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SPÉCIAL CAS

CIRQUE-EN-BULLE
















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Table des mati ères

L’ÉNONCÉ ..................................................................................................................................3
ANNEXE I — Notes prises lors de la rencontre avec Alfred le 9 novembre 2011 .....................5
ANNEXE II — États financiers de la compagnie « Cirque en Bulle »........................................7
ANNEXE III — Informations sur le projet d’investissement « Cuerzo » ..................................10
ANNEXE IV — Description de la subvention ..........................................................................11
SOLUTIONNAIRE .....................................................................................................................12
PLANIFICATION DE LA MISSION D’EXAMEN......................................................................12
Référentiel comptable.........................................................................................................12
Mandat déjà accepté ..........................................................................................................12
Utilisateurs des états financiers et leurs besoins ................................................................12
Lettre de mission ................................................................................................................13
Déclaration écrite de la direction ........................................................................................13
Facteurs de risques principaux ...........................................................................................13
Seuil de signification ...........................................................................................................14
Stratégie globale ................................................................................................................14
Procédures d’examen.........................................................................................................15
PROBLÈMES COMPTABLES ...............................................................................................19
Référentiel comptable.........................................................................................................19
Biais ...................................................................................................................................19
Marque de commerce.........................................................................................................19
Constatation des produits ...................................................................................................20
Immobilisations corporelles ................................................................................................22
Licences .............................................................................................................................25
Conclusion générale — MP ................................................................................................26
ÉVALUATION DE LA RENTABILITÉ DU PROJ ET D’INVESTISSEMENT .............................27
AUTRES POINTS ..................................................................................................................29
Rosarito ..............................................................................................................................29
Mission d’examen ...............................................................................................................29
CONCLUSION GÉNÉRALE ...................................................................................................30
ANNEXE 1 – Redressement des états financiers de CEB ......................................................31
ANNEXE 2 – Évaluation de la rentabilité du projet d’investissement ......................................32
GUIDE D’ÉVALUATION ............................................................................................................33





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L’ÉNONCÉ

Question 1 – Cirque en Bulle 90 minutes

Gérald, Alfred et Robert, trois amis de longue date, ont mis sur pied une entreprise de
cirque en 2007 à Québec après avoir gagné un montant de 1 million de dollars ensemble à la
loterie. « Cirque en Bulle » (CEB) se spécialise dans le domaine des spectacles mettant en
scène des acrobates, des jongleurs, des cracheurs de feu ainsi que plusieurs animaux. Il s’agit
d'une PME québécoise qui connaît une bonne croissance depuis ses débuts et les actionnaires
ont employé le neveu d’Alfred, Rosarito, comme contrôleur il y a de cela six mois pour les aider
à gérer les affaires du cirque. Rosarito n‘est pas très expérimenté dans la comptabilité
d’entreprise, car il en est à sa première expérience en tant que contrôleur, mais son oncle est
confiant qu’il a un avenir prometteur. Il vient tout juste de compléter son baccalauréat en
management. C’est ce dernier qui sera en charge de mettre sur pied un nouveau projet de
spectacle aux Îles-de-la-Madeleine qui sera nommé « Cuerzo ».

En 2010, « Mascarada », un nouveau spectacle a été mis en place dans la ville de
Québec. Ce spectacle remplace « RibaRiba », le seul spectacle qu’avait mis sur pied CEB
jusqu’en 2010. Les résultats continuent d’être à la hauteur des attentes des trois actionnaires.
Étant donné que le succès est au rendez-vous et que les perspectives d’avenir s’annoncent très
positives, les actionnaires prévoient implanter leur spectacle « Cuerzo » dans la belle région des
Îles-de-la-Madeleine.

Lors de la création d’un nouveau spectacle, l’aspect du financement constitue un enjeu
majeur, car des fonds importants sont nécessaires pour la mise sur pied du projet. En effet,
même si « Cirque en Bulle » réussit à élaborer un spectacle à grand potentiel, ce projet ne
pourra voir le jour si le financement s’avère manquant. CEB tente ainsi d’aller chercher le
maximum de fonds provenant des subventions offertes par le gouvernement. Cette année, le
gouvernement fédéral offre une subvention dans les arts et spectacles afin de promouvoir le
développement artistique dans les régions éloignées du Canada. Par contre, le gouvernement
exige que l’entreprise se conforme à plusieurs critères afin d’obtenir la subvention (Annexe IV).
Les Îles-de-la-Madeleine étant une région très touristique, Gérald, Alfred et Robert sont des plus
confiants que ce nouveau spectacle, qu’ils prévoient appelé « Cuerzo », fera un tabac dès
l’été 2012, puisqu’aucun cirque du genre n’a été présenté dans cette région jusqu’à présent.

Nous sommes le 21 novembre 2011 et les actionnaires de CEB s’adressent à votre
cabinet « Lebeau, Labelle & Labête s.e.n.c.r.l. » (LLL), afin d’aider Rosarito dans l’évaluation du
projet « Cuerzo », car il est plutôt débordé par les temps qui courent. De plus, suite à son
acceptation du mandat, l’associé responsable de la mission demande à vous, CA, de lui


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préparer un mémo de planification de la mission d’examen de l’exercice terminé le 31 octobre
2011 en plus de soulever les problèmes au niveau des normes comptables que vous
rencontrerez. Les états financiers de CEB vous sont fournis (Annexe II). Il souhaite aussi que
vous prépariez un rapport préliminaire qu’il soumettra à la direction. Ce rapport devra répondre
à la demande du client, en procédant à l’analyse de rentabilité du projet. À l’annexe I, vous
trouverez quelques notes prises lors de sa rencontre avec Alfred Lalîe-Bellule concernant les
activités et la gestion de CEB. De plus, Rosarito vous a fait part de plusieurs données
concernant le projet d’investissement (Annexe III) et vous devriez faire une recommandation
quant au déploiement de celui-ci. Il se demande si le projet est un bon tournant à prendre pour
les prochaines années.


































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ANNEXE I — Notes prises lors de la rencontre avec Alfred le 9 novembre 2011

Depuis la création de « Cirque en Bulle » en 2007, Alfred a participé activement à la
gestion quotidienne de l’entreprise. D’ailleurs, lui et les autres actionnaires ont toujours effectué
eux-mêmes la comptabilité de CEB et ils n’avaient jamais eu besoin de plus qu’une mission de
compilation. Il est donc très à l’affût des activités entourant le cirque. CEB est en croissance
depuis sa fondation et l’année 2011 ne fait pas exception à la règle.

Depuis 3 mois, les actionnaires tentent de mettre sur pied « Cuerzo » dans une région
éloignée, aux Îles-de-la-Madeleine. Alfred est très confiant quant à la rentabilité de ce projet et
que lui et les autres actionnaires seront capables d’obtenir un rendement de 11 % sur leur
investissement. Il est aussi très heureux de voir que ce projet créera 18 nouveaux emplois dans
cette région. Afin d’appuyer la demande de subvention gouvernementale, il a demandé à son
neveu Rosarito, nouvellement contrôleur du Cirque, d’établir une évaluation préliminaire des
revenus et des coûts qu’engendrerait ce projet. Alfred mentionnait que ce dernier est très
emballé par « Cuerzo », surtout que c’est la première fois qu’il s’occupe d’un projet d’une aussi
grande envergure. Cette évaluation préliminaire du spectacle aux Îles-de-la-Madeleine effectuée
par Rosarito se retrouve à l’Annexe III.

Alfred nous a confié que tous les animaux du cirque ont été comptabilisés au coût. En
tant qu’associé, je me suis moi-même assuré que les montants comptabilisés au cours des avis
aux lecteurs précédemment exécutés sont raisonnables.

Au cours de l’exercice, des guenons qui font partie des spectacles de CEB, ont mis au
monde un total de 10 petits singes. Alfred est convaincu de leurs succès futurs au sein de CEB.
Le contrôleur a donc comptabilisé un montant de 200 000 $ dans les stocks de CEB soit
20 000 $ par singe. En effet, Rosarito s’est basé sur le prix payé pour l’achat d’un singe d’un
mois acheté au montant de 20 000 $ en 2010.

En plus de la naissance des singes, CEB a dû gérer la blessure d’une de ses vedettes
montantes. En effet, en août 2011, Oscar, un éléphant du cirque a eu une fracture à la patte
droite. Suite à cet accident, Alfred a fait appel à un vétérinaire pour prodiguer des soins à
l’animal. Certains frais minimes devront être engagés afin qu’Oscar retrouve sa santé. Le
spécialiste a donc effectué une analyse de sa condition physique, mais n’a pas été capable de
se prononcer quant au moment et à ses chances de pouvoir continuer à faire partie des
spectacles. Bien que les spectateurs semblent très déçus de son absence, ils continueront
d’assister aux représentations selon la même affluence. L’éléphant avait été acheté au coût de
225 000 $ et aucun ajustement n’a été effectué aux états financiers depuis sa blessure.




