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Cours d’Economie Générale

Chapitre 2 : Les Courants de la Pensée Economique
Objectif général
A la fin de ce chapitre, l’étudiant doit être capable de :
- Identifier les différents courants de pensée économique.

Objectifs spécifiques
A la fin de ce chapitre, l’étudiant doit être en mesure de :
 Expliquer les analyses positives et normatives de la science économique.
 Comprendre la méthode d’abstraction utilisée pour expliquer les phénomènes
économiques.
 Distinguer les courants de pensée près scientifique.
 Distinguer les différents courants de pensée économique.

Introduction
On s’accorde à penser qu’Adam Smith aurait fondé l’économie en publiant son livre « Recherche
sur la nature et les causes de la richesse des nations » en 1776 et que cette discipline serait
devenue une science, un siècle plus tard, avec l’apparition du courant de pensée néoclassique. Ce
faisant la science économique s’est émancipée de la réflexion politique. Alors que la science
politique s’intéresse à l’Etat, à sa conquête et, plus généralement, au pouvoir, la science
économique se donne pour objet l’étude de la création de la richesse et de sa répartition.
Ainsi, les politiciens font des interprétations souvent diamétralement opposées de la situation
économique et des manières de résoudre les problèmes. Pire encore, le plus souvent les
économistes n’hésitent pas à se contredire en public. Ces contradictions apparentes proviennent
du fait que l’on confond ce qui relève de la science économique et ce qui relève des valeurs
personnelles ou des choix politiques. L’économiste peut par exemple évaluer les conséquences
d’une hausse des impôts sur la consommation. Par contre, il est mal placé pour décider s’il vaut
mieux réduire les dépenses dans le domaine de l’éducation qu’augmenter les impôts. Ce choix
relève plutôt du peuple ou de ses représentants. Tout au plus l’économiste peut-il présenter une
analyse des effets de chaque intervention.
L’économiste étudie le monde tel qu’il est (ce qu’on appelle l’analyse positive) et non tel qu’il
devrait être (ce qu’on appelle l’analyse normative). Il se contente d’expliquer les phénomènes
économiques à l’aide d’hypothèses mesurables.
L’économie positive décrit les faits, tandis que l’économie normative implique des jugements de
valeur. L’économie positive traite des questions telles que : Pourquoi les médecins gagnent-ils
plus que les concierges ? Le libre-échange accroît-il ou réduit-il les salaires de la plupart des
citoyens ? Même si ce sont des questions auxquelles il est difficile de répondre, il est toujours
possible de se référer à une analyse et à des faits empiriques. L’Economie normative impliques
des préceptes éthiques et des normes d’équité. Les pauvres doivent-ils travailler pour obtenir une
aide de l’Etat ? Faut-il accepter une hausse du chômage pour s’assurer que la hausse des prix ne
devienne pas trop forte ? Il n’y pas de bonne ou de mauvaise réponse à ces questions parce
qu’elles impliquent des valeurs morales plutôt que des faits. Elles ne peuvent être résolues que
grâce à des débats et décisions politiques et non par la seule analyse économique.
L’économiste doit bien distinguer les deux types d’analyse et il doit avant tout faire de l’analyse
positive. Il peut ensuite appliquer ses résultats en utilisant ses propres jugements de valeur, à
condition de ne pas présenter cette application comme relevant de la science économique.
Alors, la science économique ne peut appréhender directement la réalité économique dans son
ensemble et lui donner une interprétation théorique.

Première année AD, ATU, GLT, GP, HSE et TOPO : Année Académique 2014/2015 1

c’est la relation entre l’objet et le sujet avec la prédominance de la pensée. l’abstrait et le concret pensé. A l’opposé. Le cas extrême d’une économie de marché. Dans la dernière phase. l’essentiel des questions économiques est résolu par le jeu du marché. de plus en plus de par le monde. Cette méthode est composée de trois étapes que sont : le concret figuré. avec d’un côté les courants de pensée près scientifiques. dans laquelle l’Etat s’abstient de toute décision économique. Le processus d’abstraction permet au chercheur de dégager des notions puis des concepts et des lois. industrie. Toutes les sociétés sont plutôt des économies mixtes. Le processus d’abstraction apparaît alors comme une relation de va et vient entre le sujet et l’objet. les courants de pensée libérale et de l’autre la pensée marxiste et la pensée keynésienne. L’état répond aux grandes questions économiques en s’appropriant les ressources et en faisant appliquer ses propres décisions. avec des éléments d’une économie de marché et des éléments d’une économie dirigée. il y a absence de l’expérimentation qui débouche alors à la nécessité d’abstraction. Le système économique est donc qualifié d’économie de marché. travaux. La théorie économique est une théorie scientifique car elle n’est pas le produit de l’imagination du chercheur. L’analyse économique part de l’observation des phénomènes réels. La validité scientifique d’une théorie ne peut être vérifiée qu’après avoir fait la confrontation/vérification avec la réalité. GLT. Aucune société contemporaine n’entre totalement dans l’une ou l’autre de ces deux catégories polaires. Sujet Objet L’abstraction ne signifie pas imagination c’est-à-dire considération métaphysique car le chercheur à travers sa pensée n’invente pas l’objet. en recherche l’explication afin de pouvoir agir sur la réalité. Dans cette méthode. Une économie de marché est une économie où les individus et les entreprises privées prennent les grandes décisions concernant la production et la consommation. La méthode d’abstraction est utilisée dans toutes les sciences sociales. GP. …) il faut faire un effort d’abstraction. Actuellement. Exemple : le problème de la valeur a été posé par Aristote. ATU. si c’est le contraire on recommencera le processus d’abstraction jusqu’à la maîtrise totale de l’objet. Il a été résolu par les classiques (Adam Smith et David Ricardo) 20 siècles après. C’est–à-dire que le chercheur étudie les phénomènes économiques à travers sa pensée sans intervenir directement sur l’objet. est qualifié d’économie de laisser-faire. Elle est le résultat du processus d’abstraction. une économie dirigée est une économie où l’Etat prend toutes les décisions importantes concernant la production et la répartition. 3è et 4è siècle avant Jésus christ. Ce processus d’abstraction peut prendre des années voir des siècles. Dans ce chapitre. Si la théorie explique la réalité. elle sera jugée scientifique. HSE et TOPO : Année Académique 2014/2015 2 . il essaie de l’expliquer. nous allons aborder des analyses théoriques qui partagent les économistes. Première année AD. Pour comprendre la réalité du concept (dépense d’énergie. La méthode d’abstraction. il y a appropriation de l’objet par la pensée.Cours d’Economie Générale Elle est obligée de procéder par étapes au cours desquelles elle est amenée à effectuer des opérations d’abstraction pour isoler certains phénomènes.

