en même temps qu'il inventorie les choisi par le principal accusé. nommé ainsi d'office en matière crimi- étang qui a la réputation d'être insondable et dont le nelle. le président 5° Un rasoir. c'est épuisera ensuite avec une machine. avec raison. panta. sans doute aussi habiles. punir des peines portées par l'article 18 de l'ordon. c'est presque toujours le bâtonnier explore un tiroir de commode. confrères. un puissant appui. Gros. ne peut refuser son concours à l'accusé sans nom allemand est au moins l'expression d'une pro. ne manquent jamais de s'adjoindre comme tendrele prochain omnibus pour rejoindre le chemin conseil un de ces maîtres dont la présence seule est de fer. Herzog.. bour. cour. Il y a même plus. pour eux. La lar. Tropmann a vu dans les premiers jours de septembre . Ils étaient mal informés. cette instruction .) cent francs pour une dépense de un franc cinquante L'instruction de l'affaire se poursuit avec une centimes dans un café. J. et Verger. et je quelque célébrité du barreau. le président tient à ce que On va déverser les eaux. s'agit d'un grand criminel. reau français est si justement fier que Tropmann sera Dans six jours. Quelles seront regretter qu'un travail ds cette importance ne soit ces assises? Grâce à l'habileté et au dévouement que pas achevé et récompensé en la personne qui aura fait M. avocat sera nommé d'office. c'est la volonté du magistrat. E. les com. on s'est empressé de croire des roseaux hauts et drus . d'ici à six jours. il doit remettre l'affaire en d'autres défendu. S. malheureusement il ne fait que C'est donc par une de ces illustrations dont le bar- remplir l'intérim du magistrat titulaire. on dignité des débats. au moins plus 6° Et un chapeau droit. du tribunal de Colmar. Dans le procès Orsini. bagage bien sommaire : MMes Nogent Saint-Laurens etNicolet ont plaidé pour Pieri et Rudio. propriété de M. que. de réputation. redingote. l'assassin de Mgr Si- 2° Six paires de chaussettes . V. dait déjà quel avocat accepterait la lourde tâche de le brique par des canaux ayant jusqu'à deux mètres de défendre devant les assises. Pianori a été défendu d'office par 1° Cinq chemises en toile fine . on sa défense soit présentée par un avocat connu . sin de la famille Kinck ne choisit pas lui-même son mes deux cents ouvriers vont chômer? Il n'importe. que présidera l'honorable conseiller. dont moitié envahie par lui offrir ses services. sur la QUI DÉFENDRA TROPMANN route de Soultz. de l'ordre qui est désigné. 4 i .. Isignard de Lafaulotte. mais ne faut-il pas de renvoi de l'accusé devant les assises. encore par Me Nogent Saint-Laurens. pour cette cause dramatique. c'est que lorsque l'avocat appelé 41 Un habillement de drap noir. î Je vous laisse à penser si l'on va remuer ciel et Dans la sanglante affaire de la Varenne. et dans qua. •# 3° Une paire de bottines neuves. et comme on suppose. probablement celles de la première session P. Belin reçoit la dépo. B. défenseur. M. et M. vouemènt aux devoirs professionnels la défense de posé cela au bureau de correspondance en question. car si le sinistre assas. Un avis arrive au juge d'instruction : à Lut- terbach entre Mulhouse et ici. voiture particulière. par l'accusé ne paraît pas être. missaires de police sont convoqués et attendent. le président des assises nommera d'office qu'on obéisse. eaux. enveloppé dans un avertissement des assises l'invite à se faire assister par un de ses des contributions. par son nom.qui contiennent les eaux d'une force motrice dépen- dant de la fabrique de M. il faut C'est là une grande erreur. a le droit de le à Nous arrivons à dix heures Guebwiller. Me Benoît-Champy. Ce cabinet d'instruction n'existe pas. (Gazette des Tribunaux. (E. pour la patente de mécanicien. ayant sinon plus de talent. la nance de 1822. objecte-t-il. hauteur de la cause qu'il doit défendre. que nul membre du barreau ne viendra geur est de dix à treize mètres. en cas de contravention. couper les roseaux. j Des ordres semblables sont donnés pour un autre L'avocat. On fait venir le représentant de M. qui. il a changé été de novembre. Ces eaux entourent la fa. Lorsqu'il un heureux résultat. comme des gens qui vontat. c'est-à-dire dimanche matin. Du reste. Douet d'Arcq apporte à l'instruction du crime de les premiers et les plus intelligents efforts? Pantin. d'avance. Il est impossible de rien imaginer de plus propice A peine Tropmann était-il arrêté qu'on se deman- à l'œuvre d'un criminel. pour lui une sauvegarde de l'indépendance et de la rante-huit heures. Belin. J. la fille terre. 4 i gendarmerie pareillement. 4 pourra fouiller ces deux hectares d'eaux comme on En province. (Petite Presse. mais c'est d'office que effets du bagage de Kinck. et.

Douet d'Arcq s'est rendu hier à Mazas. que Tropmann qua- tre heures et demie. est atteinte d'aliénation mentale. per- mann et le confronter avec un nombre relativement On nous apporte à l'instant une triste nouvelle considérable de témoins. siste dans son système de défense. vers Tropmann ne parle toujours que très-peu. Il l'arrêta et le conduisit à l'hôtel garni où il n'p- . de est amené par les gardiens. dre le coupable dans le village où il s'était réfugié. bien grands éclaircissements.. et n'a pas amené. L'audition des témoins a lieu dans le cabinet du L interrogatoire d'hier s'est prolongé jusqu'à directeur de la prison. annoncé. Sa passera une grande partie de son temps à la prison. paraît-il. raison a sombré dans cette sanglante catastrophe. égorgée par un individu qui était monté chez elle. LA POLICE DE SURETÉ On n'avait pour indice qu'un croissant d'élagueur d'arbres. chef de la police de sûreté. La police sous la Restauration était faite d'une fa..belle-sœur de la malheureuse : Aujourd'hui et demain encore M. 11 dix heures. On ne se rappelle plus aujourd'hui le meurtre de prendre cet horrible voyage. C'est là. la belle Normande. Douet d'Arcq Mme Kinck. une fille de la rue d'Argenteuil. elle était sceptique comme les criminels mann mère ne viendra pas à Paris. pour continuer l'interrogatoire de Trop. M. çon brutale .. Mme Lœwbe. alla pren- légalité la plus indiscutable. ainsi qu'on l'avait qu'elle pourchassait. D'un autre côté nous apprenons que Mme Trop. . Elle est beaucoup trop malade pour entre. aussi. La police de sûreté d'aujourd'hui agit d'après la Vidocq.

vers sept heures du se sont passées au champ La.. Je lis ceci dans l'ouvrage du temps qui relate les Mais Vidocq était un malin... c'est moi qui ait fait le On apprit qu'ils avaient caché des pièces d'or dans coup. Mais. puisqu'ils étaient sûr de n'avoir que vingt ans? Oui... Et il donna tous les détails de l'assassinat. le sourire revint vait pas succombé à ses blessures fut d'un saisissant même sur ses livres. Il dit qu'il avait entendu les coupables pour l'amener à quitter le chemin de fer à telle ou qe parler en italien. tandis que Mme Joseph.. » la terre. f f — Je ne les aurai qu'à Ig Saint-Jean prochaine. il le regarda et lui soins de l'autorité.. 1 On se plaignit. une usurpation de L'assassin. '. Arlon à Ils lui remplissent la bouche avec de la farine pour Luxembourg. Il se traîna tout sanglant à sa porte. monsieur. que les deux — bientôt passé. Ils erraient souvent dans les champs aux environs Bien vrai? de Paris.. l'une'des plus belles jourd'hui dans l'espace. en 1826. on Ma foi. point important à noter : masser une pièce tombée. dans le but d'y On crut que le coup avait pu être fait par quel. Metz et Nancy. Ma foi... Oui. ' | 1 — Raccourci ! Et si parfois l'opinion publique a semblé devancer — Eh! oui.lieu que tu en seras quitte pour cinq ou assez singulière. s crime. I . rentrés dans leur auberge avec l'or enlevé chez Jo- — seph. les élans de — — Parce que d'igj.vait pas reparu. Bruxelles à Arlon.-H tu géras raccourci | SPnâme. p( Il fut conduit à Paris. Selon toute probabilité... Guebwiller et Lutterbach. au . LES FOUILLES EN ALSAQg lice relativement à la visite des hôtels garnis. pour qui ces mots étaient un coup de ses privilèges..) f L'élagueur fut condamné à la peine capitale. il soupa. Strasbourg à Colmar. \ fecture.. (TIMOTHÉE TRIMM.. monsieur.. Luxembourg à Strasbourg par Thion- l'empêcher de crier. dait de Roubaix en Alsace.. la route qui mène à Soultz. l'itinéraire le moins cher.. plus iso- Certainement que c'est vrai.. puisque c'est du — lées encore en 1826 qu'à notre époque. au Palais-Royal. lors de l'assassinat du changeur Joseph. condamnés et exécutés. afin de — majeur.nglois. dans cette conjoncture. Par exemple.. par la Belgique. autant avouer la. ne se mit en route « J'ai vingt ans? que le lendemain. ton compte est bon .. Chacun a fait son devoir. gp concentre au- soir.. dit : La police qui. Si la vérification des hôtels eût été — effectuée dans la nuit même qui suivit l'attentat. 1 six mois de prison. Voici Ils frappent le changeur.. et Vidocq Mais une naturelle et toute spontanée collabora- disparut. 9 tout de suite..mais. f foudre. Les deux sentiments sont nés d'une façile et natu- ainsi il s'en faut de six mois. était au spectacle. comme un homme soulagé d'un grand poids. de la lenteur de la po. geur Joseph pour le lui rendre. à Bollwiller. vérité hommes suspects dirigeaient leurs pas. ressort de la police correctionnelle.. ne proféra ptus une seule parole.. tu es bienheureux. * f Deux individus entrent et demandent des pièces de Il est un fait acquis. ! Le changeur Joseph n'était pas mort !. tion. Roubaix à Bruxelles. Lorsqu'il franchit l@ seuil de la pré.. ville. je ne lésai même pas encore. commettre un crime? Jean Kinck est vraisemblable- use joueur habitué des maisons de jeu du Palais. cela ne fut jamais un manque Grève qu'il se réglera... En 1826 on chercha dans les champs l'or du chan- stallé au dépôt. c'est endroit appelé la Ruelle des Champs. les faire sécher. es-tu bien — aurait arrêté de suite les coupables. la logique d@ son esprit. telle station choisie par lui d'avance. leur confrontation avec le changeur Joseph qui n'a- but et mangea gomme un ogre. Puis. tu $ ne peux pas éviter la correction.. willer. c'est sur la place de l'instruction judiciaire... Colmar Et ils volent une somme de vingt-un mille francs. Tout l'intérêt du drame dont les dernières scènes Il eut lieu le 11 janvier 1826. C'était surtout aux environs de Charonne.. et appela au et d'ailleurs comment l'assassin s'y serait-il pris secours!.. Il n'est pas probable qu'il se soit arrêté en route. du triangle formé par Boll- femmes de Paris. il s'est engagé dans Royal. selon les inspirations de Et pourquoi? sa conscience. Vi40cq lui dit encore : En 1869 pn cherche les cadavres des malheureuses « Est-il bien vrai que tu n'aies que vingt ans? victimes pour les venger. » de respect pour ses attributions.... ment venu jusqu'à Bollwiller. aurait dû Quel âge as-tu? déployer la plus grande célérité. relle émotign. et ne tarda pas à être in. Le prévenu nia absolument son 11 ne s'y trouva pas un Italien. qui s'est baissé pour ra. . Ils furent arrêtés. là.. dans un Six mois de prison ! Si ce n'est que ça.. jugés.. paraître les taches de sang. effet. à leur retour ils les Comment dites-vous ? avaient étendus sur une corde à la croisée. et qu'ayant lavé leurs vêtements pour faire dis- Ah ! tant mieux ! cela sera regardé comme une — étourderie de jeunesse. ê Je dis que tu es heureux de n'être pas — joli L'histoire de la découverte des deux assassins est sans quoi on t'aurait coupé lè cou comme à un garçon.4 j — En ce cas tu ne les auras ja. 4 — Ils semblaient rechercher ces solitudes. c'est que Jean Kinck se ren- cinq francs pour de l'or.

« Toutes les recherches sont restées infructueuses « L'étang de Langsbollwiller est à demi vidé : aucun On cure l'étang de Bollwiller. Belin. une correspondance à mare dite Langenstrossenloch. Je viens de Soultz. enveloppées d'un papier qui Ce qui est certain. et un jeune homme. à une petite distance de Bollwiller. l'une des deux vàlises ont dû partir à pied. et il en tomba des boîtes dont l'une en Guebwiller ou sur Cernay? Là est un doute grave. est donc urgent que le projet de desséchement de cet On a immédiatement commencé à vider l'étang de étang soit mis le plus tôt possible à exécution. C'est un homme est encaissée entre des hauteurs ou bordée de dé. sur le sac de nuit. » (HENRY MARSEY. le niveau des eaux des fourrés. il remarqua ces Guebwiller. quart d'heure environ on rencontre sur la route le Les valises et le carton à chapeau ont été expédiés vallon de Ruisbach. 3 h. Jungholtz.) « HENRY MARSEY. et demain on pour- Soultz est une petite ville de quatre mille cinq ra faire dans le fond des recherches utiles. époque. Mais se sont-ils dirigés sur s'ouvrit. à Roubaix. (H. il était évident que le assez profond. forte poussée suffirait à y précipiter un homme. Il et que le cadavre devait se trouver sur cette route. Gros reste de la route présente des deux côtés des taillis. et. Bollwiller. Le Bollwiller. de petits bouquets de bois. Un plongeur a sondé une autre ration. C'était dans la soi- pas oublier que le terrain acheté par Kinck se trou. fiévreuse activité. Vous recevrez. qui entoure la fabrique de MM. Gros qua une large éclaboussure de sang. avec de l'argent. adressé à Jean maintenant qu'ils soient allés jusqu'à Soultz. Il est Il n'y avait plus à hésiter. J. Au sud Autre déposition fort importante : un cantonnier de la ville. il n'a vu personne. si bien que les deux hommes les remuant un peu vivement. Or. c'est-à-dire à une faible distance de L'employé n'y songea plus . et CI. quelconque. objets. où j'ai vouiu me procurer des Le fait est absolument exact : il y a environ qua. d'eau descendant des hauts pâturages. bois et l'autre en carton. vait à Bühl. à un lutte. et d'un carton à chapeau. tre semaines. A une demi. et des plaques de sang. et l'invitant. très-animée et très-vivante. à gauche. baisse de 40 centimètres environ. on remar- doute l'étang qui entoure la filature de MM. Les point le plus propice à un assassinat est sans nul pièces furent saisies. il existe une hauteur appelée Schimmel. et Cie. prièrent de les garder jusqu'à ce qu'ils revinssent les pagner à pied de Bollwiller à. du moins fort On curera aussi l'étang d'Ollwiller. J'assiste à l'opé- « vestige sur ses bords. A l'heure où je vous écris.) DEUXIÈME DÉPÊCHE PREMIÈRE DÉPÊCHE Bollwiller. et auxquelles les habitants s'adonnent avec une elles n'ont amené aucun résultat satisfaisant. MARSEY. ensemble de Bollwiller à Soultz. MARSEY. le juge éminence rocheuse. (H. on peut déclarer que cette on ne saurait trop rendre hommage. 10 m. D'où lui venait cet argent? Il l'avait évi. Le aussitôt l'autorité qui Se rendit sur les lieux. Supposons émanant des contributions indirectes. rée. 2 octobre. Ils étaient porteurs de deux petites. c'est que le jour où Tropmann fils est re. qui aurait pu lui remettre une somme à Guebwiller. ce soir. Peut-être Tropmann a-t-il été assez ha. il est évidemment Tropmann fils. cents habitants. surmontée de ruines. 2 octobre. l'employé avertit marchant d'un bon pas. » NOUVELLE ENQUÊTE En arrivant de Cernay. se présentèrent au a dit arriver de Guebwiller. rentielle est venue. qui venu très-tard chez ses parents. En manquer l'omnibus. Dans le car- Il y a quatre kilomètres de Bollwiller à Soultz : ton à chapeau. un vieux dont le si- ler et faisait route avec lui. rien Une pluie tor- 1 ce sujet. 20 soir. pour atteindre Soultz. heure. c'est qu'en tous cas ils sont allés portait un timbre noir. ler ou de Guebwillèr à Cernay. Guebwiller? Il ne faut réclamer : puis ils s'en allèrent.valises à main demment trouvé en venant de Boliwiller à Guebwil. Ils les remirent entre les mains de l'employé et le Comment a-t-il pu engager Jean Kinck à l'accom. mais on n'a pas pu préciser l'heure. (barbe et cheveux blonds). A moitié chemin mécanicien. il faut donc trois quarts d'heure à deux hommes. et il se mit en bile pour faire entrer Kinck dans un café et lui faire devoir de les ranger d'une façon moins gênante. d'une intelligence remarquable et à l'activité duquel blais. bureau de correspondance de la voiture de Bollwiller à Guebwiller. sinon interrompre. à la même rain. un petit hameau. hier. déclare avoir vu sur le bord de la route. 8 h.) route est un véritable coupe-gorge. N'oublions pas encore gnalement ne se rapporte pas à celui dé Jean Kinck ce détail. une C'est le parquet de Colmar qui instrumente . situé au bord de la route. Claude à Bollwiller. à payer sa patente. La route d'instruction s'appelle M. Frappé de ces circonstances. des traces de piétinements indiquant une On sort de Soultz par la' route de Cernay . On attend demain matin M. il y avait un rasoir. Des battues « gêner et ralentir les recherches entreprises par la po- sont organisées de tous côtés. ainsi conçu : Jean Kinck. qui encombraient son bureau. Kinck. j'apprends une nouvelle complication. et on longe un petit. deux individus. et une crime avait été commis entre Guebwiller et Soultz. on rencontre une route qui va directement à Cernay Il ouvrit ce carton et y trouva un avertissement et qui traverse le bois de Staffelfelden. renseignements exacts concernant les bagages trou- . à Soultz. mais jusqu'à présent lice. Sans exagération. Le Gaulois. Tropmann était allé l'attendre à la gare de Bollwil. cours ce soir à Paris. J.

. ne portant aucune du reste. car Tropmann résiste à toutes les 1 rasoir enveloppé 'dans un « Avis aux contribua. ï i (ce n'était pas Kinck) . de ne rien faire. beau- ner. recherches ne doit pas être très-étendu. h Dans le deuxième sac de nuit se trouvaient cinq Il lui disait qu'il avait le travail en horreur et que. les procéder à toutes les vérifications nécessaires. me donne à penser que Des agents de Paris ont été envoyés sur les lieux Tropmann a dû prendre dans les boîtes vides. Vogel me dit que ces bagages. ont été dépo. — Et au fond. Gasser. frère de Kinck. de ne venir à Guebwiller qu'après s'être mis en par- Dans la poche du pantalon se trouvait un mouchoir. qu'il amenait volontiers aussi sur Dosée dessus. titres de propriétés qu'on a trouvés sur lui. . 1 pondant de Guebwiller. aussitôt que sa santé. En prenant un des sacs par une des poignées. pharmacien. chemises fraîches et bien pliées.. en atten. ^ i M. dont l'un pouvait avoir quarante à qua. le papier d'affaires. Gras. Je réunis ici les renseignements nouveaux fournis tomba une boîte en bois portant une griffe bleue : sac * par les journaux. Dans ce même sac étaient encore une paire de bot. la boîte vide. que M. fait accord avec sa femme sur les questions d'intérêt. à vue. le terrain de la politique-. sence de son fils. Des renseignements récents fixent d'une manière Les taches de sang trouvées me déroutent complé. Il persiste à ne pas vouloir nommer ses bles. complices. mais il est gardé bureau. certaine les relations de Tropmann avec Jean Kinck. et M. il y avait de faibles Tropmann était d'ailleurs fort exalté dans toutes traces de sang. qui était pré. 3 bonnets de nuit pour femme . Vogel voyant depuis trop longtemps deux sacs de voyage et une boîte à chapeau traîner dans son 'Tropmann père n'a pas été arrêté. f Sur le sac se trouvait une tache rouge de la lon.. mais ouverts en présence des autorités : après l'interrogatoire. il avait des ressources qui lui permettaient marque. Par suite des indications données. je suis à même de vous les don. pour sa position. a procédé individus.. il y avait deux sacs de nuit. au fond. j'ajoute. Enfin le Droit précise un fait important : si» j sés dans la semaine du 5 au 12 septembre. l'instruction judiciaire suit son cours ré- mal conditionnée. la A Paris. et. disait-il depuis long- sent. Le Figaro ajoute : 1 * 2 paquets de tabac français. enveloppe jaune. La lettre était partie des environs d'e Bollwiller. s'ouvrit d'elle seule et du gulier. gueur d'un décime. L'étui à chapeau en carton contenait : On tient toujours beaucoup à la mettre en pré- 1 chapeau de feutre mou. Le Droit nous donne donc l'espoir que le dernier - i . JEAN KINCK Le Soir donne les suivants : - mécanicien Tropmann a reçu une lettre de sa sœur lui annon- K 0 tr BA 1 X çant que sa mère était dangereusement malade. tabac turc. On suppose que la mère de Tropmann arrivera a 1 paquet. par deux M. Vogel. dont il s'occupait. et grâce à l'obligeance de M. rue Berthier. mais il l'a perdu de vue depuis cinq mois. objurgations. brun . premier sac. à raies blanches. dont un de habituelle. M. mais la quatrième de sommes d'argent qui paraissaient considérables était cassée . l'employé Pour en finir sur ce point. on observe surtout les personnes qui lui ren- dant qu'on vînt les réclamer. correspondant de Guebwiller. portant la barbe entière et blonde et à sa confrontation avec les témoins. a connu Tropmann pendant quelque temps. temps. une boîte en bois L'assassin venait habituellement dans ce débit. il est revenu à son indifférence D'abord. serrure. Douet d'Arcq. f Sur la chemise supérieure. Kinck aurait-il donc été assassiné avant dans le mois d'août dernier. tement.' tus avec dessins de diverses machines. et ne peuvent laisser d'arriver à Bollwiller? aucun doute sur la réunion de Tropmann et de Jean La lecture attentive de la lettre de notre corres. Paris dans un jour ou deux. ont été appelés à Paris. également vide et dévissée d'un côté. En causant familièrement avec le sieur Villeminot. Dans la poche du paletot se trouvait un prospec. juge d'instruction. cette tache a été reconnue être Tropmann a paru vouloir l'entretenir d'un projet du sang par M. ïl couleur rougeâtre et l'autre de couleurs mélangées. On a trouvé au domicile de Jean Kinck un vieux Dans le premier se trouvait un pantalon noir et un livret de chemin de fer renfermant une lettre écrite paletot ayant trois poches extérieures et une poche en allemand.vés. trois de ces vis faisait peu de dépenses. Kinch dans les environs de Bollwiller. directeur des postes de cette ville. Il en Voici maintenent ce que contenaient ces bagages a été profondément ému et a longtemps pleuré . Stadelmann. une même boîte en bois comme dans le ébranlée par les sinistres événements qui l'accablent.{ff tines toutes neuves. où Tropmann conseillait à Jean Kinck ntérieure. y ermée au moyen de quatre vis. » au nom de Jean Kinck. nous aurions l'expli. hier et aujourd'hui à l'interrogatoire de Tropmaun' rante-cinq ans. le champ de ces Si cette indication est exacte. Un sieur Villeminot. cabaretier. comme si une main mal essuyée s'était ses conversations. voulut mettre ces objets de côté. d'après notre du bureau de Soultz. mais était toujours porteur étaient dans de bonnes conditions. à Pantin. l'autre était un jeune homme. très-sérieux. 9. dent visite. sera un peu remise. cation de certains faits qui étaient restés obscurs. que où a dû être commis l'assassinat de Kinck pour y contient le sac de Kinck père.

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il arriverait. été à Bade. une Nommés par le Conseil municipal pour recueillir dernière fois. J. est atteinte d'aliénation mentale. « Une nouvelle supposition commence à prendre avoué qu'il s'était trouvé en Alsace en. même temps . on n'a rien trouvé. Tous les champs. Nous recevons de la mairie de Tourcoing la lettre « La mère de Tropmann n'à. monument qui atteste l'émotion profonde du pays en La même opération aura lieu entre Guebwiller et face d'un des crimes les plus exécrables qu'ait vus se Cernay. elle est trop malade pour effectuer. DEBU. voulant secon. J. tème de défense. que tous les Tous les étangs compris entre Soultz et Bollwiller frais d'inhumation lui seraient remboursés. (Le Figaro. LEBLAN. strophe.ce triste voyage. voulant répondre au sentiment public. DESMAZURE. éclaircissements. Monsieur le Directeur . dans l'emplacement concédé. profondément Il se contente de dire. le procureur impérial de Pétris. Il s'étonne d'être mis en présence de tant caisse municipale. Mme Kinck. aux frais de la frontation. titi aurait -pu explorer le pays en une journée. si vous le parents: jugez à propos. nous venons. mément à la volonté de leur famille. Tourcoing. concédé à perpétuité et qu'au moyen d'uné souscrip. cidé que des funérailles solennelles 'seraient faites Tropmann a subi aujourd'hui une nouvelle con- dans l'église principale de la ville. les Il reste à la ville de Tourcoing et aux soins des vignes. pour dérouter les recherches. pas encore pu partir suivante : pour Paris . AUG. Il commence g abandonner son système de défense. de M. à mesure que la faut dire d'ailleurs qu'elles ont été faites avec uné vérité devient plus éclatante. vous prier d'annoncer la souscrip. venu. par les assassins. reposent au cimetière de Tourcoing. jamais. Jean Kinck aurait été assassiné dans les 'w environs d'Épernay. correspondant de Gruebwiller. comme d'autres assassins qui l'ont précédé. confor. . Recevez. arriver. D. à éviter la Depuis. les jardins. qu'il a indigné en présence du plus inouï des crimes. Tropmann père n'a pas pu expliquer une absence Le corps municipal de nôtre ville. s'il a eu des complices se représente plus irritante q-ae Dans ses derniers interrogatoires. s'est pas confirmé. surtout depuis que l'on sait qu'il devient moins énergique et « Les recherches n'ont abouti à aucun résultat. mais on ne saura ce qu'il fait-ni ce qu'il est de- sonnes étrangères à nos localités voudraient y parti. ja- tion dans votre journal et. Y. de la part peine capitale. la question de savoir véritable négligence. » Les victimes du crime horrible commis à Pantin le 20 septembre dernier. LEURENT.. de CernAy qu'il a faite à l'époque ou l'on présume der les pieux désirs des proches parents de Mme Kinck. Mme Kinck et ses six en. tion publique. HASSEBROUCQ. ALF. Oii nous apporte à l'instant une triste nouvelle : Les Membres du Comité de souscription . Tropmann a. LE. Monsieur. SERRE. belle-sœur de la malheureuse ROUSSEL-DEFONTAINE. funéraire serait élevé Il dit aussi que s'il avait de l'argent. qui poi'ent le LE MONUMENT DES VICTIMES timbre de cette gare. «Ne me questionnez pas' sur mon père. Sa rai- CHY. le 1er octobre 1869. Un fait grave arrive à notre connaissance par notre coing ne faillira point à la pieuse mission qui lui in. que l'on s'étonnait de ne pas voir adressées pour concourir à cette œuvre de commé.) . Le bruit de l'arrestation de Tropmann père ne fants. son père. et. qu'à la dernière extrémité. aurait répondu à l'un de ses proches les souscriptions. Chaque fois il aurait pâli.) cas. Il persiste dans son sys- nos sentiments les plus distingués. dit le Moni- des sommes que vous pourrez nous adresser à celles teur. LES COMPLICES DÉPÊCHE TÉLÉGRAPHIQUE.. du terrain. et ses bagages. ED. » ciper. Pendant le séjour de combe. il a été questionné funéraire le crédit qu'elle destinait aux funérailles. l'administration a été informée. son a sombré dans cette terrible et sanglante cata- MONNIER. nous serions heureux de joindre le montant L'interrogatoire d'hier s'est prolongé. ont été explorés sous la direction du service populations d'élever sur h1 tombe des victimes un de sûreté. On ne le lui demandera dans tous les- Monsieur le Directeur. . que les corps des sept victimes re. de monde et dit en riant que c'est sans doute pour le poseraient au cimetière communal dans un terrain montrer comme une bête curieuse. elle consacrera à l'exécution du monument Gustave Kinck dans cette localité. auraient été apportés à Smlltf. Il moins absolu dans ses dénégations. un monument. Mme Lœbwe. En présence de l'attitude de Tropmann. moration d'un grand malheur. que Jean Kinck a été assassiné. se serait troublé. La ville de Tour. j usqu'à quatre heures et n'a pas amené de grands que nous recueillerons parmi nos concitoyens. En employant trois cents hom- mes de la garnison. l'assurance de Tropmann parle très peu. produire le dix-neuvièmè siècle. ont été desséchés. sans rien prouver. par plusieurs de ses parents sur l'absence de Jean -et elle recevra les souscriptions qui pourront lui être Kinck. a dé. dans le cas où des per. (HENRY MARSEY.

allures singulières avaient Malheureusement. . il a offert ces. avait mis la main sur un paraîtront comme lui devant la justice criminelle. les passées du gibier perdu? Possédez-vous le flair Le parquet de Bruxelles s'est ému de cette arres- instinctif de Vidocq? Vous acharnez-vous après la tation. faisaient des meurtres commis à Aubervil- On écrit de cette ville au journal la Presse : liers. chée dans ses habits. sous la prévention du monde invisible da&s les affaires de ce monde.Lyonnaise. Il semble inquiet. 1 On a. arrivée la veille. LA PROVIDENCE. ca- Nous savons à quoi nous en tenir sur ce point. ainsi que sur . en outre. bonds la porte de l'établissement. que ce breuse affaire de Pantin. et d'où il prêtait une oreille attentive au L'un des complices de Tropmann vient peut-être récit que quelques ouvriers. trouvé sur lui un projet de testa. je l'appelle transmise à Paris. qu'il l'ait assassiné. et Ayons donc confiance. si Tropmann a eu des compli. » sa présence en Belgique. il la renouvela. qui croyons à l'intervention des esprits bunal correctionnel de Bruxelles. la moustache naissante. déclarent qu'il est sain d'esprit. une nuit impénétrable ou sur une piste trompeuse. vivante. c'est?. quoique plus puissant que les plus fins limiers. a été arrêté mercredi dans la soirée commissaire de police dépliait ou lisait les papiers par la police de Laeken. voire même continuelle. sur le Cours. l'ordre de prendre des mesures pour l'arrêter immé- Nous connaîtrons un jour quel a été le mobile de diatement. dans l'ombre ou le dédale. profitant d'un moment où il ne se croyait pas Je demandais à Canler. mais fut immédiate- de sûreté : ment repris. on ajoutait qu'au moment où le été remarquées. signalait à la po- l'accomplissement de nos destinées. mais il continue à nier cependant possession qu'une somme de trois francs cinquante. On apprenait en même temps qu'à onze Tropmann. s'était échappé. Un individu. lorsque Ayant-hier matin. la police. hier. une somme de près de cin- mais a-t-il eu des complices ? quante francs. et ses complices. disait l'un. et l'attitude de cet individu lui a paru sus- preuve physique. d'avoué ou dans une administration publique.. requis à l'èffet d'examiner l'état mental de Il nous sur un liaire qui ne nous fait jamais défaut — un auxiliaire cet individu. il ale cou fortement toutes les suppositions de la justice s'égarent dans rentré dans les épaules. Et. Il n'en fallait pas davantage pour jeter l'émoi dans ment et des billets d'entrée au théâtre de la Porte. par une fuite rapide. sauvegarde de la société. et. individu assis dans un coin.que. ans. que tous les se trouvant en proie à une agitation fébrile presque renseignements et que tous les indices. Un autre fait semble se rattacher à cette téné- ments doit certainement leur être attribuée .. Cet homme. Traduit de- par quel moyen arrivez-vous à débrouiller le vrai vant le tribunal de simple police. sur sa demande. L'individu dont il s'agit sera renvoyé devant letri- Pour nous. tst petit de taille. nous disons que la découverte de certains événe. sommation. « Quand . installés à une table d'être arrêté à Bruxelles. les yeux bruns. bouclés. l'ancien chef de la brigade observé. les cheveux noirs. Saint-Martin de Paris. prenant une que les papiers qui ont été saisis sur lui tendent à rue latérale. il est plus que probable qu'ils tomberont entre trois mille francs au commissaire de police pour que les mains de la justice. si je puis m'ex. 'e bruit circulait dans la ville Dieu a décidé que la vérité devait se produire pour qu'une dépêche. tard. Cette tentative n'ayant pas La justice. moi. il est agité et ne reste pas un moment en gard Poë et les détective de Londres? » repos. nous saurons comment il a exécuté son heures du soir. que Jean Kinck. Il refuse obstinément de donner des explications que toutes nos qualités d'expérience et d'intelligence. son regard est logique et l'induction ou la déduction. qui condui. du faux et à retrouver. Celui-ci évite de répondre aux questions qui primer ainsi? ou bien encore procédez-vous par la lui sont posées. Fossé et exercer la profession de terrassier. cet auxiliaire. il sauta par la fenêtre. s'il en a. sont eux qui préparent les rencontres. comptons auxi. au début d'une instruction crimi. lice le passage dans nos murs d'un personnage. mais sans plus de succès. Conduit au dépôt communal de Laeken. Il prétendait n'avoir en sa « C'est l'assassin du négociant de Toulon.. mais deux Dans les affaires. comme Ed. mais Le policier sourit : celui-ci y est cependant parvenu et l'épreuve sera t Vous l'appelleriez LE HASARD. pecte. au- à juger des criminels dont la découverte était bien près d'un adjoint de police. où il absorbait une con- qui finit toujours par triompher. il a été condamné. qui paraît âgé de vingt à vingt-cinq nelle.dont les. Canler me répondit : On crut d'abord avoir affaire à un fou. palpable. tous les soupçons. tandis. Je lis dans le Messager de Provence. trapu. avait franchi en deux . tandis que la visite corporelle a. voisine. déclara se nommer lui-ci s'était élancé de sa place. Quelques instants plus autrement entourée de difficultés.. l'étranger lui avait remis. Cet in.médecins.. Quoi qu'il en soit. à sept jours de prison pour vagabondage. com. près de Paris. de tentatives de corruption. Il a fait tous les efforts pour — empêcher le photographe de saisir son portrait. de Marseille : sent les gens sur les traces les plus cachées.la population. ce- dividu convenablement vêtu. effaré. toutes les recherches. à établir qu'il aurait été employé dans une étude de la poursuite des agents et des citoyens que les cris : notaire. dans l'Allée-Verte. d'activité et de ténacité sur la cause de son départ de France. est parvenue réussi.fait découvrir. descendue à la brasserie exécrable forfait. celui-ci le laissât s'enfuir. « Au voleur à l'assassin! » avaient attirés sur les lieux.

. Il explora dans tous les sens la mare Disons d'abord que si cette lettre a été découverte qui. la lettre de la mare dans tous les sens. et dans laquelle il ne trouva ab.. à Lutterbach. et nue. tion de l'affaire des lumières nouvelles.. des crocs. solument rien. un corps mou qui 1 cédait à la pression. faisait nulle difficulté pour entrer dans cette eau et En présence des termes de cette lettre. où quelque temps les chevaux hennissaient en passant Jean Kinck avait une petite propriété. c est C'est un des de pour — disait l'autre. ne rencontre et le prendra à la descente du chemin de fer. dans un livre. avaient été chose. et c'est par sister aux coups des crocs qui ont exploré le fond de hasard que.. les dépositions de conducteurs de train et de (Le Droit. près de cet endroit et que les chiens refusaient d'y Des agents spéciaux ont été envoyés de Paris pour entrer. Bollwiller. et pour aller chercher au fond de l'eau rester aucun doute sur la réunion de Tropmann et les objets qu'on lui jetait. Le taillis a été exploré et battu dans tous les diriger. les recherches de la justice. et il allait en sortir cet égard à ceux qui ont procédé aux précédentes quand. Cet individu moment sous la main a disparu et bien disparu. annoncer cette nouvelle de tous sinon dans l'intérieur. à l'endroit le plus profond. raient au moins venues dénoncer le cadavre si d'au- Dans cette lettre. il trouva un lambeau de vête- perquisitions. meurtriers la famille Kinck. Tropmann paraît comprendre que tous les faits La justice connaît maintenant la date et l'heure aujourd'hui acquis à l'instruction rendent inadmis. de manière à arriver à Bollwiller le 25 août.les lettres saisies et envoyées à bleue. Deux hommes travaillant avec une perche affirmaient cependant f NOUVEAUX RENSEIGNEMENTS sentir. la croyance géné. sur les pierres du fond. jusqu'à Soultz. l'individu que la police avait tenu plonger dans ce trou. on ne sait pourquoi. le commissaire Quoi qu'il en soit.et le plongeur recommença. et quand les curieux furent rues. près du bord. de Jean Kinck à Bollwiller le 25 août. il ne peut pour en boire. était ordinairement déposée par Mme Kinck. du moins aux environs de la Mais quand on fut arrivé sur les bords de la mare. où il par le père et le frère aîné. et Celle qui a été récemment trouvée avait été pla. Elle a reçu. ville. mais toutes les devancé tout le monde. Douet d'Arcq. lors des premières perquisitions faites au domicile Plus tard. soit Il est peu probable que Kinck soit dans ce trou dans des endroits où il était facile de les décou. et des bulles de gaz se- Tropmann a apparu. Cette mare nous du chemin qui relie rale est que l'individu en question ne serait autre est située à quelques mètres le complice de Tropmann. auraient Cernay se trouve une mare d'eau assez considérable rencontré au train de onze heures du matin. Un chien. bout des crocs ou un lambeau de vêtement n'avaient baix. exacte de l'arrivée à Bollwiller de Tropmann fils. et nous ne désespérons pas d'appren. entre parenthèses.. mais mann à Jean Kinck. qui avait au moins trente pieds que de profondeur au dire de certaines gens. il devrait maintenant être tout ballonné. le San-Frediloch des ha. du plus de rechercher le corps du malheureux Kinck côté de Cernay. un homme vint villiers. et là rien encore. un les partit aussitôt et l'on s'empressa de le suivre. Il avait On a bataillé toute la nuit. un ouvrier se déshabilla et vint plonger de la famille Kinck. au bord d'un chemin qui vient de sur de grandes étendues de terrain. on a parcouru toutes même battu la campagne. qui de quelques elle annonce à Kinck que Tropmann viendra à sa instants avait précédé le plongeur dans le trou. pas indiqué sa présence. S'il y avait vrir. tels qu'un lambeau de chair resté au invite Kinek à se mettre en mesure de partir de Rou. que l'arrestation a été opérée. C'était la poche gauche d'un pantalon de toile En effet. la gendarmerie sera plus heureuse sortir tout mouillé et criant qu'il venait de toucher la police. avec un corps pesant pour le maintenir. et les recherches recommencèrent. d'ici à demain. auteur ou complice du crime proposer l'on voudra.. se trouve. On courut chercher au village La découverte récente d'une lettre écrite par Trop. on l'en vit courses ont été jusqu'ici inutiles. On crut alors enfin avoir découvert quelque M. soit de Soultz. tardivement. de police de Soultz de à M. Le corps de Jean Kinck n'a pas encore été trouvé. est venue apporter à l'instruc. Bollwiller à la route départementale sus-indiquée. au milieu de la plaine déserte L'assassinat a donc été commis dans les environs. sible son système d'un massacre de la famille Kinck Elle le suit depuis une auberge de cette ville. il y A . soit de Buhl. la pente qui doit le conduire à des aveux complets. l'une des bottes du cadavre.. que Vers une heure de l'après-midi. il ne s'agit A trois cents mètres à peu près de cette mare. on a arrivés à deux cents mètres de la mare.) mécaniciens de chemins de fer qui auraient vu Trop- mann père à Strasbourg.nts de Soultz. dans ce sens. ment. 1 été jeté. ' le Langenstrossenloch des habitants de Bollwiller ou Au moment où écrivons. On disait que depuis soit de Bollwiller. soit dans le meuble où la correspondance trouver d'autre. dit-on. il n'y a aucun reproche à adresser à n'a pas deux mètres de fond. et qui n'avait pas été trouvée n'amenèrent rien. dre. un bouquet de bois. » avoir nécessité la construction d 'un pont . la peau de son ventre toute macérée n'aurait pu ré- cée. 4. écrite en allemand.. ce livre ayant été feuilleté. Elle a reçu celles d'autres Sur la route départementale qui va à Lucelles par personnes de Cernay qui. sens. Probablement. point de cadavre tiré hors de l'eau. à la place indiquée. l'égorgeur d'Auber. aussi paraît-il être sur aurait pris une chope. Tropmann tres indices. mais il ne put rien trouvées. puis il disparut allant que côtés. juge d'instruction.bita. toutes.