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Afin d’être toujours plus efficient, Alfred a indiqué que CEB a décidé cette année
d’impartir la vente des billets de spectacles à « ShoWeb », une entreprise qui se consacre à la
revente de billets. Cette dernière demande une commission de 10 % sur la vente des billets du
cirque de Québec et est très enthousiaste à l’idée d’avoir obtenu le contrat de vendre aussi ceux
du spectacle aux Îles-de-la-Madeleine à partir du printemps 2012. CEB transfère ses billets à
« ShoWeb » et Rosarito les comptabilise aussitôt en tant que produits. Pour le spectacle qui
aura lieu en 2012 à Québec, CEB a déjà transféré une partie de ses billets à « ShoWeb » au
mois d’octobre 2011 pour un montant de 800 000 $.

Par le passé, certaines idées de numéros ont été achetées à d’autres cirques dans le
but d’offrir aux spectateurs de CEB un spectacle des plus époustouflants. L’entreprise a toujours
cru bon de passer aux résultats les montants liés à l’achat de ces licences et Alfred a conseillé à
Rosarito de faire de même dans le futur. Pendant l’exercice de 2010, deux licences ont été ainsi
achetées aux montants de 20 000 $ et 31 000 $. Cette année, une licence a également été
achetée pour 36 780 $.

Alfred nous a fait remarquer que comme CEB est en plein essor, cela lui a permis de se
tailler une place de choix auprès du public et de se faire connaître. CEB est en effet de plus en
plus connue et trouve important d’indiquer cette augmentation de valeur aux états financiers.
Alfred est d’ailleurs convaincu que CEB aurait une grande valeur sur le marché si cette dernière
était vendue.
















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ANNEXE II — États financiers de la compagnie « Cirque en Bulle »





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Le Ci rque en Bul l e Inc.
ÉTAT DES RÉSULTATS
Exerci ce termi né l e 31 octobre
(non audi té - voi r avi s au l ecteur)
2011 2010
(En milliers de dollars)
Ventes - billets 4 800 $ 3 600 $
Ventes -articles promotionnels 210 180
5 010 3 780
Charges
Salaires et charges sociales 1 171 975
Achat de licences 37 51
Commissions à ShoWeb 119 -
Entretien et réparations 198 154
Frais d'exploitation 1 276 1 090
Frais de vente et d'administration 163 397
Intérêts 76 84
Amortissement 190 224
3 230 2 975
Gain sur stocks de singe 200 -
Augmentation valeur marque de commerce 1 000 -
Bénéfice avant impôts 2 780 805
Impôts 556 161
Bénéfi ce net 2 224 $ 644 $


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Le Ci rque en Bull e Inc.
NOTES COMPLÉMENTAIRES AUX ÉTATS FINANCIERS
Exerci ce termi né l e 31 octobre 2011
(non audi té - voi r avi s au l ecteur)
Note 1 : Dû par un acti onnaire
Le dû par un actionnaire est de l'argent emprunté par Alfred sans intérêt et sans mode de remboursement défini.
Note 2 : Immobi li sati ons corporel l es
Animaux
Chevaux 550 88 462 484
Éléphants 900 72 828 846
Lions 625 125 500 531
Singes 100 27 73 80
Tigres 475 95 380 404
Châpiteaux 150 52 98 109
Équipements 644 489 155 221
Matériel roulant 109 83 26 37
Terrain 270 - 270 270
Total 3 823 1 030 2 793 2 983
Coût
Amortissement
cumulé 2011 2010
(En milliers de dollars)





















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ANNEXE III — Informations sur le projet d’investissement « Cuerzo »

Le nouveau spectacle commencera son rodage lors du mois de mai 2012 et la première
représentation devrait avoir lieu au début du mois de juin. Comme le spectacle dans la ville de
Québec a été instantanément populaire grâce à la diversité des numéros présentés, celui des
Îles-de-la-Madeleine devrait connaître le même succès. C’est pourquoi je crois que le chapiteau
sera rempli à 65 % le jeudi soir, 85 % le vendredi soir et 100 % le samedi soir, et ce, dès la
première semaine d’activité. Le chapiteau aura une capacité de 925 places et ces trois
représentations seront les seules chaque semaine. Le prix du billet à l’entrée sera de 16 $ par
personne peu importe le soir de la représentation. La dernière représentation devrait avoir lieu à
la fin du mois d’août. Pour les années subséquentes, on s’attend à une augmentation du
nombre des spectateurs pour les soirs où le chapiteau n’est pas utilisé à pleine capacité. J e
pourrais affirmer que le nombre de billets vendus devrait augmenter de 3 % par année.

CEB devra engager les frais suivants requis pour la réalisation d’un tel spectacle, et ce, avant la
première représentation :
v Le chapiteau - 30 000 $
v Les animaux - 370 000 $ (incluant le transport, achat prévu pour le 1
er
mai 2012)
v Les équipements et les costumes - 24 000 $
v Les salaires d’employés - 30 000 $
v Matériel roulant - 11 000 $

De plus, CEB devra encourir des dépenses lors des spectacles, telles que les salaires
des employés. Ceux-ci gagneront en moyenne 600 $ par semaine incluant les charges sociales,
pour les semaines de représentation. Il devrait y avoir une dépense de fournitures d’environ
10 000 $ par année. Il faudra évidemment embaucher un gérant qui s’occupera des activités là-
bas, nous devrions lui payer un salaire annuel de 50 000 $ puisqu’il travaillera à l’année sur ce
projet. De plus, un gardien d’animaux occupera un emploi annuel au coût de 30 000 $ afin de
s’occuper des animaux tout au long de l’année. Ces deux employés à temps plein
commenceront à travailler dès le début du mois de mai 2012 et ne sont pas inclus dans les
nouveaux emplois créés aux Îles-de-la-Madeleine. CEB devra en plus louer un terrain sur lequel
sera établi le cirque. Celui-ci pourrait être loué annuellement pour un montant d’environ
55 000 $. Le bail serait d’une durée de 2 ans. La nourriture pour les animaux s’élèvera à 2 000 $
par semaine.
CEB profitera de ce nouveau spectacle pour rénover son chapiteau à Québec en 2012.
Cette dépense devrait être de 24 000 $. Ceci fera en sorte d’attirer plus de clients vu son
nouveau look amélioré. La vente d’articles promotionnels lors des représentations devrait
rapporter 20 000 $ annuellement et le coût relié à ces articles vendus sera de 12 000 $. Selon
son expérience dans le domaine, si CEB décidait de mettre fin au spectacle aux Îles-de-la-
Madeleine après la période exigée par le gouvernement, la valeur des immobilisations restantes
ainsi que celle des animaux serait de 115 000 $.



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ANNEXE IV — Description de la subvention


Nouvelle subvention offerte

Une subvention est nouvellement offerte dans le domaine des arts et spectacles. Il s’agit
de la subvention « ADASRE ». (À la Découverte des Arts et Spectacles des Régions Éloignées)
Celle-ci fut instaurée par le gouvernement dans le but de promouvoir le développement culturel
dans les régions éloignées ainsi que la création d’emploi dans ces régions. La subvention
s’élève à 60 % de l’investissement initial. Les entreprises souhaitant se qualifier pour la
subvention doivent respecter certains critères précis. Toute compagnie respectant ces critères
se verra automatiquement attribuer le montant de la subvention. Voici les extraits de la
subvention relatant ces critères :

· « La compagnie actuelle doit fournir un jeu d’états financiers examinés ou audités qui
démontrera que les résultats sont à profit pour l’exercice financier le plus récent »;

· « […] un plan d’affaires établi sur une période de quatre ans qui démontre une rentabilité
pour laquelle l’investisseur continuerait le projet tout en incluant la subvention, »;

· « […] et l’instauration du projet doit créer au moins 15 nouveaux emplois dans la région
nouvellement exploitée ».

Délais

Toutes les demandes de subvention, accompagnées des renseignements nécessaires à
l’acceptation de celles-ci, doivent être acheminées à Service Canada avant le 1er janvier 2012.
Le gouvernement donnera son approbation à l’octroi de la subvention au plus tard le 30 janvier
2012.

De plus, suite à l’acceptation du projet et de l’octroi de la subvention, l’entreprise devra
mettre en œuvre son projet au plus tard dans l’exercice financier suivant l’année de l’octroi.
Dans le cas où cette condition ne serait pas respectée, la compagnie ayant reçu l’aide
financière se verrait dans l’obligation de rembourser au gouvernement canadien les sommes
reçues.





