À cause de la difficulté posée par le fait d’aborder le phénomène d’un point de vue

général, dans lequel le plan social et le plan culturel jouent un rôle majeur, il est nécessaire
de définir la démarche d’approche du présent problème du point de vue développemental
européen actuel, bien que s’appuyant sur des généralités certainement valides aux yeux de
la plupart des pays. Il sera donc question ici d’aborder la vie du jeune d’aujourd’hui du point
de vue psychologique.

S’il fallait donner une définition générale de la jeunesse, on pourrait garder celle-ci:
La jeunesse est la période de la vie prenant généralement place entre l’enfance et
l’âge adulte. D’après les dispositions de l’agence des Nations Unies déterminant la durée
exacte de ladite période, nous dirons qu’elle est comprise dans l’intervalle 15–25 ans, ce qui
fait d’elle (la jeunesse) l’une des périodes les plus importantes de la vie définissant
intrinsèquement les individus, leurs intérêts, leurs projets ainsi que leur relation avec le
monde.
La jeunesse n’est pas que biologique, c’est aussi un processus psychologique, social
et culturel. C’est définitivement une construction sociale qui est fonction de la période
historique et de la société à laquelle elle appartient. Il est par conséquent nécessaire de
considérer la jeunesse par rapport à la société dans laquelle elle vit.
Par consensus, il est généralement admis que la jeunesse commence avec la
puberté; de fait donc, la biologie devant situer, il n’existe aucun évènement biologique qui
marque sa fin, même si sur le plan social on considère que la jeunesse s’achève par
l’indépendance économique et la fondation d’une famille (de nos jours, en parlant de la
jeunesse, on garde à l’esprit la diversité et la pluralité).
Actuellement, nous pouvons situer les jeunes dans l’intervalle 15-30 ans. La fin de la
période de la jeunesse s’est longuement rallongée récemment ; de 25 à 30 ans, on atteint
maintenant les 35 ans, si l’on s’en tient aux aspects socio-économiques du statut juvénile
incluant l’aspect au logement.

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On remarque ici le dynamisme de la jeunesse et comment le concept évolue et
change avec le temps et en fonction de la société, surtout quand il s’agit d’épingler des
tranches d’âges admises dans une période et une société particulières.

Je voudrais introduire ce point par un court poème de Mario Benedetti, qui présente
certains défis auxquels les jeunes sont confrontés:
Que doivent encore prouver les jeunes
dans ce monde d’attente et de dégoût?
Que du graffiti? du rock? du scepticisme?
ils s’en vont sans « Amen »
ne les laissons pas tuer l’amour
restaurons le dialogue et l’utopie
soyez jeunes sans hâte ni mémoire
dans votre histoire
ne vieillissez pas prématurément
Que doivent encore prouver les jeunes
dans ce monde de routine et de ruine?
Hooligans? bière? cocaïne?
respirez, ouvrez les yeux
découvrez les racines de l’horreur
créez la paix même si c’est le plus dur des labeurs
avec la nature elle appelle
pluie et foudre
emotion et mort
ce fou qui ligote et qui et nous perd
Que doivent encore prouver les jeunes
dans ce monde de consommation et de fumée?
Vertige? assauts? boites de nuit?
ils se disputent avec Dieu
si oui ou non existent en ces lieux
de tendres mains tendues
des portes ouvertes dans nos cœurs et celui de votre prochain
il ne leur reste que demain
malgré les ruines du passé
des érudits et des chenapans