elle ne voulait pas Et d'abord. lequel aurait cher. homme ivre dans un endroit public. aurait traîné dans la poussière. et que les assassins seront rapidement livrés à la sation avec elles. j'imagine que stances les plus atroces. de quelque taillis. vegarder. elle est arrivée toujours trop tard. c'est un véritable dédale dans lequel il a pas l'un de l'autre. Elle ne voulait pas croire d'a. le HASARD seul ches d'arbres couchées en travers de la route. comme je ne le connais pas. Néanmoins.. il croit tresse de l'affaire. le ha- ler le juge d'instruction : sard joue le principal rôle et les inductions le se- Un habitant de Bollwiller serait venu trouver le cond. soir.celles d'un homme qu'on y que le corps de Gustave Kinck a été retrouvé. désormais maî- siné dans le pays justement à cette époque. forcé d'entamer une conver. Mais en apprenant qu'un homme a été assas. sur la moindre apparence. Balzac. LA POLICE AU POINT DE VUE DU CRIME DE PANTIN Je ne voudrais pas déflorer le rapport de M. c'est par hasard que Tropmann a maines. (L'Industriel alsacien. des taillis. n'aurait prononcé que des paroles justice. il a été plus vêtement de couleur blanche. tion importante qu'aurait reçue du maire de Bollwil. l'autre. couvert. dans la ténébreuse af- rie presque sans précédents. sa confiance? cher du doigt et du regard ces fosses encore béantes. Dans cette déplorable affaire Tropmann. le maire du fait dont il a con. ayant à reconstruire. obéissant au besoin de trouver le devoir informer M. et le droit d'un pont où la chaussée est très-élevée. comme La police qui. la justice. para- mois toute une famille. tave Kinck avaient été tués par Tropmann. à l'en. pour se sau- naissance.. à côté d'eux. au guichet du ou l'un des premiers. ils entendirent prononcer quelques Il est acquis que Kinck père a été assassiné dans paroles à une certaine distance devant eux. pour un simple Telles sont les trois questions que doit se poser chant jugé séditieux. en disant : Heureusement que la police est là. il ne s'est l'humanité. Monsieur le Rédacteur. dividus qui se tenaient là postés sur la route. sous le faux nom de Jean Kinck. à toutes les péripéties de cette Le 30 du mois d'août.. elle s'est laissée devancer. L'un d'eux était de grande taille et portait un long si on a pu creuser deux fosses à Pantin. davre décomposé. à deux fourrés . dans le traitement des crimes de c'était l'époque de la fête de Jungholtz. suivra évidemment. le juge d'instruction Douet d'Arcq si je le connaissais. comparution. willer. Tropmann accompagnait habituellement Kambly Puis se rendant à l'évidence. affolée. paraissait vêtu d'une blouse bleue. mais gans être autre- ment inquiété que par ce qu'il y avait d'insolite dans LE RAPPORT DU FIGARO leur présence même. phraserait le thème suivant : vée terrifiée. d'arrêt ou de dépôt. le périmètre borné par Guebwiller. elle est retournée chez dans le département du Nord et l'aidait au placement . des étangs. comme pour la dissimuler. pensant que des gars se consacre à la thérapeutique. immobiles et muets. comment Tropmann a-t-il pu amener croire qu'un crime aussi atroce fût possible. et à me. Tropmann se présen. ce que . en lui déclarant qu'il se C'est par hasard que les corps des six victimes rappelle avoir remarqué. été de la plus grande facilité de cacher un cadavre . contre la. En qui aura guidé sa main. la police n'a rien dé- de Jungholtz étaient venus là pour y vider une que. et qui. et. tait. il y a quatre ou cinq se . ont été découverts. » même temps. fait le diagnostic. il renferme des bois. devant une hideuse bouche. Le lendemain du 30 août. fans grande peine. elle a voulu tou. a émis l'idée que Jean et Gus- bureau de poste de Guebwiller. La foule la famille Kinck à Paris? Comment a-t-il pu capter s'est portée sur le lieu de l'attentat. ne sera pas découvert de longtemps peut-être. qui supprime en un faire Tropmann. pour un mot prononcé par un l'instruction. à dix heures et demie du affaire et j'ai la hardiesse de dire. ils purent distinguer deux in. quelle il pressait. ce sera le hasard. une route particulière dans ses déduc- tions. le rapport du juge Camuzot. maire de cette commune. quelque temps. plus petit et simple encore d'enfouir le corps de Kinck au milieu trapu. car ces bois. dans un Quels sont-ils? pays policé. depuis huit jours je me suis trouvé mêlé à tous les incidents. elle. une mare de sang été arrêté dans un cabaret du Havre..) adresse une nouvelle lettre : Enfin le Journal de Colmar parle d'une déposi. Cernay et Boll- sure qu'ils avançaient. centralisé. c'est par hasard et des traces pareilles à . une ces fourrés bordent la. tandis que la justice point occupé de sa découverte. Tropmann père. jour où quelque paysan heurtera de sa bêche ce ca- qu'ils heurtèrent du pied contre une ligne de bran. tous répètent en Alsace : « Le corps de Jean Kinck étaient arrivés à une demi-lieue d'OUwiller. de qui sera logiquement admissible. la préfecture Procédons avec méthode et en n'acceptant que ce • lance par centaines des mandats de perquisition. Ce ne fut pas sans quelque méfiance que par quelques mètres. le premier. entre Soultz et Jungholtz. diagnostic mauvais. ou n'en sont espacés grosse canne.. mais. Devant huit assassinats. évasives. commis dans les circon. qui. lors. route. ou plutôt relle. que l'on passa. nous (Journal de Guebwiller. tout haut. où sur le soupçon du moindre Où sont-ils? complot. Y a-t-il plusieurs coupables? bord qu'un pareil forfait pût se produire. Notre collaborateur Georges B. l'opinion publique s'est trou.. ché à les éviter.) Or. trois messieurs qui se rendaient à Guebwiller.

trempé dans le crime? A-t-il seulèment aidé Trop. la veille du crime. les journaux ont été cruel-. mais dans des cas imputant le crime à Jean et à Gustave Kinck. On Mais si Kinck père n'est pas allé dans le champ découvre à Soultz les bagages de Jean Kinck. dans une celui de Kinck père. al- cadavre. première déclaration en disillt : Le matin. passe son temps par conséquent innocent. le cadavre de Kinck père n'est utile à Le fait est inexact. 18. alors surtout que ce dernier a complété sa naturel de croire que cette femme défiante. il faut avoir des raisons pour La justice ne doit pas s'affecter du silence de expliquer fa confiance. Voilà les complices. même individu dans les champs piétiner les her- Elle a flairé. Dans cette manière d'opérer. mort de son père et de celles de sa mère et de ses On a dit et répété que Tropmann père était arrêté. l'un ap- droit où a été retrouvé le cadavre de Gustave Kinck? partenant à son ressort. la centralisation est condamnable et con- lement affirmatifs. Si. vers CI: monieuse. aux vijes criminelles de Tropmann. Il s'est lié intimement avec Gustave lui montrera partout dans le cadavre d 'un inconnu Kinck. pendant le temps où Jean Kinck a probablement . pendant que le cocher Bardot ne voient dres. il y a Ce doute affreux s'évanouira sans doute au cours des rabatteurs. Kinck fils y est allé. si Kinck père a été assassiné. Evidemment. ossements méconnaissables? Il capte la confiance de la famille Kinck. extraordinaire. parci. d'émigration en Amérique. il est naturel. Il On ne voit que Tropmann. Avant tout. il s'arrête à la limite de deux villages. Le sac Langlois. Il fourvoyer dans un dédale sans issue . s'il y a assassinat. accompagnés de gens sans 19 au 20 septembre. au contraire. la loi veut que le juge jeune Frémion et le soldat du 7le de ligne. dat d'instrumenter dans sa propre circonscription : glois. Revenu à Paris. tendu l'avoir perdu de vue depuis le 17 septembre. qui présentera plus quelques l'hôtel de Bâle. On a parlé. de projets La justice doit diriger surtout'ses investigations d'association. mais ce doute existe. pour justifier cette captation avoir de lui le dernier mot du crime. Tropmann père. pendant que le gérant de l'hô. l'amène S'il vit encore. et il a pré- Voilà certainement où est le nœud de la question. et. Les investigations doivent La plus plausible est que son mari et son fils continuer avec activité et surtout s'appuyer sur la dé- étaient vraiment vivants. A-t-il été tué avant ou après le crime? A-t-il lez immédiatement à Épernay. pièces doivent être hiérarchiquement transmises à thèses. il s'est absenté. Il est plus mion. des machines à busettes inventées par son père. j'ai vu le Elle croyait son mati. se sont levées à trente pas de là. son fils vivants. où 1 imagination s'est arrêté à Roubaix. Aron mérite d'être étudié. buvant dans un cabaret de la rue de Flan- tel du Nord. la justice doit le retrouver pour à Paris. les mann à tuer Jean? Dans ces deux dernières hypo. sous le nom de Jean Kinck. exceptionnels. Certes. Au lieu de cela. nous les trouvons encore à la gare de Bollwil- . Tropmann. certaine mesure. aveu'. dans sa main toute l'organisation et qui suit la battu que par l'absence d'un mobile admissible pous. et toute affaire criminelle doit être Pourquoi la justice ne partagerait-elle pas un considérée comme exceptionnelle. tenu par Kaiser. Le lendemain du crime. frères et sœurs. cinq heures. Elle devait avoir des raisons pour cela. il n'est com. l'hôtel du Nord. le cadavre doit être décomposé au point qu'on en se pour y toucher une somme de cinq mille francs. sang qui maculaient ses chaussures. lorsque le cherches. or. date déjà de présentant après lui dans un bureau de poste loin. sant Kinck père et Kinck fils au crime. » Sans doute il voulait anéantir les traces de mann. juste à l'en. bes. a eu foi dans son mari. " 4 toujours que la femme Kinck et ses enfants accom. voilà les vrais coupables. fortement excitée par cette lugubre affaire. mais il y a un veneur qui tient de l'instruction. l'assassinat. sa mort n'est qu'une vengeance prématurée Paris. direction de re- Quelles étaient les deux personnes qui. dans les cafés et s'enivre. Et le surlendemain du jour de leur décou- de la justice de Dieu. puis il va loger à son ne que. s'écrient les formalistes. il avoue avoir eu des pagnés de Tropmann? relations fort inlimes avec Tropmann. claration d'un sieur Fritz. retrouver que pour prouver qu'il est bien mort. caserné d'instruction de Paris agisse par commission roga- au fort d'Aubervilliers. deviné leurs personnes derrière Trop. tout est lenteur. chasse. verte. Tout cela n'explique pas comment du côté des deux personnes vues par le jeune Fré- Mme Kinck a eu foi dans Tropmann. Ils ont tranché la difficulté en damnée dans ses exagérations. Il ne faut pas expliquer sa confiance par les seules Mais qui sont-ils? ® ruses de Tropmann. qui montre Tropmann et Mais alors que deviennent-ils dans la soirée du Aron.e que ces deux personnes collègue. soit. feuilletez les registres. regardaient un homme en toire. qu'importe cadavre. Tropmann passe quelque temps à Donc. Gustave est innocent et de là ler prêtes à partir pour Paris. au point que ce dernier s'est prêté. il délègue à chaque juge d'instruction le man- blouse blanche creuser une fosse dans le champ Lan. l'autre ressortissant d'un Ne pourrait-on pas di. Tropmann cependant faut reconstruire la vie d'Aron dans les journées des n'a pu commettre seul le crime ! 17. désolé et abattu. direction d'instruction. interrogez. il faut une direc- doute que bien des circonstances paraissent justifier? tion unique. ne puisse le reconnaître a coup sûr. Or. On y a retrouvé son de nuit porte le timbre d'Épernay. Est-ce ainsi qu'on doit procéder pour arri- étaient Jean et Gustave Kinck? ver à la découverte de la vérité? A la chasse. en revenant d'Aubervilliers. affirme-t- Mais l'instruction contre Tropmann n'a pas à se on. 19 septembre. là il a fait connaissance avec populaire. . la famille Kinck.

Les inductions de la justice sont toujours à cheval sur deux suppositions : si la rouge manque. plus avant dans leurs antécédents. Belin. HENRY MARSEY. M. le 5 septembre. Elles ont été malheu. femme blonde et prétendit être brasseur à Mul. sous la direction duquel les recherches sont faites. Il avait l'air soucieux et sournois. et en raison de laquelle il serait devenu c'est lui seul qui avait assumé. comme le pense le juge Camuzot. mariée à Mul. sous le nom de Jean méconnaissable.. vous pouvez vous égarer sur une blonde. le visage Qu'importe! pâle. Il faut Kinck. fois. Il faut aussi retrouver ces femmes perdues sentir une forte odeur cadavérique? dont Tropmann aimait à s'entourer. maintenant ils sont en Angleterre ou sur l'Océan. pourrait devenir une réalité. Les complices de Tropmann sont restés certaine- qui sont évidemment du pays? ment dans les environs de Pantin pendant les quel- Résumons-nous : si le cadavre de Jean Kinck n'est ques jours qui ont suivi la découverte de la fosse aux pas promptement découvert. La police n'a pas imaginé encore de faire creuser Mais la piste est changée par la découverte des let. l'opinion publique. Roubaix. le travail de reconstruction des sil- rappelait à Soultz le juge d'instruction. été commencées aujourd'hui. Tropmann est parti le premier.été assassiné. Et si vous retrouvez un cadavre qui s'applique à house. si ses deux suppositions sont mauvaises. heim. perçu un pouce de terrain. parce que un journal. La police s'occupe-t-elle de retrouver ces femmes. — ne sache pas un petit bout du secret. s'était acquis une réputation univer. et recouvrir une fosse la nuit par un terrassier pour . il n'est pas pos- Encore un détail important : sible que l'une de ces personnes — homme ou femme Le sieur Keller. A peine s'était-on préoccupé de cet tres. Tropmann fils est venu chez le phar. reprendra sa avoir connaissance du crime que l'on devait commettre confiance dans une administration qui. « 11 que Tropmann a des complices. l'assassinat. L'un — s'ils sont deux. Les recherches ont peut croire que Tropmann avait avec lui deux aides. traversant un forêt de Bondy. Voilà quel serait à peu près le rapport du juge Camuzot. « Une découverte importante vient d'être faite à Un ou deux. il revint avec la même fausse piste. qui s'effraye de ces len. tout au moins. et songe à sa sécurité menacée. si on Il aura dû donner rendez-vous à ses complices à avait laissé agir le propriétaire . un chapeau mou. C'est maison pour saisir un pseudo-conspirateur. on de Wattwiller. orgies sans nom et qui disparaissaient au petit jour. première le prouve — l'un devait s'embarquer à Bor- guent et ne peuvent consacrer tout leur temps à une deaux. des complices disparus. jusqu'aux ou qui. dont l'une datée de la veille du crime. et la déposition le hasard ou sur l'initiative d'hommes qui se fati. enfant de cinq ans : il dit que c'était sa parente et Peut-on soutenir qu'il est vivant? Pas davantage. il était accompagné d'une femme brune et d'un Peut-on affirmer qu'il est mort ? Non. plices moraux. heures du soir. déclare que. l'hypothèse émise par victimes. Enfin. Il s'agit de deux lettres allemandes de Sans tenir compte des dépositions de personnes Tropmann fils à Jean Kinck. ne pas mettre deux jours à vider un à Paris. Kinck père n'est absolument utile à retrouver que riale peu fournies. aubergiste à la Truite. requière la troupe et batte les bois sans laisser ina. l'autre à Anvers. La première s'il est vivant. l'envahisse comme elle sait si bien envahir une faute en allant chercher ailleurs qu'à Pantin. étang. il y a un étang à 'T'Vattwiller! ciaires découvrissent qu'il avait en sa possession des Il HENRY MARSEY. qu'elle là qu'il fallait aller d'abord et on les aurait trouvés. la garde du fort ou la police. près de Cernay. savent les noms des assassins temps actuels. homme. et les taisent à la justice. Il a fallu que des instructeurs extra-fudi. enquête judiciaire. les cheveux noirs. par crainte qu'elle ne fouille selle pour son activité et son habileté proverbiales.. Il est certain. macien de Cernay acheter une solution de gomme? qui s'en allaient à Notre-Dame des Anges. qui aurait été à sec en quelques heure's. du 2 au 6 septembre. et la magistrature 'a encore pour elle le double zéro. Le mieux est donc de chercher à Pantin la trace house. trois fois Que Kinck père ait été noyé dans l'étang de Langs- un jeune homme a paru dans la direction de Gueb.. car. Il faut aussi connaître les personnes qui venaient La police sait-elle que-.— c'est-à-dire des individus qui ont pu teurs. le 6 septembre. et j'appelle toute votre attention sur ce fait. La seconde fois. la responsabilité du voyage de la famille Kinck donc se hâter. à Pulvers. le comble- reusement interrompues à midi par une dépêche qui ment de la fosse. a cru mann. Il ne reste probablement en France que des com- Alors. avec Trop- petit bois auprès de Cernay. le 4 septembre. ne pas compter sur Liverpool. il se trouvait avec une femme son signalement. lons. » lettres de son fils. Il faut que la police s'empare du La police de la sûreté a donc commis une première pays. la DÉPÊCHE TÉLÉGRAPHIQUE noire sort. dans la Sait-elle qu'un notaire de la localité. à sept la nuit dans la maison Wetling s'abrutir dans des heures du soir. Bollviller ou enterré dans les plaines de Guebviller? willer. près Clichy-sous-'Bois. Dans ces deux lettres. une moustache et une impé. L'établissement de la fosse. que l'enfant appartenait à sa sœur. qui ont vu creuser une fosse la nuit dans le milieu il est assez longuement question d'un logement que d'un champ et n'ont pas eu l'idée d'aller prévenir Tropmann aurait loué pour Kinck père au château la gendarmerie. n'ont pu être faits par un seul homme.

des indices suffisants pour que l'on Oui. ce que j'appellerai une remise et Hier dimanche. il aurait laissé les cinq mille nage arrivé hier matin ici apportait. le reporter du Toute la police est aussi en action pour retrouver Gaulois et moi. a etcremise à la jus- complir cette besogne. eh bien. on n'est encore vantard et non pas même à un nageur. lui disant que son frère fait J'ai vu ce matin Mme Roller. On ne s'occupe pas des meurtres des vrai quand on l'a vu prendre ses premières mesu- autres parce qu'on ne veut pas que les autres s'occu.. sur aucune piste sérieuse. où elle habite. se flatte de très-bien connaître le pays. pensez-vous que j'aie vu faire.. les deux seuls étangs qui existent à portée des routes parcourues indubitablement par Einck L'instruction de l'affaire Tropmann se poursuit père dans la soirée du 5 septembre.savoir combien un ouvrier mettrait de temps à ac. baguette de Pitou.. et père. l'eau. Françoise Tropmann a reçu une une forêt. un signe quel. elle était dans des habits heurs encore en résulteraient ! . de deuil très-simples.. Tropfmann s'est changé en Tropmann. il faut ajouter encore le temps employé à l'enterrer. Tropf veut dire Mais le juge Camuzot se trompe et fait fausse misérable dans le sens du mépris. dix années. — c'est son intérêt. vâtre. n'aurais pas Att à faire vider ces canaux. chaque jour. alors le travail s'est fait seul. à la prison de jusqu'à la ceinture. et. Lassés de ce spectacle. Pantin sans être inquiétés par la police. on re. tice. mann veut dire route lorsqu'il affirme que le cadavre de Kinck père homme. conque qui dira : C'est lui ! Le cadavre prouvera à Tropmann que tout son Tropmann fils aurait-il donc parlé. M. et d'explorer deux NOS INFORMATIONS étangs. nus présence de l'inculpé. Qu'il fût aidé par Kinck fils ou par X. à mon t Si Jean a assassiné Gustave. LE NOM DE TROPMANN Tropmann n'était pas seul. Claude fait rechercher sans relâ- avec une branche d'arbre qui rappelait l'inoffensive che le corps du malheureux Jean Kinck. moi qui n'ai pas quitté De nombreux témoins sont interrogés et mis en la place? Jusqu'à samedi soir. Grünn. à peine entrés dans Mazas. (GEORGES B. bord. d'eau est partie. J. et les nou. tre cachette. lorsque je Jean? suis arrivé à la propriété de M. En Alsace. dans ces parages est à l'é. la sœur de Kinck bien de taire les noms de ses complices. Ces est inutile à l'instruction. il peut espérer la vie.. un bijou. • lettre anonyme d 'Arras. après quents en linguistique. cas d'adoucissement de prononciation et d'orthogra- D'abord. Il çar la complicité morale. son teint est oli- pent de ce qui ne les regarde pas. dans le cabinet du directeur. et Z. C'est un homme assez grand. les complices actifs de Tropmann ont quitté suivît une autre piste. Si Gustave a été tué la même nuit que sa mère.. que avec une grande activité. 4 octobre 1869. LETTRE D'ALSAC E trouvera sur lui un boulon. si l'on ne retrouve pas le cadavre de Kinck père Quand il s'est agi de vider des canaux qui ont — ou si on ne met pas la main sur ses complices. offert une prime à un plongeur les traces de complicité. très-bien écrite. alors on a vu clair dans cette sinis- Complice.. La lettre. avec un des élé- francs qui sont encore à la poste de GuebwlUer? r ments nouveaux. Fatale signification. seulement système de défense est faux. leurs déversoirs. lundi. Mais on avait parlé de battre et de fouiller les bois. deux hommes. on répétait Il aura beau dire que c'est après son arrestation. je lui ai demandé de me faire . après ces paroles. il est Pour conclure. Gros. parlant complices moraux ne parleront que difficilement. — Mais les Ce maître policier est un sieur Kremp. sous bois JIC comme sous l'eau! eirpourtant il n'y a en tout qu'un On nous écrit de Thann : bouquet de bois. Tropmann sera maître des débats simplement et sévèrement vêtu de noir. et Il mentira tant qu'il pourra. point le gaffes. je l'ai rejointe au lavoir voisin de l'usine de que si son frère était condamné et exécuté. de plus grands mal. la moustache et les cheveux châtains. frissonnants. mais nous étions tombés à un que les journaux accueillent. res. . Et c'est ainsi qu'allaient les recherches. que le person- enfants et sa femme. nous avons..— l'allemand et tous les patois en usage en Alsace. sera-t-il aussi méconnaissable qu'on le phe et de doublement d'une consonne sont très-fré- dit? — Non. car il n'y avait aucun intérêt. Point de crocs. — Est-ce qu'on ne reconnut pas. c'est la mort. malgré les bruits qu'on nous présentait. Bollwiller. sondaient à deux ou trois mètres devant eux De son côté. on a bien pu lever les vannes. un peu? Je vous dis cela parce que ce matin. et si l'on n'a rien trouvé on a pu passer Auteur principal. La dernière goutte c'est sa seule espérance. qui aura assassiné passage dans les localités déjà décrites. il a été aidé. M. le squelette de la veuve Bonneau à un ! anneau d'or qu'elle portait au doigt? A moins que Kinck père n'ait été enterré nu comme un ver. Est-ce que si Kinck père avait dû assassiner ses Il faut penser. ce qui a paru tat endémique. velles reçues par lui ce matin permettent de croire nacelle s'écarter davai tage du pas une pauvre pour que les fouilles amèneront bientôt le résultat si im. je — personne. patiemment attendu.) outre à d'autres explorations. cette phrase du juge d'instruction : Si nous avions on lui répondra que Jean n'a jamais assassiné su vendredi?soir ce que nous savons aujourd'hui.

VALDU. allant de café en café vée. qu'on fasse venir portes dela salle d'attente. eh bien! il faut attendre. peut-être ce travail. six cents hommes en tenue de cor- de vendredi dernier à Thann. on pénètre dans la prison . le bataillon d'infanterie tenait. d'Ensisheim. Petit Moniteur. déjà dit. demain sur celle de Guebwiller.) Soultz. qui est une sorte L'INTÉRIEUR DE MAZAS de fête. et qu'ils fassent une véritable battue. il à son voisin le pharmacien des résultats qu'il ob. il n'y a que la valeur de deux lieues car- On vendange aujourd'hui sur la commune de rées à fouiller. d'une lieu d'ici. il a passé sa journée qui s'y trouve.Quant au père Tropmann. je l'ai s'abreuver d'autre chose que de honte. sera-t-il interrompu par la grande nouvelle que Kinck père vient d'être retrouvé dans quelque Lorsqu'on a traversé le vestibule où battent les sillon! Et si j'osais émettre un avis. (E.

désir d'écrire son nom. » D <ns les prisons. et la jus- à observer dans la callule . meur- geigneux et qui sert de crachoir. on pose sur i laquellé lors la gamelle.à cet effet. Il a pour compagnons de cellule quatre agents de Elles ne sont point absolument nues. une date. de la cellule.sur les tempes. sont construites avec un soin spécial. est mis cha. en un mot. représenté par une salle au : s'élève rotonde vitrée. d'un matelas. larges de 3m 30 et 80 au aboutissent dans la salle du rond. étant des instruments innocent. On accroche à coup. sa gamelle. la literie indique dàns quelle cellule on a appelé.sant dans une serrure manœuvrée à l'aide d'un cer le siége à volonté. l'éûergie de ses dénéga- Les murailles sont peintes de ce jaune clair qu'on tions. jour ue son entrée à Mazas. d-e recueillir toutes lui est un souvenir ou une espérance.triers. la sixième j roulée est placée sur une planche triangulaire dispo- sée. Il est toujours tête nue. la seconde. on leur a fait endosser le cos- règlements sévères qui défendent aux prisonniers de tume dela prison et ils sont chargés de le garder et les dégrader. dans un angle s'élève un siégé de bois solide. car il n'est ont nécessité à son égard des mesures exception- point d'établissement public. Les cellules ont une uni. Ses judas. de deux couvertures en hiver.'permettre d'en- supérieure. un roles Ce sont toujours les mêmes depuis l'incarcéra- 1 petit bouquet d'immortelles . de sécurité. si sa santé l'y fait conduire. ment pareilles longueur 3m 60. largeur lra95. l'édifice apparaît vance de la dans l'intérieur distribution des une planchette vivres. rendre compte. ua mot qui pour d'étudier tous ses mouvements. toute petite. pouvant contenir huit litres d'eau. des est ouverte en haut d'un petit guichet percé d'un' bottines à élasti lues. règles. Ces six voit premier coup d'œil la cause de son absence. glis- chaîne de fer assez longue pour permettre de dépla.cheveux sont coupés brosse et ramenés cependant en vent examiner les détenus. aperçoit dans la cellule. de préfec. on la retourne. Il n'a qu'à tirer un cordon sangle. qu'il a été écroué.nelles. justice n'a pas prononcé sur son sort. Les galeries ont trois étages compris le rez-de. et l'on longues de mètres. voilà ce qu'on s'abattant à côté de la porte et en restant visible. il n'est guère d'individu qui résiste au de le surveiller nuit et jour. deux crochets de fer Le détenu peut se mettre facilement en communi- où l'on suspend pour la nuit lè hamac. peu : hauteur 2m 85. à l'infirme- renfermer 1150 détenus. même par le guichet central. au parloir lorsqu'il y est appelé. autant que cela est possible. elles contiennent 1200 cellules et peuvent menoir. elle marron foncé. lout en Au fond. de plus. malgré les la police de sûreté. sa fermeté.. >! _ ture. le bouton est porte sur le recto les numéros de la galerie.' Le système de fermeture est très-solide. avertissements détaillés que le détenu a jour et deux pendant la nuit. composé d'une cation avec les gardiens. } à côté. voleurs à main armée. pendant le jour. le détenu est à l'instruction. les branches sont Cette plaque prouve que la cellule est occupée: si quelle une formées par six vastes galeries hautes de 12m 50. il est présumé.d'un vasistas que le détenu peut manœu. d'un drap. raisonnee de qui est le rond-point. d'épier tous ses actes. tage. elle y joint tantes. celui que l'on a attribué au détenu après point. une fenêtre fixe ouverte dans la partie maintenant le détenu dans sa cellule. bruyant et combiné de telle sorte qu'il peut. deux sont de service pendant le ses affiches. toujours sous les yeux : catalogue du mobilier. 4 j de chaque côté de la muraille. suffit amplement à prisonnier la possibilité de s'en faire une arme . les portes. au niveau du guichet s'a.tre-bâiller la porte. en été. une sorte de tasse qu'on nomme un surveillance de l'administration : assassins. Cette plaque doit le suivre au pro.où il va. à l'aide duquel les surveillants peu. plaques de zinc : l'une. un brin de buis bénit. C'est dans ce Une autre planche formant étagère supporte les quartier qu'on enferme les malfaiteurs dangereux. le système cellulaire livre son secret chiffre indiquant le numéro de la cellule est peint en tout d'un seul et il ne faut qu'un regard pour s'en noir sur la face externe de la porte. celle-ci deux éventail ouvert. Mais jusqu'ici il a été peu communicatif. partout formité monacale. Il y a de's moments en effet où lui-même à l'aide d'une tringlette de fer. un pantalon et un gilet gris-blanc. sur le verso le mot palais. de l'é- Qu'on se figure un circulaire milieu de la. qui en soit exempt . d'une couverture en pour faire choir un bras de fer retentissant qui. . rie. (Revue des deux Mondes. une longue pancarte « relatant le prix des articles Tropmann n'est encore qu'inculpé. trop courte pour donner au passe-partout en acier trempé. de prendre note de toutes ses pa- attache parfois un crucifix. une chaise de paille rattachée au mur par une Un fort verrou rond oblitérant deux gâches. de ministère. Les dimensions en sont absolu. petit trou. contient quelques cellules doubles. n'est engravée que d'un seul énormes couloirs C'est triste. on y ses confidences. .) 1 que matin à la disposition du prévenu. y chaussée. très-froid. capacité totale : 20 mètres cubes. sa ceux que la justice recommande spécialement à la cuiller de bois. son gobelet. comme elle ne veut pas tice n'a pu recueillir par eux des révélations impor- que les cantiniers abusent de leur position. l'administration y colle tion de Tropmann . au l'on autorise celui-ci à voir ce qui passe dans la ga- vrer milieu une petite table scellée dans la paroi de pierre. objets usuels du détenu. déjouer toute tentative d'effraction. Chacune des galeries forme une division . assez grande. blanc. Ùri " La disposition tout entière. son indifférence réelle ou affectée pourrait appeler le jaune administratif. Il porte ses vêtements à lui : une jaquette en drap Celle des cellules de Mazas est en chêne plein. il est destinera des L'attitude que Tropmann a adoptée dès le premier usages qu'on peut deviner. puis. numéro. Tant que la vendus dans les cantines des prisons de la Seine. Un bidon en fer. très-grandiose. . lerie et le guichet central.

il ré- fléchit.' A cause de son rtat de faiblesse et en considération Il était sous le poids d'un cauchemar . l'on n'obtiendra rien de lui. la torture morale qu'il doit éprou- En dedors des heures d'interrogatoire et de con. Ce n'est pas vrai.ver. frappés plus durement par le forfait que le cou- ou de loin. on lui a donné le régime a. à laquelle il est astreint jour. il pourrait. une portion de viande ces de l'artiste. LETTRE DE M. de près gens. * six heures et demie. Pendant les premiers jours de sa détention il ne Ses remords avaient sans doute troublé son som- mangeait rien du tout et l'on craignait qu'il ne vou. mais on ressentira aussi une amère douleur serve et toujours avec une tranquillité d'esprit sur. il a conçu. mille fois non. dans vous a déjà fait tant de chagrin. L'une de ces dernières nuits.. quelques rides précoces sillonnent déjà son front laisser'échapper. je dormais. il s'est réveillé en - Il porte habituellement la tête légèrement penchée sursaut. com- du même genre contient l'eau à boire. ce gras. ce qui lui donne l'apparence d'un carnassier..c'est un rêve de jeunesse qui m'est revenu. k Cherbourg. non. » sez pour ne pas inquiéter la justice. ' LETTRES DU FRÈRE DE TROPMANN Les livres qu'il a à sa disposition sont ceux de la bibliothèque de la prison. Pendant qu'il dort. pour échapper à. il discute les procès criminels qui. de Paris. au contraire.. on lui donne s'est prêté avec une extrême répugnance aux exigen- UD bouillon avec ou sans pain. simplicité : Son attitude actuelle est en général calme et rési- gnée.. bouche était restée muette.. qui qu'on l'a entendu dire : « Je suis perdu ! » vient de partir de chez vous il y a quinze jours. tout en nage et dans un état d'exaspération sur la poitrine. lectures auxquelles il se livre continuellement sont « scandées par des soupirs ou de plaintives interjec. il se compose nœuvres. il s'est imposé un rôle. mais pur et excellent. à Mulhouse. et ses joues.) frontation. un cauchemar sanglant l'avait obsédé. » est très-élevé . c'est dans ces moments de découragement malheur vient de nous arriver. A côté du monstre. Sa tête présente PUX physiologistes des caractères et qu'il était trop habile mécanicien pour avoir peur remarquables. Jean-Baptiste. portrait de 1 inculpé. qui doit lui servir pour toute la journée. biné et exécuté seul. Musée des Familles et le Magasin pittoresque. n'y croyez pas. même la nuit. Maintenant quelle est au juste la nature de cet C'est du vin ordinaire. et il a le regard en dessous. ou aidé seulement par des ma- Le dîner est à trois heures et demie . frère'de celui-là. comme tout porte à le croire. elle est longue et pointue. un peintre s'est rendu à Mazas pour faire le et demie). le front 1de rester longtemps en prison.. lassé. mais sa lût se laisser mourir de faim. ce qu'jl ne fait qu'avec une extrême ré. ou bien il lit.. EDMOND TROPMANN A SA SŒUR FRANÇOISE Cependant il est facile de voir que son organisa- tion nerveuse est très-surexcitée. un de ses compagnons veille Sa figure est blême et. ce d'un morceau de viande rôtie.que constamment à se dominer. cependant il mange as.. il va se surance. refuse de répondre quand on lui parle de son af.en songeant aux terribles douleurs de ces honnêtes prenante. à côté de Jean-Baptiste Trop- Tropmann a une préférence marquée pour le voici un honnête homme. Il se couche de sept heures et demie à huit heures. incroyable. non.. Il a un médiocre appétit . Mais il pable lui-même par le châtiment. que « détails de renseigner tout. les yeux sont profondément enfoncés Mais si pendant le jour Tropmann parvient pres- dans les arcades sourcilières .au dès qu'il le voudrait bien. il leur aurait dit ces mots nellement par le fait des interrogatoires et des con.famille. et un cinquième de vin. sur . il fume la cigarette. se rendre libre. abattu. Si. Il a des moments d'abattement extrême. n'est pas vrai. s'a- de la fatigue morale. il n'en est pas de verte et laisse voir une rangée de dents proéminentes. il semble reprendre espoir. et presque aussi.entrecoupés par la frayeur : frontations qu'il subit. On éprouvera une orte de conso- Lorsqu'il lui arrive de causer avec ses compagnons lation en pensant que le criminel reste isolé de sa de cellule. Il n'avait rien dit.gardiens. il trouvera tous les en dépit des gardiens et des grilles. Edmond Tropmann. Havre pour un crime affreux et conduit à la prison une ces avec as. J'ai écrit à Joseph.. alors les Ma pauvre Françoise.. mann. On m'assure que. il passe son temps assis sur son lit . d'un plat de légumes doit être un homme d'une énergie indomptable et et encore d'un cinquième de vin.. l'horrible massacre de la famille Kinck. mais il paraît que Troppmann Il déjeune à neuf heures et demie . la bouche est entr'ou. quoiqu'il n'ait pas vingt et ne perd pas un mot des exclamations qu'il peut ans. par ordre de l'autorité supé- tôt on lui apporte un pain de 750 grammes (une livre rieure. vient d'être arrêté de heures d'exaltation il aurait dit.. Il se lève à six heures et demie. dressant à ses. qui D'autres fois. Voici ces deux lettres dans leur noblesse et leur faire.meil .. Un autre récipient Si. Voici exactement le régime que suit Tropmann : Un détail encore. le 28 septembre 1869. ressémblent au crime de Pantin. (THOMAS liRIMM. Tu ne dois plus ignorer à présent quel affreux « tions . car. il avouera tout.. On homme ? le lui sert dans un pot de grès. un jour tandis que l'heure réglementaire de la prison est à viendra où fatigué.

veut m'accorder tout ce qui lui est possible. c'est sins ont jeté les instruments qui ont servi à creuser le seul moyen de sauver encore notre pauvre mère la fosse du champ Langlois. LE VEILLEUR DE NUIT A PANTIN « Ton frère qui t'aime tendrement. parce que jamais une pareille idée. à ce mo- pas encore entendu l'affreuse vérité. af. tâchons de nous montrer « ce Baptiste ne m'a rien dit que ce que je vous ai écrit. voulant se rendre plus terrible encore qui frappera notre mère si elle compte de ce qui se passait. K Je tâcherai d'obtenir un congé. j « Le premier cri semblait exprimer l'épouvante à la Mon pauvre frère. . la France. Il me Sa déposition marque d'une manière saisissante donne. ce seraient des pièces de conviction . qui n'avait certainement sur un vaisseau qui a fait naufrage sur la Manche pas échappé à leur flair. TROPMANN A SON FRÈRE AÎNÉ. De grâce. et qu'il suite sa perpétration qui avaient tenu ces chiens en y ajouterait alors avec le colonel tout ce qu'il fallait éveil. je vous consolais encore sur maman! » poussés par plusieurs voix enfantines. seulement. conduira. EDM. sans que l'instruction judiciaire soit vérité. et il s'était jeté dans l'eau pour se noyer. « Ton frère. reille. il a pris une résolution terrible pour nous sauver et « Je te serre la main. et éloignez d'elle tout le monde qui pourrait lui faire savoir la . car en Alsace vous ne trouverez plus de' « Je finis ma lettre avec douleur. Il s'était échappé des mains du gendarme manquait à cette sanglante scène. Il paraît qu'au moment où devait s'exécuter pour me la faire obtenir. dites-lui que ment. « E. S'il est temps encore. s'il est possible. * I jours vient d'être arrêté pour avoir commis un Le garde. sel. les chiens. allez du canal de l'Ourcq. ÉTABLI parfaitement entendu deux cris de détresse dans la A MULHOUSE direction du champ Langlois. Le du champ Langlois ont aboyé et ils ne se sont calmes capitaine en parlera au colonel qui m'aidera alors à que vers onze heures trois qua. mais repos. il chercherait par frappée par les assassins. Parmi les témoins qui ont été entendus à Mazas. Cherbourg. vers dix heures et dernier en récompense de la peine que s'est donnée notre les chiens de l'usine et ceux des habitations voisines père pour faire son canon continu et son fusil. fond malheur qui aurait pu nous arriver. n'a traversé ma tête . interrompue. était monté à une espèce va l'apprendre. il est question de procéder au curage « Quittez tous. faites comme il vous dira et allez tous où il vous et je vous rejoindrai. secours. ils n'aboyaient plus. de la mort et toute la famille de la plus affreuse mi. pauvres enfants. Jean.rts. ils hurlaient de la manière la plus lugubre. il m'a dit. ' i Un instant avant minuit. le second. si je veux. comme tels. et que ces enfants. nous sommes des hommes. et ces cris étaient évi. car elle en mourrait. Notre capitaine m'a parlé aujourd'hui. paraissait annoncer quelqu'un vient de tomber comme la foudre sur no. . TROPMANN. Juge de l'affreux coup que j'ai plorer que la protection impuissante de leur mère? ressenti en apprenant cette nouvelle. mais on renversés et couverts de blessures. son départ. Je l'heure où le crime a été commis et les préparatifs lui ai dit que je voulais écrire au ministre pour qu'il qui l'ont précédé : « me donne une permission renouvelable de six mois. ils hurlaient et semblaient vous venez de recevoir l'acte de décès. (La Presse. . 0: Edmond TROPMANN. le veilleur de l'usine a LETTRE DE M. ne de séchoir. S. et du coup Le garde dont nous parlions. » « Je suis prêt à donner ma vie pour changer tout ce qu'il y a encore moyen de changer. Jean-Baptiste qui est parti il y a quinze time. je vis et à coups redoublés. ne pouvaient im- l'a retiré de force. qu'il avait été arrêté au Havre et conduit à la prison 14r Cet épisode navrant indique assez que le pèr à Paris. n'aboyaient plus. le coup qui nous frappe est bien cruel. Oh! elle va en mourir.'f Aujourd'hui. qu'il est mort terrifiés par l'odeur du sang. il s'est plongé avec toute la famille dans le plus pro. et il avait aussitôt saisi les cris de c Maman! « Il y a huit jours. il Pantin. demment ceux d'une femme. il est à désirer que ces outils sère. » il faut citer le veilleur de nuit d'une des usines de « P. qu'il valait mieux C'étaient d'abord les préparatifs du crime et en- que ce fût mon père qui fasse cette demande. comme moi. et il est écrasant. C'étaient les malheureux fils de Mme Kinck qui pro- freuse comme elle est. Le dimanche au soir. Sans aucun doute. » cette épouvantable tragédie. le 28 septembre 1869. plus déchirant « Le plus affreux malheur qui ait jamais frappé et plus prolongé que le premier. inquiet et le cœur serré.) j lorsqu'il avait voulu aller en Angleterre. l'obtenir . De tout lugubre drame je ne savais rien. cet abominable forfait dans le Petit Moniteur univer. qu'elle n'a mort avait succédé au bruit. « vue d'un danger imminent. frappés eux-mêmes en même temps leure. mais il n'aperçut rien. mais en lisant le journal avant-hier. où l'on suppose que les assas- en Allemagne. s'il est possible. appelaient leur mère à leur avec horreur qu'il avait commis un crime affreux. une permission de trente jours. avait prêté l'o- horrible assassinat sur toute une famille de Roubaix. que le péril que l'on redoutait fondait sur la vic- tre famille. et cherchez là à gagner votre vie. je féraient ces cris de désespoir en voyant leur mère croyais être sûr que. et un silence de lui en parle pas. Peut-être aussi que ces des moyens honnêtes à nous créer une position meil. soient retrouvés.

nairement pour la surveillance des trains. pesaient sur lui seul. il disait : Enfin. en juillet 1859. juridiques. En voici la : on eût dit que le passage présumé d'un malfaiteur preuve : leur avait été positivement annoncé. Cependant. importantes puisqu'on sait où et par qui ils ont été De nombreuses arrestations ont été faites dans la achetés. il ne faut pas se le dissimuler. a été interrogé par le magistrat certain individu qui. et c'est à obtenir des aveux Dans les gares du Midi. et qu'ils s'é. il y a trois jours. l'assassinat de onze personnes. quand un seul suffit ordi- interrogatoires et les confrontations. toutes les charges palpables. on re- que tous les efforts doivent tendre. tisme obstiné. Une surveillance des plus actives est exercée cret de l'horrible massacre de la famille Kinck. fut accusé de instructeur. marquait aux principales stations jusqu'à quatre C'est pour y arriver que l'instruction multiplie les ou cinq gendarmes à la fois. un cocher de Lille. volontaires. banlieue de Paris. font défaut. et principalement tous ceux qui ne des. le se. Les gendarmes examinaient avec soin tous les Tropmann se renferme dans un système de mu- voyageurs. cendaient pas de leur wagon. qui parait devoir être Je me trouve en ce moment dans la position d'un « un témoin important. seul sur toutes les lignes conduisant à des ports de mer. Tropmann le possède. Il était facile de s'a. Mais jusqu'ici les preuves évidentes. plus tard on fut obligé de re-* . Dans une de ses conversations avec ses gardiens taient mis en force pour l'arrêter plus sûrement. Il paraît avoir parfaitement étudié l'histoire des percevoir que les gendarmer étaient très-préoccupés crimes célèbres et des grands criminels.

