RICCARDO PETRELLA

Observe les documents et déduis trois thèmes centraux de la pensée de Riccardo Petrella :

Pilar CARILLA

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Qu'est-ce que le bien commun ? C'est l'état d'une société qui, sur le plan des principes, des institutions, des moyens, fait en sorte que chacun de ses sociétaires ait un accès individuel et collectif au droit à la vie, à l'existence, au logement, à la santé, à l'eau potable, etc.

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Quatre phénomènes majeurs sont intervenus et ont modifié considérablement notre façon de voir la vie et la manière par laquelle nous organisons cette vie. marchandisation de la vie : au fond, tout est devenu marchandise, même nos gènes peuvent être mis en marché !

"La

"La technologisation : Mon élément de comparaison, pour savoir si je

suis important pour la production et les biens, c'est la technologie. S'il n'y a aucune technologie qui me remplace, j'ai de la valeur. Dès que ce que je fais peut être remplacé par la technologie, je suis rejeté. valeurs monétaires et la financialisation c'est la valeur du capital financier qui grandit, indépendamment de ce que représente cette valeur financière pour la création des richesses. Or, la réalité de la " boule financière " des États-Unis gonfle depuis 20 ans et n'est pas proportionnelle à la " nacelle " de son économie. La politique devient une politique de gestion. : nous sommes devenus une société qui survit en compétition, via son portefeuille. Chacun doit penser à lui-même, à sa marchandise, sa technologie, sa finance, sa survie. Et dans cet individualisme, on a tout privatisé. Le jour où on a tout privatisé : l'éducation, le transport, les chemins de fer, les avions, l'électricité, le gaz, l'eau, qu'est-ce qui nous reste en commun ? Et si l'on n'a rien en commun, pourquoi vit-on en commun ?

"La financialisation : tout, effectivement, doit être exprimé par des

" L'individualisme

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L'eau est un véritable enjeu socio-économique. Celle-ci ne semble pas manquer, mais fait pourtant cruellement défaut dans certaines régions du globe. Bien que la quantité d'eau consommable soit suffisante pour répondre aux différents besoins des 6,5 milliards d'êtres humains peuplant notre planète, la répartition de cette denrée est plus qu'inégale entre les différentes populations. Quels sont, dès lors, les obstacles qui contrecarrent une distribution égale de ce bien fondamental? Plusieurs paramètres entrent en ligne de compte: les formes de traitement (pompage, filtrage, dessalement,...) dont les coûts d'installation et

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RICCARDO PETRELLA d'exploitation, trop onéreux, ne peuvent être assumés par certaines nations en voie de développement. Le danger est que l'eau, ressource vitale, devienne un produit de consommation banalisé strictement dépendant la loi de l'offre et de la demande, un peu à l'instar du pétrole qui, lui, n'est en rien indispensable pour survivre (au sens littéral du terme). L'accès à l'eau fait donc partie intégrante des droits élémentaires dont l'homme doit disposer prioritairement et il est triste de constater que tel n'est pas le cas. C'est pour cette raison qu'il est indispensable que l'eau soit gérée à l'échelon international, avec des lois et des réglementations bien précises. Nous pourrions, par exemple, imaginer que chaque Etat ait des comptes à rendre à une institution comme l'Organisation des Nations unies, l'Organisation mondiale du commerce ou l'Organisation mondiale de la santé. Dans le cas contraire, les disparités continueront à croître, un malaise qui risque de mener également à divers conflits politiques pouvant dégénérer dans les cas extrêmes en conflits armés. C'est une réalité: la consommation d'eau douce s'est accrue proportionnellement à la forte augmentation de la démographie. Les réserves d'eau souterraines tendent à s'épuiser au fil du temps. Dès lors, le risque existe d'assister à une escalade des conflits d'intérêt entre zones urbaines et industrialisées d'une part, et régions rurales d'autre part; lesquelles utilisent la plus grande partie de l'eau disponible pour la production des denrées alimentaires. Ce conflit, s'il venait à se profiler, opposerait également les pays nantis et les pays défavorisés. En outre, le réchauffement climatique n'est pas un facteur négligeable dans la problématique de l'eau. La fonte des calottes glacières, grandes réserves d'eau douce de la planète, et la déforestation ont une incidence directe sur la raréfaction de l'eau potable, ce qui hypothèque encore davantage l'avenir. D'autre part, certains pays détenteurs de ressources aquifères détiennent de la sorte un pouvoir. Au besoin, ceux-ci pourraient être tentés de s'en servir comme moyen de pression, de chantage, sur d'autres pays dont l'accès à l'eau est limité. Cela s'est déjà vu, notamment durant le conflit opposant l'Irak aux Etats-Unis. Ces derniers avaient intimé l'ordre à l'Etat turc de priver l'Irak d'eau potable. Les dirigeants turcs avaient, pour des raisons d'éthique, rejeté cette requête. L'eau sera-t-elle la cause des conflits futurs à l'instar du pétrole, ou au contraire une source de coopération et de solidarité entre les peuples? La question reste entière...

