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Les Beaux Jours

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« Dans une étendue désertique d'herbe brûlée se dresse un petit mamelon aux pentes douces dans lequel Winnie

est enterrée, d'abord jusqu'au-dessus de la taille. Winnie se souvient qu'en la voyant, un passant s'était demandé : " À quoi ça rime ? ... fourrée jusqu'aux nénés dans le pissenlit... ça signifie quoi ? " Cela rime avec la vie de tout être humain. Cela signifie le courage dont la personne humaine peut se montrer capable. Winnie est pleinement vivante, c'est-à-dire qu'elle endure stoïquement tout ce que vivre implique. Elle est l'incarnation même du courage qu'exige l'inéluctable déroulement de la vie, jour après jour " à perte de passé et d'avenir ". Envers et contre toutes les souffrances et les indignités du délabrement, il émane de Winnie une inébranlable volonté de dignité humaine : " Tiens-toi, Winnie ", se dit-elle, " advienne que pourra, tiens-toi. " Certes, elle aurait tout lieu de sombrer dans des " bouillons de mélancolie ", mais elle s'y refuse farouchement. Puisque vivre c'est continuer encore, autant perdurer " d'un c ur léger ", dignité oblige. Elle s'est ainsi forgé l'art inépuisable de trouver dans la moindre babiole, dans l'événement le plus minime, une source de pétulant intérêt et de vif plaisir : " Ça que je trouve si merveilleux " ne cessera-t-elle de s'exclamer. L'apparente frivolité de son discours est, comme l'humour, la chatoyante politesse du désespoir. " Oh le beau jour encore que ça aura été... Encore un... Après tout. " L'humour de Samuel Beckett ne verse jamais dans l'amère dérision. Oh les beaux jours est une uvre infiniment tonique, puissante, tout à la fois drolatique et profondément bouleversante. » « La chose la plus terrible qui puisse arriver serait de n être jamais autorisé à dormir ( ) comme si au moment où vous êtes en train de vous assoupir, un grand dring vous obligeait à rester éveillé. Il n y a pas un pouce d ombre, rien que cette sonnerie qui réveille tout le temps. J ai pensé qu il n y avait qu une femme pour affronter cette situation et sombrer en chantant », commentait Samuel Beckett. sa passion pour le silence. Pas l idéal pour une conversation à bâtons rompus. Plus je le lis, mieux je me console de ne rien comprendre au monde". Bien qu absorbée progressivement, elle se sent légère et tente d ignorer son ensablement. Avec une tenace énergie, elle vaque à ses occupations. Elle se prépare, met son chapeau, enlève son chapeau, se brosse les dents, brandit une ombrelle. Elle ouvre un sac et fait l inventaire de ses objets familiers. Avec une innocence juvénile, elle prie, discourt, fredonne, se plaint, se remémore des bribes de souvenirs. Elle a pu marcher, elle a pu séduire, autrefois Winnie s accommode de son malheur avec grâce et joue à s imaginer qu elle vit de beaux jours. Il y a, dans cette situation si atrophiée, une cocasserie et un optimisme immenses. Formidables, les ressources que trouve l être humain pour se faire à tout, habiter l inhabitable, lutter contre l ennui, refuser la mort.

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Ce que j'admire le plus chez Beckett, c'est sa passion pour le silence. Quand je cherche à comprendre pourquoi je ne comprends rien du monde, je lis Beckett et je me console par la conscience, qui est la sienne, de l impossibilité de le comprendre. Oh les beaux joursest une radiographie de notre manière de vivre, de penser, de sentir. Comme toutes les radiographies, cette pièce triste, drôle et tragique à la fois, ne prescrit pas de remède, mais décrit, sans illusions, ce qui est, pour ceux qui veulent savoir. Récemment, j'ai lu les nouvelles de Tchekhov. Entre Beckett et Tchekhov j'avais pensé que Beckett était l'écrivain le plus abstrait et que je préférais l'humanité de Tchekhov. Mais maintenant, j ai lu Oh les beaux joursmaintes et maintes fois. Plus j'avance dans le travail, plus j'avance dans ma compréhension du texte, plus j'ai l'impression que ces genslà Winnie et Willie sont bien réels et que je les connais. Beckett me déséquilibre en poussant toujours plus loin les retranchements de ma conscience, en me faisant comprendre vers quelle fin véritable tendent mes habitudes, mon attitude envers le temps, la mémoire, la connaissance, le passé, l'avenir, le comique et l'espoir. Parfois, je préférerais aller au cinema pour m'échapper. Frederick Wiseman Pour cette femme, prisonnière du temps et de l espace vital, l essentiel est d être encore digne, déterminée à passer encore une heureuse journée malgré son insignifiance Et pour remplir la journée où elle lute stoïquement contre la solitude et la mort, elle instaure un rituel de gestes quotidiens et anodins, catalyseur d un nouveau jour à vivre qui la rassure et la stabilise en dépit de son immobilité «Oh les beauxjours» est une pièce de la maturité : le décor est dépouillé de tout objet, les personnages ont un corps en difficulté. L atmosphère d ensemble semble annoncer la fin du monde, et on y reconnaît la thématique de la menace, de la mort et de la fin du temps. La communication y est difficile, mais nécessaire. La première à New-York reçoit un flot de critiques, mais se maintient grâce au public. importance des didascalies. didascalies, gestes et même souvent des silences avec les nombreux « un temps » qui ponctuent le scénario. Ainsi Willie, son compagnon de vie, bien qu il ne l ui parle pas, est un élément existentiel de Winnie car c est ce qui lui permet de parler, c est lui à qui elle s adresse, lui, qui lui donne l impression d avoir un auditeur attentif ou du moins, qui lui donne l impression de ne pas parler dans le vide. Tout est un moyen pour parler, ou, pour tenter de faire parler Willie, et de créer la discussion, Willie, son compagnon de toujours, n'est pas vraiment l'interlocuteur idéal ; il ne l'écoute jamais, et même dans ses bons jours, il daigne à peine lui faire l'aumône de 2

quelques borborygmes. Le reste du temps, il pionce, se mouche, épluche le journal, examine quelque photo cochonne et rampe jusqu'à une sorte de terrier où parfois il reste coincé. enterrée jusqu'aux nénés, puis jusqu'au cou dans un mamelon de terre aride, elle se trouve une foule d'occupations. Essuyer ses lunettes, se coiffer, se brosser les dents, mettre sa toque, l'enlever, farfouiller dans son cabas pour faire amoureusement l'inventaire des menus objets qu'il contient, tout cela l'aide à "tirer sa journée". Et surtout, pour conjurer l'ennui et la décrépitude qui menacent, pour peupler le vaste désert de son existence, elle se saoule de paroles plus ou moins décousues. Tragédies des existences manquées, des opportunités perdues, les pièces et les romans de Beckett nous montrent des humains semblables à nousmêmes,emmurés dans des prisons consenties, étouffés par la sourdine des habitudes où ils se croient à l'abri des coups du sort, complices de ce destin frileux. "L'optimisme de Oh les beaux jours, dit Peter Brook, (1) n'est pas du courage, n'est pas une vertu ; il n'est que le principe qui rend Winnie aveugle à sa condition. " Et même le langage, qui seul peut nous donner le sentiment d'exister, peut s'avérer n'être qu'un misérable écran de fumée. Chaque jour, nous nous rapprochons tous un peu de notre dernière demeure souterraine ; chaque jour, Winnie s enfonce un peu plus dans le sol. Dans le sac de Winnie, les quelques accessoires que lui concède Beckett (toujours aussi économe de ses moyens), et qu elle retire pour les disposer de temps à autre à ses côtés, suffisent à composer un univers intime à partir de ses lambeaux, arrachés au naufrage d on ne sait quelle histoire

une terrible métaphore du monde". Beckett y transpose en effet sur scène la façon dont les puissances conjurées du chaos, de l agonie ou du néant affectent l existence des hommes dans tous ses aspects. our cela, il met en scène deux personnages sombrant dans une profonde folie et surtout dans un état d enfermement psychologique. Winnie, la femme est à moitié enterrée au milieu d'une « étendue d'herbe brûlée s'enflant au centre en petit mamelon ». Son mari, Willie, est muet. La scène n est donc constituée que d'un monologue de Winnie dans lequel l auteur traite habilement du dépérissement de l être humain. De quelle manière Beckett se sert-il de ce monologue pour suggérer la dégradation de l être en marche vers le néant ? Envers et contre toutes les souffrances et les indignités du délabrement, il émane de Winnie une inébranlable volonté de dignité humaine : " Tiens-toi, Winnie ", se dit-elle, " advienne que pourra, tiens-toi. " Certes, elle aurait tout lieu de sombrer dans des " bouillons de mélancolie ", mais

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elle s'y refuse farouchement. Puisque vivre c'est continuer encore, autant perdurer " d'un c ur léger ", dignité oblige. Elle s'est ainsi forgé l'art inépuisable de trouver dans la moindre babiole, dans l'événement le plus minime, une source de pétulant intérêt et de vif plaisir : " Ça que je trouve si merveilleux " ne cessera-t-elle de s'exclamer. L'apparente frivolité de son discours est, comme l'humour, la chatoyante politesse du désespoir. " Oh le beau jour encore que ça aura été... Encore un... Après tout. " Cette dualité de l' uvre pose la question essentielle de la condition humaine, que Beckett a choisi de mettre en scène sous une forme double pour interpeller le spectateur et le mettre face à un questionnement fondamentale sur son existence. Il s'agira donc de se demander comment, à travers le comique gestuel et verbal de la pièce, le spectateur bascule d'une angoisse existentielle digne de celle des Pensées de Pascal à une vision becket¬tienne de la vie qui, malgré son optimisme aveugle, tend vers un humanisme insoupçonné. Beckett va descartando lo anecdótico y lo particular, para llegar a lo esencial, louniversal. evidencian la aversión quetiene Beckett por toda clase de explicitaciones realistas

En Días felices (1961), por ejemplo, Winnie se queja permanentemente de que lo que está sucediendo le ha sucedido antes. Uno percibe esa queja como el anuncio del destino que le espera en el segundo acto, cuando el montículo de arena que le cubría hasta la cintura en el primero, le llega ahora al cuello, y ya no puede cubrirse con el parasol ni suicidarse con el revólver que yacen a su lado. Beckett es uno de los grandes representantes del pesimismo literario, de la visión absurda de la existencia . En una de sus cartas proclamaba: "Si pesimismo es un juicio en el sentido de que el mal sobrepasa al bien, n o se me puede acusar de pesimista ya que no tengo ni deseos ni competencia para juzgar. Simplemente he encontrado más de lo uno que de lo otro." El pesimismo como concepción realista de la vida. Si nos ponemos un rato a pensar en los males que pueden acec harnos en cualquier instante y en lo irremediable de nuestro final, estaremos de acuerdo con él. "Los días felices" es una obra teatral angustiosa, concebida para que el espectador se sienta incómodo desde el primer momento con lo que observa en el escenario. Winnie es una mujer enterrada hasta el pecho en un montículo calcinado. Vive en un desierto de calor extremo, sin vida alrededor. Su marido está con ella, oculto en un agujero del que solo puede salir arrastrándose torpemente. No sabemos lo que ha pro ducido esa situación, aunque según las anotaciones de Beckett en las primeras versiones de la obra, parece que ha sido una especie de guerra nuclear, aunque esto en realidad no tiene importancia.

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En todo caso, en esta situación extrema, en la que solo pue de mover los brazos y la cabeza, Winnie procura que sus días transcurran en una plácida felicidad. Para ello oficia algunos rituales cotidianos, como peinarse, mirarse en un pequeño espejo o limpiarse los dientes, de manera pausada, tratando de mantenerse ocupada en el transcurso de las largas horas de que consta el día, siempre agradeciendo el más pequeño detalle que le haga sentir que está viva, hablando sin parar, como alucinada, como si cerrar la boca significara estar muerta. Además de escucharse a sí misma, Winnie necesita sentir que alguien le escucha o que al menos tiene la posibilidad de hacerlo: "Quisiera no saber lo que dijese nada decir, hablar, hablar tan solo; - con palabras vacías de sentido - vaciar el alma. ¿Qué importa el sentido de las cosas si su música oís, y entre los labios - os brotan palabras como flores limpias de fruto?" Su marido Willie parece que hace tiempo que renunció al mundo y solo existe como por inercia, perdida ya gran parte de su humanidad. Cualquier contestación a una pregunta, siempre de manera breve y banal, a veces con meros monosílabos, es celebrada por la protagonista como una confirmación de su felicidad vital. La obra es en realidad un largo monólogo de Willie (uno de los personajes femeninos más difíciles de interpretar en el teatro), con alguna leve réplica de su marido. La protagonista se aferra a la existencia, cualquier excusa es válida para ello, pero la cruda realidad va imponiéndose poco a poco. Beckett no es un moralista y deja que el espectador saqu e sus propias conclusiones, que no van a ser gratas en ningún caso. La lectura de esta obra marca como pocas, pero poder verla representada en el teatro debe ser una experiencia inolvidable. A ver si un día se me presenta la oportunidad...

Andreu Navarra Ordoño El texto titulado El mundo y el pantalón (1) parece desarrollar una serie de ideas sobre el arte, y más concretamente, sobre el pictórico (aunque sus contenidos puedan ser aplicados a cualquier otra actividad creativa). Es muy probable que así sea (de otro modo escribiría muy perdido). Podría tratarse de un ensayo, aunque quizás sea mejor calificarlo de prosa, porque el texto no es, desde luego, un ensayo canónico o habitual. Este es el chiste amargo que lo encabeza: EL CLIENTE: Dios hizo el mundo en seis días, y usted no es capaz de hacerme un pantalón en seis meses. EL SASTRE: Pero señor, mire el mundo y mire su pantalón. A continuación, se desarrolla una especie de letanía gélida, absolutamente desconcertante, que no cesará ya hasta el fin:

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Somos bien poco. Qué tontería las preocupaciones del ejecutante. Samuel Beckett es el artista de la claridad. de períodos. A la verdad cognoscitiva: a nuestras posibilidades reales de percepción. hablemos de otra cosa. El lector de Samuel Beckett tendrá que irse acostumbrando a no analizar. y. un analfabeto que desprecie la cultura. Por qué actuar. hasta tal punto es sabio. Por qué explorar. nos nubla. Una mentira como un templo. Paradójicamente. o no hacer lo otro. por lo que nos situamos lejos de cualquier tipo de juicio absoluto. uno siempre resulta enormemente enriquecidoal leerle. se ha paseado por las fronteras de la nada sin pagar los aranceles que son la muerte. Esa es una de las primeras lecciones del fragmento (con la cabeza aturdida de lo que ha creído entrever). Su nivel nulo de fabulac ión o simpatía. Nos obnubila. vaciar la mente de prejuicios. Pero es falaz afirmar que es imposible comentarle. liberarla del deber de tener que juzgar lo que se ha visto leído. es el escritor de la transparencia. Porque la realidad es un prejuicio.Para empezar. Molesta. Es como descalzarse un pie y mojar su punta en un río. es a la fuerza un absoluto. a operar entre la nada. a quien se h a intentado aleccionar mediante toda una literatura de la recepción de obras de arte. y a la vez fría como el hielo. en una corriente inexorable. Porque leer a Beckett puede ser asomarse a la desnudez más absoluta. Lo asombroso es que no nos lo esté diciendo un nihilista. a la vez. Y esta corriente (luego descubriremos que de cristales rotos) es lo más parecido a la verdad. de los que realmente nos complican nuestra vida haciéndola más placentera. y que de vez en cuando cree adivinar lo que ama. y se ha acercado a la extinción. De cualquier modo. El aficionado. Lo prueba el hecho de que nos lo esté diciendo alguien que ha realizado todo esto. Tenemos que atrevernos a mojarnos en su río. que nuestra iconografía de tres al cuarto ha cebado de fechas. entre un gouache y una acuarela. de influencias. al lado de las angustias del aficionado. y que sabe distinguir. de lo que solemos obviar gracias a nuestros prejuicios. tal y como sueñan lo s pintores. en segundo. por lo que pasó. Sus textos son. seguir dudando. la de nosotros como lectores de él. con la cabeza aturdida por lo que ha creído entrever. comprendido. a no comprender. Hemos de partir de cero. que llega agitando los brazos y se marcha agitando los brazos. seguir preguntándonos. en primer lugar. o reabsorbidas por elecciones que no se ocupan de ellas. malas esculturas y obras de mérito. De lo que se nos informa es de lo que no solemos hacer. de escuelas. no solo en este texto sino en el conjunto de su obra: no tenemos por qué juzgar. de lo más comprensible. indigestarse y dejar el libro a la primera línea. Esto es lo que nos fascina del autor. Pues el pobre se imagina que nada de lo que es pintura debe serle extraño. No hay nada. como muchos de sus mutilados. más rabiosamente 6 . cree entrever. y lo demuestra el fragmento que hemos citado. Dudas de aficionado. Esta es la propuesta de Beckett. No pasa nada. despiadada. Lo asombroso es que no se nos esté diciendo debéis hacer esto. o bien marearse y tener que irse a tomar un analgésico. sino uno de los hombres más leídos. Lo que pasa es que nuestra realidad. Partir de cero significa. caídas en el olvido. manteniendo el espíritu abierto. ha conducido estas preguntas hasta sus límites. Porque cualquier juicio que pretenda ser coherente. más profundos. claro está. y bucear en él como lo haríamos en la conversación que nos brindara un buen amigo. Su honestidad sin ningún tipo de fisura. de aficionado muy sabio. Siempre podremos seguir haciéndolo. nuestra percepción de ella. por lo que se ha convenido en llamar obras maestras. hablemos de dudas antiguas. Por qué preguntarse por lo que pasa.

alguien llamado Lemuel asesina a todos sus compañeros con un hacha. que la obra absolutamente nueva en todos y cada uno de sus constituyentes. no sería reconocida como tal. Así se crean nuevos universos. si antes de ella indagaban en las contradicciones de la realidad. vemos a este recluido en una suerte de manicomio u hospital. Consiste en una especie de explosión primitiva de energía de la que derivaría todo. por difusa que sea: han renunciado ella. Esto es lo último que se profiere en la novela: ni con su lápiz ni con su bastón ni ni luces luces quiero decir nunca eso es tocará nunca nunca tocará eso es nunca 7 . Sam Beckett dice: vale la pena intentarlo. pero fracasará una vez tras otra: Malone no soporta los tópicos de las historias de personas indefensas. Malone no intenta recordar ya cómo llegó a la cama en la que convalece. que es la que. que no es más que la suma de verbalizaciones mentales de Malone. Es una cuestión de perspectiva. La ordenación de toda esa energía desprendida es lo que diferenciaría el universo de la nada. fruto de la libre voluntad del artista. siempre nos decía que el texto original. Se limpia con babas los puntos del cuerpo que nota sucias. Un buen ejemplo de esto es Malone. como en el caso de Borges. y no de resultados. Y lo es porque ese texto. en el caso de Gerardo Diego. No es ni siquiera una locura. de su real gana poética . Podría ser una erudición más o menos ficticia. Así se forma el arte según Beckett: a través de una manifestación arbitraria. o multiplicada mediante la palabra. no tanto. Malone intenta contarse una historia. No puede existir. El otro. Hacia el final de la novela. desde la nada. no es perceptible en cuanto obra de arte. No se proponen nada. Los personajes de Molloy. Espía las nauseabundas relaciones sexuales de algún vecino (el sexo en Beckett aparece a menudo vinculado a la senectud). Los críticos coinciden en señalar que los textos del autor posteriores a la segunda guerra mundial. suerte de anciano que vive recluido en lo que parece una habitación: sin recibir visita alguna. esa obra. Es un absurdo. Malone muere o El Innombrable ya no se proponen entender ninguna realidad. La diferencia entre un tipo de poemas y otro es meramente procedimental.cultos (así lo demuestra la abundante documentación que se evidencia tras esta prosa). Quizás Huidobro se aproximase a este estado de libertad taumatúrgica. Es una nada inconcebible. Eso no significa que ambos poemas partan. Según Isaac Asimov (2). Para entretenerse. de cuyo nombre sí quiero acordarme. Malone no cree que la suya lo sea: todo le da igual. La obra radicalmente nueva no se asemeja a nada. era un imposible filosófico. Pero ni siquiera eso sabemos. objetiva o exterior. una entre las muchas teorías que intentan explicar el origen del universo es la del chorro primitivo. nuevas realidades. Todo esto en arte se traduce en una libertad total: radical y absurda. Durante una excursión. Cierto profesor de teoría de la literatura. El ciprés de Silos parte del ciprés de Silos. Gesta debe de partir de las proximidades de la nada conceptual. Uno tiene referentes reales. Sapo. Esto es lo que nos propone: la creación pura. el autor es especialmente cruel con sus personajes. según palabras del propio Diego. se acerca al mundo a través de un bastón sin el cual se ve absolutamente indefenso. ya no pretenden vincularse con ella. La vida de Saposcat. la del joven Saposcat. Como se ve. diferencia unos poemas de otros. es un infierno.