Il y a donc une autre valeur qui permet aux marchandises de s’échanger : la valeur d’échange. Il y a domination de l’église et par conséquent domination et considération morale et religieuse. Il ajoute que la valeur d’échange peut être définie comme l’échange des différents travails. La réponse de Aristote est que chaque marchandise présente deux caractéristiques : la valeur d’usage et la valeur d’échange. Première année AD. par contre l’économie d’argent introduit la spéculation et par conséquent une diminution de la richesse. ATU. Exemple : La Doctrine du « Juste prix ». On constate qu’on ne peut pas échanger les marchandises sur la base de la valeur d’usage parce qu’il n’y a pas de rapport possible.L’antiquité La période de l’antiquité présente les caractéristiques suivantes : Période située entre -3000 à - 1000 ans avant Jésus Christ . l’organisation économique et sociale est dominée par le mode de production féodal. La valeur d’échange est définit comme le besoin que chacun de nous a pour les autres marchandises et inversement. l’organisation économique et sociale de l’époque était dominée par le mode de production esclavagiste (propriété) . La définition de la valeur d’usage est une définition objective et scientifique. Chaque marchandise présente un prix qui peut être déterminé à deux niveaux : . . Le concept de coût de production est une définition scientifique qui sera reprise par les théories contemporaines tandis que la définition du prix de marché est une définition métaphysique car elle ne prend pas en considération les forces du marché qui sont derrières cette détermination. Saint Thomas d’Aquin est à la fois un économiste et un théologicien qui va essayer d’expliquer les phénomènes économiques en mélangeant l’analyse économique à la morale.1 La pensée de l’antiquité et moyen âge a. elle sera reprise par Adam Smith. Le commerce doit se limiter à l’échange des biens. Qu’est ce qui permet alors aux marchandises de s’échanger ? Pour Aristote la définition de la valeur s’explique par la mesure commune. Elle pose le problème de la détermination des prix. Pour Aristote il n’y a de vraie richesse que par la production en nature qu’il définit comme la production de tous les biens économiques matériels. et l’absence de religion forte a fait que la domination soit exercée par les considérations morales.Cours d’Economie Générale Section 1 : Les courants de pensée près scientifiques 1. Ricardo et Marx tandis que la définition de la valeur d’échange est une définition métaphysique parce qu’elle explique la valeur d’échange par la valeur d’usage.1er niveau : le coût de la production c’est-à-dire ce qui a été dépensé pour produire cette marchandise avant d’arriver au marché. Exemple : M1 = 2M2. b. c’est le caractère objectif et concret (la capacité du yaourt est de satisfaire le besoin de manger). HSE et TOPO : Année Académique 2014/2015 3 . on doit ajouter un « profit raisonnable» c’est-à-dire le demandeur et l’offreur doivent céder mutuellement de manière à ce que aucune des deux parties ne soit désavantagée (c’est un appel à la conscience du bon chrétien). le rapport d’équivalence ou rapport d’identité.2ème niveau : une fois au marché. GP.Le moyen âge La période s’étend du 5è et 6è siècle au 14è et 15è siècle. La valeur d’usage est la capacité de la marchandise pour satisfaire un besoin donné. GLT.

on peut dégager quelques points communs aux différents courants : . près scientifique attribué à l’école. Argent). libéraux hostiles aux interventions de l’Etat. Pour les physiocrates. Malgré la diversité de cette école mercantiliste. La critique essentielle selon Adam Smith est que les mercantilismes confondent l’accumulation de la monnaie à l’accumulation du capital en d’autres termes. mais les richesses agricoles.2 Les mercantilistes a. ils fondent une confusion entre espèce et richesse. 2. Ils s’opposent en cela aux mercantilistes car ils pensent que l’objectif de la vie n’est pas l’enrichissement mais le bonheur. Section 2 : Les courants de pensée libérale La révolution industrielle au 18ème siècle révèle un nouveau courant de pensée. il ne peut guère y avoir en théorie un excédent permanent de la balance commerciale il est donc inutile de se soucier de la balance commerciale pour faire une analyse économique. les mercantilistes n’ont pas fait œuvre scientifique d’où le qualificatif. Le développement des manufactures permet alors d’augmenter les exportations et d’acquérir ainsi des quantités supplémentaires de métaux précieux. . fondement de la pensée économique moderne. Critiques de la théorie La théorie mercantiliste repose sur la doctrine selon laquelle une balance commerciale doit être toujours excédentaire. le véritable enrichissement n’est pas monétaire mais agricole. GP. Préoccupés par des problèmes de politique économique. . non les richesses monétaires. L’école classique s’échelonne de 1776 avec Adam Smith à 1848 avec John Stuart Mill. Mais avant les physiocrates ont été les premiers à estimer que l’économie est commandée par la nature.Les mercantilistes C’est dans un milieu. ils préconisent une vie naturelle aux champs et considèrent qu’il faut augmenter la production de richesses.Cours d’Economie Générale 1. En conclusion.Les mercantilistes sont les 1ers à estimer que la recherche du gain est un acte louable. comme le pensent les mercantilistes. le respect de l’ordre naturel et donc la nécessaire non-intervention de l’Etat dans l’économie. avec comme chef de file François Quesnay (1694-1774). Pour atteindre ce bonheur. Leur principal objectif consiste à attirer sur le territoire national et à conserver les métaux précieux. GLT. La richesse d’un pays est composée non seulement de métaux précieux mais aussi de ces terres. Première année AD. anglais.Le commerce extérieur doit produire une rentrée importante des métaux précieux (Or. Les idées principales de l’école classique sont l’harmonie des intérêts individuels. biens de consommation or toute l’augmentation mercantiliste repose sur les métaux précieux comme seule source de richesse.Le fondement du mercantilisme repose sur la doctrine selon laquelle il faut que la balance commerciale soit toujours excédentaire. Il faut noter qu’il y a plusieurs sous courants du mercantilisme à savoir le mercantilisme espagnole. en profonde transformation. ATU. les importations ayant pour conséquence une fuite de métaux précieux. considérés comme les premières de toutes les richesses.1 Les physiocrates La physiocratie est un courant économique qui ne durera que quelques années en France au 18ème siècle. HSE et TOPO : Année Académique 2014/2015 4 . qu’apparaît au XVIème siècle une école réunissant des publicistes et des conseillers de Prince qui vont s’efforcer jusqu’au XVIIIème de préciser à l’usage des gouvernants les règles d’une bonne politique économique. français. Ils préconisent donc une politique protectionniste. bâtiments.

