Está en la página 1de 14

Introduction aux mondes extra-européens :

Pourquoi étudier l’Empire Ottoman ? Parce que c’est un pays islamique. Voir comment dans
un état on vit une religion. Etudier cet empire permet de comprendre la Genèse de bon
nombre de conflits contemporains. L’empire Ottoman a été à son âge d’or un modèle d’état,
état puissant d’un point de vue armée et bureaucratique. Au XIXème l’empire Ottoman a de
plus en plus de mal à assurer sa pérennité. Il va falloir faire face à des contestations internes.
Menaces externes qui posent la question de la réforme de l’Etat ottoman. Comment le
réformer pour qu’il soit plus efficace ? Difficultés culturelles dues aux différences
Européens/musulmans. Profond bouleversement de la civilisation ottomane.
Pas de QCM pour l’examen mais des commentaires du style histoire. Même exigences que
pour l’Histoire contemporaine. Bien lire le document. Numéroter de 5 en 5 les lignes.
Citations précises. Critiques externes/internes. Externes : production du document, repérer sa
nature, quelle genre est-ce ? Regarder s’il a un titre. Quelle est sa finalité ? La date permet de
définir le contexte. Déterminer ce que l’on sait de l’auteur. Sélectionner les infos qui ne seront
pas anachroniques. Critique interne : relever le contenu historique du document, expliquer les
informations. C’est le travail primordial. Expliciter les informations, rendre tous les niveaux
de sens possible. Que peut-on déduire ? Construction du plan : 1-le plan compte trois ou
quatre parties. L’intro doit présenter la critique externe, date, auteur, critique éventuelle.

Eléments linguistiques : en Turquie on parlait énormément de langues. Certaines plus


importantes que d’autres. 3 surtouts. L’arabe ou langue du coran, le persan (poésie), turc dit
osmanli, celle-ci est la langue d’état. C’est donc la langue administrative, plein de mots arabes
et persans. La république Turque a décidé d’épurer ce qui n’était pas turc. Depuis 1928 le turc
s’écrit en alphabet latin. Le problème pour nous n’est donc pas la transcription mais la
prononciation. Le I sans point est différent du I et se prononce « eu » par exemple. le C se
prononce « dj » et le ç « tch », le G est « gue ».

L’émergence d’un empire islamique :

L’empire Ottoman, a été un état de la plus haute importance, dominateur, avec une visée de
conquête universelle. Il s’inscrit dans une lignée d’états islamiques conquérants. En effet
l’islam va fournir des justifications à la politique de conquête ottomane, en particulier lorsque
ces conquêtes se font en direction des terres chrétiennes. On peut dire que la lutte contre les
souverains non musulmans est considérée comme une action louable. L’empire Ottoman c’est
aussi attaqué à d’autres empires musulmans comme la Perse et le Yémen. Cette expansion
contre des états islamique pose un problème d’un point de vue religieux. Ca sème la discorde
parmi les musulmans et font l’objet de nombreux débats. Les sultans ont donc dus donner des
explications telles que l’aspect hérétique d’un état, motif aussi grave si ce n’est plus que
d’être chrétien. Ils ont transformé un petit empire en un état multiethnique et multi
confessionnel. Tous vivent sous la domination d’un musulman. E n’est pas une première.
C’est un état islamique mais pas musulman. C’est un état islamique car l’un de ses buts est de
permettre sur son sol le culte musulman dans sa plénitude, il faut aussi y défendre la loi
islamique. En revanche un état musulman est un état où tout le monde est musulman.
Nombreuses minorité telles que les juifs et les chrétiens. Leur religion est même garantie dans
une certaines mesure.

1) l’émergence de la nation islamique, l’UMMAH :


L’ummah c’est l’idée que les musulmans appartiennent à une même communauté et
appartiennent à un ensemble théorique. Cette solidarité à pour origine l’expansion islamique.
Réunir l’ummah et dans une certaine mesure l’agrandir sont des buts religieux. Le modèle
initial est l’état né de l’expansion islamique mais est surtout un modèle moral, modèle créé
par Mahomet et maintenu par ses successeurs. Il faut distinguer deux écritures du mot islam.
L’Islam est la culture islamique mise en place alors que l’islam est une religion.

B) La prophétie de Mahomet :

1) Une Arabie tribale et multiconfessionnelle :

L’islam nait dans la péninsule arabique, à la Mecque au 7ème siècle de l’ère chrétienne. Sa
source est la prophétie de Mahomet, un homme qui vit dans le monde des tribus. Tribus et
clans. Mahomet est issu d’une tribu importante mais d’un petit clan en marge de cette tribu.
Ils constitueront bien évidemment une aristocratie dans les futurs régimes politiques. Ces gens
qui se réclament de la descendance du prophète se réclament d’une élite. On les appellera par
la suite les Ashraf. La Mecque est à l’époque un lieu où l’on vénère plusieurs dieux. Chaque
tribu à une série de petits dieux qui se retrouve sous la forme de différentes pierres vénérée à
la Mecque. A cette époque il existait plusieurs formes de monothéisme, christianisme et
judaïsme. On appelle « légendes des anciens » en reprenant des Histoires de la Bible de
l’ancien et du nouveau testament. Mahomet va baigner dans cette culture. Il existe aussi un
mouvement puissant qui se réclament d’une divinité créatrice et l’associaient à leur divinité
locales propres. C’est dans ce contexte que le prophète grandit. Il devient commerçant et
apprend la langue qui permet de se faire comprendre par tous, l’arabe, tel qu’il est écrit dans
le coran.

2) La révélation et le coran

C’est vers 610 qu’il a sa première révélation. Elles ont un caractère impératif. Il hésite
justement à faire état de ses révélations. C’est en 613 qu’il s’en ouvre à sa femme puis à Abu
Bakr qui sera son successeur. Il commence à prêcher à la Mecque et répète ce qu’il lui a été
dit. Cette récitation à donné lieu au livre « coran ». Il incite à la soumission à un dieu unique.
Dans ces récitations il n’est que le messager. C’est là que c’est différent, il reproduit tel quel
la parole de Dieu, alors que la Bible est différent puisque c’est la parole de Dieu mais
détourné, selon la vision musulmane, donc d’une certaine façon incomplète.

