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N°21 Décembre 2010 Prix 150 DA

Bureaux de changes Constantine


Aucune demande Le lancement des travaux
d’ouverture du Trans-Rhummel
depuis 14 ans a sauvé l’année 2010
P. 13 P. 62 P. 20-21

Lire pages 23 à 60

Pages 20-21
Edito N°21, décembre 2010

La relance du secteur industriel, un enjeu stratégique

L’
Par Omar Zeghmi Algérie se donne pour objectif prioritaire de relancer son
secteur industriel. Les autorités publiques prévoient ainsi
de mettre en œuvre une série de mesures de nature à stop-
per la détérioration continue que le secteur enregistre
depuis plusieurs années, de mettre un terme aux déperdi-
tions que cette situation génère et de créer, au profit de
l’entreprise et de son environnement, les conditions d’une reprise sérieuse et
pérenne. L’ambition des pouvoirs publics est de faire passer de 5% actuellement
à un minimum de 10% par an, à l’horizon 2014, la part de l’industrie dans la
valeur ajoutée globale.
Il s’agit d’un objectif ambitieux qui pose avec acuité la question de savoir si
le tissu industriel algérien et les entreprises qui le composent — lesquelles
connaissent pour la plupart des situations pour le moins difficiles — sont enco-
re capables de relever ce défi, par ailleurs incontournable et urgent à tous points
de vue. Un défi qui consiste non seulement à sortir l’entreprise algérienne et le
secteur industriel du «marasme» qui les caractérise aujourd’hui, mais aussi à les-
faire évoluer afin qu’ils redeviennent des ensembles de production modernes et
compétitifs, contribuant de manière significative à la formation de la richesse
nationale, à la satisfaction des besoins du marché et à l’élévation des niveaux de
l’emploi.
Alors que le programme de privatisations et les IDE n’ont pas donné, loin
s’en faut, les résultats escomptés en termes d’investissement, de modernisation,
de transfert de technologies et de savoir-faire en dépit des conditions favorables
offertes par le marché, la relance du secteur industriel reste ainsi la seule voie à
même de sauver les nombreuses entreprises industrielles défaillantes et de don-
ner un sens aux efforts de promotion de la production et des exportations hors
hydrocarbures.
Il est évident cependant que pour réussir, les mesures que veulent mettre en
œuvre les pouvoirs publics doivent être à la mesure des enjeux et répondre, par
leur cohérence et leur pertinence, à une volonté politique ne risquant pas d’être
démentie à la faveur d’une quelconque évolution de la conjoncture. Il s’agit en
fait d’impliquer durablement autant les pouvoirs publics que l’ensemble des
acteurs de la vie économique et sociale. Une implication qui semble bien avoir
fait défaut au cours des décennies passées durant lesquelles le secteur industriel
a subi une longue détérioration qui a fini par le rendre pratiquement inopérant
face à une concurrence étrangère de plus en plus agressive. Celle-ci contrôle
actuellement une part importante du marché national. Il convient donc de bien
mesurer toute les conséquences de cette situation sur les activités industrielles,
sur leurs résultats aux niveaux commercial et fiscal et sur la réalité d’un secteur
appelé à doubler son apport annuel, d’ici 2014, à l’effort national global n
O. Z.

3
Sommaire Conjoncture Nationale
L’

n Entrée en vigueur du cahier des charges


régissant la filière
L’état surveille le lait 6-7
n Tourisme domestique n
g
Une valeur sûre pour le secteur 8-9
U
n Il entrera en vigueur en 2011
Le délit de contrebande sera reconnu 10
n Projets CNAC à Constantine
Un taux de réussite insignifiant 11
n
Finance Ch
n Une année de mise en vigueur des normes IFRS et
Un gage de vérité pour les banques 12
n Bureaux de change
Aucune demande d’ouverture depuis 14 ans 13
Investissement
n
n Selon un bilan d’Anima-Mipo So
Les projets d’investissement ont baissé de 25% en 2010 en Algérie 68
14
n
Pharmacie D
n Entretien avec le docteur Nadir Cheriet, gérant des
laboratoires Isopharm n
«Le générique est la solution pour augmenter la Kh
gamme et satisfaire nos besoins» 15-16 P
n Dr Zertal Hassouna, P-DG de Zedpharm n
«Couvrir 70% des besoins nationaux est à notre portée, à condition…» Em
17 à 18 U

Entretien du mois n

n Alex Dhina, DG par intérim de l’AHK, à L’éco Magazine L’


n
Une centrale hybride pour 2011 et une
tour solaire en perspective 20-21 d
Le
n
DOSSIER U
n
n Hassen Khelifati, PDG d’Alliance Assurances U
L’homme qui créa l’événement de l’année 2010
24-25 n
p

Mensuel de l’économie et de la finance


4
e L’éco N°21, décembre 2010

n Ali Haddad, P-DG de Un homme lucide et passionné 48-49


l'ETRHB
n Cherif Rezki, Directeur de publication d’El Khabar Une publication de la Sarl Mobinet
Trois milles milliards
«Nous tenons beaucoup à notre crédibilité»
accordés en 2009
26-27 50-51 Directeur de la publication et gérant
n El Watan a vingt ans Bettahar Kaddour Ben Bettahar
n Lakhdar Rekhroukh, président-directeur
général du groupe Cosider Cent Unes déjà 52-53 Directeur responsable de la rédaction
Un parcours ascensionnel 28-29 n Alexandre Beaulieu, Manager de TWA\DJAZ Zeghmi Aomar

n Issad Rebrab, patron du Un partenaire de choix 55-56 Rédactrice en chef


groupe Cevital n Abdelmalek Benhamadi, Patron de Condor
Manaa Samira

Le géant aux yeux bleus Toujours plus haut dans le ciel de la Ont participé à ce numéro
30-31 concurrence 58-59 Boudjamaâ Saou, Mourad Allal, Kamel
Imarazene, Nacima B., Nassima
n Kaci Aït Yalla, PDG d’Universal Multimedia Benarab, Salim Aït Sadi, Sofiane Ahmed
Régions Bey, Said M., Yasmina Ferchouche,
Chevalier de la Légion d’Honneur
et membre du MEDEF 32-33 n Dattes de Biskra Karim Aissi, Mohamed El Habib

n Abdelouahab Rahim, Deglet Nour labellisée 61 Iconographie


Directeur Général du groupe n Constantine
L’Eco, NewPress, Moh K.
Carricature : ouahid-caricature@live.fr
Dahli
Le lancement des travaux du Trans-
La discrétion, l’autre face sa Rhummel Infographie
réussite 34-35 a sauvé l’année 2010 62 Laeticia Adam

n El Hadj Hamitouche, manager de la laiterie n Filière lait à Béjaïa  Directrice commerciale


