FORMATION-ETUDE-- APPUIS CONSEILS

Étude CAP sur : « La Mutilation Génitale
Féminine (excision) et son impact sur les
Droits de Femmes et des Filles dans la
Région de Kayes, Mali ».

Rapport

Consultant principal : Dr Baye DIAKITE, sociologue

Co-chercheur : Dr KADIATOU BOUARE, juriste

Novembre 2016
N°RCCM : MA.BKO 2015.C.490 NIF : 084122976H Compte Bancaire BNDA : 400201245483/ Tél : 20223395/ 66933328/76724181/
E-mail : poulorouh@yahoo.fr. / prepaviemali@yahoo.frSiège : Hamdallaye ACI2000, Rue 350 P 311
Table des matières
Sigles et Abréviations....................................................................................................... 1

Remerciements ................................................................................................................ 2

Résumé ............................................................................................................................ 3

1. Contexte et Justification............................................................................................... 5
1.1. Cadre de l’étude................................................................................................................................ 6

1.1.1. Objectif général ............................................................................................................................. 6

1.1.2. Objectifs spécifiques .................................................................................................................... 6

1.2. Hypothèses de recherche : ................................................................................................................ 7

2. Méthodologie de l’étude ............................................................................................... 8
2.1. Méthodes et outils de recherche ....................................................................................................... 8

2.2. Collecte des données sur le terrain ................................................................................................... 8

2.3. Zones et population d’étude : ........................................................................................................... 8

2.4 Échantillonnage ................................................................................................................................. 9

2.5. Le Type d’étude : ........................................................................................................................... 12

2.6. Les Techniques et instruments de collecte de données : ................................................................ 12

2.7. La période de l’étude : .................................................................................................................... 13

2.8. La durée de l’étude : ....................................................................................................................... 13

2.9. L’analyse et le traitement des données : ......................................................................................... 13

2.10. Critères d'évaluation ..................................................................................................................... 13

2.11. Le Contrôle de qualité .................................................................................................................. 13

2.12 Éthique et déontologie de l’étude .................................................................................................. 14

2.13 Les difficultés de l’étude ............................................................................................................... 14

2.14. La revue de la documentation....................................................................................................... 14

3. Résultats .................................................................................................................... 20

3.1. Caractéristiques sociodémographiques de l’échantillon ................................................... 20
3.2. La Prévalence de l’excision : ........................................................................................... 23
3.3. Connaissances de la pratique de l’excision dans le milieu :.............................................. 24
3.3.1. Connaissance sur la relation de l’excision et les problèmes de santé :........................................ 26

3.3.2. Connaissance sur la relation de l’excision et la violation des droits de la femme et de la fille :. 27
3.4. Attitudes et perceptions des acteurs de la pratique de l’excision ...................................... 30
3.5. Pratique de l'excision……………………………………………………………………………………………………37
Discussions/Commentaires………………………………………………………………………………………………..41
Des enseignements et leçons de l'étude…………………………………………………………………………….54
Recommandations………………………………………………………………………………………………………………56

Conclusion ..................................................................................................................... 60

Bibliographie : ............................................................................................................... 62
Sigles et Abréviations
AJM Association des juristes maliennes
AMSAFE Association malienne pour le soutien et l’appui à la femme et à l’enfant
AMSOPT Association malienne pour le suivi et l’orientation des pratiques traditionnelles
APDF Association pour le progrès et la défense des droits des femmes maliennes
ASDAP Association de soutien au développement des activités de population
CAFO Coordination des associations et ONG féminines du Mali
CAMS Commission pour l’abolition des mutilations sexuelles
CCC Campagne de changement comportemental
CLAPN Comité local d’action pour l’abandon des pratiques néfastes
CNAPN Comité national d’action pour l’éradication des pratiques néfastes
COFEM Collectif des femmes du Mali
COMAPRA Comité malien pour l’abandon des pratiques traditionnelles néfastes
CRAPN Comité régional d’action pour l’abandon des pratiques néfastes
CSCOM Centre de santé communautaire
CSRéf Centre de santé de référence (chef-lieu du cercle)
DHS Demographic Health Survey
EDSM Enquête démographique et de santé Mali
Enda–tiers-Monde Environnement et développement du tiers-monde
FNUAP Fonds des Nations unies pour la population
GAMS Groupe pour l’abolition des mutilations sexuelles
IEC Information éducation communication
MGF Mutilations génitales féminines
MPFEF Ministère de la Promotion de la femme, de l’enfant et de la famille
ONG Organisation non gouvernementale
PASAF Programme d’appui à la lutte contre les pratiques préjudiciables à la santé de la
femme et de l’enfant
PDHEG Promotion des droits humains, de l’égalité et de l’équité de genre

1
Remerciements
L’équipe de recherche de PREPA-VIE-GIE remercie les populations, les leaders
communautaires, le personnel de santé, les autorités politiques et techniques rencontrées qui
ont permis la réalisation de l’étude, ainsi que toutes les personnes physique qui ont
directement ou indirectement contribué à l’obtention de ces résultats

2
Résumé
La présente étude CAP sur la pratique de MGF (excision) dans les localités de Kayes et
Diéma a été commanditée par la cooperacio catalane, elle s’inscrit dans le cadre de recueil
des données base sur l’excision et les violations des droits des femmes/filles dans ces
zones.
Les objectifs de l’étude étaient entre autres :
 Objectif général
o Développer un argumentaire de l’impact de la Mutilation Génitale Féminine
sur les droits des femmes et des filles dans la région de Kayes et plus
précisément dans les communes urbaine et rurale de Kayes et Diéma.

 Objectifs spécifiques
o Mesurer la prévalence de la pratique de la Mutilation Génitale Féminine dans
les communes urbaine et rurale de Kayes et de Diéma;
o Identifier et décrire les perceptions, les attitudes et les pratiques des
communautés vivant à Kayes et Diéma sur la Mutilation Génitale Féminine ;
o Analyser les causes et l’envergure de la Mutilation Génitale Féminine dans la
zone ciblée ;
o Expliciter les effets de la Mutilation Génitale Féminine sur les droits des
femmes et des filles;
o Identifier les bonnes pratiques surtout communautaires / locales qui ont
permis ou qui peuvent atténuer l’impact de la Mutilation Génitale Féminine
sur les droits des femmes et de filles;
o Faire des propositions de stratégies communautaires en vue de promouvoir
son abandon.
Pour ce faire, nous utilisé une approche quantitative, qui combine des aspects qualitatifs, ce
qui a permis d’obtenir des résultats probants.
Il est ressorti des résultats de l’étude, que :
 l’excision est une réalité indéniable, avec une prévalence qui dépasse les 80%, ce qui
est énorme.
 Les attitudes et les perceptions ont tendance à changer positivement dans le sens de
considérer l’excision comme dangereuse pour les filles et leur futur, on peut noter un
début de mutations des mentalités.
 Les causes de l’excision pour l’essentiel, restent : la tradition et la coutume (les
réflexes d’habitudes).

3
 La relation de l’excision et les violations des droits de la femme/fille est très
méconnue par la majorité des acteurs clés de la pratique de l’excision.
 Il existe des perspectives pour des changements positifs de comportement vers un
recul de la pratique de l’excision, et son abandon graduel.
 Les pratiques positives pouvant promouvoir l’abandon de l’excision sont entre
autres :
-La mise en place des comités de vigilance ;
-La prise de décision collective pour l’abandon de la pratique de l’excision ;
-La signature d’engagement pour l’abandon, et de son respect.
Dans la réalisation de l’étude, il y a eu des difficultés, entre autres ; la difficulté d’aborder
certaines questions auprès des personnes sur l’excision ; le refus de certaines personnes à
répondre à des questions.
Les limites de l’étude et sujets de recherches futures :
L’un des objectifs principal de l’étude était de mesurer la prévalence de l’excision dans les
zones de l’étude, cette détermination est basée sur des estimations sur la pratique de l’excision
par des acteurs, et non sur les filles au moyen d’un contrôle physique auprès du personnel de
santé, ce qui constitue une limite majeure de l’étude.

A l’avenir, il serait souhaitable de dépasser l’étude de la prévalence par l’estimation auprès
des acteurs clés, ou des attitudes ; il serait intéressant de mesurer concrètement les
changements de comportements, l’impact des stratégies de communication. Ces pistes de
recherche pourraient par exemple prendre en compte les comportements actuels.

4
1. Contexte et Justification
Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), dans de nombreux pays du monde, des
millions de femmes et de filles subissent l’excision. Selon Afrique Magazine1, au moins
vingt-huit (28) pays africains sont concernés par l’excision et plus de cent vingt millions
(120 000 000) de femmes et de fillettes sont victimes de cette pratique pour le seul continent
africain, ce qui correspond environ au tiers de sa population féminine2.

Le Mali, pays d’ancienne civilisation, n’est pas en marge de cette pratique. Ainsi, il demeure
un des pays où des pratiques ancestrales nuisibles à la santé fille et de la femme sont
monnaies courantes. Parmi ces pratiques, les Mutilations Génitales Féminines (MGF) encore
dont l’excision constituent l’une des plus graves atteintes à l’intégrité et à la santé de la fille
et de la femme. À cause de son ampleur et de ses conséquences irréversibles sur la fille et la
femme, cette pratique est considérée comme un problème de santé publique. Par conséquent,
il est un devoir pour les pouvoirs publics d’user de tous les moyens mis à leur disposition
pour éviter que les filles et femmes soient toujours soumises aux nombreuses traditions
néfastes à la santé.
C’est surtout sous la troisième république que la lutte contre la pratique de l’excision s’est
intensifiée avec la création et l’implication de multiples associations et ONG dans le
processus de lutte contre l’excision au Mali. Les actions combinées des associations et ONG
ainsi que celles des services techniques et des partenaires techniques et financiers ont conduit
à la création du Comité National d’Action pour l’Éradication des Pratiques Néfastes à la santé
(CNAEPN) en 1996 sous l’égide du Commissariat à la Promotion de la Femme. Avec la
création du Ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille (MPFEF) en
1997, un nouveau comité dénommé Comité National d’Action pour l’Abandon des Pratiques
Néfastes à la santé (CNAPN) verra le jour en 1999.
Face à l’ampleur de la pratique de l’excision dans le pays et tenant compte des efforts
consentis par les services techniques de l’état, les partenaires techniques et financiers et les
organisations de la société civile que le gouvernement malien a pris l’initiative de mettre en
place, après une large concertation, une structure nationale pour prendre en charge cette
question. Cette structure dénommée, Programme National de Lutte contre la pratique de
l’Excision a été créée par ordonnance N°02-053/P-RM du 04 juin 2002 dont la mission
principale est la coordination, le suivi et l’évaluation de la politique et des stratégies de lutte
contre l’excision.
C’est ainsi que deux plans d’action et un plan opérationnel ont été élaborés et mis en œuvre.
L’évaluation du plan d’action 2004-2008, du plan opérationnel 2009 et du plan d’action

2010-2014 a enregistré des progrès dans la lutte contre la pratique de l’excision. Cependant
des efforts restent à faire pour réduire de façon significative la pratique.
Selon l’Enquête Démographique et de Santé Mali EDS-M III de 2001, la prévalence de la
pratique est de 92%, taux qui prend en compte seulement les femmes en âge de procréer (15-
49 ans). En 2006 selon la même enquête, la prévalence était de 85% dans la même tranche
d’âge. Réalisée en 2012-2013 l’EDSM V sans les données des régions de Gao, Tombouctou,
Kidal et trois cercles (Douentza, Youwarou, Tenenkou) de la région de Mopti, donne une
prévalence de 91% toujours chez les femmes de 15-49 ans. Il faut toutefois signaler que ce
1
Afrique Magasine, n° 163, avril 1999, p.50
2
EDS III (2001)
5
taux enregistre une réduction dans les tranches d’âge de 0-4 ans (0-14 ans, 69%) entre les
deux EDSM (2006 et 2012-2013).
En ce qui concerne la région de Kayes, le taux de prévalence est d'un 94% de femmes
victimes de Mutilation Génitale et contrairement au reste du pays, la modalité la plus
répandue est l'infibulation ou circoncision pharaonique laquelle consiste à enlever
complètement les organes génitaux sexuels et coller le vagin, ce qui comporte une souffrance
plus sévère en posant en risque le futur développement personnel des femmes et même le
décès.

1.1. Cadre de l’étude
La présente étude s’inscrit dans le cadre d’une collecte de données sur les MGF et droits des
femmes et des filles dans la région de Kayes et plus précisément dans des localités situées
dans les communes urbaine et rurale de Kayes et de Diéma. Elle a été réalisée grâce à une
collecte de données sur les connaissances, attitudes, et pratiques (CAP) auprès des acteurs
ciblés dans la région de Kayes. Cette démarche a permis d’une part d’effectuer un état des
lieux sur les connaissances et les perceptions sur la pratique de l’excision et les droits des
femmes et des filles. D’autre part, il s’agit de dégager la vision des autorités, du personnel de
santé, des leaders communautaires en ce qui concerne les MGF et droits des femmes/filles
dans la région de Kayes.
1.1.1. Objectif général
Développer un argumentaire de l’impact de la Mutilation Génitale Féminine sur les droits des
femmes et des filles dans la région de Kayes et plus précisément dans les communes urbaine
et rurale de Kayes et Diéma.
1.1.2. Objectifs spécifiques
 Mesurer la prévalence de la pratique de la Mutilation Génitale Féminine dans les
communes urbaine et rurale de Kayes et de Diéma;
 Identifier et décrire les perceptions, les attitudes et les pratiques des communautés
vivant à Kayes et Diéma sur la Mutilation Génitale Féminine ;
 Analyser les causes et l’envergure de la Mutilation Génitale Féminine dans la zone
ciblée ;
 Expliciter les effets de la Mutilation Génitale Féminine sur les droits des femmes et
des filles;
 Identifier les bonnes pratiques surtout communautaires / locales qui ont permis ou qui
peuvent atténuer l’impact de la Mutilation Génitale Féminine sur les droits des
femmes et de filles;
 Faire des propositions de stratégies communautaires en vue de promouvoir son
abandon.