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SOLUTIONNAIRE

À : Associé du cabinet « Lebeau, Labelle & Labête s.e.n.c.r.l. », responsable de la mission

De : Expert-comptable, CA, du cabinet « Lebeau, Labelle & Labête s.e.n.c.r.l. »

À propos de :

v Planification de la mission d’examen de « Cirque en Bulle » pour l’exercice
terminé le 31 octobre 2011.
v Problèmes comptables relevés dans l’analyse.
v Projet d’investissement Cuerzo.
PLANIFICATION DE LA MISSION D’EXAMEN
Référentiel comptable

Comme « Cirque en Bulle » est une petite entreprise, gérée par trois actionnaires
seulement et que celle-ci n’est pas cotée à la bourse, il est clair que les normes comptables à
respecter par celle-ci pour la délivrance du rapport de mission d’examen sont les normes
comptables pour les entreprises à capital fermé (NCECF) ainsi que les normes d’examen
généralement reconnues. Il serait très surprenant que la compagnie décide d’appliquer les
IFRS.

Mandat déjà accepté

Dans un premier temps, il est nécessaire de se rappeler que comme le mandat a déjà
été accepté par vous, je ne m’attarderai pas aux éléments à considérer lors de l’acceptation
d’un mandat. De plus, comme nous sommes le 21 novembre 2011, nous nous trouvons après la
fin d’année de la compagnie « Cirque en Bulle ». J ’ai donc les états financiers finaux, afin de
bien procéder à la planification de la mission d’examen. Bien que le délai soit serré puisque la
demande de subvention doit être fournie au plus tard au gouvernement le 1er janvier 2012,
comme le mandat a été accepté, je suppose que vous avez considéré que l’expert-comptable
devra exécuter la mission d’examen dans un court délai.

Utilisateurs des états financiers et leurs besoins

Le principal utilisateur des états financiers examinés de « Cirque en bulle » sera
vraisemblablement le gouvernement canadien. Celui-ci exige que les états financiers de la


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compagnie soient examinés afin que celle-ci soit admissible à la subvention ADASRE,
subvention que « Cirque en bulle » compte bien obtenir. De plus, les actionnaires de « Cirque
en Bulle » utiliseront les états financiers.

Lettre de mission

Dans le cadre d’une première mission d’examen comme c’est le cas avec la compagnie
« Cirque en Bulle » cette année, il s’avère crucial d’obtenir une lettre de mission signée de la
part de la direction de CEB. Ainsi, il faudra s’assurer que les trois dirigeants de « Cirque en
Bulle » signent celle-ci. De cette façon, l’expert-comptable pourra conclure que chacun
comprend bien son rôle dans la mission d’examen. Dans cette lettre, nous devrons bien clarifier
les objectifs et l’étendue qu’implique le travail de mission d’examen au client, car celui-ci
pourrait ne pas savoir à quoi s’attendre. Nous devrons aussi insister sur le niveau de certitude
qu’offre une mission d’examen, en précisant la responsabilité de la direction et de l’expert-
comptable. De plus, la direction de la compagnie « Cirque en bulle » devra comprendre que les
coûts seront plus élevés que ceux chargés lors d’un avis au lecteur, mais il est d’autant plus
important que le client comprenne que le travail effectué sera plus grand cette année, car nous
devrons par exemple procéder à la compréhension des activités du client, ce qui nécessitera
davantage de temps de la part du personnel et impliquera des coûts plus élevés cette année
qu’il en coûterait probablement pour la même mission d’examen les années subséquentes. La
compréhension des activités d’un cirque peut aussi être plus longue à effectuer étant donné la
nature peu habituelle des activités.

Déclaration écrite de la direction

Afin que notre cabinet n’émette pas automatiquement d’opinion modifiée ou
d’impossibilité d’émettre une opinion dans le rapport de mission d’examen, il faudra que notre
cabinet obtienne une déclaration écrite de la direction de « Cirque en bulle ». Dans cette lettre,
la direction de « Cirque en Bulle » indiquera par sa signature qu’elle reconnaît sa responsabilité
dans la fidélité de l’image donnée par les états financiers, en plus d’affirmer que les informations
financières de « Cirque en Bulle » sont exhaustives. De plus, la direction de CEB reconnaîtra sa
responsabilité en ce qui a trait au contrôle interne pour prévenir et détecter les fraudes.
Facteurs de risques principaux

v Comme il s’agit du premier examen de la compagnie « Cirque en Bulle », cela est plus
risqué, car notre cabinet a une moins bonne compréhension des activités de la
compagnie vu que cette compréhension n’est pas très poussée dans un avis au lecteur.



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v De plus, puisque Rosarito a été engagé au cours de l’exercice et qu’il a peu de
connaissances en comptabilité, cela augmente le risque de non-respect des NCECF.

v Puisque le mandat de mission d’examen est demandé à notre cabinet dans l’optique que
nos clients obtiennent une subvention du gouvernement, cela est risqué, car le
gouvernement sera soucieux du travail de l’expert-comptable. Ce dernier exige la
rentabilité de l’entreprise, donc CEB aura tendance à surévaluer ses résultats.

v Suite à l’analyse de l’information fournie par la direction et des nombreux problèmes
relevés au niveau des conventions comptables (immobilisations corporelles générées en
interne, marque de commerce, constatation des produits, etc.), cela nous renseigne
quant à la possibilité accrue qu’il y ait de nombreuses erreurs dans les états financiers,
ce qui est plus risqué, car la compagnie « Cirque en Bulle » doit respecter les NCECF,
puisqu’une mission d’examen est exigée cette année.

Ainsi, suite à l’analyse de tous les risques précédemment développés, il va sans dire que
le risque d’anomalies significatives global est fixé à moyen.
Seuil de signification

Puisque cette année il y a un nouvel utilisateur des états financiers, en plus d’en être le
principal, le gouvernement du Canada est concerné par les états financiers. En effet, celui-ci ne
souhaite pas octroyer inutilement la subvention ADASRE à des compagnies qui ne se
qualifieraient pas réellement. Ainsi, il faudra utiliser un seuil de signification assez faible.
L’analyse du risque d’anomalies significatives global de la section précédente fixé à moyen
permet de renforcer cette position. Selon moi, un seuil de signification préalable de 5 % du
bénéfice net serait adéquat. Ainsi, celui-ci se chiffrerait environ à 110 000 $ (0.05 X
2 224 000 $). Cependant, compte tenu des diverses erreurs que l’on peut entrevoir sur les états
financiers et le bénéfice, à cause des conventions comptables complexes à appliquer (actifs
incorporels, immobilisations), l’expert-comptable doit demeurer à l’affût que le seuil de
signification doit être dynamique et toujours acceptable compte tenu des erreurs décelées.
Stratégie globale

Puisque notre cabinet, « Lebeau, Labelle & Labête s.e.n.c.r.l. » effectuera un mandat de
mission d’examen, la stratégie employée sera corroborative, par le biais de procédures
analytiques.

Suite aux résultats des procédures élaborées pour examiner l’exercice financier terminé
le 31 octobre 2011 de l’entreprise « Cirque en Bulle », s’il s’avère qu’il y a un doute qui persiste
concernant certains éléments, il pourrait être pertinent d’exercer des procédures détaillées. Par
exemple, le doute important sur le respect des conventions comptables telle la comptabilisation


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des immobilisations (éléphants, singes) pourrait nous amener à faire des procédures détaillées
afin de s’assurer du respect des NCECF. Les procédures détaillées seraient d’autant plus
nécessaires pour s’assurer du respect des NCECF, puisque Rosarito a peu d’expérience en
comptabilité, ce qui laisse présager qu’il ne connaît pas les normes applicables à des postes
particuliers. Le personnel de notre cabinet « Lebeau, Labelle & Labête s.e.n.c.r.l. » devra
s’assurer de bien documenter la raison du recours à ces procédures détaillées, puisque cela est
inhabituel dans une mission d’examen, en temps normal.
Procédures d’examen
Compréhension de l'entité et de son environnement

Comme il s’agit d’un premier mandat, il faudrait que le personnel de notre cabinet qui
sera attitré à la mission se renseigne sur la compréhension de la compagnie « Cirque en bulle »
et de son environnement. Cependant, l’étude du contrôle interne de « Cirque en bulle » ne sera
pas nécessaire, car nous nous retrouverons dans un mandat de mission d’examen, et non dans
une mission d’audit. Ainsi, pour connaître les activités du client, l’expert-comptable pourra
procéder à l’analyse de certains ratios clés, tels que les ratios de fonds de roulement et
d’endettement, en plus de dégager des tendances. De plus, le professionnel comptable pourra
demander à Alfred ses impressions sur le secteur d’activités, sur les risques et les défis
auxquels « Cirque en Bulle » sera confrontée. C’est de cette façon que l’on pourra apprendre
l’établissement possible du nouveau spectacle au cours de la prochaine année, ce qui signifie
que « Cirque en Bulle » a une vision de croissance pour les prochaines années.