Soummam Neïla Bouras
La collecte fait défaut 63
68 ans et du rêve plein la tête 36 Administration
n Mourad Berri, manager d’Escalab Coopération Latifa Bouaddou

Déjà partenaire d’un groupe américain n José Fernandez, secrétaire d’Etat adjoint Rédaction et Publicité
37 américain à l’Economie, à l’Energie et aux
23, rue Dirah, Hydra, Alger
ANEP
n Bachir Khodja, gérant manager de la SNC Affaires commerciales
Khodja à Béjaïa
«L’Algérie, un partenaire commercial fondamental Administration
41, rue des Tourelles
Proche de la terre et des hommes 38-39 pour les USA» 64-65-66 Hydra, Alger
n Ramdane Battouche, DG de Général n Les relations algéro-portugaises consolidées
Emballage Flashage et Impression
Neuf accords de coopération signés en 2010 La Muse
Un jeune qui voit grand 40 67 Rue Brazza n°24, Hydra, Alger
Tél. 021.48.33.11
n Nassim Lounès, manager de Med&Com n Coopération algéro-cubaine 021.48.33.22
L’année de tous les départs 41 Trois conventions de plus cette année
Fax : 021.48.33.66

n Djamel Eddine Hannane, 68-69 Distribution


directeur général de Immo Développement ADP
n Investissement dans les énergies
Les Espagnols sous-traitent pour lui 42-43 renouvelables Contact : pub.leco@gmail.com
n Ahmed Idir, gérant de l’Eurl Photon Energie L'Algérie au 14e rang 70 administration.leco@gmail.com
redaction.leco@gmail.com
Un jeune éclairé 44-45 neila.bouras@leco-dz.com
n Belkacem Ghecham, gérant de l’entreprise SBGDE Energie Tél : 021 48 22 05 / 021 48 42 03
Un homme à la conquête du renouveau n Marché national du gasoil Fax : 021 48 19 98
46 Les manuscrits, lettres et tous documents remis à la
rédaction ne sont pas rendus et ne peuvent faire
L’autosuffisance à partir de 2013 71 l’objet d’une quelconque réclamation.
n Mohamed Abdou Benabbou, directeur de
publication du Quotidien d’Oran ­

Mensuel de l’économie et de la finance


5
Nationale L’éco N°21 / Décembre 2010

Entrée en vigueur du cahier des charges régissant la filière

L’état surveiLLe
Le Lait
L’ONIL s’engage à approvisionner les
laiteries conventionnées en matières
premières au prix subventionné de
159 000 DA la tonne.
CONJONCTURE

Mensuel de l’économie et de la finance


6
Nationale
L’éco N°21 / Décembre 2010

Répartition géographique
Les pouvoirs publics ont finalement Sétif
Constantine

décidé de mettre de l’ordre dans la Zone 01 Mila


Jijel
193 000 000
litres

filière lait. Depuis le 12 décembre O. E. Bouaghi

dernier, les laiteries publiques


Sidi Bel Abbès
Tlemcen
195 000 000

et privées sont tenues de respecter


Oran litres
Zone 02
Mascara

un cahier des charges relatif Aïn Témouchent


Saïda

à la fabrication du lait pasteurisé Tizi Ouzou


Bordj Bou Arreridj 180 000 000

conditionné, mis en vente Zone 03 Boumerdes litres

CONJONCTURE
Bejaia

au prix administré. Bouira


Blida
ventionné de 159 000 DA la tonne, sur la
Par Sofiane Ahmed Bey Alger
base d’un contrat annuel, à concurrence
Zone 04 Médéa 292 000 000
des quantités fixées dans la convention et

L’
objectif de cette nouvelle litres
selon des modalités de livraison conve- Aïn Defla
réglementation développée
nues avec le fournisseur.


par l’Office national interpro- Tipaza
Pour atteindre ses objectifs, l’ONIL a
fessionnel du lait (ONIL) est double  : Souk Ahras
divisé le territoire national en 9 zones.
permettre le contrôle des quantités de Annaba
Les laiteries situées dans ces zones seront 123 000 000
poudre de lait subventionnées par l’Etat
tenus de collecter des quantités détermi- Zone 5 El Tarf litres
et développer la collecte et la production
nées de lait cru. A titre d’exemple, la zone Skikda
de lait cru. «Le présent cahier des
4 (Alger, Blida, Médéa, Aïn Defla et
charges concerne un volume de fabrica- Guelma
Tipaza) devra collecter 292 millions de
tion annuel de 1,5 milliard de litres de lait Relizane
litres de lait par an. Ces objectifs sont par-
pasteurisé conditionné (LPC) en sachet
faitement réalisables à condition, bien Tiaret 157 000 000
plastique polyéthylène vendu au consom- litres
sûr, que les professionnel de cette filière Zone 6 Mostaganem
mateur au prix administré de 25 DA le
abandonnent progressivement le réflexe
litre», stipule l’article 1er de ce cahier des Chlef
de la transformation et s’engagent dans la
charges. Ainsi, à l’avenir, tout opérateur Tissemsilt
production de lait frais n S. A. B.
dans le secteur du lait devra développer Batna
son réseau de collecte de lait cru avec les
éleveurs de sa région et mettre en place Tout opérateur Khenchela
195 500 000
son propre réseau de distribution. Pour ce Tébessa litres
qui est de la transformation de lait en dans le secteur Zone 7 M’sila
poudre subventionnée, la laiterie devra se
conformer à des mesures très strictes en du lait devra Biskra
El Oued
termes de contrôle des quantités utilisées. développer son
Selon l’article 7 du cahier des charges, Ghardaïa
«toute laiterie conventionnée comme réseau de collecte Illizi
partenaire devra présenter trimestrielle- Laghouat
ment un état récapitulatif des quantités de lait cru avec Zone 8
Djelfa
117 000 000
litres
de lait demi-écrémé (LPC) fabriquées et
distribuées à partir de poudre de lait sub- les éleveurs de Ouargla
ventionnée. Cet état doit contenir  : la
liste des distributeurs, les quantités dis- sa région et mettre Tamanrasset
Naâma
tribuées et le(s) territoire(s) de distribu-
tion à savoir wilaya, daïra ou commune».
en place son El Bayadh
50 000 000
litres
En contrepartie, l’ONIL s’engage à
approvisionner les laiteries convention-
propre réseau Zone 9
Béchar
Tindouf
nées en matières premières au prix sub- de distribution. Adrar