6
1.2. Hypothèses de recherche :
 La prévalence de l’excision est très élevée chez les populations des différentes
localités, parce qu’elles connaissent mal les conséquences sanitaires et autres de la
pratique de l’excision, et continuent avec cette pratique ;
 L’excision constitue une violation des droits des femmes et des filles dans les localités
ciblées, mais cette violation reste ignorée des parents et par d’autres pratiquants de
l’excision;
 Compte tenu du caractère socio culturelle de l’excision et de sa valeur sociétale, les
populations ont des perceptions et attitudes favorables à la poursuite de l’excision ;
 La sensibilisation et le plaidoyer restent des stratégies appropriées pour l’abandon de
l’excision ;
 Il existe des acteurs et des actions dans les zones d’intervention qui peuvent contribuer
à l’abandon de l’excision

7
2. Méthodologie de l’étude
Les études CAP ont la particularité de pouvoir intégrer à la fois une approche quantitative et
qualitative, cette spécificité de l’enquête CAP permet l’utilisation de plusieurs approches
méthodologiques. Au regard des attentes et spécificités de l’étude, nous avons combiné une
méthode quantitative et une méthode qualitative. Les deux approches ont été articulées autour
de groupe de discussion, d’entretiens individuels.
2.1. Méthodes et outils de recherche
Conformément aux exigences spécifiées dans les TDR, la présente étude a combiné des
éléments qualitatifs et quantitatifs pour établir les niveaux de connaissances, des attitudes, et
des pratiques en matière de MGF. Pour ce faire, les outils suivants ont été élaborés :
 Le guide d’entretien individuel : (voir annexe outils de recherche : fiches N° ….). Ce
guide a été administré aux différentes cibles suivantes (chefs de ménages, hommes et
femmes qui ont voulu et accepté de prendre part à l’enquête; au personnel de santé ; aux
leaders communautaires ou toutes personnes ressources qui acceptent de participer à
l’étude.
 Le guide d’entretien collectif : (voir annexe outils de recherche : fiches N° ). Il a été
administré à des groupements de femmes (associations, de femmes ou de jeunes filles), à
des leaders communautaires.
2.2. Collecte des données sur le terrain
Les différentes étapes :
1. Échange avec le commanditaire de l’enquête, et des coordinateurs3 de
projets/programmes en partenariat avec la « cooperacio catalane », et du personnel des
structures bénéficiaires des projets financés par la cooperacio dans le cadre de la santé de
la reproduction des femmes dans la région de Kayes;
2. Des entretiens individuels avec des chefs de ménages, époux de femmes en âge de
procréer, et des femmes mères (15-49ans) ; des jeunes filles âgées de 0 à 15ans, ayant ou
pouvant subir l’excision et qui sont issues des communautés concernées par l’enquête,
avec des leaders communautaires et des agents des services techniques.
3. Des échanges avec des membres de la société civile et avec certains leaders
communautaires des localités retenues.
4. Des causeries informelles avec des personnes ressources d’institutions travaillant dans la
promotion de la santé des femmes et des enfants dans les localités retenues à Kayes, et
Diéma.
Pour des raisons pratiques et stratégiques, la collecte de données a été conduite simultanément
par l’ensemble des 2 équipes à la même période.
L’enquête s’est déroulée du 16 au 28 novembre dans la région de Kayes, et plus précisément
la commune urbaine de Kayes et quelques communes rurales à proximité de la ville de Kayes,
et dans la ville de Diéma et quelques communes rurales de Diéma(voir tableau).
2.3. Zones et population d’étude :
Pour une meilleure représentativité, nous avons procédé à un choix raisonné des localités en
combinant la sélection des localités ayant bénéficié des interventions sous forme de
sensibilisation sur les MGF de la part des structures d’intervention auprès des populations, il
s’agit de l’AJM, IAMANEH-Mali, et de l’AMSSOPT, et des localités « tests », qui n’ont pas

3
Il s’agit des membres des structures suivantes : AJM, IAMANEH-Mali, et AMSOPT à Kayes.
8
bénéficié directement d’interventions de ces structures, mais qui pourront constituées des
futures bénéficiaires des interventions à venir. Au total 14 localités ont été concernées par
l’enquête.

 Les zones et localités de l’étude sont :
 Kayes: Kayes-ville: (Kayes-N’di, Kayes-Liberté, Kayes-Legal-Ségou, Kayes-
kassho; Kayes-Plateau, Kayes-Lafiabougou, Samé, Diala, Koumbadiya,
Mamaribougou.
 Diéma : Diéma-ville, Béma, Fassoudebé, Lambidou.

 La population de l’étude : l’étude a concerné :
- Des mères de filles de moins de 0 à 15 ans non mariées, résidant dans les zones de
l’enquête.
- Des chefs de ménage, époux des mères enquêtées, ou son tuteur (en cas de décès ou
absence pour une période dépassant celle de la durée de l’enquête dans le village ou ville);
- Des filles de 8à 15 ans non mariés (filles) ;
- des leaders religieux (musulmans et catholiques) et communautaires (chefs de village et
chefs de quartiers);
- les agents socio sanitaires
 Critères d’inclusion :
- Mères des filles de moins de 16 ans résidant (avoir séjourné au moins 1 an dans la zone)
dans la zone d’enquête.
- Être époux ou tuteur de la femme enquêtée
- Filles de 8-15 ans résidant dans la zone d’enquête
- Agents socio sanitaires en service dans le centre il y a au moins 1 an.
 Critères de non-inclusion :
- Toutes les personnes ne remplissant pas les critères d’inclusion ;
- Les non consentants pour faire partir de l’étude ;
- Les Parents, ou tuteurs non consentants pour la participation à l’étude de leurs
adolescents.
2.4 Échantillonnage
La méthode d’échantillonnage retenue pour cette étude a été décidée sur place, compte tenu
de certaines difficultés à obtenir des données de base fiables sur la population mère.
L’approche adoptée est inspirée des lois statistiques ; pour la détermination de l’échantillon,
on part sur la base d’une population mère N : que doit couvrir l’enquête dans les localités
retenues (ici, commune urbaine de Kayes et commune rurale de Diéma). Sur la base d’une

9
estimation des populations de ces localités, on extrait l’échantillon : n, considéré comme taux
de sondage.
Tableau1. Répartition de la population par zone, localité, et par sexe

Zone : Commune Localité Population
Hommes Femmes
Kayes n'di 15864 14511
Kayes
Com urb KAYES Khasso 8286 8203

Lafiabougou 13139 12247

Légal Ségou 8364 7991

Liberté 9431 8902
Plateau 10051 9330
Samé Samé Ouolof 894 814
Liberte dembaya Diala 1102 942
Koula Mamaribougou 242 256
Liberte dembaya Koumbamandiya 122 129
Total Kayes h et 67475 63325
f
Total gK 130800
Diéma
Commune de Diéma ville 6695 6124
Diéma

Béma Béma 2455 2731
Fassoudebé Fassoudebé 1231 1274
Lambidou Lambidou 4466 4829
Total Diéma h f 14847 14958
Total gD 29805
Total : 9 14 82322 78283
Total général 160.605
Source : extrait du RGPH, mars 2013

En se référant aux lois statistiques (si la population mère concernée par l’étude étant
supérieure à 10 0000 habitants), le taux de sondage (n) se situe entre 1/1000ème et 1/10
000ème.
Pour le principe de la représentativité de l’échantillon, il est retenu un taux de sondage de
1/1000ème avec la formule suivante :

n = Nx 1/1000 ;
Où, n= taux de sondage ; N= Population totale estimée ;

10
- Détermination de la taille de l’échantillon dans les localités concernées dans la commune
urbaine de Kayes
nK = NK x 1/1000
nK = 142928,69x 1/1000, donc nk= 130800x1/1000, soit sensiblement, nK=143 habitants
pour la zone Kayes ;
Pour la zone Diéma, on applique le même principe, ce qui donne :
nD= NDx1/1000, donc nD= 32568,72, soit sensiblement, nD= 33 habitants
NB : Afin de réduire la marge d’erreur liée aux non-réponses, il convient d’estimer à environ
8% le taux de ce phénomène. Ainsi, la proportion des non-réponses dans les différentes
localités est déterminée par la formule suivante : tn = nK x 8/10000.
On a tn = 143 x 8/100 soit tn = 11,44 individus, que nous ramenons à 11 individus.
La taille de l’échantillon global de la zone de Kayes devient donc : EK = nK + tn.
On a EK = 143 + 11 soit EK = 154individus.
Pour la zone de Diéma, on aura une marge d’erreur de :
tn= 32x8/100= 2,56 que nous ramenons à3. La taille de l’échantillon global de Diéma devient
donc : ED=nD+ tn. On a ED= 32+3= 35 individus
En appliquant cette approche à l’ensemble des zones de l’étude ; qui en 2013, comptait pour
l’ensemble des localités concernées par l’étude, une population de 160605 habitants environ.
Si on y ajoutait le taux de croissance de 3% annuel de la population en général, cela donne
une population totale en 2016, d’environ175497,41 habitants.
Pour obtenir le taux de sondage, on aura, nKD=NKDx1/1000, donc,
ce qui donne, nKD= 175497,41x1/1000=175,497, ce que l’on peut ramener à 175 individus,
si l’on ajoute la marge d’erreur, on aura nt=nKDx8/100, cela donne, 1750x8/100=14, la taille
globale de l’échantillon devient donc, 175+12=177individus,si nous considérons que ces
données datent de la publication du rapport définitif du RPGH(2013) ; mais si nous
considérons que les chiffres reflètent la période de 2009, alors, entre 2009 et 2016, on aura
environ : 207 individus pour la taille de l’échantillon d’individus à sonder.
Au regard de ces chiffres, quel que soit le chiffre pris en compte entre 177, ou 207, ces
chiffres paraissaient assez réduits pour être représentatifs. En considérant un nombre
maximum d’individus pour l’ensemble des deux localités, on a pu aboutir pour l’ensemble des
deux zones, et pour les acteurs clés de la pratique de l’excision, à ces chiffres, à savoir :
-Les chefs de ménages, 186 individus ;
-Les femmes mères des filles excisées, soit, 216individus ;
-Les jeunes filles concernées, par l’excision, soit, 217individus ;
11
-Les leaders communautaires au nombre de 23individus touchés.
Ce qui donne un total de 642 individus comme taille globale de l’échantillon.
Compte tenu de l’homogénéité des groupes cible par rapport au phénomène étudié, ces
chiffres, sans excès de triomphalisme4, nous semblent assez représentatifs des groupes cible
direct des zones de l’étude.
Sans base de données fiable pouvant permettre de sélectionner les individus à enquêter dans
les ménages, la technique des pas a été le procédé retenu. Elle a permis d’étendre l’enquête
sur toute l’aire géographique en évitant ainsi les biais spatiaux. Il s’agit à cet effet :
- de repérer un point fixe considéré comme point de départ (maison du chef, centre du
village, le marché, l’église, etc.) ;
- d’interroger les personnes enquêtées dans les 3es ménages à partir du point de départ (y
compris) en faisant face au Nord et en tournant dans le sens des aiguilles d’une montre.
NB : Ce procédé n’est pas rigide. Il a été adapté à la position du village en prenant soin que
l’enquête couvre géographiquement tout le village.
Les consignes particulières d’enquête ont par ailleurs contraint à interroger une personne par
ménage en alternant le sexe des personnes enquêtées consécutivement.
De même pour respecter les tranches d’âge ciblées, il a été enquêté une personne adulte et un
enfant dans deux ménages consécutifs.
Après leur collecte, les données ont été saisies et traitées au moyen des logiciels Modalisa
(pour le dépouillement des questionnaires), Word (pour les transferts des données et la
construction des tableaux, graphiques et pour la mise en forme)

2.5. Le Type d’étude :
Il s’agissait d’une étude transversale à un passage unique, elle consistait à collecter des
informations sur l’excision auprès des populations de l’étude ci-dessus définies.

2.6. Les Techniques et instruments de collecte de données :
Il a été utilisé pour la collecte des données, des entretiens individuels, et des focus groupe
pour recueillir des informations.
Les outils utilisés sont entre autres :
- Une fiche d’enquête pour les Ménages (époux et mères de filles victimes, ou possibles
victimes de l’excision ; ou leurs tuteurs
- Une fiche d’enquête pour les jeunes filles de 8 à 15 ans non mariées;
4
Un des pères fondateurs de la sociologie moderne, en la personne de August COMTE, disait dans un de ses
ouvrage de philosophie, « Ne soyons pas esclaves des chiffres », ce que l’on peut traduire par, que les chiffres
ne doivent pas être un handicap à l’action, ils doivent servir de canevas pour l’action.
12
- Une fiche d’enquête pour l’administration et professionnels de santé ;
- Une fiche d’enquête pour les leaders communautaires (Chef de village/quartier,
représentant catholique/protestant, imam, maire, femme leader membre d’association
féminine, jeune leader d’association de jeunes, etc.).
Pour la collecte des données, des binômes d’enquêteurs ont été constitués. Les superviseurs et
les chefs d’équipe se sont occupés du personnel sanitaire, des personnes ressources, et des
religieux de la zone d’enquête.

2.7. La période de l’étude :
L’étude a débuté le 16 novembre 2016, et tout le processus de traitement et de production du
rapport provisoire a pris fin le 25 janvier.

2.8. La durée de l’étude :
L’étude a duré 60 jours à partir du délai de démarrage effectif de l’étude.

2.9. L’analyse et le traitement des données :
L’analyse et le traitement des données ont été effectués par le logiciel Modélisa 5.1, qui est un
logiciel d’analyse bien adapté pour le traitement des données quantitatives et qualitatives.

2.10. Critères d'évaluation
Les critères d’évaluation ont été articulés autour de :
o La connaissance ;
o La perception ;
o Les attitudes ;
o La pratique de l’excision ;
o Les perspectives de changement de comportement, etc.

2.11. Le Contrôle de qualité
Le contrôle de la qualité globale de l’étude a été assuré par le consultant principal à travers la
conception des outils de collecte des données, la formation de l’équipe, le prétest après
formation et la supervision.
Sur le terrain, la qualité a été assurée par des questions filtres, qui ont permis de savoir si
l’enquêteur avait la bonne personne devant lui.
- Les enquêteurs ont veillé à administrer correctement les outils de collecte des données, en
respectant les filtres de contrôle.

13
- Les superviseurs ont veillé au bon remplissage des outils de collecte et à la qualité des
réponses à toutes les étapes. En tant que chefs d’équipe, ils ont à cet effet coordonné toutes les
activités de collecte sur le terrain, vérifié quotidiennement les données et centralisé les fiches.

2.12 Éthique et déontologie de l’étude
Le thème de l’excision est très sensible au Mali, et auprès des populations cibles, dans le
cadre de la présente étude, nous avons pris des précautions pour un respect strict du cadre
éthique et déontologique. Pour ce faire, l’information a été donnée au préalable à toutes les
personnes qui ont pris part à l’étude. Le consentement éclairé des participants adultes et
majeurs a été sollicité et obtenu avant le début de l’enquête. Pour les filles mineures, le
consentement de leurs parents, ou tuteurs (responsable au moment de l’enquête) a été obtenu
au préalable.

La confidentialité de l’étude a été respectée tout au long du processus.

2.13 Les difficultés de l’étude
Les difficultés majeures de l’étude ont été entre autres ; l’accès aux groupes cibles ; en effet,
certaines personnes en raison de la période des récoltes n’étaient pas toujours disponibles sur
place, il a fallu attendre leur retour et moment de disponibilité pour réaliser l’entretien.

La sensibilité du thème a constitué à certains égards des difficultés au moment de poser
certaines questions, et enfin, la barrière linguistique (Sarakolé) a constitué une difficulté pour
la zone de Diéma. Malgré ces difficultés, l’enquête a pu se dérouler dans des bonnes
conditions et a abouti à des résultats probants.

2.14. La revue de la documentation
Elle a consisté à réunir et analyser toute la littérature disponible sur le sujet au Mali et
ailleurs, se rapportant au thème et aux différentes zones d’études.