Porque libera. El otro realizó una exposición en Londres. comparar.. exenta de preocupaciones y de vinculaciones con el mundo exterior. es realizar la conversión de incomprensible a comprensible. No se preocupa de ser algo. o Lemuel en Malone? ¿Alguien se ha convertido en alguien? ¿Quiénes han muerto? ¿Qué significa eso es nada? ¿Muere Malone como vaticinaba en las primeras palabras de la novela? ¿Es Malone muere una novela? No parece haber respuestas. Eso no significa que no pueda hacerse. sino advertir que no es necesario hacerla. los que Sam Beckett pone como ejemplos. Solo se preocupa de ser la nada. El Rostro. su multiplicidad de perspectivas simultáneas. Porque traducir. en cierta forma. quiso traducirlas a lenguajes distintos. Beckett no busca una aproximación más o menos verosímil a la realidad sino la creación de una realidad independiente. y aplicaba sus colores. relajante. La pintura de los hermanos van Velde. (3) ¿No se parece este final de novela al del poema Altazor. de Vicente Huidobro ¿No intentan ambas obras alcanzar el mismo objetivo? Hasta el siglo XX el arte partió de las cosas. hacía eso mismo pero pretendiendo acentuar el filtro que separaba el objeto del lienzo. Por eso los artistas más aplaudidos. más revolucionarios (pienso en Miró o en Tàpies) sean a la vez los más incomprendidos. como la estoy haciendo yo. Por eso. la pintura de uno de los hermanos es tan placentera. de plasmarla. Uno de estos dos hermanos no ha expuesto nunca. ¿por qué no?. calumniarla. Es la realidad autónoma. que practican algo más desquiciado que el automatismo: lo que hay en sus cerebros una vez vaciados de todo posible contenido. El juicio. La prosa es. Por eso el arte más contemporáneo expulsa a sus espectadores. Una verdad no causal. la nada a ultranza. el arte fauve. Otra cosa es lo que ocurra en nuestra sociedad. Podemos insultarla. (¿pintores ficticios?) no es ni abstracta. Nada ni nadie debería exigirnos explicaciones. de mantener abierto el espíritu. Beckett también quiere hacer. en 1938. Una arbitrariedad extrema. Eso significa que no pasa nada si no se hace: que somos libres de hacer lo que nos plazca con la obra. mucho más cavernícola que la de los cavernícolas. en cierto modo. olvidarla. sus abstracciones y. una realidad literaria. es una libertad que se aproxima al trance místico. Y por eso es. es lo que arruina para Beckett el 8 . la más oculta y primordial de las pinceladas. ¿Deben preocuparnos estas cuestiones? Según Félix de Azúa..eso es eso es nada ¿Quién es Malone? ¿Dónde ha estado durante toda la novela? ¿Quién es Lemuel? ¿Por qué comete el vil asesinato? ¿Se ha convertido Malone en Lemuel. ni surrealista. la obligación de emitir enunciados exteriores que versen sobre tareas de los demás. ni cubista. una aproximación a la obra de estos dos artistas. Así el artista hacía de mediador descarado. sus pruritos. sus visiones. Giacometti quería hacer un rostro. Estas concepciones son las que laten tras la obra de Samuel Beckett. ¿Qué hay detrás de ellas? ¿Qué se pretende? Una vez más nos lo contesta el fragmento citado cuando empezábamos: se trata de creer adivinar lo que se ama. el garabato más insignificante. sus voluntarias tonterías y puerilidades. El objetivo no es que esa conversión sea imposible. no imitar. más descarado que nunca. comentar. dice Beckett.. autosuficiente. El cubismo. Por eso todas sus obras son una sola obra y los géneros uno. más cotizados.

Las frases siguientes ilustran la voluntad de libertad mental y receptiva. es un arte policial por lo que tiene de represor de la creatividad: ¿Quieren un existente adecuado? Pónganle un azul. Los estragos son ya considerables. la realidad más verdadera que vive en el lenguaje. de que tenga que expresar. Es una pena. de libertad honrada.pensamiento humano. ¿Les interesa el espacio? Hagamos que cruja. El arte expresivo. ¿La belleza? El hombre reunido. delante de una cosa que simplemente habría podido amar. Son una crítica total al deber más o menos socializado de que el arte signifique. Eso no es nada. El poeta que dice: no soy un hombre. no soy más que un poeta. ¿La verdad? La ventosidad del mayor número. para que deje de existir. Lo que ha venido arruinándolo durante siglos de masoquismo conceptual. ¿Puede existir amor al arte más sincero que el contenido en esta frase? ¿Puede aspirarse a mayor libertad? El verdadero arte. ¿La bondad? Extinguir. El día de mañana se le exigirá a la charcutería que sea humana. la verdadera escritura de Samuel Beckett se sitúan en otra realidad. la que resultó de la experiencia de la nada circundante. para que acepte a priori. 9 . ¿Les atormenta el tiempo? Matémosle juntos. Por lo menos estamos acostumbrados. y que se alimenta de materia gris. o encontrar fea. El medio más rápido de hacer rimar amor y vacaciones pagadas. está dicho todo. Denle un silbato. tanto el formal como el informal. para que deje de mirar. Para que tome partido. para que rechace a priori. Pues el arte no parece necesitar cataclismos para poder ejercerse. A la basura. Y el que modestamente nos parece uno de las más bellos pasajes formulables por un ser humano: Se ha hecho lo imposible para que elija. Lo que es propiamente espantoso es que el artista mismo lo admita. Con "Esto no es humano". sin saber por qué. de que tenga que comprometerse con nuestro mundo habitual (el extracto reproduce estrictamente el orden del autor): Eso llueve sobre los medios artísticos con una abundancia muy particular.

en muchos casos. del placer de 10 . Predigo que en el ario 2000 Beckett puede ser el cuarto de la lista siel diluvio actual de literatura beckettiana continúa. el escritor Samuel Beckett -ensayista. Considerado como uno de los escritores actuales másinfluyentes. Beckett es el escritor contemporáneo vivo sobre el que más se ha escrito ydesde los puntos de vista más diversos. que ha privadoa muchos lectores (o espectadores). Napoleón y Wagner. poeta. ha creado. novelista ydramaturgo. Se han escrito más libros sobre Jesucristo.que sobre nadie. sin embargo. sus obras siguen suscitando pasiones encontradas de ferviente admiracióny de rechazo apasionado. SAMUEL BECKETT. Este diluvio crítico continúa y en vez de facilitar y favorecer la comprensión de las obrasoriginales. en este orden. VIDA Y OBRA: DE EN SILENCIO A OTRO * L artiste qui joue son ètre est de nulle part.Los Días Felices Los Días Felices Samuel Beckett Introducción 1. una aureola de dificultades en torno a ellas. Et il n a pas de frères. One is a Victim of all one has written SAMUEL BECKETT En el panorama literario del siglo XX.destaca de un modo singular y se ha convertido en un punto crucial de referencia tantoen los ámbitos literarios como teatrales.

su obra refleja. uno de sus discípulos más lúcidos. familiaresotras. teoría o movimiento literario y por tanto exigen dellector/espectador una actitud de concentración especial. sin duda. presentan susobras radican esencialmente en su originalidad formal. un gran poeta. metafóricamente.poder disfrutar sin prejuicios de las creacionesoriginales. Maestro de la parodia y de la ironía y dotado con un sentido del humorcorrosivo e inimitable. y no como un escritor. como la brevedad de la vida. las dificultades que. su experiencia vital. nadamás lejOs de la realidad. citado en The Critical Heritage. Beckett no ha escrito ni una línea oscura en su vida. Beckett nunca ha entrado en ningún tipo de controversia o exégesis sobre su obra. en el hecho de que no se pueden clasificar niincluir con facilidad dentro de ningún sistema. que la crítica beckettiana actual ha dadoun giro bastante positivo. Es un escritor perfectamente enraizado en la estética de este siglo. más sobre elestilo literario y el proceso creativo de este autor. encarnados en formasradicalmente cómicas. centrando sus estudios más sobre elcómo que sobre elqué. Se ha mencionado el famoso pesimismo beckettiano. desconfianza e 11 . University of California Press. Hay que confesar. se queden sin recoger. Lo beckettiano es un adjetivo que seha hecho familiar. Esto no quiere decir que Beckett haya surgido de unvacúum. la degradación. Los Angeles y Londres. que no es sino una metáfora de nuestro propio mundo. a este respecto. es comprensible dada la sorprendente multiplicidad de interpretaciones y la diversidad deteorías elaboradas sobre una obra única que rechaza en sí misma todo sistema y trata de eludircualquier tipo de clasificación. la impotencia y el sufrimiento humanos.1978). lasoledad. Beckett es un claro paradigma de la conciencia dividida del artista contemporáneo. que en dilucidar oscuridades filosóficas oideológicas creadas en ocasiones por los propios críticos. La estética beckettiana es única e inconfundible yuno de sus rasgos fundamentales es presentar temas trágicos . incluso para quienes no han leído a Beckett. A raíz de la aparición de la voluminosa obra bibliográfica de Raymond Federman y John Fletcher: Samuel Beckett:His Works and His Critics. una aproximación abierta sin prejuicios(como lo exige cualquier obra de arte original). no se mepuede acusar de pesimista ya que no tengo ni deseos ni competencia para juzgar. Beckett que las obras que todavía no se han recogido (en la citada bibliografía). an Essay in Bibliography(Berkeley. pág. queBeckett no cree ser pesimista -como Thomas Bernhard. se ha presentado a Beckett como un filósofo. revolucionario de los génerosnarrativo y dramático. la preocupación que expresa el profesor Kenner. pero sí hamostrado cierta preocupación por la excesiva proliferación crítica en torno a ella: ¿Cuándo dejaránde hacerme querer decir más de lo que digo? (a Raymond Federman.tampoco lo creía-. a este respecto.Simplemente he encontrado más de lo uno que de lo otro. el profesor Hugh Kennercomentaba: Deseo tanto como el Sr. 1970). es necesario aclarar. En efecto. (Ca rta a Tom Bishop. haciéndose eco de las palabras delautor. sus propias palabras sobreeste tema nos parecen significativas: Si pesimismo es un juicio en el sentido de que el mal sobrepasa al bien. de suradical inseguridad. epígono del existencialismo más pesimista. 10). formadopor las ideas e influido por los acontecimientos de este siglo -como se irá viendo en esta intro-ducción. Frecuentemente. Beckett crea un mundo propio poblado de seres extraños a veces.

la vida privada de Beckett. Poseedor de una gran cultura. el 14 de junio. Synge.. sólo le pertenece a él. Sartre. iremos de un silencio a ot ro . Estaconfusión de fechas en torno a su nacimiento se aclara en cierto modo al saber que. Dante. Mauthner y Wittgenstein entre lo Los Días Felices Samuel Beckett lingüistas. Zenón. es maestro dellenguaje para unos y destructor de la novela -o el teatro. Descartes. etc. supartida de nacimiento señala el 13 de mayo y el registro oficial de Dublín. entre los escritores. 1. la vidaes un silencio y la obra de arte otro . Leer cronológicamente a Beckett ayuda. Sterne. Milton. escuchamos sus voces y participamos conellos en el propio acto creativo. en lo que sigue. los presocráticos. aunque no haya que reconocerlos para poder disfrutar de ella. Los ecos de estos y otros escritores o de diversas convenciones literarias se hallan ciertamente enla obra de Beckett. San Agustín. o del teatro del absurdo. en Irlanda. alleer sus obras nos hacemos confidentes de sus personajes. Pascal. Pirandello. Heidegger y Nietzsche entre los filósofos. Un arte que es totalmente inteligible y totalmente inexplicable . su obra estárelacionada con autores y tradiciones del pasado que han dejado en ella sus huellas indelebles. La vida y la obra de este autor están intrínsecamenteunidas.. Se aceptaesta fecha simplemente porque él lo ha dicho siempre. del noveau roman.para otros. Chejov. incluso antes de ser famoso. Geulincx. En sus obras los críticos encuentran las huellas de Pitágoras. Cervantes. sin duda. del existencialismo y también como padre del post-modernismo. lospadres acostumbran a dejar pasar un período indeterminado de tiempo -normalmente un 12 . Sin embargo. por tanto. Swift. Vivir es inventa dice Malone.insatisfacción. Yeats. del surrealismo. Calderón. Se le erige como epígono delmodernismo.Uno de los principales atractivos de toda la escritura beckettiana es su notable cualidad oral . un Viernes Santo para la leyenda.y tanto la vida como el origen de la creatividad son un misterio. Freud y Jung entre los psicólogos. presentando la obra y señalandolos hechos biográficos más importantes en tanto estos hayan tenido alguna incidencia sobre dichaobra. Cualquierlector/espectador puede entrar en el mundo beckettiano sin mediación crítica alguna y quedarfascinado por la belleza de su lenguaje y sobrecogido por sus impresionantes imágenes escénicas. Berkeley. Shakespeare. Joyce. a conocer y comprender mejor toda la variedad y complejidad de su arte. paradigma de los escritoresbeckettianos. Orígenes y primeras influencias Samuel Barclay Beckett nació el 13 de abril de 1906. que tan celosamente ha tratado de proteger. San Agustín. Kafka.Considerado discípulo de escritores tan diversos como Proust. Schopenhauer. Para Beckett.

constituye una lectura apasionante. Puedes decir que mi infancia fue feliz mis padres hicieron todo lo posible para hacerme feliz. Esta biografía no hubierasido posible. Beckett procedede una familia protestante de la clase media. Hold and be held. el poeta irlandés Thomas McGreevy. entre otros. era muy religiosa y leía la Bibliaa sus hijos frecuentemente. muchos de sus amigos se negaron a colaborar con Bair. Estas dudas sobre la fechareal de su nacimiento. como su propia autora reconoce. especialmente la primera parte de tan denostado libro. Yeats. Oscar Wilde y William B.como Richard Ellmann. Una viva imagen de estospaseos con su padre aparece en una de sus últimas novelas Worstward Ho: Hand in hand with equal plod they go. Hold the old holding hand. Another shade. pues previamente a su publicación se tenían pocosdatos sobre la vida y los sentimientos íntimos de Beckett. diríaBeckett a Harold Hobson (1916). Los datos biográficos que se presentan a continuación han sido contrastados con fuentes que creemos fiables. muy aficionado al deporte y disfrutaba dando largospaseos por el campo. aunque su lectura. afición que muy pronto compartiría su hijo Samuel. al parecer.mes. 13 . en vida del autor. Free empty hands. es bastante poco fiable. de 1930 a 1967. the back-roads . nosproduzca cierto malestar sabiendo los enormes esfuerzos que éste ha hecho por proteger su vidaprivada. acusando a laautora de hacer afir maciones poco documentadas. en determinados aspectos.antesde inscribir a sus hijos como ciudadanos públicos. Martin Esslin o John Calder.. un retrato de un hombre que se parece más a sus personajesque a él mismo en palabras de John Calder.como sugiere el profesor Calvin Israel. pero pronto perdí la fe . es una de las más recurrentes en sus obras. Pero a veces me sentía solo (Beckett a Lawrence Harvey. 1970 Los Días Felices Samuel Beckett Como sus compatriotas George Bernard Shaw. comoel propio autor. La lectura de estas cartas es de gran interés. aunque presente un retrato de Samuel Beckett que pocos dequienes le conocen podrán reconocer. basándose en entrevistas anónimas. Hay que reconocer. era aparejador. ha contribuido considerablemente la biografía de Deirdre Bairque. Contra ella han arremetido críticos notables.. Su madre. hubiera sido una contribución más seria a los estudiosbeckettianos . Toda lainformación sobre estos años está bien documentada por estas cartas. Plod and never recede. no han hecho sino incrementar losequívocos acerca de lo que este autor llama: la leyenda pública de mi vida.Backs turned both bowed with equal plod they go. Me educaron casi como un cuáquero. cuya edición por separado. los padres de Beckett tardaron dosmeses. no obstante. amigo de Beckett. May Roe. ya que. de las montañas de Dublín. Hugh Kenner. que. In the free hands -no.One shade. A fomentar esta leyenda pública . que esta biografía. de no haber tenido acceso a la correspondencia entreBeckett y su íntimo amigo. The child hand raised to reach theholding hand. Esta imagen de padre e hijo caminando por los senderos. Su padre William Beckett.

Aston Luce. tal como lo relata el narrador de Horn Came Always . Ya he cumplido los cuarenta y todavía lanzo la jabalina. en ocasiones especiales. cuyas obras vería en el Los Días Felices Samuel Beckett demasiado decadentes para recibirlas. No estáis satisfechos a no ser que la formaesté tan separada del contenido que podáis comprender aquélla casi sin molestarosen leer éste. Beckett admiraba aO Casey. Frague y Francis James. fue el atletismo. la ciudad ardiendo. entre otros autores.iniciándose en alemán. con quien estudiaba Pirandello. en Enniskillen. Beckett ingresó en el Trinity en 923 para estudiar Filología Moderna: francés e italiano. Rudmose-Brown. Un recuerdo penetrante deestos años es el ver desde la colinas de Dublín. e incluso mucho después. y los vagabundos que veía por el campo en lasexcursiones que hacia con su padre. fue en el Trinity College institución universitaria dublinesa de gran prestigio desde sufundación en 1591. Asistía a las clases de italiano del profesor Walter Starkíe. lo subtitulara una pesadilla corneilliana . Lennox Robinson y Lady Gregory. especialmente del Abbey Theatre. En los últimos años de esta etapa universitaria. transmitiéndole su amor por Raciney su . En 1920. Rudmose-Brown ponea Beckett en contacto con los poetas ValeryLarbaud. Dosprofesores influirían decisivamente en su orientación académica. pero sí en casi todos los deportes.es laperfecta unidad entre la forma y el contenido. su tutor. donde se montabanlas obras de O Casey. serían uno de sus temas favoritos. que le introduce en la literatura francesa. donde había estudiado OscarWilde.además de académico. Le gustaba mucho dibujar. Este autor es. Con tanto saltar y correr cuandoera joven. ingresa en el colegio Earlsfort House de Dublín. cuando se traslada a vivir a París. donde comienza aestudiar francés y piano. con quienestudia las obras de Descartes y Berkeley. que luegoserían amigos suyos. en el prestigiosocolegio Protora Royal School.de los más influyentes en la formación deBeckett. cuatro años mayor que él. si bien pocoortodoxo. en el fondo. p. y el catedrático Thomas B. gasté la máquina antesde tiempo. un sketch satírico titulado Le Kid. Donde Beckett sí adquirió merecida fama de alumno brillante.Beckett comienza su carrera de políglota en el Kindergarten de Miss Ida Elsner. sin duda -junto con Descartes. al estilo de las obras que escribirá el propio Beckett a partir de mediados de los 40. Samuel se reúne con su hermano Frank.) Pero la mejor alabanza que Beckett hace del libro de Joyce -y que se puede aplicar. 14 . poeta. hogar de los nacionalistas irlandeses. pero estambién con Rudmose-Brown con quien hace una lectura apasionada de La Divina Comedia deDante. L. quizá con másjusticia. y está presente de un modo muy especial en sus primeras obras. en Stillorgan. No es pues extraño que el primer intento dramático de Beckett. Beckett no destacó académicamente. un día de la semana de Pascua de1916.desprecio a Corneille. En 1912. Irlanda del Norte. Beckett se hace asiduo de los bares y los teatros deDublín. especialmente encricket y rugby: Lo que me arruinó. pero le fascinaba más aún el experimentalismo de Pirandello. Este es el comentario irónico sobre sus aficiones deportivas.