Mensuel de l’économie et de la finance


7
Nationale L’éco N°21 / Décembre 2010

Tourisme domestique

Une valeUr sûre


poUr le secteUr
Le ministre, Smail Mimoune,
lors de l’ouverture du Sitev
CONJONCTURE

Par Nacima B. Smaïl Mimoune, le nouveau dans la mesure où le client se trouve dans
son propre pays». De son côté, le prési-
ministre du Tourisme et de dent de l'Organisation internationale du

L
e directeur exécutif de
l'Organisation mondiale du tou- l’Artisanat, oriente la tourisme social (OITS), Jean-Marc
risme (OMT), Frédéric Perret, Mignon, a précisé que «le tourisme
avait, lors de la tenue du Salon internatio-
politique de son secteur vers domestique s'appuie davantage sur les
investissements du secteur privé». Il a
nal du tourisme et des voyages (Sitev), le un segment jusque-là expliqué que «contrairement au tourisme
mois dernier, considéré que «l’Algérie est
un pays qui dispose de toutes les poten- inexploré : le tourisme international, le tourisme domestique
résiste aux différents événements et crises
tialités pour développer son tourisme
domestique grâce à ses plages méditerra-
domestique. Une approche du fait qu'il s'agit d'un produit local». A
néennes, son fascinant Djurdjura, ses tré- privilégiée pour faire titre d'illustration, M. Mignon a évoqué
sors humains, culturels et historiques». Il l'expérience de l'Espagne qui avait lancé,
a, cependant, fait remarquer que «le tou- concurrence au tourisme dans les années 1980, une opération
risme domestique demeure exigeant et les international, soutenue par consistant en une action publique de sou-
offres doivent être larges et diversifiées tien au tourisme domestique à travers des
des experts en la matière. produits destinés notamment aux retraités

Mensuel de l’économie et de la finance


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Nationale
L’éco N°21 / Décembre 2010

(tourisme thermal), mais aussi aux jeunes


et aux enfants, comme le camping et les
auberges de jeunes, prolongeant ainsi la
saison touristique. En effet, en Espagne,
l'Etat contribue à cette opération avec une


enveloppe de 50 millions d'euros annuel-
lement. Sur un euro versé, l'Etat gagne
1,7 euro, ce qui permet de préserver
12 000 emplois dans ce secteur.
Le ministre du Tourisme a, à l’occa-
sion, souligné la tendance actuelle à tra-
vers le monde qui fait ressortir qu'une
plus grande importance est accordée au
tourisme domestique du fait de son
impact sur le développement économique
et social, d'où la nécessité d'investir ce Salon international du
créneau créateur d'emplois. tourisme et des voyages

CONJONCTURE
Le parc hôtelier sera renforcé
Mais pour arriver à développer ce tourisme ne peut pas être développé sans
produit, il est nécessaire de réaliser des l’investissement». Il a d’ailleurs décidé
infrastructures d’accueil, de détente et En Espagne, d’organiser, en janvier 2011, une ren-
d’animation. Plusieurs projets de réalisa-
tion d’hôtels ont été lancés par des inves-
l'Etat soutien le contre nationale qui réunira les services
du ministère du Tourisme et de l'Artisanat
tisseurs nationaux. tourisme et les investisseurs dans le secteur et per-
M. Mimoune a saisi la tenue du Sitev domestique, avec une mettra de cerner les difficultés auxquelles
pour attribuer un accord de principe aux sont confrontés les investisseurs et autres
profit des investisseurs nationaux. Ainsi, enveloppe de opérateurs intervenant dans le secteur. En
49 nouveaux projets touristiques 50 millions d'euros ce sens, M. Mimoune a affirmé que le
devraient être réalisés, permettant la créa-
tion de 5200 lits supplémentaires. La annuellement. Sur un tourisme bénéficiera du programme de
développement 2010-2014, soulignant
capacité d’accueil, en Algérie, est de euro versé, l'Etat que la modernisation des moyens de
l’ordre de 90 000 lits ; 70 000 lits supplé-
mentaires devraient être réalisés à l’hori- gagne 1,7 euro, ce qui transport et la consolidation des infra-
structures de base auront un impact posi-
zon 2015. 68% des objectifs en matière permet de préserver tif sur l'essor du tourisme en Algérie.
de réalisation de lits supplémentaires
pour cette période ont été atteints. Mieux
12 000 emplois A ce titre, le ministre a appelé les


encore, une enveloppe de 48 milliards de dans ce secteur. investisseurs à relever le défi de la relan-
dinars sera dégagée pour la réhabilitation ce du tourisme, ce qui permettra à
de 47 hôtels et stations thermales relevant l'Algérie de recouvrer sa place au niveau
du secteur public au niveau national. du tourisme international.
Cette annonce a été faite par le ministre M. Mimoune a insisté sur le partena-
(PQTA), soit un taux de 10%. Le ministre
du Tourisme, en marge du Sitev. Il a en du Tourisme a donc appelé le reste des riat, appelant à mettre en valeur les poten-
outre précisé que «ces hôtels ont été acteurs à y adhérer, indiquant que «ces tialités naturelles dont dispose l'Algérie.
construits dans les années 1970 et seront établissements devront engager, dans le Affirmant que le tourisme réceptif ne
réhabilités afin de préserver leur aspect cadre du PQTA des bureaux d'études devrait pas être négligé, il a exhorté les
architectural spécifique». Dans l'immé- pour identifier toutes les carences. Ils investisseurs à s'intéresser davantage au
diat, une enveloppe de 2 milliards de seront ensuite expertisés de nouveau par tourisme domestique, en améliorant
dinars a été allouée à la réhabilitation de des bureaux d'études engagés par le notamment les prestations de service.
neuf autres hôtels situés dans le sud du ministère, qui effectueront des opérations Sauf que le développement du secteur
pays. de contrôle anonymes, au terme des- passe par l'amélioration des prestations
quelles sera décidé la délivrance de la de service, l'établissement de tarifs préfé-
Seuls10% des établissements ont certification PQTA».  rentiels et la signature de conventions de
adhéré au PQTA  partenariat entre les agences de tourisme
Sur 2 200 infrastructures touristiques Une rencontre nationale et de voyage avec les établissements
— agences de voyages, restaurants et des investisseurs est prévue hôteliers. C’est à travers cette série d’ac-
hôtels — réparties à travers le territoire pour janvier 2011 tion que la destination Algérie pourrait
national, seuls 200 établissements ont M. Mimoune a déclaré, lors de son être reconstruite n
adhéré au Plan qualité tourisme Algérie allocution d’ouverture du Sitev, que «le N. B.