Au Mali, il existe plusieurs documents sur le l’excision et les MGF, mais la documentation
spécifique sur le rapport sur les conséquences de l’excision et les droits des femmes et des
filles ne sont pas très nombreux.

Au cours de nos recherches, nous avons pu accéder à certains nombres de documents, ils ne
sont pas exhaustifs. C’est ainsi que, nous avons pu réunir quelques documents sur le sujet,
entre autres :

14
-le document de l’UNICEF en collaboration avec le centre Innocenti, « Changer une
convention sociale néfaste : la pratique de l’excision génitale féminine », UNICEF 2005-
2008.

Ce document fait sortir que chaque année, trois millions de filles et de femmes subissent
l’excision/mutilation génitale, intervention dangereuse, voire mortelle, ainsi que source de
douleurs et de maux indicibles. Et en tant que pratique, qu’elle viole les droits humains
fondamentaux des filles et des femmes, car elle les prive de leur intégrité physique et mentale,
de leur droit à une existence exempte de violence et de discrimination, et dans le pire des cas,
de la vie même.

Le document mentionne également que la question de l’excision/mutilation génitale féminine
(E/MGF) concerne le monde entier. Cette pratique a lieu non seulement dans certaines
communautés d’Afrique et du Moyen-Orient, mais également au sein des communautés
d’immigrés à travers le monde. En outre, des données récentes ont révélé qu’elle est bien plus
épandue qu’on ne pensait. Aujourd’hui encore, elle constitue une des violations des droits
humains les plus obstinées, les plus agressives et les plus soumises à la loi du silence.
Ce Digest Innocenti examine la dynamique sociale de l’E/MGF. Dans les communautés où
elle est pratiquée,
l’E/MGF détient un rôle important au niveau de l’identité culturelle et de genre des femmes et
des filles. Le procédé transmet un sentiment de fierté, d’entrée dans l’âge adulte et
d’appartenance à la communauté. De plus, le refus de s’y conformer stigmatise et isole les
filles et leurs familles, entraînant la perte de leur statut social. Il s’agit d’une convention
sociale profondément enracinée si puissante que, sous la pression de la communauté, c’est
pour le bien de leurs filles que les parents souhaitent qu’elles soient excisées. Le poids social
de l’E/MGF représente un obstacle majeur pour les familles qui sinon choisiraient peut-être de
renoncer à cette pratique.

Ce Digest Innocenti apporte une contribution au mouvement croissant visant à mettre fin à
l’E/MGF dans le monde entier. Dès 1952, la Commission des droits de l’homme des Nations
Unies a adopté une résolution sur la question. La Convention de 1979 sur l’élimination de
toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes a marqué une étape importante dans
la reconnaissance des conséquences de l’E/MGF en matière de droits humains. Dans la
Convention relative aux droits de l’enfant de 1989, le procédé a été dénoncé à la fois comme

15
pratique traditionnelle néfaste compromettant le droit de l’enfant au meilleur niveau de santé
possible, et comme une forme de violence. La question a été régulièrement suivie par le
Comité des droits de l’enfant ainsi que par d’autres instances issues d’un traité et d’autres
dispositifs concernant les droits humains.
-"Fondements sociaux de l’excision dans le Mali du XXIe siècle ", octobre 2006, Christine
Bellas Cabane, REVUE Asylon (s), N°1, octobre 2006, Les persécutions spécifiques aux
femmes. , url de référence: http://www.reseau-terra.eu/article485.html

Ce document de recherche a été réalisé selon son auteure, avant tout pour tenter de
comprendre pourquoi le débat sur la pratique de l’excision est entravé par un flot
d’accusations passionnées et haineuses peu propices à l’avancée du problème. Elle affirme
qu’elle a pressenti dès le début de sa réflexion, que « les enjeux qui sous-tendent l’abandon de
l’excision, dépassent très largement la problématique de la survivance d’une pratique
coutumière ».
L’auteur insiste sur la logique ou les logiques des acteurs qui ne voient pas les choses de la
même façon.
Nous partageons ce point de vue axé sur les logiques des acteurs 5 « J’ai donc émis
l’hypothèse que le thème de l’excision suscite tant de passion et d’incompréhension rageuse
parce qu’il cristallise l’opposition entre les logiques et les valeurs antagoniques, fondatrices
de deux cultures différentes : traditionnelle africaine et occidentale actuelle ».
Dans son ouvrage, l’auteure pose des questions essentielles à la compréhension du
phénomène :
« Quelques questions de recherche posées par l’auteure restent très intéressantes pour notre
étude, à savoir :
« Quelles raisons évoque-t-on pour son maintien ou son abandon ?

Quels sont les arguments développés par les différentes catégories de personnes interrogées ?

Les femmes voient-elles l’excision comme une mutilation visant à les asservir selon la
conception occidentale ? Existe-t-il d’autres raisons à leur opposition ?

L’idéologie religieuse islamique contribue-t-elle au maintien de la pratique ?

L’identité professionnelle influence-t-elle la prise de position des acteurs sociaux, ou reste-t-
elle marquée par leur origine culturelle ?

5
Voir J.O.De SARDAN, in «Socio-Anthropologie du développement », 1992.
16
Quels sont les déterminants dans leurs itinéraires de vie qui ont marqué leur choix ? Se sont-
ils sentis libres de l’affirmer ?

4°) Sur le plan juridique et social : à qui reconnaît-on la responsabilité de la décision ? À la
mère, aux parents proches, au groupe familial élargi ?

- S’il y a conséquence grave, est-il envisageable de porter plainte et contre qui ?

Quel pourrait être le rapport entre une loi d’État qui interdirait l’excision et la loi coutumière
qui la prescrit ?

5°) Qui pourrait porter l’initiative ou la dynamique d’un changement ?

- Les femmes ?

Quel est leur impact social : dans le groupe familial ? Dans leurs fonctions sociales,
professionnelles et politiques ?

- Les hommes ?

Prennent-ils position ? Au plan familial ? Au plan social ?

- Les groupes professionnels ?

- L’État ?

- Les organisations internationales ? ».

Sur les textes en matière d’excision, l’auteur mentionne :

« Il n’y a pas de loi interdisant l’excision au Mali. Aucun texte ne la condamne nommément ;
seule une circulaire interdit sa pratique à l’intérieur des établissements de soin [13]. Les
articles du Code pénal [14] condamnant les coups et les blessures et les pratiques contraires à
la santé permettent théoriquement de saisir la justice, mais il n’existait au moment de
l’enquête aucun cas de jurisprudence.

Autour de ce constat, elle pose plusieurs questions se posent :

-« Y a-t-il intention de nuire ? Même ceux qui la condamnent considèrent que l’excision est
pratiquée sans intention de nuire. En toute bonne foi, la famille fait exciser ses filles, « au
nom du bien de l’enfant », car pour beaucoup, il n’y a pas de pire maltraitance que la
marginalisation dont sont victimes les fillettes non excisées ».

17
- « Qui est responsable, qui décide l’acte, qui faut-il condamner ? La décision est prise
collectivement par la famille. La mère ? Ce n’est pas elle qui prend la décision. Même si elle
refuse que sa fille soit excisée, elle n’est pas écoutée, si son mari ne la soutient pas ».

L’exciseuse, ou l’agent de santé ? Ils ne font qu’obéir au groupe familial.

Le groupe familial dans son ensemble ? En fait, ces questions pourraient être résolues s’il y
avait un texte de loi clair condamnant l’excision. Le problème sous- jacent, c’est celui de la
remise en cause d’une décision prise par le groupe familial dans un domaine encore
strictement privé.

Dans sa conclusion, l’auteur retient la difficulté pour les juristes de pouvoir ménager le droit
positif et la cohésion sociale à partir d’une décision collective incluant la famille et la
communauté directe.

Ces différents passages de ce travail à nos yeux, constituent des éléments de référence pour
une meilleure compréhension du phénomène de l’excision sur un plan socio culturelle, mais
sous le regard extérieur sans beaucoup de parti pris. Le document à l’avantage d’explorer
beaucoup des contours des questions relatives à l’excision et sur les aspects juridiques, et du
droit de la femme et des filles, ce qui est l’objet de notre étude.

-Rapport de mission, « Les mutilations génitales féminines au Mali », O.F.P.R.A(Office
Français pour la protection de Réfugiés et apatrides) Bamako-Kayes 12-18 novembre
2008 ; ce document fait une analyse assez profonde de la situation de l’excision au Mali, il
touche les aspects de la prévalence, de l’évolution de la pratique, les résistances, la lutte
contre l’excision, l’opposition collective et individuelle, les conséquences, etc. La lecture de
ce document permet de comprendre certains contours de la problématique de l’excision, sans
être exhaustif, comme les auteurs et mêmes l’on bien mention de « l’avant-propos ».

Ce document à l’avantage de faire une analyse document, mais aussi de donner la parole à des
acteurs majeurs dans la lutte contre l’excision. Il mentionne qu’après 30ans lutte, les résultats
restent limités, sans dire exactement pourquoi. Il a l’avantage d’avoir fouillé beaucoup
d’aspects liés à l’excision au Mali.

-L’excision au Mali, Mythes, réalités et perspectives, Représentation du Fonds des Nations
unies pour la population (FNUAP) au Mali, juin, TRAORE Lamine Boubacar,
2008, 38 p.

18
Ce document est le fruit d’un acteur majeur dans la mise en œuvre des politiques et stratégies
de lutte contre l’excision au Mali, l’auteur fait une présentation assez approfondie de la
problématique de l’excision au Mali, les expériences, les réussites et les échecs. Il donne une
vision générale sur la lutte et les difficultés, les difficultés pour la prise d’une contre
l’excision au Mali, l’opposition de certaines populations et acteurs sur place. Le document
reste assez descriptif de la situation de l’excision et mérite une lecture.

En plus de ces documents de base, nous avons analysé des articles et autres documents sur le
net, ils ne sont pas exhaustifs sur la question.

19
3. Résultats

3.1. Caractéristiques sociodémographiques de l’échantillon
 Chefs des ménages, époux des mères des filles de 0 à 15 ans

Région/District
Tableau 2 : Chefs des ménages, époux des mères des filles de 0 à 15 ans

Zone Effectifs %
Kayes 120 64,5%
Diéma 66 35,5%
Total 186 100,0%

N = 186
Tableau 3 : Répartition des chefs de ménages selon l’âge
Âge Effectifs Pourcentage
29 –41ans 45 24,19
42 – 51 ans 61 32,79
52—61ans 50 26,88
62—91ans 30 16,12

Ethnies prédominantes :

Bambara : 43 (23%)

Sarakolé : 78 (42%)

Peul : 58 (31%)

Autres : 7 (04%)

Religion :

Musulman : 179 (96,07%)

Chrétien : 4 (02%)

Autres : 2 (1,03%)

20
 Mères des enfants de moins de 15 ans
Tableau 4 : Mères des enfants de moins de 10ans
. Effectifs %
Non-réponse 1 0,5%
Kayes 140 64,8%
Diéma 75 34,7%
Total 216 100,0%

N = 216
Tableau 5: Répartition des mères des Filles de 0 à 15ans, selon l’âge
Âge Effectifs Pourcentage
21—32 ans 87 40,27
33—44 93 43,05
45—50 et plus 36 16,66

Ethnie prédominante des mères:
Bambara : 86 (39,81%)
Sarakolé : 96(44,44%)
Peul : 21 (9,72%)
Autres : 13 (6,01ù)
Religion :
Musulmane : 207 (95,83%)
chrétiennes : 07 (3,24%
autres : 02 (0,9%)
 Filles de moins de 15 ans enquêtées
Tableau 6 : Filles de moins de 15 ans enquêtées
Zone Effectifs %
Kayes 139 64,1%
Diéma 78 35,9%
Total 217 100,0%
N= 217
Tableau 7: Répartition suivante tranches d’âge
Âge Effectifs Pourcentage
8 – 10 ans 35 16,12
11 – 13 ans 103 47,46

21
14- -17 ans 79 36,40
Ethnie prédominante :

Bambara : 91(41,93%)

Sarakolé : 101(46,54%)

Peul : 23(10,59%)

Autres : 02(0,92%)

Religion :

Musulmane : 209(96,3%)

Chrétiennes : 06(2,76%)

Autres : 02(0,92%)

 Leaders communautaires (Chefs de villages, chef de quartiers(14), imams(9),
prêtres(2),
(des imans de certains villages (n’ont pas voulu prendre part à l’enquête)
N= 23
Âges :
49-60 ans 21.73% (5/23)
60- 97 ans 78.26% (18/23)
Religion :
Musulman : 20 (86,95%)
Chrétien : 2(8,69%)
Autres : 1(4,34)

 Professionnel de santé
N= 22
Médecins : 3(13,36%)
Infirmière/sage-femme : 13(59,09%)
Matrones : 5(22,72%)
Aide –soignant :1 (4,54%)
Total nombre de personnes touchées par l’étude : 664individus

22
3.2. La Prévalence de l’excision :
Tableau 8 : Répartition des filles ayant reconnu avoir subi la pratique de l’excision
Effectifs %
Non-réponse 4 1,8%
Oui 180 82,9%
Non 22 10,1%
Ne sait pas 11 5,1%
Total 217 100,0%
Sur ce tableau 8, on peut noter que 82,9% des filles interrogées ont reconnu avoir subi la
pratique de l’excision, contre 10,1% qui ont dit ne pas avoir subi la pratique de l’excision.
Ces chiffres donnent une tendance sur la prévalence du phénomène chez les filles de moins de
15ans.
Tableau 9 : Répartition des mères des filles de moins 15ans ayant reconnu avoir fait
subir la pratique sur sa fille, ou une proche parente (nièce, petite-fille) :’
Effectifs %
Non-réponse 1 0,5%
Oui 183 84,7%
Non 32 14,8%
Total 216 100,0%
Sur ce tableau 9, on peut noter que 84,7%des mères ont reconnu avoir fait subir la pratique de
l’excision sur sa fille, ou une proche parente, contre 14,8% des mères qui ont répondit non,
avoir fait subir la pratique à sa fille, ou à proche parente. Ces chiffres sont dans une même
fourchette que l’avis des filles qui ont reconnu avoir subi la pratique.

Tableau 10 : Répartition des chefs de ménages ayant reconnu que leur fille ou proche
parente avoir subi la pratique de l’excision :
Effectifs %
Non-réponse 8 4,3%
Oui 147 79,0%
Non 31 16,7%
Total 186 100,0%

Sur ce tableau 10, on peut noter que 79,0% des chefs de ménage ont reconnu avoir fait subir
la pratique de l’excision sur sa fille, ou à proche parente, contre 16,7% des chefs de ménage
qui ont répondu non, avoir fait subir la pratique à sa fille ou à proche parente. Ces chiffres
sont dans une même fourchette que celle des mères et des filles.