Avec les physiocrates. Quesnay procède à la première tentative de comptabilité nationale en représentant la circulation des flux réels et monétaires. la richesse devient matérielle et non plus. Le rôle central est accordé à l’agriculture et aux propriétaires terriens. Dans son ouvrage "Tableau économique" publié en 1758. Dans son analyse de la division du travail pour expliquer l’échange des marchandises. du brasseur. Le 1er moyen d’augmenter la production est de diviser le travail. Par le jeu des échanges. Avec les physiocrates commence une ère nouvelle qui consacre la rupture avec les idéo mercantilistes et la systématisation de l’analyse économique. La richesse provient donc de la production matérielle . la classe urbaine qu’ils nomment « classe stérile ». en œuvrant pour leur intérêt personnel. Il postule que. Les physiocrates sont les premiers libéraux. ATU. uniquement monétaire car ces métaux ne servent qu’à acquérir des biens réels. Il faut respecter l’ordre naturel de l’économie et respecter la propriété privée. L’activité manufacturière transforme les richesses mais n’en crée pas.2 Le fondateur de l’économie libérale moderne : Adam Smith Adam Smith (1723-1790) fondateur du libéralisme moderne est aussi un philosophe. c’est-à-dire un produit net. c’est la fameuse notion de la « main invisible » : le libre jeu du marché. Cette méprise se comprend à l’époque où l’appareil productif est essentiellement agricole. En ce sens il énonce : « Ce n’est pas de la bienveillance du boucher. le commerce extérieur est nécessaire pour écouler les excédents de production selon le principe de l’avantage absolu c’est-à- dire par comparaison des coûts de production absolus. Les physiocrates ont essayé de présenter ces mécanismes économiques sous la forme d’un tableau économique. L’idéologie de ce tableau est la suivante : Il ressort qu’il existe des lois économiques qui régissent les rapports entre les trois classes et qui gouvernent les activités économiques. Adam Smith a transposé son argumentation en faveur de la division du travail (du niveau microéconomique au niveau macroéconomique). comme l’affirmaient les mercantilistes. du boulanger que nous attendons notre dîner. Ces lois sont le reflet de l’ordre naturel c’est-à-dire que les gouvernants ne doivent pas intervenir dans cet ordre et doivent « laisser faire ». GLT. mais le produit que l’on peut consommer. contrairement à ce qu’affirment les mercantilistes. qui est la classe productive . GP. et dont l’utilisation permet d’augmenter les rendements. C’est l’ère de la révolution du « laisser faire » qui sera concrétisée par Adam Smith et les autres classiques. Selon lui. Première année AD. la véritable richesse n’est pas de l’or. La critique faite sur l’analyse des physiocrates est évidemment de limiter la définition de la richesse uniquement au produit agricole et de considérer que seule l’activité agricole est productive. la classe des propriétaires fonciers . ils enrichissent intentionnellement la nation toute entière . Ils considèrent que l’Etat ne doit pas intervenir dans l’économie et qu’il doit respecter les lois physiques qui la guident. Le 2è moyen d’enrichir la nation est de laisser les individus s’enrichir car. HSE et TOPO : Année Académique 2014/2015 5 . le but de l’œuvre de Adam Smith est de déterminer les moyens d’accroître cette production afin d’enrichir la nation. Les intérêts individuels et surtout ceux des agriculteurs sont conformes à l’intérêt général.Cours d’Economie Générale François Quesnay et ses disciples considèrent que seule l’agriculture est en mesure de produire un surplus au-delà des matériaux utilisés. 2. L’industrie et le commerce sont considérés comme stériles mais utiles dans la mesure où l’industrie par exemple fournit à l’agriculture des biens de production que les physiocrates nomment : « avances ». Adam Smith avait abordé la question du commerce international entre les nations comme étant une nécessité dans le cadre d’un système de libre échange. Mais de la considération de leur propre intérêt ». Les physiocrates distinguent trois classes d’agents économiques : la classe des agriculteurs. les dépenses des uns constituent les gains des autres. Adam Smith développe aussi la théorie des avantages absolus lors des échanges entre les nations.