cond coup il ouvre la poitrine à son frère. Arnoult : % lage. il avoue. » perpétré. trouve lq sac fl^rgent. à avaient disparu. troisième coup écrase la tête et fait jaillir la cervelle. il teurs du prime . où. il fit crocheter par le serrurier la porte Il. pond. car la guillotine n'existe pas en Hol- stein. raconte en un menuisier) ont été arrêtés. court à cette chambre. D'un Le cabaret continuant à être hermétiquement clos coup il tranche presque la tête à son père. rêté qui. ^ parquets des pièces où se trouvaient les cadavres 1 Il fuit en criant : a A l'assassin ! » Arrêté. dans une pe- tite localité ayant une population assez dense et que la têts eut été séparée du tronc. l'affreuse barbarie que nous venons de rapporter. 'i * . Ziltegrah. et ne recevant au. mère. chée. -il en bas âge. sa. que le tranchant du fer pénétra dans le billot. S Ce qui surprit d'abord le magistrat ainsi que tous Un coup de hache assené en travers du cou lui ré. «Qui est là? » dit la de la boutique. il ra- étaient couverts de sang en grande partie coagulé. ainsi que Tropmann. Il sera dans la chambre où couchent ma mère baret avec sommation d'ouvrir. sa jeune femme. les assistants. où complets qui mirent 1$ police du aveux royaume 4# jSasç demeuraient sa femme et ses six enfants. les de sa famille. » les autres pièces de la maison. Le bourreau de Berlin vint à cet effet. sous l'empire d'un cauchemar. va dans la chambre où son père jours à la pointé du jour. là. Comment s'en emparer ? Une nuit il heure aux champs. au mois d'août suivant. d'un serrurier et de deux témoins. et conta qu'une bande de meurtriers a fait un massacre nulle part on ne découvrit 14 moindre meuble . dans un système de dénégation absolu et revêt d'un manteau et d'un chapeau de prêtre. un individu fut C'était en 1849. En effet. * cune réponse.és accises en tournée. Le prévôt de Wetzearsgrun et les autorités judi. le prévôt de Wet. déchiquetée par l'horrible voir : le cabaretier. jeune gars de vingt-six ans. Il poursuivit ses investigations dans Assassin ! lui crie sa sœur) qui se précipite sur . et sous davres de tous les habitants au nombre de onze. recueille ses paroles. c'est que tous les meubles de ce local. il n'a échappé que par miracle et il malfaiteurs avaient tout ernBprté. assené avec une telle force nombre de meubler pour la plupart grands et . Patrie. en quelques se- palefrenier et deux ouvriers laboureurs. un instrument pointu . dès ar. noûment de cette affaire. rés entouraient la tête de la cabaretière et des deux _ se lave. serré enfin par l'instruction. LES PARRICIDES Un crime horrible vient d'être commis dans le pe- tit village de Wetzeasgrun. ses trois enfants hache. il Tropmann a-t-il choisi cet exemple pour dépister est relaté dans la Gazette des Tribunaux du 27 juil. le sac n'est pas Il frappa successivement aux trois portes du ca. Tous avaient condes elle n'est plus qu'un cadavre affreusement le corps littéralement criblé de blessures faites avec défiguré. le meurtrier. tenu par M. où les paysans se rendent de très-bonne par son père. étonnempnt des habitants . et qui ne tarde pas à flamber. et d'un seul On se perd en conjectures sur la perpétration de l'assassinat dé onze personnes. il donna le dé- pen. servantes. s'était renfermé. il contrefait le fou. un garçon de cave. ce projet? Royaume de Saxe. Une sœur se levé . le 24 juillet. l'unique cabaret qe'ce vil. qui. dans le J cercle de Zwickau. jusqu'à présenta leurs efforts se prend à rêver tout haut : un des gardiens qui ne sont restés sans résultai. qu'elle mord. » se dit le meurtrier. Un exemple tout récent nous est donné dans une heure de chemin de notre ville. et mes deux soeurs. dont un zearsgrun s'y transporta accompagné de son greffier. restait fermé au grand Le fils d'un meunier. mais ils ont été relaxés tous ses détails l'horrible tragédie et tombe en faiblesse. parce que dans la saison convoitait certain sac d'argent qu'il avait vu apporter actuelle. une fois encore la justice? Et aura-t-il réussi dans let 1859. un Une servante acpourt au bruit . d'un seul coup. elle tombe morte à côté de y compris les deux lourds comptoirs garnis d'étain. se le principe. accomplie à Paris. du vol d'un très-grand c'up de hache. à environ une demi. montre les blessures que lui a faites sa jeune sœur. correspondance adressée d'Altpna (Holstein) à la Dans ja matinée d'hier. leurs agents en campagne pour rechercher les au. eût dant une belle nuit d 'été. 1 étaient sur pied. arriva à des deux lieues dans la nuit et arrive à Nivelles. fait qui. cet établissement s'ouvrait tou. Les mettre le feu.et il découvrit les ca. précaution que les assassins avaient prise s'en empare et quitte la maison. s'arme d'une hache. en Belgique. si bien que la ciaires et de police de Treuen ont sur-le-champ mis justice hésite et que des mois s'écoulent. deux servanles. on les lui Deux habitants dç Wetzearsgrun (un charron et répète le lendemain : terrifié. immédiatement parce que les soupçons qui s'élevaient lorsqu'il s'entend condamner à avoir la tête tran- sur eux n'avaient aucun fondement. d'un se- à deux heures de l'après-midi. la mère qui n'est déjà plus qu'un cadavre. à laquelle il vient sans doute pour empêcher ces femmes de crier. qui elle tombe brisée. qu'elle égratigne. dormait dans un lit et son frère dans un autre. beaucoup de personnes pris le premier rang parmi les causes célèbres. Je quittait jamais. pe. Voici le fait auquel Tropmann faisait allusion . Mais une nuit. — Treven. Puis le meurtrier cherche le sac. Le meurtrier enjambe par-dessus tous ces morts. par M. Conduit en prison. de complicité. a. après sants. connaître qu'il y avait eu autant d'assassins que de sur les traces d'une bande de malfaiteurs qui avaient victimes. mais. employé d. ? î. de bestiaux et de marchandises. des mouchoirs fortement ser. change de vêtements. Louis Bomal.

en rappe. 6 octobre 1869. se coucher là d'où il était parti sans avoir été vu par Comme cette. les propos Si je n'apprends pas encore vos lecteurs la dé- à: que voici : « Maintenant. du cadavre de Gustave Kinck. aurait bientôt ils doivent procéder désormais. dont nous parlions hier. et. le . On de la cour d'assises de Bruxelles. cette triste fin d'un jeune homme de vingt et quel- L'employé n'a pas reconnu Tropmann pour l'indi. ou plutôt non. de Cernay connaissant Tropmann. M. par moments. hier. justice finit toujours par savoir la vérité et par ven. et ce matin encore on me confirme venue réclamer un colis. Il a signé ensuite les procès-verbaux de confron- Mais je ne veux pas insister sur ces souvenirs tation d'une main assurée et comme s'il mettait sa horribles . avec son dernier enfant. et par ce misérable : qu'il se croyait causant avec des personnes de con- naissance. il y a les portraits-car- C'est une prédisposition nerveuse qui doit l'amener tes du fils qui est à Cherbourg dans une compagnie fatalement à des aveux. disant Malgré l'attitude plus que réservée de Tropmann. On se souvient du nom de Wolf. une autre ger la société. Puis il s'éloigne quand déclaration. M. dame l'exhortait à dire la vérité. je dois ajouter les suivants. un petit garçon. ne fût-ce que par américaine. C'est le seul témoin devant lequel Trop- l'incendie est dans son plein. caractère. je L'instruction n'a entre ses mains qu'un portrait les enverrais à ma famille pour qu'elle pût s'expatrier. ger de la famille Tropmann.. de camarades de l'assassin. du cadavre tant cherché de Kinck père. ques années. un de ceux dont bre. intermittents. il paraît que On voit encore dans la salle d'attente des accusés Tropmann causait en souriant avec les témoins. sins. c'est une photo- passer en Amérique et y amasser une fortune. qui a la haute main ici pour les On sait que Tropmann avait écrit ou fait écrire recherches. Ainsi autour de la glace de la petite salle à man- Tropmann serait donc sous le coup d'une idée fixe. ne se soit pas depuis longtemps. L'enfant dénonce son père qui est exécuté en lence. Où n'aurait jamais dû venir un Bornai. on a reçu Un employé du chemin de fer du Nord a donné la aouvelle de Paris que Charles Wolf s'était tué par quelques renseignements sur une personne qui était strangulation. a raconté dans les Havre. pendant l'un de ces accès Cernay (Haut-Rhin). Or. aux agents de M. par l'idée de cette fata-morgana fait tirer. centuplé le chiffre de dix mille francs. mais il a gardé le si- sins. avant cette exhortation. aussi celui de Mlle Fran- çoise. et dont l'Alsace est inon- avoir lieu entre eux et Tropmann. Cette dame a été aussi admise hier à faire sa et met le feu au sommie-r.. et l'on n'a pu trouver le seul qui intéressât la De nouveaux témoins ont été interrogés hier à curiosité publique : il ne faut pas parler de ce Mazas même. cela ne ressemble pas. par ce rêve non réalisé d'un voyage au un de ces photographesqui courent les foires en pro- pays d'Eldorado. la force lui man. déjà ancien de l'assassin Tropmann. Douet d'Arcq entendra aujourd'hui quelques Aux renseignements que j'ai donnés hier sur son témoins dans son cabinet. personne s'est présentée ce soir au Palais. (THOMAS GRIMM. à cause des confrontations qui devaient profil dessiné au Havre. que ces noms étaient ceux de voi- hasard. et même en Europe. ces deux vers écrits eût dit qu'il n'avait pas conscience de sa situation. M. leur annoncerai cette fois que j'ai été témoin de re- Un photographe que j'autoriserais à faire mon cherches très-minutieuses. » graphie faite il y a neuf ans. avoir de graves révélations à faire sur Tropmann. Kremp. de saluer les témoins. mais il couche l'enfant dans son lit lière. Il n'a pas man- lant des crimes analogues à celui de Pantin. je partout en France. N'est-il pas surprenant En admettant que ce langage fût exact. dont la chimère aurait exerce la vince et particulièrement en Alsace. • ^ Du reste. dée.) d'ouvriers de marine. comme l'on dit à Cernay. plus grands détails la découverte qu'il avait faite. Tropmann a baissé les Mais l'incendie a été arrêté à temps. tous. il me suffit d'avoir démontré. Indépendamment de l'ouvrier coutelier. qui s'est toujours plus rait prouver que le cerveau de l'inculpé serait obsédé. au Palais de Justice. mari. et à personne. et nous avions appris. par les voi. Claude. signature au bas d'un acte ordinaire. en disant se nommer Kinck. de la fille mariée en Suisse NOUVELLES CONFRONTATIONS et de ses petits enfants. garçon boucher à l'abattoir central se servit d'abord Tropmann lorsqu'il fut arrêté au de Paris. plus funeste influence sur son esprit. mon nom doit être connu couverte. vidu qui avait fait cette réclamation. pour apprendre comment nant dix mille francs une fois payés. tout espoir n'est certes pas perdu. féyrier 1850. Huck. le juge d'in. Le sieur Kremp. faire l'aveu de son crime. promené qu'occupé dans les ateliers. d'une monomanie vaniteuse. en arrivant à Cernay. par il y a huit jours. il semble.suite du mal blique. il aurait tenu ou à peu près. que ce mécanicien amateur. relatives au séjour de Tropmann à Paris en septem... de l'avis de tous les gens struction a reçu les déclarations de quatre témoins. et qui serviront de leçon portrait. sauf son plusieurs lettres à une dame qui tient. du fils qui travaille à Mulhouse _ dans les ateliers Kœchlin. dans un café ou sur une promenade pu- Ah1 quel triste séjour. la taverne anglaise de la rue Grange-Bate- quait sans doute. est le commis principal de M. Il les tue tous à coups de couteau. yeux pendant quelques instants. et va tranquillement mann ait paru perdre un instant son assurance. et qui m'achèterait cette autorisation moyen. que la qué. comme d'habitude. que je trouve dans la Gazette des Tribunaux de ce matin : LETTRE DE CERNAY L'inculpé semble atteint.

Dès lors. à quelques Recherchons dans la jeunesse de Tropmann si pas de l'étang d'Olwiller. La Gazelle des Tribunaux nous donne les rensei- tes les épreuves . Claude écoute d'ailleurs très-attentivement le lune de se cacher. pour juger en. voie publique. C'est la seconde communica. [ 1 probable de deux individus de Cernay. disent les habitants de Cernay. Quand les ouvriers. Quand nous rentrons au poiut de départ. Le calme règne dans y eût aucuns miasmes affectant l'odorat. ou heures devant le château d'Ollwiller. < LE CARACTÈRE DE TROPMANN Tropmann enfant était d'un naturel sournois. mais . de Cernay. assidu aux offices. indomptable. après avoir quitté les fabriques. d'un batàillon d'infanterie. que la prononciation de ces noms mêmes: Herren. renverser. à l'adresse de M. quand il plaît à la de M. Il eût été conforme à toutes les tradi- ritoire de la commune. Les magistrats se dirigent vers Bolwiller déranger. < présence des commissaires de police et de M. il prévoyait. fronté aujourd'hui avec plusieurs témoins et inter- Lorsque le cadavre de Gustave a été retrouvé. tion du même genre confiée à l'entremise du très. il ne paraît pas n'a pas été ému : avoir fourni des indications précises. Kremp. né à Brunstadt. j ' matinée ou a fait avancer d'Insixheim. a été oubliée quand elle devait rejoindre d'autres ob. 1 honorable M. une corvée de cent hom. dition et mis à même d'en relater les différentes pha. quelques aveux. A l'une par sa J'arrive au détail de cette journée d'hier : dans la naissance. il a vécu à Cer. besoin d'avoir la sagesse de Salomon. l'obscurité aussi. le chef de la police de sûreté. et quel est son caractère? contre une petite cabane en maçonnerie. Voici dans quels et fils des éléments qui doivent le bien fixer sur les termes la municipalité s'exprime. à l'endroit reconnu par M. le silence se fait dans la ville. lieu de dépôt Donc. tout roulé en paquet. Jacob Stanl. à l'autre par l'éducation. il est au-dessus d'une fontaine Défense de rien — : « ne cinq heures. déranger. Gros. » photographie. d'avoir été conduit à cette expé. à laisser faire sa tué comme les autres. (E. i pour Paris. placée en relief. il a résisté à tou.. il rogé par M. Tropmann était dévot. une lettre intéressant la complicité A Cernay. Cernay est une petite ville fort tranquille. Ce n'est pas ont été réservées ce matin. Ingold. l'on n'a rien trouvé. Il n'a pas renoncé à ses idées de for- . pas constaté.. On ne saurait employer un langage plus Encore si l'on apprenait que le coupable a fait paternel. gnements suivants : 1 claration qui consiste à accuser Jean Kinck et son fils L'état de Tropmann est toujours le même. Je dois à M. — j'ai recueilli caractères. craignant sans doute de laisser échapper il a donné ses ordres. disent les habitants de Brunstadt. Cette lettre A Brunstadt. riche élève . Son père l'a mais après de longues hésitations.. mais il a posé comme condition ex- Depuis. et ce bon exemple n'était pas quelque aveu compromettant. Les montagnes qui avoisinent la ville n ont d'af- Ensuite rendez-vous a été indiqué pour deux freux que leur nom: Wolfskopf (tête de loup). dit-on. Enfin la nuit arrive et casser. D Il appartient à l'une et à l'autre. Celui-ci n'aimait pas cette disposition dans son Je dois à l'obligeante de M. il a persisté dans sa première dé. rien de bon. Keller.) mait sa famille. l'ancien député dont le mandat vient de passer fluçht (Refuge des seigneurs). s'est-il écrié. il s'est étudié dans les interrogatoires et presse que son portrait ne serait pas vendu sur la les confrontations à éviter toute réponse précise. un pan. Nous sommes arrivés. les détails jets au fond de l'eau. sauf un petit bois et une tions de placer le personnage dans un milieu ef- mare qui ont été réservés pour l'après-midi avec la frayant : il a fallu y renoncer. CI: Pauvre Gustave. mettre en pièces. sous peine d'amende. Lothammer fils. mes qui ont exploré les talus et les haies du chemin rien de terrible. Le délégué la petite cité. cette inscription. » pour fouiller et explorer ces parties du territoire qui Remarquez cet euphémisme. bien fâchés. Hier.. sur plaque bleue. le juge d'instruction. à M. % avait été adressée au directeur propriétaire d'un La vérité est que. il n'est pas aujuge d'instruction. qui l'a fait passer aussitôt nay depuis l'âge de onze mois. on serait consolé de taut de peine Tropmann paraissait trop sournois à son institu- prise sans résu!tat présent. et les faiseurs d'histoires en sont de fer aux abords de Bolwiller et ensuite tout le ter. c'est à Cernay que Tropmann fut élevé.. Il a consenti. Le pantalon était taché de quelques indices nous donneront la clé de ce terrible sang. teur. * rien ne faisait prévoir qu'il deviendrait un monstre L'attitude de Tropmann déroute tous les crimina. qu'il ne sortirait de lui négociant de Cernay. mais simplement l'on n'a rien découvert encore. c notaire de Cernay qui lui fournit sur Tropmann père Pacifique est aussi la population. VALDU. talon qu'il venait de découvrir. et. tre les deux localités. Con- Gustave du massacre de leur famille. •. grand journal de Paris. -il a pris le parti de de trop pour la police locale. c'est peut-être une épave compromettante qui tempérament. qui vont suivre : * I Je vous dirai qu'il est arrivé ici. il a fait partir ne plus répondre du tout. Il en est là maintenant. au dossier du Où Tropmann est-il né ? chef de la sûreté. A. qui n'a. * ' Depuis qu'il est détenu à Mazas. Il déclare souvent dans ses lettres qu'il veut faire le bonheur de tous les siens. qu'il la Un vent frais court par vallée. l'on n'a sont rentrés chez eux. chez M. de férocité et qu'il aurait un caractère d'une énergie listes. Quel est donc cet homme. ni une locution plus alsacienne. déranger.il ai- ses à nos lecteurs.. Douetd'Arcq. il agit lui-même quand Puis.

il ne répond rien. dans la nuit du 4 au jours du mois de septembre. par le train n° 41. cueillis par l'Indépendant rémois : Dans la nuit du 4 au 5 septembre. jamais rien. semble au contraire arrive seulement à connaitre le jour précis de l'arri- augmenter. tembre. un seul. Cette dernière date est bien récente. hier. c'est sur- Voici sur ce point les curieux renseignements re. a-t-il dit. de Soultz. des places ont été prises deux quels étaient les voyageurs qui. Mais l'un des bagages portait le timbre du départ net tenu spécialement. pour Bollwiller. il s'agissait donc de savoir commencement d'août. à la portion ordinaire qui lui est servie. il a été pris un On ne prend pas tous les jours des billets pour billet. On en Son appétit. ces bagages avaient été déposés . matin. Une seule On se. c'est du 4 au 8 sep- tice. tune. abouti jusqu'à ce moment à aucun résultat. Le préposé n'avait pu préciser le jour où - Quant aux faits qui intéressent directement la jus. et 'il laisse échapper souvent des propos qui • En Alsace. on se sert donc qui part d'Épernay à une heuro treize minutes du gare de billets passe-partout. tout la première qui nous intéresse. étaient partis d'Epernay 5 septembre et dans la nuit du 13 au 14 du même pour Bollwiller. les investigations de la justice n'ont dénotent chez lui une véritable monomanie d'argent. et qui correspond. sauf un arrêt de deux heu* pour lesquels il y a un car- . c'est l'idée que son père Kinck ont été trouvés dans le bureau de l'omnibus pourrait être arrêté. gare qui dessert Soultz. en remontant jusqu'au de la gare d'Épernay. rappelle que des bagages au nom de Jean chose semble l'exaspérer. Or. loin de diminuer. pendant les premiers fois à Epernay pour Bollwiller. mois. Bollwiller dans la d'Épernay . il a demandé de larges suppléments vée de Kinck père à Soultz.

pour la première fois. et dirigea cette quérir paraissent avoir surexcité celte imagination arme contre son assassin. cette vente pourrait individu dont les allures mystérieuses sont de nature lui procurer une somme importante. Il le fait en ces termes : 1 î Tropmann qui. en la désarmant. à qua. 5 de ses crimes.voyage dont parlions tout à Le sieur Kremp. et. (Thomas Grimm. tir pour Bollwiller à cet effet. partements et que d'autres battues vont avoir lieu. trois heures pen.couteau avec lequel on la frappait. (Le vous pouvez le penser. 19 la cour de la Sainte-Chapelle. s'est arrêté devant Quand. il est plus que probable que davre de Jean Kinck pourrait seule amener Trop- le préposé aux bagages a mal entendu.qu'il s'y est . Les rapports ajoutent continuer contre l'accusation une lutte dont il sem. et qui a eu Jieu dans la nuit du 13 au 14. en se débattant. A la suite d'ordres donnés. à Bollwiller. dans lequel se trouvaient trois agents épouvantables forfaits. a été violemment absorbé par une pensée étrangère à sa lecture.' fait refaire à Tropmann son récit du crime de Pantin. constante. il est vrai. Cette situation exceptionnelle L'horrible drame de Pantin a produit ici. et que cet mann à des aveux complets. dans les premiers jours de son Dans sa prison. en lisant. Lorsque Kinck père assassina sa femme. n'a pas eu des complices dans la perpétration de ces tice. morne et profondément décou. re jeta sur la mal. mais depuis quelques jours il paraît avoir re. enregistrement correspond bien au billet déposé pour missions rogatoires ont été lancées dans plusieurs dé. 1 venu a été scrupuleusement notée. C'est alors que lui. Il lit beaucoup. pour la centième fois peut-être. Ce sont eux qui ont tout registre porte. se blessa. Un fiacre. que de nouvelles corn. pour protéger Jean Kinck. il est plus communicatif avec ses gardiens mann. L'inco.) tible qu'en France. il a fait remar- quer que. Voici. Quant au second. mais semble. un coin du palais qu'on appelle la Souricière. la pensée parvint. i été signalées par le juge d'instruction. lutte. Le cuser les Kinck père et fils. res avec Il persiste tre heures une minute. de Paris au parquet de Bruxelles et à l'administra- De la Souricière.comment Tropmann explique la. à s'arracher de la gorge le de l'or et de là célébrité que son nom vient de con. paraissait calme et résolu. A la lecture des nouvelles de la plus terrifiante Le Gaulois donne les nouvelles suivantes : succession de cadavres qui ait jamais été vue en pa- Hier. Le fiacre est sorti par une petite réussi à tromper un instant la vigilance de la police porte.qu'il a au visage. les agents de police à dant lesquelles. reille circonstance. BolIwiller. La Patrie donne sur les recherches de la police cutés lui paraissent de nature à le placer en dehors belge les renseignements suivants : f des criminels vulgaires. vres de ses six dernières victimes. Tropmann n'a plus l'air abattu arrestation. Il ne trahit qu'une préoccupation son attitude impassible même en présence des cada. en conséquence de' nouvelles données. et. » mais com. ému lorsqu'il a été placé en présence du corps de fois. LE COMPLICE PRÉSUMÉ DE TROPMANN jj Lorsqu'on a fait sa photographie. agent de la sûreté. distance On comprend si bien à la préfecture et dans le me ce train. comme semble ne pas l'impressionner défavorablement.distingué. prenant par la petite rue Saint-Louis et française. r ragé. on s'est demandé si Tropmann trait de Mazas pour être interrogé au palais de jus. blait reconnaître l'inutilité. vient de par- nous l'heure.) ajoutons pour mémoire qu'il s'est fait sans bagages enregistrés. Par. r j ni même plusieurs jours de. trente kilos. à à d'instruction la découverte du ca- en avant et en arrière. « Bitschwiller. prière a été adressée de la part de l'autorité judiciaire gnito de l'assassin n'a donc pas été trahi. blessure | Il était silencieux. qui ont cour de la prison. Je le crois volontiers. La mutiplicité à inspirer de graves soupçons. à une enquête sur certains indices et de seconder la L'interrogatoire a duré depuis une heure et demie justice française. Tropmann a pénétré teur de la sûreté publique de notre pays de se livrer par un pas- sage réservé dans le cabinet de M. celle-ci conquis en partie son assurance première. Mais Tropmann n'est pas vaincu. billet pour cette station. Un fait acquis à l'instruction et qui met en relief tion avec les nombreux témoins qui l'ont reconnu le caractère étrange de Tropmann : comme étant l'individu qui avait figuré dans les actes Pendant la foire de Tourcoing. L'enregistre. Trop- dépravée. si on lui permettait d'utiliser commercia. préparatoires du crime. (Le Gaulois. qui a conservé des premiers jours. et si la Belgique n'est pas du service de sûreté. Sa voix est nette et lerme. les charges accablantes qui lui ont cellule de long en large. à ac- ment des bagages porte : un colis. l'audace avec laquelle ils ont été exé. Douet d'Arcq. au mois de juillet. pendant lesquelles la moindre parole du pré- royaume. il se lève brusquement et se met à arpenter sa Gustave Kinck. on a tous les degrés et tous ceux qui s'intéressent au ré- . le train arrivant le 5. Tropmann a été ex.) Le même journal est amené à étudier le caractère de Tropmann.fait.. à Strasbourg. Il n'a été que leur complice. Nous avons annoncé l'arrestation à Bruxelles d'un lement la vente de son portrait. des avis ont été immédiatement jusqu à quatre heures et demie.heureuse. attendait le prévenu dans la devenue le refuge de ces fugitifs criminels. ont amené chez Tropmann Tropmann s'est fait admettre comme lutteur-ama- un état d'affaissement qui ne lui permettait pas de teur dans un cirque de. Trois heures! Trois transmis à tous les commissaires de police du heures. Sj nion publique par les crimes qui lui sont imputés. une émotion aussi indescrip- Droit. il n'a été délivré aucun binet du juge que ca. sa confronta. et cherche à savoir quel est l'effet produit sur l'opi.

sultat des investigations de la justice française. mais dans ces communications des êtres vivants avec les elle est précise. fais-nous l'amitié d'aller nous qu'il a assisté. M. » tité. transmis. reprit-il. on le voit. fantastique. de manière à tou- auparavant. qui épela de nouveau Une douzaine de personnes. Syrcos. ancien rédacteur du Rappel. L'ameublement en est demeuré sévère et imposant. l'exhibition d'un passe-port. je l'avoue. quand celui. qui assiste à toutes nos réunions. Nous ne répéterons pas toutes les formalités de . on apprit qu'il y a environ deux mois. ce qui donnait à cette scène quelque chose de tois qu'il avait particulièrement connu. toutes réunies. l'esprit de Jean Kinck. c'estnotre bonne Angèle. furent l'esprit était disposé à répondre. leur parurent suspects. provisoirement mis en état d'arrestation. que tous recouverts de pesantes armures. cherchent avec persévérance la solution du sinistre elles formaient le nom d'Angèle. Bien qu'il se défende de croire aux manifestations Veux-tu? » des esprits. à chercher l'esprit de Jean Kinck. on Qui es-tu? reprit le médium. tive. dre ? » dices.. de façon qu'en quelques heures on était éclairé. mais le spiritisme et le magné. il y. On s'est mis à examiner si la présence de Jean Personne ne dit mot. qui ne purent Le médium s'interrompit alors pour expliquer que apaiser les scrupules des agents de l'autorité. est un peu longue. De Gand. un coup retentira . il sembla que la table document quelconque constatant leur identité. tivement. Jusqu'à ce jour. Plusieurs de ces étrangers suspects. victime d'un assas- une évocation de l'âme de Jean Kinck. dans le cas de la néga- blissant que leurs allégations relatives à leur iden. réunies et de former la chaîne sympathique. sement autour d'une table. l'esprit qui répondait était cette fois l'es- très-bonne foi. se sont assises gravement. et permettent d'en rendre un compte exact. dit-il.en réponse à des informations demandées L'esprit acceptait. ci était établi. donné le signalement. mais un frisson sembla par- Kink coïncidait avec la date de son départ. et l'on a trouvé que c'était posa les deux mains sur la table. l'alphabet . je veux vous introduire dans le monde dée. jusqu'à ce « Chaque fois. tisme ont de nombreux et de sincères adeptes. silencieu. que l'esprit répondra affirma- qu'on eût reçu de France des renseignements éta. ici et à étudier leurs allures. A la frontière française. il a bien voulu nous donner quelques Un coup d'acceptation retentit et fut suivi d'un as- détails sur cette séance. on C'était dans la grande salle d'honneur d'un de ces s'est mis à s'enquérir secrètement des nouveaux dé. les gendarmes cher celle de son voisin. un coup sec et sonore vint résonner dans de leur voyage. sinat. Les plus insignifiants indices furent rassemblés aux murailles cachées par des boiseries sont encore et communiqués jour par jour de tous les côtés du appendus les portraits des anciens chevaliers. quand l'esprit frappe il faut s'arrêter et inscrire la lettre qui vient d'être prononcée. sur la demande du médium. deux individus suspects Voici comment se font les réponses : restent détenus à la disposition de l'autorité belge. le 20 Le président interrogea : septembre dernier. ou tout au moins d'un Quelques instants après. une foi ardente Cette méthode. l'esprit en frappant SÉANCE DE SPIRITISME indique une seconde lettre et ainsi de suite. tester la redoutable puissance des seigneurs du moyen jour du drame sanglant. deux coups seront entendus. dit-il. nous écrit — Angèle. pres- pays. La vaste salle était plongée dans une demi-obscu- Jean Kink y avait séjourné et rendu visite à un Gan. qui depuis quelque temps doit être parmi vous. à Roubaix. ce Es-tu l'esprit de Jean Kinck ? » En conformité des avis donnés. qui nous Bientôt de nouveaux chocs se firent entendre. au sujet de laquelle nous sez long silence. l'intérieur de la table. je n'ai pas. Les lettres succesivement désignées de cette ma- ÉVOCATION DE L'AME DE JEAN KINCK nière forment des mots. a quelques années. dans une petite ville des Vosges. par la courir l'assistance . pour l'Alsace. par leur magnétique-résultant de ce concours de volontés attitude et leur présence. prit de Jean Kinck. puis on entendit un cra- leur demanda même des explications sur les raisons quement . la justice. assure-t-oa. Le médium recommanda le plus grand recueille Jean Kinck était accompagné d'un autre individu ment et annonça d'une voix émue qu'il allait évoquer dont on a. esprits invisibles . étaient confirmées. qui sont la réponse deman- Aujourd'hui. afin de se pénétrer du fluide belges réclamèrent de certains individus qui. On recommence l'alphabet. à la suite de renseignements On entendit un coup. veux-tu répon- — libérait ceux contre lesquels il n'existait point d'in. problème que le poignard de Tropmann a posé à « 'Ah! mes frères. ce qui signifiait que ce étaient demandés et parvenaient par le télégraphe. Le médium opéra comme nous l'avons dit. rité. n'était point lui. surnaturel. avons reçu des renseignements plus précis. / par le télégraphe électrique. à leur position sociale et à leur séjour. les éclaircissements Deux coups répondirent. Le médium nomme successivement les lettres de qui en a référé à celle de Paris. ils Il marqua les lettres et vit que. anciens châteaux qui restent encore debout pour at- barqués en Belgique depuis le 20 septembre dernier. très-honnêtes et de l'alphabet. à un signe du président. chacun Belgique. on commençait à s'ébranler. des motifs de leur présence âge.

veux-tu répondre? » dont il vient d'être parlé. BAUER. chers lecteurs. sont pas autre chose que des êtres sans corps maté. de l'erreur signalée dans le nom de 1 auberge où Jean dium. par opposition. je n'avais pas ajouté une grande im- portance à cette lettre : je ne suis pas. or. Alsace. Kinck se serait arrêté à Schlestadt. Le mé. joints aux premiers témoignages recueillis par l'in- à trine spirite. chemin de fer. riel. Les frères que tu as laissés sur la terre. nous Soultz et Bollwiller. On le voit. sommes arrivés à Schiestadt. il l'aurait enterré sur place . Puis. séance signalée par M. jeunes.1 L'INSTRUCTION [ j Notre correspondant plaisante. que je ne Tiopmann. mann seul aurait assassiné M. de toutes les manières. et qu'il est resté dans la terre un objet ayant appar- tadt pour savoir s'il y a réellement un hôtel du Lion. tout le monde s'occupe de « Mon cher ami. Il lui aurait fait prendre un chemin vi- sais pas exactement à quel endroit il a enterré mon cinal longeant un petit bois. que nous à toi la justice des hommes soyons incarnés ou désincarnés. le. de Jean Kinck a pu se manifester dans l'évocation Esprit. il l'aurait Tout d'abord. Syrcos. Vert dans cette ville. il serait revenu le lendemain pour l'exhumer. ne reste pas impuni. sur son sort. forment déjà un très-volumineux dossier 11:. en descendant du nous sommes dirigés vers la campagne. Mais j'ai la-certitude qu'il ne doit pas être Après l'avoir tué. ce que nous a ap. Kinck père entre tel du Lion-Vert. publicistes. Lerouge. (Thomas GRIMM. Nous avons logé à l'hô. tenu à la victime. il Mon corps est enterré près de Schlestadt. / cette lamentable affaire de Pantin. sous-chef de la police de sûreté. et de jeter l'incertitude et « Cependant. Qu'est devenu ce corps? SÉANCE DE SOMNAMBULISME 1 ] RÉPONSE. mais voici le dialogue qui eut lieu. Là. sont aujourd'hui réunis et classes oser faire l aveu de sa croyance au spiritisme . une note reprodui- DEMANDE. Puis nous sommes sortis . traversant une ville. à des illusions. et mon esprit s'est envolé si vite. l'eau au milieu de l'étang. dans le ténébreux réseau que tresse avec une sinis- ci Quant à un Lion-Vert. '% « L.' i . avait pour but de chercher des indications sur le lieu RÉPONSE. ce qui est déjà très-joli mystère. à ses voyages à Roubaix et à Le chroniqueur du Petit-Journal semble ne pas son séjour à Paris. som- nambules. qui Comment t'étais-tu rendu en cette ville. Nous les esprits nous appellent des incarnés. vieux. » T . quand tu étais sur la semblable si nous avions à nous rappeler le nom d'un terre? hôtel où nous aurions séjourné un jour ou deux en RÉPONSE. si les deux hôtels voulaient fusionner la crainte dans l'âme de ceux qui doivent prononcer l'un donnerait l'animal et l'autre la couleur. 1 Je m'étais mis en route avec Tropmann. ments avaient pu troubler notre mémoire? ! i DEMANDE. Tropmann. tout le monde ale «. dont le mann s'est jeté sur moi. c'est vraiment trop exiger tre énergie l'assassin qui est sous les verrous.. Chacun commença : DEMANDE. . 1 ! corps. afin même pour un esprit. à son existence avant le crime. sant fidèlement une séance de somnambulisme. plus hor. dans une sorte d'invocation préliminaire. Les spirites n'en sont pas moins convaincus qu'ils ont évoqué l'âme de Les documents relatifs à la personnalité de Trop- Jean Kinck. riches. nous sommes sujets avons recours pour que soit éclairée et pour qu'un grand crime. nom de Lion-Vert à l'hôtel du Lion-Rouge. spirites. pauvres. en Une personne est allée présenter à M. de dérouter la justice. projet était de se rendre à la fabrique du père lence. « D'autant plus que probablement cela nous obli. Trop. esprit. nous n'hésiterons pas expliquer la cause struction. d'égarer l'opinion publique. et avoir commis cette légère La table rendit un son net et distinct et le dialogue erreur en confondant deux mots. disait-il. Ces documents. de découvrir ce qu'il y a encore de cache pour un chef-lieu de sous-préfecture. aurait accompagné sa victime.) mann. la fosse Voilà à peu près. n'étant pas à son gré assez profonde. l'envie de dévoiler ce hôtel de la Montagne-Verte. de faire croire qu'il n'a été que le complice des mem- gerait à avoir une Montagne-Rouge. je le répète un adepte du spiritisme. mais par les soins de M Douet d'Arcq. bres de la famille Kinck. où était le cadavre introuvable de Jean Kinck. de nous ne serait-il pas exposé à faire une erreur Qui étais-tu. m'a frappé avec tant de vio. Les esprits ne jura l'esprit de dire la vérité. Nous avons ici un hôtel du Lion-Rouge et un désir de connaître la vérité. et j'ai écrit à Schles. l'épreuve . le traî- pris notre correspondant. et en donnant le . chargé sur un petit bateau pour aller lé plonger dans La somnambule ajoute qu'il serait facile de re- g Cependant je n'avais pas à mettre en doute la trouver la fosse où le corps avait d'abord été déposé. ad. mais éloigné des environs de Schlestadt. de toutes les.. pour nous qui comptons parmi les adeptes de la doc. Voici la réponse que j'ai reçue : façons. nant jusqu'au bord d'un étang voisin. par conséquent l'esprit rible qui jamais ait été commis. à des erreurs. autrement dit des désincarnés . et te supplient de les instruire en toute sécurité. Trop. surtout si de tragiques événe- J'habitais le corps de Jean Kinck. à ses relations avec la famille Kinck.. Nous Selon la somnambule consultée à Paris.

il feint de mouvement du gardien ses pommettes se colorent. quart. pour la première fois. Le prévenu persiste dans son système de défense. le ses projets d'industrie en Amérique et du bonheur avec trois agents 'du service de sûreté. le front sur son bras. M. dans le cabinet de M. désir de savoir ce que disent de lui les journaux et Parfois encore ses instincts d'aventurier repren- quelle est l'impression des foules nent le dessus. cette fois. au moindre bruit. Douet d'Arcq. ou plutôt d'accusation. mange avidement parfois. s'arrêta à la Souricière . moins contre les rante-cinq minutes. La voiture lue la réalisation de ces projets eût donné à sa fa. Il dormir. le prévenu monta l'escalier à vis qui débouche sur le couloir de AU PALAIS x service. Tantôt silencieux et morne. Il a le plus vif dans sa prostration. 1 C'est vendredi soir. il refuse de continuer son repas et retombe avidité fébrile des bruits du dehors. après les premières quement. et fut introduit au n° 9. qu'on a Tropmann a subi. Il parle de la fortune qu'il avait rêvée. et. un interrogatoire de onduit Tropmann au Palais. car il continue d'accuser Jean . se promène avec agitation et témoigne une bouchées. il en sortait à quatre heures un entatives d'évasion du prévenu que contre la curio. !ité de la foule. Claude l'amena dans une voiture de place. Introduit au Palais à une heure quà- )lus rigoureuses avaient été prises. Tropmann a des alternatives d'abattement et de Il est pâle. les agents firent traverser à mille. Les précautions les deux heures. tantôt il se lève brus. Tropmann le poste de gendarmerie. au moindre surexcitation.' et.

le plus souvent. - La découverte du huitième cadavre pourra seule Écartons comme fausse cette pensée que la peine vaincre cette obstination. Kinck et son fils aîné.... ce cœur qui frontations avec les témoins qui déclarent l'avoir vu. mettait Un fait acquis à l'instruction et qui met en relief à leur disposition les moyens de racheter leurs cri- le caractère étrange de Tropmann : mes.. tacle des honneurs. Il s'opère alors instantanément des effets physio- sionnait plus ou moins. . la-loi. si la société. et si la vue du sang versé l'impres. ainsi elles sont peu de choses en raison de leur durée ra. nant des mesures certaines pour se mettre à l'abri On voit ainsi que Tropmann aimait à jouer du de nouveaux forfaits de la part de ces hommes cri- couteau! minels. La société. l'échafaud !.. bat. mille fois plus à craindre que toutes les souf. mais encore? bien autrement terrible. Saal. aurait Tropmann s'est fait admettre. soit parce qu'elle a négligé de veiller à l'éducation de ces mal- LA PEINE DE MORT heureux. la rage à la défaillance. Tout à coup il a bondi sur son lit tout effaré . il murmurait des paroles hauts degrés de l'échelle sociale malgré leur indi- sans suite. ce que le public ne servent d'un cabinet à eux affecté et qui est dans l'in- soup- çonne pas. fatalement. d'hommes placés aux plus d'un affreux cauchemar. Saal a montré à notre correspondant plus de peine de mort. il se produit une révolte affolée. ce cerveau qui pense. par le spec- Cette crainte obsède et trouble son sommeil. à l'anéantissement.. et sans analo. du criminel ont pris fin..ail mois de juillet. avait tracé un cercle. sup- plice et font de 1 instrument de mort un instrument son cabinet personnel. renonçant à la M. les deux heures sont expirées et les angoisses teau qu'il lançait. vertigineuse.tours. pendant les derniers mois. soit à Paris. au faubourg de Thann. il lui a gues. Gomme lutteur-ama. Les rapports ajoutent vie à des êtres dont. temps accordé pour blè caractère de la peine de mort. soit parce Tropmann a une frayeur terrible du dernier sup. soit en décomposition. s'occupait de réveiller dans leur âme les senti- Pendant la foire de Tourcoing. Mais le châtiment serait C'était peut-être un jeu favori. im- LE CARACTÈRE DE TROPMANN mense. à l'âge adulte. Mais. de mort est dans l'acte même de la privation dela vie. soit parce qu'elle les a abandonnés aux ha- sards de la misère. voici un renseignement des logiques d'un caractère effrayant qu'il est grande- plus exacts : ment utile de dévoiler comme le plus sûr moyen. C'é. ce que n'ont pu deviner les monstres à térieur de la prison.. les attentats doivent remonter jusqu'à elle. ce cœur qui agit. du' massacre de de grâce. vous aurez cessé songeur et retombait dans son accablement. après que l'aiguille de nos cadrans a fait deux chêne et s'amusait tous les jours à y piquer son cou. pide. Pour MM. de l'instinct de la conservation contre la pensée de l'anéantissement. qui précèdent le moment du . des in- plice. moins à confronter à la fois avec 'l'inculpé. (THOMAS GRIMM. à notre sens. stincts pervers. Jean-Baptiste Tropmann se renfermait assez sou. des fortunes scanda- Une de ces dernières nuits. resté seul. et tout en pre- bois. Tropmann.mieux rempli son devoir qu'en tranchant le fil de la teur. des dignités. pendant leur jeunesse. peut-être. laissait une voie ouverte au repentir. dreth. les magistrats instructeurs qui recher. de prévenir le crime en révélant le vérita- vent entre midi et deux heures. directeur de la prison. % Alsace. se Tropmann ne sait pas. ments de morale. d'être et votre âme aura pénétré le mystère de la vie éternelle. quand il vient. — dans l'atelier de son père.) le dîner. Et cependant ce que transportent à Mazas pour interroger les inculpés.. il devenait heures. laissait aux assassins des remords deux mille traces du couteau qui était entré dans le inexorables pendant leur vie entière. ne seront plus qu'une matière inerte vouée à la soit à Roubaix.. à sept heures tout sera fini. Chez le criminel à qui l'on vient dire : Il est cinq - Après chacune de ces confrontations. Tropmann ne paraît rien tant redouter que les con. les crimes et qu'il s'y est distingué. et M Bran- frances physiques. La journée d'hier a été relativement calme. d'une certaine distance. qu'à ce moment de la journée.. Douet-d'Arc ayant souvent plusieurs té- mann. ce sont les tortures morales. où le dé- chent avec juste raison les goûts et les aptitudes des sir de vivre est la seule arme contre la justice qui criminels qui passent sous leurs yeux.qu'elle a développé chez eux. Eh bien ! si atroces que soient ces douleurs mo- Cet atelier appartient à un M. qui demandent dit : cc Tu vas mourir! » la terreur se mêle à la à savoir si Tropmann aimait à détruire des insectes haine. dans un cirque de lutte. il était sous le coup leuses et des triomphes.. 'D Ordinairement les juges d'instruction.. à un moment qui se calcule par minutes. — principal repas de la classe ouvrière. qui raconte rales dont parle le chroniqueur du Petit Journal. Dans le combat horrible et impuissant. quand ils se L'échafaud!.. dans l'affaire de Trop- face humaine qui se mettent par leurs forfaits hors M. des ambitions déréglées. Cette peine consiste TOUT ENTIÈRE à savoir que tait pour le prévenu comme une journée de répit. sur une porte en. bien plutôt que le plus redoutable des Mme Kinck et de ses cinq enfants. 1 et des animaux... lui cède. Gustave. fallu un plus grand espace que d'habitude. et il frémit. et gnité ! - y on l'a entendu prononcer d'une voix rauque ces LE CABINET DU DIRECTEUR DE MAZAS 0 mots : K L'échafaud I. v châtiments.