Soldes d’ouverture

Puisque l’on se doit de présenter l’année 2010 lors de l’établissement des états
financiers de l’exercice terminé le 31/10/2011, il va sans dire que l’expert-comptable de LLL
devra faire du travail au niveau des soldes d’ouverture afin de s’assurer de la plausibilité de
ceux-ci.

Il faut notamment comprendre que ce sont les postes à long terme qui nous
préoccupent, car les postes à court terme ont été résorbés au cours des exercices subséquents
de toute façon. De plus, puisque « Cirque en Bulle » a été mis sur pied en 2007, il va sans dire
qu’il y a seulement 4 ans à reconstituer ce qui implique possiblement un faible volume de
transactions. Cela facilitera donc le travail sur les soldes d’ouverture. Ainsi, en analysant les
états financiers de « Cirque en Bulle », on remarque que les principaux postes à long terme de
l’exercice financier terminé le 31/10/2010 qui nous préoccupent dans l’analyse des soldes
d’ouverture de l’exercice 2011 sont les immobilisations, la dette à long terme et les BNR.





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Immobilisations [2 983 000 $, soit 89 % de l’actif total]

Afin de s’assurer de la plausibilité de la valeur des postes d’immobilisations, notre
personnel comptable devra demander à Alfred d’obtenir l’historique des transactions qui ont eu
lieu dans les comptes relatifs aux immobilisations, soit les animaux, les chapiteaux, les
équipements, le matériel roulant et le terrain. Les données obtenues devront s’étendre de la
constitution de « Cirque en Bulle » à la fin d’exercice 2010. En analysant les entrées et les
sorties de ce compte ainsi que la dépense d’amortissement parallèlement, nous pourrons nous
assurer que le traitement est adéquat. De plus, nous pourrons comparer avec les
immobilisations que l’on retrouve actuellement dans l’entreprise afin de voir si le montant au
01/11/2010 se tient. De ce fait, si l’on retrouve la plupart des immobilisations dans l’entreprise,
on pourra conclure que le traitement semble adéquat. Cependant, s’il s’avère que beaucoup de
celles-ci ne sont plus dans l’entreprise, il y a possiblement lieu de se questionner à savoir si
celles-ci étaient toujours dans l’entreprise « Cirque en Bulle » en date du 01/11/2010. Des
procédures plus approfondies pourraient alors être nécessaires.

Dette à long terme [1 051 000 $, soit environ 81 % du passif total]

Pour ce qui est de la plausibilité du solde de la dette, l’expert-comptable devra obtenir
auprès de la direction de « Cirque en Bulle » l’historique des transactions qui ont eu lieu dans ce
compte afin de le concilier. De ce fait, celui-ci pourra voir si la direction a tenté d’éliminer, par
exemple, des montants de dettes par écriture. De plus, l’expert-comptable pourra juger si le
montant diminuant la dette (à titre de remboursement annuel) semble plausible. Cependant,
comme l’on devra s’assurer du respect des NCECF pour l’année en cours, via la mission
d’examen, et que l’on devra s’assurer d’annuler le doute important qui pourrait subsister en
l’absence d’un contrat tangible, j’estime qu’il est dans l’intérêt de l’expert-comptable d’exercer
une procédure détaillée relativement aux soldes d’ouverture de la dette à long terme. Ainsi, ce
travail permettra de justifier de façon plus certaine la plausibilité du montant au 01/11/2010. En
analysant le contrat d’emprunt, il devra repérer les modalités de remboursement, les taux
d’intérêts applicables ainsi que les éléments d’actifs qui pourraient être identifiés comme donnés
en garantie. De cette façon, il sera en mesure d’effectuer une cédule de la dette à long terme. Il
sera, à l’aide de celle-ci, très rapide de concilier de façon analytique le solde de la dette et la
dépense d’intérêts pour l’exercice terminé le 31/10/2011 et les exercices subséquents.

Bénéfices non répartis [1 043 000 $]

Le solde des bénéfices non répartis de « Cirque en Bulle », quant à lui, pourrait nous
poser davantage de problèmes. En effet, il pourrait être plutôt difficile de conclure à la
plausibilité des revenus et des dépenses engagées par « Cirque en Bulle » pour les quatre
dernières années. Cependant, puisqu’à ce jour il n’y avait qu’une seule représentation à la fois,
il pourrait être possible de considérer les revenus et les dépenses de l’exercice terminé le


17
31/10/2011 des états financiers examinés. Ce faisant, l’expert-comptable pourrait supposer que
les résultats de cette dernière année sont proportionnels aux années passées du cirque, en
considérant une légère augmentation des revenus et des dépenses d’années en années, de
2007 à 2010, soit le temps pour le « Cirque en Bulle » de se faire connaître du grand public.
Ainsi, si ce montant cumulé de bénéfices estimés s’approche sensiblement du solde des
bénéfices non répartis de l’exercice terminé le 31/10/2010, il pourrait être possible d’émettre un
rapport sans opinion modifiée relative au solde d’ouverture des bénéfices non répartis.
Cependant, si l’expert-comptable juge qu’il est trop arbitraire de procéder de cette façon et que
la reconstitution du solde des bénéfices non répartis s’avère trop fastidieuse, il se pourrait
qu’une réserve figure au rapport. CEB pourrait préférer cette façon de procéder, évitant ainsi
des coûts d’honoraires professionnels supplémentaires, considérant que le gouvernement
pourrait probablement accepter d’octroyer la subvention malgré cette réserve.

Procédures sur les postes importants de l’exercice terminé le 31/10/2011

Suite à l’analyse des états financiers de CEB pour l’exercice terminé le 31/10/2011, on
remarque que les postes les plus importants à examiner sont les immobilisations, la marque de
commerce, la dette, les ventes, les frais de recherche et de développement ainsi que les
licences. Certains de ces postes ont fait l’objet d’une analyse approfondie dans la section des
problématiques comptables. Pour ceux-ci, la procédure d’examen a été insérée à la suite du
problème comptable en lien. Pour les autres postes importants à analyser, les procédures sont
présentées ici-bas.

Immobilisations [2 793 000 $]

Puisque les immobilisations corporelles représentent 52 % de l’actif au 31 octobre 2011,
en plus du caractère particulier de ce poste, il va sans dire que le traitement comptable adéquat
de celui-ci est crucial afin de conclure que rien n’a été relevé qui porte à croire que les états
financiers ne sont pas conformes, dans tous leurs aspects significatifs, aux NCECF. Compte
tenu des nombreux problèmes comptables identifiés, l’expert-comptable en arrivera
probablement à la conclusion qu’il ne peut se fier à des procédures analytiques pour conclure
au respect des NCECF. Celui-ci aura un doute important qui le portera à effectuer des
procédures détaillées. (Voir les procédures spécifiques sous les problèmes de comptabilisation
des singes générés en interne et de la dépréciation de l’éléphant.)

Dette [956 000 $]

Puisque le poste de la dette se solde à 956 000 $, ce qui représente environ 84 % des
passifs, il va sans dire qu’il s’agit d’un poste que l’expert-comptable devra analyser. En
comparant avec l’exercice financier terminé le 31/10/2010, l’expert-comptable pourra identifier
qu’il n’y a aucune nouvelle dette comptabilisée, puisque le solde de la dette est bel et bien


18
représenté par le solde au 31/10/2010 diminué de la portion à court terme du montant de
95 000 $. L’expert-comptable devra seulement consulter sa cédule de dette élaborée lors de
l’analyse des soldes d’ouverture afin de vérifier la valeur de celle-ci. En comparant le montant
de la cédule et le montant présenté dans les états financiers, l’expert-comptable pourra conclure
si « Cirque en Bulle » a respecté les NCECF. Celui-ci devra aussi s’attarder à la portion court
terme de la dette. Cependant, puisqu’il s’agit de la même dette, donc du même remboursement
de capital annuellement, il sera possible de corroborer la portion à court terme de la dette à long
terme assez facilement. Afin de s’assurer de l’exhaustivité de la dette à long terme, l’expert-
comptable devra aussi interroger Alfred à savoir si « Cirque en Bulle » possède d’autres dettes
qui ne sont pas comptabilisées dans les livres de la compagnie. Si tel est le cas, l’expert-
comptable se devra d’exécuter des procédures détaillées s’il lui semble qu’Alfred est peu enclin
à étaler l’état réel d’endettement de la compagnie. Il devra obtenir les copies des contrats de
ces dettes et effectuer les mêmes procédures détaillées que celles définies dans la section des
soldes d’ouverture.