3) Le conflit avec Quraych :

Les membres importants de la tribu refusent d’où une opposition avec le prophète. On
reproche aussi cette rigueur « d’il n’y a de dieu que dieu ». Donc vision radicale. Conflit
religieux mais aussi économique puisque la tribu tirait son profit des voyageurs religieux à
destination de la Mecque. En 622 il est contraint de quitter la ville.

4) L’Hégire :

C’est un point de départ. Le meilleur exemple est le fait que l’an 1 est cette date. Il se
réfugiera dans ce qui deviendra la ville par excellence, Yathrib, qui deviendra Médine. Cette
ville est en plein désarroi. Il arrive avec une religion et un ensemble d’appel à la réforme et va
permettre à la ville d’émerger. C’est un expatriement en attendant d’arriver à la Mecque.
5) L’émergence de l’état de Mahomet :

Ca va avoir une influence sur la ville mais aussi sur l’islam. A Médine il trouve des partisans
en dehors de sa tribu. Ses « disciples » vont se mélanger à la tribu locale. Dans ses nouveaux
compagnons on retrouve par exemple des esclaves noirs, Bilal per exemple est un esclave qui
a été affranchi à la Mecque et est le premier muezzin, il accompagna Mahomet à Médine. On
sort ainsi du système tribal pour un système universaliste. Il meurt en 632. Il réorganise
Médine pour en faire une ville conforme à la loi qu’il va proclamer. On peut identifier les
sourates de Médine, en effet elles sont plus posées et plus construites. C’est à Médine
qu’émerge une tradition orale des propos du prophète. Il donne une nouvelle religion et une
nouvelle législation à la ville. Ca ne se passe très bien avec les juifs qui seront expulsés pour
avoir refusés de se convertir.

6) Les 5 piliers de l’islam :

Jusqu’à sa mort il donne des priorités au culte. La prière (5 fois par jour). Une aumône
proportionnelle au revenu et destinée aux plus pauvres de la communauté. Le jeûne qui sera
fixé au moi de Ramadan. Le pèlerinage à la Mecque après que la ville est été réinvestie.
L’effort sur soi, quel qu’il soit mais qui peut aussi être prit au sens de guerre sainte. Chahada
ou profession de foi musulmane. Le croyant atteste il n’est d’autre Dieu que Dieu. Le croyant
atteste que Mahomet est son prophète. A ceci il faut ajouter que la Chahada diffère entre
sunnite et chiite. Dans cette dernière le croyant atteste qu’Ali est le Wali de Dieu. C’est le
favorisé de Dieu. Pour les sunnites le Djihad n’est pas un pilier mais une obligation. En effet,
certains auteurs anciens le mentionnent sous le nom de pilier. Ca montre que l’Islam n’est pas
monolithique. Dans le chiisme, des douze imams, le Djihad est un pilier de l’Islam. Dans cette
version ce n’est pas vu de façon militaire. Donner de l’importance à Djihad a été utiliser pour
donner une vision plus agressive à certaines périodes.

B) La conquête islamique : Jihad et Ghaza :


1) L’expansion musulmane :

A partir de 624 les partisans attaque des caravanes. C’est un moyen juger légitime que
d’attaquer les caravanes d’une tribu plus à l’aise pour survivre. Il y a tout un tas de conduite à
tenir chevaleresque, moyennant quoi c’est une pratique légitime. Mahomet va en changer le
sens en dirigeant ses attaques contre ceux de la Mecque. Ils ont refusé l’Islam donc c’est
normal. Ces attaques sont justifiées au nom du Jihad qui est un effort sur deux fronts :
permettre la survie de la communauté mais aussi d’étendre le domaine de la loi islamique. La
prophétie de Mahomet a une visée universelle et donc ça justifie la propagation de la loi
islamique. Ca permet à Mahomet de conquérir la majorité de l’Arabie et les troupes
musulmanes entrent à la Mecque en 630. Ses successeurs sont des « califes ». Ainsi l’état
s’étire vers la Palestine et en Syrie puis en 640 en Irak puis en Perse. Puis les conquérants
vont envahir l’Egypte et l’Afrique du nord byzantine à la fin du 7ème puis peu après la
péninsule ibérique.

2) La ghazwa :

C’est une attaque en vue d’un butin. Ca donne lieu à une redistribution du butin. C’est la
forme d’action que l’on appelle le Djihad mineur, par la guerre. Ceux qui la mènent vont s’en
honorer vu que ça a un sens positif. Ils (les sultans ottomans) vont prendre le titre de Ghazi.
L’expansion du monde ottoman.

3) Le Djihad :

Dans sa dimension militaire c’est l’état de guerre permanent qui existe entre le monde de
l’Islam et les pays non-musulmans. Quels sont les buts ? Etendre l’empire de la moi islamique
et rendre pleinement possible le culte musulman. Assurer la protection des musulmans et non
musulmans. Ce Djihad a une application politique plus que religieuse à la base. Il n’est pas
nécessairement suivi de conversions forcées. Pour les « gens du livre » en tout cas. Les
conversions forcées ont eu lieux sur des polythéistes. Le sens de ce Jihad militaire ou mineure
est équivoque et varie selon l’époque. Le Jihad majeure est l’effort sur soi, faire le bien. Le
mineur a un discours martial, à cette époque le droit de conquête, est la norme internationale.
Depuis 1918 c’est un crime de guerre d’annexer par les armes. Les 14 points de Wilson c’est
le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, qui s’oppose au droit de conquête. Le Jihad ne
se contente pas d’affirmer le principe de l’extension militaire de la loi islamique. Elle fixe des
procédures pour cette conquête. Pour certains le Jihad est une loi auxquelles les armées
doivent se plier. Une des catégories majeure est l’opposition entre les pays de l’Islam et pays
de la guerre (pays contre lesquels on est en guerre). Ca divise le monde en deux. Dar al-islam
et Dar al-harb.