Jolas afirmaba que el artista tenía que ser un enemigo encarnizado de estos filisteos ydebería crear un arte nuevo que ayudara a destruir la ideología de una civilización podrida . que incluyera toda la rica realidad delsubconsciente y la presentara por sí misma. En efecto. abrían sus puertas a los artistas.sin duda el salón más famoso era el de Gertrude Stein. y quizá tuviera algode ambas cosas. Entre los anglófonos. dadaístas.y por los escritores americanos Hart Crane y Gertrude Stein. También eran puntos favoritos deencuentro las librerías de Sylvia Beach. Fouquet s. La bestia negra de todos ellos era la mentalidad burguesa. pero de lo que no cabe duda es de que la revolución. que jugó un papel bastantenotable en el nacimiento de Beckett como escritor. Joyce quedó encantado con este trabajo y se lo recomendó a Eugéne Jolas para supublicación en la revistatransit i on. Su director. según ellos. quepropugnaba contó desde sus inicios con muchos adeptos. Ford Madox Ford o Nathalie Barney. la revista consiguió pronto fama de extremista y algo snob . Shakespeare and Company . Entre sus amigos franceses destacaba Alfred Peron. Michaud s o Les Deux Magots. Contales manifiestos. in situ . etc. planteaba una batalla abierta contra el materialismo plutocrático y contra los filisteos que habían logrado industrializar el arte y lacivilización privándoles a ambas de emoción genuina y reduciéndoles a un realismo estancado yfotográfico . beber y escuchar las máximas de la Stein enhabitaciones prácticamente empapeladas con Picassos y Matisses. París era. entreotros. especialmente lingüística. esta revista era portavoz de lascorrientes artísticas más vanguardistas. su didactismo vulgar y su trasnochadaretórica. Era la ciudad de los paseos por los grandes bulevares y lasinterminables tazas de café en La Closerie des Lilas. sino que además funcionaban comoverdaderas bibliotecas de préstamo y en donde se podía leer. esesemismo algo). it isthat something itself (su obra no esacerca de algo. donde proliferaban las tertulias literarias. sobre todo entre poetas france-ses. por tanto.se daban cita para comer. como se ha señalado anteriormente. este último era también traductor delruso. Eugéne Jolas. carecía de spiritual depth (profundidad espiritual). LaMaison des Amiés de Livres . Colaboraban en ella muchos escritoresnorteamericanos que habían huido de su país porque. Publicada en inglés. Pero París no era solamente Joyce. y de Adrienne Monnier.jugaron un papel importante en elnacimiento del escritor Samuel Beckett. donde Hemingway. especialmente en el campo de la literatura. sin mediaciones ni compromisos con la realidadexterna. una gran variedad de revistasliterarias entre las que sobresalía por su influencia y prestigiot ransi ti on. Salones privados. propugnandoesencialmente una revolución lingüística radical. Hizo pronto buenos amigos. un buen sitio para vivir unjoven -en palabras del propio Beckett. En palabras de Beckett: hiswriting is notabout something. expresionistas. Surrealistas.locales favoritos entre la multitud de artistas expatriados que esperaban conseguir la fama en estafascinante ciudad.se sumaron muy pronto a esta guerra presidida por James Joyce -que publicó entransit i on varioscapítulos de Finnegans Wake. a quien había conocido como lector defrancés en el Trinity College y cuya amistad iba a tener un final trágico como luego veremos. e irlandeses como Thomas McGreevy y Georges Reavey. como el de StellaBowen. Fitzgerald y Pound-entre otros muchos. Compromisos que habían 15 . que no sólo vendían libros. Aspiraban a una mayor libertad de expresión verbal.en Work in Progress . la revistat ransi ti on y los escritores y artistas quecolaboraban en ella -entre los que figuraban Picasso y Miró..

Beckett compartía con los verticalistas las ideas respecto a lahegemonía de la vida interior sobre la exterior y su método de profundización en la búsquedaartística que luego reflejaría admirablemente en las páginas de su ensayo sobre Proust. H. Para Jolas y sus epígonos habíaque devolver a la palabra su magia original y para esto era necesario partir de una desintegración de la palabra. El lenguaje es un flujo constante. Katherine Mansfield. Whoroscope .con un lenguaje excesivamente alusivo. sobre poder lograrmediante la creación artística experiencias transcendentales . Louis Aragon. su propio lenguaje. André Breton. lleno de alusiones recónditas. se interesó por el autor del poema y le encargó un trabajo sobre la obra de ProustEn busca del tiempo perdido. Beckett obtiene su primer premio literario.. Respecto aotras ideas contenidas en el manifiesto. En su primer texto narrativo Assumption -publicado ent ransi ti on. enel mismo número que apareció por primera vez su ensayo Dante. guías para el joven Beckett. era bastante escéptico. Vico. Nancy Cunard. El poema de Beckett.adquirido antes escritores modernistas como D. parodia la búsqueda de esa experiencia metafísica que tanardientemente perseguían Hart Crane y Jolas. James Joyce. y plagado de detalles insignificantes sobre la vida y obra de Descartes. 16/17. nunca estático. Los maestros eran: GertrudeStein. Estos autores habían utilizado fenómenos del subconsciente como motivación de unospersonajes que estaban anclados. Beckett había estudiado con admiración a este filósofo en el Trinity. una especie de declaración de principiosque apostaba por la primacía de la visión poética y la hegemonía de la vida interna sobre laexterna . Hart Crane. tal como lo afirmaban losverticalistas. en la abominable edición de la Nouvelle Revue Française y se quedó fascinado por el lenguaje y estilo proustianos. típico delestilo erudito de sus primeras obras. Lawrence. porque conducía inevitablemente auna conformidad reaccionaria y decorativa. Leon-Paul Fargue y August Stramm. Eliot.. Los citados maestros fueron también. que en 1932 firmabael manifiesto Poetry is Vertical (La Poesía es Vertical). En esta misma revista. Bruno. a un sentido faccioso de la armonía y a la esterilizaciónde la mentalidad creativa . claramente. juegos depalabras ( puns ). rechazando el ideal clásico de Hulme y T. por ejemplo. Joyce . Beckett. 1929 -. tienea Descartes como protagonista. por lo que todo escritor tiene derecho a manipular éste según su gusto y haciendo caso omiso de las leyes sintácticas ygramaticales. con un poema. en la realidad externa. sin duda. escrito la noche anterior a la fecha limite del plazo.Eugene O Neill. puede crear sus propias palabras.. refranes. Beckett publica también Sedendo et Quiescendo y varios poemas que luego incluirá en la colección Echo s Bones a la quenos referiremos más adelante. e incluso Joyce en sus primeras obras y partedelUl ys s es. Beckett dedicó el verano de 1930 a leer dos veces los 16 volúmenes de esta obra.Quizá lo más importante de este premio fue que uno de los miembros del jurado. 16 .y el dualismo cartesiano -el abismo entre la mente y el cuerpo. RichardAldington. cuando era un joven pedante en palabras del propio Beckett. S. Virginia Woolf. Whoroscope está escrito en un tono paradójico.está presente en toda su obra. otra delas mujeres influyentes en el mundo literario parisino -ya hemos mencionado a Sylvia Beach yAdrienne Monnier organizó un concurso poético para obras originales que tuvieran como temacentral el tiempo .

más importante de estos años en Dublín es su amistad conel pintor Jack B. Durante estos cursos en Dublín lee laÉti ca de Geulincx y las obras de Kant y Schopenhauer. piensaque la expresión artística es casi siempre un fracaso y elige este arte del fracaso emplazando a laignorancia y a la impotencia humanas. Balzac. como mentor. Poseen también el rasgo común de arroparse en hábitos y rutinasinsignificantes. a quien conoce gracias a su amigo Tom McGreevy: ¡pensar que te debo a ti conocer a Jack Yeats y a Joyce! le escribirá Beckett agradecido en una desus cartas. 17 . al francés junto con su amigo Alfred Peron. ya que el tiempo humano es despiadadamente limitado. 1968). es un perfecto paradigma a este respecto. especialmente. los novelistas del XIX. hermano del poeta. son sobre todo víctimas de ese monstruo de dos cabezas de salvacióny condenación : el Tiempo. a su ávida audiencia. Flaubert y Stendhal. Beckett todavía admira a este último filósofo. Fedra yBéreni ce. y Joyce sugirió a Beckett que no volviera por su casa -su amistadvolvería a reanudarse algunos años más tarde cuando Beckett se estableció definitivamente en París. Enseña literatura francesa. que no comparte en sutotalidad el autor irlandés. Beckett no comparte. Los protagonistas deBeckett. le enseñó lo que era la integridad artística y le recomendó que escribiera lo que le dictara su sangre.Tampoco cree que la expresión artística tenga que ser necesariamente un éxito -un logro-.después ya casi nunca volverá a leer filosofía: Peu doné pour la philosophie (Beckett a LudovicJanvier.Joyce tuvo una influencia principalmente moral sobre Beckett. como los de Proust. cuando por fin encuentre su propia voz. una frase perfectamente construida. Después de la intensa vida intelectual y bohemia parisina. por ejemplo. Samuel Beckett vuelve a Dublín y se encierra en el Trinity College. sin embargo. para no pensar y protegerse así de los aspectos más dolorosos de la vida. la idea proustiana de que el Arte nosredime del efecto destructor del tiempo. que estaba enamorada de él. en el campo estilístico. Las relaciones entre Joyce y Beckett se enfriaron sólo en unaocasión. en el mismo centro de su obra -aunque esto será años mástarde.que las visitas a su casa eran principalmente para ver a su padre . Otra fue la traducción del episodio Anna Livia Plurabelle . Una desus alumnas describe su actitud en clase: Solía mirar por la ventana durante algunos minutos y luego lanzaba. El ensayo sobre la obra de Proust presenta una especie de credo artístico . Lainfluencia de Proust será igualmente importante. de Finnegans Wake. 3. por lo bien que escribe: how fine hiswri ti ng is .pero se concentra especialmente en los dramas de Racine: Andrómaca. Regreso a Dublín: Trinity College Beckett alargó su estancia en París todo lo que pudo y el ensayo sobre Proust fue una buena excusa. Winnie. cuando éste confesó con su habitual honestidad a Lucía Joyce. las huellas de Geulincx y Schopenhauer se vislumbran claramente ensus obras. Esto provocó una aguda crisis enlos frágiles nervios de Lucía. prefiriendo el aburrimiento de vivir al sufrimiento de existir . la protagonista de la obra objeto de estevolumen. Pronto se dio cuenta de que el trabajo académico legustaba muy poco. son sus propias palabras Quizá el hecho que Beckett considera. donde comienza a trabajar como profesor ayudante de francés. no su intelecto . Yeats. denuevo con Rudmose-Brown.

En 1932 se porta muy mal . A pesar de sus amigos. se marcha alContinente y dimite. En junio de 1933 muere su padre: qué voy a hacer yo ahora sino seguir sus huellas por campos ysenderos . encuentra la paz e inspiración necesarias y comienza a escribir su primeranovela. se dedica a la traducción. demodo especial. la teocracia y. director de Silence to Silence). su primera y última narrativa. Tiene que regresar repentinamente aDublín. Beckett . ya que. palabras que no dejan de tener ciertaironía. ejerció en él. Smeraldina-Rima. sin embargo. un homenaje no menos apasionado en el que afirma: El artista que pone su ser en juego no es deninguna parte. a larga distancia . de su cargo en el Trinity College. que tienen también como protagonista a un personaje indolente llamado Belacqua. De nuevo en París. Su hermano Frank se hace cargo de los negociosfamiliares y Samuel recibe una pequeña renta de unas doscientas libras al año. tras el asesinato del presidente Paul Doumer. Breton. para una exposición de este pintor en París. una influenciaprincipalmente moral. Syra-Cusa y Alba. París y Dublín. y Beckett admiraba su originalidad y. al ser pronunciadas por uno de los estudiantes más brillantes que han salido del Trinity. En 1954 escribirá. Dream of Fair to Middling Women. el paisaje dublinés y las voces de susgentes poblarán las obras de Beckett y. Crevel. Sin ideas muy clarassobre su futuro. en el Dublin Magazine.Jack Yeats. Beckett 18 . Comienzan a agobiarle la hipocresía social dublinesa. Esta es una obra fantásticamentecómica. como Joyce. En 1939 escribe. neologismos y extranjerismos que muestran los gustos cosmopolitas del joven Beckett. no tiene parientes -cita con la que se inicia esta introducción ya que pensamos queBeckett es también esa clase de artista. The Amaranthers. Narrada en primera persona por un tal Mr. Beckettno se ha considerado nunca un escritor exiliado: Simplemente me largué de allí (Beckett a SeanO Mórdha. escribe Beckett a un amigo alemán. Como medio de subsistencia. en 1932. cuenta las relaciones amorosas del Los Días Felices Samuel Beckett protagonista Belacqua con una serie de mujeres. y en distintasciudades: Viena. bastantes años mayor que Beckett. Yeats se inspiraba en las gentes sencillas y en los paisajes del oeste deIrlanda para sus obras. la total entrega a suarte. El origen de un estilo único Aunque Dublín no estimulaba su creatividad. de un modo especial. 4. en estos primeros años en París. al no tener sus papeles en regla. que nunca publicará. La novela no tiene unidad formal y está plagada de alusioneseruditas.Los mejores episodios de esta obra están incluidos en su primera colección de cuentos More Pricks Than Kicks (1934). Sugran cultura y erudición se filtrarán con frecuencia en sus primeras obras e irán fragmentándose ydiluyéndose en sus textos posteriores. entre otras cosas. no podía soportar enseñar a otros lo que él mismo no sabía . especialmente. una crítica elogiosa y apasionada de la novela de JackYeats.especialmente de poesía surrealista: Eluard. Beckett añora París donde se sentía mas motivado creativamente y máslibre intelectualmente. la censura existente sobre todas las artes.

a quien Beckett visitaba con frecuencia y con quienhabía estado muy unido emocionalmente. A partir de esteaño. es un dilettante que vaga. y se propone expresarse. Stephen expone con entusiasmo y seriedad su ideario artístico al final del Retrato -Joyce se toma a su protagonista en serio. ¿peroy ahora? [More Pricks than Kicks. bebe abundantemente. de un lado a otro sin rumbo fijo. Su protagonistaes un ser narcisista que deambula entre Dublín. Decide abandonar su primera novela y escribir unacolección de relatos cortos sobre un joven estudiante perezoso de costumbres fijas. 171]. es la otra cara del Retrato del artista adolescente joyceano. En Londres pasa tres años malos financiera y psicológicamente (Beckett a John Fletcher.Muere en Alemania su prima Peggy Sinclair. Se ha dicho queMore Pricks than Kicks. Belacqua es un artista indeciso y perezoso.indolentemente. donde se consideran los cuentos obscenos y blasfemos. está seguro del camino a seguir y de cómo seguirlo. excepto en Irlanda.. Decide no ser esclavode las cosas en las que ya no cree: hogar. usando en su defensa las únicasarmas que se permite utilizar: silencio. Belacqua. o religión .Estos poemas son típicos del estilo hermético y erudito característico de sus primeras obras. 247). Llegó incluso a atreverse a proponer una pequeña paradoja de su propiacosecha y se aventuraba a decir que entre los contrarios no era posible alternativaalguna. generalmente. En 1934 publica More Pricks than Kicks (Más aguijones que patadas).prohibiéndose su venta. La persona poética se va revelando fragmentariamenteen diversas etapas. Stephen Dedalus. patria. por el contrario. decidido y con voluntad firme. desde su nacimiento hasta una especie de estado post mortem . el polo opuesto de Stephen Dedalus. y ciertamente estos relatos muestran la diferencia de los orígenes artísticos de ambos escritores. haciéndose continuas preguntas que ni siquieraintenta responder: A [Belacqua] no le preocupaban. que: comemeticulosamente. alfinal de la obra de Joyce.decide ir a vivir a Londres en otoño de este mismo año. exilio y astucia (The Portrait of the Artist as a Young Man. contra el imagismo preconizado por Pound y Eliot. Uno de los hechos que más impresionarían a Beckett durante su estancia en Londres fue escucharal eminente psiquiatra Carl Jung. en la colección titulada Echo s Bones -publicados en París por Europa Press en 1935. ¿Tenían que ser risas o lagrimas? Al final ambas cosas son lo mismo. 1964). Beckett se distancia irónicamente de su protagonista y no se lo toma en serio. Comienza a escribir su novela Murphy y algunos poemas que más tarderecopilará. las alternativas en blanco ynegro. nunca volverá a vivir en Irlanda.Los poemas presentan una consciente y progresiva disolución de imágenes y los personajescorpóreos se van transformando en voces. El tono que el narrador adopta es más satírico que el delDream y comienza avislumbrarse el humor negro y la característica ironía verbal beckettiana. pág. lee tenazmente y lleva a sus amigas a dar largos paseos alcampo . aunque visitará a su madre frecuentemente hasta la muerte deésta en 1950. Acompañado de un amigo 19 . que recibe críticas bastantefavorables. Beckettmuestra en ellos una fe joyceana en la palabra. en alguna forma de vida o arte . pág. Londres y París como el propio Beckett en esto ños.. tanlibremente como le sea posible.

abundando en alusiones eruditas aunque con deliberado tono irónico. como en la alusión Amorintellectualis quo Murphy se ipsum amat -frase tomada de laÉt ica de Spinoza. dispone en su testamento que sus cenizas seanarrojadas en los servicios del Teatro Abbey de Dublín preferentemente durante algunarepresentación . El caso que más leimpresi onó fue el de una joven paciente de Jung que había muerto sin tener. Beckett viaja continu amente por varias ciudades alemanas sus favoritas. psiquiatras. sino también citasde lecturas científicas. Beckett utiliza las ideas filosóficas como poeta.sino que además hace continuos comentarios sobre pintores. parodiándolas aveces y fragmentándolas otras. Effie Briest que evocará Krapp en La última cinta. para mostrar la incapacidad de cualquier sistema para explicar larealidad humana de un modo coherente y plenamente satisfactorio. Elprotagonista se halla dividido entre los anhelos de su mente de aislarse totalmente del mundoexterior. Cervantes (Don Quijote). etc. con sede en la Universidad de Reading. No sólo aparecen filósofos y escritorescomo Kant. el hospital psiquiátrico donde trabajaba su amigo le proporcionaran sustancia temática y serán el germen de su novelaMurphy. en sus propias palabras: no veorastro de sistema alguno por ningún sitio . o hallar una forma que acomode el caos. EnMurphy. Pascal. filósofos.médico. especialmente en All that Fall (Todos los que caen)y Footfalls (Pasos). en la que el filósofose refiere al amor mediante el cual Dios se ama a si mismo. quien. encabezada por Neary. muestracitas anotadas de las lecturas de Beckett en los años 30. En esta novela. Beckett reconoce a Murphy como el primero de una serie de protagonistas que él llama sugente . No hace falta haber leído a Descartes paradisfrutar de esta cómica novela llena de incidentes disparatados provocados por la conductasurrealista de Murphy..enfermedad alguna. el protagonista sustítuye ala Divinidad. escritores. entre otras cosas. Una donación reciente de un libro de notasdel autor a la Fundación Internacional Beckett. están ya presentes enMurphy.. que ama a Celia. asistió a unas conferenciassobre enfermedades mentales que Jung pronunció en la Tavistock Clinic. en elDublin 20 .Beckett alude a esta conferencia en varias obras. no sólo cuenta la historia de Murphy y de unapandilla de seres grotescos que. que luego desarrollará en sus obrasposteriores.Munich. aparentemente. como la teoría de la relatividad y cálculos matemáticos. Estas conferencias y sus frecuentes visitas al Bethlehem Royal Hospital. Entre 1934 y 1937. etc. El famoso psiquiatra dio la asombrosa explicación de que el problema de lajoven era que no vivía. Cascando . Beckett recuerdaespecialmente de sus lecturas de esta época los magníficos poemas de Hölderlin y la novela deFontane. Berlín y Dresde. El cáustico sentido del humor y la penetrante ironía. Londres y Dublín.y a París. y los deseos de su cuerpo. En 1936 regresa esporádicamente a Dublín -publica un poema. llegan a Dublín con objeto de recuperarle. Existía pero realmente no vivía y por eso no había podido ayudarla. Este episodio le gustó tanto a Joyce que un día sorprendió a Beckett recitándolo dememoria. Pope. no como filósofo. EnMurphy se parodia especialmente la problemática relación entre el cuerpo y la mente. un omnisciente narrador. en Kent. Schopenhauer. Chejov. es la tarea delartista contemporáneo .