Frais de recherche et de développement [100 000 $]

En analysant le bilan de l’entreprise CEB au 31/10/2011, l’expert-comptable relèvera le
poste capitalisé à l’actif des frais de recherche et de développement d’un montant de 100 000 $.
En effet, puisque l’intitulé du compte fait mention de frais de recherche, il va sans dire que cela
créera un doute important dans l’esprit de l’expert-comptable. En effet, seuls les frais de
développement peuvent être capitalisés selon les NCECF si respect des critères, alors que les
frais de recherche doivent être passés en charges dans l’exercice au cours duquel ils sont
encourus. L’expert-comptable sera donc amené à effectuer des procédures détaillées pour
dissiper son doute. Afin de s’assurer de la valeur et de l’existence des frais de développement
capitalisés au bilan, l’expert-comptable devra obtenir les factures des différents coûts
capitalisés. Il devra demander de l’information à la direction de l’entreprise CEB afin de
déterminer, par exemple, si ces coûts de développement étaient en vue de la mise sur pied d’un
nouveau spectacle. Si les coûts respectent les différents critères du chapitre 3064, l’expert-
comptable pourra conclure au respect des NCECF.

Tel qu’expliqué précédemment, il est dans l’intérêt de la compagnie CEB d’utiliser
comme convention comptable la capitalisation des frais de développement, bien que non
obligatoire, car il s’agira pour elle d’un moyen de présenter de meilleurs bénéfices et ainsi
encourager les probabilités d’obtenir des subventions supplémentaires.







19
PROBLÈMES COMPTABLES
Référentiel comptable

Selon l’analyse du référentiel comptable à utiliser effectuée dans la section de la
planification de la mission d’examen, les problèmes comptables seront abordés en fonction du
souci du respect des NCECF.
Biais

Tout d’abord, il est important de spécifier que la direction de l’entreprise a un biais
important dans la présentation de ses états financiers. En effet, puisque la compagnie CEB veut
obtenir la subvention offerte par le gouvernement canadien et que celui-ci exige des états
financiers examinés profitables, la direction souhaitera probablement maximiser le bénéfice de
la compagnie CEB.
Marque de commerce

Une marque de commerce a été comptabilisée pour refléter l’augmentation de valeur de
la compagnie CEB. Il s’agit d’un problème important, car cela représente 1 M$ au bilan, soit
18,48 % de l’actif, ainsi que 1 M$ de revenus à l’état des résultats (16,63 % des revenus
totaux).

Cependant, selon le chapitre 3064, CEB aurait pu comptabiliser cette marque de
commerce seulement si elle avait satisfait aux critères de la définition d’un actif incorporel qui
sont les suivants :

1. Être identifiable :
Séparable de l’entreprise OU Résulter de droits contractuels : Il n’y a aucune
preuve que CEB pourrait vendre sur le marché sa marque de commerce. En effet, il n’y
a aucune garantie que cette dernière sera viable sans CEB ou il n’y a aucune preuve
qu’un acheteur serait intéressé à l’acquérir. De plus, cette marque de commerce a été
générée à l’interne. Ainsi, elle ne résulte d’aucun droit contractuel ou légal et n’est donc
pas identifiable.

2. Son coût peut être évalué de façon fiable :
L’estimation de 1 M$ faite jusqu’à maintenant par la direction n’indique pas
nécessairement la valeur réelle. Il s’agit d’un montant trop subjectif et il nous est
impossible d’estimer un montant fiable. Les frais engagés qui ont contribué à la
notoriété de la marque du cirque ne sont pas spécifiquement distinguables, d’où
l’impossibilité d’évaluer le coût.



20
3. Probable que CEB en tirera des avantages économiques futurs :
CEB attirera sans aucun doute davantage de spectateurs pour ses spectacles
étant donné que ces derniers sont reconnus et réputés. Il est donc probable que cela
engendra des ventes supplémentaires de billets pour CEB. Ceci représente donc un
avantage économique futur probable pour l’entreprise.

4. CEB contrôle l’accès à cet avantage :
CEB ne contrôle pas l’avantage que procure la marque de commerce, puisqu’il
n’a émis aucun brevet sur ses spectacles. Donc, des concurrents pourraient lui voler
ses idées et CEB perdrait son avantage.

Ainsi, comme la compagnie CEB ne respecte pas 3 des 4 critères énoncés ci-haut, celle-
ci ne pouvait pas comptabiliser une marque de commerce de 1 M$ aux états financiers. De plus,
le manuel de l’ICCA dit expressément au chapitre 3064.47 qu’une marque de commerce
générée en interne ne peut être capitalisée.

Une correction au bilan ainsi qu’à l’état des résultats d’un montant de 1 M$ s’imposent.
L’actif doit être diminué de 1 M$ et le gain inclus à l’état des résultats doit être annulé pour le
même montant. Cela aura pour effet de montrer un bénéfice moins rentable de 1 M$. Cela était
donc en lien avec le biais de la direction de surévaluer les bénéfices afin de répondre aux
critères de la subvention.

Procédures d’examen :

Considérant une augmentation de valeur de 1 M$ à l’actif de la compagnie CEB
relativement à une marque de commerce, montant qui n’était pas présent au 31/10/2010
l’expert-comptable devra demander à Alfred en quoi consiste cette marque de commerce afin
de s’assurer de la valeur et de l’existence de cet actif. Ainsi, suite à la réponse d’Alfred
expliquant la comptabilisation d’un gain de valeur de la compagnie effectuée par lui-même, à
cause du succès de celle-ci, l’expert-comptable n’aura pas besoin d’effectuer des procédures
détaillées : des éléments probants ne seront pas nécessaires, car il en sera venu à la
conclusion qu’il était inadéquat d’effectuer ce traitement comptable. Une écriture de
régularisation devra donc ajuster le montant de la marque de commerce comptabilisé pour le
« Cirque en Bulle », tel qu’expliqué précédemment, afin de ramener l’actif de la marque de
commerce à 0 $, en plus d’éliminer l’augmentation de valeur de la marque de commerce à l’état
des résultats. Ainsi, l’expert-comptable sera assuré que les NCECF seront respectées à l’égard
de ce poste.
Constatation des produits

CEB a comptabilisé immédiatement tous les billets vendus à « ShoWeb » pour son
spectacle 2012, son nouvel intermédiaire pour la vente de billets. Cela représente un montant


21
de 800 000 $ aux revenus et considérant que « ShoWeb » n’a pas encore payé CEB, cette
augmentation se reflète aussi aux débiteurs (16,67 % du chiffre d’affaires et 14,79 % de l’actif
total).

Selon le chapitre 3400, un produit tiré de la prestation d’un service doit être constaté
selon le degré d’avancement de la prestation de service ou selon le degré d’achèvement. Le
degré d’avancement doit être utilisé lorsqu’il y a la réalisation de plusieurs actes et qu’il est
possible de mesurer de façon fiable le degré d’avancement. Le degré d’achèvement doit être
utilisé lorsqu’il y a la réalisation d’un seul acte ou que l’acte le plus important survient à la fin du
projet ou que l’entreprise ne peut estimer le degré d’avancement. Dans ce cas-ci, CEB devrait
comptabiliser un produit de vente de billets selon le degré d’avancement, puisqu’il y a la
prestation de plusieurs spectacles tout au long de l’été et qu’il est possible de déterminer les
produits réalisés à chaque spectacle donné de façon fiable.

** Le candidat qui conclut que les produits doivent être comptabilisés selon le degré
d’achèvement en prenant en considération que chaque spectacle est un seul acte en soi a
également raison. **

En conclusion, le produit de 800 000 $ relatif aux billets de spectacles de 2012 ne doit
pas être comptabilisé immédiatement. Les débiteurs doivent également être dégonflés de ce
même montant. Si par la suite, « ShoWeb » venait à payer CEB, il y aurait une augmentation de
l’encaisse en contrepartie d’un produit perçu d’avance au passif jusqu’à la prestation effective
des spectacles.

La comptabilisation par CEB de ce produit concorde avec le biais de CEB d’améliorer la
rentabilité de l’entreprise afin de répondre aux critères de la subvention, car cela augmentait les
ventes de 800 000 $.

Procédures d’examen :

En ayant remarqué une augmentation des ventes de 33 1/3 % [(4800-3600)/3600]
comparativement à l’exercice 2010, l’expert-comptable devra s’assurer de questionner la
direction afin d’identifier les raisons pour lesquelles cette augmentation est aussi élevée. Il
cherchera donc à se rassurer sur la valeur et la réalité des ventes. Puisqu’Alfred indiquera à
l’expert-comptable qu’il s’agit d’une augmentation en lien avec les billets de spectacle livrés à
« Showeb » pour le spectacle qui aura lieu en 2012, l’expert-comptable pourra facilement
conclure que les produits ne devaient pas être constatés. Ainsi, aucune procédure détaillée ne
sera nécessaire. Cependant, puisque le fait d’utiliser un intermédiaire pour procéder à la vente
des billets est nouveau de cette année, l’expert-comptable pourrait demander à Alfred de lui
expliquer le nouveau processus de vente afin de documenter ce processus dans le dossier
d’examen. L’expert-comptable sera ainsi convaincu du respect des NCECF relativement à ce
poste.