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Ricardo Petrella affirme que notre système économique, de même que nos choix politiques «sont profondément inspirés» par l'idée que l'appauvrissement du plus grand nombre est inévitable. Selon l'intellectuel de «gauche», cette idée est véhiculée par le discours dominant, qu'il appelle la «théologie capitaliste universelle», un discours basé sur la foi dans la technologie, la confiance dans le capitalisme et l'idée selon laquelle le changement est devenu impossible dans le monde complexe qui est le nôtre. Ce discours est selon lui truffé de contradictions: «Les classes dirigeantes parlent de paix, mais elles font la guerre; de justice, mais elles pratiquent l'exclusion; de créativité, mais elles excluent tous ceux qui ne créent pas de richesse financière; d'amitié, mais elles mettent en place des conditions qui suscitent les oppositions; de qualité de vie tout en acceptant que 2,6 milliards de personnes vivent sans latrines», dit-il. Hypocrisie? Petrella va plus loin, parlant de «trahison» et d'«indignité»: «J'utilise le mot trahison par rapport à tous les idéaux constitutionnels de nos sociétés. Toutes les constitutions expriment des principes fondamentaux, des droits. Or les classes dirigeantes trahissent leur responsabilité de servir le peuple parce qu'elles sont dans une logique de renforcement oligarchique.» À cette «théologie», l'économiste et sociologue oppose un discours qui reste à définir, mais qui serait basé sur des principes plus inclusifs. C'est le sujet de son dernier ouvrage : Pour une nouvelle narration du monde. «Dans le passé, les classes dirigeantes au pouvoir dans le monde occidental disaient vouloir aider les pauvres. Aujourd'hui, au contraire, on dit: je veux éliminer la pauvreté, je veux en éradiquer les causes. Puis on ne fait que créer les conditions pour que l'appauvrissement du plus grand nombre soit la condition nécessaire à l'enrichissement des peuples, poursuit-il. Les rapports fondés sur la puissance et l'exclusion s'exercent, selon lui, aussi bien à l'intérieur des sociétés nationales qu'au niveau des relations internationales.