Beckettinsiste de nuevo en que el arte es la expresión de una necesidad a través de un camino de dudas einterrogaciones: El arte ha sido siempre esto -pura interrogación. crítica de los poemas de Dennis Devlin. En otro ensayo de esta época escrito en francés.a literature of the un-word . a perseguireternamente una meta en continua recesión.Magazine. Les Deux Besoins. Consideraal lenguaje como un velo que ha de rasgarse para poder acceder a las cosas -o a la nada. excepto el periodo de la guerra. preguntas retóricas sin retóricaindependientemente del papel que la realidad social le haya obligado a jugar. Expresasus deseos de crear una literatura liberada de la palabra . De la tensión entre la necesidad artística de expresar y el nada que expresar surge laobra de arte -idea que Beckett mantiene. Se instala en el núm. donde vivirá hasta 1961. y de la imposibilidad de hacerlo. Reanuda su amistad con Joyce y entabla nuevas amistades con artistasplásticos: los pintores Geer y Bram Van Velde y el escultor Giacometti. Continúa su exploración estética enI ntercessi ons. También expresa susdeseos de pecar contra su propia lengua . Thrale. con la apoteosis de la palabra joyceano. Murphy yel resto nacieron el día en que me di cuenta de mi propia ignorancia. Sólo entonces comencé aescribir las cosas que sentía . surge la obra de arte que no es sinouna oscilación angustiosa entre alternativas penosamente inadecuadas. Es en este diálogo donde Becketthabla de la fidelidad al fracaso como la motivación de Bram: ser artista es fracasar como nadiese atreve a fracasar. Trabaja con su amigo Alfred Peron en la traducción deMurphy al francés. el dilema humano entre el deseo y la imposibilidad de conocer: El hombre es por definición una criatura desposeída. Beckett expone. esta carta es una especiede declaración de la creación a través de la destrucción . plasmaría en sus obras. y siguiendoel consejo de Joyce comenzará a escribir dictado por su sangre . podría ser una guía adecuada. no por su intelecto . De esta necesidad de conocer de unavez por todas. y añade que esta idelidad al fracaso establece una ocasión y relación nuevas [con el objeto artístico] . Beckettbosqueja ya una especie de credo artístico nuevo que. Beckett parece dudar acerca del camino que debe seguir. pero está enamorada de su vehículo . Poco a poco la gran cultura y erudición beckettianas irán difuminándose en sus obras. condenada. una vez más.ocultastras él . Escribe críticasde libros para ganar algún dinero. continúaBeckett. 21 . La admiración de Beckettpor Bram Van Velde quedaría plasmada en el tercero de sus diálogos con Georges Duthuit. De 1937 a 1942. el fracaso es su mundo y el huir de él traicionarse . Gertrude Stein. 6 de la Rue des Favorites. y que el artista obligado a crear hace un acto expresivo de sí mismo de su propia imposibilidad de su propiaobligación . En el otoño de 1937 vuelve a París. Como dice la profesora Cohn. que abandonará sinconcluir. en élambos analizan la relación entre el artista y el objeto de su arte. Comienza a escribir unaobra de teatro sobre las relaciones entre Samuel Johnson y Mrs. En una carta de esta época a su amigo alemán Axel Kaun. Desea encontrar una clase de silencio que agujeree el lenguaje y contrapone estaliteratura todavía no escrita . más tarde.

Guggenheim contaría más tarde que Beckett en esta época era impredecible e indeciso acerca decasi todo. Joyce y Valery Larbaud le ayudaron a cobrar un cheque irlandés que le permitióir a Toulouse. Beckett vuelve a París inmediatamente: Prefería Francia en guerra que Irlanda en paz. la novela transcurre en Irlanda. fue apuñalado por un extraño y estuvo a punto deperder la vida. Watt. Watt. coleccionista de arteamericana. Un extraño incidente sucedió en 1938. (Beckett a Israel Shenker. Corrigieron el error obteniendodocumentación falsa y huyendo al sur de Francia a la Vauclus e . A su regreso a París en 1942 es cuando se une a la Resistencia.En todas sus exploraciones estéticas de estos años Beckett insiste en que este arte de dudas einterrogaciones es quizá la única vía para conocerse a sí mismo. SuzanneDeschevaux-Dumesnil. Conocemos con todo detalle la increíble ygrotesca historia de la familia 22 . que le llamaba Oblomov como el héroe de la novela de Goncharov por su indolencia. Beckett visita a su agresor en la cárcel y le pregunta el por quéde su ataque: Je ne sais pas monsieur . La gratuidad de los actos humanos es un tema recurrente en su obra. del racional protagonista. a la casa totalmente irracional de Mr. y éste es el tipo de arte al que él sededicará.la Merdecluse en Esperando a Godot. con quien vive desde entonces aunque no se casaronhasta 1961. e ilustra los esfuerzos que Watt hace por explicar todo lo que allísucede. un intelectual puro . le contesta éste.mecanografiaba la información y la preparaba para ser microfilmada. En su libro Out of this Century. Sólo treinta de los ochentamiembros de su grupo sobrevivieron la guerra. por razonar sobre lo irrazonable. Poco después de salir del hospital. Allí Beckett trabaja como agricultor de día y escribe su novela más cómica. frase que años más tarde repetirá elmensajero de Godot. 1956. En 1939 estalla la guerra cuando visitaba a su madre en Dublín. En esta época Beckett tenía un affair con Peggy Guggenheim. Watt. y esto para ella era uno de sus atractivos. Prière faire necessaire pour corriger l erreur. le describecomo: un escritor frustrado. Cuandopaseaba con unos amigos por las calles de París. cuenta la historia de un viaje de ida y vuelta. Se enumeran exhaustivamente todas lasposibilidades lógicas de los problemas más triviales. Su último encuentro con Beckett había tenido lugar el añoanterior en Vichy. esto es. que impresionaría profundamente a Beckett. pianista de profesión. También irá a verle al hospital una antigua amiga de L École Normal Supérieur. Beckett y Suzanne nofueron detenidos por los nazis gracias a un telegrama de la señora de Alfred Peron: Alfred arrètépar Gestapo. Joyce le visita en el hospital y escribe luego a su hijo: Beckett se ha salvado demilagro. En 1941 muere Joyce en Zurich. Knott. La guerra le hace salir de la apatía y letargo de estos años según sus propias palabras y en espe-cial los crímenes nazis cometidos contra muchos de sus amigos. por las noches: para olvidar la guerra y la ocupación -quizá también por esto. Beckett se une a un grupo de laResistencia y se ocupa de traducir información sobre los movimientos de las tropas alemanas.

especialmente en elhecho de que los héroes beckettianos hacen -como los pícaros . en la Vaucluse donde decide cambiar el estilo elusivo y erudito de susprimeras obras y para facilitar esta tarea. hasta que las palabras se acaben. cuatro. sino que complementan y conforman la estructura narrativa final dela obra. o la irrealidad de lo real Al finalizar la guerra en 1941. Las influencias de Cervantes. se mencionan a menudo tras el estilo narrativo de lasnovelas de Beckett -especialmente las de los años40.Lynch. el sonido predominante sería. El desorden de los capítulos. paradigmáticos de la prosa poética de sus obras posteriores. Su autor dice que esta novela está escrita en franglais . uno de los episodios más cómicos de toda la novela. ciudad totalmentedevastada por la guerra. el percusivo. La voz de Beckett. pero estas no sonmeras interrupciones gratuitas. Como ejemplo demusicalidad y de vaciado del contenido semántico de las palabras hasta convertirlas en merossonidos. las innumerables enumeraciones y el vaciar las palabras de sentidohasta convertirlas en un simple sonido. convirtiéndolasen un simple susurro al predominar los sonidos fricativos. y es allí donde ha conocido a Watt. que está lleno de anotaciones marginales en francés. el narrador entra en la propianovela como un personaje más. Su narrador. Louit para redactar su tesis sobre los visicelts . 5. dificultan sin duda la lectura de esta novela. quien. Como Cervantes. En traducciónal castellano. obviamente. cambia también de lengua. tres. Sterne y Swift. ciertos paralelismos con la novela picaresca. y hace toda clase de comentarios sobre ella. al predominar la repetición delas consonantes: p y r . La tensión lingüística a que Beckett está sometido en esta época se evidencia en el manuscrito de Watt. Beckett viaja a Irlanda para visitar a su familia. especialmente las eses . le ha contado su vida: Dos. La locura de la guerra y la ocupación impregnan las páginas deWat t. Beckett 23 . y acabó hablando y pensando en francés únicamente. nosconfiesa que está en un hospital psiquiátrico. ese fue el orden en que Watt contó suhistoria . o los problemas del Sr. sin duda. en Normandía. seguirán existiendo hasta que notengan nada más que contar. de un modomuy singular. uno. pero el lectorpaciente tendrá la recompensa de disfrutar de la devastadora ironía beckettiana y de la musicalidadde su lenguaje. Por ejemplo. Hay también. Beckett tenía que hacerse pasar por un campesino francés para no ser delatado porlos espías nazis.todo lo posible para sobrevivir acualquier precio.insistiendo continuamente en la ficción de todo lo narrado. citaremos el famoso párrafo sobre la tierra: My earth and my father s and my mother s and my father s father s and my mother s mother s and my fathers mother s and my mother s father s and my father s mother s father s and my mother s father s mother s Y así se siguen permutando las palabras padre y madre durante once líneas más. Sam. Encuentradificultades para regresar a Francia y se apunta como voluntario en la Cruz Roja irlandesa paratrabajar como intérprete en el hospital irlandés de SaintLô. y por mucho que deseen acabar sus historias . o sus protagonistas. Su lengua materna comenzó aparecerle extraña y es. quizá. Beckett interrumpecon frecuencia la narración principal para intercalar otras narraciones secundarias. Una vez más.

entransit i on. Publica tres poemas entransition (junio de 1948).hubiera sido sin duda un buen escritor. que con el titulo de Suite aparece en la revista de Jean Paul Sartre Les Temps Modernes. (julio de 1946). Para queel lector se haga una idea de lo extraordinariamente productivo de este encierro.que termina en mayo de 1948. Si Beckett hubiese continuado escribiendo en inglés. cualquiera que presteatención a su propia experiencia se da cuenta de que es la de alguien que no-sabe. 1957). A Richard Coe le diría. Al escribir en francés tenía que someterse a la disciplina de las palabras.Aquí termina este período de creatividad febril totalmente en francés. únicaobra en inglés escrita en estos años. hoy en día. regresa a París y. Este periodo de escritura en francés. Comienza aquí el periodo que a menudo se ha denominado sitio en la habitación ( thesiege in the room ). en la prosa notable de sus primeros años. han sidovariadas: Parce qu en français c est plus facile d écrire sans style (Porque en francés es más fácilescribir sin estilo) (Beckett a Gessner. que aparece en Cahiers d Art. Escribe la primera versión de La fin .abandona la seguridad personal y se encuentrarodeado por el sufrimiento humano y la muerte. que finalizará en enero de 1949. en 1964. con el deseo de empobrecermeaún más. En otra ocasión afirmó: Je me remis à écrire en français avec le desir de m appauvrir encore davantage. A finales de enero de 1950finalizaL i nnomabl e. como señalamos antes. Como artista. citaré en sucesiónlas obras escritas entre 1941 y 1910: La Peinture des Van Velde. A finales de 1945. Beckett encuentra suvoz original en el momento en que se da cuenta de su impotencia y de su ignorancia: Joyce. que le deja en una situación de impasse : il m ait mis dans les sales draps . convierte a Beckett enun escritor genial. L expulsé . cuanto más sabia.que no-puede. En1947 escribeEl eut héri a (pieza teatral inédita). y empieza aescribir En attendant Godot. Meses mástarde. que teníamiedo de la lengua inglesa: because you couldn t help writing poetry in it (porque en ella nopuedes evitar escribir poesía). en su ensayo sobre Proust. Yo trabajo con impotencia e ignorancia. Entre julio ydiciembre de 1946 escribe Mercier et Camier. (A Ludovic Janvier.Mol l oy y al final de año comienza Malone meurt. comparaba elestilo a un pañuelo alrededor de un cáncer de garganta . en esta misma revista. 1968. a su primigeniamendicidad. Paradójicamente. Beckett. Creo que. No creo que la impotenciase haya explotado en el pasado Mi pequeña exploración es sobre esa zona quesiempre ha sido dejada a un lado por los artistas como algo inservible como algo pordefinición incompatible con el arte. Un autor que ha ampliado los límites de lo real . En marzo comienza L innomable y endiciembre publica.C était le vrai mobile (Me puse a escribir en francés. sorprendentemente. Las razones que el propio Beckett ha dado. publica una colección de doce poemas Poèmes 38-39 .) 24 . sobre su cambio de lengua. ou: le monde et le pantalón -primer ensayo crítico en francés. encuentra su antiguo apartamentodisponible. los Tres diálogos con Duthuit . Premier amour y Le calmant . Ese fue el verdadero motivo). e iluminado los aspectos másrecónditos de la existencia humana. más podía. una de las voces más originales y uno de los autores más revolucionarios delpresente siglo. Este estado de sitio será el periodo más fructífero de su vida creativa. tiende hacia la omnisciencia yla omnipotencia. El poema Saint-Lô (1946).

sino quien permite que el lenguajehable en él subrayado mío. no acerca dealgo. no muchas .al que se acaba de aludir. o historias.Solo no hubiera llegado nunca. Beckett parece ser que tuvo una especie de epifania y se dio cuenta de que la oscuridad . quizá. Sus héroes son a la vez sujeto y objeto de sus relatos: Estoy en la habitación de mi madre. Me ayudaron. Soy yo quien vive aquí ahora. que viven en las palabras y por las palabras: las palabras hansido mis únicos amores. como Joyce en Finnegan s Wake. se crea no sóloMoll oy. pero estas negaciones y afirmaciones se niegan inmediatamente o más tarde o mástemprano . Él no lo niega. En una ambulancia quizá. lo cierto es que Beckett ha creado un estilo único. también. No sé cómollegué aquí. Aún reconociendo que Beckett como gran escritor nació en los años de la postguerra en Francia. tanto dinero. sobre este terreno de arenas movedizas. Molloy hace constantes hipótesis y se interroga acerca de sí mismo -y acerca de su situaciónaunque no siempre es capaz de responder a sus propias preguntas.presentara la esencia de su visión poética. que él tanto temía. el lenguaje en una voz. no se originó del modo tanromántico como se suele presentar. quizá.Cada personaje es uno y a la vez múltiple. En unas pocas frases. Puede ser. Tantascuartillas. desprendida de todo artificio.De éstas y otras citas similares se desprende que Beckett quería abandonar el exhibicionismolingüístico de sus años jóvenes y escribir en una lengua que. El patrón narrativo de estas novelas es un viaje de ida y vuelta. pero utilizando un caminototalmente opuesto: el de la simplificación. A lo largo de surelato. Su estilo es esencialmente oral. La escritura se convierte en narración. La historia. compuesto de frases exentas de toda retórica y erudición. Hay un hombre que viene todas las semanas. forman una identidad. Boccaccio.Cervantes al Joyce delUli ses. Niega y afirma todo al mismotiempo. antes de Beckett. en todo caso en algún ve hículo. de una sencillez asombrosa. que nos cuentan ycómo nos lascuentan. en undía de tormenta. nos dice el autor en De una obra abandonada. con un lenguaje musical. 25 . Por fin Beckett encuentra su propio estilo de narrar. sino tambiénMal one muerey El innombrable. que se decidiera a seguir el consejo deVico: Todo aquel que quiera brillar como poeta tiene que des -aprender su lengua nativa y volver a la mendicidad prístina de las palabras. de la narrativaconvencional hasta límites que nos hubieran parecido imposibles. Esta cita de las primeras líneas deMoll oy puede ser un buen ejemplo del estilo oral beckettiano. o el verdadero origen de suvisión artística. Molloy nos describe susituación. y utilizando unlenguaje de una abrumadora belleza -en palabras de Jerôme Lindon. tanto dinero. podía ser.transparente y cortante. sino presentar ese mismo algo. su indigencia y su profesión de escritor: tantas cuartillas. Como diceNovalis: No es escritor quien usa el lenguaje. Esta visión artística. sus protagonistas son voces que nos hablan. que hacemos nuestras. Cualesquiera que fueren las razones reales de su cambio de lengua. Me da dinero y se lleva las cuartillas. su mejor fuente de inspiración episodio que estáhecho ficción en La última cinta. Paseando por un muelle en Dublín a mediados de los 40. Chaucer. la depuración y la destrucción . Quizállegué aquí gracias a él.personajes que se crean hablando. o una búsqueda siguiendo la mejor tradición de la literatura oral : Homero.

hoy nadie duda de la continuidad de su obra. no sabiendo cómo salir del impasse en que le había dejado El innombrable.. Comienza a traducir al ingléssus propias obras. en colaboración con Octavio Paz. recorre un sin fin de editoriales con los manuscritos deLa Trilogía. paradójicamente. No podía creerlo. que lo que sentía eraque la publicación deMolloy causaría nuestra bancarrota . que yo como editor no tenía nada que ver con ella: era un manuscrito publicado y. rechazado por varios editores. al poner en escena En attendant Godot. Roger Blin jugaría un papel igualmente importante en el nacimiento del dramaturgo. mostrándonos lo real de la irrealidad . son dignos de todo elogio al aceptar unas obras que. desde elpunto de vista comercial... el 5 de enero de 1953 en París. de la que de un modo u otro. LeíMo llo y en unas horas como no habíaleído nunca un libro antes. Lindon le preguntó si noestaba de acuerdo con los términos del contrato y Beckett le contestó que no. No era una novela que había sido publicada por uno demis colegas. religiosos. En agosto de 1950 muere su madre. Este apareció undía en las oficinas de Minuit con los contratos firmados y muy triste . La sensibilidad y el buendiscernimiento artístico de Lindon. en el Teatro de Babilonia. En 1949. para comer -como todavía él recuerda. y Watt estaba a punto delograrlo en casa de Mr. Murphy muere accidentalmente cuando casi lo había conseguido. Sí Jerôme Lindon jugó un papel crucial en el descubrimiento de Beckett como novelista. lo realmente real. una obra maestra sagrada. Blin dirigió La sonata de 26 . Suzanne. Soy yo quien vive aquí ahora. totalmente ficticio.Moll oy es hoyuno de los libros más vendidos de Minuit. A partir de La Fin . Desde la primera línea: Estoy en la habitación de mi madre. La historia es bien conocida. etc. creemos que la razón construye sobre irracionalidades. todos pretendenescapar. Esperando a Godoty Eleuthéria. A través de Suzanne. En noviembre de este mismo año firma un contrato conJerôme Lindon de Les Éditions de Minuit para publicar Molloy. Knott. Malone muere y El innombrable. Sin embargo. Cabe recordar aquílas palabras de Unamuno: Lo real. A todos sus personajes -incluimos aquí al primero de ellos. de la coherencia de su mundo cerrado y autorreferencial..Beckett vuelve a hacer trabajos de traducción. es irracional. laabrumadora belleza del texto me invadió.Lindon nos cuenta que un día encontró sobre su mesa los tres manuscritos de La Trilogía y ese díasupo que iba a ser un verdadero editor . estéticos. éticos. los personajes de Beckett viven exiliados enun mundo irracional. estas novelas no rompentotalmente con el mundo exterior. al indolente Belacqua-. por mucho que enMurphy yWatt se parodien yridiculicen todos los sistemas.les une una insatisfacción con la realidad externa. sociales. Lindon envió los contratos a Beckett para que los firmara. Entre ellosuna Antología de poesía mejicana. sabia que no iban a ser un éxito -aunque. De 1950 a 1955.. Su mujer. pero creemos importante destacar las razones que impulsaron a Beckett a enviar los manuscritos de sus dos primeras piezas teatrales a Blin.