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Indubitablement vous ne percevrez pas l’agitation de ce poème. Il ne fait aucun doute
que c’est durant cette période de la jeunesse que nos choix, nos responsabilités et nos
centres d’intérêt laisseront leurs empreintes dans les choix de vie.
Dans une société comme la nôtre pourtant, les biens priment sur l’être, l’immédiateté
(l’opportunité d’accès instantané) prime sur le travail acharné et l’effort personnel, et les
nouveaux media de la communication éloignent d’avantage les individus (il suffit de voir les
rassemblements de jeunes, où ces derniers, bien qu’ils soient tous ensemble, sont
suspendus à l’actualité des réseaux sociaux, sans même se soucier de ceux présents sur le
moment).
Quelles valeurs donc pour une société ? Très certainement, comme mentionné plus
haut, centrées sur les biens matériels. Il vous faut même posséder ceux qui comptent pour
vos vies, ce qui est on-ne-peut-plus sérieux, notamment à cause de la « chosification » des
individus qui autorise les uns à user des autres selon leur guise. Cela ne pose visiblement
aucun problème éthique et s’avère même plus sévère s’agissant de ceux en qui l’on a le plus
confiance comme la famille.
Ce qui est certain est que la société actuelle tolère de moins en moins ce que nous ne
voulons pas, ce qui se traduit dans les relations personnelles par la promotion de différentes
variétés de ruptures (telles qu’observées dans certaines familles dysfonctionnelles, où des
amitiés s’effritent pour des broutilles, des relations amoureuses se brisent sur des
malentendus sans que personne ne prenne le risque de lutter pour cet amour...), ce qui dans
ce contexte fait perdre leur valeur aux mots fidélité et loyauté. Tout ce qui est susceptible de
nous incommoder sert de prétexte à légitimer une rupture. Nous ne sommes donc pas plus
fidèles à cette loyauté qu’à toute autre relation humaine.
Comme le précise Benedetti, il est clair qu’une vague d’illusions déferle dans nos
sociétés. L’individualisme, la perte de confiance, le paradigme de la compétition contre la
collaboration ont contribué à la vision limitée de la vie sociale qui nous définit en tant
qu’humains.
Plus loin, on retrouve des gens qui sont de mieux en mieux formés, sont
techniquement mieux situés pour réussir (en termes de succès professionnel pouvant à la
longue, disons-le, lui fournir un standard de vie luxueux), mais flirtent pourtant avec la
profonde crise qui frappe les jeunes, où ceux-ci n’ont pas accès à leurs postes de
compétence, sont inexpérimentés, mais paradoxalement sont aussi plus que qualifiés. Ce
genre de situation ne surgit que lorsque le jeune a suivi une formation de qualité, motivant
ainsi l’émergence de la génération ZEZB, zéro étude zéro boulot. Survient alors la
frustration.
Comme on le voit, cette situation crée ce qu’on appelle le serpent qui mord sa queue,
où les jeunes n’éprouvent aucune motivation à être formé, en même temps que rien n’est fait
pour les dissuader du contraire ou de les pousser au but. Il devient nécessaire de se battre
pour cette génération pour qu’elle se rapproche le plus possible de celle de nos parents qui
faisaient preuve d’une solidarité exemplaire.
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Dans cet environnement de désespoir on veut à tout prix s’évader, la plupart du temps
à travers des substances comme l’alcool (en Espagne les statistiques montrent que les
jeunes commencent à fumer de plus en plus tôt et de plus en plus sur le long terme), et
occasionnellement par le moyen d’autres drogues comme le cannabis ou la cocaïne.
Considérant ce contexte, nous pouvons voir qu’être jeune aujourd’hui n’est pas facile.
La crise économique et plus encore la crise des valeurs compliquent davantage les choses,
surtout quand on sait que cette recrudescence repose sur des principes qui ne sont pas
solides.
Bien évidemment tout n’est pas que négatif. Les données prouvent que le jeune
d’aujourd’hui est parfaitement informé (au moins sur ce qui l’intéresse). Plus loin, on note
que l’accès à la culture est bien plus aisé par rapport aux générations précédentes (il suffit
de comparer le nombre de diplômés universitaires actuel à celui des dix dernières années).
Les nouveaux medias tels qu’énoncés plus haut dépersonnalisent les jeunes dans
leurs relations ; mais c’est toujours grâce à ces médias que les mouvements d’humeur de
jeunes initié à Madrid en mai 2011 ont su donner une impulsion à l’utilité des réseaux
sociaux, comme un moyen de rassembler des jeunes de divers pays, en vue de changer la
société et de contester un système inefficace de façon pacifique et par le dialogue.
Tout cela a contribué à les faire connaître sous le nom de Génération Y ou Millenials
(connue pour être née entre les années 80, 90, jusqu’au début des années 2000), dont le
principal trait caractéristique - tel que mentionné plus haut - est l’usage très répandu des
réseaux sociaux et leur familiarité innée avec la communication, les médias et la technologie
digitale.
La grosse différence avec les générations précédentes vient du fait que les jeunes
d’aujourd’hui veulent davantage s’en sortir, vivre ce qu’ils aiment et chercher le bonheur en
tout ce qu’ils font. Ils ont confiance en eux, sont connectés au monde et ouverts au
changement car ils sont conscients du fait que l’évolution est la clé de la survie. Ils vivent au
rythme de leurs passions.
La Génération Y inclut aussi la pluralité, le pragmatisme, le rejet de l’utopie et la
réflexion non linéaire. C’est une génération multitâches, capable (ou obligé) de faire
plusieurs choses à la fois. Déterminés par la connectivité et le plein accès à l’information, ce
qui les définit le mieux est le goût pour les tâches collaboratives et tout ce qui touche à
l’apport de groupe (crowdsourcing).
En outre, en tant que Millenials nous nous définissons par :
 L’esprit critique et participatif: les Millenials ont grandi avec l’Internet et l’évolution
du web 2.0. Nous avons l’esprit critique : plutôt que d’être crédule nous enquêtons et
comparons pour nous faire notre propre opinion. Nous privilégions les outils favorisant