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Docteur en Sciences Politiques et Sociales (spécialisation en économie politique) de l’Université de Florence, en Italie, Riccardo Petrella est professeur à l’Académie d’Architecture de l’Université Suisse italienne où il enseigne «l’écologie humaine ». Par ailleurs, il est professeur émerite de l'Université Catholique de Louvain en Belgique. Fondateur et Secrétaire général du Comité International pour le Contrat Mondial de l'Eau, il préside l'Acquedotto Pugliese, la Société de gestion de l'eau des Pouilles, dans le sud de l'Italie. Docteur honoris causa de l'Université d'Umeå (Suède), des Facultés Polytechniques de Mons (Belgique), de l'Université de Roskilde (Danemark), de l'Université du Québec à Montréal (Canada), de l'Université Catholique de Bruxelles (Belgique), de l'Institut Polytechnique de Grenoble (France), Riccardo Petrella demeure un intellectuel qui milite activement au sein de la société civile. Il a débuté sa carrière à Rome en 1965 en tant qu’assistant du Secrétaire Général du Comité pour le Développement des Sciences Sociales en Italie. En 1967, il travaille à Vienne (Autriche) au Centre européen de Recherches en Sciences Sociales de l’UNESCO dont il sera nommé Directeur en 1970. Ses champs de recherche sont le développement régional, l’innovation technologique, la recherche comparative transnationale. En 1978, il rejoint la Commission des Communautés européennes dans le cadre du Programme FAST (Forecasting and Assessment in Science and Technology). Il dirigera ce programme jusqu’en 1994. Conseiller à la Commission européenne en matière de politique de la science et de la technologie entre 1997 et décembre 2003, Il fonde à la même époque le Groupe de Lisbonne, auteur d’un ouvrage Limites à la Compétitivité (disponible en 12 langues, y compris le coréen et le chinois). Il a été aussi le fondateur en 1992 et premier secrétaire général de la European Interuniversity Association for Education on Society, Science and Technology (connue en tant que ESST) regroupant 15 universités européennes.

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RICCARDO PETRELLA ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! Professeur émérite : Dans le domaine de l'enseignement supérieur, l'éméritat est un titre honorifique accordé à certains professeurs admis à faire valoir leur droit à la retraite. Décerné en considération des travaux et des services rendus, ce titre permet également à son bénéficiaire de continuer à exercer quelques activités universitaires ou scientifiques, en particulier en ce qui concerne l'encadrement de doctorants. Docteur Honoris causa : Docteur Honoris causa (du latin causa, qui exprime le but, précédé du génitif de honor, honoris, l'honneur) est une expression signifiant aujourd'hui « honorifique » abrégée en h.c.. Elle est surtout utilisée pour des titres de docteurs décernés à titre honorifique d'où l'expression docteur honoris causa. Le Contrat Mondial de l’eau : Le contrat mondial de l'eau se fonde sur la reconnaissance de l'eau en tant que bien vital patrimonial commun mondial. L'eau n'est pas une ressource naturelle comme les autres. Elle est une ressource irremplaçable, non-substituable, ce qui en fait plus qu'une ressource, c'est-àdire un bien vital pour tout être vivant et l'ensemble de l'écosystème Terre. Tout être humain a le droit, individuellement et collectivement, d'avoir accès au bien vital. L'accès à l'eau et l'obligation de sa conservation pour la survie appartiennent à l'humanité, collectivement; ils ne sauraient pas faire l'objet d'une appropriation individuelle privée UNESCO : L’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) est née le 16 novembre 1945. Pour cette agence spécialisée des Nations Unies, le plus important n'est pas de construire des salles de classe dans des pays dévastés ou de restaurer des sites du Patrimoine mondial. L'objectif que s'est fixé l'Organisation est vaste et ambitieux : construire la paix dans l'esprit des hommes à travers l’éducation, la science, la culture et la communication. Groupe de Lisbonne : Comment l'Europe, le Japon et les États-Unis peuvent-ils arrêter la course à la guerre technologique, commerciale et financière dans laquelle ils sont de plus en plus engagés sous la houlette d'une compétitivité marchande effrénée pour la conquête du leadership mondial ? Par quels moyens pourront-ils, en revanche, mettre au service des besoins des 8 milliards d'êtres humains qui habiteront la planète en 2010-2020 l'énorme potentiel de créativité et de bien-être matériel et immatériel lié à la science et à la technologie d'aujourd'hui et du XXIe siècle ?

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RICCARDO PETRELLA Un groupe de Japonais, de Nord-Américains et d'Européens occidentaux, appelé le GROUPE DE LISBONNE, s'est constitué fin 1991 pour travailler sur ces questions. ! ! ! ! ! ! ! ! ! !