Shepard. Godot sería así la cristalización de los deseos ynecesidades que todos tenemos. Beckett vio la obras dos veces.hablan con el tirano Pozzo y su esclavo Lucky al cual le obligan a pensar para divertirse. Mamet. Mientras sus protagonistas Didi y Gogo esperan a Godot. A los cuarenta y siete años. en esta obra dicen más de los propios críticos que las descubren que de lapieza en sí y su universalidad y grandeza reside precisamente en esto. también en 1956. por lo quese supone que Didi y Gogo seguirán esperando. en que cada uno de losespectadores saca sus propias conclusiones y se ve.como dice el protagonista deComedia. visitará 27 . juegan con sus botas o sus sombreros. o actuando de un modo similar a ellos. que jamás habían oído hablar de Pascal. Se hace cargo de laeducación de sus sobrinos Edward y Caroline.las controversias que iba a suscitar. Esperando a Godot es simplemente la historia de una espera. nuestra manera de actuar. de hecho meencuentro mejor con el último ya que he respirado profundamente sus airesvivificantes toda mi vida de escritor. Undirector tan influyente como Peter Hall ha declarado: Beckett ha cambiado nuestra manera de representar a Shakespeare. Las múltiples resonancias filosóficas y literarias que seencuentran. Albee. sin duda. Beckett comentaba. Dramaturgos tan notables como Pinter. una obra que trataba continuamente de evitar toda definición . tienen que matar el tiempo haciendo algo. al tener menospersonajes. que el éxito de Esperando a Godot se había debido a queesta pieza se había entendido mal: La crítica y el público insistían en interpretar en términosalegóricos y simbólicos. en el Teatro de la Gaîté-Montparnasse. nacieron a la sombra de Beckett y confiesan la influencia de éste en sus obras. A Blin le interesaron las dos piezas y si estrenóGodot y noEleut héri a fue porque. Fugardo Arrabal. Ni el director. Stoppard. Beckett se hace famoso y decide retirarse a su casa de campo en Ussy. ni de los hermanos Fratellini. Beckett viaja a Dublín para asistir al funeral de su hermano Frank. Después. Si esperamos tenemos que esperar a alguien ysi continuamos esperando es porque ese alguien nos ha prometido algo lo suficientementeimportante como para dar sentido a nuestra espera. y ese algo que hacen es loque estructura la pieza. excepto los dos últimos años (Beckett a AlanSchneicher. Y esto es todo. de escribir y de dirigir teatro.espectros de Strindberg. ni la enorme influencia que iba a tener en el teatrocontemporáneo. just play . rehusando todo tipo de entrevistas: El éxito o el fracaso popular nunca me han importado mucho. de un modo u otro. ya que había sido fiel al texto y al espíritu de Strindberg. Los dos amigos charlan. y al finalde cada uno de los actos reciben el mensaje de que Godot no vendrá hoy pero sí mañana. ni el autor esperaban el gran éxito que iba a tener la obra. representado en susprotagonistas. Por eso entendieron tan bien esta obra los prisioneros de SanQuintín (California). en una sala casi vacía y decidió enviar Esperando a Godot yEl eut héri a a Blin. En 1954. puro juego es cénico. era más barata. 1956). discuten.

sino sugerir. La representación escénica sigue un proceso entrópicoimplacable. para voces.. como nos dice el autor. orquestados por una serie de movimientos inútiles encaminados a llegar aun fin.. Beckett escribe principalmente piezas teatrales. tres están paralizados y el cuarto se mueve con dificultad. (1955). etc. que está mejor concebida. utilizar palabras con una aureola de asociaciones. y nonace de la acción -gestos. 28 . Hay una situación opresiva demutua dependencia. ya que Blin había tenido problemas para encontrar un teatro en París. estación. no para cuerpos . movimientos. el papel fundamental de pausas y silencios y laeconomía y precisión gestuales. El año 1956 marca el regreso de Beckett a su lenguamaterna con la creación de la pieza radiofónica All that Fall (Todos los que caen).-. La crítica la recibió con perplejidad cuando no con abierta hostilidad. dedicada a Roger Blin en agradecimiento por el éxito de Godot. ecos de su Foxrock natal. las relacioneshumanas son abiertamente hostiles y están a punto de extinguirse. El 3 de abril de 1957.insinuar. en 1967. iglesia. sino de frases cortantes e inesperadas como la famosade Nell: nada hay tan divertido como la desgracia . En los años 50.hipódromo. se hace real el pueblo de Boghill y sus habitantes..desde el punto de vista escénico. estrena en Londres en francés: Fin de partie y Acte sans paroles 1. aunquesigue conservando la nacionalidad irlandesa. solamente trata de aplazar el inevitable final. Regresa a París y comienza a escribir Final de partida. Esto es lo que hace el diálogo peligrosamentesencillo de Fin de partie. compositor. etc.. aparecen en esta obra creada. Es un mal jugador. o casi acabándose . La inmovilidad comienza a invadir la escena yde sus cuatro personajes. Las voces son en esta ocasión una serie de personajes típicamenteirlandeses con un lenguaje. Cada uno de sus gestoses un nuevo movimiento inútil que pospone el fin. y el oficio del poeta no es clarificar. que no avanzarácon el garfio. escribe Acto sin palabras 1. que está en recesión continua.. El tema central de esta pieza es la imposibilidad de acabar. Sus casas. El humor de esta obra es puramente textual. Beckett dirigiendo la obra en Berlín. mucho más corrosivo y salvaje que el deGodot .. El lenguaje dramático se compone de solos y dúos.. La estructura musical de las obras posteriores. que penetrenprofundamente en las emociones. y con el actor de pantomima DerekMendel. En colaboración con su primo John Beckett. que Esperando a Godot. hizo unas declaraciones sorprendentemente explícitas: [Hamm] es un rey en un juego de ajedrez perdido desde el principio. Sólo unos pocos críticos resaltaron su lirismo y su simplicidad escénica El señor Beckett es un poeta. personajes y objetosestán acabándose . que oscila del modo más natural entre los coloquialismos más vulgaresy un profundo lirismo. Desde elprincipio sabe que está haciendo ruidosos movimientos sin sentido. Final de partida no obtuvo la favorable acogida de su primera obra.muy raramente Irlanda. A través de vocesy sonidos. están ya presentes en Final de partida. de monólogos y diálogos musi -calmente estructurados.

From an Abandoned Work ( De una obra abandonada ). la producción de Beckett durante los años 50 es bastanteescasa. simplemente camina describiendo las cosas que ve y comenta sus sentimientos sobre ellas. como en Imagination morte imaginez (1965) y 29 . estos residua son restos de ficción -o novelas reducidas-intensamente líricas. Beckett ha dicho: Nunca escribo unasola palabra sin haberla dicho antes en voz alta (Beckett a Jean Reavy. y también la primera narración en inglés después deWat t. un encuentro -con Pim. también por primera vez. en 1919. por ejemplo.Residua en inglés. que odia todo lo que se mueve y que le encanta el blanco y las cosas inmóviles. Después de Comment c est. Escribe una colección de textos que titulará despectivamente: Textes pour rien ( Textospara nada ). una voz nos habla de un personaje generalmente mudo e inmóvil. una voz con el tono y el ritmo delinglés hablado en Irlanda. nacen en La última cinta. La fragmentación sintáctica caracteriza a este último relato. Beckett volverá a escribir relatos cortos: Tètes Mortes . conbreves alusiones a otro mundo up in the light (arriba en la luz). que supone todo un cambio en su estilo narrativo. A principios de los 60.va a jugar un papel protagonista. que debería leerse en voz alta. o sea. y escribepara él The Magee Monologue . Beckett sitúa a suspersonajes arrastrándose por el barro. todo secalcula y se mide.Como es .Su protagonista ya no busca al ser oculto tras los pseudo-seres que va creando. una vozgrabada -la del joven Krapp. Beckett llegó a decirque la voz que oía en su cabeza era igual que la de Magee. donde las cosas suceden de otromodo. Beckett sale de la fragmentación textual narrativa con una obra maestra: Comment c est (Como es). La cualidad oral del lenguaje beckettiano se puede apreciar también demodo especial en esta novela. como El innombrable. Estas son las primeras palabras de la novela que. de laTril ogí a. 1962). Confiesa. oye por la radio la voz del gran actor irlandés Patrick Magee.y unaseparación -después de Pim. como en Assez (1966) y en otros la precisión científica. narrada en forma de versículos sin puntuaciónalguna. en un mundo de una oscuridad y un silencio implacables. obra en la que. nos cuenta la historia de una espera -antes de Pim-. En unos relatospredomina la armonía y la calma.A mediados de los años 50. es un largo poema de frases cortas y repetitivas. Se inicia también en esta obra la escritura sin comas. que do tan al lenguaje de un ritmoy estructura musicales. voces grabadas tendrán un papelfundamental en sus obras más recientes. por una voz impersonal. una especie de transcriptor que se limita a repetir lo que alguien le dicta: Como era cito antes de Pim con Pim después de Pim como es tres partes lo digo como lo oigo. La poética de la luz y la oscuridad escénica. Haciéndose eco de Leopardi: É fango e il mondo . fundamentales en el últimoteatro de Beckett. que acabará siendo La última cinta (1918). Como su titulo indica. En ellos yase apunta la dicotomía voz/imagen típica de los últimos textos beckettianos. característica desus textos posteriores. Sus personajes son seres inmóviles que habitan en mundos blancos apa-rentemente estériles. Por lo que se refiere a la narrativa. Sustituye al todopoderoso narrador en primera persona.

en esta novela se crea un mundosuperpoblado y en movimiento constante. Una figura gris encapuchadaescucha. escrita a principios delos 60. dentro de éste. El teatro de Beckett de los años 60. participa también del proceso experimental y minimalista quecaracteriza a su narrativa.Bing (1966). Beckettinicia su teatro de los años 70. suspendida. estrenada en 1972. reduciendo a la protagonista a una boca ardiendo . La actividad humana siempre ha sido objeto de parodia en laobra beckettiana. dura treinta segundos. es su título en inglés): un seul ètre vous manque er tout est dépeuplé . Ésta será la última obra dramática beckettiana de una duraciónescénica normal . inmóvil. El proceso reduccionista no podía ir más lejos. a unos tres metros del suelo. el torrente verbal de la protagonista.que consiste en una inspiración y una expiración profunda. Si el vacíoy la inmovilidad amenazaban con invadir los textos precedentes. Play (Comedia). el sufrimiento. los que no hacennada: Ubi nihil vales ibi nihil velis (don de no puedas nada. después de los Textos para nada . que marca un nuevo giro en su estilo narrativo. y cada una de sunovelas. y sus personajes más atractivos son generalmente los pasivos. es una notable excepción. o piezas teatrales. no desees nada). tanto por su contenido como por superfecta estructura.Oh Calcut t a!--. Sin embargo. no menos lo fue Not I (Yo no). Beckett es un autor genuinamente experimental que no se repite formalmente nunca. y. Si Como es era totalmenteimpredecible. Los críticos que no ven más que repetición en Beckett es porque se centran sólo en sutemática: la soledad. que ya aparece enMurphy. cada uno a su modo. ni tampoco la salida delcilindro. Doscientos cinco seres habitan en un cilindro. 1979. ya que ni encuentran a su ser perdido. dura un cuarto de hora. buscando. enun espacio escénico totalmente negro. Unas vecessus experiencias se desarrollan en el campo narrativo y otras en el dramático. y Breath (Aliento). es favorita de Beckett. que sospechan que existe. presentan nuevas posibilidades y amplían el lenguaje de sus respectivosgéneros. al ser perdido (The Lost Ones. Come and Go (Ir-yvenir). Beckett vuelve a salir de la actitud minimalista de los 60 con Le depeupleur. La actividad del cilindro es enloquecedora y penosa. acompañadas de un aumento ydisminución de la luz escénica. aproximadamente. Breath (1966) es una broma dramática escrita en una postal para la revista musical de Kenneth Tynan.pieza teatral que sigue aAl ient o y que es quizá la obra dramática más original de este autor. Estosseres fracasan en su doble búsqueda. cerradocompletamente al mundo exterior. losespectadores/lectores de Beckett estamos acostumbrados a las sorpresas. la imposibilidad de 30 . Esta fiase deGeulincx. por el calor extremo que sus habitantes tienenque soportar y por el roce continuo de unos cuerpos contra otros en tan reducido espacio. Happy Days (Los días felices). En 1971. dura. media hora. Beckett concluye los años 70 con una novela no menos extraordinaria: Company (Compañía). la brevedad de la vida humana. Del caos verbal de laTril ogí a. como se verá más adelante. a su otro ser. pasamos al orden y la exactitud rigurosa de Tétes Mortes .

Beckett dijo que lo aceptaba con la condición de no tener que ir aEstocolmo a recogerlo.Fue también en esta época cuando comenzó el reconocimiento oficial de Beckett. En 1966 experimentará con la televisión. Cuando su amigo Jerôme Lindon le comunicó porteléfono la concesión del premio. temas que ciertamente estánpresentes en todas sus obras. facilitan los estudios en este campo. El 23 de octubre de 1969. pensando seguramente. con la puesta en escena de Va et vient. con el paso del tiempo etc.Afortunadamente -como apuntábamos al principio-. al hablar de Los días felices. ya que una inundación. yCascando(1963). En 1961 comparte con Jorge Luis Borges el Publishers Prize . alterna con las posibilidades expresivas de voces/palabras y música. Beckett. en 1966. Incluso críticos que se habíanmostrado escépticos sobre la verdadera importancia de la obra beckettiana. Sus admiradoresseguían insistiendo en que Beckett es: un escritor de una importancia y estatura clásicas cuyas piezas teatrales y novelasno pueden ser ignoradas por nadie a quien le importen estos géneros. cámara móvil e imagen inmóvil enEh Joe. la pureza de su lenguaje y su especial sentido del humor. obtiene el premio de la crítica en el Festival de Venecia por su película Film. para colaborar con sudirector americano Alan Schneider. Con la concesión del Nobel. 1962. Beckett comienza sucarrera de director teatral Teatro Odeón de París. La recepción del Nobel podríamos calificarla de beckettiana . la crítica en torno a Beckett se disparó. sino uno de los personajes principales. le conceden el premio Nobel de Literatura: por una obra que dotando de nuevas formas a la novela y al teatro. en el sur de Túnez. o por quienesquieran entender lo que ha sucedido en nuestra civilización en los últimos treintaaños. experimenta en el campo cinematográfico y viaja a Nueva York. Las donaciones que ha hecho el autor desus manuscritos a distintas instituciones y universidades. alababan ahora sumaestría formal. en la creación de su única película. Los años sesenta son especialmente fructíferos dentro del campo dramático. en elacoso que iba a suponer para su vida privada. decidió ir a Túnez de vacaciones. premio internacional otorgado por los editores. Lindon recogió el Nobel en su lugar y también tuvo que enfrentarse a laprensa. adquiere su grandeza en la destitución del hombre moderno. En sus obras radiofónicas Words and Music (Palabras y música).Los Días Felices Samuel Beckett comunicarse.Describiremos más adelante el largo y meticuloso proceso creativo que sigue Beckett paracomponer sus obras.Film. con Buster Keatoncomo protagonista. La señora Beckett calificó el premio de catástrofe . En 1964. 31 . que no es meroacompañamiento. que sabía que estaba entrelos favoritos. El talento experimental de Beckett se refleja en todos los campos artísticos en los que hatrabajado. la crítica más reciente se centra más en elestudio del proceso creativo más en elcómo que en elqué. pero tratados de maneras diversas en cada una de ellas. En 1961. la degradación física.. protegió a Beckett de la persecuciónperiodística.

obra dramática de 1976. que Beckett escribiría tres años más tarde. Por lo que respecta a la prensa. donde generalmente sededica a escribir y a escuchar el silencio. El humorcasi desaparecido de la narrativa de los años 60 vuelve a aparecer en esta novela. quizá.. al narrarlos. yCompañí a es el título de su novela más autobiográfica. El conflicto realidad/ficción es central en estanovela. cuyo protagonista niega que la vida que se cuenta sea la suya. en auto-parodia en los textosbeckettianos. Todas las escenas delpasado . en 1973..de habla.dividiendo su tiempo entre París. Quizá la única concesión -y estocomo siempre por insistencia de sus amigos. pero la fecha de sunacimiento le parece pura ficción. Acepta estar tumbado ya que siente el peso de sus huesos contra el suelo . Desde su encierro creativo. se convierten en pura ficción. recordándole su pasado y describiéndole minuciosamente su situación presente. utilizando laparodia como recurso.. Mercier y Camier. La parodia se convierte. Hasta cierto punto . y su casa de Ussy. publicados en el número 2 de la revistaMi nuit . la vida de Beckett ha sido muy sencilla. 32 . Y la voz continúa. en el estilo de las obras que han merecido tal honor. Afortunadamente. El silencio de Beckett que está siemprepoblado de palabras. sin pérdida de carácter . en el conflicto pasado/presente aunque creemos que de manera menos efectiva que en la novelaCompañí a. todo ello. piensamejorar al oyente -el ser inmóvil que yace en la oscuridad. frecuentemente. La voz narrativa habla ahora en segunda persona y se dirige a un ser mudo einmóvil.fue el acceder a publicar. peroque. claro está. mi trabajoserá mí compañía . ahora dramáticamente. Beckett ha seguidoimperturbable su camino artístico como si nada hubiese sucedido. que Beckett irónicamente titula Foirades II y III . que incide de nuevo. salen ala luz Primer amor. y donde contesta su voluminosa correspondencia. a finales de los años 40. y los textos breves. a principios de los años 70. se corresponden con episodios de la vida del propio autor.. Pasado y presente son sólo historias que el narrador se inventapara hacerse compañía. El narrador se denomina the crawling creator (el creador a gatas). donde generalmente ve a sus amigos. para variar . Quiere obsequiar a su criatura con unamosca viva que le confunda con un muerto y dotarle de cierta actividad mental. 6.. aceptando únicamente lasdescripciones del presente: Viste la luz primera en tal y tal día y ahora yaces tumbado de espaldas en la oscuridad.obras escritas en los 40 y 50 que antes siempre se había negado a editar... dijo Beckett a Stanley Gontarski -director y crítico de su obra-. La dicotomía entre voz incesante e imagen muda se encarna en escena en That Time (Aquella vez). después del Nobel. cuanto menormejor. les hace cambiar de camino o. Cuando sea viejo . como Beckett las llama.dotándole con un intento de reflexión. leshace anclarse en el tiempo. igual que antes que le otorgaran dicho premio.A muchos escritores la concesión del Nobel les anula. y a algunos estudiosos de suobra. ha seguido rechazado casi todas las entrevistas. Beckett..

Beckett resume la vida del personaje en unas pocas líneas: El nacimiento fue su muerte. sino más bien de concentración. Actrices tan extraordinarias como Jessica Tandy. de un modo irónico.. nos habla de lo que ha sido su vida hasta esta noche .De acá para allá. por lo que supone un reto paracualquier actriz -aunque la pieza dura apenas un cuarto de hora.. Con los primeros pasos. Por eso ceño fruncido siempre. y otro espectador. afecta a los nervios del espectador. depuración y profundización enlo esencial..mandíbulas ¿qué?. e incluye también en su título el nombre del lugar donde lapieza fue estrenada. que han interpretado la pieza. con un débil rayo de luzdando vida a una protagonista en forma de boca en movimiento incesante: Todo el cuerpo como desaparecido... o de empobrecimiento-como tantas veces se ha repetido-. sólo la boca. ¿la lengua?.N o t 1 es sin duda: una pequeña obra maestra que lleva a este maravilloso escritor un poco máscerca de su objetivo de destilar su visión de la esencia humana en una gota pura dearte dramático...Esta noche. que nos recuerda a May. Con su característica maestría narrativa y economía de recursos. ambas de 1977.. en Pasos -aunque enSol o el protagonista estátotalmente inmóvil-.. En este caso un Simposio sobre la obra de este autor celebrado en 33 . no tanto de reducción. Beckett trata el problema de la creatividad.. -al menos satisfactoriamente. mandíbulas. Billie Whitelaw o Madeleine Renaud.. De funeral en funeral. En esta pieza la figura delescritor se desdobla en dos. labios. El torrente verbal que esel texto ha de ser interpretado muy rápidamente y sin pausa alguna... Ceño fruncido desde entonces... De la mamá a la tata y vuelta.. Las dos últimas frases de la cita precedente nos dan la imagen central de la obra. como lo hace en Ohio Impromptu (1981).. Footfalls (Pasos) (1976)compone la trilogía dramática de Beckett. labios. más que a su intelecto.son un perfe cto ejemplo de la última estética teatral beckettiana de imágenes y voces en lapenumbra -a veces. el Lector ..Como los impromptus de Molière.. mejillas. Mamando elprimer fiasco. el Oyente . junto con las obras paratelevisión Ghost Trio (Trío de espectros) y but the clouds (. no solo crean ritmo.. un personaje creativo.N o t I (1972) y That Time (1976)... si. que como suautor pretendía. Giraudoux o Ionesco. el momento quecontemplamos en la escena.).. en los años 70. una figuraespectral masculina. el de Beckett es un ejercicio deautorreflexión sobre el acto creativo. Pausas y silencios sonesenciales en el teatro de Beckett. Toda la vida. Su teatro de los años 80 continuará este proceso. 1980. Estas tres piezas. casisiempre. peroque interviene en el proceso creativo mediante interrupciones al Lector con un ligero movimientode su mano derecha y así va creando pausas y dando forma al relato de éste. En A Piece of Monologue (Solo). sino también dan sentido a las palabras.. mejillas. casi en una total oscuridad escénica... Hasta hoy... la obligación que el escritor tiene de decir y laimposibilidad de decir lo que desea.en muchas de sus obras y. sino las nubes. como en Not 1...Además de las dos obras mencionadas. coinciden en señalar que este papel ha sido uno de los más difíciles de su vida. para así conseguir unas imágenes escénicas que perduran en la mente aún cuandohayamos olvidado los textos que la acompañan. sinparar un minuto boca ardiendo torrente de palabras. lengua.

la luz enComedi a. No. Qué dónde trata también el tema de la tiranía -tema por otro ladopresente en toda la obra de Beckett desde la creación de Pozzo y Lucky en Esperando a Godot. Sí.amordazar al protagonista. meciéndose casi constantemente en una mecedora alritmo de una voz que. donde se pregunta por elqué y eldónde de algúnsuceso: BAM. las fuentes de tortura. el cuerpo de sus actores devorado por laoscuridad circundante. Se sustituye así al bebé delas nanas por una anciana que parece estar resignada esperando la muerte o quizá simplemente elsueño. para estar seguros de que nodirá ni pío . la voz de la protagonista es dulce y serena como en una canción de cuna: hasta que al fin llegó el día llegó al fin al fin de un largo día cuando ella dijo a sí misma a quién sino hora de acabar hora de acabar Como Beckett siempre es imprevisible. 34 . Como la pieza precedente. La dom inación y el sometimiento son temas centrales de esta obra. siguiendo una serie de movimientos prefijados. una mujerenvejecida prematuramente y toda enlutada. sus personajes vuelven a la luz. afirmar que todo el teatro de Beckett es poético. Se suceden una serie deinterrogatorios de marcado carácter policial. en sus dos últimas obras escénicas. BAM. La actriz inglesa Billie Whitelaw interpretó a la protagonista. ausente en parte de sus piezas de los 70. ¿Y no lo dijo? BOM. sustituido por unhumor más bien situacional. El Impromptu de Ohio es también un cuento intensamente lírico de amor yseparación.Cat astrophe (1982) y What Where (Qué dónde). un ser mudo e inmóvil. Se estrenó el 8 de abril de 1981. EnNana ya no hay un furioso torrente verbal como en Yo no. en los Estados Unidos. dedicada al disidente checo Vaclav Havel. según señala el texto. En Qué dónde cuatropersonajes aparecen y desaparecen de escena. pero Rockaby (Nana) es la primera obra dramática de este autor escrita en verso. Reaparece también el humor verbal. casi por completo. ¿Le diste una paliza? BOM. después de tantos monólogos o falsos diálogos y de haberhecho desaparecer de la escena. como el arpón en Acto sin palabras. 1983. Se puede. se sugiere-entre otras torturas. se mueven en escena y el diálogo aparece de nuevo.laUniversidad de Ohio. sin lugar a dudas. también en un homenaje al autor en el Centro de InvestigaciónTeatral de Buffalo. quenos recuerdan el obsesivo ballet de la obra para televisiónQuad (1982). el intenso calor en Los días felices.o los objetos.Cuando no son las personas es la naturaleza. EnCat ást rofe. es su propia voz grabada .