4) Dar al-islam et Dar al-harb :

Il ne saura donc y avoir de paix éternelle mais des trêves régit par des règles (Hudna ou trêve
de longue durée). Opposer les deux d’une manière trop binaire est justifié une politique
agressive.

5) Les conditions de la reddition :

Que se passe t-il ? Si ca a été pacifique les gens voient l’exercice de leur culte garanti. Pacte
d’Omar en 638 avec la conquête de Jérusalem. D’après une des traditions le calife établie les
conditions de la reddition de la ville qui c’est rendu sans se battre. Les habitants gardent leurs
biens et leurs lieux de cultes. Ils prennent le statut de protéger et ce qu’il leur incombe c’est de
payer un impôt proportionnel au revenu. Si la reddition fait suite à une résistance armée les
conditions sont plus sévères, la prise de la ville est alors razzia et à ce titre l’armée victorieuse
à la droit de prendre un butin. Les biens ou une partie des biens seront redistribué entre les
troupes. Ces dispositions vont certes encourager les armées musulmanes à la conquête.
Néanmoins la justification exclusive est le jihad, une motivation politique.

6) Les califes « bien dirigés » :

Abou Bakr (premier converti à l’Islam) est calife de 632 à 634. Il est important car après la
mort de Mahomet il parvient à garder le contrôle de l’armée. Umar ibn al-Khattab de 634 à
644. Uthman ibn Affan (644-656) qui fait mener à bien la traduction écrite du Coran. Ali ibn
Abi Talib (656-661), le gendre du prophète est celui qui va rappeler l’exigence d’un état
vertueux aux musulmans après avoir conquit un état considérable.

C) Une nation divisée : la fitna :


Cette discorde éclate sous le califat de Ali est un traumatisme pour la nation. L’Islam était
gouverné dans l’harmonie et dans les meilleurs préceptes de l’Islam. C’est l’insulte suprême.
Elle résulte de l’assassinat d’Uthman. Le problème qui va se poser va être celui du mode de
fonctionnement de l’état. Un des enjeux va être de savoir qui nommer pour gouverner telle ou
telle province. Il va passer pour un laxiste. Il va léguer le gouvernorat de Syrie à Mu Awiyya.
Cet homme est issu de la tribu ennemie de Mahomet. Mais c’est un bon administrateur. Ca va
susciter une certaine colère chez les musulmans de la Mecque, Ali estime qu’il a été privé de
ses droits au califat. Uthman est assassiné à la suite d’une émeute. Ali deviens calife mais Mu
Awiyya conteste puisque Ali ne fait pas punir les meurtriers.

i. La bataille de Siffin :

Plusieurs camps émergents alors, les partisans d’Ali affirment que la succession au califat doit
se faire par Ali pour conserver la vertu de la communauté. Les partisans de l’autre réclame
vengeance pour Uthman. Ca débouche sur un arbitrage. Ali reste calife mais est blâmé. La
division demeure et va se consolider. Mu Awiyya succède à Ali assassiné. Les partisans d’Ali
continu de contester le calife. Il se rattache sur les fils d’Ali qui seront tués et la division
éclate quand l’un des deux sera assassiné en 680 quand ses partisans et lui sont battu par
Yazid, le fils de Mu Awiyya. Les conflits vont se radicaliser. Les martyrs de Ali et de ses fils
vont être la fondation des chiites. Les autres deviennent les sunnites. C’est paradoxal car les
sunnites vénèrent aussi les martyrs de la famille comme des gens vertueux.

Toute une tradition va se former à partie de Mahomet ses compagnons. L’ensemble des
propos sur eux est le Hadith. Le coran ne constitue pas une source suffisante. Ca a été le
moyen de compléter le corpus de normes. Les Hadith n’ont pas tous les mêmes valeurs, ca
dépend de ceux qui l’ont transmis. Dernier héritage, une aristocratie, les Ashraf.

II) La naissance de l’Empire Ottoman :


A) L’émirat d’Osman, un potentat turc :

Un potentat est petit état dirigé par un chef militaire. Une puissance militaire qui s’étend dans
les Balkans chrétiens. Il nait en Anatolie, en actuelle Turquie. Etat sunnite et dont l’une des
particularités est d’être frontalière avec l’empire byzantin. C’est une région disputé. Certaines
terres sont eux prise des Vénitiens, des Byzantins, d’autres territoires musulmans, et de
l’empire mongol. Osman est faible mais c’est lui que on retient comme fondateur de la
dynastie et l’on transforme son nom en Ottoman pour qualifier l’empire.

B) Une puissance musulmane :

Osman puis son fils, acquiert de la puissance en multipliant les conquêtes notamment contre
les byzantins. Ces attaques sont razzias justifiée contre les états orthodoxes des Balkans et
l’empire Grec. Ils attaquent aussi leur voisins musulmans et celui leur vaut la réputation de
mené la fitna. On ne peut pas trancher entre état musulman et chrétien. La Serbie dans les
Balkans, jusqu’en 1388 elle est l’ennemie des ottomans. A cette date les ottomans les écrasent
à la bataille des champs des Merles, au Kosovo. Ils vont conserver une relative autonomie
pendant quelque décennie et l’armée serbe est une armée auxiliaire de l’armée ottomane. A la
suite de ça les byzantin payent tribu à l’empire ottoman. Parfois les ottomans s’allient avec les
Vénitiens. Il y a donc une complexité politique. En 1396, bataille de Nicopolis, les ottomans
arrivent au Danube et menacent la Hongrie. Les Français vont se battre pour la Hongrie. Les
français sont décimés. C’est à partir de là que les turcs deviennent menaçant pour la
chrétienté. Après Nicopolis on retourne au jeu d’alliance d’avant. La dynastie ottomane va se
consolider. On assiste à la consolidation sultanienne. Avant d’être un état l’empire repose sur
une dynastie. L’étymologie renforce ce lien. Dawlah veut dire dynastie et signifiera état. Prise
de décision complexe. Décision collégiale jusqu’à la fin du 14ème. Pas de règles. La seule c’est
que le chef doit être un homme. Problèmes de succession en 1402 après la défaite face aux
Mogols. A la suite l’état est divisé entre 4 frères, l’armée va faire en sorte que par la suite il
n’y est plus de division du pouvoir. A la mort du sultan les fils sont tués sauf le nouveau
sultan. Ainsi il n’y a plus de dissension, c’est la loi du Fratricide.