de concert avec notre commissaire . il considère en clignotant di. La grande énigme est de savoir où Tropmann a en- Cette surveillance est un des services les plus pé. soi. Dôuet d'Arcq et d'omnibus. Tropmann se sera chargé d'aller chez de la prison avec ses cinq promenoirs qu'on nomme Vogel pour lui dire qu'il avait à expédier le lende- individuels. celui-ci assiste. entre le bureau et le mur. chacun en particulier. Devant eux.déclivité s'arrête à son niveau. cère. Pour se rendre à Guebwiller. qui se publie à Colmar. à deux pas du. fenêtre. promenoir. les ennuis et toute la fatigue qu'entraîne la garde On ne croit généralement pas que les taches de d'un criminel jusqu'au moment où la. des détails qu'on cour de cet établissement cellulaire. Il dit que police de Paris. Mais que foulez-fous que che fous disse ? Ché n'en positions des témoins. d'après certaines hypothèses. cent détenus à la fois peuvent où se trouve la pépinière de M. des recherches sur leurs tion. où il y aura eu rendez-vous donné. c'est sa surveillance qui exige cet es. il n'y et quelquefois moqueurs sur les témoins qui dépo.avait plus de voiture.) | Le cabinet du directeur de Mazas est une belle pièce. qui est à sa gauche. éclaire parfaitement les aurait fait boire à Kinck plus qu'il ne pouvait sup- traits de l'inculpé. à la droite de Trop. en attendant le départ suivant de leur longueur.foui la victime. Chaque eu lieu entre dix et onze heures du soir. Biehler. c'est là que se placent M. cée sur Tropmann. Bordé de pépinières. le crime a dû est longue. et l'autre un chemin de défruitement La cellule de Tropmann. dont l'un est la route départe- voir ou entendre ses voisins.crime. L'un de dans le guet-apens.main les colis à Guebwiller. faite. sans qu'aucun d'eux puisse sente deux chemins. Ce dernier suit le pied de la montagne. méditant son crime. assis dans leur traditionnel fauteuil de cuir. pace. Le maire de Soultz a fait pu- L'heure de cette sortie n'est presque jamais la blier à son de caisse que les propriétaires aient à même : elle varie suivant les besoins de l'instruc. C'est vers tableaux mis sous verre. vers cinq heures du soir. Ce dessin représente l'ensemble à Guebwiller. C'est dans ce che- s'éteint à huit heures du soir. n'ayant point d'instrument pour creu- nibles pour les employés. Gelui-ci sans doute ne se rappelant plus la l'une des extrémités du bureau. aura oublié l'heure du passage de l'omnibus. à égale distance en- tour d'un centre. Kinck s'y serait prêté et on aurait déposé fer. Comme il n'y a pas dans le voisinage de pièce où nerfs. il répond invariablement. Lorsqu'on le presse avec instance d'être sin- l'on puisse déposer Tropmann. autant que l'on sache. sont défendues par des barreaux de l'omnibus.dire que Kinck ait été assassiné avant corté comme un grand personnage. Il est éclairé par trois fe. la Duit des prisonniers min que. cour d'assises sang que l'on croit avoir remarquées sur le sac de l'a frappé. ici avec l'omnibus qui dessert notre ville et Guebwil- Le cabinet de M. Une On suppose que Tropmann. s'y sera laissé prendre et mann.res dix minutes desservant le dernier train.gagé Kinck à s'arrêter pour aller prendre quelques nêtres aux rideaux verts. Tropmann aurait en- ment.faire. Le père Kinck aurait été rejoint par Tropmann à les geôliers armés de leur énorme clé. aux déposi.par cette formule : — gneusement gardé par des surveillants. es. est le double fréquenté seulement le jour et contournant Guebwil- de celle des autres. il en résulte qu'avec les cinq pro.sorte qu'en voulant partir pour Guebwiller. dans toute rafraîchissements. il est assez favora- Il y a dans toutes les cellules un bec 'de gaz qui ble pour commettre un assassinat. se tiennent debout Tropmann et ses gardiens. son arrivée à Soultz. mentale n° 2. Ils auraient fait voyage ensemble jusqu'à Soultz. C'est là que se lira avec intérêt. voyage et sur une chemise soient des indices du Tropmann fait tous les jours une promenade. parce que chacun ne reçoit qu'un dé. au rez-de-chaussée. . ces plans est l'œuvre d'un détenu qui avait travaillé On n'avait donc d'autre moyen que d'aller à pied chez un architecte. mais le gaz de la cellule double brûle être perpétré dans les circonstances que je viens de toute la nuit pour éclairer la surveillance à vue exer.raconter. parmi lesquels sont deux ce qu'aura cherché Tropmann pour attirer Kinck plans géométriques de la prison de Mazas.le trajet de Soultz à Guebwiller que le crime aurait quelle le couteau aurait tranché vingt parts. Brandreth est meublé sévère. l'on viendrait retirer les effets plus tard. L'Alsace du 5. de Tropmann dirige des regards toujours scrutateurs.force de nos vins d'Alsace.ler. Du dehors on Mulhouse. Ces ouvertures. de jardins. dont la été accordée. on l'a dit. de prés et de vignes. qui est à la piste d'éclaircissements toutes les questions qu'on lui fait lui donnent sur les et qui fait faire. chais pas davantache. Voge!.gren'e. auquel Tropmann aurait dit que son greffier. administrativement. C'est donc dans Ces promenoirs ont la forme d'une galette sur la. sur On arrive au greffe et au cabinet par le vestibule les recherches faites et à faire pour arriver à la dé- de la prison. Au milieu de la pièce est un grand bureau d'a. — (Petite Presse. c'est-à. Ce n'est pas une faveur qui lui a ler. Par intervalles. la dernière passant à neuf heu- sent. renfermant vingt divisions rayonnant au. propriétés. tiennent.les colis de Kinck père chez le facteur du bureau cajou. Arrivés les voit à peine à travers des croisillon? de fer garnis de petites vitres. - L'inculpé n'aime pas à faire de longues séances Nous avons ici depuis plusieurs jours un chef de la dans le cabinet du directeur de Mazas. il se pré-' respirer l'air extérieur. que l'on rencontre après la première couverte du cadavre de Jean Kinck. puisque Vogel ne l'a plus revu. Les témoins sont entendus assis à porter . et on ne se figure pas tous ser de fosse. commission qu'il n'a pas tenu.viron de cette dernière ville et de Soultz. à l'endroit menoirs qui existent. contient.

c'est le pre. qui était une vé. les devant le juge d'instruction de Paris. n'avait qu'ici sans succès. J'en ai même vu le fond. et ont trouvé la mort. On lui faire des battues dans les forêts bordant le chemin avait donné une profondeur de plus de vingt mètres. l'endroit où elle se croise avec celle qui mène à Watt- gard sur le dessin de cette œuvre si éloquente et si willer. (L'Alsace. Après avoir vidé le trou de Saint-Fridolin. celui de militaires qui mar- voir le trou de Saint-Fridolin qui est complètement chent au pas. tant M. tout à coup la porte s'ouvre. et est toujours disposée à front se plisse. B. d'intérêt communal de Soultz à Cernay . crispent de plus en plus sous l'effort de réflexions rêts communales entre Ollwiller et Wattwiller. et qu'ils avaient soin d'empaqueter Tropmann se lève comme s'il était mû par un res- pour en faire des fritures. éplorée.. TROPMANN A L'INSTRUCTION On continue à vider le trou de Saint-Fridolin. soir. plus de traces. un ange. qui La justice a fait. P. soulève le blanc linceul et regarde directeur des postes à Guebwiller. Ils seraient entrés dans une des dernières auberges de la ville. —Je viens de Un bruit cadencé. poste sous le nom de Gustave Kinck. poissons que les militaires se jetaient à la tête les « Allons! debout. Tropmann songe Sa face sieurs mètres de profondeur. appelé à Paris dans le même but. ailes déployées. Le soleil des prisons quante hommes de troupes de la garnison de Colmar se lève à midi et se couche à une heure. A Le projet de monument dont nous publions l'es. route qui mène à Cernay. gardé l'anonyme. que le crime a été perpétré sont entrés pour se rafraîchir. accompagné de ritable comédie par le nombre de carpes et autres quatre agents de police. continue à avoir la raison égarée. à Bollwiller. puis d'Emile Ce n'est pas la Justice. pour l'attirer dans le guet. partir de là. par M. S. Brandeth. à côté de la route impériale (ban de Soulz). et a été reconnu par lui. venir des songes horribles de la nuit. » uns aux autres. sans espoir. on con. faisant au ciel un appel suprême 2° La femme Lœw. L'auteur. à gauche. Kinck. mais jus. On affirme que Kinck père a été vu avec Tropmann pouvoir le crime. Les victimes sont couchées sous le même linceul. sans doute pour écarter le sou- sur la route qui de Soultz conduit à Cernay. Il est midi. est assurément un artiste de grand berge mal famée. Cinq heures et demie. le long de la montagne. quelques- La draperie de marbre indique plutôt qu'elle ne uns des faits qui résultent de l'enquête poursuivie dessine les cadavres rigides et laisse entrevoir deux 1° J. que de là ils sont chemin. c'est le direc- personnes assistaient à ce spectacle. . J'apprends à l'instant que l'on va qu'une profondeur de quatre mètres environ. sont sur les lieux pour vider cet entonnoir qui a plu.de police. TU NE TUERAS POINTI 3° Stadelmann. dit-on. lottes de sueur ont perlé sur ses tempes. d'après le Journal de Guebwiller. après avoir remis les effets de sur ce où déjà plusieurs personnes ont été attaquées. bientôt il disparaîtra. à a talent. Un rayon de soleil frappe d'aplomb surer si par hasard il ne recèle pas dans sa vase le sur le revêtement de bois qui ferme la fenêtre de ia cadavre du malheureux Kinck.. ils ont pris la le jour que la nuit. avec la police. Il a pâli sous sa pâleur et quelques goutte" fait découvrir autre chose. des fouilles dans les environs.) mier chemin dont je vous ai entretenu plus haut. Il lève de temps en temps sur ses croire que si Kinck est venu jusque dans nos parages. Kinck au bureau de l'omnibus. Tropmann a été positivement reconnu pieds d'enfant!. ou passe en soupirant les il a dû trouver la mort entre Ollwiller et Wattwiller. Il suffit pour s'en convaincre de jeter un re. Cinq pompes et cin.. pour être l'indi- le ciel avec une poignante expression de douleur et vidu qui s'est présenté à deux reprises au bureau de d'épouvante. Son croit pas à un résultat. Gros. qui est un véritable coupe-gorge et allés à Soultz où. située sur la route dont je parle. M. Voici. Plus de quatre cents proche. debout. contrairement à ce que l'on disait. ce n'est pas la Vengeance. l'Humanité. mains sur son visage. au-dessus de la route impériale. arrive jusqu'à la cellule. Une femme. Mais l'heure s'avance et les traits du prisonnier se tinuera à faire des fouilles et des battues dans les fo. Depuis le matin. où ils apens et consommer à croire. et criant la légende biblique : Non occides ! . LE TOMBEAU DES VICTIMES DE PANTIN où ils auraient bu du vin et mangé du saucisson. Le trou. pour s'as. teur de la prison. qui devait comparaître pour établir le même fait. et c'est LES VOYAGES DE JEAN KINCK passe là par que la police suppose que Tropmann aurait emmené Kinck père. Tropmann ne l'a d'ailleurs pas nié. pour retirer les cinq mille cinq cents francs c'est la Civilisation protestant contre le Crime. cellule . LES FOUilLES Aucun incident nouveau marquant n'est survenu. (L'Industriel alsacien. il à côté d'Olwiller et de Wattwiller. gardiens un œil indécis. L'ENQUÊTE réunies dans la même fosse comme durant la nuit fatale du 20 septembre.) dramatique en son austère simplicité. en route pour l'instruction. il se rap- vidé.a aussi reconnu Tropmann. Je suis porté fils au café du Chemin de Fer. une descente dans une au-. quisse a été envoyé au Petit Moniteur. c'est qui y étaient arrivés à l'adresse de Jean Kinck. L'opinion publique ne hâve et terreuse semble s'assombrir encore. Les recherches n'ont pas sort.

C'est la ques- rogatoires. où la pensée tout entière passe d'instruction au palais de justice. celui où il avait trop parlé. supplice qui se répète chaque jour. Il se sentait pris par cette machine qui gatoire aura lieu aujourd'hui dans le cabinet du juge s'appelle l'instruction. celui de l'avant-veille. la tête découverte. s'être en vain débattu sous l'étreinte du juge d'in- « Non. » et se lamine comme le corps d'un malheureux qui . l'interro. struction. nous connaissons la pente heurtée que suivaient ses L'instruction est la terreur du coupable. Il s'avance indécis. Il avait présents à l'esprit tous les inter. C'est un réflexions. lui dit-on. le premier surtout. tion morale qui a succédé à la question physique. s'est laissé saisir la main par un engrenage. après sans son attirail d'instruments de torture. . celui de la veille. prenez votre casquette. Nous savons maintenant à quoi pensait Tropmann.

Douet d'Arcq occupe ce. en- précédents récits. le peuple l'en arracherait peut-être . » 4ui se passe au dehors n'arrive jusqu'à lui. effet. venue.)» L Deux bureaux sont placés en équerre dans l'inter. mais l'accusé ne sait rien. se laissant entraîner par le besoin de 4 ! se DERNIÈRE NOUVELLE défendre. ce n'est pas cela. il a été trouvé dans un trou recou- dit telle ou telle chose qui ne figurait pas-dans ses vert de sable et de feuilles sèches. LA VÉRITÉ SUR LE HUITIÈME CADAVRE | I j veau le papier. et tout un système s'écroule de Kinck père. (THOMAS refuser de répondre. mais lice et les dépositions de ceux des témoins avec les- une voiture de place semblable à celle qui ie con. bres occupations d'autrefois ! ils ne seront pas interrogés demain » ! On entend le brouhaha de la foule joyeuse qui m court sur les trottoirs. dans la forêt. les nouvelles recherches de la po. 4 heures 45 du soir.» puis. Une porte s'ouvre. Elle était ainsi conçue : ? j mais le juge trouve un joint à l'aide de quelque On vient d'apporter à l'hôtel de ville le cadavre « preuve bien établie. Oh! oh on ap. il est à la dernière limite I * des forces humaines.turelle les détails qui nous étaient promis. il res. esprit qui roule mille pensées en une minute a suivi met au misérable de voir circuler les passants. il a La voiture reprend le chemin de Mazas. qu'il . il s'est souvenu de ses li.est venu s'ajouter aux six premières victimes. commence à aidée et pourrait se terminer rapidement. « Je ne dirai rien. La lutte va Dans la soirée.coins de la grande ville. duisit à Pantin. Trop. montez l'escalier. et Tropmann se dit : « Si l'on Nous avons reçu bier après-midi la dépêche télé. Guebwiller.. 3 heures. » Encore quelques minutes et Tropmann. pas porte une lettre au juge. L'accusé Est-ce enfin le cadavre de Jean Kinck que l'on a s'assied en pleine lumière. il a été trouvé dans une sablière de vuil 'accusé. ( CAMILLE trième étage et donne sur le boulevard du Palais. le voilà dans la voi.. On a trouvé seulement des effets ensanglantés « semble à quelqu'un de chez nous. le greffier celui de gauche. Nous avons attendu avec une impatience bien na- valle de deux fenêtres. dont la rédaction très-affirmative mann en est encore au jour où le gendarme Ferrand ne permettait pas le moindre doute.. fut accueillie par lui a mis la main au collet. cellulaire. Le juge sait Hier matin.). Il ne faut pas oublier que rien de ce la forêt.. qu'ils sont heureux ceux-là.dans la forêt. » Et les lourdes Guebwiller. entre Ollwiller et Wattwiller. bottes des municipaux résonnent derrière lui sur les « Un cadavre vient d'être trouvé dans une sablière marches. il a l'air fâché. 1 Le cabinet de M. . A demain une lettre.. au grand trot! creusé.) » F Et voilà son cœur qui bondit dans sa poitrine.quels il n'a pas été confronté. Cette nouvelle.. goutte.. Douet d'Arcq est situé au qua- « A ce soir détails télégraphiques. On descend. » & j yeux roulent des larmes . i de plus? Et le greffier. Ce qu'il sait de plus. enfin. Aurait-on trouvé le corps « On fouille activement. brisé. g Les effets ensanglantés amèneront probablement « Non. 11 octobre. l'in- struction de l'affaire de Pantin serait puissamment Pendant le cours de l'interrogatoire. une seconde dépêche nous est par- commencer. ils ne sauront rien. que sait-il « Je viens de Wattwiller. sa mémoire est-elle bien On vient d'apporter à l'hôtel de ville le cadavre fidèle? n'a-t-elie pas quelque peu varié? Oui. écrivez. M. NOS INFORMATIONS PERSONNELLES | j est remis aux mains de -ses gardiens. ses tre Ollwiller et Watwiller. « Greffier. il aurait déjà parlé » 1 En la découverte du cadavre. puis il répond par oui et non.-où ai-je vu sa figure. c'est qu'un nouveau cadavre Un éclair de grand soleil.. du père Jean ? » (CAMILLE KRAFT. Et la plume - gratte de nou- . Et si ce cadavre était celui de Jean Kinck.ture. ses outils sur l'épaule. maintenu par ses gardiens qui baissent les croyait à jamais disparues dans le sillon qu'il avait stores. le vent gonfle les stores de la voiture et per. « Ahi ce compagnon à l'atelier. GtRIMM. savait que je passe. découvert? 1 Un moment de silence! le juge écrit. tous les journaux et répandue bientôt aux quatre Il ignore tout. il puis. Quelle lu- mière! « Vite. La voici : 11 " j pense encore Tropmann. « Voilà bien le juge. » graphique suivante : Le palais de justice!. La négation est une arme aux mains d'un accusé à Paris.. . une dépêche datée de Soultz arriva quelque chose de plus. ils dormiront ce soir. Sa langue se colle à son palais. r j . On nous écrit de Soultz (Haut-Rhin) : Il s'arrête tout à coup . et son à autre. c'est là1 / près de Wattwiller. De temps vu passer un ouvrier. ses artères qui battent et la sueur qui tombe goutte à Tout espoir n'est donc pas perdu. il « a de Kinck père . le juge d'instruction reprend l'interrogatoire au point où il l'avait laissé la veille. $ lui de droite.. KRAFT. fidèle au mot d'ordre qu'il s'est juré. Dans ce court trajet de la prison à la voiture. Tropmann. il raconte pour la centième fois le roman ! de la culpabilité de Jean Kinck. puis il se dit qu'aujour- d'hui ressemblera à hier et demain à aujourd'hui. mais 1 de cadavre.

admirable. MOREL. et qu'ayant calomnies. avaient enfin lions vérifier était donc démentie par ce seul fait. primer son étonnement de voir de pareilles nouvelles tion du soir. Claude se disposait à quitter la préfecture pour assassins. nous nous présentâmes au parquet de M. dépêche. trouvée sur le nir du crime. le portes et les fenêtres de ses bureaux la découverte du procureur impérial. Nous apprîmes en outre que le cadavre de Jean I' Le huitième cadavre était exhumé. ne se payera pas d'une raison semblable. que possible : . — nous reprochent avec tant d'a. sur les ponts. pour Soultz. après avoir voulu faire retomber sur Il ne nous a pas été affirmé non plus que person. dont le public suivait tous les in. de la pioche pour immoler la seconde série de ses Le bruit se répandit donc aussitôt qu'une seconde victimes. après sa condamnation à mort. essaye d'é- Les fouilles se poursuivent avec la même ardeur. parvenue à M. (H. ces les plus précieuses informations et pûmes donner Notre prudence personnelle n'avait pas été mise à nos lecteurs les renseignements que voici : en défaut. sur le territoire de Guebwiller.. — quand on l'accule. il semble avoir toutes les ap' de la sûreté ne quittait pas Paris aujourd'hui. presse.. si cruellement émue par le souve. Ceci était donc pour nous une preuve qu3 le chef D'ailleurs. L'heure était avancée. Claude nous dit que malgré ses sur les places. forfaits. on s'en souvient. réserve ses aveux et ses révélations pour obtr comme il en a tant passé depuis le 20 septembre der. nouveaux indices. accueillies et répandues sans contrôle. La dernière nouvelle reçue était aussi laconique bre. Kinck n'était pas retrouvé et que l'on n'avait pas de Et cette découverte allait enfin arracher à Trop. l'instruction en conclut que Tropmann était seul voyant s'écrouler tout son échafaudage de sanglantes pour tuer les trois premières victimes. avec le même couteau. ce qu'il dit est insoutenable. [. patience.. avec lequel il espère sauver sa vie. après une journée de fatigue. cadavre de Jean Kinck. moins simple. partirait. et une lame cassée. confirmait la Il est certain que ce système est admirable si l'on première. Elles ont fait découvrir trois cadavres la mère et les deux premiers enfants ont été tués en huit ou dix jours. Aussi prenait-elle volon. n'attendit pas notre première question pour nous ex- Hier donc. on les criait dans les" rues. ce " la démentir. chef de la po. fils. dès le soir. ne.. attendait beaucoup de la découverte du lieu du crime. peine. il a recouru à la strangulation et à l'emploi tiers son désir pour une réalité. Le tirage des journaux d'informations fut bientôt « RIEN ! » épuisé. doutes. et lice et de l'instruction. Elle espérait que Tropmànn. même nature. Cependant. ne découvre pas les complices de Tropmann. ait reconnu dans ce cadavre le chef de sentant très-bien aujourd'hui que l'opinion publique la famille Kinck. En tout cas. tablir par tous les moyens possibles que Tropmann Une étendue de plus de vingt lieues a été explorée. Petit Moniteur. dans la prison. et ce ne fut qu'à grand'peine Il semblait que le doute ne fût plus possible. que la confrontation entre Tropmann et le cadavre du Quant à TropmanD. il a trouvé un système non père Kinck pourrait avoir lieu aujourd'hui même. la justice pouvait avoir reçu des informations Une de ces feuilles politiques qui. il a plusieurs fois exprimé dev . M. a seul commis le crime. Claude. le substitut du procureur impérial chargé de la Le Petit Moniteur fut le premier à la contrôler et à magistrat lisait les journaux du soir. » La justice. minelles. non moins commode et non moins Nous avons commencé une nouvelle enquête per. s'il en a. alors il se tait et ne me fois dans le cabinet de M. amené un résultat.. La première partie de la nouvelle que nous vou- ij cidents avec une anxiété si fébrile. avant de mettre sous presse notre édi. naire. ces actives recherches n'ont pas été Des constatations médicales. Il rejette tout le poids du crime sur Kinck père et vestigations. nous nous présentons pour la deuxiè. il paraît résulter que infructueuses. et di- On ajoutait même que M. Un cadavre a été découvert dans une carrière de La découverte du huitième cadavre était imagi- sable. à Soultz. minuera singulièrement la responsabilité db la po- lice de sûreté. Nous prîmes donc congé du chef de la sûreté et. correspondances.. Claude. tout en bé- néficiant chaque jour de nos télégrammes et de nos particulières sans qu'il en eût été averti. Les personnes qui ont l'habitude d'observ-'r les M.H Les recherches.) Mais l'examen médical a bientôt démontré que « la mort remontait tout au plus au 25 septembre. [l mann des aveux complets sur le crime du 20 septem. sonnelle et voici ce qui résulte de nos dernières in. et il .. pour éclaircir le doute qu'il avait émis sur ce dernier mertume d'être bien informés. supposent que Tropma" rentrer chez lui. Douet d'Arcq. avait affiché sur les point. nous recueillîmes aux meilleures sour. la police la fuite des complices de Kinck. livrerait enfin à la justice le dernier mot cassé son arme en exécutant cette première série de de cette horrible affaire. Néanmoins M.. que nous pénétrâmes jusqu'au cabinet du magistrat. pareille nouvelle avait Nous fûmes reçus avec une parfaite courtoisie par été répandue et accréditée il y a dix ou douze jours. huitième cadavre. qui nous fit répond plus que par de légers mouvements d'im- excellent accueil et que nous remercions de sa con. une commutat nier. stante obligeance. Toutes leurs plaies sont de La population. correspondant à toutes ces plaies. quand on lui prouve que A six heures.

je reçois une seconde dépêche qui con- circonstanciés en ces termes : tredit la première. j. — la plus impor. il avait accueilli avec empresse. Quoi qu'il en soit. s'il est possible. très-productive et prétendait être celui de Jean. Malheureusement cette nouvelle était matifs encore. notre correspondant de Guebwiller. chaque jour qui Des mesures sont prises pour faire arriver le ca- s'écoule enlève une espérance. croyant la constatation impos. on veut nous donnons plus haut de la découverte du cada. on se avoir commencé. ont eu connaissance de la nouvelle qu'ils ont trans- Tout cela. .) Au moment où nous mettons sous presse. it tisfaction la nouvelle de la découverte du cadavre de Enfin le Temps et le Siècle. nous annonçait qu'un cadavre avait été Tropmann niera encore. et. dans la contrée où se poursuivent les recherches. de départ de la nouvelle est probablement dans le sible. semble affirmer que c'est bien le un moment que l'on était enfin parvenu à découvrir cadavre de Kinck père qui a été retrouvé. ne nous paraissait pas avoir un caractère assez com- jet de l'homme dont le corps. Il ne faut pas se le dissimuler. la décomposition doit Craft. Quant à nous. nous n'avons publié la nouvelle venait d'être transporté à l'hôtel de ville de Soultz. afin d'é. reçue cette après-midi d. le cadavre de Jean Kinck a été retrouvé à Soultz. c'est qu'il est beaucoup moins fort Kinck a été trouvé dans un bois des environs de Soultz. disaient les dépêches. 1 durci accumulera mensonge sur mensonge. la confrontation pourra Qu'est devenu le corps de Jean Kinck? avoir lieu entre Tropmann et le cadavre du père Si ce malheureux a été précipité dans un étang.-. j été tué dans la nuit du 17 au 18 septembre. et devant ce cadavre décharné. à Soultz. dans son mise à leurs journaux respectifs. et j'ai pu croire arrivée au parquet. davre à Paris. beaucoup plus affir- Jean Kinck. fait que nous avons publié hier. arrivée ce matin et adressée. vais reçue de Soultz. elle dit « que le cadavre de Jean formalités légales. ne l'accepter qu'avec une D'ailleurs. dès hier soir. le point et Tropmann niera. Le caractère de la personne qui m'adressait cette Le Moniteur dit aussi : dépêche donnait à la nouvelle une authenticité qu'il Quatre heures. Malheureusement. » en droit qu'en écriture. I l'action de l'eau doit l'avoir rendu méconnaissable. et de dérouter journalistes présents à l'audience de la cour d'assises l'opinion. g f Il paraît qu'il n'en est rien encore. recherches sont poussées en Alsace avec une infa- . ! anxieuse curiosité. et fait connaître que Kinck père S'il faut en croire certains bruits. Toutes les pièces fabriquées par Tropmann sont On ne peut tarder à être complétement fixé sur entre les mains de la justice. Kinck père. la façon la plus positive que l'on venait d'appor- au parquet. les restes de la malheureuse victime. impriment ce qui suit : i prématurée. le regret de ne pas s'être livré à la fabrica. dans Pa- ce drame ténébreux. — Une nouvelle dépêche de Soultz ne m'était pas permis dl suspecter. confirmant la nouvelle que un terrible assassin. la dépêche que nous avions reçue ment la nouvelle que donnaient les journaux au su. un monstre de férocité. l'identité du cadavre trouvé. Une dépêche. D'après la version d'hier. retrouvée sur Gustave.. avoir la preuve entière de son odieux forfait. il paraît que depuis trois semaines les. et qui m'annonçât Une dépêche télégraphique. Il serait bien temps que tante. annonce la découverte du cadavre de ter à l'hôtel de ville de cette localité le cadavre de Jean Kinck. au palais de justice. entièrement recouvert de feuilles. le cadavre de n'est pas retrouvé!. les garer la justice. La Presse et le National. lis on doit. c'est une fausse alerte . à talent de faussaire prodigieux. » disent à peu près dans les mêmes ter. pourquoi l'on a accueilli avec une douloureuse sa. et s'il a omis à plusieurs reprises de la revêtir des est plus affirmative . C'est lui qui fa. un haut fonctionnaire par sa femme en ce moment un a briqué la procuration de Kinck père à Gustave Kinck. toutefois. qui paraît décidément avoir Le même journal donne ces dernières nouvelles . s'agissait seulement de vêtements ensanglantés. la fausse procuration de Tropmann père. plet d'authenticité. Il a déployé dans la préparation de l'affaire Kinck Une lettre. le public le comprend. parvenue à deux heures et demie à Le cadavre du père de la famille Kinck n'est pas M. au fond d'une sablière aux environs de Guebwiller. c'est vre de Kinck père dans les environs de Soultz. trouvé dans la forêt de Wattwiller. a été la vérité tout entière fût enfin connue. hier. un cadavre.Kinck. ce criminel en. d'après M. dit-on. on nous annonce qu'une dépêche vient d'arriver au parquet Malgré la certitude où l'on est que Tropmann est du tribunal de la Seine. % ¡ L'Opinion nationale donne des renseignement plus A l'instant. qui. le juge d'instruction Douet d'Arcq. Je vous ai envoyé hier en communication une dé- mes : pêche que j'. aurait été trouvé relativement moins dangereuse. et plus tard qu'il Si on ne retrouve aucune trace. Camille Si le cadavre a été enterré. Dès le matin. que sur le vu de la lettre que nous a apportée notre collaborateur et ami Pierre Zaccone. Kinck. Tean Kinck serait retrouvé : les renseignements qui Ces contradictions témoignent évidemment du dé- us arrivent paraissent confirmer cette nouvelle sir très légitime de voir enfin la lumière se faire sur s'était encore répandue. le rappelle.. sous le titre « Dernières Voici ce qu'il nous écrit à ce sujet : Nouvelles. que l'on pagnons tion de la fausse monnaie. annonce que retrouvé. réserve. (Le Figaro.

massacre de toute une famille. Une dépêche qui nous parvient. la dépêche dont on parle n'é- La Gazette des Tribunaux dit : tait pas parvenue au parquet de la Seine. que je Le Droit. et qu'à sa vue. il résulte que. mais que les indications don- Kinck père avait été trouvé près du lac de BoliwilIer. à les journaux judiciaires. Guebwiller. le cadavre de Jean Kinck so t retrouvé. journal de Stras. il est constant pour vre de Jean Kinck. pour le confondre Cette nouvelle s'était rapidement répandue dans tout à tout jamais. à à Colmar. service de sûreté. Les journaux dit soir annoncent qu'on a trouvé le Bien à vous. où se trouveraient encore des agents du couverte si ardemment désirée et poursuivie. . et notre correspondant ajoutait que la jus. nées ont été reconnues fausses parle procureur impé- enterré. l'assassin terrifié. cadavre de Kinck père dans les environs de Soultz. vaincu. que le parquet du tribunal de la Seine a été informé de cette découverte par dépêche télégraphique. nous répond que les rensei- ce matin. Tout le monde désire que. Aucune information précise n'est venue confirmer Pour ne rien négliger. le 4 pour constater l'identité du corps. certitude. rial et le juge d'instruction. sont en effet parvenus que venait d'arriver. tous que le cadavre doit avoir été enfoui dans les envi. connaître que par les vêtements dont il était encore Nous voilà donc rejetés une fois encore dans l'in- couvert. Soultz et que des recherches intelligentes aboutiront à la dé. annonçant que le cadavre de au parquet de Colmar. avoue enfin tice s'était immédiatement transportée sur les lieux que seul il a commis le plus horrible des forfaits. plus explicite.tigable activité. J'attends de nouveaux renseignements. j'extrais encore les lignes suivantes du Courrier du Bas-Rhin. à onze six heures et demie du soir.. été assassiné dans ces parages . mais en lambeaux. Colmar.) . gnements indiqués plus haut. et il y a lieu d'espérer les plus actives continuent à Bollwiller. et qu'on n'avait pu le re. Des in- Recueillons maintenant les démentis donnés par formations que nous avons prises. s'exprime en ces termes : m'empresserai de vous envoyer dès leur réception. datée d'hier. (THOMAS GRIMM. cinq heures et demie. Nous avons demandé ce matin par le télégraphe ce bourg : qu'il y avait de vrai dans le bruit qui courait hier soir Une lettre de Colmar. Nul n'y doute que Jean Kinck n'ait la nouvelle répandue h:er de la découverte du cada. nous mandait qu'une dépêche télégraphi. et PIERRE ZACONNE. Nous croyons pouvoir affirmer que les recherches rons des localités signalées. 11 octobre. et que nous avons reçue heures vingt minutes.

dit-il.trous. bordée de fossés. heim. M. cularités frappèrent le boucher. ancien député. se trouvaient là. trent maintenant aux environs d'Ollwiller. C'est lui-même qui est allé em- rencon- trent le même individu à la blouse blanche. jour par l'exploitation. sont de vastes excavations qui s'agrandissent chaque quand il vint prendre une voiture chez M. . Libert. besoin de faire un grand voyage pour recevoir de nay à Soultz. de profondeur. l'orage l'argent. juge d'instruction. va lui remettre les communica- d autres personnes qui sont dans le fossé et leur dire tions toujours très-nombreuses qu'on lui adresse en français : « Ce n'est pas lui. La famille Tropmann se trouve. j. *] qui bordent le chemin entre Soultz et Oilviller. j'ai des affaires très-importantes. instituteur à Watwiller. | I < ! sa femme et d'un de ses amis. Vers midi on entendit une grande clameur. é j M. ont été inutiles. et des dépositions précises se complétant les unes les le château de M. Le sieur Lœwb est revenu à Guebwiller depuis Tous les indices s'accordent à prouver deux jours. » journellement. et fait tous ses efforts pour des frères . le agent du service de sûreté. dans certaines places. lui aussi. Aimé Gros. c'est son greffier l individu à la blouse blanche. « Où vas-tu. rencontre également au même endroit. Tous ces détails sont conformes à la vérité. et que je prends C'est au moment où se faisait cette opération demain le train pour Paris. Toutes les investigations de la justice se concen. preuves de la culpabilité de Tropmann s'accumu. qui vient en ce moment à Guebwiller. On connaît déjà la déposition du sait. avec deux de ses collègues. et que lui-même Si les investigations restent sans résultat. et de tous côtés arrivent appartenant à M. Kremp. il revenir dans son pays. une demi-heure auparavant. une misère profonde. à qui il demande des nouvelles indices trouvés dans les bois entre Wattwiller et de son père. Ces Je me dépêche de rentrer à Cernay. sont situées les marnières dont on a tant parlé. demanda-t-il à Tropmann. Zeller. même à un habile nageur soir du 2 septembre. dans Après un travail si fiévreux. et famille Kinck. de l'autre côté La justice sait par lui que Jean Kinck est parti de d'Ollwiller. Gustave ne sait pas où est son père. rencontra près de la croix d'HartmannswiMer. la route de Cer. Le sieur Pfifferlin. Liller. le Il serait impossible. il est de petite taille. nommé Enganer. en compagnie de re. en compagnie d'un charpen- de sortir de ces. du reste. il rentre dans rompre une conversation qui. L'indi. Douet d'Arcq. et l'avaient vu accompagnant un homme d'un certain bientôt. au dire de Pfifferlin. palais de justice depuis mercredi. à moins d'avoir une perche ou tier. on vit accourir le garde champêtre suivi âge. Kruth. un ami du père Kinck. bien d'autres que . et M. trempé de sueur et haletant. * disposés sur la route. caissier M. que c'est ' Tropmann. qui. situé sur jour.) la route départementale de Guebwiller à Lucelles. qu'il a quitté Un homme sort du fossé et vient se placer en face depuis quelque temps. que Jean Kinck a quitté Roubaix pour frère Caro. . Il l'entend s'adresser à qui. Enfin. Douet d'Arcq n'a pas. parce que — recherches. rencontre les trois L'INSTRUCTION £ promeneurs et leur apprend que. paru à son cabinet du de M. Ces parti- à vapeur furent essayées dimanche par M. Un instituteur. pour épuiser les mares. où il arriva atteignent. le 3 septembre. Gustave réplique aussitôt que cet c'est ainsi que le gilet devint un cadavre. Deux pompes Tropmann. autres. qu'on aurait remis sur le vu d'une procura- grondait et les trois frères marchaient rapidement. tion à un des nombreux parents ou amis que compte Non loin d'Ollviller. nombre de personnes ler une somme de cinq mille francs appartenant à la l'avaient lue. une corde à laquelle il pût s'accrocher. Le bruit se répandit en s'exagérant. En face. Pfiffer1in s'é-tonne de ces explications parce qu'il lent sans cesse. Zwingelstein. il a rencontré cet homme L'instruction de l'affaire Tropmann est interrom- aux allures suspectes et sortant d'un fossé. sortant prunter un sac de nuit à un des voisins de Jean d'un fossé. Kruckban. et que. jusqu'à trois mètres à cinq heures et demie. » 1 j qu'une dépêche de Cernay fut apportée par le garde Peu de temps auparavant. pompes débitent quatre mètres cubes à la minute. direction de laquelle semblait venir Tropmann. Le 30 août. Ce On suit Tropmann maintenant depuis le 31 août. pue par suite d'une indisposition de M. maire d'Hartmanwiller. L'instruction avance. qu'il con- elles mirent deux jours à vider les dix marnières naît fort bien. Ces était très-fraîche. c'est de cela qu'ils vivent tous! (Le Gaulois. Welher. aubergiste à Guebwiller. après les avoir examinés. comme les précédentes. Là se trouve une fabrique de tuyaux de terre cuite. qui. ger essayant de venir toucher à la poste de Guebwil- La dépêche était ouverte . lui est évidemment désagréable. parce que la nuit constructeur à Mulhouse. Le père gagne deux francs par. il n'était pas suivait. chaque matin. son trou et on l'entend causer à voix basse. des habitants de Wuen- champêtre de Soultz. M. Il était huit heures du soir. paraît-il. à quatre heures de l'après- " et le fond ne laisse pas écouler les eaux pluviales qui midi. les est envoyé par eux pour toucher cet argent. trois autres promeneurs attardés Roubaix le 24 août. pour se faire conduire à Uffholtz. j d'une foule de gamins. Les parois sont taillées à pic. étranger est un ami de ses parents. Trois heures plus tard. On leur 7 septembre. ils distinguent des branchages la famille de Guebwiller. rencontre sur la route de Guebwiller à remit la dépêche qui portait ceci : Gilet et autres Bühl Gustave Kinck. procureur impérial. On a entendu un boucher de Guebwiller. et à qui il raconte l'histoire d'un étran- Beurnswiller. et pourquoi es-tusi pressé? . 5 vidu porte une blouse blanche. Kinck.

et tous les cadavres que l'on retrouve trouvent aussi sur leur route des morceaux de bois. une dans une méprise. L'un est âgé. Depuis quel. le huitième cadavre. M. instituteur public. et portant une blouse d'un retourné à Colmar. et lorsque Mlle Fran- Il y a quelques jours. revient en ce mo- Cependant c'est instructif et effrayant que de voir ment de Guebwiller avec sa femme et un de ses amis. l'agitateur hongrois. LE SAUVETEUR HAUGEL Ce portrait. qui aura Vous avez donné hier la déposition du frère Caro lieu dans une quinzaine de jours. Lebère et Kremp semblent avoir terminé même individu reparaît devant lui escorté d'un homme leurs recherches. il a reçu de çoise Tropmann paraissait vouloir encore espérer M. Déack. leur procura un émoi que l'on comprendra Hier. un sous-sol peuplé de cadavres. quant à présent du moins. En ne trouvant pas et les frères lui racontent ce qui vient de leur arriver. et elles vont croire que Jean-Bap- Une médaille d'or de première classe doit lui être tiste Tropmann n'est pas à Mazas. Je la complète. trait n'était pas celui du prisonnier. que celui dont on décernée par le ministère de l'intérieur. Puis Engasser raconte aux frèresqu'il faisait part Bollwiller. vingt à vingt-cinq ans. en l'Lon- qu'il ne voulait pas être à sa charge. disparaissent dans un fossé. pour tel à la curiosité publique. à cinq heu. Toutefois ils ont laissé aux trois commissaires de après quelques instants de marcha à côté d 'EDgasser police de Cernay. On leur dit : Voici le portrait de votre fils. On l'a rassuré neur de Tropmann.tice. et écoulé un solde important. 14 octobre 1869. de cette aventure à sa femme et à son ami quand le MM. et arrivé près de la croix il fait la même ren- signe de l'assassin Tropmann. On a fait valoir l'intérêt temps déjà de prendre du repos.que les frais de ces supplé. Zwingesltein ij . Hier. même de son fils s'il entrait dans la voie des aveux. La dernière visite hier contre. Tropmann est toujours assez calme. par le train-poste de neuf heures cin. au Havre. que cet incident faisait tomber des yeux des deux Il nous a raconté dans tous ses détails.. Claude a dû lettre par laquelle on lui annonçait qu'il lui avait été lui affirmer qu'il avait eu son frère en sa'présence accordé une médaille d'or de première classe. Le aucune attention. pendant toute l'après-midi du 2 octobre et qu'il le Quelques formalités à remplir et l'exécution même connaissait bien. après avoir regardé un instant M. que le leur est innocent. lorsque j'allais visiter la mère suppléments de nourriture.et de sa société.trait de M. bleu passé. Kremp est alors intervenu au milieu des larmes mann.. alors que l'orage a éclaté.twiller.pauvres femmes. à la croix de Wuenheim. » dit-il en fran- se : « misérable. Tropmann le portrait de l'assassin . craignant que ce ne fût une conséquence de porté un portrait-carte qui se débite dans le pays pour son abattement moral. et - en Alsace et qui ne sont pas celui-là. reconnaissent pas. Schultz s'est trouvé à Cernay en même que temps. Wat. ajoute le Figaro. A la lueur des éclairs on peut distinguer les phy- ce quante-neuf minutes. c'est la figure d'un garçon de à cet égard. leur offre l'image. L'administration de la Tropmann et Mlle Françoise Tropmann. matin même. qui. Mais cette fois l'individu à la blouse blanche de M. le brave calfat Haugel a traversé Paris pour facilement. de Guebwiller et de Soultz des in. de faire le voyage de Paris. et l'autre est parti pour Pari-. La mère Tropmann a été très-sollicitée çais. de l'autre côté d'Ollwiller. structions qui n'indiquent pas que ce soit une partie Le 3 septembre le caissier de M. combien en trouve-t-on qu'on Engasser leur dit qu'il a déjà suivi cette route une ne cherchait pas1 demi-heure auparavant. mais la pauvre malade craindrait de ne pouvoir sup- LA PRISON porter sa vue. sieur Engasser. de taille plus élevée. le reconnaissez-vous? Et elles ne le 11 sauveteurs. de Wuenheim. de la doctrine chrétienne lequel est instituteur à . il a vu cet homme. LES SURPRISES DES FOUILLES Dans cette même nuit du 30 août. Zwin- abandonnée. trois heures plus tard. M. qui est dans les mains de la jùs- Nous avons ëu hier. ce n'était déjà plus le por- a répondu qu'il croyait. sionomies de ces compagnons peu rassurantes. Zeller. elle en mourrait.. il avait em- prison. la visite du calfat Haugel. Kremp. l'a fait interroger. Fraron. res. dont on a ments étaient dus à des sacrifices de sa famile. le secrétaire de M. dont les allures lui LETTRES D'ALSACE avaient paru suspectes. il y a huit jours. trois frères Le cadavre de Kinék père. vêtu selon le signalemant re- produit par les journaux il y a un mois. et que lui aussi. il perdait l'habitude de demander des temps que M. Ils est à la mode. vers Soultz. <r se rendre à Bordeaux au banquet de la Société des de votre frère. le sauveteur de Trop. de cette médaille en ont retardé la remise. une parole ou seulement un heim. M. de Guebwiller se hâtent de regagner leur logis. Peut-être veut-on essayer à présent gelstein. bien que livré l'acte de courage que tout le monde connaît. se promène aussi le soir du côté de Wuen- d'obtenir quelque chose. mis sous les yeux des deux pauvres femmes. n'obtiennent le même individu en blouse blanche sort du fossé. a-t-elle répondu fi- nalement. celui qu'on cherche. Douet d'Arcq auraient été contraints depuis long. Kremp a été pour la maison des parents de ce fait entendre Ce n'est pas lui. et leur a bien expliqué que ce por- tant avec une grande simplicité et force modestie. mais pour. commissaire général de la marine. leur est inconnu . à la croix Il y a des modes aussi pour les cadavres. M.