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Nationale L’éco N°21 / Décembre 2010

Il entrera en vigueur en 2011

Le déLit de contrebande
sera reconnu
Le nouveau code des Douanes qui entrera en vigueur en 2011 vient
d’être finalisé et fait actuellement l’objet d’une expertise étrangère. Il
CONJONCTURE

sera incessamment soumis au gouvernement.

Par Kamel Imarazene les ports avec toutefois des contrôles a des mesures seront prises incessamment
posteriori», de même qu’il harmonise pour désengorger les ports, l'inspecteur
les «régimes douaniers pour être en général des Douanes a rétorqué : «Nous

C’
est là une récente déclaration
de Abdelmadjid Mahrèche, conformité avec la Convention interna- n'avons presque plus de marchandises
inspecteur général des tionale de Kyoto en la matière». Il redé- en souffrance ; une commission fait
Douanes. Le nouveau texte introduit les finit le «contentieux douanier répressif évacuer tous les containers qui dépas-
notions de la «déclaration électro- par la simplification des dispositions» et sent le délai de 21 jours de dédouane-
nique», de la «décontractualisation des réintroduit le «délit de contrebande au ment. Ces containers sont évacués vers
rapports», harmonise «les régimes niveau des bureaux». des zones extra-portuaires.» n K. I.
douaniers», redéfinit le «contentieux Par ailleurs, à la question de savoir si
douanier répressif par la simplification
des dispositions» et réintroduit le «délit
de contrebande au niveau des bureaux», Douanier
selon la même source. algérien
«Nous sommes en train d'apporter effectuant
un contrôle
quelques rectifications qui nous ont été
proposées et bientôt, ce dossier sera
remis au ministre des Finances avant
d'aboutir au secrétariat général du gou-
vernement», a-t-il poursuivi.
Interrogé sur les objectifs assignés à
ce nouveau code, le même responsable
souligne qu’ils sont multiples et que les
principaux demeurent «une meilleure
lutte contre la contrefaçon et les fausses
déclarations de valeur ainsi que le ren-
forcement du rôle de la Commission
nationale de recours qui siège au
niveau de la direction générale des
Douanes et présidée par un magistrat».
S'étalant sur le contenu du nouveau
texte, M. Mahrèche a noté qu'il intro-
duit la «déclaration électronique pour
être en phase avec l'évolution du
monde» et la «notion de décontractuali-
sation des rapports pour désengorger

Mensuel de l’économie et de la finance


10
Nationale
L’éco N°21 / Décembre 2010

Projets CNAC à Constantine

un taux de réussite
insignifiant
Les projets du dispositif CnaC — aide à l’insertion des chômeurs
âgés de 35 à 50 ans — accuse un retard considérable à Constantine

CONJONCTURE
et ce, malgré les fonds débloqué par la Caisse nationale d’assurance
chômage.
Par Mohamed El Habib BAdr en a financé 7000 en 2009-2010, traitement des dossiers, dépassant sou-
ce n’est pas suffisant, estiment les pro- vent les 5 mois, n’est pas forcément
moteurs de l'Ansej et de la CnAC, qui pour arranger les choses, alors que la

S
ur les 337 projets financés en
2009, il n’a été enregistré qu’un misent sur cette banque en raison de son réglementation fixe les délais à 2 mois.
nombre infime de réussites. large réseau d'agences, surtout au Enfin, le bilan de 2009 pour la
«Cette année, le taux de réussite des niveau des Hauts-Plateaux et du Sud. wilaya de Constantine a été plus encou-
jeunes voulant créer des entreprises Les projets rejetés par cette banque ont rageant que celui de 2010 puisque sur
pour ce dispositif tend vers les 2%», des problèmes qui ne sont pas liés for- les 528 dossiers déposés auprès de cette
annonce-t-on au niveau de cette structu- cément aux règles prudentielles, mais caisse, 281 promoteurs disposent déjà
re régionale. relèvent plutôt de l'environnement éco- d’un registre du commerce n
Ce n’est pas par manque d’engoue- nomique du projet. Aussi, la durée du M. E. H.
ment des jeunes pour cette formule ni
faute de volonté des pouvoirs publics. Sur les 528 dossiers déposés
«Ce sont les banques qui mettent les auprès de la CnaC en 2010, seuls
281 promoteurs disposent déjà
bâtons dans les roues», déclarent tous d’un registre du commerce
les protagonistes. Un avis qui semble
partagé par les responsables locaux eux-
mêmes puisqu’il a été indiqué, le mois
dernier, que la création à l’échelle natio-
nale d'une moyenne annuelle de 40 000
micro et petites entreprises à travers les
dispositifs Ansej et CnAC ne semble
pas réalisable au regard du rythme
actuel.
Entre les accusations des respon-
sables des dispositifs de financement
des projets de jeunes — l'Agence natio-
nale de soutien à l'emploi de jeunes,
(Ansej) et la Caisse nationale d'assuran-
ce chômage (CnAC) — et les argu-
ments techniques des banques, la pro-
motion de la création de petites entre-
prises en Algérie tend à perdre de sa
substance.
Sur 10 730 dossiers déposés, la

Mensuel de l’économie et de la finance


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Finance L’éco N°21 / Décembre 2010

Une année de mise en vigueur des normes IFRS

Un gage de vérité
poUr les banqUes
Par Nassima Benarab Sécuriser la place financière c’est bien, mais il faut que les
instruments de cette sécurité ne soient pas des mécanismes