23
Tableau 11 : Répartition des leaders ayant reconnu avoir pratiqué, ou eu connaissance
de quelqu’un qui a pratiqué l’excision sur sa fille, ou une proche parente :
Avez-vous pratiqué, ou avez-vous connaissance de quelqu’un qui a pratiqué l’excision sur une
fille ?
Répondant Effectifs %
Oui 21 91,31%
Non 2 8,69%
Total 23 100,0%
Sur ce tableau 11, on peut voir que 91,31% des leaders communautaires, ont reconnu avoir
pratiqué, ou avoir connaissance de la pratique de l’excision sur sa fille, ou sur une proche
parente, contre 8,69% de non, avoir pratiqué, ou avoir connaissance de la pratique de
l’excision sur sa fille, ou sur une proche parente.
Au regard de ces différents chiffres recueillis auprès des acteurs clés de la pratique de
l’excision, on peut estimer que la prévalence de celle-ci se situerait à plus de 80%, soit
environ : 83,02%,à partir de la moyenne de l’ensemble de ces groupes.

3.3. Connaissances de la pratique de l’excision dans le milieu :
A. Chez les leaders communautaires :
Tableau 12 : Avez-vous eu connaissance, ou avoir entendu des messages sur la pratique
de l’excision dans votre milieu :

Effectifs %
Oui 23 100,0%
Total 23 100,0%
Sur ce tableau 12, on peut voir que les répondants dans leur majorité à 100% ont répondu par
Oui, avoir entendu, ou eu connaissance de la pratique de l’excision.

Source prédominante :
-Membre de la famille : 80%
-Association/ONG/Média : 60% ;
-Leaders religieux : 60%
-Personnel de santé : 30%
B. Chez les femmes, mères des filles de moins de 15ans :
Tableau 13 : Avez-vous connaissance, ou avoir déjà entendu des messages sur l’excision ?
Effectifs %
Oui 214 99,1%
Non 2 0,9%
Total 216 100,0%

Sur ce tableau 13, on peut noter que les mères dans leur majorité à 99,1% ont répondu Oui
avoir connaissance ou déjà entendu des messages sur l’excision.
24
Source prédominante :
-Membre de la famille : 62,5%
-Média : 56,5%
-Association/ONG : 23,6%
-Personnel de santé : 21,8
C. Chez les chefs de ménages :
Tableau 14: Avez-vous connaissance, ou avoir déjà entendu des messages sur l’excision ?
Effectifs %
Oui 179 96,2%
Non 7 3,8%
Total 186 100,0%
Sur ce tableau 14, on peut noter que les chefs de ménages dans leur majorité à 96,2% ont
répondu Oui avoir déjà entendu des messages sur l’excision, contre 3,8% de non.

Source prédominante :
-Membre de la famille : 51,1%
-Association/ONG : 10,8%

D. Chez les filles :
Tableau 15 : Avez-vous entendu, ou eu connaissance de la pratique de l'excision dans
votre milieu
Effectifs %
Non-réponse 1 0,5%
Oui 210 96,8%
Non 6 2,8%
Total 217 100,0%
Sur ce tableau 15, on peut noter que 96,8% des jeunes filles interrogées ont répondu par OUI,
avoir entendu, ou prit connaissance de la pratique de l’excision dans leur environnement.
Source prédominante :
-Membre de la famille : 59,0%
-Média : 48,8%
-Enseignant : 23,0%
-ONG/Association : 20,7%
Au regard de ces différents chiffres, on peut voir que tous les acteurs clés ont entendu, ou eu
connaissance de la pratique de l’excision. La source de l’information la plus prédominante
reste : la famille (à travers un membre), à plus de 50% pour toutes les cibles confondues. Que
cette source soit la plus prédominante, marque certainement, le vécu direct de la pratique par
les répondants.

25
3.3.1. Connaissance sur la relation de l’excision et les problèmes de santé :
A. Chez les leaders communautaires :
Tableau 16 : Avez-vous connaissance des problèmes de santé que l’excision poserait?
Effectifs %
Oui 10 43,47%
Non 13 56,53%
Total 10 100,0%
Sur ce tableau 16, on peut noter que 43,47% des leaders communautaires ont répondu par
Oui, connaitre des problèmes de santé liés à l’excision, contre une majorité de 56,53% qui ont
répondu par Non.
À la question, «Si oui, lesquels ? » : dans les réponses, les problèmes les plus cités sont :
l’hémorragie à 30%, les difficultés d’écoulement du sang menstruel ; d’accouchement
difficile, de cicatrices à 10% respectivement.

B. Chez les chefs de ménages :
Tableau 17 :Avez-vous connaissance des problèmes de santé que l’excision poserait?
Effectifs %
Non-réponse 2 1,1%
Oui 101 54,3%
Non 83 44,6%
Total 186 100,0%
Sur ce tableau 17, on peut noter que 54,3% des répondants ont répondu par Oui, connaitre des
problèmes de santé.
À la question de savoir lesquels : les problèmes les plus cités sont : l’hémorragie à 32,3% ;
l’infection à 23,1% ; l’accouchement difficile à 25,%, ensuite suivent la rétention de l’urine et
la cicatrisation, à 15% environ respectivement.
C. Chez les femmes, mères des filles de moins de 15ans :
Tableau 18 : Avez-vous connaissance des problèmes de santé que l’excision poserait?
Effectifs %
Non-réponse 3 1,4%
Oui 148 68,5%
Non 65 30,1%
Total 216 100,0%
Sur ce tableau 18, on peut noter que 68,5% des femmes mères des filles de moins de 15ans
ont répondu par Oui, connaitre les problèmes liés à l’excision.
À la question de savoir lesquels ? Les problèmes les plus cités ont été : l’accouchement
difficile, à 40,7% l’hémorragie, à 38,9% ; l’infection, à 29,6%.

26
D. Chez les filles :
Tableau 19 : Avez-vous connaissance des problèmes de santé que l’excision poserait?
Effectifs %
Non-réponse 4 1,8%
Oui 138 63,6%
Non 75 34,6%
Total 217 100,0%
Sur ce tableau 19, on peut noter que la majorité des filles à 63,6% ont répondu par Oui,
connaitre des problèmes de santé liés à l’excision.
À la question de savoir lesquels ? Il ressort des réponses : l’accouchement difficile, à 45,2 ;
l’hémorragie, à 36,4%, et l’infection, à 31,3%.
L’analyse de ces différents chiffres sur la connaissance des problèmes de santé liés à
l’excision, il ressort que la majorité des répondants, à plus de 50%, exception faite aux leaders
communautaires connaissent des problèmes liés à l’excision. Les problèmes les plus cités sont
l’hémorragie, l’accouchement difficile, et les infections.
3.3.2. Connaissance sur la relation de l’excision et la violation des droits de la femme et
de la fille :
A. Chez les leaders communautaires :
Tableau 20 : Avez-vous connaissance des textes législatifs au Mali
Effectifs %
Oui 1 10,0%
Non 22 90,0%
Total 23 100,0%
Sur ce tableau 20, on peut noter que 10% des leaders communautaires ont répondu Oui, avoir
connaissance des textes législatifs au Mali, contre une majorité de 90% qui ont répondu par
non.

Le personnel de santé nous a dit que la constitution du Mali interdit la pratique de l'excision,

.

27
B. Chez les chefs de ménages :
Tableau 21 : Avez-vous connaissance des textes législatifs au Mali
Effectif %
s
Oui 21 11,3%
Non 165 88,7%
Total 186 100,0%
Sur ce tableau 21, on peut noter que 11,3% des chefs de ménages ont répondu par Oui, avoir
connaissance des textes législatifs au Mali, contre 88,7% de non.

Quels sont les textes législatifs que vous connaissez ?
À cette question, voici les éléments de réponses :

Agents de santé et les médias ;
Chaque jour on attend a la radio l'interdiction ;
Code de la famille ;
Elle peut causer le saignement des filles ;
J’ai entendu plusieurs fois, mais j'ai retenu les noms ;
Je ne connais pas le nom du texte, mais elle existe quand même ;
Je ne connais pas les noms, mais je connais leurs existences ;
Je ne les connais pas ;
Je ne sais pas ;
La constitution du mali du 28 février 1992 ;
Le centre de santé ;
Le code de la famille, teste relatifs des droits des femmes sur le plan sous régional ;
Les médias ;
Je ne connais pas le nom ;
Religion ;
Religion islamique.

Source : enquête Kayes et Diéma 2016
Ces différents éléments de réponses sont restés dans des généralités, à aucun moment, un
texte législatif n’a pu être nommément cité, ce qui donne une idée de la méconnaissance, ou
d’insuffisance de connaissance sur les textes législatifs en rapport avec l’excision.
C. Chez les femmes, mères des filles de moins de 15ans
Tableau 22 : Avez-vous connaissance des textes législatifs au Mali
Effectifs %
Oui 14 6,5%
Non 202 93,5%
Total 216 100,0%
Sur ce tableau 22, on peut noter que 6,5% des mères de filles ont répondu Oui, contre une
majorité de 93,5% de non.

À la télé
À travers les ONG
Ces informations ont été données par les agents dans une
conférence
Droits humains
Je ne connais pas le nom
L'intégrité physique
La constitution du mali 28
Les informations à la telle
Mais je ne connais pas son nom
Santé de la production
D. Chez les filles :
Tableau 23 : Avez-vous connaissance des textes législatifs au Mali

Effectifs %
Oui 114 50,23%
Non 103 49,77%
Total 217 100,0%
Sur ce tableau 23, on peut noter que 50,23% des filles ont répondu Oui, contre 49,77% des
filles qui ont répondu par non.
Au regard de ces chiffres, on peut noter que les leaders communautaires, les chefs de
ménages, ainsi que les mères des filles ont majoritairement répondu non, n’avoir pas de
connaissance sur les textes législatifs au Mali interdisant la pratique de l’excision sauf les
filles de moins de 15 ans qui ont répondu Oui, avoir des connaissances sur les textes
législatifs avec un pourcentage de 50,23%.
Tableau 24 : La pratique de l’excision viole-t-elle les droits d’une fille ?
Effectifs %
Non-réponse 1 0,5%
Oui 109 50,2%
Non 107 49,3%
Total 217 100,0%
Sur ce tableau 24, on peut noter que 50,2% des filles ont répondu OUI que la pratique de
l’excision viole les droits d’une fille, contre 49,3% des filles qui ont répondu non, que la
pratique de l’excision ne viole pas les droits d’une fille.

Non-réponse
Intégrité physique
Intégrité morale (être joyeux)
Droit à la santé (sexuelle et reproductive)
Droit à l’épanouissement social et individuel (aimée et être aimée)
Autres à préciser
Total/ interrogé

29
3.4. Attitudes et perceptions des acteurs de la pratique de l’excision
A. Chez les leaders communautaires :
Tableau 25 : Pensez-vous que l’abandon l’excision est une façon de respecter les droits
Effectifs %
Oui 3 13,04%
Non 20 86,95%
Total 23 100,0%
Sur ce tableau 25, on peut noter 13,04% des leaders communautaires ont répondu Oui, que
l’abandon de l’excision est une façon de respecter les droits d’une fille, contre 86,95% des
leaders communautaires qui ont répondu Non.

À la question « si oui lesquels? » : dans les réponses les problèmes les plus cités sont : droit à
la santé 60,86%, physique 13,04%, à la morale 4,34% respectivement
Tableau 26 : Êtes-vous prêt à abandonner l’excision ?
Effectifs %
Oui 10 40,0%
Non 10 40,0%
Ne sait pas 2 20,0%
Total 23 100,0%
Sur ce tableau 26, on peut noter que 40,0% des leaders communautaires ont répondu Oui,
qu’ils sont prêts à abandonner l’excision, contre 40,0% de Non et 20,0% Ne savaient pas s’ils
sont prêts à abandonner l’excision.
Tableau 27 : Seriez-vous d’accord avec quelqu’un qui veut, ou ne veut pas faire exciser
Effectifs %
Non-réponse 2 20,0%
Oui 3 13,04%
Non 18 78,26%
Total 23 100,0%
Sur ce tableau 27, on peut noter que 13,4% des leaders communautaires ont répondu Oui,
qu’ils seraient d’accord avec quelqu’un qui veut ou ne veut pas exciser sa fille, contre 78,26%
qui ont dit Non, qu’ils ne seraient pas d’accord avec quelqu’un qui veut ou ne veut pas faire
exciser sa fille
Tableau 28 : Si l’on vous demandait d’abandonner cette pratique pour le bien-être de la
Effectifs %
Oui 10 43,47%
Non 10 43,47%
Ne sait pas 3 8,7%
Total 23 100,0%
Sur ce tableau 28, on peut noter 43,47% des leaders communautaires ont répondu par Oui,
qu’ils accepteraient d’abandonner la pratique de l’excision pour le bien-être de la fille, contre
43,47% qui ont répondu Non et 8 ,7%" Ne sais pas".

30
Tableau 29 : Pensez-vous que l’on doit lutter contre cette pratique ?
Effectifs %
Oui 9 39,13%
Non 10 43,47%
Ne sait pas 3 30,0%
Total 23 100,0%
Sur ce tableau 29, on peut noter que 39,13% des leaders communautaires ont répondu Oui
qu’on doit lutter contre pratique, contre 43,7% qui ont répondu Non et 30,0% Ne sait pas.
Tableau 30 : Accepterez-vous de participer à une lutte contre l’excision ?
Effectifs %
Oui 3 30,0%
Non 7 70,0%
Total 10 100,0%
Sur ce tableau 30, on peut noter 30,0% des leaders communautaires ont répondu Oui qu’ils
accepteraient de participer à une lutte contre l’excision, contre 70,0% qui ont répondu par
Non, qu’ils n’accepteraient pas de participer à une lutte contre l’excision.

Tableau 31 : Accepterez-vous à prendre part à une campagne de lutte contre cette
pratique
Effectifs %
Oui 3 30,0%
Non 7 70,0%
Total 10 100,0%
Sur ce tableau 31, on peut noter 30,0% des leaders communautaires ont répondu Oui qu’ils
accepteraient à prendre part à une campagne de lutte contre l’excision, contre 70,0% qui ont
répondu par Non, qu’ils n’accepteraient pas à prendre part à une campagne de lutte contre
l’excision.

Tableau 32 : Pensez-vous qu’on doit légiférer sur l’interdiction de la pratique de
l’excision
Effectifs %
Non-réponse 2 20,0%
Oui 3 30,0%
Non 5 50,0%
Total 10 100,0%
Sur ce tableau 32, on peut noter que 30,0% des leaders communautaires ont répondu Oui,
qu’on doit légiférer sur l’interdiction de la pratique de l’excision, contre 50,0% qui ont
répondu Non, qu’on ne doit pas légiférer sur l’interdiction de la pratique de l’excision.

31
B. Chez les chefs de ménages :
Tableau 33 : Pensez-vous que l’abandon l’excision est une façon de respecter les droits de la
femme/fille
Effectifs %
Non-réponse 1 0,5%
Oui 97 52,2%
Non 88 47,3%
Total 186 100,0%
Sur ce tableau 33, on peut noter que 52,2% des chefs de ménages ont répondu Oui, que
l’abandon de l’excision est une façon de respecter les droits de la femme /fille, contre 47,3%
qui ont répondu Non, que l’abandon de l’excision n’est pas une façon de respecter les droits
de la femme/fille.