Le résul- tat. le lendemain de la fausse découverte. nous avons ré- soit que les branches des arbres aient été brisées. et si vous A Soultz on savait. jusqu'à ce que les recher- Des gens d'ici soutiennent qu'un autre cadavre a ches entreprises pour la découverte du huitième été effectivement trouvé dans la sablonnière d'Ollwil- ler. entre deux LES CONJECTURES et cinq heures du matin.. mais les agents aidés de paraître quelques autres récits qui compléteront terrassiers suivent le chemin qu'on suppose avoir été les huit pages de chaque numéro.. le Dimanche. 38. cadavre d'un individu assassiné. soit que la terre paraisse fraîche remuée. qui est allé sition des agents avaient épuisé le grand étang d'Oll. pour aller à Cernay. presque sans mouvements. au besoin. sit à Soultz. D'a- faux ! bord Jean Kinck est parti de chez lui. tout le pays était accouru. nous allons reconstruire le crime. même igno. c'est assurément sur C9 chemin d'Oll. j'ai terminée. donnant une pagination spéciale afin que vous C'est ce chemin que j'ai longtemps exploré . à cette Je continuai ma route vers Roufback. les champs. les faire brocher ou furque à travers bois et champs.. De là grand sins. 1S vint lui-même diriger les recherches. comme nous devons vous tenir au lancés dans le bois comme des tirailleurs.. aient abouti. pour Paris. Tropmann allait ou revenait de la poste. est de 6 fr. sonnable. des ultérieurement. deux hypothèses : cevoir. ou point Jean Kinck. voyer le mandat sur la poste au nom des édi- Pour moi. (E. aimables lectrices. et en s'adressant à un ou deux individus qui sont Il y a ici.. me condui. sition du boucher de Guebwiller. des pompes à vapeur mises à la dispo. et aux battues.. celui de Jean Kinck. présumés .. teurs : % - willer. Lœw. un homme.1 août. - Or. courant de la marche des événements pour sa- chent et fouillent les endroits qui semblent suspects. Boulevard Sébastopol.. mais en leur pris par Tropmann et Kinck. n'était pas encore arrivée jusqu'à eux.. Maurice liacliâtrç Cli. 20 c.) Les uns disent que le crime a été commis le 25 août.. peut être jeté dans le fossé. d'Ollwiller à Soultz... et. qui l'aurait rencontré Lorsque j'arrivai à Bollwiller. juge d'instruction. Là.ffirmé par M. à un endroit il bi. pour soixante numéros. Le jour. et à bonne des aveux sur le forfait et sur ses complices source. c'est moi qui ap. bruit. Depuis longtemps le crime était commis. 9 §'I. blication du Crime de Pantin offrira moins d'in- tion. je parle parmi les gens qui font les re- dans le fossé et qu'on entend sans pouvoir les aper. par la pluie battante. Les autres le placent au 2 septembre. jusqu'à ce que Tropmann soit entré dans la voie seignements que j'ai pris à ce sujet. que le crime a dû se commet.. le coupable vienne à comparaître de- voulu assister aux fouilles. à deux ou trois cents pas du grand chemin J 'ri. le démentent formellement. ]LaImi*e tre pendant la nuit. Lebert. VALDU. gêné dans l'immense de dix numéros par la poste. vous le savez. ceci est a. a été la découverte de deux vieux Nous sommes arrivés à un moment où la pu- pantalons... et Ollwiller. cinquante soldats de la garnison de | Colmar prenaient le premier train et.. on savait que tout était le voulez.. Les soldats solu d'intercaler dans chacun des numéros à sont au bois et en plaine. vant la Cour d'Assises. Rue de Fleurus. Le soir.. le malheureux. | retrouvé.. sur le chemin de Cernay à Ollwiller. . On est prié d'en- ornière. sur la dépo- Soultz. par un mouvement L'abonnement aux « Annales des Tribunaux » prompt et inattendu. haletant. étaient couverts de monde faisant la cueillée des houblons.. bouquets de bois. tisfaire votre légitime curiosité. ou bien jusqu'à ce que l'instruction Arrivé. à laquelle on pourrait con. il puissiez toujours suivre la lecture des uns et part d'Ollwiller et rejoint Soultz. le 16 octobre 1869. époque. C'est ce jour que M. . cherches. '4' J Chemin étroit dans lequel. LETTRE DE L'EDITEUR AUX ABONNES -. d'un gilet et d'un chevreuil en putréfac. pour recevoir six séries brochées L3. près de la croix d'Hart- pris aux habitants que le cadavre de Jean Kinck était manswiller. Je crois plutôt à la première hypothèse. si fort qu'il fût. Cette nouvelle que je croyais emplissant Cette dernière supposition ne me paraît pas rai- déjà la ville. sur le grand chemin de Wuenheim. 21. mais qui n'est cadavre. avec lui emprunter un sac de nuit à un de ses voi- willer en découvrant un cadavre. 38 9. la lutte serait impossible. Ils cher. térêt que par le passé. Du matin au soir. battaient le bois et la plaine. Ceci n'est qu'un on-dit. damner Tropmann avant son exécution. Tropmann aurait été vu. entre Soultz Chers lecteurs. une petite voiture. rance. chercherait vainement à se défendre. Le cadavre fut reconnu pour être celui d'un tail- leur des environs disparu depuis quelques jours et qui s'était suicidé. et 7 fr. Les ren. Chaque matin. le soir de ce jour. à Roubaix. hier. des autres. je suivis les soldats Néanmoins. relier dans l'ordre que nous vous indiquerons De chaque côté sont des marnières des fossés.

les enfants.. mais: willer. (ALEXIS BOUVIER. « En somme. Tropmann l'a em.1 105 Alors. et à doit fouiller le chemin de Bühl. lui aura troué la poitrine de son cou- Arrivé dans la journée du 25 à Gruebwil!er.. ils sont allés dîner ensemble du l'aura traîné par les champs dans une fosse préparée ïôté de Wisenheim.. sur le chemin de traverse de LES CONJECTURES Cernay. et le 26 août il est rencontré se dirigeant là.. vers quatre heures du matin. et déroute ainsi la peut-être faut-il tout attendre maintenant des aveux police sur la route suivie.. Le crime achevé.. Tropmann. et que bientôt on l'aura découvert . peut-être. pour être sûr de la mort de sa victi. Kinck a retrouvé Tropmann. c'est un endroit bien choisi pour le Et Tropmann fera-t-il des aveux avant sa condam^ crime que ce chemin étroit. Après avoir passé une me. bordé de marnières et de nation? .. On n'a pas renoncé aux recherches en Alsace . et c'est vainement qu'on appellerait du monde. puis sont repartis... meurtri le corps de coups. de Tropmann. pour regagner Soultz ou OJlwiller. vers minuit. la charrue a tout effacé.. sautant à l'improviste sur son compagnon... comme il le fit plus tard sur la mère et partie de la journée ensemble. peut-être au pied de la montagne. De- )u onze heures. vers dix la veille. heures ou quatre heures. Le crime et les moyens de le cacher ont pris trois bois. après. il retourne à Guebwiller. demain on vers le chemin de fer qui passe à Rouffach.) Merxheim. il aura. alors il regagne Aussi la conviction de tous ici est que le cadavre est la route. LE CRIME DE PANTIN . prenant le corps par les pieds. Par Boll. Jean teau. puis. mené visiter l'endroit propice à l'affaire qu'ils de. il vaient entreprendre.

âgé de quarante ans. L'instruction. Des jeunes gens.. domicilié mutisme où il s'obstine plus que jamais. r | Un garde du corps traversait le bois. constater leur Depuis son retour au Havre. que ce drame in. sans souci.. -il avait fait de gran- identité. de mé le Zouave au sujet d'un ouvrier serrurier dont les la punition. Tels sont les renseignements qui sont portés àno-. mérite d'être analysé. neur. encore rien dit à cet -égard. la famille Tropmann n'est que plus malheu- ner. Delon qui se dirigeait vers le Les meurtriers se croyaient sûrs de l'impunité et café de l'établissement les aperçut. Cette cause célèbre sera reptoduite dans LA. un crime hor. hors de proportion avec les ressources dont il pouvait rible fut commis aux environs de Paris. octobre.. nous allons reproduire ceux qui nous sont trans. qu'il est difficile tembre dernier. croyable ne se peut raconter. puisqu'il ne Est-ce un co'nplice de Tropmann qu'on a arrêté parle pas à ses compagnons de cellule. quand fit mine de se retirer. son prochain départ pour Mexico.-. disant qu'il attendait de un de ses 1' membres. « sa cocotte » de Paris. . planaient. un seignements qu'ils ne manqueront pas de nous dons monstre. était revenu le 3. au delà du remords. intrigué. en voyant écrit sur son livret le qui pourtant se sent atteinte dans son repos et dans timbre de la mairie de Pantin. reuse et plus intéressante. Si le cadavre de Jean Kinck n'est pas découvert Nous transcrivons une exposition touchante de l'é- avant la fin de novembre. qui faisaient une tournée en ville. truche. mais juste supplice d'une famille innocente du forfait. pensait provenait d'un héritage. qu'il était déterminera peut. il avoua être resté à Pantin constamment dans le même taillis. Douet d'Arcq. pénétra dans le taillis et y tisfaisantes.ou l'on y songera le moins. et dans des disposer. Du reste. FAMILLE TROPMANN 4- l'une des prochaines séries de notre publication.: et ainsi débuta un des plus scandaleux procès tre connaissance par une correspondance du Havre. Sa santé est excellente . les interrogatoires ont cessé. de l'in- avait voulu le charger de vendre que sa montre. Au moment où les gendarmes s'entretenaient avec piers. et qu'il avait refusé. hasard. Tropmann semblable. impérial. Delon était donc à Paris à cette époque. qu'il venait de Paris et annonçait de dire si c'est prudente réserve ou véritable insou. frappée au cœur par l'atroce conduite avait tenu des propos singuliers. Ces corbeaux plongeaient septembre au 3 octobre. et que. pour mercredi dernier àu Havre? Le fait paraît peu vrai. furent rêtés par un gréeur de navires qui leur rapporta les ar. ' Ainsi fut découvert le meurtre de la femme Gau. Dans la matinée de mercredi.. il est probable que la tat où se trouve la famille de l'assassin. sera reprise et à l'hôtel en question. du produit de leur crime. où ils apprirent par le livre des vigoureusement menée la semaine prochaine. interrompue deux ou trois jours par Sur ces informations. le maître de l'hôtel. et ajoutant qu 'il passait plusieurs nuits ^ rentrer faite qu'un être qui tombe ne tombe jamais seul et à son hôtel. à Paris et originaire de Siherwiller (Bas-Rhin). tournoyaient en croassant et s'abat- taient toujours sur le même point. le moment. dans le désespoir et la misère. *. qui se soient déroulés devant la cour d'assises de la I Seine. H circonstances tellement ignobles.être le prévenu à se départir du ouvrier serrurier.. treize cents francs environ. En attendant les ren... deux gendarmes du ses frères et sa soeur. Une voyageurs que celui qu'on venait' de leur désigner nouvelle série de témoignages et de confrontations s'était fait inscrire sous le nom de Delon . vrir les cadavres des sept victimes. sans qu'il entraîne dans sa chuté tous ceux que la nature. teur de l'article : Nous lisons dans le Nouvelliste de Rouen : Seul pour ainsi dire avec lui-même. il y a quelque chose de poignant qui allures étaient suspectes. Il était reparti pour Paris le 14 du même mois et Et d'ailleurs peut-être les recherches aboutiront. Par cela même qu'elle a donné naissance à.. parut inquiet et vivaient. aax assises de janvier. puisque les journaux de cette ville n'ont reporte souvent son souvenir vers sa famille. ce qui est En 1829. un père et unes mère mis depuis cette mystérieuse affaire. qui l'a fait écrouer à la maison d'arrêt. Qui sait? des dépenses. Une nuée de Il ne put justifier de l'emploi de son temps du 14 corbeaux fixa son attention. V S . Delon fut conduit devant le procureur trouva le cadavre d'une femme. reprenaient leur vol. cet ouvrier son honneur. "1 Le Zouave avait raconté au gréeur cet ouvrier Je'veux parler de la douleur imméritée.. quai d'Orléans. dans les larmes et le déshon- Havre. ne voyant devant eux que le plus triste ave- nir. Telle est Ion était venu une première fois chez lui le 4 sep- maintenant l'attitude de l'assassin. — qui a fait décou. Les agents de la force publi- les CORBEAUX DU Bors DE BOULOGNE se chargèrent que s'approchèrent de lui et lui demandèrent ses pa- de tout révéler. — le hasard providentiel. les gendarmes se rendirent l'indisposition de M. qui devait lui apporter le La société humaine est malheureusement ainsi sac.. pendant ce temps et déclara que l'argent qu'il dé- Gomme toutes ces explications ne parurent pas sa- \ j Le passant. et nous Chambre des mises en accusation passera outre et sommes heureux de pouvoir nous associer aux dou- que Tropmann comparaîtra devant le jury de la 10ureusHs sympathies qui y sont exprimées par l'au- Seine. Le maître de l'établissement leur apprit que De- miers jours a fait place à un calme parfait.. la fièvre nerveuse des pre. ciance. au delà surnom. C'est le Pantin fut commis dans la nuit du 20 septembre. arrêter leur assassin. On sait que le crime de elles au moment. vers la fin de l'automne.. r confidences qu'il avait reçues d'un individu Au delà du crime.

le médecin empoisonneur. elle la partage entre vant le lieutenant Castaing. en est tombé femme qui maudira jusqu'à sa mort le jour où elle malade . dont la première émotion sera née de ce cri de honte Longtemps après. Castaing qui a péri surl'écha- connaissent l'affreuse vérité. entreprises en son nom. ou un forçat qui meurt à petit feu son fils l'entretenait semblaient prendre une réalité. ouvrier comme son père. Il devient Si parfois. pour vous ginale. le lieutenant Castaing portait la et d'horreur qui a voué son frère à la réprobation peine imméritée de son nom . et il fallut de hautes in- Pauvres gens! Élevez donc un enfant.de l'amour. n'en est pas moins ori- sur le soutien naturel de votre vieillesse. bâtit sur un berceau. a rendus moralement solidaires de ses actes spire le criminel. son avenir. faud. dont les crimes ont effrayé Paris et famille martyre. rétrécissent devant la brutale réalité. le père la rassu- et vivace qui sait protéger l'homme et le soutenir rait. ce misérable qui. il ne faut Le petit monde pour lequel elle se sacrifie résume pas vous désespérer.. qu'espérer maintenant de la vie ? » a quitté ses frères. noble émulation l'ardente dans ses luttes. sur mes genoux. et police correctionnelle ou la cour d'assises. pour la mère qui Il y a cependant des hommes dont le crime n'éveille souffre. s'écria : « Eh bien ! monsieur Papavoine. ilareçudèsle recevant avant leurs parents la fatale nouvelle et se berceau les enseignements d'une famille honnête. le chargeait de diriger des Beau général. pays. qui Vous connaissez ce vieux refrain de la mère qui semble depuis un mois hébété par le chagrin. mais tristesses de son fils ou s'effrayait de son ambition au profit .. il lui confiait ses affaires. le laissait penser et agir L'enfant grandit. bons et braves gens. comme Tropmann. En attendant. que part une pauvre mère qui pleure? » Ce pauvre père !. ne s'est pas arrêté devant cette pensée : mauvais principes. je medis: « Ce criminel a-t-il quel. la mère. endormez-vous. Tropmann n'estpasdansce cas. les encouragements et les consolations de ses chefs 'Il a des frère's. il le préférait à ses autres fils. On ne saura ja. à Saint-Cloud. prenant pour une.en les unissant à lui par les liens sacrés de la fa. placez sur sa tête tous vos termination. des hommes du même sang que qui l'aiment et l'estiment. Toutes ses espérances sont là. fièvre qui agitait Tropmann. mais le malheureux officier voulait ab- Par quelle sombre porte cette malheureuse enfant solument donner sa démission. Les frères de Tropmann changeront peut-être de cupe. dans un bagne.0" Castaing. On a même raconté à ce sujet une anec- rêves et toutes vos espérances. croyant avoir perdu entrera-t-elle dans la vie? l'estime de ses camarades. » le plus endurci. mais elle inonde l 'âme émue d'une bons ou mauvais. sa mère. profonde pitié pour l'être innocent. travaillez. profession. dans cette idée. comptez sur lui comme dote qui. sa sœur. mais. réveiller un jour devant quelque sinistre drame de Le colonel de son régiment prit sur lui de le re- cour d'assises! commander spécialement au général inspecteur. . l'autre qui porte Qu'on me permette de rappeler ici un fait an- l'uniforme du soldat français et sert loyalement son cien. l'armée. de cet amour maternel chaud vague et de ses désirs de fortune. et l'ambition diminue chez la mère. il ses enfants. pendant l'inspection. Une telle pensée augmente encore l'horreur qu'in- mille. de patrie. qu'allons-nous devenir sous ce père. Ce- C'est la mère surtout qu'il faut plaindre ! lui-ci promit d'encourager l'officier à ne point quitter La femme n'a qu'un rôle ici-bas: la maternité. comme elle était faite pour retenir le bras de l'homme On a dit souvent: « L'éducation c'est l'homme. avait. cependant. dans un ignoble but de pu qui ont été abandonnés par des parents pervers cupidité. Il n'en sera pas de même du père Tropmann. une brave L'un d'eux. » Que deviendra son enfant? Voilà ce qui la préoc. et qui semblent ainsi prédestinés « Que deviendront les miens ? » . qui avait Tous deux ont cru d'abord à l'innocence de leur choisi pour théâtre de son forfait l'hôtel de la Tête- frère. c'est à peine s'il nom déshonoré . ce sont ceux qui sont nés du hasard la France . je prendrai bonne note de la son passé. il disant: « Le père en deviendra fou. son présent. Aussi. berce son fils : Il avait reconnu dans son fils un bon ouvrier. ses chefs désiraient le universelle? faire avancer. sœur de Tropmann. quand je vois un assassin qui porte sa tête Et c'est au moment même où les faux projets dont sur l'échafaud. vraie ou inventée. recommandation du colonel. qui servait honorablement dans l'armée. un travailleur sans reproche. celui qui est militaire. et peu à peu les espérances se pour la famille toi . qu'il a commis le crime dans tousses détails. un énergique travailleur . en passant de- Sa vie ne lui appartient pas. ils pourront oublier le malheu- mais combien de châteaux en Espagne une mère reux événement qui vient de les frapper. un frère plus jeune Que dire de cette jeune fille. Ceux dont je parle sont donc plus excusables que les Vous figurez-vous ces frères. autres. fluences pour l'empêcher de donner suite à cette dé- suez sang et eau pour lui.t entière.aux exploits qui conduisent leurs auteurs devant la Que de choses. plus clairvoyante. n'a pas reculé devant le massacre de toute au seuil d'une prison. pour lui rendre un peu de force. après avoir reçu d'eux de une famille. lui: l'un. l'a mis au monde. aucune douleur et qui ne laissent pas après eux une Ce Tropmann. la mère en a pu suivre les exemples que lui offrait la vie de son mourra! Et nous. il a fallu. distrait ou préoccupé. et sont plongés dans le désespoir depuis qu'ils Noire. s'étonnait des homme. que lui.

tellement significative cette tournure prise par l'opi- . mais il avait de me l'écrire. quand il était malade. quand toute l'at- garder pour si coupable que le disent les journaux. Cwuiner a-t-il voulu conduire M. Si que l'affaire Tropmann a fait son explosion dans ce je suis triste ce n'est qu'à cause d'eux. une mère & devine bien ce qui se passe dans l'âme de son fils ! » Je suis témoin depuis hier d'une unanimité déci- Il reste cependant dans son cœur ce qui reste au sive parmi les gens raisonnables de tout ce pays que cœur de toutes les mères : la pitié. dis-leur qu'ils ne doivent pas me re. TROPMANN. Aussi au commencement de la semaine m'a voulu et je m'y soumets. ou que tu puisses faire quelque invention qui s'était abrité à l'entrée de la ville et s'était tenu con- rapporterait un peu d'argent pour qu'ils puissent aller stamment les yeux tournés dans la même direction. chaque fois qu'un éclair a pos. devait devenir le plus grand voué pour la vie. Si seulement bli à Guebwiller dans la grande rue près de la mairie. mann..) cupés aux travaux de la terre. qui était ma vie. pour ne pas Cette lettre est accompagnée de quelques lignes - savoir. Trop- fils. près bien les bois. qui vivent dans les champs. il cablée. a la prière. il a vu distinctement un jeune homme paraissant fais ton possible pour les soulager. » Soultz. des criminels. nion publique que je m'en fais moi-même l'inter- Cette femme. pour moi je ne travailler au remblai du chemin de fer. connaître qu'à présent on a fini de fouiller à peu voilà le complément de l'œuvre de Tropmann. d'Edmond Tropmann. en Amérique . il aider à soulager la misère dont notre famille est ac. le père se. dans l'amour du bien et la crainte du mal. que je E. que j'ai passé mes nuits à le soigner Consolez principalement notre pauvre mère. je n'ai pas le courage d'écrire à nos homme qui a voulu avec une précision et une éner- pauvres parents. tu ne serais pas soldat pour que tu pourrais du moins Il affirme que dans la soirée de ce fameux orage. tention et les soins étaient absorbés par l'opération tu peux leur dire avec assurance que je ne suis pas de l'épuisement des eaux à une petite lieue de là. quoiqu3 je sois accusé comme tel. -1 - un assassin comme ils le croient peut-être en ce mo. en la communiquant à leur sœur Françoise : Elle se frappe sans doute la poitrine et se dit en Je lui ai répondu aussitôt en le conjurant de dé- gémissant: « J'ai donc donné le j our à un monstre . pleure aujour. mais comment faire? • Ne repousse pas ces quelques lignes que je t'écris La veille de son départ M. d'avoir complété un travail. Tropmann a caché sa victime dans ie talus du che- ritée à jamais de toute joie : les frères forcés peut. rien 4 qui puisse jamais lui faire oublier le crime de son Voici donc ce qu'il ajoute à la lettre de J. qu'on le fasse J. la sœur entretenu au régiment que d'honnêtes sentiments. il faut re- maux. qui part de BJllwiller. toute une famille est dans les larmes. Je reste votre fils dé- de toutes les heures. (THOMAS GRIMM.. que qui dore les songes des misérables. prète auprès de vos lecteurs. je parcours incessamment. c'est pour cela que j'ai souffert. ma pensée aussitôt que je l'obtiendrai. Or. Il n'a pas pu saurai rien faire que pleurer sur leur sort. I l'ai nourri de mon lait. la mère n'a rien. que je l'ai élevé. Il Et lui. le malheureux. surpris lui-même par la pluie. Cet homme se nomme Cwuiner. qu'il avait confiée déjà à la justice. il est coiffeur. livrant à la boisson pour oublier ses Pour que l'on s'arrête à ce dernier avjs. B. passe à Soultz et aboutit à Gruebwiller. l'on sache bien que ce brave soldat n'a apporté et Les frères ont la force d'âme et la virilité. et Cher frère. tâche de les consoler autant qu'il est gie peu communes répéter sur place la déposition en ton pouvoir. TROPMANN. tu auras la bonté pareille heure et avec un pareil temps. Il m'effrayait depuis quelque temps . la mère en proie à la plus vive des douleurs.. oc- . maintenant on n'en démord plus. M. mon sang. dans la nuit noire. me croient peut-être indigne de cette faveur. de remblais fort peu <Hevés à sonder. Là du moins la honte ne les poursuivrait pas. S'il arrive faire autrement que de s'étonner de cette assiduité à quelque chose dans notre famille. et je tiens à les reproduire L'ivresse est le refuge des esprits faibles. Kremp a entendu un dans cette lettre. (E. pour oublier. déshé. et après les hésitations Il y a dans l'avenir une scène d'échafaud qui la et les tergiversations de cette quinzaine. donc. lui. je ne veux pas demander des nouvelles. éta- ment. l'opium ce sera une consolation pour lui et ses parents. la plaine et surtout les étangs. B.) . dû oublier négliger cette particularité lors- — ou — car je pense bien dans quelle position qu'ils sont. Ainsi. et pas un homme de ceux d'hui dans sa prison quand on lui parle d'elle. je trouve lorture. pas un qui ne m'ait dit qu'on avait fait tout ce qu'il était possible jus- LETTRE DU PRISONNIER DE MAZAS que-là. que je l'ai bercé quand il était petit. » cela veut dire le chemin de fer.. Il s'enivre maintenant pour s'étourdir. cette mère vivra et mourra dans le désespoir. le malheur pays. min de fer en construction. VALDU. j a Jusque-là. Je vous enverrai sa réponse cet enfant. la sœur condamnée au célibat . En résumé. il n'y a lus que ces huit kilomètres Ton malheureux frère. être de s'expatrier . que j'ai interrogés. Kremp à l'en- Embrasse mes parents de ma part quoiqu'ils droit même où le sinistre travailleur était apparu. noncer ses complices. le père a l'ivresse. car en France ils n'auront plus de re . que le souvenir de sa mère vient certainement un moment où l'on a conscience n'a pas arrêté au bord de l'abîme. y a six semaines. le 15 octobre. le mieux que j'ai pu.

qu'il aurait dû nier naux que ma photographie est à vendre 50 centimes. toute participation au crime. il à son système. car je sais que cela fera errible et profondément viciée. je suis convaincu que vous parlez dans mon inté- Tropmann se montre très-préoccupé . il n'aurait pas autant parlé. » (Le Figaro. et si le 'épondre un seul mot. c'est l'affection pour du chagrin à mes parents. ses lèvres semblaient prêtes à s'ouvrir. qu'il a été bien bête de dire photographe donnait la moitié du profit à mes pa- les choses qui sont la cause qu'il est bien cOllpro. mutisme désespérant. et je ne voudrais pas la famille. qu'ils se chagrinassent pour rien. il se dérobe et retombe dans un tion cérébrale qui l'a retenu dans sa chambre pen. » qu'il redoute de parler. Cependant on a cru un instant à des aveux. j'ai dit la vé- pendant la veillée et pendant le sommeil.. . il est agité rêt. où l'on croit le tenir. il TROPMANN A MAZAS paraissait fortement ébranle . mais il faut que cela produise nis. L'attitude de Tropmann est toujours la même. au-dessous de cette somme je ne Un seul bon sentiment survit dans cette nature voudrais pas qu'on la vendît. c'est pour af. Douet d'Arcq. Il répond invariablement : « Vous avez raison. et s'il parle. l'a avoué dans des moments d'épanchement. qu'il aurait dû ne pas on ne manquerait pas d'en vendre beaucoup. mais comme toujours au moment M. et encore le sacrifiera-t-il à sa dé. » au moins 1500 fr. cela les aiderait.) ense 1 Tropmann voudrait qu'on vendît sa photographie. mais je ne puis dire autre chose. malade des suites d'une Conges- * . rents. Il a l'arrière-pensée d'échapper à la peine capitale firmer davantage sa résolution de ne rien changer et l'espoir de s'évader du bagne — ou d'ailleurs . On voit rité. a repris l'instruction Trop. ^ « Pourtant. dant plus de dix jours. mann le mardi 19 octobre. Tropmann disait hier que « s'il avait et il fait ce calcul : « Si on insérait dans les jour- m.

Aucun rêve. marier. Tropmann. confiant dans la réus. Donc. les Vas des époux assortis? gras et et légumes et la soupe maigre les autres jours. où tout espoir de ait fait allusion. il peut fût tout entier d'insensible matière. La plupart des mots et réponses plus ou moins bizarres que lui ont prêtés certains journaux sont de vérité. là le bénéfice des circonstances atténuantes. leurs dehors. en avoir assassinés. Il ne faut donc plus Voici l'emploi de la semaine dernière jour par guère compter que sur un incident imprévu pour jour: faire jaillir la lumière sur cette sombre énigme. il a été traité en convalescent. Et ne faut-il le bœuf bouilli le jeudi le dimanche. Espérer pour un homme dont le sens moral est < pure invention. Tous Les deux préoccupations principales de Tropmann les fossoyeurs déclarent qu'elles sont demeurées in- sont le suicide par l'inanition. sont com. Le 11 octobre. pi les confrontations.et aujourd'hui vous le. à l'évé. aucun in. renvoi des pompes Welter à Mulhouse et fouilles au pied du Ballon d'Alsace. avec une empoisonneuse ou On lai sert l'ordinaire de la maison : le bouillon une faiseuse d'anges retirée des affaires. demander des rations supplémentaires. et bientôt chez ses complices lui fussent inconnus. ni chafaud. profondément oblitéré. Il a neigé pour la première fois hier matin en Al. c'est. visite. ni complices innocents pour paraître n'avoir joué que les supplications de sa famille. des fosses creusées dans l'année 1869. pour échapper à l'é. crime quelques-uns de ces repris de justice. jusqu'à cette heure. la plupart de tante que le crime même. c'est 'il ne parle définit « le songe d'un homme éveillé. comme s'il n'eût pas d'âme "el On sait que. aucun souvenir ne paraît trou. n'ont pu faire dévier le second rôle dans l'horrible tragédie et obtenir par de son système de défense ce criminel de vingt ans. Inutile de dire qu'il en d'en douter quand on sait la série de douleurs de est de même des réponses. il ne serait pas étonnant que les noms de volontaire en présence des aliments. ' . Tropmann au- écrire à sa famille. en dehors de l'instruction. où l'on trouve même à se nement du 20 septembre. Il irait au bagne. dant. cette épouvante suprême . J'ajoute uniquement. rien jusqu'ici. lui inspira l'idée d'accuser du meurtre de suicide. plus en plus intolérables qui résultent de l'inanité C'est 111 nuit seulement que les gardiens repren. - Il persiste à affirmer que Jean Kinck est l'auteur Après avoir essayé de se noyer pour échapper au des sept assassinats. prêts à Mais il faut une énergie presque surhumaine pour tout. » remplaça la résolution de se détruire. S'il parvenait à certains prévenus aucun objet dont ils puissent se faire planer un doute sur ces deux hommes. dans ces courts entretiens. CORRESPONDANCE D'ALSACE nutes. * i bler cette étonnante tranquillité. tentait de rendre la mémoire exécrable après les Tropmann cause fort peu avec ses codétenus. le père et le fils aîné. comme les autres détenus. Ces gardiens se relèvent de quarante en quarante mi. mais pour échantillon seulement. jouir. impitoyable.d'un bon appétit et ses demandes ont été largement satisfaites. Il entre du reste dans l'ensemble des de la famille Kinck les deux premières victimes de précautions élémentaires de ne laisser à la portée de cette famille. qu'ils ne doivent pas • d'absolue nécessité. -et pour aver- à des ordres sévères. que Jean-Jacques Rousseau . bien entendu. tout en rieur. L'exacte qu pas. presque aussi révol- de huit heures. ni l'habileté du juge d'instruction. tactes.mann. les gardiens n'adressent la pa. Aucun complice n'a été désigné gendarme Ferrand. étant assassin. car Trop. dans tous les cimetières du canton. veau crime un moyen de masquer un crime anté- mann a deux compagnons. LE SUICIDE PAR INANITION Le 12 octobre. plus sanguinaire que le tigre. voulut dans sa prison se par lui. Conformément sace. car c'est à peu près la les supplications d'innocents petits enfants ont laissé seule lecture permise à Mazas.s'évader n'est pas perdu. Trop- des Familleç et quelques volumes de Fenimore Coo. que les eris de désespoir d'une mère affolée. ] accomplissant leur labeur quotidien. voyez. remises non rait-il eu le courage d'endurer les longues tortures cachetées au directeur et à l'inspecteur. à-dire qu'on lui a donné la ration de bœuf au repas site de son odieuse accusation. per. jusqu'ici. c'est chercher dans un nou- Il y a trois lits dans la double cellule. il était sauvé. dont il servir pour échapper au châtiment légal. tissement peut-être à ceux qui ont mission de re- role aux prévenus qu'ils surveillent que dans le cas trouver la huitième victime. deux détenus qui.persistante jusqu'à l'épuisement de la vie. Du reste. ~ ' 3 Jusqu'à présent. Peut-être a-t-il employé à l'exécution de son laisser mourir de faim. nent leur poste de surveillance dans la cellule.de la mort par le défaut de nourriture? Il est permis muniquées à l'instruction.) épuisées. tous cas il ne semble pas que. et l'accusation de les dépositions des témoins. cident à noter dans le service de nuit. et que ses lettres. il dans cette plantureuse Guyane. Il lit encore et uniquement la collection du Musée Tropmann. Tropmann ne jeûna que trente-six heures. sondage des marnières totalement (Le Petit Journal. et qu'on ne puisse plus mettre les travail- sommeil. Tropmann l'espérance. quoi qu'on en ait dit. sur ce point. sauvé malgré lui par l'intrépide calfat Haugel. perdre une minute avant què le temps ne soit tout à Du reste Tropmann dort d'un calme et profond fait gâté. froid. qui se réfugient dans les carrières d'Amérique. supporter jusqu'au bout les tourments de l'inanition Ceci admis. surveillent ses Bientôt le démon. Cepen. inspirateur du farouche et cu- mouvements et rendraient impossible toute tentative pide scélérat.

la marche de la justice sur lui de graves présomptions. il est dans la situation du conseil. mais ils concourent a que cette dernière chambre doit statuer. cependant pas complet pour lui. jusqu'au ver. Tropmann.ii. Les juges d'instruction sont choisis parmi les juges Elle est composée de conseillers à la cour impé- des tribunaux civils. l'instruction dans la limite de leur compétence.i lent avoir vu dans une des dernières nuifs du mois le crime. Ce Sont eux qui. il ne sait rien du dehors. L'arrêt de renvoi de la chambre du conseil est la Toute affaire criminelle est soumise à une instruc. cusé que le jour où la chambre des Mises en accusa- j. tégorie des coqueurs. le 15 et le 16 octobre les investigations ont les pièces de Conviction qui. des C'est ainsi que M. en 1786 . rial. tion immédiat. aprês l'arrestation de ontinué au pied du Ballon. devant la Cour d'assises. :. dans les trois jours. lorsque surtout il reur impérial pour qu'il puisse requérir. venu. première barrière qui sépare le criminel de la so- tion préalable.) quête du procureur impérial. Le secret n'est. Quand la chambre du conseil aura estimé le ca- La torture était la mutilation d'un patient par un ractère criminel des meurtres commis par Tropmann. il parle le fran. elle se compose de trois le monde ne marche plus. tion de la Cour impériale l'aura. [e Soultz à. LA MARCHE DE L'INSTRUCTION Si l'arrestation d'un complice. est un officier de police judiciaire. Le secret a remplacé la question préparatoire.-. Elle examinera de nouveau l'affaire de Pantin et . il ne deviendra un ac- :uccès. comme dans le cas actuels. l'instruction remplace lieu. est soupçonné d'avoir des complices et se refuse à C'est à ce moment que Tropmann passera des faire des aveux. et de Guebwil!er. la Le 14. de dépôt. ou le procès-verbal de flagrant délit. vingt hommes travaillent en. : juges. et qu'en argot de prison on nomme des moutons. l'allemand et tous les idiomes de l'Alsace et 'M. Il l'a ensuite transmis au juge d'instruction avec Le 14. ou. l'affaire.ore sous la direction du commissaire de police de sence de l'inculpé. et c'est dans les police judiciaire n'ont que le droit de requérir. chef de la sûreté.. hors trois jours. bourreau. dont l'un repré. Saint-Amarin au bord desquelles deux Le procureur impérial a reçu le premier le procès- emmes. si des aveux complets de Tropmann est ait secret. s'occupe avec 3. aire ayant gagné l'épaulette et la croix de la Légion On aurait donc bien tort de se servir indifféremment l'honneur en Crimée et en Italie . renvoyé . prend un caractère de solennité qui indique bien L'instruction se compose de tous les faits de pro. Le procureur général doit faire passer parution. - la question préalable. afin que celui qui est mis en cause ciété. d'habiles agents de la police de sûreté. qui harniers des cantons de Soultz. Douet d'Arcq de l'affaire de Pantin. mais il ne faut pas désespérer. Tropmann est un inculpé . y Compris le juge d'instruction lui-même. : soultz. degré de l'instruction. l'instruction est une lutte de logique et de elle renverra l'affaire à la chambre des mises en ac- temporisation entre deux hommes. sente la justice. dans les cas de flagrant délit . route 1\1. d'un homme qu'on a brusquement séparé de la so. toujours avec la même ardeur et le même in. il y a lieu audition des témoins. t'août deux hommes qui remuaient la terre. (E. M. ne soit traduit devant la Cour d'assises que s'il pèse A partir de cet instant. çais. de se hâter. délivrent les mandats de com. lont il a été si souvent question. après vérification des plaintes et L'instruction étant arrivée à son terme. à partir du moment où elle est saisie. qui ont été appelées par la justice. tice. ont été placées dans un sac sur lequel le Al1jourd1hlli mardi. fouilles dans les glaisières longeant. il peut croire que sa vié s'est immobilisée. La chambre du conseil est formée dans le sein du ciété. alors M. Muess. Elle staitné à huis clos sur le rapport du juge d'in- Lorsqu'un être est reconnu dangereux et que son struction. Ce commissaire de police de Soultz. le directeur de la prison lui donne mains de la police judiciaire dans cel'es de la jus- pour compagnons deux détenus appartenant à la ca. qui à d'abord été communiqué au procu- crime est d'une nature très-grave. VALDU. Le 13. procureur impérial a appliqué son cachet en pré- '. des termes accusé où inculpé. Claude. verbal signé du commissaire de police qui a constaté :. cusation. T Il a interrogé Trdpmann. le juge d'instruction s'occupera de nues dans ces mots. réunir tous ses éléments de conviction. Chose remarquable ! Il suffit qu'un seul des juges soit d'avis de poursuivre pour que la poursuite ait La même loi régissait dans l'ancienne France la chambre de la question ou tribunal des tourments. si la découverte du cadavre de Jean Kinck. de la chambre du con- Les procureurs impériaux et les autres officiers de seil à celle des mises en accusntion. à'amener et d'arrêt.. d'Atèq adressera un rapport détaillé à la chambre celles qui lui sont adressées . La chambre des mises en accusation est le troisième dict du jury et à l'arrêt de la Cour. ou du moins on observe l'accusé ne nécessitent pas un supplément d'instruc- vis-à-vis de lui toutes les mesures intérieures conte. abo- lie par Louis XVI. est un ancien mili. qu'elle est fixée désormais sur la culpabilité du pré- cédure qui précèdent le jugement depuis la plainte. par un arrêt. avec l'aide des équarisseurs. visite. préten. I)ouet d'Arcq a fàit citer les témoins sur re- oàraît très-aimé des populations. et la procé- Personne ne peut le voir . l'autre la culpabilité présumée. dure sera considérée comme complet . Douet on prend connaissance des lettres qu'il écrit et de. que tribunal - de première instance.

la tête baissée et le cœur soulevé par des san- voyez. très -aimé de tous ses camarades ' Tropmann ne paraîtra ni devant la chambre du et estimé de ses chefs. ni devant la chambre des mises en accusa. et c'est là que nous n'en a pas. et l'amaigrissement qui a son frère. cherche à le consoler. ce qu'il on le çomprend. Lorsqu'il apprit la terrible accusation qui pesait tion. le point de mire de la curiosité. tir de cette heure. en rentrant chaque soir à la caserne. il pourrait obtenir la permission de partir. que les velle. Tropmann continue à montrer d'excellents senti. auquel appar- - ment d'artillerie de marine à Cherbourg. jeune qui était devenu assassin. Depuis lors il va chaque jour de mieux en mieux. î. un certain courage. L'honorable aumônier de l'hôpital. comme vous le seul. Edmond Tropmann se résigna . quelquefois avec un ma- Un de ses affidés viendrait le délivrer ensuite. lorsqu'il lui fut impossible de douter plus longtemps. ce qui lui fut immédiatement accordé. la défense de Tropmann serait réduite qu'il y avait erreur et que ce n'était pas son frère si à néant.- Il est possible. mais il changer la nature du crime. Cherbourg. C'est là une leçon d'humanité Le frère de Tropmann s'appelle Edmond. connaîtra son sort par et son colonel. se soustraire à la persistance des regards. mais ce refus l'af- ront été communiquées. et attaché tenait surtout de tenter la. de répéter qu'il ne comprendra jamais comment son a-t-il rêvé tout haut? Nous l'ignorons. lorsqu'il demanda C'est seulement quand le renvoi devant la Cour une permission pour aller voir sa famille. puis. Si quelque nouvelle découverte venait dans l'in. remplis de pitié pour lui. qui lui demandera s'il s'est pourvu pital. j N Les directeurs de l'hôpital sont remplis d'égards LE FRÈRE DE TROPMANN pour lui. ouvriers de sa compagnie. Il y était déjà depuis huit jours. la chambre des mises en eut de tels accès de surexcitation et de fièvre ner- accusation pourrait ordonner une information nou. ? On sait que les assises de la Seine sont tenues Ses camarades lui conseillèrent alors d'entrer ïi par trois membres de la cour impériale. ne l'autorisa pas à s'éloigner de voi en Cour d'assises. été le résultat de toutes les secousses morales qu'il a Il étudie également un projet d'évasion qui ne man. flouloureuseraent frappée. dévorant les jour- Supposons. lade qui l'a pris en affection. Tropmann sera interrogé par le prési. Ses camarades le visitent souvent. ainsi qu'on l'a dit. ouvrier armurier. que le cadavre de Jean Kinck naux . n'a pas failli à celle sainte J Ë . il ne cesse qui partagent sa cellule? Son cerveau est-il atteint. guérison de cette âme si à la 5" compagnie d'ouvrir. Il demanda alors le costume des malades. questionnant tout le monde. l'espoir qu'après quelques semaines de séjour à l'hô- dent des assises. n ments pour sa famille. Tropmann vivra de nouveau pour le public à par. celui qui avait été mis en avant. Il y arriva en tenue d'artilleur. grands pas dans le jardin. encore trop malade. Paris pour presser son frère de tout avôuer et de se Tropmann. Il voudrait. veut. que le procureur général Voulait-Il aller consoler sa mère ou se rendre à rédigera l'acte d'accusation. dont l'un l'hôpital de la marine. mais le plus souvent L'exécution de ce projet demande. car tout en pensant bien qu'un est président. On saura ce qu'il fait. sur son frère. afin de j - . un certain nombre de jours. de la force de Tropmann l'a-t-il confié aux moutons Quoique peu communicatif par nature. d'assises aura été ordonné.) cent allemand très-prononcé. Tropmann sera transféré de fecta à un tel point qu'il tomba bientôt dans un état la prison Mazas dans la prison de la Conciergerie. Mais comment un homme glots. occupent. ' blissement. ? conseil. vingt-trois ans. en effet. allons le suivre. il se promène à comme tel. (Le Soir. non-seulement des malades de la salle 5 011 on l'a- Son avocat sera admis à conférer avec lui et à vait placé. mais sa tristesse est peut- le vente de si photographie fût employé au rachat de être plus grande encore. il a qui devrait servir d'exemple aux habitants de Cernay. ordonnera que Tropmann soit traduit devant la Cour C'est un homme d'un caractère très-doux. de prostration véritablement inquiétant. • THOMAS GRIMM. chacun. il refusa d'y croire tout d'abord . se faire passer pour mort et être enterré Lorsque le temps le lui permet. au moyen d'un son frère. congé lui avait été refusé pour tout autre motif que Dans la journée qui suivra son arrivée au Palais. fort bon d'assises. éprouvées. ce qu'il espère. tervalle contredire une assertion de l'instruction ou il ne tomba pas malade. Cela avec un ac- le fait est authentique. est canonnier de 3e classe au régi. Cependant. mais encore de tout le personnel de l'éta- prendre connaissance des pièces du dossier d'instruc- tion. Il désirerait que le produit de Il est devenu plus calme. que ce fait d'une nouvelle instruction se produise. Vingt-quatre heures après que ces pièces lui all. ils lui donnèrent de-Justice. et il fut de suite. qui est seul en état de soutenir son père. dans les circonstances qui nous l'envoyèrent d'un commun accord à l'infirmerie du régiment. jusqu'au jour des débats publics. veuse. frère a pu faire de pareilles choses. lui donnant comme prétexte qu'il était la lecture qui lui sera faite à Mazas de l'arrêt de ren. qui aura cessé d'être interrogé depuis repentir? 11-ne fit part de ses intentions à personne. espérant encore soit retrouvé. d'un défenseur et lui en désignera un d'office s'il Edmond entra donc à l'hôpital. lui donne une grande ressemblance avec que pas de grandeur. ' narcotique.

lui-même. ticulier. afin qu'il puisse se promener seul. l'ombre d'un sentiment humain. qui n'a pas encore vingt ans. celui qui porte son nom et qui l'a dés- que jour pour s'isoler de son mieux. ment. le affection et qui pleurent la honte de leur fils. et il en profite cha. prison de Mazas. Tropmann. et. il cherche la solitude. et plus que jamais Il écrit beaucoup de lettres et il en reçoit fréquem. comprenant que l'inté- Un des grands chagrins de ce malheureux. qu'il liées avec une ficelle rouge. triste et plus accablé que jamais. vers ceux des siens qui sont toujours dignes de son S'il reste encore dans le cœur de Tropmann. et il se passe peu de jours sans qu'il ait Si douloureuse que soit cette mesure pour Edmond avec Edmond Tropmann quelque entretien consola. s'arrêtant à Paris dans cette sombre et lugubre partout. malgré ses efforts pour se cacher. il retrouve dans l'assassin accroupi C'est en pleurant que le frère de Tropmann a ac. son frère. dont les crimes laisseront à jamais leurs traces san- franchissant l'espace. à son aise. c'est rêt public domine tous les autres. on ne saurait la blâmer. s'y soumet avec résignation. scellée elle-même par a voulu même mettre à sa disposition son jardin par- le directeur des postas. son cœur s'élance plein d'amour glantes dans les annales criminelles. mais elles lui arrivent toujours décachetées et L'aumônier de la marine l'a si bien compris. et Quelles doivent être alors ses pensées lorsque. ou meurtrier.mission. dans sa cellule celui qui a partagé ses joies et ses cueilli cette délicate prévenance. honoré. il est plus avec les siens. jeux d'enfant. de ne pouvoir correspondre à sa guise et secrètement Aussi. il teur. et à l'abri des regards curieux qui le suivent que. lorsqu'il reçoit une de ces lettres. il doit .