GLT. cueillette. Smith distingue deux types de sociétés : . HSE et TOPO : Année Académique 2014/2015 6 . …) et les louent ou les avancent aux travailleurs. cependant il rejoint les physiocrates sur le fait que la monnaie ne sert qu’aux échanges.1 Thomas Robert Malthus (1766-1834) Pasteur et économiste britannique libéral. sécurité.Les pessimistes Tout en acceptant l’idée selon laquelle l’amélioration de la situation économique passe par le travail humain.Cours d’Economie Générale Ceci signifie qu’un pays est susceptible d’importer une marchandise si sa production est plus coûteuse que son importation par contre il pourra exporter ses produits si ces coûts de production son avantageux par rapport à ceux d’autres pays. Malthus tente d’expliquer la pauvreté des populations. chasse…) ou le travailleur perçois la totalité du produit de son travail et dans laquelle tous les avantages liés à la division du travail reviennent aux travailleurs. il correspond à la valeur d’usage. Ce prix dépend de l’intérêt que procure cette marchandise c’est-à-dire du besoin qu’on a. dans son livre « Essai sur le principe de population » (1798). ils s’efforceront de montrer que le travail ne sauvera pas à lui seul l’homme. or ce n’est pas les lois pour les pauvres qui fabriquent du Blé.Il distingue deux types de prix pour les marchandises échangés  Le prix nominal qui correspond au prix de vente ou à la valeur monétaire.une société primitive (pêche. ATU. c’est parce que le travail ne varie jamais dans sa valeur propre qu’il constitue une mesure réelle et objective permettant de bien apprécier et de comparer les valeurs de toutes marchandise. Ce prix est selon Smith la valeur d’une marchandise. a. Sa problématique est dominée par l’idée que l’économie tend vers un état stationnaire et il détaille les moyens pour reculer l’échéance de cet état stationnaire.Une société moderne dans laquelle il existe des propriétaires privés qui concentrent les moyens de production (capital. on peut dire que l’analyse d’Adam Smith se distingue par l’introduction de la notion du travail : . Première année AD. Dans sa théorie de la répartition. Malthus pense même que ces dernières créent des pauvres en encourageant la natalité.Par rapport aux mercantilistes qui considèrent les métaux précieux comme la valeur. c’est à cause d’un manque de Blé . a. .3 La synthèse classique Par rapport à Adam Smith les classiques ont été classés en 2 catégories. La loi de la population de Malthus rejette toute action sociale de l’Etat qu’il accuse de nuire à la régulation démographique. tandis que la production suit une progression arithmétique. Enfin Adam Smith cantonne l’Etat au rôle de la protection des citoyens (défense. justice).2 David Ricardo (1772-1823) David Ricardo présente sa conception de l’économie dans son ouvrage « Principes de l’économie et de l’Impôt » paru en 1817. Pour Smith. a. terre. . 2. la valeur d’échange des marchandises dépend de la quantité de travail nécessaire pour les produire. GP. Il affirme haut et fort que s’il existe des misérables qui n’ont pas assez pour s’alimenter. Par exemple la quantité d’argent qu’il faut donné pour acquérir une marchandise. Selon lui. Donc en substance. la population suit une progression géométrique.  Le prix réel qui correspond à la valeur du travail. Encore faut-il que la croissance démographique reste raisonnable. En résumé. on doit laisser faire les choses. Par ailleurs.

Selon David Ricardo. il faut instaurer le libre échange.2 pour l’Angleterre et 0.  Les capitalistes qui reçoivent un profit. Le Vin (le coût du vin en terme de drap) . Selon lui. c’est-à-dire la situation d’une économie sans croissance. Pour cela.883 . le prix du Blé augmente ainsi que. trois catégories sociales se partagent trois sortes de revenus :  Les salariés qui vendent leur travail. celle-ci tend vers un état stationnaire. il faut abolir les Corn Law (lois interdisant toute importation de Blé). Pour cela il a développé la théorie des avantages comparatifs. GP.Les optimistes A côté des pessimistes anglais.2 . il montre que la problématique au niveau d’une économie n’est pas vraiment la croissance économique mais plutôt la défense du libéralisme économique et de la libre concurrence. Dans son ouvrage ‘Traité d’économie politique » paru en 1806. Le Portugal produit du vin avec un coût de 80 Unités de travail et 90 Unités de travail. Ricardo formule sa loi des rendements décroissants. il y a des optimistes classiques avec à leur tête Jean Batiste Say (1767-1832). Or le profit étant la motivation principale de la production. ATU. Ricardo avait suggéré un modèle simple et où il est supposé que le commerce international ne met en jeu deux nations et deux marchandises dans des conditions simplifiées. les salaires. b. Pour faire face à l’accroissement de la demande induit par l’augmentation de la population. HSE et TOPO : Année Académique 2014/2015 7 .125 Constat : avantage relatif de l’Angleterre pour la production du Drap La condition nécessaire et suffisante pour que les deux produits fassent l’objet d’échange entre les deux pays est que leurs coûts comparatifs soient différents.125 pour le Portugal. les données du problème au commerce international sont les suivants : Marchandises Vin Drap Pays Angleterre 120 100 Portugal 80 90 L’Angleterre produit du vin avec un coût de 120 Unités de travail et du drap avec 100 Unités de travail.88 Constat : il y a un avantage relatif au Portugal pour la production du Vin Le Drap (le coût du drap en terme de vin) .Portugal : 90/80 = 1.Angleterre : 100/120 = 0.Portugal : 80/90 = 0.Cours d’Economie Générale Ricardo affirme qu’il faut prendre en considération le travail direct (celui qui produit directement la marchandise) et le travail indirect qui a été nécessaire pour produire les outils et les machines.88 pour le Portugal ou bien 0. ceux –ci sont de 1.Angleterre : 120/100 = 1. Dans l’exemple ci-dessus. La seule façon d’écarter le spectre de l’état stationnaire est de stopper l’augmentation du prix du blé de façon à stopper celles des salaires. GLT. dont le rendement est donc décroisant. Exemple : soient deux pays l’Angleterre et le Portugal. Les terres moins fertiles nécessitant plus de travail pour les cultiver. A partir de cette théorie de la répartition. il est nécessaire de cultiver de nouvelles terres de moins en moins fertiles. par voie de conséquence. Première année AD.883 pour l’Angleterre et 1.  Les propriétaires fonciers qui reçoivent une rente. Il en résulte que la rente versée aux propriétaires fonciers s’accroît au détriment des profits.