22
Immobilisations corporelles
Dépréciation d’immobilisation corporelle (éléphant)

En août 2011, un éléphant a subi une fracture de la patte droite et aucun
questionnement relatif à une baisse de valeur possible de cette immobilisation corporelle n’a eu
lieu. Il s’agit d’un élément important du bilan, car l’éléphant est comptabilisé au coût de
225 000 $ et ce montant est à considérer, car une baisse de valeur pourrait avoir un impact
significatif sur les résultats. De plus, étant donné que de nombreux animaux sont utilisés dans
les activités de « Cirque en Bulle », d’autres incidents de la sorte pourraient subvenir. Il est ainsi
important d’analyser de quelle façon la direction de « Cirque en Bulle » réagit dans une situation
semblable.

Selon les NCECF, un élément déclencheur doit avoir lieu pour qu’une dépréciation soit
envisageable. Dans ce cas-ci, la fracture de la patte de l’éléphant constitue cet élément
déclencheur. Il est donc de mise de procéder au test de dépréciation selon le chapitre 3063 afin
de déterminer si une baisse de valeur doit être prise. L’étape 1 du test de dépréciation consiste
à comparer la valeur comptable de l’éléphant avec les flux de trésoreries nets non actualisés
identifiés à cet animal. Si les flux de trésorerie nets sont inférieurs à la valeur comptable, il y a
lieu de passer à l’étape 2. Comme il est impossible d’identifier les flux de trésorerie propres à
cet éléphant, il est nécessaire d’évaluer les flux de trésorerie nets générés par l’ensemble de
l’entreprise, puisqu’il s’agit du plus petit groupement possible. Étant donné que la présence de
l’éléphant n’est pas essentielle à la continuité de la présentation des spectacles et que les
spectateurs nous ont confirmé que bien qu’ils soient déçus, ils viendront tout de même voir le
spectacle, les entrées de trésorerie de CEB ne seront pas affectées. Toutefois, il est à noter que
certaines sorties de trésorerie devront être faites afin de soigner l’animal pour le remettre sur
pied (ex. : frais de vétérinaire). Ces sorties de liquidités seront minimes et cela ne fera donc pas
en sorte que les flux de trésorerie nets soient inférieurs à la valeur comptable attribué à
l’éléphant blessé. Il n’est donc pas nécessaire de poursuivre à l’étape 2. De ce fait, aucune
dépréciation ne doit être effectuée et l’éléphant conserve donc sa valeur comptable au bilan.

En vertu de l’analyse qui précède, CEB n’a pas dérogé aux NCECF en ne constatant
pas de dépréciation. Aucun ajustement ne doit donc être fait aux états financiers, car CEB avait
adopté le bon traitement. Le bénéfice de l’entreprise n’est pas affecté.

Procédures d’examen :

Toujours dans le but de s’assurer de la valeur des immobilisations, l’expert-comptable
tentera d’obtenir des éléments probants en ce qui a trait à la blessure de l’éléphant. Bien
qu’Alfred insiste sur le fait que l’assistance sera aussi affluente sans la présence de ce
mammifère, l’expert-comptable pourrait avoir des doutes sur cette affirmation. Ainsi, puisque la
blessure a eu lieu en août 2011, nous pouvons supposer que quelques spectacles ont été
effectués avant la fin de la saison. Ainsi, l’expert-comptable pourrait obtenir les ventes par


23
représentation de ces spectacles, afin de pouvoir dégager le nombre de spectateurs et ainsi
vérifier si la blessure de l’animal a eu et aura une influence sur les flux de trésorerie futurs.

Immobilisations corporelles générées en interne (singes)

Alfred s’est fié à la valeur de 20 000 $ d’un bébé singe acheté l’an dernier pour
comptabiliser les 10 bébés qui sont nés cette année au cirque. Un montant total de 200 000 $ a
été comptabilisé dans les stocks au bilan ainsi qu’une augmentation des revenus aux résultats.

Selon les NCECF, les stocks sont des actifs :
i) détenus pour être vendus dans le cours normal de l'activité;
ii) en cours de production pour une telle vente; ou
iii) sous forme de matières premières ou de fournitures devant être consommées
dans le processus de production ou de prestation de services.

Dans le cas de CEB, les singes sont détenus afin d’être utilisés dans le cadre de la
prestation des spectacles de l’entreprise. Ils ne sont donc pas destinés à être vendus dans le
cours normal des activités. De plus, ils ne sont pas en cours de production, puisqu’ils sont bel et
bien vivants. Ils ne correspondent pas non plus à des matières premières ou des fournitures
devant être consommées dans le processus de prestation de services, car ils sont utilisables
pour plusieurs spectacles. En conclusion, les singes ne répondent pas à la définition d’un stock
et doivent être reclassés au bilan de l’entreprise. Ces animaux doivent plutôt être considérés en
tant qu'immobilisations corporelles. En effet, les singes répondent à cette définition qui indique
que :

Les immobilisations corporelles sont des éléments d'actif identifiables qui ont une
existence à la fois tangible et physique, et qui satisfont à tous les critères suivants :

i) ils sont destinés à être utilisés pour la production ou la fourniture de biens,
pour la prestation de services ou pour l'administration, à être donnés en location à
des tiers, ou bien à servir au développement ou à la mise en valeur, à la
construction, à l'entretien ou à la réparation d'autres immobilisations corporelles;
→ Les singes seront utilisés dans la prestation des spectacles de CEB.
ii) ils ont été acquis, construits, développés ou mis en valeur en vue d'être
utilisés de façon durable;
→ Les singes développés à l’interne ont une durée de vie assez élevée pour être
utilisés de façon durable pour la prestation des spectacles.
iii) ils ne sont pas destinés à être vendus dans le cours normal des affaires.
→ Tel que mentionné précédemment.




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La comptabilisation d’une immobilisation corporelle doit se faire au coût. Celui-ci
comprend le coût d’acquisition ainsi que tous les frais directs nécessaires afin d’amener
l’immobilisation corporelle à l’endroit et dans l’état requis pour son utilisation. Dans ce cas-ci, le
coût d’achat est nul, puisque ces singes sont nés au cirque et qu’aucun déboursé n’a été requis
pour les acquérir. Toutefois, comme l’utilisation de ceux-ci commencera uniquement au moment
où ils feront partie des spectacles, tous les frais relatifs aux singes (nourriture, vaccin, etc.) qui
sont engagés avant qu’ils fassent partie d’un spectacle peuvent être capitalisés aux
immobilisations corporelles (singes). Ces coûts pourront commencer à être amortis au moment
où les singes seront prêts à se donner en spectacle, c’est à ce même moment que les frais
directs cesseront d’être capitalisés.

En conclusion, il faudra réduire les stocks et annuler le gain qui a été comptabilisé au
bénéfice d’un montant de 200 000 $. La comptabilisation de ce gain concordait avec le biais de
la direction de maximiser le bénéfice de CEB afin de répondre aux critères de la subvention.

Procédures d’examen :

En ce qui a trait aux singes développés en interne, l’expert-comptable désirera obtenir
des éléments probants concernant la capitalisation des singes à l’actif afin de s’assurer de la
valeur et de l’existence de cet actif. Cependant, puisque ces singes sont nés de guenons
appartenant au cirque, il va sans dire qu’il est impossible de retracer des factures d’achat, par
exemple. L’expert-comptable cherchera donc à obtenir des factures liées au fait de rendre les
singes dans l’état en vue de l’utilisation dans les spectacles : frais de nourriture, frais de
vétérinaire, etc. Ainsi, selon les éléments de coûts capitalisables recueillis, l’expert-comptable
pourra comparer ce montant avec le coût capitalisé par singe de 20 000 $. Si l’écart entre ceux-
ci est non significatif, aucun ajustement ne sera apporté aux états financiers. L’expert-comptable
devra aussi demander à la direction si certains singes ont commencé à participer à des
spectacles pour la première fois dans l’année : les singes qui ont commencé à être utilisés dans
les spectacles doivent être amortis et aucun coût supplémentaire ne peut être capitalisé. Il est
donc important d’obtenir une liste de la direction afin d’identifier les singes qui sont utilisés des
singes qui sont toujours en apprentissage.