¿Entonces por qué paraste? BOM. BAM. para que.] Bam piensa que Bom le miente y llama a un tercer personaje. BAM.Beckett suprimió todo menos las caras de los personajes que aparecen y desaparecen en unapantalla totalmente negra. no hay que olvidar queCat ástrof e es unensayo del último acto de una obra. Más en línea con la temática de este autor. una cara iluminad en un espacio escénico en oscuridad total. desde el punto de vista estético.la tiranía que el autor ejerce sobre sus propias creaciones. BAM. Bim. Qué dónde. [Pausa. La poética de voces musicales e imágenesfugaces pintadas por la luz en unos espacios escénicos casi vacíos. Qué dónde es la muestra finaldel proceso de simplificación. Sí. BAM. estas dosúltimas piezas son extrañas por su aparente realismo situacional. No pude. Si. en su versión televisiva.mediante tortura. pero las connotaciones políticas que indudablemente tienen ambas obras. BAM. En esta versión. Igualmente. Beckett piensa ahora que esta pieza funciona mejor en televisión. y. hasta el momento. La imagen final que se consigue en esta pieza. resume perfectamentela estética del claro/oscuro típica de su último teatro. Lo intenté. Nocabe duda que en la pequeña pantalla Qué dónde resulta efectiva dramáticamente y más cómica ylos rápidos cambios de imágenes producen la impresión de un teatro de guiñol . ¿Lloró? BOM. Este cambio puede parecer unretroceso. 1985). lo interesante es la manera distinta con que Beckett abordaun tema ya tratado anteriormente. No. la versión que elautor hizo de. ¿Gritó? BOM. Beckett nos hace así una vez máspartícipes del proceso creativo. Dentro del último teatro de Beckett. Aunque no se sabe muy bien cuál es el secreto que. ¿Y bien? BOM. a su vez. Esta es la últimacreación escénica de Beckett. noagotan en modo alguno su significado. como el propio texto índica. a las que tortura y manipula hastaconseguir las imágenes y las palabras deseadas. creemos que sepueden interpretar como nuevas metáforas sobre el proceso creativo que muestran el autoritarismo. una especie de gran inquisidor . ¿Y no le reanimaste? BOM. El cuarto personaje se llama Bem y el quinto es un megáfono. ¿Suplicó piedad? BOM. interrogue aBom. encaja perfectamente dentro de la última estética delclaro/oscuro beckettiana. Se desmayó. Sin embargo.BAM. ACatástrofe y Qué dónde se les ha denominado el teatropolítico de Beckett. para la televisión alemana. Sí. identificado en el texto como lavoz de Bam. ¿Pero no lo dijo? BOM. forma parte de este mismo estilo dramático. BAM. 35 . Was Wo (Stuttgart. depuración y experimentación con el lenguaje escénico iniciado porBeckett hace más de treinta años con Esperando a Godot. se pretende arrancar.

Beckett continúa su ontoespeleología particular. esta última obra es. por tanto. como en el Impromptu de Ohio hay un doppel -gänger . o. En Stirrings Still. pasada por alto. Oímos una voz femenina en Mal vu mal dit (1981) y voces masculinas en Worstward Ho (1983) y Stirrings Still -su último texto. dice Calder. por el contrario. poniendo unsustituto en su lugar. Toda la escritura beckettianaes autorreferencial y su última obra está llena de ecos de otros textos anteriores. en sus últimos textos narrativos tienen también un timbre cada vez más sereno. sobre elorigen del ser. quizá hasta encontrar: the missingword (la palabra que falta) como el narrador de Stirrings Still sugiere. en este último texto se levanta y seva para luego ir apareciendo en sitios diferentes. de su mente y dice que intenta vaciarla hasta que no le quedenada en lo más profundo y todo acabe: Time and grief and self so-called. En sus esfuerzos por dar forma al ser por medio de la palabra. como May enPasos. que en vez depermanecer sentado en la mesa haciendo compañía a su doble.) 36 . finalmente. son una metáfora sobre la frustración artística y el deseo deencontrar. Las imágenes siguenapareciendo en la mente del dramaturgo y. son difícilmente comprensibles aisladas del resto de la obra beckettiana. de la imagen. nos presenta los deseos desu protagonista de acabar todo de una vez y no moverse más -(and stir no more). Suúltima obra.o Worstward Ho. su investigación. de no seguiradelante. peroalguien lo hará. El final de El innombrable es un buen ejemplo de latensión entre el no poder continuar y elt ener que continuar. Quizá yo no. la paz . tampoco la obligación de decir. Obras como Mal vu mal dit. de narrar. no moverse. como él la denomina.y. deben de encarnarse en la escena. por tanto. (La cabeza sobre las manos medio esperando cuando volvió a desaparecer que no volviera a reaparecer y medio temiendo que no lo hiciera). Oh acabar con todo.pero la voz no cesa y. las palabras no serian más que manchas sobre el silencio -utilizando unaexpresión del propio autor. estos deseos de acabar de una vez. Según John Calder. Como Winnie. Habla del ruido. mas lírico. hubbub . escrito en 1987 y publicado recientemente. o nosusurrar mas.Las voces de Beckett. autobiográfica y presenta los sentimientosconflictivos de Beckett entre continuar aún. Estos textos. Stirrings Still (Movimientos aún o. stir no more . Convencido de que El ser tiene una forma. puramente literaria. en consecuencia. no son nuevos en la obra beckettiana. pero con un lenguaje intensamente poético. Alguien la encontrará algún día. Beckettfrecuentemente ha intuido que la raíz del ser quizá esté en el silencio -que es la esencia deluniverso. Pasea de una pared a otra en la oscuridad . (El tiempo y el sufrimiento y el así-llamado ser. Sin embargo. razona con sus restos de razón y oye gritos en su cabeza comosiempre . Es una forma que ha sido abandonada. Susurros todavía). sin duda. Con más o menos palabras. La tentación del silencio está siempre latente en toda la obra de Beckett. quizá.y al mismotiempo su temor de que esto suceda: Head on hands half hoping when he disappeared again that he would not reappear again and half fearing that he would not. Oh all to end.

poemas o piezas teatrales. le ha hecho viajar frecuentemente entre Berlín. si Beckett es un dramaturgo que escribe novelas oun novelista que escribe teatro . es más conocido como dramaturgo que comonovelista. esto hace que muchas de sus obras narrativasse trasladen a la escena de un modo natural. uno en el que yo pudiera controlar la situación y los movimientos de la gente. si queremos sacar el mejor provecho de estasexperiencias nuevas. LOS DÍAS FELICES EN EL TEATRO DE BECKETT Cuando vemos por primera vez un nuevo estilo de pintura o escuchamos unanueva clase de música. Seconoce con bastante detalle cómo aborda su trabajo como dramaturgo y director de escena -al leersus meticulosos cuadernos de dirección. Eso es relajante. Una voz y una palabra que tan indeleblemente han manchado el silencio . Se hainsistido. también en la cualidad oral de su lenguaje. que escribe textosnarrativos. su actividad como directorde escena de sus propias obras. encajan difícilmente dentrode las calificaciones convencionales de narrativa y/o teatro. pues sería absurdo. Lo mismo sucede con las obras de teatro de Samuel Beckett (George Devine). Beckett triunfó allí donde Joyce había fracasado.) Cuando trabajaba enWa tt . y.Estas son las últimas palabras -hasta ahora. dirigiendoEn d sp ie l en Berlín. en elteatro.especialmente. En la primera parte de esta introducción. ante todo. Beckett sobresale. alternativamente. Londres y París. todavía más. cómo se enfrenta a su trabajo como dramaturgo: 37 . sentí la necesidad de crear para un espacio más pequeño. a partir de los años 70. (Beckett a Michael Haerdter. También sabemos algunas de las razones que le impulsarona escribir piezas teatrales: El teatro es para mí una relajación de mi trabajo en la novela. (Beckett a Rosette Lamont. por eso la crítica moderna al referirse aellas habla simplemente detext os. se ha tratado de presentar la vida y la obra de SamuelBeckett de una manera cronológica. y de su total dedicación a su arte. No cabe argumentar aquí. II. 1967. Escribí Esperando Godot. Desde 1966. Creemos que Beckett es. París. y sobre todo una clase especial de luz. pero si hay que reconocer que fue Esperando a Godot y noMoll oyla pieza que le ha d ado mayor universalidad. para que el lector pueda darse cuenta de la variedad y riquezade la producción artística de este autor. según su inspiración. trabajo o deseo lelleven a uno u otro género. Las obras de Beckett. El teatro sacó a Beckett a la luz en más de un sentido.de la voz de Beckett. nos damos cuenta de que tenemos que hacer un reajuste ennosotros mismos y en nuestra actitud. un gran poeta dramático. 1983) En otras ocasiones Beckett ha especificado. Uno tiene un espacio definido y gente en ese espacio. en el campo dramático por haber limpiado la escena de todos los elementossuperfluos y haber creado así un lenguaje escénico de una intensidad poética sorprendente.

como Krapp.como luego veremos. espacios abiertos indefinidos. se introduce unverdugo chino en escena para torturar al protagonista. Directores de escena. como Alfred Jarry. Beckett escribió tres piezas deteatro: Esperando a Godot. Las acotaciones escénicas en las obras de Beckett son parteintegral de éstas. el espacio dramático. el surrealismo y el realismo socialista. de un modo diferente. que Beckett se ha negado a estrenar. que inicia el estilo depurado y poético de su teatro posterior. Hauptmann. En Eleuthéria (Libertad. y Victor. al estilo de los personajes del Purgatorio de Yeats. Hay. como el simbolismo. Liberar al teatro de todo lo que no es esencial.Winnie es optimista y racionalista como Didi. parece ser la tarea que Beckett se propone comodramaturgo. Ninguna de estaspiezas podía predecir la obra que nos ocupa y. mencionandosólo los más evidentes. Del barroquismo deEl eut héri a. Si suprimiéramos o cambiáramos las acotaciones escénicas de Los días felices. conservará lastécnicas de la comedia grotesca y del vaudeville . actores y escenógrafos. Pirandello ya movimientos literarios. Los espacios dramáticos creados por Beckett son. Siguiendo el estilo del Teatro de la Crueldad. en general. Ibsen. La puesta en escena. y cada una de sus piezas muestra. Victor.Cuando escribo una obra de teatro me pongo dentro de los personajes. Beckett parodia todas las convencionesteatrales precedentes y las rechaza como en un acto de exorcismo. pues sus gestos son tan importantes como suspalabras. Final de partida y La última cinta. especialmente de los momentos sentimentales.tendríamos otra obra totalmente distinta. se ocultaa veces debajo de la cama comme du temps de Molière y su padre escribe. que nos recuerda aMur phy. dos pantomimas: Acto sin palabras Iy Acto sin palabras II. ésta conserva rasgos de todas ellas. 1. el protagonista. Winnie es únicay Los días felices una obra diferente a cuanto Beckett había escrito antes o iba a escribir después. vulgar a veces y. parodias y alusiones a Sófocles. ya está escrito en sus propios textos.otras. este camino hacia las raícesdel arte dramático. que utilizará magistralmente en sus obrasposteriores. Aborda sus propios textos como si estuvieran escritos por otro y no duda en hacercambios en las piezas. pasamos al clasicismo de Esperando a Godot. y dos obras radiofónicas: Todos los que caen yCenizas. como 38 . yespecialmente detallado en sus últimas piezas. que han trabajado con Beckett. lírica como Maddy Rooney y. autoritaria y creativa como Hamm.sobre el género merdre . quiere rescatar momentos de felicidad de losrecuerdos del pasado. que nos indican lo que Winnie hace. Antes de Los días jelices Antes de Los días felices además de la obra inéditaEleut héri a. Molière. de Artaud. Al leer el texto tampoco podemos prescindir de lasacotaciones. en griego). además. Zola. De esta pieza primera. Shakespeare. Shaw. coinciden en señalarsu perfeccionismo y meticulosidad como director de escena y su sentido de la precisión y del ritmoescénicos. Sin embargo. da vueltas y vueltas como un ánima en pena . si con éstos consigue facilitar el trabajo de los actores o subrayar algúnefecto dramático. soytambién el autor de las palabras y los espectadores visualizando lo que sucede en laescena. Corneille. y no se puedentomar como meras sugerencias para el director de escena -la obra que aquí nos ocupa es un buenejemplo de esto. sin embargo.

que preconizaya el teatro de luces y sombras posterior.precisión y concentración. una distinción. como lo demuestran los manuscritos de sus obras. seconvierte en luz radiante en Los días felices. que desea siempre encontrar un equilibrio. comohemos dicho. Beckett comenzó a escribir un monólogo femenino que tituló: [X] Female Solo . oarmonía. Si Esperando a Godot y Final de partida muestran-entre otras cosas. es un tema central en toda la obra de Beckett. Inventar voces. Los días felices : proceso creativo En 1960. Lasrelaciones humanas también se van a reducir. desenterraría.. un reflejo anímico de sus personajes-. La última cinta tendrá ya un sólo protagonista. Este solo comienza con una descripción de la estenografía de la pieza y termina con las palabras deWinnie: leves jaquecas de vez en cuando . La última cinta yCenizaspresentan la problemática relación con nosotros mismos y los esfuerzos que hacemos para poblarnuestra soledad -aunque sólo sea. sino que pre-existe en el artista. entre el artista y el escritor: El artista ha conseguido el texto: el artesano lo traduce. El papel de la luz escénica es crucial en el teatro de Beckett -y esquizá. Los días felices. que nos muestran claramente elminucioso proceso creativo beckettiano. entre lo que dice y cómo lo dice. 2. del escritor) son los de un traductor. o las pantomimas. escaleras. un papel de segundo personaje. o bien. De la luz crepuscular de Esperando a Godot. Esta dualidad que se da en todo creador. Un proceso que se caracteriza por la simplificación. Desde la idea. pasamos al gris o negro claro según Clov de Final de partida y al blanco y negro de La última cinta. una habladora impenitente y la única que vive en unmundo en color. Beckett concibió Los días felices como una obra en un sólo acto. que aparecerá ya siempre en versiones sucesivas. Hasta la cuarta versión no seesboza el acto segundo. etc. o imagen inicial. Hace. dice que la obra de arte ni se crea. La característica entropía escénica beckettiana se iniciaya en los años 40 y 50.el de Godot. aunque su voz grabada jugará. sombreros. ylo único que éste tiene que hacer es descubrirla. sigue un laboriosoproceso de auto-traducción. maletas. pero sólo uno puede moverse y condificultad. Los objetos. Nos ocuparemos a continuación de cómo creó Beckettesta pieza extraña y extraordinaria. 39 . pero ninguna de estas dos obras predice la luz radiante niel colorido de Los días felices. de una obra hasta su culminación. habitaciones claustrofóbicas como las de Final de partidao La última cinta. Winnie es la primera protagonista femenina en el teatro de Beckett -precedida por Maddy. y como ésta. excavarla. irán también desapareciendo de la escena. ni se elige . Beckett siempre ha estado interesado en el proceso creativo. o crear personajes. botas. El deber y el trabajo del escritor (no del artista. parano estar solo. En suensayoProust . que consideramos importante. La oscuridad que amenazaba invadir la escena después de La última cinta. también en esteensayo. Los problemas deestructura le preocupan especialmente a Beckett. a la vez artista y artesano. Final de partida tiene cuatro personajes. lesiguen siete manuscritos. se observa especialmente enBeckett. con nuestra propia voz.o minimizando su importancia aunque juegan todavía un papel esencial en Happy Days. tres ológrafos y cuatro mecanografiados. A este monólogo preliminar de veinte páginas.la difícil convivencia entre los seres humanos.que juegan un papel fundamental en sus primeras piezas. en laobra de radio Todos los que caen.