l’aide aux pauvres et surtout l’instruction publique gratuite et de qualité pour tous. considéré comme le dernier auteur classique. Les agents économiques sont en . il est nécessaire d’établir le lien entre l’école classique et l’école néoclassique. Pour introduire les néoclassiques. le travail est le fondement même selon eux la valeur d’un bien c’est de la valeur d’un bien. tels l’utilitarisme et le « laisser-faire ». il accepte néanmoins l’intervention de l’Etat dans le domaine social et préconise un certain réformisme social. HSE et TOPO : Année Académique 2014/2015 8 . Première année AD. limitées à leurs dispositions. l’économie de marché se régule de façon spontanée. . La méthode des classiques est . l’existence de la main invisible est incontestable dans la mesure où l’intérêt du plus fort peut prévaloir et les inégalités exister. ATU. bien qu’il soit un contemporain des classiques. La démarche néoclassique est plutôt déterminée par une analyse macro. pour Mill. Et ce besoin selon Say. le britannique William Stanley Jevons (1835-1882) et l’Autrichien Carl Menger. aux comportements individuelles. . Valeur perçue du côté de l’offre : leur . il explique que les produits s’échangent contre les produits et que l’offre crée sa propre demande. S’il adhère à ses principes généraux.Point d’opposition entre Economistes classiques et néoclassiques Classiques Néoclassiques .Cours d’Economie Générale Il condamne sans équivoque toute intervention de l’Etat. . Ainsi.John Stuart Mill (1806-1873) John Stuart Mill -Principes d’économie politique (1848). GLT. Comment les agents économiques croissance économique c’est-à-dire peuvent trouver le meilleur moyen comment assurer l’accumulation de la d’utiliser efficacement les ressources richesse au sein d’une nation. a. il prône l’émancipation des femmes. Dans sa loi des débouchés.4 Les néoclassiques C’est au troisième tiers du XIXè siècle que le courant néoclassique est né. L’école classique britannique a posé les fondements de la théorie économique moderne. Elle a annoncé Karl Max et tout l’école néoclassique. c. Pour Say tant qu’on laisse la concurrence s’exprimer. L’analyse classique s’intéresse à la . Say annonce aussi les néoclassiques par sa loi de la valeur. Say préfigure à maints égards l’école néoclassique. l’utilité qu’on en retire. Seule cette instruction peut permettre une « Association des ouvriers et des entrepreneurs » pour le bien de tous. Les principaux fondateurs de l’économie néoclassique sont le Français Léon Walras (1834-1910). 2. même si. Chaque agent économique reçoit une position conflictuelle dans la part de revenu rationnel selon sa répartition des revenus. Valeur perçue du côté de la demande : approche est dite objective car selon leur approche est dite subjectiviste car eux. Cette théorie annonce l’équilibre général des néoclassiques et sera reprise par des théoriciens contemporains : les théoriciens de l’offre.est l’un des représentant de l’école classique. est le concept qui le conduit à adhérer à la conception de la valeur d’utilité (ou valeur d’usage) et non valeur d’échange d’un bien. L’école classique préconise donc en premier lieu le respect de l’ordre naturel. la réglementation de la durée du travail. micro-économique car ils s’intéressent économique. contribution. Ce raisonnement est fondé sur « la loi des débouchés » qui montre qu’il ne peut y avoir de crise de surproduction généralisée car dit il « L’offre crée sa propre demande » et cela tant que la concurrence permet de produire ce dont les gens ont effectivement besoin. A travers la théorie de Jean Batiste Say. GP.

il est nécessaire qu’il y ait : Une atomicité du marché. w = salaire nominal et p = indice de prix Pour les entrepreneurs. Selon les néoclassiques le secteur réel est composé de deux marchés : le marché du travail et le marché des biens et services.2 L’équilibre général de Walras et de Pareto Le modèle néoclassique se fonde sur trois principes directeurs :  La flexibilité des prix. la demande du travail résulte d’un problème de maximisation du profit. D’où une relation positive entre le salaire réel et l’offre de travail (Ns). Le salaire réel (w/p) exprime un pouvoir d’achat par conséquent l’offre de travail par les salariés résulte d’un choix rationnel entre la consommation et les loisirs. GLT. tout entrepreneur rationnel doit embauché des travailleurs jusqu’au moment où il se rend compte que le rendement du dernier employé (la productivité marginale) est égal au coût réel supporté pour l’acquérir (salaire réel). b. Les caractéristiques de cet équilibre sont exposées par Walras puis par Vilfredo Pareto (1848-1923) dans son « Manuel d’économie politique ». Une fluidité du marché. Ns = Ns (w/p) si w/p augmente. Une transparence du marché.1 Les conditions de la concurrence pure et parfaite Pour que les conditions de la concurrence pure et parfaite soient réunies.L’équilibre général Léon Walras dans son ouvrage « Eléments d’économie politique pure » explique si les conditions de la concurrence pure et parfaite sont réunies. ATU.Cours d’Economie Générale b. L’équilibre sur le marché du travail Sur ce marché. HSE et TOPO : Année Académique 2014/2015 9 . l’offre est faite par les salariés et la demande est exprimée par les entrepreneurs.  La croyance à la théorie quantitative de la monnaie. les agents économiques sont des « Homo oeconomicus ». l’économie se maintient automatiquement en équilibre. b. c’est-à-dire des êtres rationnels qui cherchent à maximiser leur profit s’ils sont producteurs et à maximiser leur satisfaction et minimiser leur travail s’ils sont des consommateurs. Une homogénéité des produits. GP. Le problème de l’entrepreneur est alors de trouver la combinaison optimale des facteurs de production c’est-à-dire celle qui lui permet de réaliser ce profit maximum. Ce qui détermine les motivations des uns et des autres c’est le salaire réel qui est un pourcentage de prix. Pour maximiser son profit. c’est-à-dire si l’ordre naturel est respecté. La production peut être considéré comme fonction du seul facteur travail. cela implique que Ns augmente. Première année AD. Par conséquent le salaire réel w/p exprime le coût de production. le coût réel salarial. Par hypothèse.  La croyance à la loi des débouchés de Say. Leur équilibre conditionne celui du dernier marché : le marché de la monnaie. Le travail est assez significatif pour compenser la réduction du loisir.