C) La prise de Constantinople :
1) Une victoire symbolique :

C’est la fin du dernier reste de l’empire romain. Conquête de premier ordre, grande
importance symbolique. Pour le sultan ottoman, prendre la ville symbolise deux choses. Sur le
plan religieux, la prise de Constantinople marque un recul de la chrétienté. Mehmet II dont les
armées prennent Constantinople, islamise la ville. On la baptise officiellement Istanbul mais
sera souvent appelée Islambul. La basilique Sainte-Sophie est transformée en mosquée. Une
victoire à résonnance religieuse. Dimension politique, en abattant le dernier état byzantin,
Mehmet II se place comme lui aussi le successeur des Césars romains, tout en étant un état
musulman. Pour la chrétienté orthodoxe, la prise de la ville a un air de fin du monde. C’était
la première des villes orthodoxes. Le principal chef de l’église passe sous la coupe du sultan.
Après la prise de la ville, l’idée de la reconquérir va devenir l’un des buts du millénarisme
(doctrine qui croit à l’avènement du la fin des temps, que l’on peut la hâter, et que on aura le
règne de Dieu) chrétiens. Pour le sultan la prise légitime des aspirations universalistes, à
protéger tous les musulmans du monde.

III) Une grande puissance militaire mondiale (1512-1774) :


A) L’ère des sultans conquérants (1512-1574) :

Selim Ier le terrible et la lutte contre la Perse safavide et chiite.


Soliman le Magnifique (1520-1566) et l’expansion tout azimuts.
Selim III (1566-1574) et la consolidation de l’empire.

Sous Selim Ier on a des guerres religieuses et une trêve avec la chrétienté voisine. A la suite
de son père Bayezid II, il va engager la paix et va s’attaquer à un état musulman, la Perse.
Pour s’affermir, les perses veulent changer de religion en optant pour le chiisme. Ce sont les
safavides, la dynastie nouvelle qui va convertir la population. Du point de vue ottoman le
chiisme est une déviation de la religion. La dimension missionnaire du chiisme persan et une
guerre religieuse. Selim entre en guerre contre les safavides et conquiert un partie de l’islam.
La guerre entre les deux a un rayonnement jusqu’en Egypte avec le sultanat mamelouk du
Caire. A partir du moment où cet état est sunnite, il n’y a rien qui justifierai la guerre.
Seulement les mamelouk vont faire alliance avec les safavides et aux yeux de Selim, ils ont
donc trahit. Il attaque en 1516 et le sultan mamelouk est défait et tous ses territoires conquit et
lui tué. Les conséquences sont doubles. Vaste agrandissement du sultanat ottoman : Syrie,
Palestine, Egypte, le Hedjaz (lieu où on retrouve les lieux saints musulmans. Ils contrôlent les
plus hauts lieux saints de l’Islam : Jérusalem, Médine, La Mecque. Ils aspirent à la
domination des musulmans du monde entier. Tendance à la guerre civile dans l’empire, les
partisans mamelouk et safavides ce qui entrainera des répressions féroce. A la mort de Selim,
un pouvoir plus fort arrive car sur une base plus vaste. Süleyman le Législateur contrôle un
état qui est plus étendu dans son environnement. Il sème la terreur en Europe et menace de
conquérir l’empire des Habsbourg, il assiège Vienne sans succès. Il étend le territoire en
Hongrie et au Caucase, Afrique du nord. Pour conquérir les états islamiques il va utiliser le
prétexte que les Habsbourg construisent des forts en Afrique du nord et ainsi il veut les
protéger. Il poursuit les conquêtes. Il conquiert difficilement le Yémen et certaines iles en
méditerranée orientale. Selim II sera surtout célèbre par ses conquêtes en méditerranée ce qui
va entrainer une opposition des chrétiens, les espagnols et les vénitiens se sentent menacés et
vont s’unir contre les ottomans. Ils les arrêtent à Lépante. Cette guerre est pour eux religieuse.
Dès le lendemain de la victoire, l’alliance désagrège. Si les ottomans sont victorieux c’est
grâce aux divisions.

B) Consolidation ou déclin ?
C’est une idée européenne apparut pendant l’existence de l’empire ottoman. Le déclin et la
chute de l’empire sont inévitables. Il ne peut se maintenir. Ce qui est vrai c’est qu’au XVII la
frontière est stabilisée, pas de grande guerre avec l’empire ottoman. A partir de 16 il attaque
la chrétienté comme à Vienne en 1683 ou ils sont vaincu et perdent des territoires. Ils n’ont
pas vu la montée de l’empire russe. Les ottomans sont vaincus à la guerre de 1768 à 1774.
Elle se solde par des pertes comme le littoral de la mer noire (traité de Küçük Kaynarca).
C’est à partir de là qu’on parle de déclin.

L’islam imprègne les conquêtes de l’empire ottoman comme contre la chrétienté et les
hérétiques. Les ottomans se réclament inspiré de l’islam mais font preuve de pragmatisme, ils
n’attaquent que si ils sont en condition de force. Au final le but est moins de répandre l’islam
mais d’étendre un état.

Chapitre 1 : Les Institutions de l’empire Ottoman :


Robert Mantran : Histoire d’Istanbul ; Histoire de l’empire ottoman.

Paradoxe : l’état ottoman et ses institutions sont des motifs d’admiration, il est prit comme
modèle par des états européens. Pourtant par la suite sa structure apparaitra comme négative
en Europe. On imaginera après un état incapable, cruel, avec un souverain despotique dominé
par ses passions (femmes…). Ca a pesé sur l’historiographie et sur l’idée de despotisme
oriental, souverain sans contre pouvoir (torture à loisir…). Ca pose un problème, ca pose
l’idée que l’Europe chrétienne apparait sous un jour positif. On compare l’empire ottoman à
l’Europe en prenant des valeurs européennes. Il y a un problème de raisonnement. Il vaut
mieux juger l’état ottoman par sa capacité à remplir les fonctions qu’il doit remplir (armée,
fiscalité, se conformer aux normes de l’Islam).