También se desechan en la versión final las referencias a los bombardeos. para llegar a lo esencial. querido. por ejemplo. frecuentemente. se reduce en versiones sucesivas. se transforman en otras más ambiguas. 4). Proyectil sobre Man .S. A pesarde éstos y de otros cortes similares. el mundo en el que viven los protagonistas parecehaberse vuelto loco. En los primerosmanuscritos de Esperando a Godot.más poéticas. le gustaba meter su lengua en mi boca . siete mil desaparecidos. el tono cómico del primer acto se mantiene en la versión final. Se eliminan lamayor parte de las connotaciones sexuales en las historias del Dr.Final de partida comenzó siendo una obra en dos actos ysólo en sus últimas versiones aparece con un acto único. que en un principio se llamaba B y luego Edward. Seguimos las modificaciones de una frase de Winnie en versionessucesivas: 1.pág. con Winnie sentada sobre sus rodillas. El papel de Willie. o es por otra cosa? (Pausa). y por lotanto a la guerra.. tomados generalmente del lenguaje musical. Beckett lo ha denominado: la creación de ausencias . Como es típico en Beckett. lee en el periódico: Proyectil cae sobre Pomona.. La ironía continúa cuando en estemundo. 2.. es más efectiva.. Ella: vienes por el revólver. Por el procedimiento dela creación de ausencias . lo trágico con lo cómico. que 40 .. al parecer devastado por la guerra. ¿Vienes por mí.. o por otra cosa? La repetición de la frase o por otra cosa . louniversal. Otros cambios importantes que se descubren estudiando el proceso de creación son los que serefieren a los personajes. escenas en un principio realistas. ochenta y tressacerdotes sobreviven . desde el punto de vista dramático. la única línea que llegó hasta la versión final de la obra. Willie.. sin embargo. esta consecuencia obvia fue lo que hizo que se omitiera el papel escrito . loirreverente se mezcla con lo serio. que posteriormente van a ir desapareciendo. En los primeros manuscritos de Los días felices. Un segund paso en el proceso creativo es destruir los sistemas de causalidad y cronología sustituyéndolos por otra clase de ordenamientos internos. Proyectil aberrante cae sobre Irlanda. ¿Buscas un beso o a Browning? 3. I -primer manuscrito. Hay también muchos cortes que afectan a la protagonista. A este primer paso en elproceso creativo.. Johnson: bastante viejo comopara ser mi padre. laexistencia de Godot es dudosa y la cita de éste con los protagonistas un tanto ambigua. ¿Vienes po r un beso.. En lasprimeras versiones estaba más visible en escena aunque siempre de espaldas al público y contestabafrecuentemente a Winnie.. Willie. o por mí. se ofrecen: oportunidades para joven espabilado . Didi sacaba un papel del bolsillo y leía la cita. sólo se salva laseñora de la limpieza de los retretes públicos. muchos detalles realistas . Willie. Beckett va descartando lo anecdótico y lo particular. se puede ver que Godot había citado po r escrito aDidi y Gogo. En la versión final.. Como precisa el profesor Duckworth: Para que Godot hubiera escrito las palabras [del mensaje]. tenía que tener una existencia físicareal.. La última escena de la obra sufre también diversas variaciones encaminadas siempre a acentuar lanota de ambigüedad final. y del Reverendísimo Charlie Hunter: ascendido recientemente (not long ago elevated). (T. En los primeros manuscritos de sus obras hay.explicaciones y conexiones. Estafue. por ejemplo.

y el montaje de Peter Hall. en el TeatroMaría Guerrero. con Peggy Ashcroft como Winnie. Más adelante hablaremos de otros montajes en España y de la recepción crítica de la obra. evidencian la aversión quetiene Beckett por toda clase de explicitaciones realistas. con Madeleine Renaudy Jean-Louis Barrault como protagonistas. la primera en 1971 en el teatro Schiller de Berlín. Billie Whitelaw. Lo más sorprendente es que cuando el sonidoestridente de un timbre la despierta. dirigida por Alan Schneider. Los colores de este espacio escénico son diferentes gamas de naranja y amarillo. con la cabeza apoyada sobre los brazos. en 1963. aparentemente vacío yestéril. en1975. y oficialmente el 14 de mayo de 1964 en el Teatro Valle Inclán. vemos a una mujerdurmiendo. la obra se estrenó dentro de un festival de teatro en Madrid. y en 1979 en el teatro Royal Courtde Londres. o por qué el mundoexterior en Final de partida es gris. y John C. Sin embargo. Enterrada hasta la cintura. son los principaleselementos de tortura para Winnie. al levantarse el telón en Los días felices. El intenso calor y el sonido del timbre.logran un mayor impacto dramático en la versión final de la obra. Oh les beaux jours. como nunca conoceremos las promesas de Godot. esta mujer comienza a actuar como si su situación fuesetotalmente normal. con MaruchiFresno como Winnie. Ésta esuna de las piezas de Beckett que se reponen con más frecuencia. en un montículo calcinado y reseco. que no se explica cómo no se ha derretido . Becher. o el ponerpuntos hasta matar las íes -como dice un personaje de una de sus últimas piezas. limpiarselos dientes.el mencionar abiertamente el revólver. Beckett simplemente presenta unas metáforas escénicas. Willie. 41 . Espacio escénico y personajes La imagen visual que aparece. para el Teatro Nacional. y cadauno de los espectadores ha de hacer el esfuerzo interpretativo. para conseguir la imagen del horno deluz infernal al que la protagonista alude. ¿Por qué está Winnie enterrada hasta lacintura? Nunca lo sabremos. como protagonista. En España. han de ser un eco de estos colores. El propio autor la ha dirigido endos ocasiones. o su marca. en Londres. La manía de explicitar . Ladepuración del lenguaje y la simplificación de las imágenes en la creación de Los días felices. llama a su día divino y se entrega a las rutinas cotidianas de rezar.Cat ástrof e. con su actriz favorita. simplemente está ahí atrapada por la tierra en un mundo cruel. Ruth White fue la primera Winnie. o convertido en negras cenizas . 1963. Estas breves anotaciones sobre el proceso creativo de Los días felices. dirigida por Trino Martínez Trives introductor del teatro de vanguardia en spaña en los años 70. Otros montajesextraordinarios han sido el estreno francés. tanto elmontículo como el cielo. Browning. dirigidos por Roger Blin. no puede ser másimpresionante. Winnie no está en una especie de infierno de Dante -o de Milton.como algún crítico hasugerido. Happy Days se estrenó en el Cherry Lane Theatre de Nueva York el 17 de septiembre de 1961. la imagen infernal que propone Beckett no tiene ninguna simbologíaespecial. o limarse las uñas con verdadera devoción. 3. París.

. ylógicamente el protagonista concluye.por qué se apila a todo tu alrededor instante a instante.. enterrado bajo los segundos ( The Unnamable. ya que la esencia de la realidad es infinita . El paso deltiempo nos va enterrando a todos. El viejogriego es Zenón de Elea y la colina de granos de mijo es una de sus paradojas más conocidas. sin recordar nada. luego la mitad de la mitad. según Zenón. por qué no pasa el tiempo. el tiempo que losantiguos muertos y de los muertos aún no nacidos. nunca llegaría a su objetivo en un tiempo finito. conocer nada.enJumpers. etc. argumentando que si una flecha lanzada a un objetivo tiene que recorrer la mitad delcamino. sin historia niproyectos. no pasa. como El innombrable. pág. luego la mitad de ésta y así sucesivamente. Winnie. por esto nuestro actosson inútiles según esta filosofía. (Beckett no ha reconocido como suyas obras que se hanmontado ignorando sus direcciones escénicas)..El montículo de Winnie es una extensión delpersonaje. por otro. de pasada. concediéndole unmayor espacio para moverse -aunque los espectadores no le vean la mayor parte del tiempo. el tiempo de otros. tu tiempo.En el teatro de Beckett no se puede hablar de escenografía en el sentido convencional. como Sísifo. por qué te entierra grano a granoni muerto ni vivo. y larealidad. por un lado. Winnie no convence al espectador de que sus días son felices. 42 . cada vez más espeso. por todos los lados. una especie de falda que la arropa. por el procedimiento de añadir primero la mitad. nunca podríamos com-pletar la primera colina en un tiempo finito.. de uno. La cruel imagen escénica que vemos contradice continuamente sus palabras. luego la mitad de lamitad restante.. Sídividimos en dos una colina de granos de mijo y luego queremos volver a rehacerla añadiendo a unade las dos mitades a la otra. de aquel viejo griego que menciona Clov en Final de partida. Zenón utilizaba estas paradojaspara mostrar la discontinuidad entre los movimientos en el espacio y en el tiempo. o un túmulo mortuorio en el que se hunde.. Dirigiendo la obra en Berlín (1971). parece estar también enterrada bajo los segundos en esta colinaimposible del tiempo . Los seres humanos actuamos en untiempo finito y nunca podremos llegar a la esencia de lo real que es infinita. y la imagen de los días y las horas apilándose a nuestro alrededorestá ya claramente descrita en El innombrable: podemos preguntarnos. repiten continuamente Los Días Felices Samuel Beckett acciones insignificantes que no les llevan a ninguna parte. ya que las mitades que se añadieran serían cada vez máspequeñas. Beckett modificó ligeramente el espacio escénico situando aWinnie ligeramente a la derecha de la escena y no exactamente en el centro . Los personajes de Beckett. como señalan lasacotaciones escénicas. Tom Stoppard parodia esta filosofía. aunque no cesa de repetirlodurante toda la obra. La intención del autor es dar así más importancia a Willie. (Una paradoja similar es la de Aquiles y la tortuga). que por lo tanto: San Sebastián murió de un susto -lainfluencia de la ironía beckettiana en Stoppard es incuestionable. por eso son especialistas en el arte delfracaso. cada vezmás hondo. ya quetodos y cada uno de los elementos físicos que componen el espacio escénico son esenciales paracrear una metáfora escénica específica. esperar nada. 393).

El titulo inglés alude a la canción popular Happy Days are Here Again . Willie . la existencia de Winnie está garantizada por lapresencia de Willie. ¡Ah les beaux jours de bonheur indecible. A este espacio de tiempo lo llama días utilizando una palabra del estilo antiguo . La mayor parte de su recuerdos son sentimentales: su primer beso con un talJohnson . El tema del deterioro físico y mental es central en esta pieza. El don especial de Winnie.refiriéndose a diversos objetos de su bolsa. hablar. como diceel profesor Gontarski en su estudio de los manuscritos de esta obra: la composición de Los días felices revela el continuo interés en una nuevarealidad mitológica compuesta de fragmentos o en decadencia. Quisiera no saber lo que dijese inada decir. a los versos maravillosos -bagaje intelectual de sus añosescolares.el famoso dictum de Berkeley. poetas como Milton.Winnie y Willie son la pareja que habita este inhóspíto desierto. en sucontinuo recurso a citas literarias. Su relación es. una de amor/odio. que Beckett desarrollará dos años más tarde enFil m (1963). les beaux jours es una de estascitas erróneas del poema de Verlaine: Colloque sentimental. . El propio titulo de la obra en francés: Oh. Winnie es una señora de la clase media -collar de perlas incluido. No obstante. Où nous joignions nos bouches! -C'est possible. hablar tan sólo. Estos versos son de grandes.limpias de fruto?.refleja especialmente su pérdida de memoria. Winnie es una auténtica maestra -igual que otros personajes de Beckett. sino que vemos el panorama del pensamientooccidental en fragmentos desgastados como un collage de objetos perdidos. . casi desconocidos.vaciar el alma . están acabándose . o de poetas mediocres. como frecuentemente repite Winnie. Si paraexistir necesitamos ser percibidos por alguien. como las de casitodas las parejas beckettianas. Además de las citas.Winnie tiene sus recuerdos para llenar las horas entre el timbre de despertar y el timbre dedormir . y que la hace única entre los personajes de Beckett.. su continuo torrente verbal la hace invulnerable atodo sufrimiento. o la última copa cuando todos los invitados se habían ido.utiliza frases extrañas como el estilo antiguo o abundantes mercedes y comete bastantes erroresgramaticales. El lenguaje de la protagonista -rico en matices ycambios de estilo. Esse est percipi . Esta realidad míticano se construye alegóricamente.que ella cita fragmentariamente. como la historia de Mildred. a faltade otra más adecuada. De este hablar por hablar . que alababa Unamuno. Las ideas de los poetas que cita Winnie aparecen distorsionadas al presentarse en fragmentoserróneamente recordados. o de ni contigo ni sin ti Winnie despierta a sumarido. golpeándole con la sombrilla. como Herrick o Wolfe. ya que necesita a alguien que la escuche. Se autocorrige constantemente.cuyo atractivo físico estádeteriorándose.con palabrasvacías de sentido . personajes y objetostienen un aspecto desgastado . y entre los labios . 43 .Shakespeare o Yeats. o la preocupación por el deterioro de su atractivo físico: fuihermosa en otro tiempo.Otros expresan sustemores.os brotan las palabras como flores ..¿Qué importa el sentido de las cosas si su músicaoís.

Winnie. Se suena la narizestrepitosamente. Los Días Felices Samuel Beckett 44 .. pertrechado de mil pequeñas razones para seguirviviendo. nada que hacer . consiguen animar a Winnie y hacerla cantar. imperturbable. Beckett comentó a la actriz alemana Eva Katharina Schultz que: el destino de Winnie era más patético. También le parece inexplicable que el calor sea cada vezmás intenso y el sudor cada vez menor.. por eso susituación es más cruel. Beckett ha comparado a Winnie con un pájaro que desea flotar hacía el azul . examina obsesivamente la postal pornográfica y casi todos sus comentarios. ysus necesidades son elementales.. convencido de que ha venido al mundo para ser feliz. Respirar es un hábito. se arropa en los gestos y las rutinas cotidianas. A Winnie no le preocup a la comunicación real. Beckett comentó que Willie era como una tortuga muy de la tierra . Winnie no es consciente de su propia realidad.ayudada por los objetos que va sacando de su gran bolsa. Willie es la fiera salvaje . Elhábito es el lastre que ahoga al perro hasta hacerlo vomitar. como dice SanchísSinisterra: su situación no es nada del otro mundo. porque a este ser etéreo. poragradar a otro . aquí todo es extraño y continua su charla. un espíritu del aire.. Teme quedarse undía sin nada que decir. queson otro hábito mas: saber que en teoría me oyes aunque de hecho no lo hagas es todo lo quepido . La actitudde Winnie nos parece inconcebible y. al contrario muy de este. aligual que sus risas.. y ayudada también por sus palabras. es un personaje familiar. Beckett defineel hábito como: compromiso que hace el individuo con su entorno o entre el individuo y suspropias excentricidades orgánicas. Winnie desea ser. ya que está totalmente separado de su esposa y su deterioro pone de manifiesto la futili-dad de los apetitos físicos a los que se aferra . reflejan sus preocupaciones sexuales. consciente sólo a medias de su destino.Sale y entra a gatas en su casa/agujero tras el montículo de Winnie. una sucesión de hábitos ya que el individuo es unasucesión de individuos. lo devoraba la tierra. como señalamos antes.pero su situación muestra el abismo existente entre los deseos de la mente y las posibilidades delcuerpo -otra muestra del dualismo cartesiano recurrente. el ser humanocon su portentosa capacidad de adaptación persiste en comenzar cada jornada conuna razonable dosis de optimismo. mejor dicho. como la propia protagonista explica. sus palabras son flores limpias de fruto . Hay. como Ariel. Esto forma parte de la ironía situacional dela pieza. no no. cosa que había estado deseando hacer toda laobra y no había podido: porque el canto sale del alma y uno no puede cantar así como así. Prisionera de la tierra. momentos en que Winnie parece darse cuenta de su realidad. la garantía de una inviolabilidad insulsa. esto le parece extraño .. Lavida es un hábito o. sin embargo...Dirigiendo la obra en Berlín. sin embargo.Protegida por sus rutinas cotidianas. o recordar que loha sido. pero se consuela inmediatamenteexclamando: extraño. de quien Winnie se ríe. Su sorprendente aparición al final de la pieza y su exclamación Win . en toda la obrabeckettiana.

primer director de la obra. dirigido por George Devine. en otras puestas en escena. el 10 de agosto de 1971. lo mismo que yo me sientomuchas veces. han sido mantenidos en sucesivas puestas en escena de la 45 .por correspondencia. Jean Luc Godard) le pidió permiso para rodar Oh les beaux jours. meticulosamente. La segunda en Londres. explica este personaje y esta obra como paradigmas de la vida cotidiana: Winnie está terriblemente ocupada no haciendo nada. En 1971. sin duda.en un espacio escénico creado por Jocelyn Herbert -escenógrafa de los mejores montajes ingleses delas piezas de Beckett. Pasa varias semanasvisualizando la obra. en 1979. de pasar el día. la obra que Beckett ha seguido más de cerca desde que la escribiera en 1961. memorizando el texto y anotando minuciosamente todos los movimientos ygestos de los personajes. anotó el texto con sugerencias para el montaje. También trata de la necesidad de otrapersona. no podíaconcebir a nadie. El proceso que sigue Beckett para dirigir sus obras siempre es el mismo. La obra trata de pasar el tiempo de este modo. con Brenda Bruce como Winnie. algunos de ellos han sido publicados en Alemania y en Inglaterra. sino a Madeleine Renaud. que actuó en el papel de Winnie dirigida por Beckett. Beckett estuvo tan implicado en este montaje que. especialmente en su estreno enParís. en elRoyal Court Th eatre con Billie Whitelaw como protagonista. Asesoró. antes dedirigir cada uno de sus montajes.Beckett ha estado presente. Un año más tarde viaja a Londres para asistir a los ensayos delestreno británico. a Alan Schneider. ¿Cuántos matrimonios conocemoscomo ese? y ¿cuánta gente? 4. Antes de comenzar los ensayos en Berlín. en el SchillerTheater Werkstatt. asesorado por el autor.Tophoven. 1975. Su actividad comodirector de escena se conserva en los cuadernos de dirección que prepara. Becketthabía elaborado dos cuadernos de notas de dirección y memorizado la versión alemana de E. Beckett comenzó a dirigir sus propias obras en 1966. Además de estos montajes propios. Aunque Beckett estuvo pocotiempo presente en los ensayos. Estas son las palabras deesta excepcional actriz: Un director de cine (por qué no nombrarlo. en Berlín. sin embargo. en 1963. Estaes. en el Royal Court. Lamayoría de sus montajes los ha realizado en Berlín y el resto en París y Londres. en 1961. en el estreno en el Cherry LaneTheatre de Nueva York. Otro montaje extraordinario.y Winnie ciertamente ha venido al mundo para ser feliz. Beckett ha dirigido Los días felices en dos ocasiones. la primera en 1971. Beckett dirige Happy Days Como ya apuntamos anteriormente. Billie Whitelaw. fue el de Peter Hall para el Teatro Nacionalen Londres. aunque no sea más que para chillarla. Beckett se lo negó diciendo que no podía imaginarse Oh les beaux jours sin Madeleine Renaud. Beckett acepta la invitación del Schiller Theater para dirigir la obra en su versión alemana: Glückliche Tage. La mayoría de los cortes textuales y cambios escénicos que Beckett realizó en estemontaje. en el papel de la protagonista. con Eva Katharina Schulz como Winnie. como asesor.tratando de no estar demasiado deprimida. con la extraordinaria Peggy Ashcroft como Winnie. durante mucho tiempo.

P. y en el acto segundo: Estarás de acuerdo con Aristóteles en eso. Se anotan todas las repeticiones de frases ymovimientos.23 7) Hasta el fin de la historia del señor Sower/Cooker. la intensidad y duración de cada una de las ocho veces que suena el timbre . espejo. tiene tresseries de movimientos: gira a la derecha y hacia atrás.12 4) Hasta que acaban de reírse. En el Regiebuch alemán están enumeradas todas las posesiones de Winnie y se especifica quetodos los objetos de la bolsa deben parecer muy usados. Por ejemplo. P. Willie . gira a la izquierda yhacia adelante para explotar su bolsa y mira muy de cerca el mango de su cepillo de dientes .. Winnie dice a Willie: Creo queest arás de acuerdo conmigo en esto. ocho en el primer acto y cuatro Los Días Felices Samuel Beckett en el segundo.tiene cinco expresiones felices y ocho tristes .p. P. También indica que Willie tiene tresposiciones distintas tras el montículo y que su voz tiene que sonar distinta desde cada una de estasposiciones... las cosas.. a despacio Winnie . Acto II: 1) Hasta que Winnie dice ¿y ahora? 2) Desde La cara . ser conspicuos y no ser realistas.. gafas. cabeza baja). como indicamos a continuación: Acto 1: 1) Desde el principio hasta Ojos viejos . y del limado de uñas. (Fin de sonrisa. tan maravillosas .. lupa..(la voz se le quiebra. Beckettdibuja incluso un diagrama del gateo de Willie hacia su agujero cuando está invisible al público yotro de su g ateo al final de la obra subiendo por el montículo. 8) Hasta el final del acto. para que produjeran unefecto de eco con otras similares del Acto 1. y las variaciones de estas repeticiones. La mayoría de las notas de dirección se refieren a Winnie. El Regiebuch señala cua-renta cambios en el diálogo. Se indicatambién el tono.. 3) Hasta Canta tu vieja canción Winnie .obra. colocarlos al lado izquierdo . para mirar a Willie. 4) Hasta el final del acto. se señala que: sonríe treinta veces.18 5) Hasta Nadie. P.20 6) Hasta . Mira la sombrilla) . Para facilitar los ensayos..deben de manipularse con la mano izquierda. P.8 3) Desde Totalmente garantizadas hasta que Willie dice él . Hayanotaciones tan especificas como la siguiente: Todos los objetos de vidrio. Winnie en el Acto 1. Cadauno de estos 46 . y después. 4 2) Hasta Willie se abanica con el periódico y Winnie coge la lupa . cambió algunas líneas del Acto II. En el Acto 1. Willie -el subrayado es mío. Por ejemplo. Beckett dividió la obra en doce escenas.