le taux d’intérêt est le rendement de l’argent déposé dans les banques. GP. ce sont les motivations des épargnants et des investisseurs. de l’épargne (Se) et de l’investissement (Ie). le niveau de l’emploi à l’équilibre et le niveau de la production optimale (QE). L’équilibre sur le marché des biens et services Ce qu’il importe de souligner. GLT. Pour les épargnants. Première année AD. ATU. C’est un équilibre qui correspond au plein emploi c’est-à-dire qu’il n’y a de chômage que volontaire. L’équilibre sur ce marché des biens et services permet de déterminer la valeur optimale du taux d’intérêt (ie).Cours d’Economie Générale w/p Ns (w/p) E E ND N QE Q NE N w/p : salaire réel (w/p) : salaire réel à l’équilibre Ns : offre du travail ND : demande de travail N : quantité de travail NE : quantité de travail à l’équilibre QE : volume de la production à l’équilibre atomisé E : position d’équilibre Q : volume de production L’équilibre du marché de travail (offre = demande) (Ns = ND) permet de déterminer trois variables pour leur grandeur optimale : le niveau du salaire réel (w/p). HSE et TOPO : Année Académique 2014/2015 10 . Il représente le prix dont la variation permet d’établir l’équilibre entre la demande d’investissement et l’offre d’épargne. Pour les emprunteurs investisseurs. le taux d’intérêt représente le coût du capital emprunter. Le taux d’intérêt détermine leurs comportements respectifs.

Pour eux. le marché du travail et le marché de la monnaie. qui compensent la variation de façon à maintenir l’équilibre.P. GP. se confrontent une offre et une demande qui sont le résultat de l’agrégation des demandes et des offres individuelles. Première année AD. GLT. Pour les néoclassiques. Si une modification intervient sur l’un des marchés. ATU.Q/V. Conclusion Sur chacun des trois marchés principaux. seule l’offre de la monnaie et le niveau général des prix varient. Sur chaque marché l’offre est une fonction croissante du prix. Donc l’offre de la monnaie Mo = M. la monnaie a pour fonction de faciliter les échanges en rompant le troc.Q L’équilibre sur le marché de la monnaie suppose l’égalité entre l’offre et la demande de la monnaie : Mo = Md = K. elle se répercute immédiatement sur les autres marchés. l’offre de la monnaie est exogène : elle est fixée par les autorités en fonction de la demande de monnaie.P. HSE et TOPO : Année Académique 2014/2015 11 . le secteur réel est nettement différent du secteur monétaire. la monnaie n’a aucune influence sur les variables économiques réelles. en posant K = 1/V alors Md = K. Q est la production et Md : la demande de la monnaie.Cours d’Economie Générale i S SE = ie I IE Titre (Capital) i : Taux d’intérêt ie : Taux d’intérêt à l’équilibre I : Investissement S : Epargne IE : demande d’investissement à l’équilibre SE : Offre d’épargne à l’équilibre L’équilibre sur le marché de la monnaie Dans l’analyse classique et néoclassique. Md = P.Q avec V : vitesse de circulation de la monnaie. La demande de la monnaie quant à elle est motivée par la seule nécessité de se procurer les biens disponibles : c’est le motif des transactions. Ce motif de transaction est exprimé dans la théorie quantitative de la monnaie selon laquelle on a : Md V = P. le nième marché est automatiquement équilibré. Il faut noter que l’équilibre sur le marché de la monnaie est en principe automatique dès lors que les deux premiers marchés se trouvent dans une telle situation : c’est la loi de Léon Walras selon laquelle si (n-1) marchés sont en équilibres sur (n) marchés. La théorie quantitative de la monnaie est qu’elle fait dépendre l’évolution des prix à la quantité de monnaie offerte dans l’économie.Q On suppose qu’en courte période. Dans leur analyse. P : niveau général des prix. le marché des biens et des services. et la demande en est une fonction décroissante.

La naissance engendre systématiquement la mort. Enfin. Plus tard. HSE et TOPO : Année Académique 2014/2015 12 .Une philosophie matérialiste inspirée de Feuerbach Apres avoir développé la dialectique de Hegel. 3. Pour Hegel.1 Les fondements philosophiques de l’analyse Marxiste La philosophie de Marx se fonde sur la dialectique et le matérialisme. change. Pour déterminer quelles sont les motivations des individus. toute entité évolue. il va se développer une opposition entre d’une part la bourgeoisie et d’autre part la classe ouvrière. Son analyse est un tout : elle est à la fois philosophique. ils utilisent une méthode de raisonnement : le marginalisme.Il ne peut y avoir de crise de surproduction car la variation du prix des biens et des services permet d’égaliser l’offre et la demande . économique et politique. Première année AD.Cours d’Economie Générale La libre variation des prix permet d’assurer l’équilibre : . de l’urbanisation avec toutes les conséquences sociales liées au taux d’urbanisation croissant. une intervention extérieure au marché. GP. Section 3 : La pensée Marxiste Le 19è siècle a consacré en Angleterre plus particulièrement le plein développement de l’industrie. Elle se caractérise en particulier par une extrême mathématisation. C’est dans ce contexte que Karl Marx (1818-1883) avait développé sa théorie et ses critiques du capitalisme. C’est donc cette approche évolutive et dynamique de Hegel que Marx va adapter. . est condamnable car elle altère l’ordre naturel et perturbe donc le bon fonctionnement autorégulateur du marché. toute entité contient en elle les germes de sa propre destruction ou de son contraire : « Toute entité née. b. Cette période a été jalonnée par une série de crises économiques. Par conséquent. GLT. comme celle de l’Etat. sauf s’il est volontaire. C’est en cela qu’il va développer l’idée matérialiste. connaît des contradictions internes qui rendront inéluctable sa disparition. Un déséquilibre ne peut perdurer que si les conditions de la concurrence pure et parfaite ne sont pas réunies . Marx va se démarquer de l’idéalisme de Hegel. Il essayera de montrer dans l’analyse du système capitaliste que ce dernier comme tous les autres systèmes de la société. car la libre variation du salaire permet d’égaliser l’offre et la demande de travail.Toute l’épargne est forcément investie car la libre variation du taux d’intérêt permet d’égaliser l’épargne et l’investissement. Il va notamment soutenir l’idée que ce ne sont pas les hommes qui font l’histoire mais plutôt les rapports en matériels. aux conditions de travail souvent inhumaines dans les industries et à la misère croissantes dans les villes. grandie.Une philosophie inspirée de Hegel La dialectique peut être définie comme « L’étude des forces contradictoires qui engendrent l’histoire ». disparaît pour laisser la place à une autre forme qui s’adapte à l’évolution du temps. Avec l’augmentation de la classe ouvrière. a. Le terme marginalisme vient du fait que cette école a été la première à utiliser l'utilité marginale comme déterminant de la valeur des biens et le calcul différentiel comme instrument principal de raisonnement. Walras et Pareto montrent que l’équilibre général est mathématiquement possible car il existe autant d’équations que d’inconnus et donc le système peut avoir une solution.Il ne peut y avoir de chômage. Elle conduit à des conclusions qui prônent l’action par la révolution du prolétariat. mûrie. vieillie et meurt ». les néoclassiques sont des utilitaristes dans le sens où ils considèrent que toutes les actions des individus sont motivées par la recherche de leur intérêt personnel. Marx s’est détaché de ce dernier pour aller vers Feuerbach dont la philosophie repose sur l’Athéisme. ATU.