1) Le sultan et son entourage :


A) La loi de la dynastie :

La dynastie ottomane : c’est le fondement de l’état. A sa tète on a le sultan, on l’est car on


descend d’Osman. Ces règles vont permettre d’assurer une dynastie. Ca va permettre de gérer
la succession. Si la dynastie disparait, sur quoi fonder l’état. Les règles de succession vont
assurer fidélité au sultan. Il n’y a jamais eu de loi fixe comme la loi salique. Elles se doivent
d’être conformes à la tradition islamique mais d’un coté il n’y a pas de règles strictes. A
l’époque de la grande discorde Ali réclamait que la succession soit héréditaire dans la famille
du prophète. La choura élit le nouveau calife. Il faut que dans l’ummah les sultans soit des
hommes. A partir d’Ali on dit que c’est héréditaire. En revanche on ne dit pas quel sera le fils
qui règnera. Dans l’empire ottoman on choisi alors le souverain. La loi du fratricide
(élimination des frères du nouveau sultan) garanti d’éviter la guerre civile. Le problème c’est
qu’il faut avoir pas mal d’enfant pour choisir un héritier à la dynastie. Fin du XVIème et
règne de Mehmet III a deux fils, il a d’abord fait éliminer deux autres qui ne lui plaisaient pas.
Or ils n’ont pas d’enfant, on ne peut pas les tuer car on ne sait pas s’ils peuvent avoir des
enfants. On en enferme un au palais. Ahmed Ier meurt mais à un fils qui a treize ans (Osman).
On se demande si il va être possible de le laisse régner, il est écarter au profit de Mustafa
(l’emprisonné) or il est fou et est destitué. Finalement on met Osman sur le trône. Dès lors on
décide de juste les enfermer au palais mais de plus les tuer.

B) L’apprentissage du métier :

On les écarte du pouvoir dans un lieu reculé, administrait une mini province, mini armée… si
on laissait les frères du sultan vivre, ils auraient eu des soutiens pour des guerres civiles.
Quand on les laisse vivre il devient impossible de leur donner un gouvernorat. Le résultat
indirect est l’affaiblissement des sultans. Des gens éduqués au palais au milieu de femmes et
d’eunuques ont-ils une habitude de l’administration. De plus les sultans n’ont plus de clientèle
politique une fois au pouvoir vu qu’ils n’ont rien administré. Va arriver l’ère où on a des
révolutions de palais. Meurtre du sultan parfois. En cas d’échec sa vie est en danger. Dès lors
les administrateurs du palais et les soldats (janissaires) qui vont avoir du pouvoir. Le pouvoir
tient grâce à sa fidélité au sultan. Max Weber dit que l’état ottoman est patrimonial. La
structure tient par en-haut, par une dynastie. L’état ottoman essaye d’intégrer ses provinces
dans une structure forte. Ca fait d’une manière progressive, ainsi quand l’état ottoman veut
renforcer son emprise sur un territoire, il élimine la dynastie locale et place un gouverneur
local. Les souverains ottomans préfèrent prendre leur temps avant de la réformer
administrativement. Maintenir une dynastie locale permet d’éviter les rébellions dans la
province, en général les gens ne se convertissent pas à l’islam quand ils sont encor dirigé par
des chrétiens. La fidélité au sultan ne se fait pas au sultan mais à la dynastie ottomane dans
son ensemble, ca permet donc le renversement des sultans. C’est le souci de l’armée de
maintenir la succession d’Osman. Les institutions ne vont jamais mettre en danger cette
succession. Après l’abrogation de la loi du fratricide on peut revenir sur le choix du sultan
puisqu’il y en a d’autre en puissance. Si l’armée ou la population d’Istanbul est mécontente il
y a des révoltes et le sultan est déposé voir assassiné. Au début du 19ème il est dur de réformer
l’état car ils ont une faible marche de manœuvre. Double légitimité religieuse/militaire. Ca
n’institue pas un pouvoir absolu. Il ne peut faire ce qu’il veut. Le sultan ottoman est le chef
suprême des armées et à ce titre la gloire lui retombe dessus. C’est pour ca qu’ils se font tous
appeler Ghazi. Les empereurs accueillent les intellectuels ; les représentant de l’humanisme
renaissant qui tireront l’idée du pouvoir universel. Ca influe sur la cour de Soliman.
Légitimité religieuse : elle s’étend au gré des conquêtes. A terme ils veulent la domination sur
la chrétienté. C’est un vieil objectif islamique. Les sultans se proclament aussi comme
défenseurs de l’orthodoxie sunnite. En prenant la Mecque les sultans prennent la
responsabilité devant les musulmans du monde entier, faire en sorte que le pèlerinage se passe
bien. Deux caravanes sur lesquelles il faudra veiller. En outre la prise du Caire à permis de
récupérer les dernières reliques : sabre du prophète, poils de barbe… les sultans ottomans se
veulent « roi des rois de l’Islam ». Ils ne peuvent pas changer la loi islamique et doivent s’y
tenir. Quand ils sont écartent ca fait scandale.

C) Un sultan modèle : Soliman le Magnifique ou le législateur :

1) La signature d’un sultan :

En quoi il a représenté un modèle ? Son vrai nom est Süleyman. Tugra ou signature non-
anodine. Elle est très calligraphiée, quasi-sacralisée. Signer est un acte exceptionnel, les gens
préfèrent sceller. Dans le monde musulman, on ne signe jamais, sauf les sultans et princes
héritiers. Ca donne une aura au document. Chaque sultan a sa tugra. Le prénom change, on
donne des précisions généalogiques, le reste reste fixe. Elle dit Süleyman Sah Han, fils de
Selim Sah, toujours victorieux. Le terme de Sah (avec une cédille au S) est un mot perse, ca
insinue un prince hors du commun. Ce mot peut aussi désigner les princes héritiers. Le terme
de Han est mongol, qui vue dire le souverain de exercice. Le sens de ce toujours victorieux
insinue l’idée que Dieu le rend toujours victorieux. Document qui date de 1556, écris à l’encre
rehaussé d’or, le grand vizir de l’époque est Rüstem Pasa. Il est une un puissant ministre que
son puissant sultan veut récompenser. Il lui donne des très nombreuses terres dans les Balkans
et ce document est l’attestation.