Deux ouvriers qui ont été enten.. ont donné lieu de croire que le '•cadavre de renfermer dans un mutisme presque complet. remonter aux premières heures de son arrestation. Tropmann. que la feuille nouveau de se débarrasser des victimes compromet- officielle reproduit le fait. dans le ques par la suite des confrontations de Tropmann avec plu. Cela indiquerait. est admirablement choisi pour enfouir un ches. de la part de l'inculpé. sOn a allumé les calorifères.. en effet. il n'y a eu jusqu'aujourd'hui que quel.. On a beaucoup parlé des interrogatoires subis par Et l'on pouvait s'étonner de son absence. et ce On y rappelle la fatale et mystérieuse disparition n'est peut-être pas là le moins grand des châtiments d'un jeune homme de Boulogne. Duburquoy.. Jean Kinck avait pu être enterré dans le remblai du 11 existe trois lits dans la double cellule qu'il oc- chemin de fer. Et càdavre. nous écrit notre corres. attendu Tropmann. pas. j d'accord sur tous les détails. maître de forges à Marquise. Il n'avait pas reparu à son travail. . qui... une nouvelle victime. des sondages sont faits mission que de l'empêcher de porter atteinte à ses dans ces remblais... la justice a reçu de nou. M.. i le cadavre de Jean Kinck.. mais le temps écoulé a eu pour jours. près Du reste.. » f talus du chemin de fer de Bollwiller à Guebwiller Et se met à se promener de long en large. il Cet interrogatoire sera continué demain et ne sera Ce qui aurait mis la police sur la trace du crime. En dehors de ses codétenus. Haugel. mais quelle place immense aussi pour la Il revenait de Lille porteur d'une somme de pitié ! (THOMAS GRIMM. de la prison. on fit une enquête.. c'est la saisie faite chez Tropmann d'un sac de voyage Les indications assez récemment données par un ayant appartenu à M. canal de dérivation qui se trouve entre Dunkerque et sieurs témoins. qui n'ont d'autre Depuis plusieurs jours.. ' UN HUITIÈME CADAVRE INATTENDU Si le fait est vrai dans toutes ses parties..zas et a consacré une partie de la On se souvient que Tropmann a dit avoir jeté un journée à l'interrogatoire de Tropmann. 'quelques pelletées de sable C'est.. homme à l'eau dans le département du Nord. tantes. Jusqu'aujourd'hui ils n'ont amené lule lui demande le matin : à» j aucun résultat. j fj M. ^ j dus. il y a des surveillants de nuit qui se relèvent résultat de rendre. Depuis Havre.) deux cents francs. Ce magistrat s'est transporté au.. est exacte. j preuves et compléter l'instruction avamt de procéder Et on découvrit que l'on était en possession du ca- à l'interrogatoire. ce serait un neuvième cadavre que l'on rechercherait aujour. terminé dans cette seconde séance. avez-vous bien dormi ? » I j Il répond laconiquement : P j Sur la cachette qui doit renfermer a-a pied du « Oui. ^ 1 vert d'une quantité considérable de terre. . Pinart. le lendemain. indiquent tous deux la même place et sont Il faisait froid dans Mazas comme ailleurs. incertain le lieu de quarante en quarante minutes. devait être cou. Dans tout ce drame. si elle d'hui. j jourd'hui à Ma. mettrait à la charge du détenu de Mazas Ce n'est pas tout. que c'était un travailleur exact et vigilant. 114 % cette époque la locomotive a passé là-dessus pour tout Et où il fut arraché à la mort par le brave calfat bien condenser et tout bien tasser. employé chez qui lui sont réservés. dont le cadavre a pas encore remplie. qui tenait ses deux mains dans ses po- pondant.. A Les aveux de Tropmann. Quelquefois. quelle place immense pour Le jeune homme se nommait Jules Duburquoy. relativement à la dispa- l'époque où le crime a été commis. Par une nuit d'orage. pour le témoin.. les a sorties quand il n'a plus senti le froid. les talus extérieurs arrivaient seu. Il ne lui est presque jamais adressé la parole. Douet d'Arcq a cru devoir réunir toutes les On l'amena sur la rive.comprendre déjà ce que souffrent les siens. sans doute. de fer en construction. au de leurs quatre mille mètres cubes de terre. Depuis vingt-quatre heures. dans les derniers jours Ce serait donc une neuvième victime à mettre à sa d'août. cupe. i questions adressées le juge d'instruction à On découvrit. % wagons de ballast venaient le couvrir complétement Où il se jeta dans le bassin du Commerce. un sentiment de satisfacLion.. Petite-Synthe un corps mort. été retrouvé flottant sur les eaux d'un canal. davre du malheureux employée. cette fosse n'était rition de l'infortuné jeune homme.. et le£ jours suivants douze des mains du gendarme Ferrand. Le Journal officiel a publié une note qui. L 1 L'endroit dont il s'agit. le prisonnier de Mazas continue à se Soultz.. un des deux cohabitants de sa cel- ges sont pratiqués.. Kinck lancé là dedans.. il y a quelques semaines. i et c'est sur plus de cinq cents mètres que les sonda... . (Le Droit. le lendemain du jour où il s'échappa suffisaient pour le cacher. il semble témoigner velles dépositions. l'horreur. que Tropmann consentit à entrer dans ja voie des aveux. il avait remarqué des traces de sang près du charge. ils ont vu un ou deux hommes qui travaillaient et Et la chaleur s'est répandue dans toutes les parties piochaient la terre de la remise de la locomotive. doivent lement à la hauteur des murs d'enceinte. .Y témoin qui a déclaré que. mesurant quatre mètres de haut sur dix de large. N remblai du chemin.) « Tropmann. où les traces de sang ont été par lui remarquées. un moyen C est d après la France dte Nord. Supposez un grand cube de maçonnerie il a repris ses lectures avec son flegme accoutumé.

mann. lui tournait le dos . comme les précéden- tes. Parmi eux La lettre conseillait à Mme Braig de parler à l'ac- se trouve la femme Lœvert. des rivières et des canaux pour confidents Depuis cette époque. racontent avoir vu Tropmann à Soultz. lacs. L'interrogatoire. avait déjà remarqué tactique. n° 13. tandis que la femme Lœvert. Douet d'Arcq a interrogé Les trois consommateurs s'étaient assis à la der- Tropmann. le Tropmann ne dit rien. pour lui faire plus d'impression. « n'a plus un Mme Braig a remis cette lettre comme les précé- doute. C'est encore le mystérieux fait défaut. cer sur Tropmann. » ou : « Je sais que fussent pas compromis. la contenance du jeune homme. dit-elle. Tropmann. tenue Il ruminait alors sans doute son abominable crime par M. Ce ne serait pas seulement les sillons d'un champ. ajou- Cette femme a immédiatement reconnu dans les tait que le moyen de déconcerter Tropmann. elles contenaient les mêmes recommandations à Souitz la photographie de Kinck père et celle de et les mêmes menaces. et l'instruc. pris. les bords d'une que cet homme parait avoir sur lui-même.. qui était loin de se douter à qui elle fai- occupent à si juste titre le public n'a pas changé de sait servir une bouteille de vin. le jour où Tropmann et ses deux cours.. Mme Braig reçut une se- muets..) tion absolue. le second. 22 octobre. Le signataire.) conde et une troisième lettre . Elle le reconnut parfaitement. Douet-d'Arcq qui la fit mettre en Les deux individus qui étaient avec Tropmann présence de Tropmann. Cette dernière est la seule authentique Il y a quelques jours. plus jeune. présentait si inopinément l'image de la mère qu'il Quelques jours après l'arrestation de Tropmann. sait embarrassé et baissait les yeux. gnons. on en trouve la raison dans une Espérons que. celui-ci parais- mann et deux autres individus sont entrés à la ta. afin qu'eux-mêmes ne « Vous vous trompez. dame. l'un des compa- du directeur de la prison de Mazas. Trop. voulait frapper avec ses enfants. et malgré l'empire les remblais d'un chemin de fer. disant tantôt désigner les vrais coupables. celui-ci répondit évasivement. exercer sur Tropmann pour lui faire désigner ses Ces portraits ont été présentés aux trois témoins qui vrais complices. Mme Braig fut surprise de cette insistance. dans Lors de la confrontation de Mme Braig avec l'in- son intérêt. compagnons de celui-ci où on lui conseillait. M. qui a duré chaque fois nière table du côté gauche de la salle . Mme Braig reçut une lettre écrite par l'un des deux C'est Tropmann qui paya la consommation. quand Dans la journée du 15 septembre dernier. (Mme Braig est de Benfeld. le commissaire de Soultz va concentrer toutes Quant à l'espèce d'influence qu'elle semble exer- les recherches sur Ollwiller. Hier et avant-hier. suivi d'une Hier. un caractère d'affirma. il se retournait à chaque instant pour NOUVEAUX RENSEIGNEMENTS la considérer. compagnons sont venus à la Taverne-Anglaise. sur le vieux Kinck : c'est bien lui dentes entre les mains de M. que Tropmann a été photographié. Mme Braig. car c'est à Mazas. toujours le. qui ne lui a jamais fortunée Mme Kinck. Le monstre imbécile dont les faits et gestes pré. (Timothée TRIMM. dont les dépositions jusqu'ici incertaines ont allemand alsacien... s'étaient fait côté de Vincennes. le parquet de Colmar a envoyé croix. L'instruction du crime de Pantin a repris son En effet. contre le mur. on ne peut Douet-d'Arcq. lui faisait face. et. et lui accordait jusqu'au 27 courant Les deux autres témoins n'ont reconnu que Trop. vous ne me voulez point de mal. Elle communi. et le l'engageait d'user de toute l'influence qu'elle semblait cliché a été brisé aussitôt qu'une épreuve a été tirée. le juge d'instruction avec sa bonne figure de brave homme. détail qui paraît affaire.. Mme Braig. Bas-Rhin. toujours conçue dans le même sens : on de sa vie. le 15. qui est le patois ville. pour obtenir quelque aveu. en.. pour la première fois velle lettre. verne anglaise rue Grange-Batelière. où ils se sont fait servir une bouteille et était interloqué par cette ressemblance que lui de vin. aubergiste en cette cusé dans sa langue maternelle. son regard s'arrêtait sur Tropmann. M. a eu lieu dans le cabinet et en présence était assise Mme Braig est au fond. d'aller voir l'inculpé et de se décider à culpé. exact. n'avoue rien. pensaient avoir affaire sans doute à un fils Kinck. elle était signée du nom de Henri.mystérieux Henri. Braig. le comptoir où cinq heures. de dire qu'on soupçonnait un individu demeurant du trés chez elle un jour de la fin d'août. » Mais il était évi- Mme Braig apprit alors seulement quel avait été demment frappé et impressionné par la vue de cette le consommateur du 15 septembre. Tropmann était tourné tion n'a pas fait un pas de plus. . comme si la figure de Mme Braig l'avait frappé. Il dont elle était l'objet. qu'il faudrait encore visiter : Mme Braig produisit sur lui un certain effet et il ne Le prévenu aurait parfois choisi les ondes des donna à cette dame que des réponses embarrassées. c'était cartes qu'on lui montrait deux personnages qui. et qui ensuite s'étaient Cette lettre contenait de nouvelles menaces contre dirigés du côté de Cernay. madame. Mme Braig a reçu une nou- qui existe. servir à boire et à manger. la vue de route isolée. par son activité et avec le concours ressemblance assez marquée de cette dame avec l'in- dévoué des habitants d'Ollwiller. qua la lettre à M. il aura le dernier mot de cette triste correspondant qui a révélé ce détail. sans s'occuper autrement des menaces s'y tromper. le plus âgé. au vu de ces portraits.

d'assises. L'instruction qui subit un temps d'arrêt de quel- mun des mortels.. péties. du jour des Morts Néanmoins. Claude saura sier pourra être transmis au greffe de la cour impé. travaillant et piochant la terre à la clarté des éclairs. bref. prochent de plus près : « Le sang de ses victimes Nous avons reçu ce. épuisé les difficultés qu'elles présentent. Ils ont beau cher- des débats publics. que l'aveugle et l'empêche de parler. en rectifiant seulement l'orthographe par trop fantai- « Je ne révélerai rien. Cependant. porte à la prison de Mazas et y procède à des inter. portant Kinck. vu le vaste Nous avons transmis cette lettre à M. Espérons que la rare sagacité de M. ils n'ont plus Les audiences de la Cour d'assises de la Seine se. chiffre dont tout le monde connaît la valeur lorsqu'il P. les flaques Il est impossible de déterminer d'une manière pré- d'eau. rogatoires qui ne durent pas moins de cinq heures. en raison struction espère qne ce laborieux interrogatoire du nombre des mètres cubes de ballast qui doivent pourra être clos dans la séance d'aujourd'hui ven. qui mieux que nous. le juge d'instruction Douet-Darcq se trans. « connais mon adresse. cation réelle d'un complice. qu'il y a des menées té- sulte aujourd'hui la preuve que Tropmann a seul nébreuses pour égarer la justice dans l'affaire Trop. hier 27. Telle est la question que l'on se pose et qui solu. On écrit de Soultz à l'Alsace" le 27 octobre : Il Celui qui t'aime. L'interrogatoire de Tropmann acommencé vendredi struction de Bollwiller à Guebwiller. la science occulte bre ou au commencement du mois de décembre. a été battu et remué de fond en comble . Bollwiller. l'instruction de l'affaire Kinck. le juge la voie.. je logerai une balle dans la tête du bourreau. : Ce n est certes pas la faute de la police si le lugu. disait-il avant-hier. je me Il tairais. et de la rentrée des cours et tribunaux (ter. Malgré l'affirmation du Droit. Chaque jour. Issenheim. Les recherches déjà faites sur ce point n'ont pas Hier jeudi a eu lieu la sixième séance. S. si elle n'obtenait pas Les recherches seront principalement dirigées ce résultat. Tout le rayon d'instruction. comme la science du com. ne sera probablement résolue que devant la cour Suivant l'expression d'une des personnes qui l'ap. viendra sous peu C'est cette ressemblance qu'ils lui conseillaient dans notre ville. résolution. dans le talus en remblai du chemin de fer en con. (t Si on te fait monter sur l'échafaud.. où deux hommes ont été vus. Wattwiller. cher Kinck. ont été toutes épuisées dans cise à quelle époque l'affaire de Pantin viendra de- le même périmètre. à l'endroit de dernier. nymes à Mme Braig. Cher Tropmann. tous les moyens ont été semblance. le juge espace sur lequel il y avait à opérer. Mais l'inculpé ne s'est pas Tropmann avait-il des complices? départi de son système de mutisme à peu près ab. nieuse. le chef de sûreté. Parle très-peu Mais cette attitude sera forcément modifiée lors de peur de nous compromettre. et qu'à la fin de la semaine prochaine le dos. qui a joué un grand rôle dans qu'elle ressemblait à la mère de leur compagnon. nous On a vu par les menaces faites par lettres ano- croyons pouvoir dire que de tous les renseignements recueillis et de toutes les vérifications faites. » 0: J'échappe toujours à la police. ». tout espoir n'est pas perdu et M. que nous avons re- produite. qui abondent ici. matin une lettre curieuse. plus heureux que ceux de ses devanciers. s'est vant les assises de la Seine. nière main à l'œuvre. imputés. le jnge d'in. 2 et 3 ne- . Ollwiller. « Sans trahir les secrets de l'instruction. la plus ignomi. aujourd'hui recouvrir le cadavre. Cour criminelle vers la fin du mois de novem- tres temps ont été mis en usage . car dans leurs lettres ils disaient à Mme Braig de. ' La situation des recherches du cadavre de Kinck * père peut se résumer en un seul mot ou en un seul « Brûle. Je pré. en d'au. réponds-moi : tu n'est pas précédé d'un autre plus significatif zéro. que Tropmann comparaîtra devant la ployés et ceux qui sont les moins goûtés em- . où il est chargé de mettre la der- d'utiliser pour amener Tropmann à faire des aveux. M. la menaçant de la tuer. que nous copions textuellement. trouve. dredi. » l'auteur nous prie de faire parvenir à Tropmann Tropmann paraît bien décidé à ne rien dire. s'il y est enfoui.cette lettre. la remise des locomotives près de cette dernière ville. Ils remuent terre et eau. par une nuit d'orage. rien n'a été négligé. Wuenheim et Soultz. pour le public du L'instruction a réuni contre Tropmann un faisceau moins. » « sans que sieurs fois. 22 octobre. il aurait manifesté énergiquement cette Voici cette lettre. que. a été trouvée en défaut. pourra reconnaî- compris entre Guebwiller. Clau. » bre problème n'a pu être résolu jusqu'ici. L'ancien dicton : Qui cherche. Plu. Situ veux me répondre. ques jours àcause de la Toussaint. il ré. le conduire à un résultat et que ses efforts seront riale. ne pas Cependant on conjecture. qu'à chercher si un ballon se serait envolé en em- ront certainement émouvantes et fécondes en péri. un point reste obscur. siste : férerais la mort la plus cruelle. depuis cette épo. de preuves accablantes. Dût-on m'écarteler ou me brûler vif. avec quelque vrai- réalisé. préparé et exécuté les huit assassinats qui lui sont mann. tre s'il s'agit d'une mystification ou d'une communi- Cernay.

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entrevoit là-bas. halluciné.. comme au soir du crime. qui s'avance mena- gigottait encore un peu. Les victimes arrivent..:11 Nous reproduisons un article remarquable du Pe. rem- state la présence d'une fiole vide et d'un porte-mon- naie plein 800 fr.. . arrivé jusqu'à lui comme l'écho lointain d'un bruis- minée à la fin de la semaine. en ce Jour des Morts. Tropmann a légèrement tressailli.L'acte d'accusation pourra alors être dressé. dans le cas pos. ':1 s LE JOUR DES MORTS La plaine sombre de Pantin lui apparaît. Mais déjà à ces pensées d'autres ont succédé. éclairée par un rayon de lune bla.. Non! les lèvres se referment. servé.. et la vision con'mue. « « A Angers. en suspendant Maman! maman sanglotent à oreille les « 1 » son pour ainsi dire notre haleine. contenues et des méditations secrètes!. au milieu de ses mor.. un individu se présente chez un mar. cherchons sur ce vi. toi qui n'as pas jusqu'à l'évidence que le pendu s'est branché quand même permis que ma dépouille fût réunie à la leur v il a vu la fin des pièces de cent sous du malheureux et dormît dans la même terre! Sois maudit. « 00. sois maudit! sois maudit! mande. et dont il a brisé la vie et che à l'horrible massacre de Pantin.. dans lesquels on à voulu voir des complices de Trop. » . il revoit les chand de tabac pour acheter un régalia de cinq cen. toute la ordinaire. il re- times. Il n'en prouve pas moins combien l'opi. ? Ce résumé est présenté sous une forme hu. n'avait plus songé à la date funè- bre. Tropmann qui. à travers les épaisses murailles. Complice de Les muscles de sa face s'agitent. quelque fantôme. sera repris jeudi et très-probablement ter. Tropmann s'est levé en feignant son insouciance le mausolée auquel. on découvre dans un bois un cadavre l'assassin. A ces mots.. Il a même commencé à déjeuner avec appétit. trouve deux kreutzers. ^ . on dirait que ses -: Tropmann. mais elle pourrait l'être si elle se trouvait de Sois maudit. A quoi çonge-t-il ?. enfants effarés. Il songe. D'où vient donc ce murmure insolite? nera l'affaire et rendra son arrêt de renvoi. à Roubaix. priant d'une voix vengeresse : Tropmann est Allemand. maire etles gendarmes. Le temps d'aller prévenir le çant. dans un résumé succinct. Et le gardien a répondu : ^ - c Ce que vous entendez. & " mann. car..La peut-être à son vi age de rester impassible. 8 \ sage. à boucherie commence. fait l'inventaire des poches du quidam et l'on. Dans les poches du défunt on con. | partie de la dépouille du père Kinck. où.. souillé le nom. la chambre Que se passe-t-il donc au dehors? des mises en accusation de la cour impériale exami. prunelles dilatées fixent dans le vide quelque vision « Dans la Nièvre. vont au cimetière célébrer la triste fête des mann de faire choix d'un défenseur. » est cause qu'aucun ami ne pourra en ce jour venir pleurer sur mon tombeau. <ï en putréfaction... tenant la main de nion publique est toujours surexcitée pour ce qui tou.. la cour lui en donne... innocent encore. fard. Complice de Tropmann. balafré à la joue gauche. gens du pays. » H sib1e où il n'en désignerait pas. hélas sert de prélude à l'acte suprême qui devra clore le Crime d'un tremblement convulsif. ville vient rendre un douloureux hommage. sont les pas de ceux qui C'est à ce moment aussi qu'il y aura lieu pour Trop. . une larme a coulé sur la joue blême de « Au Havre.. Jours de candeur! jours à jamais envoles A votre ! lier. souvenir. Il revoit le chemin bordé de haies. C'est évidemment une placées par un mouvement fébrile. cherchons dans ces yeux le secret des angoisses Malheureux enfants!. La Liberté réunit. Tropmann a interrogé un de ses gardiens.. crtte mère qu'il aimait.. il s'en allait. sement inaccoutumé. Tropmann. dans lequel se trouvait la facture acquittée d'un poute. Tropmann. Il est pâle.. morts. en entendant cet anathème.. sa tête faits qui se sont produits dans différentes villes. et est retombée sur sa poitrine. les Unfrisson. la Nièvre n'est pas alle. Complice de Tropmann.. Les deux kreutzers prouvent et ma chère femme! Sois maudit. effaré. est pris - ! tit Journal qui a trait à Tropmann et qui.. le criminel à la volonté de fer ordonnerait La fosse est là béante. Ses lèvres s'cntr'ouvrent comme si un aveu allait » de Pantin. à ces... Tous les éléments étant dès lors réunis. rappelé à Tropmann son premier crime. toi qui Kinck. ~ enfin s'échapper. un bûcheron avise un pendu qui épouvantable. le saluant d'un bonjour amical." * f Ne faisons pas de bruit. vembre). « Meurtrier infâme. Il voit la croix de bois devant laquelle on le faisait s'a- baragouine l'allemand et perd son porte-monnaie genouiller.. nes préoccupations.. s'il se sentait ob.a parcouru tous ses membres. \e pendu ne gigottait plus du C'est que ces paysages d'Alsace ont tout à coup tout. Le spectre de Kinck père s'est dressé devant lui. porter une couronne sur la tombe des Voici l'article de la Liberté : vieux parents. rait un d'office. Les blanches couronnes pleuvent de toutes paris quand soud in. en or..* ^ Pensées horribles.. car les larmes ont tari. A sa jeunesse d'abord. Avec précaution. Le kreutzer est allemand. à son enfance au temps 1 moristique.mots.. est et tous les cœurs ont un regret pour les assassinés. •* * ses yeux d'être muets. toi qui as tué mes chers petits enfants l'autre côié du Rhin..

ciale et toujours exceptionnelle du procureur impé-- quent bruyamment. on L'instruction de l'affaire Tropmann était terminée.. paraît-il.. C'est là que l'an prochain.. époque. il se pourrait que vous vous échap- prononcer son nom par la foule? piez. Pourquoi lespassants. Après l'échafaud. peler ainsi — pour quelqu'un qui le voit tous les ma- Il cherche. à se reporter à tins. et je vais vous Cette rue est envahie par un flot humain qui va expliquer mon plan. nous serons en mesure d'ici son âme sera allée rendre compte de ses forfaits au quelques jours de renseigner nos lecteurs. les soucieux. Maître des suprêmes expiations. C'est aujourd'hui que M. son corps.... quinzaine de ce mois. ses dents s'entre-cho.. a fait C'est là qu'on va l'enfouir comme il enfouit la fa. là.. « Un tel a l'air gentil. labourer le champ dit Langlois... date. gnons de cellule : aux jours d'exécution capitale. Tropmann s'est pris d'amitié — si cela peut s'ap- times. A cette brusque interpellation. Et dame! comme j'aurai gagné mes épaulettes grâce font-ils tous halte? à vous. Tropmann n'a rien répondu. !.. Et Tropmann a sursauté malgré lui. 11 est inévitable qu'après cela on me chargera de « Mais qu'est-ce donc?.. vous conduire sur les lieux. — F.ainsi qu'une imprécation contre le monstre dont la seignemente 1 suivants sur la façon dont on s'y prend main a frappé. Clément. conduit.. il pourrait peut-être me La foule prononce son nom. Et tandis que la nuit descend graduellement. Tropmann prête C'est bien cela!. pour arracher les aveux-à Tropmann. tandis que rité.... M. Tropmann essaye de s'arracher ferme le prévenu. cité de votre aveu .. dit-on... dans Je sinistre chariot escorté par des gardes débats pleuvent dans le cabinet de M. devenu célèbre par mille Kinck.. Il veut prendre un livre il ne voit donc à la Cour d'assises de la Seine dans la deuxième plus rien que les sanglantes images. Paris. l'examen doit en être ter- La figure de Tropmann s'est contractée .. continue à entendre les sanglots étouffés de Trop. pour la confrontation.. de remettre le dossier de l'instruction Tropmann. (THOMAS GRIMM. il ramène sa pensée à très-humain. rivés à un certain endroit de la rue de la Roquette. du moins. M. Il veut se lever.. lui l'aspect qu'avait la grande ville l'an dernier à pareille témoigne de la compassion. qui ne m'a- Que regarde-t-on à terre?.. quand mann.) cette opération. clies illa! quelles Tropmann avait si mal enseveli ses victimes. — dans l'intérêt de la iscussion nables étapes de ce voyage à travers la passé. et il a.. et a réussi à dompter la nature farouche du prévenu.. Hier... peut-être le 2 décembre. Douét d'Arcq a promis Nous recommandons tout particulièrement les ren.pour nous deux! » Il en prend mentalement la direction.. le pré. au cimetièra du Père-Lachaise. * Pour se soustraire à ce chœur d'objurgations qui Si complet que soit le mutisme dans lequel s'en- semble le poursuivre. ses jambes ne le Les débats publics du crime de Pantin s'ouvriront portent plus.. qu'on lui tend.. je reviens.. dit à l'un de ses compa- dalles qui servent d'assises aux pieds de l'échafaud.. commissaire de police... ce sont qua.. je monte en grade. » Grand Dieu! ce que la foule regarde.. les cadavre du père Kinck : je pars m'assurer de la véra- marchands d'immortelles et les marbriers.. il s'en alla. de Tropmann appelant en van le demande du jury en ce sens — a délégué quelqu'un sommeil comme un refuge.... à pareille l'assassinat de la famille Kinck... Douet d'Arcq. il s'en souvient. le procureur à cheval..impossible!.... « Certainement. pourrait bien donner dans le piége grossier. poussé parla Tropmann l'individu dont il s'agit. Le cortège s'achemine vers Ivry. A droite et à gauche. Il faut avoir la conscience nette pour pouvoir dor. a dit l'autre jour à Oui... » endroit que le bourreau fera bientôt sans doute tom. une sueur miné dans les trois jours. pour aller au-devant d'une sent et l'avenir. Voilà le Champ de navets où l'on enterre les exécutés. parcourant de nouveau malgré lui les aboni.. il est plus loin de ses vic.. achèvera de se Nous ignorons encore le but que se propose l'auto- décomposer dans le silence du sépulcre. (Le Gaulois). à mo'ns de délégation spé- froide inonde tout son corps . Voici l'interminable rue qui y l'oreille. que chose à faire. impérial. fait jaser. aux assises et. abandonné de tous. L'an dernier? « Si vous n'étiez pas si bête. et quelle raison fait bîmera pas trop. mais depuis il a l'air tre larges dalles coupant la symétrie du pavé. par D'où vient ce rassemblement pans cesse grossi? un coup de couteau habilement appliqué. il y aurait quel- curiosité. lui parle de sa famille. en tous cas. et comme je vous aurai Partout des images de mort. et pour se rendre compte du temps nécessaire pour mir le Jour des Morts!. .. pour creuser deux fosses pareilles à celles dans les- Dies Íræ. parce que c'est à cet rendre un grand service. Le dossier ber la tête du meurtrier de Pantin! ! ! a été déposé hier par M. le dossier allait être envoyé au parquet. mais Par un effort de volonté. des mises en accusation . adoucit pour lui le régime si dur de Mazas. pour faire diversion. mais.. reprend l'individu.. rial. il lui semble suivre son propre Il va sans dire que les demandes pour assister aux convoi. Vous me dites où se trouve le dans la même direction. L'instruction de l'affaire est terminée.. ar. il se pourrait qu'une fois dans les bois.. Douet d'Arcq à la chambre Affreux ! affreux !. il n'en est pas moins certain qu'il brusquement à cette obsession.

après avoir fait ses prépa- ratifs.Kink à Pantin. qui Cour d'assises de la Seine. de Kinck père? La fosse avait été creusée dans un pli de terrain Voilà ce que nous lisons dans le Journal d'A. et fosse. fut attiré à Pantin et assassiné deux faire fera extraire le prévenu de Mazas et conduire à jours avant sa mère. conduisit ensuite dans une ville voisine. Après quoi. ayant deux dents de moins de l'assassin lui-même.de tenir pour bonne. le bunal de première instance. et voici.vint à Paris. où il a été arrêté comme vaga poussait des cris déchirants (sans doute ceux qui ont bond. qui BOUS ont été communi- sur le devant de la bouche . l'aîné suivait à quelques pas der- du 9 au 10 septembre. sous la garantie exclusive de son fille. Cela peut durer quelques jours (trois ou mann et conduit en Belgique. tortueuse et désormais Serait-on enfin à la veille de découvrir le cadavre sinistre. seconde lettre. Après avoir assassiné le père Kinck le 25 août dans Alors seulement. été réclamer à la Quand la chambre des mises en accusation aura poste de Guebwiller un mandat de 5500 francs en- statué par un renvoi devant la Cour d'assises. qui avaient pré.tinguer ce qui se passait. qui désignera un substitut pour faire le réquisitoire dans laquelle il demande à être confronté avec Trop- définitif. d'où il ira chez M. et a écrit une.vant son œuvre. Ce dernier doit être en ce des fils s'était cramponné à la robe de Mme Kinck et moment à Bruxelles. Enfin. il l'acheva à coup de couteau. - sa version sur l'assassinat de Jean Kinck. d'après les indications de Tropmann . ^ ne se doutaient de rien. Puis. Tropmann se précipite comme l'éclair sur la petite sion.deux cadets. encore vivante. la chambre des mises en accusation qui. blond. A demain des détails.. et qui. le plus jeune neuf ans. comme plus tard Tropp. se hâta d'aller chercher l'aîné et les paré une fosse à l'avance.qués par une personne digne de foi. Le juge d'instruction rédigera alors une ordon.nœud coulant autour du cou. puis pas sa femme. poursui- rejoint par ses deux compagnons. puis il se rue sur Jean Kinck a été assassiné par deux complices de la mère avec laquelle une courte lutte s'engage. et les contours du chemin em- croyant être mieux renseigné que personne. a adressé au procureur( impérial à Paris allait se commettre cinq cents mètres plus loin. Lui seul est dossier et renverra celui-ci minuté au parquet du tri. lutte Troppmann. renverra par devant la Tropmann songea à se débarasser du fils aîné. il fit descen- struction de l'affaire Troppmann s'est brusquement dre Mme Kinck. le dossier. et 1 assassin. grisé par Troppmann. qu' l jeta à quelques plus loin. le premier est réfugié en Prusse. ils arrivèrent dans la plaine.al. Il lui lança un par et des objets qu'il portait sur lui. que le misérable assassin de bre des mises en accusation. qui étaient restés dans le fiacre et qui mann le fit à Paris. re- pris de justice. fut conduit Les deux plus jeunes enfants se dirigèrent vers la sans défiance hors la ville. pêchaient le cocher de soupçonner l'affreux crime qui lui aussi. retournera au juge LES AVEUX DE TROPMANN = d'instruction. l'on ne pût facilement dis- Nous avons reçu aujourd'hui la visite d'un char. pre sé de questions et peut-être las de lutter trois ou quatre jours en ore. contre les charges accablantes qui pèsent sur lui. la route d'Aubervilliers. sa petite fille et le plus jeune des . dans la nuit naient la main. délai plus ou moins court. après un terré dans un endroit qu'il a nettement indiqué. le procureur impéri. et on l'a dépouillé des valeurs lui que l'assassin commença. terminée samedi. mais assez cependant pour que. le récit qu'il a fait de l'horrible massacre : procureur général. J. à quelques pas de la fosse qui la Conciergerie. qu'il laboure de coups de couteau. c'est neuf coups de couteau. fils. au procureur impérial de Paris les renseignements qu'on vient de L'acte d'accusation donnera sans doute tous les .fort peu accentué. et la jette au au- teur : loin dans la fosse. mais on doit re. à l'endroit qu'il a pré- quatre). cisé. l'étrangla. d'après les renseignements ans. égorgea les trouver encore dans une de ses poches une lettre de deux autres. Il revenant sur l'aîné. le pré. le proximité). après le couvre-feu. ce qui durera environ Pantin. de miens'. le greffier dressera l'inventaire des pièces du s'est décidé à faire des aveux complets. où il aura à l'interroger suivant les de van bientôt servir de tombe à toute sa famille. Après avoir dépassé les dernières maisons qui bordent cette avenue étroite. coing du chemin Vert. où il fut Bientôt les cris cessèrent. ils se te- assassiné entre onze heures et minuit. d'après l'Opinion nationale. C'était le plus vigoureux des trois . qui donnait quelques signes de Le charpentier d -Amiens a adressé vie.coupable. accru du réquisitoire du substitut du procureur impérial. Cette ver. V. que nous avons lieu nance de prise de corps et de renvoi devant la cham. besoins de la cause. été entendus par le veilleur d'une usine située à Troppmann ayant amené Jean Kinck à Mons. Tropmann conduisit dans un fiacre la famille Nous apprenons d'une manière certaine que l'in. mais avec beaucoup plus de détails.. Arrivé au chemin Vert. avait. Il n'a pas Le dossier sera remis à M.' grand 'et brun. Son corps éié percé de rière par a eux. Voici comment on procède : lire.. cr: Jean Kinck. la voici. âgé de trente-trois d'autant plus affreuse que. l'autre âgé de vingt. Nous apprenons d'une source. l'un marié. sur ses fausses indications. voyés par Mme Kinck son mari. Gustave Kinck re- 11 sident de la session devant laquelle devra venir l'af. encore reçu de réponse. Le fiacre stationnait au pentier de l'un des faubourgs d'Amiens. le 20 septembre. le dossier sera placé au rôle de une plaine située près de Guebwiller et l'avoir en.

ne laisse de côté nière quinzaine du présent mois. Le Figaro. le public ne doit pas dans sa prison était surtout de retarder par tous les . que ce document sera remis quelques journaux de certains aveux supposés de aujourd'hui ou demain à M. dans le cas con. chambre des mises en accusation. On dit que M. aucun renseignement utile. qui alors dressera son rapport à la plus promptement renseignés que leurs confrères. dans le but évident de paraître mieux et Douet d'Arcq. cembre. et voici quelques détails traire. qui a retracé avec un si grand soin Tropmann pourrait alors être jugé dans la der. le véritable souci de Tropmann Jusqu'à plus ample informé. le substitut Onfroy de Bréville a été ajouter foi trop complétement aux récits que font chargé du réquisitoire. le juge d'instruction Tropmann. toutes les péripéties de ce drame. toujours dans la première quinzaine de dé. nouveaux dont je puis garantir l'authenticité. •" Depuis longtemps.

il trompe sa prudence. il a menti.. je soutiens que des secrets semblables ne glois.. Le secret du meurtrier le presse.. nous croyons pouvoir 1 faut!. s'il s'y décide jamais... ou fera parler. où il est allé plaider un vore.. Le mensonge messieurs. il est bien en sûreté. tôt ou tard. C'est surtout dans un cas qui. 1 En attendant. c'est là l'erreur du coupable! s'est imaginé un instant de faire supposer que ses un pareil secret n'est en sûreté nulle part La ! créa- victimes n'avaient été aussi cruellement frap. et qu'elles avaient été em. semaines de sa détention.. le prend. ne le croyez-vous pas.. il y 'a quarante ans. Il est inexact que Tropmann ait fait des 1!\Veû'x: | Ce. il le faut !. il nous arrive une pièce fort intéres. il lui plaît. il faut qu'il sorte !.. mais il subit la criminels qui tend à sortir de leurs bouches closes.. chargé de. 'niez ! Vous ne nierez pas toujours. beau faire. mais en les faisant. mes- nacer ses gardiens d'une évasion impossible . M.. i ment. M.. l'abriter 1. L'âme coupable se démène contre l'imposture que qu'à le faire parvenir avec le réquisitoire à la cham. maine ne l'a entendu !. n'est pas fait pour du peu de temps qui lui reste. — Le secret est bien son Après avoir été fort calme pendant les premières secret. et ce Niez criminel. pour secret. pesan- leur de Vidée fixe. c'est l'air extrême de jeunesse et d'a.. il s'est plu ensuite à me. le dé- dre.. sieurs ? pour tenter d'amoindrir l'horreur de son crime. des prévenus et même des seaux de la rive. que lente... ce secretle procès des plus curieux. et il a remis. il le possédait d'abord.. qu'il ac. pées qu'après leur mort. l'inculpé Il sera dit. puis. a écrit 1 Me La. et ce n'est que si unique. que la L'instruction est néanmoins terminée et les fouil.-. oreilles d'âne. il sera révélé. je gieuses. le forfait dont il est coupable. dont le coupable était le maître crois. j:e vous en défie. de ce mutisme Le barbier du roi Midas allait raconter aux l'o. oreiller.. crime de meurtre se révélera. loin d'entrer dans cette voie.. tentées. aussi bien en Alsace Tandis que mille yeux.... de par les augustes lois de notre battement de l'assassin. le substitut Onfroy de Bréville... Tropmann. sante. pour lui répon. a impressionné tous les esprits. contre un assassin qui niait conscience. moyens possibles la marche de l'instruction. bre des mises en accusation. il Eh bien! non.. Douet d'Arcq n'aura plus ensuite.. possède et l'absorbe aujourd'hui. j chaud pour le prier en fort bons termes d'e se char. tion n'a pas un coin pour garder cette confidence. I affirmer que. le mann n'était pas l'homme intelligent qu'on a dépeint. nous occupe. ceptera de demander pour lui des circonstances at. Le sombre meurtrier doit parfois confier à son C est l'extrait d'un réquisitoire de Daniel Webster... on n'y saurait persister. que son mutisme. Ij j L'éloquent avocat s'est rendu hier à Mazas. sans' parler du regard de Dieu qui perce toutes les poisonnées avant d'être transportées au champ Lan.1 Il rêve un élargissement. 1 . et comme pour soulager sa un magistrat américain.. ... n'est-il pas vrai ? Il est bien placé. à voix basse.... comme une écharde sort naturellemeut de la chair La plus efl'royable torture morale qu'un homme où un accident l'a enfoncée... ce secret. Que fait le coupable ?' 1 Aujourd'hui le dossier est entre les mains de II lutte contre la vérité. ce secret.. C'est fort beau. il abat son courage. comme celui qui bats. sont pas à l'abri des confessions humaines. et peut-être seulement dans le cours des dé. la manie raisonnante.. révélation doit. devant un jury américain. il y dit : fera Tropmann tôt ou tard4 . cette monographie du secret des il caresse des songes creux. quel qu'il soit. aussi « L'homme est semblait-il chaque jour promettre quelques aveux nul œil humain ne l'a vu 1. secret. Et à propos de ce silence obstiné. Et comme les Me Lachaud se propose de plaider la folie. Daniel induire la justice en erreur... faire le Mais il se sent trop faible pour garder son horrible rapport.. tous. le brûle. Ainsi son crime . à son retour de Senlis. ger de sa défense. . L'âme coupable qui ne confesse pas son crime.— On aura Toutes ces ruses grossières prouvent que Trop. ordinaire des inculpés. Le secret est devenu son maître. il le au sujet du crime de Pantin... du coupable qui pourrait empêcher sa révéla- Il a bien fait les aveux enregistrés par l'Opinion tion ! 1. "|Hj terminer la difficile mission qui lui a été confiée... qui devantvous a accompli le crime.. l'égoïsme du corps lui impose.. ! qui l'a frappé... c'est un vautour intérieur rongeant une proie. il est plus fort ténuantes. M. Il est rare que la mais elles démontrent aussi qu'on n'obtiendra de lui main du meurtrier puisse se cacher aux yeux de des aveux sincères...... parfaitement convaincu le cœur humain. — nulle oreille hu- — pour le lendemain. les et les recherches ont cessé. Et cela doit être vrai.. » ! Nationale. mille oreilles sont tendus que dans les autres endroits où on les a inutilement SUT la route de la vérité. t coupable puisse endurer. comment son maître avait des condamnés. . le sang parlera. le terrasse etle traîne à son tour où — Tropmann répond à l'idée qu'il s'en fait. et voulu Ainsi parlait.. ténèbres... ce secret. une évasion même. il n'y a que le suicide persiste dans son système de mutisme absolu. Il n'a voulu prendre aucun création 1 * 1 engagement avec lui.... mauvais esprits dont nous parlent les légendes reli- — ou du moins une variante de la folie qu'on appelle.. Webster. se produire..