À la question « Oui lesquels » : dans les réponses les droits les plus cités sont : la santé avec
50,5% ; physique avec 25,3% ; morale avec 14,0% et l’épanouissement avec 8,1%
respectivement.
Tableau 34 : Êtes-vous prêt à abandonner l’excision ?
Effectifs %
Non-réponse 1 0,5%
Oui 85 45,7%
Non 80 43,0%
Ne sait pas 20 10,8%
Total 186 100,0%
Sur ce tableau 34, on peut noter que 45,7% des chefs de ménages ont répondu Oui, qu’ils sont
prêts à abandonner l’excision, contre 43,0% qui ont répondu Non, qu’ils ne sont pas prêts à
abandonner l’excision et 10,8% de Ne sait pas
Tableau 35 : Si l’on vous demandait d’abandonner cette pratique pour le bien-être de la
femme/fille
Effectifs %
Non-réponse 3 1,6%
Oui 97 52,2%
Non 86 46,2%
Total 186 100,0%
Sur ce tableau 35, on peut noter 52,2% des chefs de ménages ont répondu Oui, qu’ils sont
prêts à abandonner cette pratique pour le bien-être de la femme/fille, contre 46,2% qui ont
répondu Non, qu’ils ne sont pas prêts à abandonner cette pratique pour le bien-être de la
femme/fille

32
Tableau 36 : Pensez-vous que l’on doit lutter contre cette pratique ?
Effectifs %
Non-réponse 2 1,1%
Oui 96 51,6%
Non 88 47,3%
Total 186 100,0%
Sur ce tableau 36, on peut noter que 51,6% des chefs de ménages ont répondu Oui, qu’on doit
lutter contre la pratique de l’excision, contre 47,3% qui ont répondu Non, qu’on ne doit pas
lutter contre cette pratique.
Tableau 37 : Accepterez-vous de participer à une lutte contre l’excision ?
Effectifs %
Non-réponse 2 1,1%
Oui 93 50,0%
Non 91 48,9%
Total 186 100,0%

Sur ce tableau 37, on peut noter que 50,0% des chefs de ménages ont répondu Oui, qu’ils
accepteraient de participer à une lutte contre l’excision, contre 48,9% qui ont répondu Non,
qu’ils n’accepteraient pas de participer à une lutte contre l’excision
Tableau 38 : Accepterez-vous à prendre part à une campagne de lutte contre cette pratique
Effectifs %
Non-réponse 3 1,6%
Oui 92 49,5%
Non 91 48,9%
Total 186 100,0%

Sur ce tableau 38, on peut noter que 49,5% des chefs de ménages ont répondu Oui, qu’ils
accepteraient à prendre part à une campagne de lutte contre cette pratique, contre 48,9% qui
ont répondu Non, qu’ils n’accepteraient pas à prendre part à une campagne de lutte contre
cette pratique
.Chez les femmes, mères des filles de moins de 15ans :
Tableau 39 : Pensez-vous que l’abandon l’excision est une façon de respecter les droits de la
femme/fille
Effectifs %
Non-réponse 2 0,9%
Oui 136 63,0%
Non 78 36,1%
Total 216 100,0%

Sur ce tableau 39, on peut noter que 63,0% des mères de filles de moins de 15 ans ont
répondu Oui, que l’abandon de l’excision est une façon de respecter les droits de la
femme/fille, contre 36,1% qui ont répondu Non, que l’abandon de l’excision n’est pas une
façon de respecter les droits de la femme/fille.

33
À la question « Oui lesquels » : dans les réponses les droits les plus cités sont : la santé à
61,6% ; physique à 18,1% ; morale à 12,0% et l’épanouissement à 7,4% respectivement

Tableau 40 : Êtes-vous prêt à abandonner l’excision ?
Effectifs %
Oui 122 56,5%
Non 77 35,6%
Ne sait pas 17 7,9%
Total 216 100,0%

Sur ce tableau 40, on peut noter que 56,5% des mères de filles de moins de 15 ans ont
répondu Oui, qu’elles sont prêtes à abandonner l’excision, contre 35,6% qui ont répondu
Non, qu’elles ne sont pas prêtes à abandonner l’excision et 7,9% de Ne sait pas
Tableau 41 : Seriez-vous d’accord avec quelqu’un qui veut, ou ne veut pas faire exciser
Effectifs %
Oui 104 48,1%
Non 72 33,3%
Ne sait pas 40 18,5%
Total 216 100,0%

Sur ce tableau 41, on peut noter que 48,1% des mères de filles ont répondu Oui, qu’elles
seront d’accord avec quelqu’un qui veut ou ne veut pas exciser sa fille, contre 33,3% qui ont
répondu Non, qu’elles ne seront pas d’accord avec quelqu’un qui veut ou ne veut pas exciser
sa fille et 18,5% de Ne sait pas

Tableau 42 : Pensez-vous que l’on doit lutter contre cette pratique ?
Effectifs %
Non-réponse 2 0,9%
Oui 128 59,3%
Non 69 31,9%
Ne sait pas 17 7,9%
Total 216 100,0%
Sur ce tableau 42, on peut noter que 59,3% des mères de filles ont répondu Oui, que l’on doit
lutter contre cette pratique, contre 31,9% qui ont répondu par Non, que l’on ne doit pas lutter
contre cette pratique et 7,9% de Ne sait pas.

34
Tableau 43 : Accepterez-vous de participer à une lutte contre l’excision ?
Effectifs %
Non-réponse 1 0,5%
Oui 128 59,3%
Non 73 33,8%
Ne sait pas 14 6,5%
Total 216 100,0%
Sur ce tableau 43, on peut noter que 59,3% des mères de filles ont répondu Oui, qu’elles
accepteraient de participer à une lutte contre l’excision, contre 33,8% qui ont répondu Non,
qu’elles n’accepteraient pas de participer à une lutte contre l’excision et 6,5% de Ne sait pas.

Tableau 44 : Accepterez-vous à prendre part à une campagne de lutte contre cette pratique
Effectifs %
Non-réponse 1 0,5%
Oui 128 59,3%
Non 74 34,3%
Ne sait pas 13 6,0%
Total 216 100,0%
Sur ce tableau 44, on peut noter que 59,3% des mères de filles ont répondu Oui, qu’elles
accepteraient à prendre part à une campagne de lutte contre l’excision, contre 34,3% qui ont
répondu Non, qu’elles n’accepteraient pas à prendre à une campagne de lutte contre l’excision
et 6% de Ne sait pas.

Tableau 45 : Pensez-vous qu’on doit légiférer sur l’interdiction de la pratique de l’excision
Effectifs %
Non-réponse 12 5,6%
Oui 119 55,1%
Non 85 39,4%
Total 216 100,0%
Sur ce tableau 45, on peut noter que 55,1% des mères de filles ont répondu Oui, qu’on doit
légiférer sur l’interdiction de la pratique de l’excision, contre 39,4% qui ont répondu Non,
qu’on ne doit pas légiférer sur l’interdiction de la pratique de l’excision.
D. Chez les filles :
Tableau 46 : Pensez-vous que l’abandon l’excision est une façon de respecter les droits de la
femme/fille
Effectifs %
Non-réponse 2 0,9%
Oui 117 53,9%
Non 98 45,2%
Total 217 100,0%

Sur ce tableau 46, on peut noter que 53,9% des filles de moins de 15 ans ont répondu Oui,
que l’abandon de l’excision est une façon de respecter les droits de la femme/fille, contre

35
45,2% des filles qui ont répondu Non, que l’abandon de l’excision n’est pas une façon de
respecter les droits de la femme/fille
À la question « Si oui, lesquels » : dans les réponses, les droits les plus cités sont : la santé à
53,0%, physique à 24,0%, l’épanouissement à 12,0%, et morale à 12,0% respectivement.

Tableau 47 : Si l'on vous demandait d'abandonner cette pratique, l'accepteriez-vous ?
Effectifs %
Non-réponse 1 0,5%
Oui 122 56,2%
Non 93 42,9%
Ne sait pas 1 0,5%
Total 217 100,0%
Sur ce tableau 47, on peut noter que 56,2% des filles de moins de 15ans ont répondu Oui,
qu’elles accepteraient d’abandonner cette pratique, contre 42,9% qui ont répondu Non,
qu’elles n’accepteraient pas d’abandonner cette pratique.

Tableau 48 :Pensez-vous qu’on doit légiférer sur l’interdiction de la pratique de l’excision
Effectif %
s
Non-réponse 5 2,3%
Oui 102 47,0%
Non 110 50,7%
Total 217 100,0%
Sur ce tableau 48, on peut noter que 47,0% des filles de moins de 15 ans ont répondu Oui,
qu’on doit légiférer sur l’interdiction de la pratique de l’excision, contre 50,7% qui ont
répondu Non, qu’on ne doit pas légiférer sur l’interdiction de la pratique l’excision.

36
3.5. Pratique de l’excision:
A. Chez les leaders communautaires :

Tableau 49 : Avez-vous pratiqué ou avez-vous connaissance de quelqu’un qui a pratiqué
l’excision il y a moins de deux ans ?

Effectifs %
Oui 22 95,65%
Non 1 4,35%
Total 23 100,0%
Sur ce tableau 49, on peut noter que plus de la majorité à 95,65% des leaders
communautaires ont répondu Oui, d’avoir pratiqué ou avoir connaissance de quelqu’un qui a
pratiqué l’excision il y a moins de 2 ans, contre 4,35% de Non.
B. Chez les chefs de ménages :

Tableau 50 : Avez-vous pratiqué, ou avez-vous connaissance de quelqu’un qui a pratiqué
l’excision il y a moins de deux ans ?
Effectifs %
Non-réponse 8 4,3%
Oui 147 79,0%
Non 31 16,7%
Total 186 100,0%
Sur ce tableau 50, on peut noter que 79,0% des chefs de ménages ont répondu Oui, d’avoir
pratiqué ou avoir connaissance de quelqu’un qui a pratiqué l’excision il y a moins de 2 ans,
contre 16,7% de Non.
C. Chez les femmes, mères des filles de moins de 15ans :
Tableau 51 : De nos jours l’excision est-elle une pratique courante dans votre milieu ?
Effectifs %
Non-réponse 3 1,4%
Oui 158 73,1%
Non 55 25,5%
Total 216 100,0%
Sur ce tableau 51, on peut noter que 73,1% des mères des filles de moins de 15 ans ont
répondu Oui, que l’excision est une pratique courante dans leur milieu, contre 25,5% qui ont
répondu Non, que l’excision n’est pas une pratique courante dans leur milieu.

À la question « si oui, pourquoi pratique-t-on l’excision ? » : les réponses les plus citées
sont : meilleure chance de mariage à 21,3%, préserve la virginité / évite l’immoralité à
17,6%, Religion à 11,6%, autres à 10,2%, Ne sait pas à 6,9%, Plus grand plaisir du mari à
4,2%, améliore la fécondité à 1,9%.

37
Tableau 52 : Avez-vous pratiqué ou avez-vous connaissance de quelqu’un qui a pratiqué
l’excision il y a moins de deux ans ?

Effectifs %
Non-réponse 1 0,5%
Oui 183 84,7%
Non 32 14,8%
Total 216 100,0%
Sur ce tableau 52, on peut noter que 84,7% des mères de moins de 15 ans ont répondu Oui,
d’avoir pratiqué ou avoir connaissance de quelqu’un qui a pratiqué l’excision i y a moins de
deux ans, contre 14,8% qui ont répondu Non, de n’avoir pas pratiqué ou n’avoir pas
connaissance de quelqu’un qui a pratiqué l’excision.
Tableau 53 : Dites-moi s’il vous plait à quel âge l'excision est pratiquée sur une fille ?
Effectifs %
Non-réponse 19 8,8%
Avant 15ans 193 89,4%
Entre 15ans et 4 1,9%
18ans
Total 216 100,0%
Sur ce tableau 53, on peut noter que 89,4% des mères des filles de moins de 15 ans ont
répondu que la pratique de l’excision se fait avant l’âge de 15 ans, et 1,9% pratique l’excision
entre 15 et 18 ans.

D. Chez les filles :
Tableau 54 : Dans votre village, pratique-t-on l'excision ?
Effectifs %
Non-réponse 3 1,4%
Oui 177 81,6%
Non 23 10,6%
Ne sait pas 14 6,5%
Total 217 100,0%

Sur ce tableau 54, on peut noter que 81,6% des filles de moins de 15 ans, ont répondu Oui,
que l’excision est pratiquée dans leur village, contre 10,6% qui ont répondu Non, que
l’excision n’est pas pratiquée dans leur village et 6,5% de Ne sait pas

À la question « si oui pourquoi pratique-t-on l’excision ? » : les réponses les plus citées sont :
Préserve la virginité / Evite l’immoralité à 38,2%, meilleure chance de mariage à
37,8%,Religion à 30,0%, Autre(s) (préciser) à 17,1%, Plus grand plaisir du mari à 12,4%, Ne
sait pas à 7,8%, Améliore la fécondité à 7,4%

38
Tableau 55 : Avez-vous subi ou quelqu'un de votre connaissance a-t-il subi cette pratique
Effectifs %
Non-réponse 4 1,8%
Oui 180 82,9%
Non 22 10,1%
Ne sait pas 11 5,1%
Total 217 100,0%
Sur ce tableau 55, on peut noter que 82,9% des filles ont répondu Oui, qu’elles ont subi ou
quelqu’un de leur connaissance a subi cette pratique, contre 10,1% qui ont répondu Non ;
qu’elles n’ont pas subi ou quelqu’un de leur connaissance n’a pas subi cette pratique et 5,1%
de « Ne sais pas ».
3.5.1. Raisons de la pratique de l’excision
Tableau56 Répartition des raisons de la pratique de l’excision selon les femmes, hommes
et
Les filles
(97,6%, 96.8%, 79.6%, 77,8 %, 78.8%,100% selon respectivement les leaders
communautaires, les hommes, les femmes, les filles, et les agents des services techniques de
santé).
Leaders Hommes Femmes Filles Agents
communautaires
Raisons

Coutume et tradition 97,6% 96,8% 79,7% 77,8% 100,0%
Meilleure chance de 78,7% 81,9% 92,1% 97,4% 77,1%
mariage
Améliore la fécondité 37,9% 33,7% 42,7% 38,7% -
Nécessité religieuse 80,1% 91,6 67,8% 63,0% 51,2%
Préserve la virginité 38,7% 57,6% 41,9% 68,2% -
Injures 28,8 27% 73,4% 65,9% 35,4%
Plus grand plaisir du mari - - 33,7%- 12,4% -
Ne sait pas 1,2% 6,9% 9,7% 7,8% -
Autres 2,2% 10,2% 12,3% 17,1% -

La coutume et la tradition restent les raisons dominantes chez la plupart des personnes qui ont
répondu à la question, elle est suivie de la « Meilleure chance de mariage », cela est
compréhensible dans une société où, le mariage est un levier d’ascension et de prestige social
fortement recherché par les hommes et par les femmes et pour la communauté pour le
renforcement des rapports sociaux. La nécessité religieuse reste également importante, ce qui
39
dénote de la place de la religion chez ces populations et le rôle prépondérant des leaders
religieux dans la compréhension et pour la lutte.