2) La titulature de Soliman :

Il veut être un empereur universel. C’est la manière dont on le désigne. Les titulatures renvoi
à la continuité dynastiques et ses titres, ainsi on retrouve des fois le titre de Ghazi. Il parle des
conquêtes de ses prédécesseurs et des siennes qu’il grossit. Ca veut surtout montrer à quel
point la conquête est irrésistible. Il est le roi des rois de la mer méditerranée et noire. Qui sont
ses adversaires ? Les Habsbourg d’Espagne et d’Autriche (Charles Quint). Les Habsbourg ont
eux aussi des ambitions sur l’Afrique du nord. Eux aussi sont des souverains universels. On
est dans un âge de souveraineté universaliste. Ca vient de l’Italie de la renaissance, les
humanistes de la renaissance vont donc mettre en avant comme forme de politique l’empire
d’un sur les autres pays. Soliman emprunte sa vision de pouvoir de la chrétienté. On n’est pas
dans un univers clôt. Les conquêtes de Soliman ne sont pas rapides du tout par rapport aux
mongols qui en 50 ans ont conquit le monde. Les ottomans sous Soliman ont conquis le
Yémen, et deux trois bouts de différends royaumes. Ce n’est pas fulgurant. Pourquoi
faisaient-ils peur ? Car ils sont au contact direct de la chrétienté.

3) Un sultan bâtisseur :

La population a été multipliée par deux ou trois et les constructions sont donc très utilitaires.
Il fait bâtir massivement aussi bien des bâtiments publics que des mosquées. Le règne de
Soliman se voit à Istanbul. Sa puissance croissante est bien plus grande que la vraie Byzance.
Il va créer des nouveaux bâtiments qui vont servir de pole de réorganisation et autour de
Sainte Sophie. Mosquée bleue. Longue mosquée, juste à coté de Sainte Sophie. C’est une
prouesse architecturale. C’est une mosquée en coupole encastrée. Cette vague des mosquées
est due à l’architecte phare de Soliman, Sinan Pasa. C’est lui qui donne un style à part. il va
aussi construire un complexe universitaire qui va former les élites. Les hommes importants
sont eux-aussi appelés à participer à la grandeur de la ville en finançant des bâtiments. Tous
les arts vont être mobilisés. Les villes industrielles vont être aussi appelées à aider. Ainsi ces
constructions donnent du travail et contribuent au rayonnement ottoman. A Jérusalem
Soliman finance la reconstruction des murailles. En fait il investie pas seul, une de ses
concubines va payer des asiles pour pauvres, la Hasseki Sultan. Il ne s’agit pas redistribuer les
biens publics mais de faire fonctionner les institutions.

D) Le palais de Topkapi, centre du pouvoir politique :

1) Un centre de pouvoir :

Le gouvernement doit avoir le meilleur si les hommes politique mènent la politique dans la
meilleure façon. Ainsi on ne sépare pas la vie privée et publique. Il est ainsi chez les
musulmans. Le sultan reste le sultan, dans ses appartements ou dans l’exercice du pouvoir. Il
est construit en 1460 par Mehmet II qui veut un lieu sûr, un promontoire bien placé dans la
ville. Constitution en cours, dont l’entrée est près de sainte Sophie. L’organisation de l’espace
traduit la toute puissance.

2) Un sultan inaccessible :

Chaque cour est plus privée que la précédente. Plusieurs pièces publiques, le Birun et le
Selamlik et une autre partie accessible uniquement par le sultan, le enderun comme le harem,
femmes confinées avec sous leurs ordres des eunuques. Le palais est gardé par des soldats
stationnés dans la première cour. Dans la deuxième on retrouve les services administratifs et
le gouvernement. Enfin dans la derrière cour, on a les audiences accordées par le sultan. Dans
cette chambre d’audience on ne voit rien de ce qui se passe dans la troisième cour.

3) Un palais organisé conformément à l’Islam :

On y retrouve de nombreux symboles, il est régit par des règles de vie. On y respecte la
tradition de séparé les hommes des femmes. Sauf les femmes de leurs époux et les enfants.
C’est le lieu de vie des princes héritiers qu’on laisse survire et le lieu de vie des épouses et des
concubines. On attend des femmes la survie de la dynastie. Il s’y exerce des luttes de pouvoirs
pour la sauvegarde de la dynastie. Le harem est un lieu où on est en concurrence pour place
telle personne dans le lit du sultan si elle est fertile. Ca devient donc un lieu de haute
politique. Les eunuques sont donc des hommes politiques et des administrateurs de premier
plan.

4) Le centre de l’administration de l’Empire :

Soldats chargés de garer le sultan, des jardiniers comptables, administration de l’état près du
sultan se retrouvent au palais. Des services privés du sultan interviennent parfois dans la
politique administrative. Le service privé est un des moyens d’arriver à la haute
administration. On y trouve ainsi le siège du gouvernement le Divan. A partir du 18ème il
devient la Porte car iil se tenait là où le vizir habitait, à la Sublime Porte. « Garçon de
l’intérieur » qui gère le service du sultan. Pourquoi opérer un ramassage des enfants chrétiens
pour en faire des cadres ? C’est pour avoir des gens fidèles sur place. On les a coupés de tous
liens avec leur famille. Leur conversion à fait d’eux des traitres au point des vue des gens de
leur origine. Ils ont été coupés de tout et le sultan leur promet une belle carrière donc ils lui
sont dévouée.