Marx adhère aussi à la catégorisation des revenus : ceux des capitalistes.2 L’Analyse Economique Marxiste : la révolution de l’exploitation Le principal apport de Marx réside dans son analyse critique du capitalisme. Soit X = (CC/CV) : Composition organique du capital. 3. ceux des propriétaires fonciers et ceux des ouvriers. dans lequel le travail n’est pas payé à sa juste valeur. Il pense en particulier comme Ricardo. Il admet comme Ricardo que la valeur d’échange des biens à deux sources : la rareté et le travail. Il reprend la distinction qui est faite entre valeur d’usage et valeur d’échange d’un bien. ce sont les hommes qui en développant la production matérielle et les relations matérielles transforment en même temps leur propre réalité. le bon indicateur de la plus value est le taux de profit. Mais ce système favorise surtout l’accumulation de la plus value et du profit. C’est aussi un régime d’aliénation du travail au capital. l’œuvre de Marx s’inscrit dans le prolongement de l’école classique. = (PL / CV) / [(CV/CV) + (CC/CV)] = (PL / CV) / (1 + X) = (PL/ CV) * [1 / (1 + X)] Première année AD. HSE et TOPO : Année Académique 2014/2015 13 . A cet effet. Marx met en exergue les rapports de forces entre les différentes classes sociales. Au niveau de la production : Marx adhère à la théorie de la valeur travail des classiques. contrairement aux classiques qui raisonnent en terme de travail. c’est que Hegel est un croyant idéaliste. GLT. ATU. il définit la plus value comme étant la différence entre la quantité du travail effectuée par l’ouvrier pour l’entreprise. Il va en considérant que les rapports sociaux sont déterminés par les rapports de production. Pour Marx. mais la vie qui détermine la conscience ». Quant aux profits. Marx considère plutôt « la force du travail » dans son analyse. et la quantité que paye effectivement l’entrepreneur sous forme de salaire. ils ne découlent pas d’un ordre naturel. le capitalisme est moralement condamnable parce que c’est un système d’exploitation de l’homme par l’homme. a. ils proviennent aux capitalistes notamment sur les prélèvements opérés sur la valeur créée par les travailleurs. tandis que Feuerbach est un Hâté et que pour lui « c’est l’homme qui a crée Dieu en projetant dans un infini imaginaire le meilleur de lui-même ». Il dit : « Ce n’est pas la conscience qui détermine la vie. mais avec la baisse tendancielle du profit. Par conséquent. leurs manières de penser et leurs idées. « Ce que vend les ouvriers ce n’est pas directement son travail mais plutôt la force de son travail dont il cède aux capitalistes la disposition momentanée ».Les fondements classiques de l’Analyse Marxiste L’analyse de Karl Marx présente des points communs avec les classiques anglais en particulier David Ricardo. C’est donc en rapport à cette philosophie du matérialisme que Marx va élaborer sa critique du système capitaliste. Sur le plan de la répartition. Pour l’évolution des salaires et des profits. il faut prendre en compte la quantité du travail incorporé dans la production d’un bien pour en déterminer sa valeur d’échange. le système capitaliste est appelé à disparaître.La condamnation du capitalisme Pour Marx. GP. b.Cours d’Economie Générale La raison de ce détachement. Cependant sur certains points. Pour Marx. = Plus value / (CV + CC) = PL / (CV + CC) Avec CV : capital variable (salaire) et CC : capital constant (matériels d’équipement).

développé par Say. 4. Deux arguments de Keynes mettent à défauts la théorie néoclassique : §. En réalité. Keynes y met en cause les postulats des économistes classiques . dû au refus d’une partie de la main d’œuvre de travailler au salaire du marché. le maintient durable d’un important taux de chômage apportait la démonstration de l’échec de la théorie néoclassique selon laquelle les fluctuations étaient de courte durée et devaient se corriger d’elles-mêmes. Avec la faillite des clients spéculateurs. il place la recherche du plein emploi au cœur de l’économie et expose les politiques économiques à mettre en œuvre pour y parvenir. affirme que l’offre crée sa propre demande. c’est-à-dire une baisse des salaires. la production induisant une demande équivalente. a été publiée en 1936. l’épargne est égale à l’investissement et que l’action de la monnaie n’a pas d’importance véritable. Théorie générale de l’emploi. qui lui-même résulte de la demande effective. seuls deux types de chômages sont possibles : le chômage de frottement. durant les années 30. Mais comment expliquer alors que. Un second postulat de l’analyse néoclassique.L’argument principal de Keynes est que le niveau des salaires réels ne résulte pas du marché du travail. Les conséquences économiques et sociales de la crise de 1929 sont de quatre ordres :  La crise était d’abord boursière (Augmentation de l’offre des titres et baisse de leurs cours). mais provient du niveau de l’emploi. dû à différents défauts d’ajustement du marché du travail.Critique de la théorie néoclassique Pour les néoclassiques. GP. la crise bancaire amène les petits épargnants à retirer leurs dépôts. Ce qui suppose que. le chômage ne diminue pas ? Comment analyser la persistance d’un chômage très élevé ? Première année AD. la monnaie joue un rôle central dans l’équilibre économique. conséquence c’est la disparition du capitalisme. Ainsi. et donc à une augmentation de la demande de travail (baisse de chômage). le chômage (l’excès d’offre) devrait conduire à une baisse du prix d’équilibre sur le marché du travail. ATU.  Cette crise économique est devenue sociale avec pour corollaire le chômage et la paupérisation des populations.Cours d’Economie Générale Selon ce raisonnement le capitalisme est condamné à disparaître compte tenu de la baisse continue du profit tendanciel.1 La réponse de Keynes aux néoclassiques L’œuvre maîtresse du célèbre économiste d’origine britannique John Maynard Keynes (1883- 1946). Cette analyse s’inscrit dans le cadre de la grande dépression des années 30. HSE et TOPO : Année Académique 2014/2015 14 . Pour Marx le progrès technique suppose une croissance de X. et toute épargne est un manque à gagner pour la consommation. et le chômage volontaire. quand X augmente le rapport 1/ (1+X) diminue et alors le produit baisse.  La crise se poursuit sous forme bancaire.  La crise est devenue économique car les entreprises ne pouvaient plus emprunter et beaucoup d’entre elles sont tombées en faillite.Les salariés sont victimes de l’illusion monétaire §. GLT. Section 4 : La pensée keynésienne Le cœur de l’analyse keynésienne est le refus de faire confiance aux mécanismes du marché pour rétablir spontanément l’équilibre. de l’intérêt et de la monnaie.Le principe de la demande effective Selon les néoclassiques. b. L’offre ne crée pas la demande. a.