40
DISCUSSIONS / COMMENTAIRES

 De la Connaissance/pratique, et la Prévalence de l’excision dans la zone de
l’étude
Parler de l’excision, suppose nécessairement faire allusion à des concepts généraux, entre
autres ; la définition générale, ces origines, ces causes, le contexte de sa pratique, la
dynamique du phénomène, et éventuellement les perspectives, etc.
L’Organisation mondiale de la santé définit les mutilations génitales féminines comme étant
toutes les interventions aboutissant à une ablation partielle ou totale des organes génitaux
externes de la femme ou toute autre lésion des organes génitaux féminins pratiquée à des fins
non thérapeutiques (WHO 2008). Les mutilations ont été classées par l’OMS en quatre types.

Les quatre types de mutilations génitales féminines (MGF)
Le type 1 ou clitoridectomie est l’ablation partielle ou totale du clitoris ou du capuchon du
clitoris.
Le type 2 ou excision concerne l’ablation partielle ou totale du clitoris et des petites lèvres,
avec ou sans excision des grandes lèvres.
Le type 3 ou infibulation est le rétrécissement de l’orifice vaginal avec recouvrement par
l’ablation et l’accolement des petites lèvres ou des grandes lèvres, avec ou sans excision du
clitoris.
Le type 4 comprend toutes les autres interventions nocives pratiquées sur les organes
féminins à des fins non thérapeutiques, comme la ponction, le percement, l’incision, la
scarification et la cautérisation.

(WHO 2008)

Le type de mutilation pratiquée, l’âge auquel elle est pratiquée et la personne qui l’exécute
varient selon le pays et l’ethnie d’origine.

Selon la nomenclature de l’OMS, les mutilations génitales féminines observées au Mali sont
classées en trois catégories :

 la mutilation de type I fait référence à l’ablation du prépuce, avec ou sans excision
partielle ou totale du clitoris ;

41
 la mutilation de type II recouvre l’excision du clitoris, avec excision partielle ou totale
des petites lèvres ;
 la mutilation de type III enfin correspond à une excision partielle ou totale des organes
génitaux externes et à une suture ou au rétrécissement de l’orifice vaginal
(infibulation).

Dans la littérature, on trouve que l’excision est une pratique très ancienne chez beaucoup de
peuples en Afrique (Égypte pharaonique, et peut être même dans l’Europe du paléolithique,
bien avant l’apparition de certaines religions monothéistes6

Pour ce qui est des causes de la pratique de l’excision, elles restent pour l’essentiel, d’ordre
socioculturel des groupes, ou individus qui la pratiquent. Autre fois, elle serait considérée
comme un rite initiatique, et de passage de la jeune fille ; ce qui lui conférerait un nouveau
statut, et son identité de femme, aujourd’hui l’âge de sa pratique a fortement reculé, pour
s’effectuer sur des petites filles de moins de 1an, ce qui pose de sérieux problèmes.
Dans le présent rapport et tout au long du document, les termes excisions et MGF seront
utilisés dans le même sens, pour désigner la même chose, il reste bien entendu que l’excision
reste dans la littérature une des formes des MGM, mais au Mali, c’est le terme excision qui est
le plus usuel pour des raisons propres au pays.
 De la prévalence de l’excision dans les zones de l’étude :
L’étude de la prévalence de l’excision reste un domaine très pris en compte par les enquêtes
démographiques de santé au Mali (EDS.M), à cause de la couverture spatiale, et du grand
nombre de personnes couvertes par ces études.
Dans les résultats de l’EDSM IV, il est mentionné que 85 % des femmes avaient déclaré avoir
subi cette pratique, avec l’EDSV, 91 % des femmes ont déclaré avoir subi la pratique de
l’excision, ce qui montre l’ampleur de l’excision au Mali7. Pour l’ensemble de la région de
Kayes, la prévalence de l’excision est estimée à 95% selon l’EDSV.
Déterminer la prévalence de l’excision reste un travail assez complexe et aux résultats qui
seraient sous le sceau d’incertitude et de doute permis. En effet, les taux de la prévalence de
l’excision au Mali fournis par les enquêtes sont basés sur des estimations tirées des réponses
des personnes supposées détenir l’information, soit, parce qu’elles sont considérées comme

6
Christine Bellas Cabane, dans "Fondements sociaux de l’excision dans le Mali du XXIème siècle ", octobre 2006,
REVUE Asylon(s), N°1, octobre 2006,
7
Les auteurs de l’EDS V mettent garde sur les interprétations hâtives des chiffres et différence, ils conseillent à
la prudence, car disent-il, l’EDS V n’intègre pas les données de toutes régions du Mali, à cause de la crise
sécuritaire qui prévalait et prévaut encore.
42
des auteures directes de l’acte (parents, tuteurs), ou les victimes réelles de l’acte (jeunes
filles). Quelle que soit la source de l’information, le résultat reste basé sur la foi des réponses
de la personne qui répond aux questions.
Pour l’estimation de la prévalence à travers les EDS, on se sert de fiches techniques de recueil
d’informations adressées à des femmes supposées avoir excisé leur fille récemment, où dans
certains cas, à des filles dont l’âge se situerait entre 8 et 15ans avec le consentement de leurs
parents, ou tuteurs. La seule affirmation des répondants ne donne pas des garanties à 100%
sur la véracité des réponses. Le doute raisonné est permis sur la fiabilité de chiffres recueillis.
Si le moyen le plus sûr reste la vérification auprès d’une autorité médicale ; il reste
improbable pour des raisons éthiques et matérielles.
La présente enquête ne fait pas exception à ce doute raisonnable, car elle est basée sur
l’estimation auprès des personnes directement liées à la pratique de l’excision dans les zones
de l’étude.
Malgré le doute raisonnable permis sur la fiabilité des réponses sur la pratique de l’excision,
on peut tout de même accorder une certaine validité à ces réponses. En effet, si l’on tient
compte du fait qu’il n’y a pas de répression relative à la reconnaissance de la pratique de
l’excision au Mali, et que les répondants au moment de l’enquête se sont prononcés de façon
libre, et sans contrainte, alors on peut dire que ces chiffres sont bien valables.
Dans le cadre de cette étude, pour l’estimation de prévalence de l’excision, nous avons retenu
quelques acteurs clés, notamment, les leaders communautaires, les chefs de ménages époux
des mères dont les filles sont ou seront potentiellement excisées, les mères de filles 0 et 15ans,
non mariées, et de jeunes filles dont l’âge varie entre 0 et 15ans. Cette tranche de filles est
considérée comme une cible directe de la pratique de l’excision, car c’est elle qui la subit.
Pour mener à bien notre étude, nous avons commencé par demander aux acteurs clés :
« Est-ce que l’excision est une pratique courante dans votre milieu?» Les différences
réponses ont été recueillies :
-chez les leaders communautaires : 90,7% de Oui, contre 9,3%de non ;
-Chez les chefs de ménage époux des femmes mères : 87,6% de Oui, contre, 12,4% de Non ;
-Chez les femmes mères des filles : 94,5% de Oui, contre, 5,5% de Non ;
-chez les filles de moins de 15ans : 96,7% de Oui, contre, 3,3% de Non.
Dans le même ordre d’idée de dégager la prévalence de l’excision chez les mêmes personnes,
nous avons posé la question de savoir :
« Avez-vous pratiqué l’excision sur votre fille, ou eu connaissance de quelqu’un qui aurait
récemment pratiqué l’excision sur sa fille ?
43
Il ressort de l’analyse des données auprès de ces acteurs majeurs de l’excision :
-chez les leaders communautaires : 91,3% des répondants ont reconnu que cette pratique a été
effectuée sur une de leur fille, ou sur une connaissance récemment ;
-Chez les chefs de ménage : 79,0% des répondants ont reconnu que leur fille ou quelque de
connaissance a récemment fait subir l’excision à une fille ;
-Chez les femmes mères : 84,7% des répondantes ont reconnu que leur fille ou quelqu’un de
leur entourage a subi récemment l’excision.
-Chez les filles : à la question de savoir, si elles ont subi cette pratique, 82,9% des
répondantes ont dit Oui, avoir subi cette pratique.
En dégageant une moyenne de ces différents chiffres, on trouve une moyenne d’environ
83,02%8 de la prévalence de l’excision dans les zones de l’étude. Ce taux issu de prévalence
de la moyenne des répondants est très proche des chiffres issus des réponses des filles, qui ont
reconnu avoir subi l’excision, et qui sont de 82,9%(voir tableau)
Les mêmes chiffres restent bien dans la fourchette des études précédente (85%), et (91%)
pour l’EDS IV, et l’EDS V respectivement dans l’ordre. Le taux de prévalence de la région de
Kayes est estimé à 95%, soit l’un des plus forts au Mali.
Quel que soit la position adoptée vis-à-vis de l’excision, on peut tout de même admettre que
ces chiffres sont très considérables, et elles doivent constituer une source de préoccupation
majeure pour les uns et les autres, dans la mesure où, l’excision est sans nul doute, une
pratique dangereuse pour la santé et les droits de la fille et de la femme.

 De la connaissance de l’excision chez les personnes enquêtées :
Sur la base des résultats présentés dans les différents tableaux (Tab….) 18.1 que la quasi-
totalité des personnes répondants ont reconnu connaitre l’excision, ou avoir entendu des
informations sur l’excision, les leaders communautaires (100%), les chefs de ménage(96,2%),
les femmes-mères des filles (99,1 %), et en fin les filles (96,8 %) ont déclaré connaître
l’excision..
Au regard de ces différents chiffres, on peut voir que tous les acteurs clés ont entendu, ou eu
connaissance de la pratique de l’excision. La source de l’information la plus prédominante
reste : la famille (à travers un membre), à plus de 50% pour toutes les cibles confondues. Que
cette source soit la plus prédominante, marque certainement, le vécu direct de la pratique par

8
EDSV donne une prévalence de l’excision de 83% chez les jeunes filles de 0 à 15ans, ce qui reste très, très
proche aux chiffres qui se sont dégagés de l’analyse de la présente étude.
44
les répondants, et par conséquent, une connaissance en tant que témoin de cette pratique dans
le milieu.
 Sur les raisons de la pratique de l’excision dans leur milieu :
Il ressort des éléments de réponses que l’excision est justifiée par les coutumes et traditions
(97,6%, 96.8%, 79.6%, 37,8 %, 78.8%,100% selon respectivement les leaders
communautaires, les hommes, les femmes, les filles, et les agents des services techniques de
santé).
La coutume reste la raison dominante chez la plupart des personnes qui ont répondu à la
question, elle est suivie de la « Meilleure chance de mariage », cela est compréhensible dans
une société où, le mariage est un levier d’ascension et de prestige social fortement recherché
par les hommes et par les femmes et pour la communauté pour le renforcement des rapports
sociaux. La nécessité religieuse reste également importante, ce qui dénote de la place de la
religion chez ces populations et le rôle prépondérant des leaders religieux dans la
compréhension et pour la lutte.

Que la tradition soit en tête des raisons de la pratique de l’excision par les populations, cela
reste compréhensible, si l’on sait que cette région est majoritairement composée par des
ethnies (malinké, les sarakolés, les peuls et les bamana) fortement rattachées aux coutumes et
traditions. Que : « La meilleure chance de mariage » occupe la seconde place dans les
raisons de la pratique de l’excision par les répondants est aussi compréhensible, car elle
s’inscrit dans un cadre sociologique et culturel, mais marque son ancrage fort dans la
mentalité.

 Sur la connaissance de la relation, entre l’excision et les problèmes de santé liés
à l’excision :
Il ressort de l’analyse que : les leaders communautaires à : 43,47 contre 56,53%; les hommes-
chefs de ménage, à : 54,33%, contre 44,6% ; les femmes mères des filles, à : 68,5%, contre
30,1%, et les filles, à : 63,61%, contre 34,69% ont reconnu connaitre des problèmes de santé
liés à l’excision.
L’analyse de ces différents chiffres sur la connaissance des problèmes de santé liés à
l’excision, il ressort que la majorité des répondants, à plus de 50%, exception faite aux leaders
communautaires connaissent des problèmes liés à l’excision. Les problèmes les plus cités sont
l’hémorragie, et la cicatrisation chez les hommes en général, et l’accouchement difficile, et les
hémorragies, ainsi que les infections chez les femmes.
45
Ces résultats meilleurs relatifs aux relations de l’excision et la santé, à travers l’énumération
des quelques problèmes assez sérieux, marquent à notre avis l’impact de « l’approche santé »
qui est la porte d’entrée dans les communautés pratiquantes de l’excision, mais aussi
l’approche qui a plus de chance d’écoute de la part de ces populations.

 Sur les connaissances sur la relation de l’excision et la violation des droits de la
femme et de la fille

Pour pouvoir juger de la connaissance des personnes sur l’existence des textes législatifs à
quelque chose, on doit d’abord mettre en lumière ces textes, s’ils existent réellement. Quelles
sont les dispositions législatives à travers le monde, et au Mali relatives à l’interdiction, ou de
la répression de l’excision :
Au plan international, on peut trouver des dispositions juridiques dont le Mali est signataire
pouvant interdire, voire sanctionner la pratique de l’excision, il s’agit entre autres : la
conférence mondiale sur les droits de l’homme à Vienne en 1993, les mutilations génitales
féminines sont considérées internationalement comme une violation des droits des femmes et
des filles » ;
 La Convention des droits de l’Enfant (CDE) en 1989-1990,
 le protocole de Maputo, en 1995, etc.
Aujourd’hui, plusieurs associations mettent donc en avant le respect des droits humains, et
plus particulièrement le droit à l’intégrité physique et le droit des enfants. Cette approche tire
son origine dans les fondements des combats féministes à partir des années 1960 pour
l’égalité des droits entre hommes et femmes.

Au plan national, il existe des passages du Code pénal susceptibles d’être pris en compte pour
l’interdiction ou la répression de l’excision, il s’agit entre autres : des articles 166, 167, et 171
du Code pénal.
En effet, une interprétation de ces dispositifs législatifs et constitutionnels permettrait de
porter plainte, voire, réprimer l’excision. L’article 166 du Code pénal stipule notamment que :
« Tout individu qui, volontairement, aura porté des coups ou fait des blessures ou commis
toute autre violence ou voie de fait (…) sera puni d’un emprisonnement de un à cinq ans et
d’une amende de
20 000 à 500 000 francs. (…) Quand les violences, les blessures ou les coups auront été
suivis de mutilation, amputation (…), la peine sera de cinq à dix ans de travaux forcés.
S’il y a eu préméditation ou guet-apens, la peine sera de cinq à vingt ans de travaux forcés ».