2) L’instrument de puissance : l’Armée :


A) Une armée encadrée et fidélisée :
Un de ses atouts est que c’est une armée spécialisée. Dès le 14ème siècle ca joue pour l’armée
ottomane. Ca lui permet de mener des vagues d’attaques successives. Chaque arme est
spécialisée. Les Sipahi, cavaliers lourdement armés, les plus prestigieux de l’armée,
l’infanterie était constitué de troupes de choc, les janissaires. Ils bénéficient aussi d’une
artillerie efficace, la flotte est importante car elle est spécialisée dans la course (vol de navire
de commerce), c’est légal à l’époque. La course ottomane stationnée en Afrique du nord grâce
aux butins récupère des marins chevronnés. Les unités spéciales, les artisans qui voyagent
avec les armées, ils réparent ou fabriquent les armes. Ils fournissent aussi les sapeurs. C’est
tout ca qui assure la suite des conquêtes. Dans la sociologie militaire on a une différence entre
l’armée de province et celle d’Istanbul. Dans cette ville les soldats sont appelés les « esclaves
de la Porte ». Ce sont les meilleures troupes de l’armée.

1) Les esclaves de la Porte :

Ils se composent des janissaires dans leur majeure partie, une partie de la cavalerie qui est
aussi l’élite de la cavalerie, et aussi un corps d’artillerie très organisé dont on trouve leur
propre arsenal à Istanbul.

2) Les forces provinciales :

Chargées de défendre les provinces. On trouve des sipahis, des coursiers ou cavaliers légers
(akinci), spécialisés dans les raids et les éclairages. Payés sur la base du butin. Ils ont donc
tout intérêt à une politique belliqueuse. Dans les autres provinces (Syrie et Egypte), des
troupes protègent les caravanes pour la Mecque. Le climat est dur une foi arrivé en Arabie,
l’assistance militaire ne suffit plus et le sultan paye des tributs d’Arabie pour qu’il protège la
caravane et ne l’attaque pas.

3) Les fondements financiers du système : butin et timar :

Pour assurer la survie de l’armée, il y a le butin prélevé lors des conquêtes et le timar. Il est
légal de prendre les biens d’un ennemies qui ne c’est pas rendu. Les soldats ont donc intérêt à
la conquête mais aussi l’état car il touche 1/5ème du butin. D’où l’intérêt d’aller dans l’armée.
Or ils vont aussi financer les soldats pour les rendre fidèles. On cède des biens à un soldat, un
terrain, pas vraiment le terrain mais les taxes qu’il a dessus et à lui de se débrouiller pour
obtenir des bénéfices. Il assure son propre revenu régulier. Il y a un cercle vertueux, le timar
assure l’amélioration des terres qui permettent au possesseur de s’enrichir. Les soldats ont bon
espoir d’avoir un timar à leur retraite. Elle est des moins en moins multiconfessionnelle. Au
XIXème elle est entièrement musulmane.

B) Un corps d’élite, les janissaires :

Ils sont issus du ramassage. On impose aux garçons d’intérieurs ou au janissaire le même
traitement. Rafle annuelle, qui a lieu dans les Balkan et le caucase, les enfants raflés sont
convertis de force, les uns sont les garçons de l’intérieur et les autres les janissaires. Ils sont
envoyés dans des villages austères et rudes et sont soumis à un régime extrêmement rude. Une
bonne partie en meurt. Les autres deviennent forts comme des turcs. Fidélité absolue t
obéissance absolu, ils doivent tout au sultan. Il y a un esprit de corps très fort. Le symbole
premier et la marmite. Ils se nourrissent eux-mêmes avec la nourriture du sultan, chaque
régiment a sa marmite et le cuistot est le chef de troupes. Ils ont leur propre imam. Ils
appartiennent à un ordre hétérodoxe, mystique, complètement toléré et surveillé par les
sultans, c’est l’ordre des begtasi. C’est le corps le plus religieux. Les militaires ottomans
peuvent faire et défaites les sultans. Ils exercent aussi l’autorité dans les provinces. A la fin de
la loi du fratricide, l’armée sert de contre-pouvoir politique au sultan. Ils ont brisé un tabou en
tuant de nombreux sultans. Le massacre d’Osman II est un bouleversement car à partir de là le
sultan est mortel et donc on peut l’exécuter. Quand ils sont en rébellion ils renversent la
marmite et ne reçoivent plus rien et donc ne doivent plus rien au sultan. C’est un signe de
révolte. Le timar n’est pas héréditaire mais en pratique le timar va devenir héréditaire t
certaines familles vont garder le contrôle des terres tout en restant dans l’armée. Les
bénéficiaires le plus importants vont donc devenir des propriétaires terriens important car ils
récupèrent de plus en plus de terre et par là, ils acquièrent une mainmise sur les terres et
former des dynasties locales. Ils prêtent de l’argent mais aussi lèvent des petites armées.
Napoléon va se heurter aux petites armées lors de sa conquête de la Syrie.

3) Des institutions étatiques structurées par l’islam :

A) Le gouvernement :

Le vizirat et la Sublime Porte. C’est la salle de conseil où se réunit tout le gouvernement.


C’est aussi l’endroit des archives du gouvernement. Sous les ordres du sultan le
gouvernement est le conseil impérial. Il se réunit régulièrement, 4 matinées par semaine dans
une partie du palais qui lui ai attribuée. A partir du milieu du XIXème on désigne par Sublime
Porte le lieu de résidence du grand vizir hors du palais de Topkapi. Le sultan perd ainsi du
pouvoir. On y discute des affaires publics de l’empire et on y reçoit les ambassadeurs ce qui
explique la présence de traducteurs. Le sultan n’y assiste pas. S’il voulait assister à la
discussion du Divan le sultan se plaçait au dessus, dans une salle grillagée mais ne participait
pas. La reprise du pouvoir par le sultan aura pour effet une restructuration. On a le grand vizir
qui dirige la politique de l’état, il est révocable et a des pouvoirs étendus, il dirige tout
l’administration civile mais pas le religieux et le militaire. En tant de guerre il a des pouvoirs
d’exception. Il a en outre la responsabilité de l’ordre civil ; C’est lui qui écrase les émeutes et
les révolutions, en revanche il n’a pas le droit d’engager un centime sans l’avis d’un
contrôleur des finances. Souvent les émeutes aboutissent au renvoi du grand vizir où à son
exécution. Ca évite ainsi au sultan de se faire tuer. Seul 12% des vizirs sont exécutés. Au
XVII et XVIII on une grande rapidité de rotation des vizirs.