mais cela résulte du hasard. L’intervention de l’Etat devient alors nécessaire pour réguler l’économie. Keynes refuse cette explication en soulignant que le chômage ne peut être qu’involontaire.2 Les politiques économiques Keynes propose un soutien de la demande effective parce que le fonctionnement du marché ne permettant pas toujours d’aboutir à une situation d’équilibre satisfaite. A l’inverse. on obtient un équilibre entre l’offre et la demande des biens. celle-ci étant déterminée par une certaine idée qu’elles se font de la demande future (il s’agit d’une anticipation). ATU. Principe de la demande anticipée 1 2 Mise en œuvre de la production Demande de Embauche de Possibilité de biens escomptée salariés chômage 3 Distribution de revenus Possibilité d’une thésaurisation Ce n’est pas la demande des agents qui constitue le moteur de la vie économique. ils pourraient trouver du travail sans difficultés. cette situation est appelée situation « d’équilibre de sous-emploi ». afin de leur permettre la mise en œuvre d’un certain niveau d’investissement et donc d’emploi. 4. GP. L’élément fondamental est le principe de la demande effective. en acceptant une telle baisse des rémunérations. Les anticipations sont à l’origine d’un certain volume de production et donc d’un certain volume d’emploi. Une baisse des salaires ne peut conduire qu’à une réduction du pouvoir d’achat des consommateurs et donc à une diminution de la demande sur laquelle compter les entrepreneurs. L’Etat élabore donc une politique économique. HSE et TOPO : Année Académique 2014/2015 15 . il s’agit tout simplement d’un chômage volontaire parce que les chômeurs ne souhaitent pas travailler aux niveaux de salaires proposés par les entreprises. Première année AD. Keynes complète sa démonstration du fonctionnement « en circuit » de l’économie. mais l’offre des entreprises.Cours d’Economie Générale Pour les néoclassiques. Keynes montre en outre que si les revenus distribués à l’occasion de la production en permettent l’achat intégral. Le point important est que ce volume d’emploi peut ne pas correspondre exactement au plein emploi. c’est-à-dire la demande anticipée par les entreprises. Mais lorsque cet équilibre coexiste avec un déséquilibre de l’emploi (chômage). GLT. L’état de la demande effective peut ainsi conduire à un équilibre entre l’offre et la demande de travail.

Les principaux objectifs de la politique économique sont : o La croissance économique qui est mesurée par le taux de la croissance du PIB. HSE et TOPO : Année Académique 2014/2015 16 . GP. Dans ce domaine l’objectif de l’Etat est de favoriser une croissance élevée et durable. réduction des impôts). ATU. o L’équilibre des comptes extérieurs est indiqué par les soldes de la balance des paiements. parmi lesquelles la nécessité de maintenir la cohésion sociale. . Il s’agit pour l’Etat de garantir le maintient du pouvoir d’achat des agents économiques. La politique structurelle : il s’agit de modifier en profondeur les structures économiques et sociales d’un pays. L’Etat va aider directement ou indirectement à créer des emplois. . l’équilibre des marchés ou le libre exercice de la concurrence. . NB : Les politiques économiques sont différentes de l’économie politique. Conclusion L’analyse de toutes ces théoriques économiques sert de base pour la compréhension de l’économie moderne de ce siècle nouveau de mondialisation et de globalisation de l’économie dans lequel nous sommes.Cours d’Economie Générale On définie la politique économique comme l’ensemble des moyens mis en œuvre par l’Etat pour atteindre des objectifs fixés dans le but d’améliorer la situation économique générale du pays. GLT. modification des taux d’intérêt). Plusieurs raisons peuvent justifier l’intervention de l’Etat dans la sphère économique.la politique budgétaire (l’Etat augmente les dépenses publique pour relancer l’activité économique). Première année AD. Exemples de politiques économiques : La politique conjoncturelle : Il s’agit de contrebalancer un ralentissement temporaire de l’activité économique. o La stabilité des prix est traduite par le taux d’inflation.La politique fiscale (augmentation des taxes.La politique de l’emploi (mesure favorisant la création de l’emploi).La politique monétaire (limitation du crédit. L’économie politique est une branche de la science politique qui décrit et analyse l’activité économique par rapport aux données politiques. Les instruments utilisés par l’Etat pour agir sur ces deux politiques sont essentiellement : . en essayant d’expliquer le fonctionnement et de trouver les lois qui régissent l’activité économique par rapport à l’action des pouvoirs publics. o Le plein emploi est évalué par le taux de chômage.