Comme la compagnie CEB pourrait désirer présenter de bons profits pour obtenir du
financement auprès de la banque ou obtenir des subventions, il va sans dire que celle-ci devrait
utiliser des conventions comptables favorisant un bénéfice net élevé. De plus, selon les
conventions comptables des immobilisations, tel qu’il l’a été présenté ci-haut, il serait bon
d’informer CEB sur le fait qu’elle peut capitaliser les montants afin de rendre les immobilisations
utiles et dans le bon état pour leur utilisation. Plus précisément, je souhaiterai discuter des
animaux de « Cirque en Bulle ». En pouvant capitaliser des montants à l’actif (nourriture,
vétérinaire) qui étaient auparavant passés en charges au cours de l’exercice, le montant sera
passé aux résultats au fur et à mesure de l’utilisation des immobilisations, via l’amortissement,
au lieu d’être passé en charges au cours du même exercice. CEB pourra ainsi afficher de


25
meilleurs résultats. Considérant que la dépense de nourriture et de frais de vétérinaire peut être
assez élevée, cela pourrait avoir un impact considérable sur les résultats.
Licences

La compagnie a acquis une licence de numéros au cours de l’exercice et un montant de
36 780 $ a été passé à la dépense.

Selon le chapitre 3064 des NCECF, un actif incorporel doit être comptabilisé lorsqu’il est :

1. Identifiable : CEB a acquis séparément cette licence et un contrat d’achat régit
les droits que possède CEB en lien avec cette licence.

2. Son coût peut être évalué de façon fiable : comme la licence a été achetée, il
n’y a aucun doute sur sa valeur, car son coût apparaît sur le contrat d’achat.
Le coût est donc fiable, puisqu’il provient d’une transaction faite avec un tiers
indépendant.

3. Probable qu’il en tirera des avantages économiques futurs : l’achat de la
licence a permis à CEB de mettre sur pied de nouveaux numéros, donc cela
amènera évidemment de nouveaux revenus.

4. Contrôle l’accès à cet avantage : CEB a payé pour avoir le droit d’utiliser
cette licence. Aucun autre concurrent ne peut donc lui enlever cet avantage,
à moins bien sûr de payer pour en obtenir le droit.

Comme CEB satisfait aux critères précédents, la compagnie doit comptabiliser un actif
incorporel. Le bénéfice avant impôts va donc être augmenté de 36 780 $ et un actif incorporel
va apparaître au bilan pour le même montant. Cet ajustement permettra aux actionnaires de
montrer une meilleure rentabilité ce qui les aidera dans l’obtention de la subvention pour leur
projet de spectacle aux Îles-de-la-Madeleine. Par contre, pour les deux licences achetées
l’année dernière, aucun ajustement ne peut être effectué, car le traitement rétroactif est interdit
dans ce cas. Il n’est donc pas possible de reclasser ces montants au bilan.

De plus, comme la licence pour les numéros de cirque est une licence à durée de vie
limitée, il sera important de mentionner à Alfred qu’elle doit être amortie selon la meilleure
estimation de la durée de vie utile, soit le nombre d’années que CEB prévoit l’utiliser.

Procédures d’examen :

Bien que l’acquisition de la licence ait été comptabilisée aux résultats et qu’à prime à
bord, cela est moins risqué pour l’expert-comptable, car ce traitement réduit le bénéfice net de


26
la compagnie CEB, il va sans dire qu’il s’agit d’une situation récurrente dans le secteur
d’activités de « Cirque en Bulle ». En effet, deux licences avaient aussi été achetées au cours
de l’exercice terminé le 31/10/2010. Il faut donc s’assurer que le traitement appliqué par la
compagnie CEB est conforme aux NCECF. Comme CEB n’a pas comptabilisé le montant relatif
à la licence des numéros acquis, l’expert-comptable devra indiquer à la compagnie qu’elle se
doit de le faire afin de respecter les NCECF. Pour s’assurer de l’exactitude de la valeur
comptabilisée par la direction de CEB suite à cette indication, l’expert-comptable pourrait ainsi
demander à voir la facture d’achat de la licence, dans le cas où il douterait que la direction ait
tenté de capitaliser de charges réelles à l’actif. Cette mesure serait dans le but de valider le
montant inscrit sur la facture, en plus d’analyser la substance de cette licence afin de voir si elle
pourra réellement permettre de générer des avantages économiques futurs à CEB, par
exemple.
Conclusion générale — MP

Suite aux ajustements en lien avec les problèmes comptables, CEB affiche encore un
bénéfice positif en 2011 de 817 000 $ (Annexe 1). L’entreprise respecte donc un des critères
énoncés par la subvention qui stipule que CEB doit afficher un profit au cours de
l’exercice 2011.












27
ÉVALUATION DE LA RENTABILITÉ DU PROJET D’ INVESTISSEMENT

Le projet d’évaluation doit démontrer une rentabilité de 11 % sur une période de 4 ans,
et ce, incluant la subvention. Alfred et Rosarito semblent très emballés par ce projet et ce sont
eux qui nous ont fourni les données pour faire le calcul de rentabilité. Nous pouvons donc nous
demander jusqu’à quel point nous pouvons nous fier sur ces données et hypothèses aux fins de
l’évaluation et rappeler à notre client que le gouvernement veut des données réalistes et
sensées.

Il est certain qu’il existe plusieurs opportunités à saisir un projet tel que « Cuerzo ».

v Il offrira en effet beaucoup de visibilité dans une région qui n’était pas encore convoitée
par CEB, le cirque se fera donc connaître dans une toute nouvelle région. Si le spectacle
est un succès, il y a de bonnes chances que les gens en parlent en bien et ainsi l’image
de la compagnie s’accentuera positivement.

v Ce spectacle permettra à CEB d’avoir une bonne croissance, que ce soit sur le plan
financier ou sur le plan de l’expérience que peut apporter à l’entreprise un tel projet.
Comme cette entreprise est encore jeune, elle ne peut pas se permettre d’aller trop vite
et de foncer dans de trop gros projets, celui-ci semble d’une bonne envergure et parfait
pour la situation.

v Une subvention est offerte pour ce type d’investissement, ce qui est une opportunité à
saisir, car CEB se dégage d’un certain risque face à ce projet et peut profiter d’un très
bon financement.

Il est également certain qu’il existe aussi quelques inconvénients relatifs à « Cuerzo ».

v Parmi ceux-ci, le majeur étant le manque flagrant de rentabilité sans la subvention. Il est
vrai que ce projet est lointain et dans un petit coin de pays, il se peut donc que certains
coûts supplémentaires devront être engendrés ou que l’assistance soit plus faible que
normalement, mais CEB devrait tout de même se questionner à savoir si les autres
projets qu’elle pourrait effectuer pourront être rentables. Si ce n’est pas le cas, il vaudrait
peut-être mieux concentrer ses activités sur la ville de Québec à des projets comme
« Mascarada » dans le futur.

v Alfred et Rosarito semblent extrêmement emballés par ce projet, même trop, il faut
s’assurer qu’ils comprennent que le cas advenant où la subvention ne serait pas
octroyée, ils ne pourront pas réaliser ce projet. Ceci pourrait avoir un grand impact sur
leur moral. Une discussion avec eux pourrait les ramener sur terre en leur faisant voir la
réalité des choses.



28
v Ce spectacle est dans un territoire inconnu à ce jour pour CEB, ils ne connaissent pas la
culture de ce coin de province et ne savent pas trop à quoi s’attendre non plus, car il
s’agit de la première fois qu’ils feront une représentation à l’extérieur de la ville de
Québec. Ils devront donc s’assurer de discuter avec des gens des Îles-de-la-Madeleine
afin de bien cerner leurs attentes pour un spectacle de cirque afin de pouvoir s’assurer
du succès de celui-ci.

Pour ce qui est du côté plus quantitatif, l’un des meilleurs outils pour calculer la
rentabilité d’un projet est la VAN, c’est pourquoi j’utiliserai cette technique. Selon mes calculs, la
VAN est de 20 486 $ (Annexe 2) et mes hypothèses générales ont été puisées des informations
fournies par Rosarito, elles sont fournies dans l’annexe 1 de l’énoncé. Par contre, ces chiffres
semblent surévaluer légèrement par l’optimiste accru de Rosarito, alors il se peut que le cas où
ils devraient être revue à la baisse, le projet passe dans le négatif. CEB devrait alors déjà se
questionner si elle était en mesure d’accepter un projet qui apporte moins de 11 % de
rendement annuel compte tenu des opportunités d’affaires plutôt qualitatives.

Les actionnaires ainsi que le contrôleur semblent très confiants que le nouveau spectacle qui
sera mis en place pour l’été prochain soit un franc succès. Par contre, sans la subvention le
projet avortera comme les actionnaires l’ont mentionné à Rosarito. C’est pourquoi il est
important que CEB réponde bien aux trois critères suivants :

1 — La compagnie doit fournir des états financiers examinés. Cette année, CEB a demandé
à notre cabinet de lui fournir une mission d’examen sur ses états financiers, donc ce critère sera
rempli. Étant donné que les actionnaires tiennent à cette subvention, ils vont probablement
accepter toutes les modifications à faire dans leurs résultats afin de respecter les normes. Ainsi,
cela va réduire l’ampleur de la réserve à notre rapport. Étant donné que c’est la première année
que CEB sera examiné, il est presque assuré qu’il y aura une réserve dans le rapport sur les
soldes d’ouverture.