B) La composition du divan :

Vizirs de la coupole = ministres. Deux defterdar (contrôleur des finances), kadiasker (dirige
l’administration judiciaire et religieuse), c’est l’institution suprême judiciaire et religieux, on
nommera par la suite le « seyh ül-islam » ou autrement dit, le plus éminent de l’islam, il est
grand mufti d’Istanbul, mais il n’assiste pas aux réunions du divan. Après chaque réunion le
grand vizir se rend chez lui et lui fait un contre-rendu. Il y a aussi le chef de la chancellerie,
c’est lui qui dirige l’ensemble des bureaux. D’une part se sont ces bureaux qui rendent public
ces édits impériaux. Cette chancellerie peut aussi adresser des actes à des particuliers. On
retrouve aussi l’agha des janissaires. Deux personnalités sont parfois présents, le kapudan
pasa ou amiral en chef et le gouverneur de Roumélie.

B) L’administration de l’Empire :

1) La haute administration :
Elle est islamisée, on y trouve les eunuques, les mamelouks, les oulémas. Les eunuques sont
les seuls hommes à vivre dans l’entourage du sultan et au harem. Saisis et castrés au Soudain
ou dans le Caucase. Se sont des serviteurs, dont on attend la plus haute fidélité. Leur pouvoir
est spécial. Ils ont directement accès au sultan et lui doivent tout, ils sont ainsi des
fonctionnaires qui peuvent contrecarrer les lois. Les mamelouks sont aussi des enfants
ramassés. Les garçons de l’intérieur et les janissaires. Ils sont normalement très fidèles au
sultan ce qui leur permet de faire de grande carrière, certains devienne vizir ou grand vizir ou
d’autre sont gouverneur de province. Les mamelouks des provinces vont tendre à gouverner
de manières autonomes, au XVIIIème le pouvoir central contrôle moins le pouvoir des
provinces. Les mamelouks deviennent virtuellement indépendants. En Afrique du nord, on a
des dynasties mameloukes qui s’établissent. En Egypte on a une quasi indépendance et va
mener une politique de conquête au sein même de l’empire. Les ottomans ne parviendront pas
à les éliminer. C’est peu après la campagne d’Egypte que ce pays acquiert son indépendance.
Les oulémas, se sont des gens qualifiés, ils ont suivi une formation complexe et font carrière
au palais ou à Istanbul. Ils s’opposent aux oulémas de province. Dans les provinces on a deux
types d’oulémas. C’est le juge en titre pour chaque ville, ils se déplacent de ville en ville.
Comme il ne reste qu’un an en poste il ne peuvent pas comprendre ce qui se passe au tribunal.
Il faut que des oulémas locaux soient là pour administrer la justice. Connaissances des
sciences islamiques. Dans l’empire ottoman ils ont deux responsabilités principales, la
première c’est de connaitre et transmettre les sciences islamiques (Coran, théologie, hadith,
les manières correctes de réciter le coran et aussi la jurisprudence islamique ou fiqh) la loi
islamique est la charia. Dans la charia il y a des lois de base tirées de principes islamiques. On
dit ce qui est juste et ce qu’il ne l’est pas. Les oulémas connaissent le fiqh et l’appliquent. Ils
sont la colonne vertébrale du système judiciaire de l’empire. Ce sont eux qui rendent justice.
La charia est donc la loi de l’empire ottoman. Tout le monde est rattaché à une autorité
religieuse, donc toutes les communautés ont leurs corps de loi sauf les sectes musulmanes non
sunnite, en revanche la loi islamique fait quand même autorité. On peut donc se pourvoir
auprès des musulmans contre une décision de sa propre communauté. Ceux qui s’occupent de
la loi sont les muftis et les cadis. Ce dernier est le juge ouléma qui va de ville en ville. Le cadi
dépend des oulémas et des cadis locaux. Promulgue les édits sultaniens et sert de contrôleur
de la justice. L’administration est islamisée et la justice aussi. Mais ni la justice ni
l’administration n’est pas un domaine spécifiquement musulman. L’état contrôle dans les
villes le bon fonctionnement des marchés. Cette tache est celle d’un fonctionnaire, le
muhtasib, sa mission est de vérifier les poids sur le marché. Il est censé contrôler la qualité
des produits, il est censé vérifier que les artisans fassent correctement leur métier. Il a tout un
ensemble de manuels qui disent ce qu’il faut faire et ne pas faire. Ce sont des manuels de
hisbah. Fait d’appliquer une injonction coranique. Ca consiste à promouvoir une réforme des
mœurs. L’application de la charia est la principale devise du sultan jusqu’à la Turquie. La
guerre avec la Russie prend l’état ottoman au dépourvue et révèle des disfonctionnement. Ca
va donc faire une réorganisation de l’armée.

IV) Les structures socio-économiques de l’Empire :


Dans quelle mesure l’économie ottomane a fonctionné sur elle-même, important peu et
exportant peu. L’empire est divers. Ca ne traduit pas un isolement des communautés en petits
segments séparés comme une mosaïque.

I) Une économie monde ?


C’est la thèse de l’intégration. Ca s’oppose au capitalisme des pays du nord. Recensements
très précis.

A) Les ressources économiques de l’Empire ottoman :

1) Une économie agraire :

On ne peut pas vraiment savoir quelle est la population. 60% vit dans les campagnes, les
productions spécialisées sont celle du monde méditerranéen comme le blé, la vigne et l’olivier
avec des variantes variable. En Syrie et en Arabie on a peu de blé, le grenier à blé de ces
régions est l’Egypte. En Syrie on a l’élevage, du mouton, dans les Balkan, du porc…

2) mais où l’on valorise es activités de transformation et les échanges :

Les paysans font ce qu’ils veulent en échange de l’impôt. Ces terres sont propriétés du sultan,
s’ils ne les cultivent pas elles retombent à l’état qui le donne à qui veux.