46
Ce dispositif législatif relatif aux« coups et blessures », à travers son interprétation, n’est pas
explicite, il peut être implicite dans certaines circonstances, toujours est-il qu’il est non
spécifique à l’excision, donc se révèle insuffisant.
En effet, elle ne peut être appliquée qu’en cas de dépôt de plainte. Or, d’après des juristes,
cette disposition législative pour pouvoir être utilisé nécessite le dépôt d’une plainte de la part
d’une partie civile, les victimes étant des mineures au moment des faits ne peuvent pas
déposer une plainte au regard de la loi. Les parents à cause de la pression sociale ne pourront
le faire sans conséquence désastreux pour la suite de la cohésion sociale et des rapports
familiaux.
En plus de ce texte législatif, il existe une circulaire interdisant9 la pratique de l’excision au
niveau des structures sanitaires du pays. Ce texte aussi reste déductif dans la mesure, car cette
interdiction se limite à l’intérieur des structures de santé ; alors que selon les données les plus
récentes10, environ 92% des jeunes filles sont excisées par praticiens traditionnels, contre
seulement 2% par des professionnels de la santé11.
Sur la base de l’analyse des données recueillies, il ressort que :

- 90,0% des leaders communautaires ont reconnu ne pas connaitre des textes législatifs sur
l’excision au Mali, contre 10,0%.

La seule personne ayant répondu Oui a dit : « Le personnel de santé nous a dit que la
constitution interdit la pratique de l’excision ».

-Seul 11,3%, des chefs de ménages ont dit Oui, contre 88,7%, qui ont dit Non, ne pas
connaitre de textes législatifs sur l’excision au Mali.

Parmi ceux qui ont dit Oui, connaitre l’existence des textes, il est ressorti les éléments de
réponse suivants : « Le personnel de santé, la radio et le code de la famille ; je ne connais
pas le nom texte, mais il existe quand même ; la constitution du Mali du 28 février ; des
textes relatifs aux droits des femmes sur le plan sous régional; les médias, etc. ».

9
« Compte tenu du rôle des établissements de santé dans la préservation de la santé des populations, la
pratique de l’excision ne saurait y être tolérée ». Circulaire émise par le ministère de la santé le 07 Janvier 1999
10
EDSV, p301
11
Même si ces chiffres sont officiels, le doute est permis, en effet l’âge de l’excision ayant fortement reculé, les
parents ont tendance à recourir aux professionnels de la santé en pensant que cela offre plus de cadre
sécuritaire que les praticiens traditionnel, il est difficile de vérifié la véracité des propos des répondants, à
cause des informations sur la pratique de l’excision. Aucun parent ne dénoncera un praticien, sauf cas extrême,
et aucune d’entre elles ne le reconnaitra jamais.
47
-6,5% des femmes mères ont dit Oui, connaitre l’existence de textes législatifs sur l’excision
au Mali, contre 93,5%. Pour ce qui ont dit connaitre l’existence des textes, ils ont mentionné :
« A la télé ; à travers les ONG, des agents au cours d’une conférence, je ne connais pas le
nom du texte, en rapport avec l’intégrité physique de la personne ; la constitution du Mali ;
la santé de la reproduction … ».

-50,23% des filles ont répondu Oui, connaitre l’existence de textes législatifs sur l’excision au
Mali, contre 49,77% qui ont dit Non. Pour celles qui ont dit Oui, les éléments mentionnés
étaient entre autres : la constitution, la circulaire l’interdisant dans les services de santé, un
texte sous régional, etc.

Au regard de ces chiffres, on peut noter que les leaders communautaires, les chefs de
ménages, ainsi que les mères des filles ont majoritairement répondu non, n’avoir pas de
connaissance sur les textes législatifs au Mali relatifs à la pratique de l’excision. On peut noter
une très grande différence chez les filles de moins de 15 ans, qui ont répondu Oui, avoir des
connaissances sur les textes législatifs. Ces résultats chez les filles seraient fortement liés au
nombre de filles scolarisées qui ont pris part à l’enquête, et certainement à la participation à
des sciences de sensibilisation initiées par des structures extérieures.

Un des objectifs de cette question, c’était de pouvoir déceler des éléments de connaissances
sur la violation des droits des femmes/filles et l’existence des textes législatifs, ou juridiques
interdisant, ou réprimant l’excision. Dans les éléments de réponse, Il est difficile de noter avec
exactitude des mentions relatives à la connaissance par les populations de violation des droits
de la femme/fille par la pratique de l’excision par elle, ou de l’existence des éléments de
textes législatifs ou juridiques, ci-haut cités. Ce qui est assez instructif sur l’état des
connaissances des personnes sur ce sujet.

Cette faiblesse de connaissance des acteurs clés de la violation des droits de la femme/fille par
la pratique de l’excision est liée à notre sens plusieurs paramètres tels que : l’absence de
textes explicites sur le sujet (Bellas.C.C.2006), cette absence est aggravée par l’ignorance de
l’existence des textes implicites, cette ignorance tire son fondement dans l’analphabétisme en
général12 par ailleurs, on peut aussi dire que ces résultats assez faibles marquent non

12
On a coutume de dire que « nul n’est sensé ignoré la loi » ; à cela on dit ajouter « qu’il faudrait que la loi soit
accessible par un canal approprié ! », il s’agit ici pour nous, du canal de diffusion de l’acte juridique, dans un
pays où plus de 60% de la population serait analphabète, on voit mal, comment ceux-ci seraient sensé
connaitre la loi, c’est une utopie.
48
seulement l’ignorance des textes législatifs sur l’excision au Mali, mais également la difficulté
de « l’approche "droit" à se frayer un chemin dans l’opinion en général ;

En définitive, on peut dire que sur le plan législatif, les textes restent insuffisants, et
inefficaces, et l’ignorance des populations en général de ces textes, et l’indécision de l’Etat
rendent à ce stade l’approche juridique obsolète.

49
 Des attitudes et perceptions face à la pratique de l’excision
À la question de savoir : « Abandonner l’excision est une façon de respecter les droits de la
femme/fille ?:
Tableau57. Abandonner l’excision, est une façon de respecter les droits de la femme ?
Abandonner l’excision, une façon
de respecter les droits de la Oui Non Ne sait pas Autre(s)
femme/file ?
Leaders comm 13,0% 86,9%
Chefs de ménag 52,2% 47,3%
Mères des filles 63,0% 36,1%
Filles 53,9% 45,2

Tableau58. « Accepteriez-vous d’abandonner l’excision ? » :
Accepteriez-vous d’abandonner
l’excision ? » Oui Non Ne sait pas Autre(s)
Leaders comm 40,0% 40,0% 15,0% -
Chefs de ménag 52,2% 46,2% 3,0% -
Mères des filles 56,5% 35,6 17,2% -
Filles 56,2 % 42,9 1,1% -

Tableau59. « Seriez-vous d’accord avec quelqu’un qui ne veut pas exciser sa fille ? » :
Seriez-vous d’accord avec
quelqu’un qui ne veut pas exciser Oui Non Ne sait pas Autre(s)
sa fille ? »
Leaders comm 13,0% 78,2% 8,1% -
Chefs de ménag 56,2% 39,1 % 3,1% -
Mères des filles 67,1% 23,1% 7,1% -
Filles 71,3% 19,2% 8,2% -

50
Tableau60 . « doit-on légiférer sur l’excision?»
«Doit-on légiférer sur l’excision?»
Oui Non Ne sait Autre(s)
pas
Leaders comm 59,3% 31,9% 7,8% -
Chefs de ménag 41,4% 52,7% 3,4% -
Mères des filles 55,1% 39,4 % 3 ,2% -
Filles 47,0% 50,7% 1,2% -

Sur les attitudes et les perceptions, l’analyse de ces différents résultats tend à montrer des
attitudes et des perceptions favorables à l’abandon de l’excision. Toutefois, la question que
l’on peut poser, c’est de savoir s’ils pensent réellement tout ce qu’ils ont exprimé ?
À cette question, on peut répondre par, Oui, que des telles attitudes et perceptions pour
l’ensemble positives, seraient le résultat des décennies de sensibilisation. En effet, malgré
l’existence d’une mentalité ambiante favorable à l’excision, et malgré la difficulté de savoir
comment ils peuvent abandonner, la sensibilisation et la logique de certaines situations de
conséquences de l’excision ont fini par édulcorer les attitudes et les perceptions.

51
 Des pratiques et expériences sur l’excision
Sur la pratique et les expériences en matière de l’excision, il ressort de l’analyse des données
que tous les groupes cibles de façon directe ou indirecte ont des expériences de pratique de
l’excision, en tant qu’auteur/trice, de l’acte, victime de l’acte. Ainsi, à la question de savoir :
« Avez-vous pratique l’excision sur une de vos filles, ou avez-vous connaissance de
quelqu’un que l’a pratiqué sur sa fille ? »
Il en est sorti :
Tableau61.Expérience d’excision sur une fille ?
Avez-vous pratique l’excision sur une de
vos filles, ou avez-vous connaissance de Oui Non Ne sait pas Autre(s)
quelqu’un que l’a pratiqué sur sa
fille ? »
Leaders comm 91,3% 8,6% - -
Chefs de ménag 79,0% 16,7% - 3,1%
Mères des filles 84,9% 10,1 - 2,3%
Filles : 82,9% 10,1 - 7,1%

-Chez les leaders communautaires : 91,3% ont dit, Oui, contre, 8,6% qui ont dit Non ;
-Chez les chefs de ménage : 79,0% ont dit, Oui, contre 16,7%;
-Chez les femmes mères des filles : 84,9% ont dit, Oui, contre, 14,8% qui ont dit Non.
-Chez les filles (avoir subi) : 82,9% ont dit, Oui, contre, 10,1, qui ont dit Non.
Ces différentes réponses donnent une idée de l’ampleur de la pratique et de l’expérience de
pratique de l’excision par les acteurs clés de la pratique, ces chiffres vont dans le sens de
confirmer la prévalence de la pratique dans ces zones.

Tableau62.« Avez-vous pris part à une action quelconque dans la lutte contre
l’excision ? »
Avez-vous pris part à une
action quelconque dans la lutte Oui Non Ne sait pas Autre(s)
contre l’excision ? »

Leaders comm 10,5%, 89,5%
Chefs de ménag 25,8% 70,4%

52
Mères des filles 30,6% 69,0%

Il en est ressorti des réponses :
-Chez les leaders communautaires : 89,5% ont dit Non n’avoir jamais pris part à une action
quelconque dans la lutte contre l’excision, contre, 10,5%, qui ont dit, Oui, avoir pris part à des
actions de lutte, notamment dans l’information et la sensibilisation, et même avoir été dans
des comités de vigilances à un moment donné.
-Chez les chefs de ménage : 70,4% ont dit, Non n’avoir jamais pris part dans une lutte
quelconque contre l’excision, contre, 25,8% qui ont dit, Oui, avoir pris part dans une action
quelconque de lutte contre l’excision, notamment, des campagnes de sensibilisation.
-Chez les femmes mères : 69,0% ont dit, Non, n’avoir jamais pris part à une action
quelconque de lutte contre l’excision, contre, 30,6% qui ont dit, Oui, avoir pris à des actions
quelconques sur la lutte contre l’excision, c’est des actions de sensibilisation, de participants à
des ateliers de formation, et en tant que membres de comité de vigilance.
Les filles n’ont pas été concernées par cette question.
Ces différents résultats tendent à démontrer que les expériences de participation existent chez
les acteurs, même si cela reste assez faible chez beaucoup d’entre eux. Mais le fait que
certains aient déjà des expériences, cela constitue une bonne chose en soit pour les actions
futures, car ils démontrent que le terrain n’est pas vierge et qu’il existe des assises pour la
coopération.

 Meilleurs moyens de lutte pour l’abandon de l’excision
De l’avis de 72.0% des femmes, 36.1% des hommes , 94.4% des filles non mariées et 81.8%
du personnel de la santé, le meilleur moyen d’arrêter la pratique de l’excision est la campagne
de sensibilisation auprès des femmes et des hommes sous forme de discussions directes
(selon 63.2-81.8% des avis) et à travers les médias ( 26.3-56.0%) et la santé (66.0%).
Certes les Hommes et Femmes parents sont décideurs aujourd’hui, mais une tradition se
transmettant d’une génération à une autre nous impose de prendre en compte les adolescents
et les jeunes scolarisés pour une meilleure appréciation de cette tradition en vue d’une
certaine autonomie face à ladite tradition.

53
Des enseignements et leçons de l’étude
De l’étude, on peut tirer plusieurs enseignements et leçons, entre autres :
 L’excision est une réalité palpable à travers les résultats de l’enquête, avec un taux
de prévalence de 83%. Toutefois, si l’on peut juger que ce taux de prévalence reste
très élevé, on peut tout de même admettre que la prévalence connait un recul, et ce
conformément aux résultats de l’EDS V ;
 Le recul de l’âge et la "déritualisation" de l’acte de l’excision dans le milieu urbain ;
Dans les entretiens, il en ressort de cela, que l’âge de l’excision est en fort recul à cause
de la déritualisation de sa pratique sur les petites filles. Aujourd’hui, beaucoup de petites
filles sont excisées avant l’âge de 1an, ce qui pose des interrogations sur le caractère de
rite initiatique de la jeune fille ?
 Les causes principales de l’excision sont la tradition et la coutume (habitudes) ;
 Les connaissances sur la relation entre la pratique de l’excision et les violations de
droits de la femme/fille, ainsi que l’existence de textes législatifs sont très faibles,
voire totalement ignorées par les acteurs clés de l’excision, et ces aspects méritent une
réflexion pour une meilleure compréhension ;
 Les attitudes ont tendance à être positives sur l’excision en tant que danger potentiel
pour la fille et la future femme. À ce sujet, on peut dire que les activités menées
pendant des décennies par les organisations et groupements ne sont pas étrangères à
cette situation. À ce propos, voici ce que disait un notable : « Vous savez, beaucoup a
été fait par les organisations de sensibilisation, grâce à leurs efforts le débat sur
l’excision est sorti de l’ornière ; autre fois dans ce village, on l’habitude de chasser
des personnes qui voulaient seulement aborder le thème ; aujourd’hui, on en parle de
pleine bouche, et non plus dans une gourde13» ;
 Il existe à présent des obstacles à l’abandon de l’excision ; entre autres : à cause de la
tradition, mais surtout les habitudes et réflexes à le faire pour être conforme à une
valeur sociétale. En effet l’excision est une pratique socio-culturelle14.En effet,
l’excision est une pratique sociale qui met en interaction plusieurs individus de la
société, notamment les leaders communautaires à travers leur caution morale ; les
chefs de ménage, en tant qu’ordonnateurs de la pratique, les femmes mères en tant
initiatrice de l’acte, les exciseuses-en tant exécutantes de l’acte, les jeunes filles en
tant que victimes de l’acte, et enfin les garçons en tant que bénéficiaire de l’acte15 ;

 Les perspectives pour l’avenir : le constat sur le terrain, permet de retenir que la
pratique de l’excision prend du recul, même si ce n’est pas au rythme souhaité par les
défenseurs des droits des femmes/filles ;

13
Ici, la notion de gourde fait allusion à une pratique qui consistait autre fois à cacher ses propos à l’opinion
générale, ou à l’autorité sur place, par crainte des représailles éventuelles. Dans le mile bamana, parler dans
une gourde est synonyme de cacher, ou de rendre discret ses propos
14
Selon Malinowski .B : le social couvre le domaine des interactions entre les individus, tandis que le culturel
est l’instrument de gestion de ces interaction
15
Ici, nous faisons allusion à une pratique des hommes de contrôler la sexualité des hommes, cet exemple on le
retrouve dans d’autres société sur une autre forme ; par dans la chine ancienne, il y avait une pratique appeler
les pieds bandés, La coutume des pieds bandés a été pratiquée en Chine pendant plus de mille ans.
54
 L’éducation (enseignement) et la jeunesse restent des créneaux crédibles pour
renforcer ce recul ;
 Les associations et groupements féminins constituent des cadres d’appui pour
renforcer le changement de comportement ;
 Il y a eu des expériences positives d’abandon de la pratique de l’excision qui mérite
d’être redynamiser ;
 Les comités de veilles sont des cadres pour honorer les engagements collectifs ;
 L’appui des associations et groupements féminins à travers des AGR, constituent des
cadres privilégiés de communication et de sensibilisation ;
 La mise en place des plateaux techniques et a formation continue du personnel de
santé sont des cadres indispensables pour l’atteinte des objectifs ;
 L’accompagnement extérieur reste indispensables pour rendre crédibles les actions des
associations et ONG locales et des personnes ressources.