2 — Un plan d’affaires établi sur une période de quatre ans qui démontre une rentabilité pour
laquelle l’investisseur continuerait le projet, tout en incluant la subvention. Selon mes calculs, la
VAN de ce projet est de 20 486 $ (Annexe 2). Ce projet amène donc un rendement supérieur à
11 %, ce qui correspond au taux de rendement normalement exigé dans les projets par les
actionnaires. Donc, ce critère est effectivement respecté.

3 — L’instauration du projet doit créer au moins 15 nouveaux emplois dans la région
nouvellement exploitée. Selon Alfred, ce nouveau projet va créer 18 nouveaux emplois dans la
région des îles de la Madeleine, donc ce critère sera respecté. Il faut par contre se rappeler que
ces données sont fournies par Alfred et celui-ci est très enthousiaste par rapport à ce projet.

Selon mon analyse, CEB semble respecter tous les critères qui donnent droit à la
subvention. De plus, le projet rempli pleinement le rendement exigé par les actionnaires, ce qui


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d’autant plus avantageux pour eux. Les opportunités qu’offrent ce projet étant très probables et
comme les inconvénients peuvent être bien gérés, je pense que CEB devrait donc aller de
l’avant avec ce projet.

AUTRES POINTS
Rosarito

Puisque Rosarito a peu d’expérience en comptabilité, il va sans dire que la décision de
l’engager au départ était tout de même compréhensible. En effet, la compagnie CEB ayant
seulement besoin d’un avis au lecteur dans les années passées, ses quelques erreurs de
respect des NCECF pouvaient être tolérées, car celles-ci permettaient tout de même de
présenter des états financiers non trompeurs. De plus, à cette époque, le cirque ne pouvait pas
entrevoir le succès de ses spectacles et prévoir des perspectives de croissance importantes.
Cependant, à ce jour, compte tenu des nombreuses erreurs repérées lors de l’exécution de la
mission d’examen, la direction de la compagnie CEB devrait possiblement revoir l’apport de
Rosarito à la compagnie. En effet, avec la possibilité du nouveau spectacle aux Îles-de-la-
Madeleine, on entrevoit bien que la compagnie a des perspectives de croissance, mais Rosarito
pourrait ne pas suivre la cadence en terme de besoins de comptabilisation. Puisque c’est le
neveu d’Alfred, il peut être délicat de le renvoyer : je suggère donc de le transférer à une autre
occupation dans l’entreprise.

Mission d’examen

Puisque la compagnie CEB avait besoin de la mission d’examen dans l’optique d’obtenir
la subvention ADASRE offerte cette année, il se pourrait que celle-ci décide de demander à
notre cabinet comptable l’exécution d’un avis au lecteur pour l’exercice subséquent, soit
l’exercice terminé le 31/10/2012. Cependant, CEB devrait considérer le fait de continuer à faire
examiner ses états financiers, car :

v Il est possible que le gouvernement émette d’éventuelles subventions qui
exigeront encore des états financiers examinés.

v Si la compagnie CEB décide de retourner à l’avis au lecteur, d’autres honoraires
professionnels supplémentaires seront nécessaires pour couvrir le risque lié aux
soldes d’ouverture advenant le cas d’un retour futur à la mission d’examen, au
lieu que ces honoraires diminuent suite à la première année de mission
d’examen.


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v Comme la compagnie CEB a des perspectives de croissance en implantant de
nouveaux spectacles, il s’avère que celle-ci aura possiblement besoin de
financement. Puisque les banques exigent souvent des états financiers examinés
avant d’octroyer des prêts, il va sans dire que la compagnie CEB devrait
considérer le fait de solliciter nos services professionnels pour des missions
d’examen afin d’accélérer les demandes de financement.
CONCLUSION GÉNÉRALE

CEB est en bonne position financière, en effet, son ratio d’endettement est de 15 %, ce
qui fait d’elle une entreprise peu risquée. Elle peut donc se permettre un projet plus risqué qu’à
l’habitude sans nécessairement risquer le reste de l’entreprise. Après quatre ans d’existence, et
des spectacles à succès, il semble temps pour CEB de sortir de sa zone de confort et aller de
l’avant avec de nouveaux spectacles à l’extérieur de la ville. « Cuerzo » semble offrir cette
opportunité. J e crois qu’il serait favorable pour CEB d’aller de l’avant avec ce projet puisqu’il se
présente au moment idéal.













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ANNEXE 1 – Redressement des états fi nanciers de CEB

Annexe 1 - Redressement E/Fs (en mi l l i ers de dol l ars)
Bénéfice avant impôts 2 780 $
Ajustements:
Marque de commerce        1 000  -
Produits «ShoWeb»           800  -
Naissance singe           200  -
Éléphant blessé               -  
Acquisition licence             37  
Bénéfice ajusté          817 $
















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ANNEXE 2 – Évaluati on de la rentabi lité du proj et d’i nvestissement

Projet d' investissement
Investi ssement i ni ti al
Chapiteau 30 000 $
Animaux 370 000 $
Équipements et costumes 24 000 $
Salaires 30 000 $
Matériel roulant 11 000 $
(465 000) $
Subvention (60% investissement initial) 279 000 $
Total investissement initial (186 000) $ (186 000) $
Pendant l 'i nvesti ssement
Revenus
Produit de la vente de billets
Année 1 Année 2 Année 3 Année 4
% d'occupation
année 1 2 3 4
Prix
d'entrée
Nombre de
sièges
Nombre de
semaines
J eudi 65% 68% 71% 74% 16 $ 925 12 115 440 $ 120 768 $ 126 096 $ 131 424 $
Vendredi 85% 88% 91% 94% 16 $ 925 12 150 960 $ 156 288 $ 161 616 $ 166 944 $
Samedi 100% 100% 100% 100% 16 $ 925 12 177 600 $ 177 600 $ 177 600 $ 177 600 $
444 000 $ 454 656 $ 465 312 $ 475 968 $
Produit de la vente d'articles promotionnels 20 000 $ 20 000 $ 20 000 $ 20 000 $
Total des revenus annuels 464 000 $ 474 656 $ 485 312 $ 495 968 $
Dépenses
Comission ShoWeb (10 % des ventes) 44 400 $ 45 466 $ 46 531 $ 47 597 $
Salaires (600 $/ semaine à 18 employés pendant 12 semaines) 129 600 $ 129 600 $ 129 600 $ 129 600 $
Fournitures 10 000 $ 10 000 $ 10 000 $ 10 000 $
Salaire du gérant 50 000 $ 50 000 $ 50 000 $ 50 000 $
Gardien des animaux 30 000 $ 30 000 $ 30 000 $ 30 000 $
Location du terrain 55 000 $ 55 000 $ 55 000 $ 55 000 $
Nourriture animaux (2000$/semaine) 104 000 $ 104 000 $ 104 000 $ 104 000 $
Coût des articles promotionnels 12 000 $ 12 000 $ 12 000 $ 12 000 $
435 000 $ 436 066 $ 437 131 $ 438 197 $
Bénéfice annuels prévus 29 000 $ 38 590 $ 48 181 $ 57 771 $
Taux d'actualisation 11% 26 126 $ 31 321 $ 35 229 $ 38 056 $
Total des flux annuels actualisés 130 732 $
Après l 'i nvesti ssement
Immobilisations, animaux et équipements à la revente à la fin du projet 115 000 $ 11% 4 ans 75 754 $
VAN 20 486 $
Hypothèses:
Les entrées de fonds auront lieu de début juin à fin août, soit pendant 3 mois à raison de 4 semaines par mois
Donc, au total 12 semaines, ce qui n'aura pas d'impact pour la première année, car les représentations vont débuter au début de juin.
Le taux d'actualisation utilisé pour évaluer le projet est de 11 %, car il s'agit du rendement exigé par les actionnaires.
Le montant de 24 000 $ pour rénover le chapiteau à Québec ne doit pas être pris en compte dans l'évaluation du projet, car ce coût
devra être engagé peut importe si le projet aux Îles-de-la-Madeleine a lieu ou non.
Étant donné que les animaux doivent manger toutes les semaines de l'année, on doit considérer ce coût à toute les semaines
à partir de leur acquisition.
Le projet a été évalué sur 4 années puisque c'est ce que le gouvernement demande dans un plan d'affaires.




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GUIDE D’ ÉVALUATION