L qui bloquent la prise d’initiatives. Abderrahmane Benkhalfa


e chantier est permanent. Tout dépen-
dra, par contre, de l’adaptabilité des
entreprises à se conformer à ces nou- aborde la question de la conformité des banques et
velles règles de comptabilité universelles. établissements financiers avec les normes comptables IFRS
L’Association des banques et assurances
(ABEF) se met à la page en faisant le suivi des
sous l’angle des responsabilités. La question n’est pas un
établissements bancaires qui lui sont affiliés. simple transfert de mode de comptabilité, c’est un
Toutes les banques, en 2011, auront le même changement de code d’un compte ; c’est aussi le mode
type de comptabilité, le même type d’indica-
teur régis par les mêmes normes comptables, d’évaluation qui va changer et donc une nouvelle manière
un élément important pour la gouvernance. d’évaluer les actifs et les passifs des produits.
«La gouvernance est un élément important
pour l’avenir et à la fois pour toutes les parce que non seulement nous somme régis banques publiques et privées. Maintenant que
banques, mais davantage pour les banques par les mêmes normes internationales, mais les banques privées étrangères sont en nette
FINANCE

publiques à grand réseau», explique aussi, c’est normes ont été transposées dans progression, par leur intégration dans le tissu
M. Benkhalfa, président de l’ABEF. la réglementation nationale.» national et par leur application de la réglemen-
Le nouveau système comptable n’est pas Le chantier nécessite une normalisation, il tation algérienne, il est établi une homogénéi-
seulement un changement de code d’un exige donc une harmonisation et un reforma- té de la place financière impliquant, à l’avenir,
compte, c’est aussi le mode d’évaluation qui a tage du programme informatique. Le nouveau
que les questions sont communes aux
changé, donc l’évaluation des actifs, des pas- système comptable intègre aussi les choix des
banques.
sifs des produits. Le cœur de l’activité bancai- décideurs ; de plus en plus, les conseils d’ad-
ministration et les comités de direction sont Pour le président de l’ABEF, le défi n’est
re a changé la forme d’évaluation. «Donc pas la conformité des établissements ban-
impliqués dans les options comptables par
nous nous rapprocherons des normes interna- caires et financiers mais réside dans l’éléva-
rapport à l’ancien système.
tionales, et donc à partir de 2011 les statis- tion du niveau de bancarisation encore faible.
La place bancaire algérienne acquiert de
tiques bancaires algériennes comprennent «Voilà les enjeux de demain.»
plus en plus d’homogénéité. Il y avait, à un
une comparabilité très forte par rapport aux moment, une différentiation forte entre Globalement, «nous avons maintenant une
statistiques bancaire du monde développé,
agence pour 24 000 habitants, c’est faible. Il
devrait y avoir une agence pour 10 000 habi-
La place bancaire
algérienne acquiert de plus tants. Nous avons 1400 agences à travers le
en plus d’homogénéité territoire national, il faut que nous arrivions à
3000 points bancaires, ce n’est pas facile, une
agence bancaire c’est une responsabilité. Dès
2011 sur le plan comptable, nous devions
avoir une homogénéité sur le plan de la gou-
vernance. Cela intègre beaucoup d’éléments,
en l’occurrence les espaces de la responsabi-
lité, les espaces initiatives d’organisation
moderne des agences et des directions géné-
rales ainsi que les questions des ressources
humaines et de salaires. Nous avons encore
un chantier qui porte sur les contraintes juri-
diques et judiciaires, qui doit faire attention
aux risques et aux ressources, mais en contre-
partie il ne faut pas que leurs actes soient trop
pénalisés par beaucoup de décimalisation» n
N. B.

Mensuel de l’économie et de la finance


12
Finance
L’éco N°21 / Décembre 2010

Bureaux de change

Aucune demAnde d’ouverture


depuis 14 Ans
Par Kamel Imarazene Pour le gouverneur de la Banque d’Algérie, la loi
régissant cette activité «est entrée en vigueur en 1996.

L
a question de l’ouverture de
bureaux de change officiels Elle permet également aux banques d'ouvrir des bureaux de change
pour mettre fin au marché infor- en dehors de leurs sièges».
mel de la devise s’est de nouveau posée
avec les opérations menées, récemment, Une réponse déjà connue, mais qui posent l’achat des devises, la monnaie
par les services de la Gendarmerie n’explique pas le retard mis depuis lors nationale n’étant pas convertible.
nationale afin de démanteler les réseaux dans l’ouverture de ces bureaux. Sur un autre plan, les bureaux de
activant dans le change illicite de la Selon certains analystes, l’investisse- change doivent, selon l’instruction de la
devise, soupçonnés d’être à l’origine de ment dans ce créneau n’est pas du tout Banque d’Algérie, veiller à ce que les
nombreuses affaires de blanchiment et intéressant. Il faut dire que l’instruction cours d'achat et de vente qu’ils appli-
de trafic de monnaie. Cela a engendré n°8-96 du 18 décembre 1996 fixant les quent ne s'écartent pas de plus de 1% de
une flambée sans précédent de l’euro et, conditions de création et d’agrément des ceux pratiqués par la Banque d'Algérie.


FINANCE
à un degré moindre, du dollar américain, bureaux de change limite leur activité Ce qui revient à dire que les profits ne
sur le marché parallèle de la devise. Une aux seules opérations d'achat et de peuvent pas être importants. Aussi, ces
situation qui a amené des députés de vente, contre la monnaie nationale, des cours d’achat et de vente ne sont pas en
l’Assemblée populaire nationale (APN) billets de banque et des chèques de mesure d’intéresser les particulier à
à interpeller le gouverneur de la Banque voyage libellés en monnaies étrangères vendre des devises convertibles. Ceux-
d’Algérie, Mohamed Laksaci, au sujet librement convertibles. Autrement dit, ci préféreront, en effet, le marché paral-
de la non-délivrance par ses services ils ne sont pas autorisés à proposer à la lèle qui propose des marges bénéfi-
d’autorisations pour l’ouverture de vente des devises. Or, la demande ciaires autrement plus importantes.
bureaux de change. Ce fut l’occasion concerne surtout l’achat de monnaies C’est tout cela, en somme, qui
pour le gouverneur d’indiquer alors que étrangères. explique qu’aucune demande d’ouvertu-
la loi régissant cette activité «est entrée Le travail des bureaux de change, tel re de bureau de change n’a été formulée
en vigueur en 1996 et permet également que défini par la loi en vigueur, ne diffè- jusqu’ici auprès de la Banque d’Algérie,
aux banques d'ouvrir des bureaux de re pas, à vrai dire, de celui des banques comme signalé par le gouverneur lui-
change en dehors de leurs sièges». qui, dans le cadre de leurs activités, pro- même n K. I.

Le marché
parallèle propose
des marges
bénéficiaires
beaucoup plus
importantes.