Identifie les titres de ses conférences :

# La vie n’est pas une marchandise # Pour une mondialisation au service de l’humanité # Les principaux défis économiques de la mondialisation actuelle # Le droit de rêver # La société civile face à l’impérialisme financier # Quelle démocratie dans une société de marché ? # À qui profite le démantèlement de l'État ? # Les pièges de la mondialisation # Économie sociale et mondialisation de l’économie # Les limites à la compétitivité : # Vers un nouveau contrat mondial # Le désarmement financier # Écueils de la mondialisation : # Urgence d’un nouveau contrat social # L’effet de la mondialisation sur notre vie # Mondialisation et droits sociaux # Les dangers de la techno-utopie # Mythe et limite de la concurrence # L’eau : notre bien commun # Refusez l’actuelle mondialisation ! # L’Éducation victime de cinq pièges # Se donner le temps

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http://www.monde-diplomatique.fr/2005/08/PETRELLA/12434 http://www.ledevoir.com/2002/08/31/8072.html Vrai ou Faux ? 1. En 1974, les groupes dominants des pays riches avaient promis d’« éliminer

la pauvreté » en l’an 2000. A cette fin, ils s’étaient engagés à affecter 0,7 % de leur produit intérieur brut (PIB) à l’aide publique au développement

2. Mais la pauvreté n’a pas été éliminée, et elle a même augmenté, notamment
au cours des années 1990.

3. En 2000, sur une population de 6 milliards d’habitants, on en comptait 2,7
milliards vivant au-dessous du seuil de pauvreté, et, parmi eux, 1,3 milliard définis comme « extrêmement pauvres » car disposant de moins d’un dollar par jour.

4. En 2003, le nombre de pauvres a crû de 100 millions, atteignant 2,8
milliards

5. Si l’objectif de 1974 n’a pas été atteint, c’est parce qu’il était irréalisable 6. Les guerres se sont multipliées, au Proche-Orient et en Afrique

notamment. Après le 11-Septembre, selon les dirigeants des pays occidentaux, en premier lieu ceux des Etats-Unis, le monde est entré dans une longue phase de guerre planétaire contre le « terrorisme ». En 20032004, le niveau des dépenses militaires était pratiquement revenu à celui de l’époque de la guerre froide

7. Le seul objectif réaliste, à une échéance opérationnelle – l’année 2015 –,

est la réduction de moitié du nombre de personnes « extrêmement pauvres »

8. Les citoyens du Canada et des États-Unis consomment en moyenne 600
litres par jour contre 200 litres en Europe. Dans quelque 50 pays, les gens se contentent de 30 litres d'eau par jour alors que le minimum vital est établi à 50 litres.

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9. Entre 1,5 à 1,7 milliard de personnes n'ont aucun accès à l'eau. Plus de

trois milliards de gens utilisent une eau non traitée; ce qui provoquerait la mort de 30 personnes par jour. La poursuite de la déforestation, les changements climatiques et l'intensification des productions agricoles industrielles (qui comptent pour 70 % de la consommation en eau) devraient engendrer d'ici 30 ans de graves pénuries d’eau La financiarisation de l'économie engendre annuellement un produit intérieur brut (PIB) mondial de 45 000 milliards $US. De cette somme, il se dépense 1100 milliards $ par année en armement, 26 milliards $ en cosmétiques et 9 milliards $ en médicaments pour les animaux domestiques.

10.

11.

Repère dans l’ensemble des textes et des articles …

$ Cinq
% % % % %

idées avec les quelles tu es entièrement d’accord :

$ Trois
% % %

idées avec les quelles tu n’es pas d’accord :

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$ Le

sujet qui t’intéresse le plus :

$ Trois

slogans pour une manifestation altermondialiste :

$
% % % % %

Cinq questions à lui poser quand il viendra à Beaumont :

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