et à quelques pas d'un précipice « J'ai reçu hier deux lettres : l'une de Tropmann. et ce pourrait cadavre serait enfoui. Moyens impraticables s'il en fut! Quand. répondit M1 Lachaud. Trop- sous l'inculpation d'avoir assassiné Gustave Kinck mann perd de son assurance. »- impérial. on pourrait « trouver là une admirable occasion de faire un ma. met. attend si impatiemment le dérioûment. d'une façon précise. comme on a encore relevé contre lui l'accusation de vol. sur le- Le Figaro croit savoir que. en qualité. est-ce qu'un médecin lui refuse ses se. dont le public « cours? Et puis. Il s'est mis immédiatement à chercher un moyen d'arrêter la marche trop rapide de la justice. puisque vous avez accepté. Né dans le département de la Corrèze. tout récemment. dans la situation où est Tropmann. mais aussi pour efforts pour retarder sa comparution devant la cour avoir tué Jean Kinck. il était inconnu encore. et. Sevestre. a signé son Tropmann ne sera transféré de Mazas à la Con- ordonnance de renvoi devant la chambre des mises ciergerie. cusation. dit-on. « la cause. « de me charger de la défense du prévenu. raconte un Arrivé au-dessous d'un village que l'assassin dé- incident qui a marqué au banquet offert au célèbre signe sur son plan du nom de Herenfluch. à la préfecture de police. « prêtre refuse d'aller donner ses consolations à un En tous cas. que lorsque la cham- en accusation . pour le bien de ans. Cet arbre est situé au amena de Me Lachaud. vraisemblables. non-seulement rendre compte de ses forfaits devant la justice. Grandperret. Ainsi que nous l'avions prévu. en l'en- Nous avons dit que Me Lachaud accepterait pro. Soultz et Guebwiller. il aurait avocat : frappé Jean Kinck sous un gros arbre au pied duquel « Le nom de Tropmann.) « vait. Le Gaulois. depuis la fin de <c Nous ne savons si Ma Lachaud a vu en effet l'instruction. de renvoi devant la Cour d'assises. mais nous pouvons affirmer qu'il a re- dans l'affaire du grand criminel qui a massacré la tiré. espé- Un avocat général va être désigné pour présenter rant qu'on le conduirait en Alsace où il espère s'é- le réquisitoire à la chambre des mises en accusation. où il eût semblé plus simple de pousser Kinck père « l'autre du directeur de la prison. C'est ainsi que. il y a deux jours. (HIPPOLYTE NAZET. M. et. Tropmann prétend qu'après avoir pris un verre de mann doit à la justice: bière avec Jean Kinck au cabaret du Cheval-Blanc. a donné hier le réquisitoire définitif. — M.de défenseur. juge d'instruction. me demandant pour se débarrasser de lui. la marche de cette affaire criminelle. chambre des mises en accusation. tin a complètement perdu la tête. nous l'avons dit. — Non. il vit son nom manche. a notifié l'acte de renvoi de son affaire devant la ral. et qui passera « il y a un grand danger pour lui : ce serait qu'il fît certainement devant les assises pendant la dernière. tretenant d'un projet d'émission de fausse monnaie bablement le pénible mandat d'assister Tropmann. au palais de justice. Bien que ces révélations paraissent absolument in- « — Et vous avez refusé? lui demanda quelqu'un. substitut du procureur dans sa cellule. M. il dit l'avoir ensuite enterré. et pour y subir les for- tout porte à croire que le crime de Pantin sera jugé malités de la confrontation. Jean-Baptiste Tropmann est renvoyé devant la A mesure qu'approche le moment où il devra chambre des mises en accusation. procureur géné. je me suis décidé à l'accepter. hier matin. mais Jean Kinck serait retrouvé. il l'a emmené à pied au château d'Olwiller. à l'appui de cette opinion. de visiter Tropmann M. Onfroy de Bréville. Claude l'ayant fait prévenir qu'il raîtra devant la Cour d'assises de la Seine? ne serait transféré en Alsace que lorsque le corps de Il est impossible encore de fixer un jour. vous avez qu'il devait faire ses premières armes au barreau de vu Tropmann? Tulle. bien être pour liquider le compte terrible que Trop. prononcé par hasard. sur les rôles de cette quel il indique. Outre ces cïîefs de meurtre. » le lendemain occuper la place d'honneur dans tous . une carte qui lui per- famille Kinck. M. qui devait faire leur fortune à tous deux. Il emploie tous ses ses frères et sœurs et leur mère. Est-ce qu'un tion.— Alors. ces recherches n'entraveront en rien « criminel. l'assassin de Pan- C'est. Si cela arri. il a fait de prétendus aveux. il serait perdu sans ressources. prendra la parole dans ce grave procès criminel. les actes de la justice sont très-rapides Tropmann. le récit suivant : bord d'une forêt. Maintenant. « plaider l'abolition de la peine de mort. Me Lachaud est un homme de cinquante et un te gnifique discours théorique. Douet d'Arcq lui On assure que M. soit en se précipitant par la portière du wagon et celle-ci ne statuera pas avant la semaine prochaine pendant la marche du train. six jours ont été réservés. l'endroit où le session. c'est là . à quelle époque Tropmann compa. courus par lui en compagnie de Kinck père. je ne le verrai que demain matin di- « La veille. quinzaine de ce mois. vader. la préfecture va faire de nouvelles « — Non. — Tropmann a adressé dans la seconde session du mois de novembre ou au chef de la police de sûreté un plan des lieux par- dans la première session du mois de décembre. après réflexion recherches d'après les indications du plan en ques- faite. d'assises. on sacrifierait l'accusé. enfin le volumineux dossier de cette bre des mises en accusation aura prononcé son arrêt affaire a été transmis au greffe de la Cour impériale. soit en échappant aux sur la question de savoir s'il y a lieu de renvoyer mains des agents au milieu des forêts qui avoisinent l'inculpé en Cour d'assises. Douet d'Arcq. qui rédigera l'acte d'ac.

. n'avouez jamais et Lachaud. dans l'affaire Bocarmé. comme il l'est gnage de reconnaissance par la famille de ceux qu'il encore. vrai sous prétexte de duel. des Jules coups de poing sur le pupitre.. l'œil ou plu. Me Lachaud est évidemment un des hommes les plus Assis à sa barre.. cette jardinière. H y plaider pour Mme Lafarge. Ah si ces murs-là voulaient parler Ah si 1 1 mes. une célébrité inattendue. * Quel défilé curieux et attristant ! V.'<* Il marche ainsi. Mais ce qu'il y a de certain. MI Lachaud a porté la parole dans l'affaire Mar. Lachaud. Je l'ai vu de mes yeux. dans l'affaire de coiffé de sa calotte de velours. battu sa mère. cette jeune Me Lachaud écrivait ses mémoires ! /H fille qui brûla son enfant. dans l'affaire d'Angelina Lemoine. quand il parle. De toute part des objets d'art offerts en témoi- Quelques années plus tard. où figurent comme s 'il voulait saisir chacun des jurés corps à. s'attendrit.. accusé d'avoir assassiné.. Ce bronze. t le caissier du chemin de fer du Nord. sionomie souriante et matoise tout à la fois. une Ayant toujours cinquante souvenirs plus étranges plaisanterie avec celui-là. Peut- Par instants (c'est une attitude qui lui est fami. avec la sérénité d'un estomac qui s'ignore et d'un Et un maître Lachaud tout nouveau entre en homme qui... il quitte la barre. dégustant les plais à la besogne. l'éminent avocat ne perd pas un complètement heureux que je connaisse. Me Lachaud a. se donnent là rendez-vous. (THOMAS GRIMM. il faut tirer l'échelle. C'est le bon vivant aux larges épaules. c'est que le mois de A mesure qu'il s'échauffe. « Une martyre! » Rentré chez lui. Quoi alors? tions des témoins. de complicité avec sa mère . Ce salon est à lui seul une curiosité de Paris.. à la phy- vous lui racontez votre cas. honorer. et tant d'autres que nous donnerons dans les lumière pour étudier votre physionomie pendant que 'Annales des T1'ibunaux. et il faut recommencer de l'académicien alors directeur du Vaudeville. Quand vous entrez dans le cabinet de l'avocat dans l'affaire Lapommerais. la réputation de le travail. a sauvés. toute particulière. les uns que les autres à vous conter sans jamais sortir Mais soudain il a regardé sa montre. tantôt. des Berryer.. un du lieutenant de Mercy. prend le ciel à témoin. De nouveaux clients l'attendent dans son grand Il vient à Paris. faire pleurer viction que les années n'ont pu ébranler. déclaré qn'il ne plaiderait C est une pose qui lui sert tout simplement à dis- pas l'abolition de la peine de mort. déjà les noms des Dupin. n'a pas été malade. où il épouse Mlle Ancelot. et il vous répondra en toute sincérité : Après un pareil triomphe. s'a. être a-t-il connu le mot de la fin attribué au boucher lière). sionnait le monde entier.. prendre une note reau? i ou poser une question. étend les bras. Favre. fut chargé de a des larmes et des rugissements dans la voix. il a toujours soin de Mme Frigard. porté la victoire. les deux gendarmes entre lesquels était placé l'ac- Anjourd'hui encore.. tantôt une épouse craintive que menace un tôt un des yeux a une incertitude de regard qui con. de la discrétion professionnelle. dans ces fastes de l'éloquence judiciaire. '* mot de tous les débats. Me Lachaud n'en a pas fini avec Une fois lancée à grande vitesse. mari jaloux. le teint animé. le tamponne.. dont le procès pas. en un mot. Il échange un mot avec ce'ui'-ci. les journaux. C'est le secret de l'avenir : il ne nous appartient pas Me Lachaud est encore plus curieux à observer même de chercher à en soulever les voiles.. la meurtrière de la forêt de Fontaine. l'oracle de la cour d'assises. < Tel est le défenseur réclamé par Tropmann. un de ses compagnons d'ar. Il est l'heure. Les traits sont ronds. relevant de la médecine et non du bour- vous le ver- rez se redresser.Ce qui n'empêche pas Me Lachaud d'être un char- de main à droite et à gauche. tourner le dos au jour et de vous placer en pleine bleau. confessionnal. semble dormir. — 1 renez appuyant la tête sur ce coussin improvisé. s'emporte. M.) . des Chaix- corps. depuis quarante ans. sanguinaire. "*1 tribue à donner à la physionomie une expression Toutes les misères et toutes les douleurs sociales. il était. Entrera-t-il dans le système adopté par l'accusa Mais que l'un d'eux laisse tomber une phrase ce n'est pas croyable. ' Comment se tirer d'une tâche aussi écrasante? Ne vous y trompez pas. fiant sa propre fortune. Tantôt une mère en larmes que le fils vient de dés. cligner de l'œil. il tire son mouchoir de sa poche. donnant et recevant des poignées . des Ledru-Rollin. dit-on.. qui avait tué son père. Français. ces potiches rappel- cellange. des Marie. Mme Lafarge. assène des. qui fit à la nicotine lent des procès célèbres où son éloquence a rem. scène. parlez à Me Lachaud de cusé. décembre va enregistrer une date mémorable de plus vance jusqu "au milieu de la salle. { il n'hésita pas à sauver la situation difficile en sacri. avait dans Me Lachaud l'étoffe d'un Talma. la fille salon de la rue Bonaparte. dans l'affaire Carpentier. persiffle. ses paperasses dans mant causeur et un convive du meilleur appétit. dans l'affaire Sur le salon s'ouvre la porte de son cabinet. vu plaidant pour un fils Il fit preuve d'une fougue inspirée par une con.. dont les consultations. d'Est-Ange. t une sangle.. en effet.. Me Lachaud ne devait plus s'arrêter. des Crémieux. Avinain: ' ^ le place sur le sommet de ses deux mains réunies et.. "¡ simuler les impressions que lui causent les déposi. Invoquera-t-il une monomanie qui peut ou nuire ou servir à la défense.

comme m l'a prétendu. Il a enfin me matière. le meurtrier rendra compte de ses crimes. écrivit à M.era arraché qu'à l'heure solennelle des débats. Sans doute plusieurs épisodes du drame été son acharnement. cette affirmation. nuit assez Comme nous devons tenir nos lecteurs au courant claire. L'heure de la justice va sonner . Mme Kinck prit dans ses bras la petite fille . inventé pour gagner du temps bois. tenant la Dans leur vif désir de satisfaire la légitime impa. revenant sur crime monstrueux. Tropmann. une fortune colossale. Mais bles blessures. voyant qu'il avait parlé inutilement. le voici : heures. famille de Tropmann que Me Gatineau s'était chargé au milieu des terres . près-midi. vers trois heures de l'a- une lacune que nous espérons pouvoir combler au. et Tropmann dit à que le défenseur du criminel de Pantin n'était autre Mme Kinck : « Descendons. il but avec sa victime et lui M. Jean Kinck s'endormit. renseignements. au milieu des à un nouveau système. LES RÉVÉLATIONS DE TROPMANN cits contradictoires. C'étaient les deux plus jeunes enfants qui notification a été faite à Tropmann de l'envoi de son appelaient : « Maman! maman! » Mme Kinck se dossier à la chambre des mises en accusation. nous allons voir si le que Me Gatineau. peut-être. Deux minutes après commençait tience de leurs lecteurs encore sous l'impression d'un l'épouvantable massacre et l'assassin. Il racontait. Aussi les docu. Tropmann a avoué. fouilles et. Ce prétexte. cette fois. que la ques cris. cédant aux priè- probable. ce qui explique les lettres res de Tropmann. Ecrivait-il au nom de Jean Kinck? C'est plus que Kinck père était venu en Alsace. qu'en un quart d'heure. transfèrement en Alsace. berge du voisinage.emps. nous ont-ils enfants ont été tués avec la même arme. aous donnons cette affirmation à la conscience pu. terra le cadavre. et entré dans une auberge. Dans la nuit du 19 au 20 septembre. malgré les orages du 19. les journaux ont accumulé les ses pas. C'est aujourd'hui 12 octobre. à ce moment on entendit quel- de cette affaire. nous en avons tenu compte. Grandperret se rendit à Mazas. Tel a saisissant. On cherchait vainement jusqu'ici le prétexte dont une entrevue. robe de sa mère. allait chercher les trois autres victimes. s'était servi l'assassin pour attirer la famille Kinck M. Tropmann a tout avoué. renfermant quelques particularités inté- iompris que rien ne pourrait plus arrêter ni retar. facilement et au plus vite. avocat bien connu et dont le talent père est là. encore On était arrivé à Soultz. et Tropmann l'assassina. qui lui fit le Tropmann écrivit à Mme Kinck de venir avec ses récit suivant : enfants rejoindre le père de famille qui était malade. (ED. espérant sans doute gagner du . pour faciliter une évasion en cas de L'accusé a très-nettement indiqué le lieu où il en. Mme Kinck arriva avec ses enfants. le procureur général pour lui demander cès. hier. à peu mystérieux sont encore dans l'ombre. La justice a fait recommencer les Tropmann. « Laissez ! dit Tropmann. ressantes qui ne se trouvent pas dans la rédaction 1er l'œuvre de la justice et que toute espérance était précédente : llusion. Les médecins ont constaté que Mme Kinck et ses pui de nos récits et de nos conjectures. avec grande probabilité de suc. » Là signifiait sans doute quelque au- ast certainement à la hauteur de cette lourde tâche. il est bon de préciser encore une fois ce Il voyageait en Alsace avec Jean Kinck. affirmatifs sur plusieurs points trier s'est rué sur ses victimes avec une rapidité et controversés. comme nous l'avons dit. il a pu faire à ces malheureux cent sept horri- . qui s'est passé à Mazas. que Jean Kinck avait fait une chute et vention mirifique grâce à laquelle on pouvait réali- — s'était foulé le bras. et peut-être. BEAUJON. retourna. . après le dépôt du dossier et la tout le monde parlant des prétendus aveux faits par signature de l'ordonnance. virons de Guebwiller. et le voile ne près. le petit garçon suivit. Nous avons raconté que la défense de Troppmann jourd'hui même : comment et quand Gustave Kinck allait être présentée par Me Lachaud. disons qu'on enfants montèrent en voiture avec Tropmann. Mme Kinck et ses des bruits divers qui circulent à ce sujet. avec son guide. le s'évader pendant un voyage en Alsace. Aucune de ces informations ne Tropmann était seul . -Les débats de l'affaire de Pantin étant proches et mais tout récemmtnt. essayer Voici maintenant la version du Gaulois sur la mê-. au commencement de la semaine. souvent il a dû faire des ré. Claude avait accueilli froidement les révéla- fit prendre un narcotique. mais les constatations médicales viennent à l'appui de 3n les contrôlant rigoureusement. On affirmait dans les Pas-Perdus du palais de justice s'arrêta près du chemin Vert. Le meur- lonné le droit d'être. à deux dans la plaine de Pantin. tions du prisonnier. ou. On assurait aussi que c'était sur l'invitation de la Mme Kinck descendit et s'engagea.) L'accusé a longtemps hésité. souvent il est revenu sur ses premiers aveux . ça m'est égal si les petits veulent venir 1» NOUVEAUX AVEUX Les enfants accoururent. une violence qui ne leur ont pas laissé le temps de Ce que nous pouvons raconter aujourd'hui est se reconnaître. Ici. ments que nous avons toujours pu apporter à l'ap. Aux en. à la fin de ce blique : la lumière se fait ! mois. qui devait lui soumettre une in- — d'Alsace. Ii resta seul avec le prisonnier. non pas. et cela parie qu'il les attribuait sans doute sur le talus d'un chemin. encore moins de se défendre. ser. avait-il été assassiné ? lois. il l'affirme énergiquement et nous a échappé . dit le Gan.

audacieusement attaquée en chemin pour arriver à une caverne dans laquelle se ses principaux intérêts. s'étant munis d'une bouteille de bière. disons tout. l'enterrement clair. à la droite du pied de l'arbre. les limiers. En marchant. prospé. rigoureu- On était arrivé au pied d'un gros arbre. on prit un sentier lon. Elle enverra à Il était venu à Paris avec Jean Kinck et son fils Soultz. mais extraordinairement creux. l'as- buissons. Dans ses entretiens avec M. on s'é. A l arrivée de Mme Kinck. ils avaient pris un bock de bière chacun. Peu de communica- gnon de route. les mettre en garde contre les récits fantaisistes qui Kinck avait soif et Tropmann lui présenta un ver. de dérouler l'ensemble des faits groupés dans l'acte settes et qu'on l'avait condamné pour contrefaçon.de Kinck fait sans instruments. son attitude. comme la barbe. Douet d'Arcq et main les membres de la chambre des mises en M. qu'il souffrait de voir ses parents exploités et expression presque bienveillante . énergique — ne tendaient à rien moins qu'à suppri- geant la crête de la montagne et aboutissant à Her. l'autre allant à un vieux château bordé de monde avouera que les premiers soupçons se portè. flan. voir. Bon nombre de ces récits ne méritent pas plus Dans ce vin. le regard n'a rien de farouche. l'inventeur ! avons recueilli de renseignements précis. disait Tropmann.. a dû s'émouvoir et suivre trouvait un riche dépôt de busettes. pria laisser faire. les deux plus . Revenons à ce portrait : Jf enlève la montre d'or et de l'argent. reposés qu'à Wattwiller. fera exécuter des fouilles dustrie nouvelle. Gustave. à Wattwiller. il faut bien On s'engagea dans la gorge d'une montagne. on s'as. car il n'est che ni les favoris. convenir que tous les projets de cet ambitieux — quée de hauts escarpements. samedi. au Chemin-Vert la mère et les enfants. renfeld. fortune.. Puis. (GEORGES FROISSARD. et il ne nous appartient pas qu'un associé l'avait évincé. de physio- une fosse. Kinck mort. calme. bois assez épais. Ces objets n'auraient Jusqu'à la fin de l'instruction. Jean pas bon de Kinck. d'accusation. le chemin les papiers de la famille Kinck n'avaient pas été forme coude. un peu déprimé entre les Tropmann se reconnaît seul auteur des sept autres deux angles des tempes .) Tropmann d'écrire à sa femme et de lui donner rendez-vous. mutisme presque M. mann sont fausses. Tropmann se jette sur son cadavre. e: Il fallait. son Sans doute la cour d'assises nous réserve des pauvre père. minent. Le front est assez haut. pour s'occuper de l'organisation d'une in- en vertu d'une délégation. il avait versé de l'acide prussique. ques dispositions qu'on ait aujourd'hui à en rabat- tait mis en route. L'opi. la justice doute. en matière de chasse. aquilin. Claude. c'est donc en ces dramatiques circonstances. Cette industrie devait s'exercer en par la justice locale. tre sur l'intelligence de Tropmann. qui prétendait s'être foulé le poignet. Alsace. les physionomistes Il ajoute que c'est l'amour filial qui l'a poussé au en diront ce qu'ils voudront. d'attention que les prétendus portraits de Tropmann. nous les devons à nos lecteurs pour sit. l'accusé n'a pas avoué. jusqu'à cette heure. C'est si brutalement vrai que. Les che- Inutile de faire remarquer les incohérences de ce veux. à gauche en montant. on parlait affaires. n'est-il consentirait à quitter Roubaix avec ses enfants. tuer aux héritiers. se publient chaque jour. Ce fut ce qu'il fit. ou tout au moins. « re de vin. Au milieu du chemin vulgaire tant qu'on voudra. dans un nomie très-douce . il a peu dévié de sa première version ac- cusation. Tropmann racontait que son père. sang-froid qui ne s'est jamais démenti. double chemin : l'un descend aux villages de la nion publique s'était fatalement égarée et tout le plaine. le nez. à Herrenfeld. prendre un fiacre et amener ses ches dans les communications faites à des popula. et il s'agissait de savoir enfin si Mme Kinck La police espère être sur la piste . On avisera. rité. En traversant ces bosquets. Mais ce que. Là se trouve un bouquet d'arbres et de trouvés au Havre dans la poche de Tropmann. Tropmann ne porte maintenant ni la mousta- du corps . sont châtain récit : la bière qui se change en vin . qui était celle-ci . Puis il creuse Tropmann est un tout jeune homme. comme ami de la NOUVELLES INFORMATIONS famille. surprises émouvantes. courts et fins. absolu. jusqu'à pas manqué d'éveiller les soupçons de son compa. succès. on rejoint un sassin aurait eu toutes les chances de succès. Tropmann devait La fantaisie ne doit point avoir coudées fran. reprenant leur chemin. sement exacts. Grandperret croit que les révélations de Trop. a l'arête assassinats. qu'il a voulu les enrichir à tout prix. d'une pelle ou d'une pioche. Il compte néanmoins réunir de. Tropmanu consentit. Il portait la moustache quelque pas permis de supposer que Tropmann se soit muni temps avant le crime. le menton est proé- misérables. rent sur le malheureux Jean Kinck et son fils aîné. tions à ses compagnons de cellule. Là. qu'il avait refait ses bu. mais la bouche a une crime .. Mais. Quel- quoi. si A quelques kilomètres de Herrenfeld. ses réponses sont brèves et faites avec un Puis il s'éloigne tranquillement et rentre dans sa fa. avait inventé d'inimitables busettes. prendre ce dernier Si jamais la société.a été constamment demi-cercle formé par les deux voies du sentier. nous lui. 3 i En attendant la police va agir. après Nous insistons sur ces mots : à bon droit. mer tout d'un coup toute une famille et à se substi. fine et les narines peu mobiles. » avec une attention soutenue les enquêtes judiciaires. 0 mille. ils ne s'étaient plus tions justement émues et à bon droit avides de sa.

comme nous l'indiquions hier. Claude se rendit.4 jeunes enfants suivirent leur mère et. mais à soixante mille. à deux heures. d'accuser le malheureux Jean Kinck. justice ne désespère pas. le procureur général Grandperret Gustave. plus de cinquante mille deman- i. En tout cas. Tropmann n'est pas intelligent. à Wattwiller. si le gendarme Ferrand ne se fût dent n'a modifié la situation. Les recherches n'ont pas abouti jusqu'ici. à quatre heures. Sur ces entrefaites. parmi les pièces à conviction. d'adresser une dépêche à M. Sourras. le procureur impérial L'instructipn finie. s'est déterminé à soutenir personnellement l'accusa- ritage évalué. Hier encore M. (E. très-surpris de Mais. en compagnie de M. car le procureur général manda à être nommé d'office. vant les assises aussi rapidement qu'on le suppo- On parla d'envoyer M. min-Vert. et à droite. n'exclure personne en particulier. le procureur général voulait se rendre immé- En vain s'efforçait-on de démontrer à l'inculpé diatement sur les lieux. L'accusé ra. d'après le que son récit ne méritait aucune créance. Mais Mme Kinck était forte. Thévenin qui présiderait. hé. Jean Kinck se Du reste. éclaircissements de Tropmann. mais il lage de Steinbach. ne nous en aurions été avisés hier soir par notre service télégraphique. le meurtrier. l'affaire ne viendra pas de- proposait de désigner nettement. Après quelques propos échangés. C'est bien Me Lachaud qu'il voulait avoir pour dé. . et çassent que dans la seconde quinzaine du mois de M. préfet de police pour tâcher d'obtenir de plus amples Tropmann accepta Me Gâtineau. des ruines du château d'Herrenfluch. à neuf heures. il est très-possible que trouvé sur sa route. à la prison de décembre. à la chambre des mises en accusation. on eut Le rapport de M. comme on l'a dit d'abord. ainsi que nous l'écrivions.) . veille. mais la M6 Lachaud déclara qu'il accepterait. Ce fut samedi. l'eût aidé dans sa terrible besogne. dans la voie des aveux. Claude a passé plusieurs heures Le massacre commencé. et. / 9t l'agresseur n'en aurait pas eu raison si Trop- " mann. m'assure-t-on. afin de se rendre directement au pied mann a encore moins songé à tout avouer qu'à ga. Aux titres de propriété saisis en cette cir. Mazas. Quant à la procédure. aurait réclamé l'héritage des victimes. Tropmann plan de Tropmann. la confession fut Kinck n'a pas dit la vérité. Lafollotte. mais ayant vu. — l'assassin de la famille songes sur mensonges. A l'heure présente. et l'on A la suite de cet entretien. ou " huit ans d'absence. une nouvelle commis. Tropmann promit de tout dire. Il est certain qu'alors Trop. le procureur général Grand- sion rogatoire fut envoyée au parquet de Colmar. était le 25 novembre. voici où elle en est : Cependant. Si donc. par suite des récentes révélations de Trop- constance étaient jointes les montres qui figureront mann. mais il de. et il se pourrait que les débats ne commen- renseignements . Après six ou Le président des assises sera M. le procureur général. M. abouti. dredi que sera rendu l'arrêt de renvoi. Paris. il en a rapporté les mêmes doutes que la de sang fit le reste. croit toujours que M. que l'endroit où l'assassin pré- était inébranlable. disait-il. dans les vingt quatre heures. un télégramme fut envoyé à ce magistrat.. judiciaires. il faut le dire. il l'avait enterré dans un lieu qu'il Cependant. qu'en présence de Il y a tout lieu de croire qu'une fois encore — son défenseur il parut renoncer à accumuler men. vient. employé à la division de la sûreté il était évident que Jean Kinck était la victime et publique. des en autorisation d'assister aux débats ont été car Gustave Kinck ayant disparu depuis le crime. C'est alors M. tion. Il hésita longtemps et il fallut lui arracher les paroles une à une. on le voit. È Les premières découvertes faisaient crouler tout cet échafaudage. le chef de la sûreté n'ajoutait voir Jean Kinck debout près de la fosse. rain qui est du ressort de M. Il a menti toujours. il fallait en finir . Depuis l'arrestation de l'inculpé. cotique puissant. Onfroy de Bréville est parvenu tout espoir de toucher à une solution. très-probablement. celui de Watt- est jusqu'à un certain point au courant des affaires willer. les recherches ont dû être poursuivies en Alsace. le Me Gâtineau fut sollicité par la famille de l'accusé. (Hippolyte NAZET. . Ces ruines sont situées au sommet d'une monta- fenseur. adressées au parquet qui. Voilà ce que Tropmann a affirmé jusqu'au der. où devaient avoir gner du temps lieu les recherches. la fièvre à Mazas . Tropmann fut. peut-être tend avoir enfoui le cadavre se trouvait sur un ter- mentait-il hier encore. le vil- personnes qui l'abordent s'accordent à le dire. Claude pour recueillir ces sait. se substituant à M. On avait trouvé Tropmann nanti der. aux : de tous les papiers emportés de Roubaix par Jean nouvelles recherches ordonnées par le parquet de Kinck. il parut se déterminer à entrer de Belfort. aucun inci- ' nier moment. obéissant toujours à la voix de l'amitié. si les recherches faites en Alsace avaient précipita sur sa femme. encore que peu de foi à la sincérité de ces aveux. La date fixée pour les débats et rendez-vous pris pour hier matin. et perret prendra la parole. arrivé au che. non pas à cent cinquante mille francs. toutes les gne au bas de laquelle se trouvent. est arrivé à Colmar lundi soir pour procé- non pas l'assassin. M. pour la question d'indignité eût été infailliblement sou. bien incomplète. à gauche. sera forcé d'exclure levée par la famille. Ici il est probable que l'atroce projet eût avorté. peut-être aurait-on continué la justice suive son cours sans nouveaux délais. et c'est ven- contait qu'ayant fait prendre à Jean Kinck un nar. BEAUJON). d'après les dernières indications de l'accusé. tout le monde. M. Thévenin.

que seul il avait creusé la tombe des « D'après une lettre écrite par l'assassin. ait amené sa victime à cet endroit. pêche de soixante mots environ expliquant certain Nous recevons à. et aussitôt il est parti pour le parquet de « bach ». ré- aucun document connu. Les voici. n'a pas eu de résultat. sultat négatif des nouvelles fouilles faites en Al. du château de Herflu réussi à la contrôler. Hermelin Nord. il a postérieu. la dépêche qui semblait qui tenait la montagne sur laquelle se trouve ce cas. Dans la soirée d'hier il arrivait d'Alsace une dé- sace. instructions que l'on ne s'égarerait pas à chercher et une verrerie qui avait été établie au même endroit dans d'autres endroits que celui précisé. velle.par ladite lettre. pit. de voir qu'on n'avait pas wind et son frère Burkart. Herrenfluch. partant pour Arlon. avec indication du lieu où de. dit le Droit. on claré que. ayant dit la. de Namur (Belgi. M. et l'on n'a encore rien Une dépêche télégraphique nous a informé du ré. situé entre Watwiller et Uffholtz. le lendemain matin. vérité. » Il est probable que le supplément d'instruction or- donné par la Cour aura pour conséquence d'ajourner Nous lisons dans l'Organe. trouve l'arbre indiqué par Tropmann. la femme de celui-ci aurait fait sui- père le 25 août. On est allé vait se trouver le corps. toujours détenu à Mazas. ledit Gustave l'assassinat de Kinck père. Kinck est arrive à lettre contenant la traite de 5500 fr. de Mme Kinck et des Kinck. l'affaire dêvant la chambre des mises en accusa. adressée par Namur avec des marchandises de Roubaix. venait d être abandonnée par suite de l'épuisement L'agent Sourras a l'ordre de rentrer demain soir à des forêts environnantes. rendu un arrêt qui teur. M. où il croit avoir quelques chances de se donnance du juge d'instruction qui a renvoyé sauver. assassinats des six dernières victimes. le 16 novembre 1869. et 2° sur une hau- général Merveilleux-Duvignant. depuis il n'en est plus fait mention dans Belfort une dépêche de plus de deux cents mots. figurent parmi les vassaux de l'abbaye de Mur. tion. l'avocat est à une lieue de Wattwiller. Ca. briga- et enterré Kinck père. contre-temps éprouvé par la commission rogatoire. la vraie situation judiciaire de la lisière du bois où se « Le château du Herrenfluch (château du Seigneur). et ceux- Mme Kiock à son mari. En vérifiant les livres des logeurs. Il faut être sur le terrain pour se rendre compte de Guebwiller. faite par lui au bureeu de poste de Guebwiller de la dans le but de rejoindre son père. comte de Ferette. sur les conclusions conformes de M. à la date du 6 septembre dernier. en Alsace. appelé Nordwind. a été cherche qu'à induire la justice en erreur. avec des chiens. de Colmar et que Wattwiller est de celui de Belfort. « Je vous tiendrai au courant des moindres dé. La Chambre des mises en accusation de la Cour pre chef. c'était une ruine. il y avait une dizaine « d'hommes. ^ Nous avons déjà fait connaître les principales cir. Mon opinion est que Tropmann ne Ce supplément d'instruction. a vérité. âgé de dix-huit ans. digée devant l'accusé qui a pu voir à la rigueur des « Du temps de S. Voilà l'historique de l'endroit où ont été opérées « des fouilles depuis quelques jours. Comme nous l'avons annoncé. L'affaire Tropmann entre dans une phase nou. il allait dire toute la y voit figurer. qu'il avait empoisonné et enterré Kinck du père Kinck. . Il se trouve qu 'Ollwiller est du ressort du parquet mille Craft. dre en Alsace. fut bâti vers l'an Ce matin. venant de Roubaix. « Il paraît aujourd'hui certain que Gustave Kinck. » c'est-à-dire denx jours avant les. est passé par Namur pour se ren- rement complété ces premières explications. se voyant compromis.hœpflin (1760). Notez bien que tous ces hommes étaient des travail. cette dramatique affaire à la session de la secondé que) : quinzaine de décembre. 1312. en fief de Ulric Ier. mais au lieu de « Pour moi. Claude a communiqué à l'accuse. s'est réunie hier mardi . dier de la sûreté. leurs volontaires qui se sont rendus là de leur pro. Paris. ce sujet des détails complémen. à l'endroit indiqué en un petit dessin fort bien fait sous les yeux de l'accusé. au nom victimes . heures. occup :'s aux recherches. trouvé. ci. être un démenti à ses précédentes affirmations. l'ont conduit au train de huit tave Kinck dans la nuit du 18 au 19 septembre. cinq jours avant la réclamation vre à son fils l'itinéraire indiqué. Cette fois. 1° ce château elle a. et que le motivé par des explications données par Tropmann but qu'il cherche à atteindre est qu'on le conduise postérieurement à la clôture de l'instruction par l'or. six enfants. par Jean de Saint-Amarin. tel. On n'amène pas facilement quelqu'un à un ordonne un supplément d'instruction dans l'affaire endroit aussi solitaire comme l'est le château du Tropmann. tails. l'unique recherche Tropmann a fait un plan des lieux où il aurait tué indiquée aux instructions de l'agent Sourras. il est impossible que Tropmann rendre son arrêt de renvoi devant la Cour d'assises. il a ajouté que seul il avait conçu et exécuté l'auberge des Quatre fils Aymon. l'aîné de la malheureuse famille assassinée par le fa- constances que Tropmann a révélées. impériale. meux Tropmann. LA PHASE NOUVELLE Quand je suis arrivé hier. il a ajouté de nouvelles indi- « ». taires de notre correspondant de Guebwiller. qu'il avait assassiné Gus.. Il a dé. Tropmann a paru sincère dans son dé- « Dans le courant du même siècle. cations.

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sition.Drôme. mais il n'y a point réussi. toutefois M. dit-on. elle paraît devoir être de MM. » disait-il hier à M. Guebwiller. ler nous confirme que les recherches qu'on faisait à Le jugement de Tropmann ne sera pas différé Wattwiller. 20 novembre. davre:. M. pour déterrer sous ses yeux le huitième cadavre. Il avait alors reculée après le mois de décembre. tinuées avec ardeur. pas égard à sa demande. d'aller lui-même en Alsace On peut prévpir sa réponse . ce qui prendrait « Le tout a été expédié à Paris. qu'on trouve ou qu'on ne trouve pas tueuses. une bouteille cassée. quelques jours. dit-il. Parlera-t-il aux débats? Ce misérable. pour indiquer les lieux de la sépulture de Kinck On ne trouvera rien. KRAFT. puis sur celui de Watt. 10 heures. Tropmann ne s'illusionne plus du tout sur sa po. considérable encore qu'on ne s'y attendait? connaissait assez bien les différents accidents de L'attitude de Tropmann qui certainement va poser. V. une fois de plus. d'une journée. est dans l'intention de se pour. sur lequel on re. car on se souvient que c'est à cette époque qu'il eut à subir l'épreuve du tirage au sort. La commission rogatoire. tant qu'il ne sera pas père. » pourraient venir dans la première quinzaine de dé- cembre. . Il était employé comme mécanicien à l'usine scription de l'affaire au rôle . rait hâter la prononciation de l'arrêt de renvoi devant beau-frère de Kinck. Lemaire frères. d'après en Alsace. près de Cernay. pour avoir plus facilement raison de lui. Tropma. aujourd'hui au palais une certaine consistance. son moral paraît s'être affaissé. « On a trouvé également un pie presque neuf et Tropmann. L'agent envoyé en Alsace par M. terrain. Les recherches ont eu lieu d'abord sur l'a territoire Il est probabla que les recherches vont être con- d'Ollwiller. trom- Le chef de la sûreté a profité de cela pour l'enga. persiste à croire qu'on va le conduire en Alsace blables. Kinck père. Claude. a reçu l'ordre de revenir à Paris. On n'est pas plus naïf. sont restées infruc. seront en. et démontrer qu'on n'a rien découvert aux Depuis que l'inculpé est convaincu qu'on n'aura endroits désignés par lui-même sur le papier. Il a donc fallu l'intervention du parquet de Belfort . des incidents émouvants déjà prévus. sans comprendre qu'il aggrave en- Avec un caractère comme celui de l'accusé. canton de Cernay. Cernay appartient à. Tropmann lui-même avait dessiné la Cour d'assises seront d'un intérêt beaucoup plus une espèce de plan assez net. aux révélations qui devaient. Souveras. 0: On a trouvé hier. Mulhouse à six heures cinq minutes et arriver ce ment de Colmar. On se rappelle que Tropmann a déclaré avoir em- Une soixantaine de témoins. et il espère que pendant le trajet son escorte le laissera Une dépêche de notre correspondant de Guebwil. hlt}. C'est spn idée fixe. pour. prend Ce nouvel incident retardera nécessairement l'in. à l'endroit désigné par les quatre arbres indiqués par le plan de Tropmann. Or. les débats de l'affaire de Pantin CI: C. au moins. Souveras sera mis en présence de Tropmann de là un certain retard. a rappelé willer. L'insuccès de toutes les recherches tentées sur les une casquette en drap pointillé. Soultz est dans l'arrondisse. pendant les premiers jours de l'incarcération de Tropmann à Mazas. avec lui. bles. tout concourra à procurer aux La chambre des mises en accusation s'est occupée privilégiés de Cour d'assises des émotions indicé hier de l'affaire Tropmann. le plan à la main. canton de Soultz. celui d© matin à Paris vers cinq heures et demie. selon la déclaration de M. lui-même sur les lieux. tranquillement se sauver. peut-être enfin des aveux de l'accusé. a éprouvé un ©ealre-temps pièces qui mettent la justice sur les traces du ca- assez imprévu. sans doute fausses de Tropmann. le cadavre de Kinck père. core sa situation d'accusé par ses mensonges perpé- toutes les conjectures sont également invraisem. la Cour d'assises. dans le rayon de cette der. Claude. poisonné Kinck père en buvant une bouteille de vin tendus aux débats.nn a mis un accent de sincérité incroyable « Je suis perdu. (E. pour lui expliquer les fouilles qu'on a faites. Souveras a dû prendre hier soir l'express de nière commune.. le brigadier de la sûreté délégué L'arbre indiqué par Tropmann devait être. Un bruit qui a déjà couru. comme la portait indications.) La chambre a décidé qu'un deuxième supplément d'instruction aurait lieu. à Saint-Uzé. M. voir en cassation contre cet arrêt. ses dernières indications. envoyée en Alsace pour les fragments de bouteille sont évidemment des les nouvelles fouilles. de la police. vingt ans. tuels. les mains vides. C'était DÉPÊCHE TÉLÉGRAPHIQUE déjà un excellent mécanicien. Il revient Belfort.f M. Hseusler. Claude. per l'espérance du parquet et déjouer les recherches ger à dire la vérité. Ce n'étaient cependant pas les indications précises Avons-nous besoin d'ajouter que les audiences dt qui manquaient.