Mensuel de l’économie et de la finance


13
Investissement L’éco N°21 / Décembre 2010

Vue d’Alger
INVESTISSEMENT

Selon un bilan d’Anima-Mipo

Les projets d’investissement ont


baissé de 25% en 2010 en aLgérie
D'après le bilan du Mipo présente une toute autre version de liards d'euros. Au niveau de l'ensemble
la situation. Il faut noter aussi que le
3e trimestre 2010 de même rapport évoque l’état des IDE dans
des pays de la Méditerranée, le rapport
note que le nombre d'annonces de projets
l'Observatoire des le Maghreb ; il fait état d'un redécollage d'IDE repart à la hausse, avec 581 projets
(par rapport à 2009) moins évident dans
investissements et cette région. Une baisse en termes de
détectés au cours du premier trimestre
partenariats en 2010, contre 542 au total en 2009, soit
montants est constatée et concerne les
une augmentation de l'ordre de 43%.
Méditerranée, Anima-Mipo, quatre voisins maghrébins.
Toutefois, en nombre de projets d'in- L’accroissement n'est toutefois pas enco-
le nombre d'annonces de vestissement, la hausse est forte en re à l'ordre du jour pour les montants,
projets d'investissement Tunisie, sensible au Maroc, tandis que étant donné que 20,4 milliards d'euros ont
l'Algérie et la Libye font des contre-per- été annoncés jusqu'au 30 septembre 2010
direct étranger (IDE) formances avec une baisse de plus de contre 28,6 milliards d'euros en 2009, soit
repart à la hausse dans les 25%, selon toujours les chiffres avancés une diminution de 5%.
par Anima-Mipo.
pays méditerranéens, sauf Les partenariats augmentent dans tous
Les partenariats d'entreprises poursui-
vent pour leur part leur augmentation :
en Algérie. les pays méditerranéens sauf en Algérie,
notamment dans le secteur des transports 362 annonces pour le premier trimestre
ParNacima B. avec l'ouverture de nombreuses lignes 2010, contre 303 au total pour l'année
aériennes et donc de bureaux de représen- 2009 (+ 59%). 

L'
Algérie est le seul pays médi- tation dans plusieurs pays. En termes de pays d'origine des IDE,
terranéen où la baisse du les entreprises européennes sont large-
nombre de projets d'investis- 581 projets engagés ment en tête au cours de l'année 2010
sement est considérable. La diminution dans le Bassin méditerranéen avec 37% des montants. Abonnés à la
du nombre de partenariats est fortement Le nombre d'annonces d'investisse- deuxième place du palmarès, les pays du
marquée.  Seuls huit projets ont été détec- ment dans les pays du Maghreb devrait Golfe sont en revanche en perte de vites-
tés en neuf mois, contre 35 en 2009. Ce retrouver, fin 2010, son niveau de 2008,
mauvais bilan contraste avec les déclara- se. Durement touchés par la crise finan-
mais les flux annoncés sont en chute
tions officielles faisant état d’un volume libre : moins de 3 milliards d'euros cière, ils sont à l'origine de 18% des mon-
d’investissement étranger réalisé en 2009 annoncés durant les trois premiers tri- tants annoncés au cours des trois pre-
de l’ordre de 1668,6 millions de dollars. mestres alors que le montant annuel miers mois 2010, contre une moyenne de
Mais le rapport élaboré par Anima- moyen, depuis 2003, dépasse les 8 mil- plus de 25% depuis 2003 n N. B.

Mensuel de l’économie et de la finance


14
Pharmacie
L’éco N°21 / Décembre 2010

Entretien avec le docteur Nadir Cheriet,


gérant des laboratoires Isopharm

«Le générique est La soLution


pour augmenter La gamme
et satisfaire nos besoins»

PHARMACIE
Le docteur
Nadir Cheriet

Classés 15e sur la liste des 144 producteurs et conditionneurs Entetien réalisé par Mohamed El Habib
de produits pharmaceutiques que compte l’Algérie, les L’éco : Pouvez-vous nous situer la position
laboratoires Isopharm illustrent bien le défi algérien relevé par actuelle de vos Laboratoires sur le marché
national depuis leur création ?
deux jeunes pharmaciens qui avaient décidé, dès leur sortie du Dr Cheriet  : Etant parmi les premières
sociétés privées nationales de fabrication de
département de pharmacie de la Faculté de médecine de produits pharmaceutiques, les Laboratoires
Isopharm-Algérie ambitionnent aujourd’hui
Constantine, de se lancer dans la fabrication de médicaments de couvrir les besoins du marché national et
de développer leur gamme par le lancement
génériques, en l’absence de tout soutien financier des banques très prochain du Département des formes
sèches et par l’investissement dans de nou-
ou partenariat étranger. Le parcours n’était pas sans embûches, veaux équipements aussi bien pour les lignes
de production que pour le Laboratoire de
mais le résultat est plus qu’encourageant. contrôle de la qualité. Ce dernier projet com-
mence à prendre forme, il est actuellement
Le docteur Cheriet, gérant des laboratoires Isopharm-Algérie, finalisé à 70%.
Aussi, d’après le dernier classement du
a bien voulu répondre à nos questions. ministère de la Santé, de la Population et de la

Mensuel de l’économie et de la finance


15
Investissement
Pharmacie L’éco N°21 / Décembre 2010

Réforme hospitalière, Isopharm prend la


15e place sur les 144 producteurs et condition-
neurs que compte l’Algérie. Nous sommes
satisfaits et fiers vu le parcours de l’entreprise.


Nos produits ne sont pas faits sous licence,
c’est notre propre fabrication. Nous sommes
conscients qu’il reste beaucoup à faire ; nous
devons relever le défi et œuvrer dans le sens
de satisfaire les besoins nationaux et assurer la
disponibilité continue de toute notre gamme.