55
Recommandations
De l’analyse des données et des leçons apprises, nous pensons qu’il sera recommandable de
revoir les approches d’intervention existantes sur le terrain en vue d’initier des nouvelles
approches et de coordonner les actions. Ces recommandations sont en lien avec les constats
sur le terrain, accompagnées de stratégies et d’activités concrètes à entreprendre (voir
tableaux ci-dessous).

56
Constats : Recommandations :

 La prévalence de l’excision dans les  Réorganiser et continuer la lutte
localités de Kayes et de Diéma contre l’excision à travers le
demeure assez élevée à plus de 80%; développement de nouvelles
donc une réalité indéniable ; stratégies de sensibilisation ;
 La déritualisation avec un recul
prononcé de l’âge de l’excision à
travers la médicalisation de la  Intégrer le personnel de santé pour
pratique prévenir la médicalisation du
phénomène à travers la sensibilisation
et la prise en charge des cas de
 La pratique de l’excision viole conséquence de l’excision ;
indéniablement les droits de  Œuvrer à une meilleure connaissance
femmes/filles, mais cela est méconnu et implication des acteurs clés : les
par les acteurs qui la pratiquent, mais associations féminines, le CGS, les
à cause de l’absence de textes leaders d’opinion, le personnel de
explicites sur la violation des droits santé, les ONG et la population dans
de la femme/filles par la pratique de la prise compte de l’approche droit à
l’excision ; travers la formation et les visites
d’étude ;

 Beaucoup d’intervenants dans la lutte  Créer un cadre de collaboration et de
contre l’excision, mais on peut noter concertation entre les différents
un manque de synergie d’action entre intervenants pour renforcer une
ces intervenants ; synergie d’action dans la lutte contre
l’excision
 Absence d’efficacité dans les
stratégies d’intervention focalisées  Créer et renforcer des opportunités
sur la sensibilisation (information, économiques à travers des AGR pour
communication) ; les femmes/filles
(groupement/associations) et les
femmes en général, pour qu’elles
servent de relais dans la société ;

 Redynamiser et redéfinir la stratégie
 Méconnaissance et insuffisance des d’intervention ; renforcer les
services de prise en charge des capacités de prise en charge dans les
séquelles du mariage précoce ; faible CS et du personnel de santé, à travers
utilisation du personnel dans la lutte ; l’accompagnement matériel et la
formation ; Contribuer à la mise en
place de plateaux techniques pour la
prise en charge des séquelles du
mariage précoce ; utiliser le personnel
de santé pour une approche de
proximité de la sensibilisation et
lobbying dans la lutte ;

57
 Intégrer dans la lutte contre l’excision
l’école et les jeunes scolaires à travers
l’enseignement de modules et des
 L’enseignement et l’éducation sont concours sur des sujets relatifs aux
des créneaux insuffisamment violations des droits de la femme/fille
exploités dans la lutte contre à travers e développement l’approche
l’excision ; de l’éducation

 Faire du lobbying auprès des leaders
communautaires de ces groupes
ethniques pour la mise en place des
comités de vigilance qui serviront de
 Difficulté des individus à abandonner comité de veille pour l’application
la pratique de l’excision des décisions collectives ;
unilatéralement à cause de la pression
sociale;

58
Stratégies de mise en œuvre : Activités :

 Œuvrer à la Signature de convention  Cibler des personnes ressources.
avec les communautés décidées à (notables, hommes politiques, chef de
l’abandon de la pratique de ménages, etc.) pour la signature
l’excision ; d’engagement assorti de plan
d’action ;

 Former les animateurs des projets, et
 Renforcement de la capacité
de tous les intervenants sur l’approche
d’intervention des différents
« droits » de la femme/fille violée par
intervenants dans la lutte contre
la pratique de l’excision ; renforcer
l’excision et de la prise en charge des
les plateaux techniques là où ils
séquelles de l’excision ;
existent, et en doter ceux qui n’en ont
pas. Utiliser le personnel de santé
dans la sensibilisation sur les lieux de
prise en charge, dans les familles et
auprès des leaders et chef de ménage ;

 Intégrer des modules de formations
sur les violations des droits de la
femme/fille à l’école et dans les outils
 Renforcement des connaissances sur de changement ;
les textes mentionnant l’interdiction
de l’excision, ou qui la considèrent
 Organisation de compétition entre des
comme forme de violation des droits
groupes cibles et dans les villages
de la femme/fille ;
pour la non-célébration de zéro
mariage précoce
 Développement de l’approche de
l’éducation par l’enseignement des
jeunes scolaires;  Réaliser dans toutes écoles des
concours de chants et de poèmes sur
les méfaits de l’excision ;
récompenser publiquement les
villages qui auront célébré le moins
de mariage précoce pour une période
donnée avec une récompense
symbolique et financière des plus
méritants.

N.B : ces recommandations ne sont pas exhaustives, elles peuvent faire l’objet
d’amélioration

59
Conclusion
L’étude sur l’excision dans les communes de Kayes et de Diéma, a permis de voir que la
pratique de l’excision est une réalité indéniable, malgré des décennies de sensibilisation.
Même si l’on peut dire que le processus de transformation des mentalités est amorcé, il reste
lent, et nécessite le maintien des acquis, et l’accompagnement des structures d’intervention
dans la lutte contre l’excision, mais aussi, le renforcement de la connaissance des violations
des droits de la femme/fille à travers la pratique de l’excision.
Par ailleurs, l’excision en tant que pratique traditionnelle assez rependue dans les
communautés des zones de l’étude, elle connait un changement, voire, du recul par rapport à
toute la population, mais aussi par rapport à l’âge de sa pratique sur la jeune fille.
La considération de la pratique de l’excision comme forme de violation des droits de la
femme/fille est largement méconnue par les populations qui l’a pratiquent, et cet aspect mérite
une prise en compte dans les interventions futures.
Le vote d’une loi interdisant l’excision au Mali n’est pas encore réalisé, et ne constitue pas en
soi une solution pour mettre fin à la pratique de l’excision, comme on tente de le démontrer
pour d’autres pays proches16 du Mali, mais le changement n’est pas impossible, il est resté
même inéluctable, seulement l’accompagnement des structures d’intervention ne doit pas
cesser à ce stade de la lutte.
Il y a eu, et il y a encore en cours des stratégies d’intervention qui se focalisent sur la
sensibilisation, ou sur des décisions collectives d’abandon de la pratique de l’excision par des
villages ou communautés, l’impact de ces stratégies reste à ce stade assez limité, et même
souvent, réversibles à cause d’un manque de dynamisme des structures d’interventions ou de
sensibilisation mise en place, mais également à un manque de visibilité des intervenants qui
pensent que le phénomène est en recul dans la ville de Kayes ; donc, il y a un certain
relâchement dans les activités de sensibilisation pour beaucoup de localités de ces deux
zones.
Les causes de la pratique, et du maintien de la pratique de l’excision restent en général pour la
majorité des populations : la tradition et la coutume surtout.
Si l’on tient compte de l’ampleur de la prévalence de la zone de l’étude et de sa
médicalisation dans des zones urbaines de Kayes, la situation mérite à nos yeux, un nouveau
regard et une concertation entre les différents intervenants en vue de conjuguer les efforts et
de mettre en place une synergie d’actions ; mais surtout revoir l’approche de la sensibilisation
basée sur la sensibilisation, qui connait des limites17.
La présente étude reste une contribution dans la compréhension de l’état des lieux de la
pratique de l’excision dans les zones de Kayes et Diéma, elle a pu démontrer que la pratique
de l’excision reste une réalité pendante dans les zones de l’étude.

16
Le Sénégal et le Burkina-Faso sont généralement cités comme des pays qui on votés des lois interdisant, et
que les résultats sont la, ce qui est sûr, ces pays accumulent des résultats mitigés, voire très faibles (2% de
moins pour le Sénégal), alors que beaucoup de jeune filles burkinabé traverse la frontières pour se faire exciser
dans des pays limitrophes.
17
Selon Jeannette Pierrette, dans les représentations des malades mentaux » 2002, l’information pour
l’information fin par ne plus avoir d’effet, et il faut songer à intégrer d’autres stratégie
60
Les attitudes et les perceptions connaissent des mutations favorables et méritent d’être
consolidées à travers des stratégies nouvelles focalisées sur les groupements et les
associations féminines, et l’approche projet(AGR).
L’étude n’a pas la prétention d’être exhaustive ; une des particularités de l’étude reste sa
focalisation sur l’état des lieux de la connaissance des violations des droits de la femme/fille
par les acteurs clés de la pratique de l’excision, elle est parvenue à démontrer que cet aspect
de violation des droits de la femme/fille est mal cerné, donc méconnu par les différents
acteurs et nécessite une prise en compte dans les futures interventions futures.
L’étude reste ouverte, elle pourrait se prolonger à travers d’autres études, notamment : l’étude
des rapports de l’excision et les fistules chez des femmes excisées, et les stratégies de
communication porteuses en matière de lutte contre l’excision.

61
Bibliographie :
ARBRIC J.C, in « Pratiques sociales et représentations. » PUF 1994, 2e édition1997 ;
Association pour le progrès et la défense des droits des femmes maliennes (APDF), La
Femme au Mali : Cadre de vie, problèmes, promotion, organisations, Livre Blanc, Bamako,
FFE (Bureau du Mali), Mars 2000, 123 p.
BELLAS CABANE Christine, La Coupure – L’excision ou les identités douloureuses, Paris,La
Dispute, 2008, 245 p. ;

BOCQUIER Philippe et DIARRA Tiéman, Population et société au Mali, Paris, L’Harmattan,
1999, 204 p ;

Dr TOURE Moustapha, Excision et Santé de la femme, Conakry, Ganndal, Décembre
2003, 64 p.
JODELET D ; in « Les représentations sociales », Paris PUF, 1992

TRAORE Lamine Boubacar, L’excision au Mali, Mythes, réalités et perspectives ,
Représentation du Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP) au Mali, Juin
2008, 38 p.
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Rapports et mémoires
DIAKITE. B, rapport d’étude : « Projet promotion des droits humains, de l’équité et de l’égalité
de genre (PDHEG): Enquête CAP sur l’excision dans les zones de Baraouéli, Bougouni, Macina,
Niono »,PNLE/FNUAP 2005 ;

DIAWARA. A« Etude cap sur l’excision dans les zones d’intervention du projet PASAF à
Bougouni », PNLE, 2002 » ;

Ministère de la Promotion de la femme, de l’enfant et de la famille / Programme National
de Lutte Contre la Pratique de l’Excision, Coopération financière germano-malienne,
Termes de référence, Enquête Nationale sur le Phénomène de l’excision au Mali ,
Frankfurt, Août 2008, http://www.amades.net/actualites/docs/Mali_excision_Instructions_
Soumissionnaires.pdf [Dernière consultation le 29/01/2009].
Ministère de la Promotion de la femme, de l’enfant et de la famille (MPFEF) / Programme
national de lutte contre la pratique de l’excision (PNLE), Rapport national sur l’excision,
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KONTE Assa, La pratique de l’excision au Mali, Mémoire de Fin d’Etudes, Haute école de
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République du Mali, Enquête Démographique et de Santé (EDSM-IV) Mali 2006, Décembre
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Programme national de lutte contre la pratique de l’excision (PNLE), Politique et Plan
d’Action National 2008-2012 du PNLE pour l’abandon de la pratique de l’excision au Mali ,
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Ministère français de la santé et des solidarités, Pour en finir avec les mutilations sexuelles
féminines - Résumé des interventions, Colloque du 4 décembre 2006, Paris (Institut
Pasteur), 13 p.
RGPH (Recensement général de la population et de l’habitat) 2013
62
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MGF, les acteurs et leurs approches : Etat des lieux , Octobre 2006, 61 p.
Ministère de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille (MPFEF), Politique et
plan d’action pour la promotion de la famille 2002-2006, http://www.mpfef.gov.ml/plan_
action_famille2006.pdf [Dernière consultation le 27/01/2009]
DIALLO Assitan, Mutilations Génitales Féminines (MGF) au Mali : Revue de la Littérature
et des Actions Menées, Novembre 1997, 37 p.
TRAORE Lamine Boubacar, L’excision au Mali : Les approches de lutte et leurs limites,
date non renseignée, 12 p.
Articles
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2008.
« L’égalité est encore loin », in L’Essor (quotidien malien) n°16342, 12 décembre 2008,
http://www.essor.gov.ml/cgi-bin/view_article.pl?id=20791 [Dernière consultation le
02/02/2009]
« Lutte contre l’excision : Quand les communicateurs traditionnels s’engagent », in Le
Quotidien (quotidien malien), novembre 2008.

Webographie et sources internet :

1. Centre Innocenti/UNICEF : « Changer Une convention sociale néfaste : la
pratique de l’excision génitale féminine », UNICEF 2005-2008, (consulté le 05
décembre 2016)

2. Etude de prévalence des femmes excisées et des filles à risque d’excision
en Belgique (résumé), 2014 Au 31 décembre 2012 vivaient en Belgique 48 092
femmes et filles18 dont la nationalité (d’origine ou actuelle) est celle d’un pays où se
pratique l’excision. Parmi ces filles et femmes, nous estimons que 13 112 sont « très
probablement déjà excisées » et 4 084 sont « potentiellement à risque d’excision ».
Mise à jour au 31 décembre 2012

3. Fondements sociaux de l’excision dans le Mali du XXIème siècle ", octobre
2006, Christine Bellas Cabane, REVUE Asylon (s), N°1, octobre 2006, Les
persécutions spécifiques aux femmes, url de référence: http://www.reseau-
terra.eu/article485.html (consulté le 10 décembre 2016)

4. Rapport de mission, « Les mutilations génitales féminines au Mali », O.F.P.R.A
(Office Français pour la protection de Réfugiés et apatrides) Bamako-Kayes 12-
18 novembre 2008 (consulté le 10 décembre 2016).

18
Dans ce cas, la nationalité de la mère
63