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le partage comme les communautés, les forums et les réseaux sociaux, car nous les
considérons comme important pour véhiculer nos opinions.
 La vision du carpe diem: nous nous en inspirons, nous vivons l’instant présent et
cherchons le bonheur en tout ce que nous faisons. La passion prévaut dans la plupart
de nos décisions et nous sommes ouverts au changement avec une grande
adaptabilité.
 Le contrôle sur nos actes et notre vie personnelle: lorsqu’on sent qu’il n’y plus de
challenge dans une activité, nous trouvons une opportunité nous permettant de
développer notre potentiel (cela constitue un défi pour les entreprises, connues pour
retenir leurs jeunes employés, plutôt que de créer un environnement dynamique qui
encourage le développement tant personnel que professionnel).
 La passion pour la technologie: Internet et Génération Y sont nés simultanément.
La technologie est pour les Millenials ce que fut la télévision pour nos parents et la
radio pour nos grands-parents. Pour cela nous soulignons le rôle des réseaux
sociaux, éléments essentiels du développement des divers aspects de notre vie
sociale.

Jusqu’ici nous avons développé une définition de ce qui se considère comme être
jeune aujourd’hui, de même que les défis que nous en tant que jeunes sommes confrontés
de nos jours. Comment faisons-nous face cependant à ces défis que la société nous impose
en tant que jeunes Catholiques?
Les jeunes croyants ne sont pas étrangers à la société. Ils font face aux mêmes défis
et difficultés que nous jeunes affrontons aujourd’hui, avec ceci en plus que vivre sa foi et en
être conscient peut rendre le challenge encore plus corsé.
Quand on vit dans une société où les biens priment, comment dès lors vivre au milieu
d’une telle idéologie lorsque la pauvreté est partout autour de nous? Comment se
préoccuper d’avoir le dernier modèle de téléphone portable quand on voit ses propres frères
mourir littéralement de faim? Comment fermer ses yeux à l’immigration massive et le
traitement infligé à ces immigrants dans les pays hôtes? Il ne fait aucun doute que les
priorités changent; elles sont plus globales, plus ouvertes sur les autres, plus orientées sur
les besoins des gens autour de nous, plus sociales, et enfin hors de portée d’une vision
communautariste.
Il ne fait aucun doute qu’en étant membre de groupes de foi comme ceux crées
autour du Mouvement de la Jeunesse Dominicaine, le jeune qu’on rencontre surpris et
méprisant ne comprendra pas le besoin de se rassembler autour de Dieu, ou de ne parler
que de Dieu et de Dieu, le désir de fouiller dans des sujets aussi ringards que l’Eglise, la

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doctrine Catholique ou même encore le fait de prier. Il y a donc une forte incompréhension
de ceux qui ne comprennent pas notre besoin de vivre de façon active notre foi.
En plus de tout cela nous nous sentons appelés à dénoncer l’injustice, telle que Jésus
nous l’a enseigné, et à mettre l’accent sur notre prochain (ce qui est en rupture totale avec
ce que promeut la société moderne). Que dire du regard jeté sur nous lorsqu’on décline une
invitation à boire parce qu’on va être volontaire ou aller en mission?
Suivre sa foi c’est donc définitivement aller à l’encontre de tous ; c’est au final être
critique envers tout ce qui nous entoure ; c’est aussi croire en la fraternité et couper court
avec l’idée absurde d’être en compétition avec les autres ; c’est arrêter de se focaliser sur
soi-même et sur ce qu’on a, c’est donner de l’importance à Dieu et à son prochain. C’est
s’accorder de la valeur, aller au-delà des choses ; c’est la chose la plus infime mais aussi la
plus immense qui soit. Nous y sommes tous appelés, en tant que jeunes, à édifier le
Royaume.
Il serait injuste de ne pas reconnaître que la société moderne nous rendra tous
responsables de l’état actuel des choses (ou pas, selon ce que l’on reflète), parce qu’on
défend notre vision du monde.
Ne perdons pas courage mes frères! Nous avons les moyens, l’envie, l’espoir et la
force de rendre ce monde meilleur!
Pour finir, et ce dans l’optique de guider sur une éventuelle réflexion sur tout ce qui a été dit
tout le long, je voudrais soulever les questions suivantes :
1. Comment définiriez-vous ce que vous vivez chaque jour avec vos amis, votre famille
ou votre communauté?
2. Vous retrouvez-vous dans la définition de Millenials?
3. Comment vivez-vous votre jeunesse en tant que jeune engagé?
4. Avez-vous rencontré des difficultés à vous adapter aux deux réalités contraires dans
lesquelles nous vivons? Si oui, comment avez-vous surmonté cet obstacle?

Andrés Rodríguez
Psychologue
Mouvement de la Jeunesse Dominicaine, Spagne
Groupe El Olivar, Madrid

Bibliografía:
 Claves de la Psicología Evolutiva: Infancia y Juventud. Gerd Mietzel
 Psicología del Desarrollo: El Ciclo Vital. John Santrock
 Millennials Rising: The Next Great Generation. Neil Howe, William Strauss
 Wikipedia
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