Et si on remontait au début de la création


des laboratoires...
Isopharm-Algérie est située dans la zone
industrielle de Tarf-El Khroub, à Constantine,
sur un terrain de 5 500 m2. Dotée d’un capital
social de 160 millions de dinars, elle a été fon-
dée en 1996 par mon associé et moi-même,
sans aucune aide : tous les investissements ont
été réalisés sur fonds propres. Dès la création,
l’activité a été orientée sur le développement
et la fabrication du médicament générique Qu’en est-il de la mesure gouvernementale
sous la forme de solution buvable non stérile, relative à l’interdiction de la distribution Nous avons demandé
selon les normes BPF(Bonnes pratiques de par les grossistes des médicaments à ce qu’un produit
fabrication), et ce, conformément aux normes
PHARMACIE

fabriqués localement et qui oblige soit fabriqué par au


de l’OMS (certification datée du 13 octobre désormais les producteurs locaux à créer
1997). Nous avons aussi lancé les formes leur propre réseau de distribution ? moins deux producteurs
sèches. Cette mesure ne correspond pas à la réalité pour prétendre être interdit
du terrain et on ne pourra pas nous y confor-
Depuis, votre gamme de produits a été bien mer. Les producteurs ne peuvent pas jouer le
à l’importation. Ceci pour
enrichie… rôle de grossistes. Notre métier est de fabri- garantir la disponibilité et
Actuellement, nous produisons 22 pro- quer les médicaments et non de les distribuer
duits enregistrés dans différentes classes phar- pallier les pénuries et
car la distribution est un autre métier. Cette
maco-thérapeutiques dont des antidépres- mesure n’est pas pour encourager la produc- ruptures en cas
seurs, des antipsychotiques, des neurolep- tion nationale. Nous avons adressé deux d’accidents


tiques, des muco-régulateurs, broncho-dilata- lettres au Premier ministre, qui sont restées
teurs, laxatifs et autres. Nous comptons, en sans réponse. Quant au ministre de la Santé, il
susceptibles de
outre, six produits en cours d’enregistrement. a reporté le débat. survenir chez l’un des
On ne cesse de parler de pénurie de
producteurs.
Cela nous amène à parler de la politique du
médicaments. Quelle est votre explication médicament en Algérie. Quelle est votre
en tant que producteur ? appréciation du sujet ?
Nous rencontrons, à l’instar des autres pro- La politique du médicament en Algérie
ducteurs, beaucoup d’obstacles. Ceci à cause, dépend des personnes. Il est à rappeler l’ou- Et pour ce qui est de la fameuse liste des
notamment du Crédit documentaire. Vous verture du marché de l’importation sans nous médicaments interdits à l’importation...
savez que le gouvernement a exigé que le aviser, et ce, malgré les engagements signés Nous sommes, en tant qu’association
paiement des importations sur le territoire entre les opérateurs et le gouvernement. La ANPP, partenaire du ministère de la Santé et
algérien s’effectue obligatoirement au seul production du médicament dans notre pays nous avons demandé à ce qu’un produit soit
moyen du crédit documentaire, et ce, depuis le accuse un retard considérable même par rap- fabriqué par au moins deux producteurs pour
1er septembre 2009. Les opérateurs du secteur port à nos voisins maghrébins. être interdit à l’importation. Ceci pour garantir
n’ont pas les moyens financiers nécessaires Pour vous donner juste une idée, l’Algérie la disponibilité et palier les pénuries et rup-
car, pour la moindre opération d’importation il produit localement moins de 500 médica- tures en cas d’accidents survenus pour l’un
faut payer trois mois à l’avance alors qu’avant ments contre 1 900 au Maroc et 1 700 en des producteurs. Nous sommes toujours en
l’institution du crédoc, les opérateurs payaient Tunisie avec des taux de couverture des
négociations et je reste optimiste, car la vision
par virement libre et les fournisseurs nous besoins nationaux de 30% pour l’Algérie,
accordaient 3 à 6 mois pour payer. Nous avons tend à s’éclaircir, c’est en bonne voie.
55% pour la Tunisie et 80% pour le Maroc.
saisi, en tant que producteurs regroupés au Ces pays ont pris des mesures avec une poli-
sein de l’Association nationale des produc- tique claire qui leur a permis d’atteindre ces Pourquoi vous n’avez pas opté pour le
teurs en pharmacie (ANPP) dont je suis le taux. partenariat afin de développer vos
vice-président, le secrétaire général du minis- laboratoires...
tère des Finances qui a compris notre souci et Quelle serait alors la solution ? Nous ne sommes pas contre, bien au
nous a promis d’alléger les procédures du cré- La solution réside dans le médicament contraire, nous sommes ouverts au partenariat
doc. Il faut dire que cette disposition serait à générique qui est la seule issue pour augmen- intelligent qui apportera un plus pour nous,
l’origine des pénuries fréquentes qui touchent ter la gamme de la production nationale et afin de créer une autre filiale, mais Isopharm
certains médicaments. satisfaire nos besoins. restera à 100% algérienne n M. E. H.

Mensuel de l’économie et de la finance


16
Pharmacie
L’éco N°21 / Décembre 2010

Dr Zertal Hassouna, P-DG de Zedpharm

PHARMACIE
«Couvrir 70% des
besoins nationaux
est à notre portée,
à Condition…»
Mensuel de l’économie et de la finance
17
Pharmacie L’éco N°21 / Décembre 2010

Le groupe Zedpharm, qui s’est lancé dès Jordanie, spécialisée dans la production de lait
1997 dans la distribution et la infantile. Prêt à contribuer à la politique du
commercialisation des produits gouvernement consistant à réduire la facture
pharmaceutiques et parapharmaceutiques, d’importation, son challenge est désormais de
s’est doté, il y a deux ans, d’une usine de se placer parmi les trois premiers laboratoires
production à Constantine. Mieux, il lance de production en Algérie. Le docteur Zertal,
simultanément cinq unités de fabrication dont P-DG du groupe, nous en parle avec
l’une en partenariat avec Dar Al Rida de beaucoup de passion…
Interview réalisé par Mohamed El Habib Siège du groupe Zedpharm à Constantine