Seestilizaron sus gestos. a veces. añadiendo que no era estoica. Sin embargo. Cuando Beckett dirigió la obra en Londres en 1979. Beckett señaló durante losensayos: Una de las claves de la pieza es la interrupción. lade Mildred. a veces. ejemplificaban el convencionalismo dela mujer burguesa de clase media. trabajaba con una fotocopia del Regiebuch preparado para su montaje de Berlín. obligada a ser feliz -o a aparentar que lo esindependientemente de las circunstancias. Laexperiencia temporal [de Winnie] es un paso incomprensible de un presente inexplicable a otro. Beckett quería. presenciando la obra es evidente que Winnie es. colorido.movimientos contiene tres variaciones que también se indican -Beckett llama a estosgiros simples. Eva K. del que retoma todo el lenguaje y los elementos físicos de laescena. Es un ser interrumpido.Igualmente. Beckett describió a Winnie en sus ensayos como profundamente frívola. Además de éstas. consciente de susituación y tiene momentos de inseguridad y tristeza más frecuentes en el segundo acto de los queconsigue sobreponerse con su optimismo habitual. El autor/directormenciona también la variedad de colores de la voz de Winnie en el primer acto.al trabajar con ella no tiene siempre que explicarle todo . 47 . se quedará sin palabras antes de terminar el día.. Ella [Winnie] comienza pero no termina nada. contrastando co la voz blanca del segundo. y todos sus movimientos poseían un aire extraño. en cierto modo. El Regiebuch es un minucioso compendio de dirección teatral. La interrupción constante de gestos. Billie Whitelaw es una Winnie mucho menos domésticay su interpretación mucho más inquietante bordeando. consecuentemente. como observa la profesora Cohn.. los limites de la locura. y una muy articulada para dirigirse aWillie . etc. Winnie imita otra voces: la de Willie.interpretó a Winnie. Winnie pasa de tema a tema y de un objetoa otro interrumpiendo continuamente sus acciones y sus palabras. Schultz y. Sin embargo. Algo comienza. temiendo que. con la discontinuidad temporal. incluso los más rutinarios.consciente del peligro que corre si acaba su ritual de acciones cotidianas demasiado pronto. que Winnie utilizara un tono especial para leer lainscripción del cepillo de dientes y una especie de canto para sus múltiples citas. dobles o triples. apunta a las bases filosóficas de la obra: Relacionar la frecuencia de la interrupción de palabra y acción. Está un poco loca. hay un cambio fundamental en la concepción de laprotagonista. Se interrumpe o lainterrumpen constantemente.La comedía del primer acto surgía de la discontinuidad. elpasado olvidado y el futuro inconcebible . Sólo una nota de sus ochenta yseis paginas. interrumpe su charla con frecuencia. una de lascaracterísticas más importantes de este montaje. una íntima cuando se habla a sí misma. luz. atolondrada ycharlatana . Si MadeleineRenaud. Winnie se vuelve hacia la bolsa y congela su gesto. además. la actriz preferida de Beckett -quizá porque como él mismo observa. Otras anotaciones interesantes son las que se refieren a las diferentes voces de Winnie que posee una voz normal.. movimientos y palabras es.. sino inconsciente y que de esta inconsciencia proveníasu fuerza. la del señor y la señora Shower. luego comienzaotra cosa. Unamujer-niña capaz de muy poca concentración -segura un minuto e insegura elsiguiente.. Billie Whitelaw. sí sigue a un ritmo demasiadorápido. Peggy Ashcroft.

2) Beckett se acerca al texto de un modo musical. la sincronización del texto conel movimiento de los pasos en la obra tituladaPasos. Los montajesque ha dirigido han servido. etc. Después de Los días felices. Otras se toman directamente de la realidad. Estas son palabras de Alan Schneider. que hemos mencionado antes. no sólo para mostrarnos su maestría en el uso del lenguajeescénico. como el Auditor deN o t I -inspirado en una mujer tunecina 4) Quizá el aspecto mas importante de Beckett como director es que considera la puesta en escenade una obra como el último paso en el proceso creativo.casi veinte años después de haber escrito la obra.con Billie Whitelaw es su canto del cisne teatral . Confiamos que Beckett siga escribiendopara el teatro porque uno sabe que continuará extendiendo sus fronteras y ampliando susdimensiones. es que nos muestra cómo Beckett ve Los días felices. de 1979. no como algo añadido a él.La importancia de este montaje. consiguiendo unas imágenes fascinantes con un lenguaje tan significativo que unosminutos sirven para comunicar toda la experiencia humana. Beckett volvió a su estética de luces y sombras y minimalismoescénico. Sus traducciones de las obras de Beckett son 48 . es un buen ejemplo de coreografíamusical. Cree ahora. por ejemplo. Muchas de sus imágenes se inspiran en pinturas: Blake para la cabeza de That Time. En este montaje ha dejado las huellas de toda sucarrera como director de escena. ritmos. sino porque es por este camino donde su gusto. como se ha descrito en las notas a la traducción de lapieza. sino también para entender mucho mejor sus obras. o Caravaggio y Munch para la boca ardiendo de Not 1. Hay que reconocerel mérito de Trives al arriesgarse a estrenar unas piezas que sabía de antemano iban a ser rechazadaspor la censura de la época. tonos.núm. Por ejemplo. en traducción de Trino Martínez Trives. No porque él se proponga hacerlo. Las principales características de Beckett como director de escena pueden resumirse en: 1) Precisión total y atención meticulosa a todos y cada uno de los detalles escénicos para quetodos formen parte de la estructura general de la pieza. 3) El impacto y la forma de la imagen visual escénica preocupan a Beckett tanto como preocupaban a Artaud. el 13 de mayo de 1964. 39. introductor del teatro de Beckett en España. La orquestación delos movimientos de Winnie. Los DÍAS FELICES EN ESPAÑA La primera versión en castellano de Los días felices se publicó en la revista teatral Primer Acto. dirigiendoPasosBeckett declaró: esto es música de cámara . o los movimientos de Willie tras el montículo-invisible a los espectadores. que el primer acto es demasiado largoy realizó varios cortes en el texto -en el episodio de la sombrilla. movimientos. suimaginación y su talento le llevan .Trino Trives estrenó esta pieza en 1963 -como se ha señalado..primero dentro de un festival deteatro. y más tarde. 1963. sin duda. Algunas veces cambia el texto para dar a la obra esta estructura musical. en el Teatro Valle Inclán de Madrid. Las repeticiones degestos. no realista y psicológico. Beckett ha dicho que su Happy Days. que hacemos nuestras. También cambiósignificativamente la aparición final de Willie. van estructurando la puesta en escena.

A Beckett no se le atacaba por falsear la realidad.puede entender todo el mundo. sin pensamiento ni galanura formal . sino por revelarla innecesariamente y por tener(según este tipo de crítica). se dirigió aldirector y dramaturgo José Sanchís Sinisterra para que dirigiese esta 49 . Don Nicolás González Ruiz. conuna perspectiva de veinte años. Finalmente. y un revolucionario de las formasdramáticas -quizá el mayor en este siglo junto con Genet. Beckett. fue atacado por la críticaconservadora como si se tratara de una agresión frontal a toda la escena española. una concepción materialista y blasfema de la vida. escribía enYA: A Samuel Beckett le entendemos y no nos gusta. es exponente de un antiteatro pesado. Las obras de Beckett empezaron a montarse en nuestro país dentro de un panorama teatral que no permitía estrenar Divinas palabras de Valle Inclán. tartamudo. Ni lo que dice ni lo que quieredecir. quizá porque esta obra requiere una actriz excepcional. sumontaje hizo una gira por varias ciudades españolas en 1975. En cambio. reiterativo. Cabe añadir aquí que parte de la críticabeckettiana española está todavía anclada en los planteamientos filosóficos e ideológicos de los 60. Shakespeare es un autor corriente al que. DonSamuel es un raro entre los muchos que en el mundo han sido.autor de El espectador y la crítica. sin belleza. Alfredo Marqueríe Días felices como las anteriores piezas del autor. Tuvieron que pasar algunos años antes de que a este autor se leconsiderara fundamentalmente como un desmitificador. sino que. Recuerda que en su actuación resaltaba loselementos grotescos de la obra y. sentenciaba: Aquí no conoceremos íntegramente a Shakespeare. Otras obras de Beckett se montaron esporádicamente en España en los años 60 y 70. que en el estreno de la obra llevaba unsombrero hongo pequeñito que en montajes posteriores sustituyó por un sombrero de fiesta conuna pluma de colores larga .. citaré al crítico más notable de la época. pero sí al Sr. En 1984.. si lamanera de ofrecérnoslo no fuera la negación del teatro. con cambios menores. también recuerda.fácilmente criticables. la actriz catalana Rosa Novell. Lo cualtiene su explicación. a Beckett se le consideraba como un epígono de los filósofosexistencialistas. fatigoso. En este panoramacrítico. Francisco Álvaro. sin emoción. más o menos. en su versión íntegra y que suprimía escenas de Luces de bohemia por considerarlas obscenas. Trino Trives no sólo volvió a montar la obra en 1965. sin interés. pero noLos días felices. representante de la crítica católica militante. en versión de Trino Trives). que esté dispuesta a someterse a la rigurosa disciplina que el texto requiere. Según la actriz Maruchi Fresno. y se las puede tachar de trascendentalistas y solemnes. El estreno de Los días felices (Días felices. aburrido. o la secreción póstuma del surrealismo -y las versiones de Trives están sin dudainfluidas por las ideas de la época. Es el genio no el geniecillo. laacogida por parte del público fue generalmente buena. Pero esto último sería lo de menos ya que no entraña ninguna novedad. enamorada del personaje de Winnie. pero no hayque olvidar que en los primeros 60.

celebrado del 28 de marzo al5 de mayo de 1985. azul celeste. o sin tal vez. presentado en el Teatro Maria Guerrero. cuando queda reducida auna cabeza parlante. no sube como suben los buenossouff l es . pero difícil. un ejercicio casi perfecto . anticipaba el tema musical dela pieza y privaba al espectador de la sorpresa de oírla por primera vez cuando Winnie abre su cajitade música. que es muy mesurada. delos Teatros del Círculo de Bellas Artes. y tampocoera lo suficientemente intensa como para ser uno de los principales elementos de tortura. en el Teatro Regina. Pep Ferrer interpretó el minúsculo. la comicidad y el patetismo característicos de esta pieza. no rojiza. y en la Sala Fernando de Rojas. si con las más significativas. veremos que el cambio de la crítica española en torno a Beckettha sido notable. muyponderada.. ahora en castellano. hay momentos en que el textose queda bajo. completamente inadecuado pararepresentar el horno de luz infernal . el10 de octubre de 1984. imagen central de la pieza. els bons dies.se estrenó en el Teatro Regina de Barcelona. Al hablar de la interpretación de Rosa Novell. era excesivamente suave y la distorsionadamúsica del vals de La viuda alegre . els bons dies -traducida de la versión francesa Oh les beaux jours. Escuchando ahora el gran texto seencuentran bastantes vestigios de optimismo: una capacidad de 50 . La luz era blanquecina. y Happy Dqys es una de ellas. tal vez. También desde las páginas de El País. Este estreno catalán constituyó todo un éxito por la magnífica interpretación de Rosa Novell en el papelprotagonista. y añade una observación muy pertinente: yo me pregunto siesa ponderación no habrá jugado contra la eficacia del espectáculo. el autor más importante que vive en la actualidad. 28 de febrero de 1984). si no con todas suspiezas. el crítico teatral Eduardo Haro Tegglen desde Madrid . afirmando que no contaba el argumento de la obra porque Beckett es. El telón defondo era demasiado pequeño y su colorido. El sonido del timbre que despiertaa Winnie y que es el principal elemento de tortura. y elespectador está --o se le supone. escribe sobre este mismo montaje. Sin embargo. en versión castellana de Sanchís Sinisterra. dice Haro Tegglen. con el título:Qué hermosos días en versión de Sanchís Sinisterra: Hace un cuarto de siglo . papel de Willie con meticulosaprecisión. el 28 de febrero de 1984.. el espacio escénicopresentaba algunos problemas. escribía desde Barcelona( El Paí s. dentro del Festival Beckett . esta obra de Beckett era una tragedia metafísica aterradora. Si comparamos las criticas a este montaje con las mencionadas anteriormente. Rosa Novell conseguíamantener fascinado al espectador especialmente en el difícil segundo acto. Este montaje. se presentó en Madrid en elTeatro María Guerrero durante cuatro días en octubre de 1984.. una crítica sobre:Oh..obra.suficientemente familiarizado. que precedía la subida del telón.pertenecientes al estreno de la obra. La dirección de Sanchís Sinisterra fue excelente al conseguir el ritmo. continua Sagarra. Joan de Sagarra. la intensidadpoética. Con el título de Oh. en la versión catalana deVicenç Altaio y Patrick Grifeu. como requiere la obra. Con una precisión gestual y una variedad vocal admirables.

descifradora. También es acertada la observación que hace Haro sobre laescenografía: [en ésta] se percibe como molesta la limitación de la duna en la que están lospersonajes. Un pequeño sector de la crítica no fue tan receptivo y mostraba ciertas reticencias sobre laoportunidad de montar otra vez un texto de hace más de veinte años -como si se hubierarepresentado esta obra en España con cierta frecuencia.y los días felices de Winnie les parecían. en especial. en su nota en el programa afirmaba: Ocurre. El cambio en la sociedad española desde 1963 se refleja también.. i que ens arriben. Existe todavía la idea delBeckett pesimista. Varios críticos se hicieron eco de la palabras deéste que. nihilista. Nuestras vanguardias de los años 60 y principios delos 70 optaron por el teatro épico y combativo .Quizá la publicación de los cuadernos de dirección de escena de Beckett. .resignación. eligieronun teatro de denuncia y de compromiso político. y que nos llegan nada más que con un interés puramentedocumental). absurdista.. noshemos resignado a vivir sin respuestas a aceptar la interrogación como signo fatal deeste tiempo de incertidumbre. algunas piezas teatrales de Lorca o Alberti. o a toda la Generación del 98. etc. sirva para modificaralgunos de los conceptos erróneos más comunes sobre este autor. con un lenguaje escénico coloquial. la mayor parte de la crítica aclamó la obra y. sin duda. sin embargo. la magnífica condiciónplástica del ser humano para adaptarse.. o seignoraban. o por qué nuestro Teatro Nacional. el amor y la compañía de los dos seres residuales -Winnie laenterrada. Jerónimo LópezMozo (especialmente en Moncho y Mimi).. Como los personajes de Beckett nos instalamos ensituaciones inexplicables El famoso absurdo es nuestra realidad cotidiana.. ya es menos comprensible que los profesionales de la escena letengan todavía cierto miedo a Beckett -salvo algunas excepciones.Antes era fácil apelar a los principios autocráticos y censores de la sociedad española. la interpretaciónde Rosa Novell y la dirección de Sanchís Sinisterra.. en la mayor sensibilidad y ecuanimidad de la crítica teatral. tomando como modelo a Bertold Brecht. tenía poca posibilidad de éxito. La influencia de Beckett en algunos autores españoles es innegable.. por su tufo intelectual -como lo hacia el crítico teatral Alfredo Marqueríe-.como al critico deAvui . Luis Matilla. como oscuras e incomprensibles.. se pierde la noción del espacio infinito al que se refiere el texto. en forma de comedias omelodramas. En general. Ángel García Pintado. que hemos renunciado a la obsesión interpretativa. no ha montado nunca obras taninfluyentes en la estética del teatro contemporáneo como son Esperando a Godot o Final de partida -obras ya clásicas y que se representan con frecuencia en los teatros nacionales de otros países. Valle Inclánincluido. En los años 80.Diego Salvador y Fernando Arrabal -por citar los 51 . Manuel de Pedrolo (enCruma). querechazaba sistemáticamente todo lo que venía de fuera. amb un interés puramentdocumental (unos días lejanos.. que ha enriquecido e influido decisivamente en la escena contemporánea. por ejemplo. para combatir la falta de libertades y la brutalopresión franquista. uns dies llunyans. Cabría preguntarse por qué la presencia del teatro de Beckett en España ha sido tan esporádica ysuperficial. y no la del gran poeta dramático creador de una estéticaradicalmente nueva. Todo loque no fuera naturalismo realista. només.. Willie el reptante.

que hacen de latarea traductora un acto casi imposible.que tiene más que ver con el absurdo social -de los romances de ciego. como hubiera sido deseable y. 9). en la revista teatral Primer Acto. Existe una edición catalana titulada Oh els bons dies. La primera versión en castellano se publicó en Madrid. hasta ahora. 39. que aparecer como necklet en Grove Press (pág. En lasnotas a esta edición bilingüe se señalan las diferencias más importantes entre las versiones inglesa yfrancesa de la obra. En 1962. núm. que aquí. hemos tratado de presentar. de la versión francesa. Esto nos lleva de nuevo alproblema de la irregularidad de las ediciones de las obras de Beckett en nuestro país -especialmentede su teatro. con el tít ulo de Oh. LesEditions de Minuit. En la actualidad. por eso heoptado por una edición bilingüe en la que el propio lector pueda en todo momento cotejar el textotraducido con el original y comprobar por sí mismo errores y aciertos y a la vez poder experimentarel gran atractivo de la escritura beckettiana. que tuvo lugar al año siguiente. que esperemos queayude al lector/espectador español a conocer toda la variedad y riqueza de su obra. Estos autores practican una especia de teatro no-realista. Es difícil encontrar obras de Beckett enlas librerías. Como todo poeta Beckett es difícilmente traducible. PRIMERAS EDICIONES DE HAPPY DAYS La primera edición de Happy Days se publicó en Nueva York. En lo referente a su teatro. precediendo alestreno de la obra. En las notas a esta edición se comentan. excepto por las variantes ortográficastípicas del inglés americano. sólo señalaremos aquíalgunos de los más significativos. Faber & Faber. por lo que ha sidoimposible para la gente de teatro española seguir la experimentación escénica beckettianacronológicamente. su intensidad poética y su musicalidad. sin duda. El teatro de estos autores es principalmente alegórico y ha sido escasamenterepresentado. Paradójicamente. ediciones agotadas no vuelven a editarse y parece haber una mala distribución de laediciones existentes. enriquecedor para nuestro teatro.1984. la tentación de intentar traducir la palabrabeckettiana se presenta como algo inevitable.son apasionados beckettianos. les beaux jours. 7) ycomo necklace en Faber & Faber (pág. estas dos versiones.que con el absurdometafísico . Los problemas de traducir a Beckett son múltiples y variados. Grove Press.más obvios-. La primera edición en francés se publicó en París.es un problema editorial.traducida. publica la obra enLondres. brevemente. por Vicenç Altaío y Patrick Grifeu. no se había publicado como obraindependiente. Esta palabra es collar . por lo que su influencia en la escena actual española no ha sido muy significativa-Arrabal es un caso especial dentro de este grupo. las obras de los años 70 y 80 -y algunas anteriores-no se han editado hasta muy recientemente. SOBRE ESTA EDICIÓN: HAPPY DAYS / LOS DÍAS FELICES Esta es la primera edición anotada y bilingüe de esta obra en España. reconocen abiertamente la influenciabeckettiana. 1963. Barcelona. Casi todos los traductores de Beckett -y no sólo ennuestro país. Happy Days se publicó en 1961 y.brevemente. en una versión inglesa idéntica a la americana. muchos años después de su creación. 1961. - 52 . Sólo hay una variación insignificante de una palabra substituida porotra sinónima. o del absurdo a la española . en traducción de Trino Martínez Trives. Otro problema que quizá explique el relativo desconocimiento de la obra de Beckett en España-especialmente las más recientes. Ediciones del Mall. en versión del propio autor. se observa un resurgimiento del interés en torno a Beckett.1963.

se siguen siempre las sugerencias que ha hecho Beckett en sus propiosmontajes -creo que esta clase de anotaciones pueden ser útiles para posibles directores de escena Los Días Felices Samuel Beckett Finalmente. unas palabras respecto al titulo. de repeticiones de ciertas fraseso palabras que hacen que determinados temas queden grabados en la mente del espectador. he optado en consecuenciapor Los días felices.ya que la obra no presenta unos determinados días felices. el que vemos en escena es el último de la serie. teniendo que optar. cambios enepisodios o escenas. e innecesaria-mente. Happy Days suele traducirse generalmente como Días felices. creemos que el artículo esnecesario -el título francés es ³Oh le s beaux jours´ (subrayado mío)-. excelente traductor. hay bastantes anotaciones que se refieren a la puestaen escena de la obra. por lo tanto. El propio Beckett. etc. sinotodos los días felices deWinnie. reconoce la dificultad de traducir sus obras y ensus diferentes versiones -inglesas o francesas-hace continuas modificaciones textuales.He intentado que mi traducción no destruya la estructura de ecos . al lector. comouna melodía. así como laspequeñas traiciones cometidas. no le están permitidas a sus traductores. libertades que él. Las anotaciones textuales no son exhaustivas para no distraer excesiva.. peroque. En las anotaciones al texto se señalan algunos de los problemas encontrados. obviamente. en ocasiones muy pocas. como autor. se puede permitir. Ahora pienso que esta traducción es errónea y que el articulo en castellano es totalmente necesario -y no sólo desde el punto de vistagramatical. cortes. Al ser éste un texto dramático.por recurrir a la versión francesa. yo misma lo he hecho en repetidas ocasiones. ante la frecuente imposibilidad de traducir ciertas palabras ofrases polisémicas. 53 .lo que no implica que sean necesariamente buenostraductores. añadidos.

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