L'assassin de Pantin. Force était. se borne le La nuit tombait quand la canvane rentrait à matin à une tasse de chocolat. et on En attendant. M. que l'on avait exagéré. sa condamnation et l'examen de son pourvoi en cas. res. dans du sable. voulant n'avoir aucun reproche à se Après une courte halte. On fit quelques pas dans des buissons et on trouva La mort par inanition est lente à venir. à sation. après quoi on trouverait un chemin C'est une erreur généralement répandue qu'un rocailleux et roide et. avec laquelle et d'un long entretien de ce dernier avec M. furent d'abord in- abouti. mensongères de Tropmann. laisse à gauche la fontaine des Et c'était là. travers buissons. la chambre des mises en accusation n'a pas avançait et qu'on revenait sur ses pas. et Trop. Vers le soir. le faire au sujet des recherches relatives à la découverte procureur général donna l'ordre de s'engager dans le du cadavre de Jean Kinck. Le plan indiquait qu'il devait y avoir là — les quarante jours qu'il croit être le délai légal entre quatre grands arbres alignés sur le bord d'une route. A son retour. Cette fois. le supplément d'instruction n'ayant pas Ces recherches. La localité que l'on traversait répondait en veras à Watwiller pour procéder à de nouvelles tout point aux indications verbales de Tropmann. de prendre un parti. il finit par se confondre en une plate-formo. Il devenait de plus en plus clair. bains de Wattwiller et aboutit à un pont. et dont le fond s'en va s'élevant peu que Tropmann a fournies avant-hier à Me Souveras à peu jusqu'à la crête de la montagne. C'est un charmant valton planté de petits sapins sur Cette décision a été prise à la suite d'indications les deux versants. il peut. au détour de ce chemin. Tropmann. M. place du doigt et dit : ils auraient pris tous deux ensemble un chemin qui « C'est là ! » mène à la montagne. Douet d'Arcq une lettre dans laquelle mensongers. à manger un morceau de viande avec des pom- mes de terre frites. On a fait une dernière tentative de recherches C'est lui. mais sans plus de succès. obstiné. pourvoi. Tropmann s'é- On y trouvera quelques éclaircissements sur les tait trompé : sous le coup d'une émotion violente. — s'il est condamné à mort. et. Cette fois les indications sont tellement précises. et le soir à trois heu. dit le Gaulois. mais il est à présumer nées fournies par Tropmann ne suffisaient pas pour que vendredi son renvoi devant la Cour d'assises sera organiser des recherches méthodiques. toutes ces marches et contre-marches. arrivé sur les lieux. et qu'il fallait prendre. poussa encore une fois une pointe à travers les buis- en se renfermant de plus en plus dans un silence sons indiqués. son projet à exécution. essaye de lui faire dire que ses aveux sont dresser à M. et c'est environ à quatre ce délai de quarante jours. non! s'écrie le prisonnier. alla L'excursion judiciaire commença à cette auberge droit au pied d'un arbre situé un peu à gauche de du Cheval-Blanc où Tropmann et Kinck ont été vus l'endroit où l'on avait cherché d'abord. Il montra la ensemble le jour du crime. le premier agent de la sûreté envoyé en Alsace et quiJ . « N(n. a eue avec M. Son appétit. M. On n'a rien trouvé. en cas d'urgence. à mesure qu'on Hier. être statué sur ce discuté. envoyé une première les seules choses qu'il demande. au droit de ces arbres. qui avait fait luire aux près de Cernay. Nouvel entretien. Sou- chemin. Un brigadier forestier servait d'éclaireur dans diens. Il n'adresse plus même la parole à ses gar. vient de renvoyer M. en effet un chemin faisant un coude et rocailleux et mann n'aurait certainement pas le temps de mettre roide à plaisir. sur les indications fructueuses. Heeusler. et de grands arbres sur la droite. en vidant un puits dans lequel on yeux de Tropmann l'espoir de se faire conduire en pensait nn instant que Tropmann avait jeté sa vic. consacrée à délibérer. ChocolaL et pommes de terre sont On sait que M. Wattwiller. en vingt-quatre heures. Alsace. Souveras. sous des père dans une conversation que ce dernier. ses quatre arbres dont parlait notre seconde dépêche souvenirs ont vacillé. Souveras. on revint aux quatre arbres. M. time. il DÉCOUVERTE DU HUITIEME CADAVRE y a un carrefour où s'ouvrent en éventail un chemin large de 1 mètre 1/2 et plusieurs sentiers. La justice. On reconnaît que l'on a pris constanciés sur les recherches faites à Wattwiller. il lui transmet quelques nouveaux indices. pour se pourvoir en cassation. Haeusler. J'ai tué Jean. Souveras. Son état de prostration est grave. un condamné ne"peut être exécuté qu'à l'expiration de grand arbre sur la droite. Ces indices auraient été révélés par Tropmann Il est au pied de l'arbre. étant en broussailles. que les don- eu à s'occuper de Tropmann. fouilles. Il y eut des hésitations. Keimp. qu'elles ne laissent Le Courrier du Bas-Rhin donne des détails cir. une fausse direction la première fois. Ici le plan indiquait une bifurcation. Le seul délai que prévoit mètres de l'autre côté que Tropman dit avoir enterré la loi est celui de trois jours accordés au condamné le cadavre. pas le moindre doute. long et minutieux. du reste. comme on sait. était revenu sans avoir obtenu de ré - sultat. » état d'ivresse. D'après ses révélations. ainsi qu'on s'y attendait. fois en Alsace. ordonné. A cette plate-forme les véritables difficultés com- serait résolu à se laisser mourir de faim pendant mencèrent. vient d'a. le plan fut consulté à fond. En réalité. mis en présence de Le beau-frère de Kinck. celui-ci passe ses journées à Mazas. d'hier.

cette fois. * j ami! En ce moment. . struction du canton de Belfort. Plusieurs cor- ait pu s'égarer dans ses recherches. de suivre pas à pas Il faut dire que l'endroit où Tropmann prétend le chemin parcouru par Tropmann et Jean Kinck. Une famille entière. qui n'avaient pas voulu discon- tion de Belfort... Kreimp et par Trop. on s'était décidé à envoyer de nou. '' : mann assurant à 1\1. il n'a pas quitté l'endroit où veau M. et lui demandait ce qu'on devait en faire et s'il voulait qu'ils fussent expédiés à En tout cas. sin. Claude. i. dépêches que nous avons reçues en même temps de L'annonce du succès des nouvelles fouilles n'a Cernay et de Guebwiller. Douet d'Arcq que les viscères On avait dé.à si souvent été déçu par des indices de Jean Kinck avaient été mis à part pour être sou. à l'heure où nous écrivons. Souveras en Alsace. les taillis . par suite du renvoi du dossier devant la chambre à laisser entrevoir. que nous le disions dans notre précédent numéro — Le Gaulois a reçu unè autre dépêche qui raconte quittait Paris pour se rendre en Alsace.. Tropmann n'a cherché qu'à gagner du temps et 5 Voici les motifs qui ont fait reprendre les fouilles reculer sa comparution devant la Cour d'assises. mais la justice avait nous annonçait qu'on attendait l'arrivée d'un médecin résolu de ne rien négliger pour arriver à la vérité et de Belfort chargé de l'autopsie. était complètement dessaisi de l'affaire Tropmann hier. enfin retrouvé les restes du chef de la malheureuse Or. gnaient. a été assassinée. pour M. sont arrivés juste à l'endroit désigné par Tous les voiles sont levés et l'abominable forfait. * point. n'a pas vingt chaussures et des chaussettes en tous points sembla- ans!.. avoir enfoui le cadavre est situé au milieu d'une fo. il est vrai. et c'est sans hésitation. beaux étaient restés perchés sur un tas de pierres de Les derniers et précieux renseignements fournis à peu d'élévation et se disputaient des lambeaux de . ils commencèrent par la lisière. Ce qui fait supposer qu'il est impossible que l'on fants.. la mère et six en. on comprend facilement que la justice avant du côté du vieux château ruiné. sur les lieux désignés on l'a trouvé. " La dépêche qui nous est arrivée vers six heures On espérait peu. que. M. parquet prévenait M. il y que chacun croyait abandonnées. qui du reste a toujours soutenu qu'on retrouve- dra au courant des nouveaux incidents qui suivront rait forcément le cadavre à l'endroit précis qu'il per- la découverte du cadavre. famille immolé le premier à l'aveugle cupidité d'un même ces chaussettes pour toute sa famille. sistait à signaler. qu'il a des des mises en accusation. de Cernay. favorables. il a inauguré. Et l'homme qui a médité. à leur approche. toute la nuit dernière. tinuer leurs recherches. transportées hier à Herrenfluch. on sait que Mme Kinck mère tricotait elle. Les gens du pays. un nouveau système de défense. d'Herrenflllch. entre deux chênes plantés en éventail. où il est presque impossible de re. se présente dans toute son horreur. lorsque mann. connaît on ne peut mieux la topo. sin et sa première victime est située au milieu d'une Leur quantité était si profonde sur un même point épaisse forêt. dans des demi-aveux. accompli en Alsace et de Jean Kinck. ils s'avancèrent plus peine tracés.. canton corps. le juge d'instruc. été faite à l'assas- Notre correspondant est sur les lieux et nous tien. M. et. Claude que cette fois ses aveux Le cadavre a été placé sous bonne garde. ce matin on a dû procéder à la levée du et appartenant à la commune de Wattwiller. préparé et exécuté avec vert par les fouilles. tout àcoup ils virent une nuée de corbeaux qui fuyaient Quand on sait que la route parcourue par l'iassas. c'est qu'il portait aux pieds des une infernale ténacité cette hécatombe. quand le bruit de ce résultat inespéré que vient d'obtenir la justice s'est répandu. malgré leur peu de succès et L'employé de la sûreté était en outre muni de le départ de l'agent envoyé de Paris par M. le procureur impérial trouver les routes tracées par l'assassin sur le plan de cette localité et les terrassiers qui les accompa- qu'il a fourni à la sûreté. se méprenne sur l'identité du cadavre mis à décou. bles à celles qu'on a trouvées sur les malheureux pe- C'est bien sur les indications de l'assassin qu'on a tits enfants déterrés dans le champ Langlois. plus minutieuses constatations. Paris. au-dessous des ruines du château à Pantin. Souveras ainsi ï- — .. Pour obtenir encore un délai. du restej la justice se livre aux Sur les nouvelles déclarations formelles de Trop. le père. C'est cette chambre qui a ordonné un supplément La j ustice patientera-t-elle encore ? de recherches. complices et qu'il pourrait bien dire leurs noms. mercredi.par conséquent. nouvelles indications sur la topographie des lieux. personne ne voulait y croire. arrondissement de Belfort. - Les dépêches qui sont arrivées hier soir à Paris ne laissent aucun doute à ce sujet. Douet d'Arcq a réussi. mis à l'analyse chimique. Souveras ont permis aux autorités qui se sont graphie du pays. ses I i Elles sont d'ailleurs confirmées par deux nouvelles aveux rendant toute confrontation inutile. où s'entre-croisent mille chemins à que ce fait leur donna l'éveil. abandonnèrent les pieds des gros arbres pour fouiller indications fournies par M.. 7Ï f de recommencer les tentatives tant de fois infruc. il commence. Une autre dépêche reçue dans la soirée par le tueuses. que le juge d'in- rêt inextricable. emportant ainsi les dramatiques détails de la découverte du ca- avec lui une commission rogatoire de la chambre davre de Kinck père : i des mises en accusations. M.. mais sans fruit. l'assassin de Pantin comme devant recéler les restes le crime presque incroyable. pendant étaient sincères. nous tenons de source certaine que Tropmann ne sera point transporté en Alsace.

du milieu des pierres amoncelées. il y avait leurs. dans le bureau de bonne volonté de vouloir bien faire garde afin des omnibus. ainsi que nous l'avons conjec- avant le crime.iiair . on quitté les environs. En quelques instants. qui n'avait pas i un cadavre. écouvert. Il est ensuite Le juge d'instruction demanda à quelques hommes revenu seul à Soultz. et on en menant Kinck père de Bollwiller à Cernay que le plaça sur un tertre incliné. ion assez avancé. les vêtements furent reconnus « C'est par tous les gens qui avaient rencontré Jean Kinck Il paraît bien établi. les bagages qu'il avait enlevés à sa vic- d'empêcher les curieux d'approcher. c'était bien le cada- Il était déjà dans état de décomposi. où il a déposé. turé dès notre première enquête en Alsace. vre de Jean Kinck la figure était méconnaissable . En effet. cable ? Le fait est difficile à expliquer. un . arriva immédiatement et fit les oyait sortir un pied humain tout déchiqueté. premières constatations. que c'est On souleva le corps avec grande précaution. et on fit mander time. ' proie qu'à grand regret. Comment Tropmann a-t-il décidé Kinck père à le Les constatations légales et l'autopsie ne pourront suivre dans ce bois touffu et pour ainsi dire inextri- avoir lieu qu'aujourd'hui. Ne peut-on . un corps humain fut mis à Le doute n'était plus possible . Tropmann a commis C3 crime odieux. mr Le juge d'instruction de Belfort. Plus de doute. ces animaux lunèbres semblaient n'abandonner s'écrièrent presque en même temps tous les travail. c'est le cadavre de Jean Kinck! » par les enfants Kinck. k immédiatement le médecin de Guebwiller. mais les bas tricotés étaient semblables à ceux portés lui.

Soultz. a cusé. et une nouvelle Les dernières indications de Tropmann désignè- confrontation aura lieu et cette fois Tropmann rent le territoire de Wattwiller. il cherche à tures. minelle. le mystère se dévoilera. De chaque côté de cette route s'étendent les cul- Saisi de crainte. en don. les recherches avaient été in- Les restes de l'infortuné père de famille vont sans fructueuses. sous la direction de M. la justice.. avec la ligne de de Tropmann expliqueront évidemment ce qui reste Colmar. pas plutôt supposer que l'assassin a tué sa victime sur De là le chemin de fer en construction va s'em- la route et l'a ensuite traînée dans le bois ? Les aveux brancher. fit explorer le pays. là à peine ces parages horribles habités par des bêtes féroces moins creusés dans le roc. ce que nous disons là peut exister. Fest. couverte faite hier sur leur territoire. va-t-il faire des révélations qui feront connaître tous les coupables et toutes les terrifiantes péripéties de Rien encore . maintenir dans la voie des aveux. en lui. Bollwiller et une rivière qu'on appelle la / Au nord de Guebwiller se trouve la petite pro- Les ruines de ce château couronnent un mamelon boisé. les chênes couronnent la mon- la déportation. Il a vu. d'Uffholtz que traverse la route de Soultz. Tropmann. Un sentier laissé échapper les mots de complices. le sup. trois zones. En tous cas. le procureur Entre Soultz et Cernay. et peut-être rocailleux partait de là et s'enfonçaitdans les fourrés. hommes creusant une fosse au pied du talus. 1 plément d'instruction demandé par M. — — sable. Wattwiller. les bouquets de pins. Cayenne et une évasion à travers tagne. Wittersbach. • voyageurs se dirigeaient sur Cernay où s'embran- Oui. les prés. un compte sévère . commis- les juges qui allaient enfin lui demander saire de police de la même ville.' Et déjà il entrevoyait. désigné par l'ac- qu'il croyait être comme lui prévenu de crime. sans repos. Les longues recherches faites en Alsace ont enfin abouti. On touchait à la . devait servir de point de départ. de cet embranchement de Guebwiller qu'on a fait La découverte du cadavre de Kinck père. une espérance. s'il a Tropmann affirmait qu'il y avait bu avec sa vic- des complices. Des chemins tracés entre les haies. aux environs de dans les demi-confidences qu'il faisait au gardien. près du cabaret du Cheval-Blanc. victime. Sur tous ces points. où appa- saisir une branche de salut. La semaine dernière. chent deux routes : le chemin de Soultz et la route dans ses longues heures de prostration. récemment des fouilles. dans ses rêves. Guebwiller. cadavre de Kinck COllls . au-dessus de Bollwiller. générale- pelant sur lui l'indulgence des juges. Claude. les que cette chambre a accordé devient indispen. Thurr.. C'est la région que ses aveux peuvent l'arracher à la mort. toujours en inclinant vers impérial devant la chambre des mises en accusation le sud-ouest. time. au-dessus des vignes. ou M. Souveras dut revenir à Paris. bois. séparent les unes des autres ces sanguinaires que lui. ft. quand il a vu qu'il serait accablé des preuves MM. et enfin les taillis. il fera connaître les noms des miséra. . et de M. Tropmann. sera mis en présence de celui qui fut sa première vérité. se trouvent les étangs d'Olwiller. et l'amener à les C'est dans ce pays. il résulte que les deux forfait. ou bien cette même qu'il était au moins le complice de l'assassinat découverte n'est-elle due qu'au hasard? C'est ce que de cette famille. Fest et Wittersbach ont-ils assisté à la dé- les plus fortes . quand il s'est souvenu qu'il avait dit lui. elles seront utiles si elles peuvent le naïvement peintes. il a compris que la mort sous le couteau Entre Wattviller et Cernay se trouve la commune de la guillotine allait finir cette vie si courte et si cri. A en juger par la carte de l'état-major. entre Uffboltz et les grands compléter de façon à ce qu'on sache toute la vérité. des vignes .. la découverte du. crée une nou. tremblant. et il croit raissent les contreforts des Vosges. la dis- tance doit être fort courte entre le village d'Uffholtz' Les recherches ont été faites dans une grande par. san3 être dans le lointain. M. doute être transportés à la Morgue. C'est le long obscur dans ce dernier acte du drame de Pantin. toujours d'après les indica- dans ses terribles nuits sans sommeil. effrayé.. que le cadavre de Jean Kinck a été décou- et que la justice puisse punir tous les coupables qui vert. qui continue le grand réseau. on pouvait tenir pour certain que Il ne supportera peut-être pas la vue de ces restes Tropmann et Jean Kinck avaient dû passer au nord putréfiés sans éprouver un remords salutaire. et alors il dira tout et. ment bordés de noyers vigoureux. de ses espérances. marnières et les mares qu'on mit à sec en octobre. puis le pays s'accidente vers l'ouest. 'ce drame sans exemple. sieurs personnes qui prétendaient avoir vu deux velle phase à celte sinistre et sanglante affaire . chaise. assis sur une impériale de Colmar. et alors de Wattwiller. et le château d'Herrenfluch. ont trempé dans cette horrible tragédie. Souveras délégué par . tions de Tropmann M. la tête appuyée sur ses bras. Rien n'entravera plus désormais le cours de priété acquise en 1867 par Jean Kinck. quand Tropmann a vu arriver à ciaire de Belfort. Un bouquet d'arbres. en ap. de desserte s'élèvent de petites chapelles ou des vierges ses illusions. tie de la contrée comprise entre Cernay. Elles se poursuivaient dans l'arrondissement judi- Il faut le dire. sur les indications de plu- nant des indices nouveaux à la justice. un cri douloureux a retenti nous saurons tout à l'heure. où il croyait revoir ses victimes. A l'embranchement de ces chemins de Quoi qu'il en soit de ses rêves. juge grands pas le moment où ils devait paraître devant de paix à Cernay. bles qui l'ont aidé à accomplir son abominable De la découverte faite hier. ( Les recherches n'étaient pourtant pas abandonnées.

et les débats du superficielles. elle Tropmann. de la contrée. mais M. dusoir. le lendemain matin. j'irais tout droit les yeux fermés en courant! » que après avoir abattu un chêne séculaire ils en ar- rachent les puissantes racines. fut encore une fois obligé de pour faire l'autopsie du cadavre. L'identité paraissait tout d'abord évi- drame de Pantin se dérouleront incessamment de. on a dû passer Cernay. car M. C'est à Cernay que M. que renoncer ca. échapper au flair subtil des renards qui menceraient de ce point. — et de feuilles sèches. la décomposition était telle. Il ajoutait l'invitation les ruinesdu château d'Herrenfluch. à huit mètres à peu près d'une route carros- que le télégraphe nous avait apportée dans son lan. Au bout d'une heure de travail — cette battue raisonnée avait sonnier. M. mardi. Mais ce ne sont là que des supposi- Heureusement que M. c'est que le cadavre a pu.plète définitivement l'instruction. geait les recherches. les recherches se trouvèrent circonscrites. qui diri.) A neuf heures précises. alors qu'il était trop battues au chien courant qui sont restées. empoisonnée. Le cadavre devait de rendre le cadavre à la famille. il y a quelques respondant revient sur quelques faits antérieurs à la jours. lors de ses dernières entrevues avec à ne l'agent de la sûreté. dans la cellule de Mazas. on le sait. On nous affirme au dernier moment. sont presque impossibles à opérer. et a fait une longue visite à Tropmann à Les vingt hommes furent échelonnés dans le che.croyons davre immédiatement et se borner à des constatations les aveux complets de Tropmann ont été provoqués .Kinck est venu trouver L'assassin n'avait donc eu — la tombe de sa vic.trin. Nos dépêches affir- s'arrêter vers l'endroit où l'assassin prétendait avoir ment qu'il n'a pas été constaté sur le corps une seule quitté la route pour prendre à travers les buissons. Le corps était plié en deux. (M. chique fois qne ce der- — un met. sacs hésitation. Mais si j'étais là-bas. en quittant Paris. La fosse est un peu à gauche de l'endroit indiqué vante qui nous donne les détails les plus précis sur sur le plan de Tropmann. se sont transportés hier matin à Herrenfluch. Voici maintenant -es dernières nouvelles qui nous On commença à suivre. et dans les gage concis. d'une élévation de struction a envoyé hier une dépêche à son collègue de terrain que devait dominer un petit sentier creux Belfort pour le prier d'envoyer immédiatement les montant du village de Steinbach et conduisant vers viscères de Jean Kinck à Paris. On ne s'étonnera donc pas si notre cor. se trouver Dès que l'agent fut en présence de cette situation de terrain. Bernard et Vau- partie du chemin que Tropmann et Jean Kinck avaient dû parcourir. faire sans inconvénient. Souveras. tard pour commencer la moindre opération. mann se mettait en colère et s'écriait : Le cadavre avait été jeté dans un de ces larges Ça n'est pas possible!. tines et des chaussettes identiques à celles qu'il avait vues à la Morgue aux pieds de Gustave Kinck. Quant 1 hypothèse de l'empoisonnement. car certaines parties du corps sont tellement une indication plus précise qui devait le remettre décomposées que les constatations médico-légales autre bientôt dans le bon chemin. lui pourra être vérifiée qu'à Paris. la casquette envoyée à M. après midi. Il fut sans résultat. Souveras possédait tions. que Tropmann avait indiqués sur son plan comme Tout laisse donc supposer que Tropmann a dit point de repère. qu'on dut à enlever le pouvoir ajouter foi à cette affirmation.maisn'apu voirlejuged'instruc. ainsi que plusieurs autres chasseurs heures28m. la tête entre les jambes.. pendant un mois et demi à ler et que. découverte bach. peu près. Sou- veras dans le courant de ce mois. et nous ment avancée. Hier le beau-frère de Jean. forcément tout près du trou sans rien remarquer. à plusieurs reprises. « trous que laissent les bûcherons dans les forêts lors. Lors des premières recherches faites par M. immédiatement décidé qu'on irait coucher à Wa'wil.lejuge d'instruction de Belfort pour réclamer le corps time étant toute creusée qu'à la recouvrir de terre afin de le faire enterrer à Guebwiller. en descendant vers Stein- la découverte du cadavre de Jean Kinck. ont organisé précédemment plusieurs tion de Belfort qu'à neuf heures. blessure qui aurait été faite à l'aide d'un couteau ou On ne trouvait nulle part les quatre chênes ou hêtres même d'un instrument contondant. les recherches com. Douet d'Arcq. puisque le maire tement. qui il a dit annoncer le résultat des recherches faites min creux avec ordre de battre tout le flanc de la par M. Ce qui est bien plus extraordinaire. Il est arrivé à six de Wattwiller. car lors des dernières entrevues qu'il a eues été commencée à dix heures des ouvriers avec l'agent de la sûreté. Cette nouvelle n'a sans doute point étonné le pri- montagne en remontant vers les ruines. — tait à découvert un amas de chairs et de vêtements nier semblait douter de ses renseignements. sable dont l'assassin n'a jamais parlé. environs du buisson où l'on a trouvé. abondent dans la forêt. le juge d'in- avait parlé.. mise au jour du cadavre. Souveras s'est rendu direc. — Trop- qui répandait une odeur nauséabonde. MM. Nous recevons de Cernay la correspondance sui. si cela pouvait se dans les environs. On sait qu'il prétend l'avoir l'aventure. dente : l'agent en avait été frappé en voyant des bot- vant la Cour d'assises de la Seine. vrai et qu'il n'a point assassiné sa première victime Force fut donc aux explorateurs d'aller un peu à comme les sept autres. Souveras. SULTZBERGER. le 25 novembre 1869. la première sont arrivées dans la soirée : Deux médecins de Belfort. les autorités se mirent en marche accompagnées de vingt paysans. mais quoi d'extraordinaire à cela. Douet d'Arcq s'est transporté à Mazas hier On touchait au résultat.

1 c'est par l'acide prussique. Quand on enleva les pierres et le feuillage dont il « Je savais que personne ne passe de ces côtés-là était recouvert. prévenus par les soins du parquet de Paris. depuis. •. Malgré ses réticences actuelles. du reste. et Tropmann times les nombreux coups de couteau qu'on a pu sur n'eut que la peine de l'enterrer. après dix heures. il se serait oc. sin versa le contenu d'une petite bouteille qu 'il avait Tropmann ne se rappelle pas avoir porté à ses vic- lui. chimiste. disait-il avec une cer. A côté du cadavre on retrouva une pipe et une Mais la fosse n'était pas creusée à l'avance. sans qu'un enfant s'en doute. mais on ignorait comment C'est dans la voiture qu'il a commencé à préparer il s'y était pris. D'après ses propres déclarations et un certain nom. pelle et la pioche achetées chez le taillandier Bellan. G est L'acide prussique est très-difficile à fabriquer. Le corps de Jean Kinck. Douet d'Arcq a fait faire l'épreuve dans le champ taine fierté. ont d'un couteau. * dant vous dit comment. L'amour.*.. laissé dans la fosse. On sait comment il a tué Gustave Kmck. la voiture avec deux de ses enfants. sang-froid l'avait abandonné : compter. était dut les déterrer. au delà des Quatre-Chemins. j'étais bien sûr d'être les jambes écartées. deux plus jeunes enfants. décrire. ne trouvait pas le cadavre : Je n'ai pas menti. Presque tous les membres de la famille Kinck. » ajou. Il parait que Tropmann s'irritait fort de voir qu'on Il déclare avoir employé trois quarts d'heure à ce travail. voici d'une façon défini. à la: suite de cette déclaration que „ — « » M. On sait déjà que Langlois en allant chercher les trois autres. - r Il l'a amené à l'hôtel du Chemin de Fer du Nord. r « Il faut que l'on connaisse la vérité. En traversant complètement sincères. pour se mettre en route avec Tropmann. deux jours avant le reste de la famille. » i cédente : Il avait d'abord enterré une pelle et une pioche. encore à Rou. qu'il a tué Kinck au moyen de l'acide prussique ? Il C'était un couteau de marchand de vin. Les outils étaient donc tout prêts. qu'il se serait jeté sur ses petites vic- client. est-il sincère en affirmant victime d'un coup de couteau à la gorge. D'un autre côté on ne comprend pas comment l'in- baix. on vit le cadavre étendu sur le dos. et ce n'est qu'après l'avoir blessée avaient de suite reconnu leur parent. — notre correspon. blague encore pleine de tabac. Il est si facile.. ai-je dit. aurait quitté. Tropmann a frappé à l'improviste sa Tropmann.. en lisant le détail suivant que l'assassin. rafraîchir. donc pas omnibus jusqu'au pont de Flandres. en se jouant le moyen d'étrangler d'abord les aînés. Le frère. en effet trois quarts d'heure à creuser une fosse des Ainsi. tranquille. la recouvrir et en. Il n'a pas encore songé à la fosse. et qui contredit la version pré- seul coup. cadavres ont été trouvés.par les conseils que Me Lachaud aurait donnés à son et renversée. aux abords du que leur père venait d'acheter une petite maison à Chemin-Vert. le Chemin-Vert. a dit On peut en douter. " . et je me souviens de n'avoir donné qu'un rapporte le Gaulois. et c'est dans le dernier verre que l'assas. gèrent sou3 bois tous deux. bre de preuves matérielles. 'il s'emportait contre les témoins lorsqu'ils mêmes proportions. Avant tout. Sa... : •• quelques invraisemblances. les beaux-frères et les sœurs de Kinck cupé de la mère . . Les plaies paraissaient profondes et faites à l'aide ger à six heures et prises vers huit heures le 19. c'est lui-même qui avait fabriqué C'est lui-même qui a creusé la longue fosse où les un peu l'acide. » On remarquait deux plaies sur le côté droit de la T Il a procédé de même pour les autres victimes. avaient tive comment il aurait opéré : pu prendre vendredi soir le train qui les avait ame- Un premier voyage aurait amené la mère et les nés à Guebwiller. Kinck père tomba foudroyé. cer sur ses épaules un foulard ou une corde. (HIPPOLYTE NAZET.propre est quelquefois singulièrement par un homme d'une taille semblable et qui a mis placé chez les criminels.) times. l'engageant vivement à venir à Paris et disant fortunée Mme Kinck. La poitrine et sur la joue. . Ils étaient venus en Les aveux de l'assassin ne paraissent. fabrication exige une installation toute spéciale que Tropmann n'avait certes pas à sa disposition. a-t-il dit. firent une halte pour se Un fait bien saillant et qui prouve combien son . et lui a fait écrire une lettre à sa mère. en laissant C'est à l'aide de cette fable qu'il a entraîné Gustave les trois autres dans la voiture. 1 frappé Gustave. et a tout sim. Ajoutons quelques détails nouveaux sur la façon plement la'ssé les trois corps étendus sur le champ dont Tropmann a tué Kinck père. Ils poussaient . x T J' (i avançaient un fait qu'il démentait. Après avoir déjeuné ensemble dans un cabaret. on a acquis la C'est alors que se passa une scène impossible à presque conviction qu'il a agi seul. Nous ferons observer ici que ce récit présente tait-il. enfoui à une profondeur de trente centimètres en- terrer de nouveau les instruments qu'on a trouvés viron. le même sans doute qui servit à l'hor- été enfouies par lui non loin de l'endroit où il avait rible crime de Pantin. creuser la fosse. Il ne se souvient que d'avoir frappé une seule Habitué aux travaux des usines et par conséquent fois. Ils s enga. C'est. de pla- Tropmann emporta une bouteille de vin. Pantin.

mais nécessaire à l'œuvre de la mille Kinck. venu dès l'aube. croyons-nous. rons affluaient et ne se retiraient qu'après avoir lon. et relit Un grand nombre. . des médecins. il est devenu guement contemplé l'horrible spectacle qui s'offrait très-irritable. suivi de la fa- des plus réalistes. drame lamentable. les sanglots éclataient. Il a pris en prédilection Shakespeare. prit le chemin de la Un photographe. sans doute par terreur. Les pauvres femmes. me présentera tous les Kinck enfourchés dans une Nous apprenons que Tropmann a fait aujourd'hui lame de couteau. de Gruebwillër. ville. avec tous ses appareils et un aide. on de rentrer chez eux à travers la forêt. préféré passer toute la nuit en cet endroit plutôt que Et il répète : « Moi. Tout le monde s'offrit Pendant ce temps se passait dans un coin une scène pour le porter et le convoi funèbre. à l'exhumation du corps. suprême? C'est ce qu'il reste à la justice à éclaircir. marchaient à de nouveaux aveux. » Et il rit fébrilement. Le sommeil de l'assassin est agité. et reproduisait les différents épisodes de ce avaient les larmes aux yeux. quand je serai 'en enfer. à leurs yeux.des cris déchirants. après les constatations légales on procéda Kinck à ce douloureux spectacle. ont constamment la scène de Macbeth. les curieux venus des envi. d'arracher les sœurs de Enfin. des Sorcières. plus d'un millier de personnes. On essaya. cherche-t-il pas à retarder de quelques jours l'instant Pendant toute la nuit. mais en vain. soutenues par leurs maris et par quelques bonnes gens du pays. des magistrats et de justice. tous les prenait plusieurs clichés de l'endroit sauvage et pit- assistants étaient vivement impressionnés et beaucoup toresque. Sont-ils sincères? Tropmann ne grand'peine.

l'estomac et les intestins de la victime ont dû je devais répondre. Il aurait dit oui depuis quelque temps. comme nous l'avons.. vaux forcés. em. justice que d'examiner si Kinck a succombé. surtout le Figaro. et. » « Fortune. . a prémédité longuement la disparition de la famille Dénoûment fatal que tout lA monde prévoit. ne permet pas de le transporter à la Morgue de Paris. tous les titres de qni remplit ses jour. C'est ce que nous pensons pouvoir apprendre de. pour ma sûreté person- jour les nouveaux incidents qui se produiront et les nelle. il y a eu préparation et pré- (THOMAS GRIMM.Jt être envoyés à Paris. Jusqu 'au jour où arrivera le dénoûmeut ratal. Je serai condammé à vingt ans de tra- Le premier. gement en faisant croire qu'il va faire des aveux re- pouiller son père et les siens.t. « C'est donc un devoir pour moi de m'en occuper de comme la famille savait que j'étais parti avec le père. Tropmann les poursuit jusqu'au delà de la tombe Et que. Il est assez curieux de savoir ce qu'il pensait dans Tout n'est ras fiai avec la découverte du huitième le commencement de l'instruction. toutes nos poisonnement. déposés à la poste de L'avenir nous apprendra si ce soupçon est fondé. » ce mot-là revient dans toutes les con- Quel est le pharmacien qui a osé délivrer versations de Tropmann.. de supprimer tous les témoins qui auraient pu nouvelles lumières qui ne pourront manquer de se m'accuser un jour. cad. c'est la question de savoir si Qui a -t'il désigné? Tropmann a oui ou non des complices.jpté du père. a-t-il été délivré? fois par des indications sûres et précises.. c'est de savoir où Tropmann s'est pro. la passion. Entré dans Enfin. il n'hésitera . puisqu'il ne cesse sogne. » j faire sur ces mystères pleins d'horreurs. TIMOTHÉE TRIMM. cinq cents francs que la mère avait retirés de la le premier jour acquiert donc une force toute nou. ~ percherie les cinq mille francs. sera un peu t ird pour commencer ma fortune. le corps de ce mal- . On de trouver les moyens de fabriquer de la fausse mon. par l'effet d'un em. Tropmann ne pourra donc être confronté avec ces investigations si passionnées que l'opinion publique tristes restes. ' ^ L'autopsie a été faite. comme accessible à l'idée Tropmann ne sera pas transporté en Alsace. Banque de Roubaix et envoyés à Guebwiller.) méditation. » * x inàiscrétions. Kinck : c'est qu'on a trouvé. Je ne sortirai qu'à quarante ans. la voie des aveux. r le père Kinck avait emportés et les cinq mille que L'intérêt poignant et universel qu'elle a suscité dès. il est à espérer qu'il n'arrêtera pas sinuations ou accusations contre ses victimes.. exigeait à ce moment. où ils seront analysés par Je. là le cours de ses confessions. dit qu'il voudrait encore reculer l'époque de son ju- naie. disait-il. Au Havre. dans lequel il se trouve. il voulait seule- tière des nombreux et terribles épisodes de cette. & stave Kinck.vre. et le fils... . et. J'étais donc forcé.. à la suite de cette opéra. dit-il. on admettra l'exaltation. Le corps qu'on vient de retrouver sera enterré en Alsace. traînem nt du crime.. réplique-t-il. 0: Et puis. huitième cadavre. Guebwiller.. son défenseur. guidés cette j motivée de l'homme de l ai. en continuant de vous dire chaque crime. décou- C'est ce que l'autorité recherche. Ce curé l'acide prussique qu'il aurait employé pour poisonner Jean Kinck. " s Ce qui ne nous empêchera pas. d'ailleurs. de montrer Kinck le père. Le second point. qu'il avait trois complices. Il y a encore deux faits impor'anfs à éclaircir. Il est donc dilficile d'admettre l'en- sommes peuplées de fantômes accusateurs.plus à les faire connaî re. nouveau.. f velle. et dont est défendu de faire un débit sans une indication Pendant que les agents de la justice. Tropmann lisait les journaux avec une grande at- tention. « Je suis jeune. lorsqu'on lui en parle. de re- Car. une quantité de ce poison suffisante pour donner la mort à un homme? CE QUE FAIT TROPMANN ^ Sur quelles ordonnances ce poison subtil. ment s'approprier les douze ou quinze cents francs longue et multiple tragédie.lui-même prévoit et ments. s'il a eu des aides. de teneur et ses nuits d'in- P' opr. tout fait douter encore commencer cas le échéant. elle aurait bien Et je crois prévenir vos désirs et satisfaire votre vite été inquiète. Tropmann a dit à Me Lachaud.8 Cela nous force de reconnaître qu'en somme le si- médecins experts à qui la justice a confié le soin lence de Ja presse eût mieux valu pour lèl. l'existence de complices... cachés dans ses bottes. dans la 9anglaJ?te be- et cherche à flétrir leur mémoire. Il a dit non tout d'abord. dit. ses aveux — symptômes d'horrible crimi. c'était surtout pour savoir ce que tion. Tropmann a ajouté que son intention première L'on n'est pas encore arrivé à la connaissance en. " main à nos lecteurs. vraient enfin près de Guebwiller.. en allant ravir par su. L'état de putréfaction très-avance. que nous courions l'Alsace ensemble. F *f de la sincérité complète des aveux du coupable. il les apprenait pour ainsi dire par cœur. Cep^ndautvn détail donne à penser que Tropmann. Seulement. n'était pas de tuer toute la famille. voulant être au courant des recherches et des r m. paraît-il. et on se serait aperçu de mon légitime curiosité. latifsà. Ce qu'elle découvrira infailliblement. comme disposé à dé. cou-us dans ses vête- Penoument que le coup bl . ayant indiqué où s'est trouvé le nalité —• se complètent toujours par de perfides in.

de cya- core : des plans de machines. MM. « Si j'étais là ! » Il espérait de minute en minute voir s'ouvrir la porte de sa cellule devant l'honora.— c'est presque un enfant — pour méditer. il comprenait que ses moindres paro. on le retrouve aujourd'hui dans la Peu à peu cependant la glace s'est fondue. de petits services rendus. et" Tropmann explique avec une sorte de vanité la c'est à grand'peine qu'on parvenait à lui arracher façon dont il a fabriqué lui-même l'acide prussique. des figurines. Empruntons au Figaro quelques détails sur ce ble M. traits.est putréfié.jourd'hui à une analyse chimique. en distillant un mélange d'acide chiorhy- plan d'évasion depuis longtemps médité. de l'opération avec une dissolution d'azotate d'argent Il écrit beaucoup. comme avec une confiance étrange et une remarquable éner. tout en ayant l'air de se livrer. chargée de rendre le Mexique. s Pendant que les hommes de l'art soumettent à une Tandis qu'il refusait absulument de répondre au laborieuse et pénible analyse les viscères de la pre. Mais cette opé- lui paraissait si bien combiné et d'une réussite si ration est dangereuse pour le préparateur lui-même. dont le moins épouvantable n'est pas l'em- fiait. tué en trinquant repoussait obstinément toute tentative de conversa. magistrat instructeur et aux agents du service de sû- mière victime des complots de Tropmann. le triste Tant qu'il ignorait la découverte du cadavre de héros de Pantin n'en reste pas moins toujours sur Kinck père. il faut ajouter un peu d'acide sulfurique pagnons de cellule pour un être supérieurement or. préparer les. l'aide de l'acide prussique. » été apportés hier à Paris.. dénouant enfin les nier et ses compagnons une sorte de familiarité qui derniers fils de cette. ses enfants et sa femme. » celle que nous indiquons ci-dessus. Il n'ira pas en Al. venez le re. lui procurer. à l'en croire. Douet d'Arcq. professeur de chimie.moniaque fait de ferles études scientifiques.qui produit un précipité blanc.et accomplir tranquillement cette succession de veillés. venues des aveux. floconneux.ais là! » Ces mots résument et précisent Jean Kinck. puisqu'on obtient C'est dans cette espérance qu'il avait fait des l'acide cyanhydrique pur (c'est le nom véritable de aveux. n'a pas été tout le système auquel le désespéré se cramponne assassiné à coups de couteau ou de pioche. il avait espéré d'abord se sau. Au début de sa détention. Et ce plan drique et de cyanure de potassium. dit M. Nous avons dit quelle espérance fantas- « Si j'étais là. et Bergeron. pour arriver à constater la présence de l'acide prus- Ce n'est pas le premier projet d'évasion qui avorte. ment constatée. . infaillible. possédant de vastes connaissances et ayant cyanhydrique de sa combinaison avec l'a!l.tranquillité avec laquelle il prépare sa défense. le train et. dans un appa-eil fermant bien et dont le réci- remettait à ses codétenus pour les faire parvenir au pient soit refroidi avec de la glace. Bayard.. fidences utilement faites. L'identité du père Jean Kinck a été suffisam.crimes. il répétait à ses car les vapeurs que dégage la distillation sont mor- codétenus : telles. ment.avec lui. Ce sang-froid. et lorsque le chimisie sent la plus légère odeur « Quand même on me ferait accompagner là bas d'amande arrière. dirigée par sace. Il comptait sur ce voyage pour exécuter un ce poison). la formule du codex n'est point connaître. à en croire Tropmann. Les viscères du malheureux père de famille ont trouve jamais. heureux père Kinck. des por. à constater les traces ver de Mazas à l'aide d'un faux billet de visite que de l'acide cyanhydrique dans un cas d'empoisonne- son frère devait. C'est en racontant les étranges tt curieu- "i premier verdict de la justice humaine sur la tragédie ses aventures de ce voyage qu'il a réussi à se ga- de Pantin. il en a fabriqué plus de vingt. Douet d'Arcq. sique : A en croire le Figaro. que dix fois par jour. En pharmacie. sur. gner la sympathie de Tropmann. il disait : ses gardes. si longtemps et si inutilement bitude de se voir. je suis sûr de faire dérailler fissures de l'appareil avec le plus grand soin. Il se mé. insoluble dans l'eau. des cartes de géographie. à bon droit. ont établi entre le prison- Pendant que M. t S3 prépare à adresser son rapport définitif à la ehain.à l'eau avec laquelle on le distille pour séparer l'acide ganisé. en buvant peut-être à sa santé! tion relative à son affaire. reté charges de l'interroger. L'ha. gerie ? Mais. il n'y a pas de danger qu'on me re. qu'il soin. il était taciturne. « Si j'é. des con- recherche. Wurtz. et traiter le résultat dehors. Il aurait été empoisonné à gie. et seront soumis dès au- Le malheureux se trompait. - a fini par amener presque de la confiance. Un d-3 ses compagnons a fait la campagne du bre des mises en accusation. sinistre et mystérieuse affaire. Lorsque — comme dans le cas présent — l'organe Il cherche à se faire passer aux yeux de ses com . qu'il compagnon de captivité dés confidences qui sont de- va bientôt quitter pour être transféré à la Concier. il a fini par faire à ce Que fait ce dernier dans la cellule de Mazas. qui viendrait lui dire : « Nous terrible poison : avons découvert Jean Kinck en Alsace. il faut distiller les matières organiques avec Ces billets. même quelques monosyllabes. produit de la putréfaction. notés et communiqués à la justice. Quel sang-froid terrible il a fallu à ce jeune homme Il devinait. d'ailleurs. de ses compagnons de cellule et poisonnement de ce compagnon. il faut qu'il se hâte de boucher les par tout un régiment. Tropmann ne sortira de sa cellule Voici une des formules employées par la science que pour comparaître devant le jury. Lorsqu'on a. » tique d'évasion se cache derrière ses aveux.nure d'argent. ét dessine plus en. on trouverait tout de suite. ses gestes les plus indifférents étaient épiés.