L’éco : Depuis la création de votre


groupe, les prestations se sont
continuellement améliorées. Pouvez-vous
nous parler du mode de gestion adopté ?
Dr Zertal : En effet, nous avons adap-
té nos moyens en modernisant notre mode
de gestion tout en axant la stratégie de
PHARMACIE

développement du groupe sur la diversifi-


cation de ses activités en les étendant aux
secteurs connexes à travers la réalisation
d’un grand laboratoire de production,
l’édification de structures adaptées
dédiées à la recherche, l’organisation
périodique des journées scientifiques,
baptisées Pharmadays en Tunisie, au
Maroc, en Egypte et en Turquie. Des ren-
contres qui regroupent une moyenne de d’un journal gracieusement distribués, Zedpharm participe activement au déve-
pas moins de 500 pharmaciens dans un JMP, le Journal médical de pharmacie. loppement de la politique de santé du
cadre scientifique et agréable autour de pays. Il offre un approvisionnement fiable
divers thèmes tel que le générique, la ges- Prétendez-vous atteindre la position de et de qualité à ses clients. Chaque jour, le
tion de l’officine, etc. Nous avons égale- leader sur le marché dans la branche de groupe approvisionne plus de 2 500 offi-
ment organisé des journées scientifiques la distribution du médicament ? cines réparties sur toutes les willayas. Il a
consacrées à l’information et au débat Nous sommes effectivement le numéro une référence de 3 000 produits dispo-
sans oublier la publication d’une revue et un sur le marché national. Le groupe nibles immédiatement. Des espaces cli-
matisés et bien équipées garantissent la
conservation des produits les plus sen-
Zedpharm sera parmi les trois distributeurs sibles dans le strict respect des normes de
retenus par le ministère de la Santé maintient de la chaîne du froid. Cet enga-
gement de qualité et de disponibilité est

F ondé en 1997 par le docteur déployé en s’implantant d’abord rendu possible par l’expertise des équipes
dans plusieurs régions de l’est du
du groupe Zedpharm. Notre savoir-faire
Hassouna Zertal, le groupe provient d’une expérience de plus de
Zedpharm s’est lancé dans la pays par a création de Physiopharm, douze ans dans la logistique pharmaceu-
distribution et la commercialisation Théraplos, Sefaity et Zedcos, puis en tique, et s’articule autour d’une architectu-
des produits pharmaceutiques et dans les régions Centre, Ouest et re informatique moderne, puissante et pré-
Sud en créant successivement Sanitas sente à tous les stades de la chaîne de dis-
parapharmaceutique afin de
tribution. Actuellement, on ne peut distri-
contribuer à la politique de santé en 2001 à Alger, UDPH en 2004 à buer que pour 2 500 pharmaciens. Nous
publique. Le fondateur a dès le Oran et ZedTouggourt en 2010 à réfléchissons à développer nos sociétés de
départ vu grand et son groupe s’est Touggourt. Zedpharm sera parmi les distributions.
donné les moyens humains et trois distributeurs retenus par le
Vous vous êtes lancés également dans la
techniques nécessaires à la réussite ministère de la Santé. production de médicament ?
de son projet. Il s’est largement Effectivement, on s’est doté, il y a de

Mensuel de l’économie et de la finance


18
Pharmacie
L’éco N°21 / Décembre 2010

cela deux ans, d’une usine de fabrication Produits p0harmaceutiques réduire cette facture, mais avant tout, il va
du groupe Zedpharm
de médicament, c’est Physiopharm. Le falloir décortiquer l’enveloppe de l’impor-
laboratoire situé à Constantine met sur le tation et dire quels sont les produits qui
marché des produits sous les quatre forment une bonne marge de cette enve-
formes  : sèche, liquide, pâteuse et injec- loppe. Il ne suffit pas d’avancer des
table. Le classement de l’Institut de statis- chiffres seulement. Il y a 5 850 produits
tiques suisse, nous classe à la 43ème place enregistrés. Si notre démarche se limite à
sur 300 laboratoires. Je tiens à préciser interdire des listes sans aller au fond des
que le groupe Zedpharm est parmi les choses, la facture ne baissera jamais. Il
pionniers dans la promotion du médica- pénalisant le malade. A mon avis, les pou- faudra s’assurer également de la capacité
ment générique en Algérie. Dans un pre- voirs publics doivent revoir le cahier des de réponse des producteurs locaux aux
mier temps, il a opté pour la production de charges des distributeurs et le ministre de besoins du marché et des malades.
25 produits toutes classes thérapeutiques la Santé pourrait choisir trois distributeurs
confondues. On compte actuellement élar- pour une bonne couverture du territoire Cela nous amène à parler du challenge
gir la gamme à 100 produits à moyen national. lancé par le ministre de la Santé.
terme. Le groupe a décidé également Alors ?
d’engager un autre investissement qui Zedpharm en fera-t-il partie ? Le ministre de la Santé a été clair.
consiste en l’acquisition simultanée de Nous avons tous les moyens néces- L’objectif est celui de couvrir 70% du
cinq unités de production dont l’une sera saires et nous sommes incontestablement marché par les produits locaux au lieu de
consacrée à la production du premier lait les premiers à assurer une bonne couver- 30% actuellement. Si on met tous les
infantile algérien. Vous savez que 14 ture grâce à notre réseau ainsi qu’à notre moyens nécessaires pour encourager la
marques de lait sont importées et aucune flotte composée de 320 véhicules. Nous production nationale, cela n’est pas
marque algérienne n’est disponible jus- œuvrons dans le but d’enter dans le réseau impossible. Il suffit de nous accompagner

PHARMACIE
qu’à présent. Notre projet sera réalisé en de l’industrie pharmaceutique et créer des et de nous encourager, car mises à part
partenariat avec dar Al Rida de Jordanie. centres de distribution dans toutes les quelques produits nécessitant une certaine
grandes wilayas. technicité, le reste est largement à notre
Que pensez-vous de la décision portée. Avec le lancement prochain de nos
gouvernementale consistant à imposer Êtes-vous partenaires du ministère de la cinq usines, atteindre les 70% de produc-
aux producteurs d’assurer eux-mêmes Santé dans sa démarche d’interdiction tion nationale n’est pas un grand défi pour
la distribution de leurs produits ? de la liste de produits à l’importation ? nous, mais nous sollicitons les pouvoirs
Tout en respectant les décisions des On est partenaire par rapport à nos publics à orienter les multinationales à
pouvoirs publics, ces derniers doivent capacités de production. Pour ce qui est de investir dans la fabrication des produits
faire une enquête bien réfléchie pour l’importation, tout le monde cherche le lourds et libérer le reste pour les produc-
revoir cette distribution anarchique car la gain car l’opération génère un bénéfice teurs nationaux. En plus à l’horizon 2014,
faille est ailleurs. En plus, les produits considérable et c’est pour cette raison que je pense que nous atteindrons l’objectif
locaux ne représentent que 20% du chiffre la facture de l’importation ne cesse de tracé. Une usine ne peut atteindre sa vites-
d’affaires. Si on persiste à imposer cette grimper. Au mois d’août, elle a atteint déjà se de croisière qu’au bout de trois ans.
note, le premier à être touché sera le mala- le 1,7 milliard dinars. Donc, nous aurons le temps en tant que
de. Il faut savoir que la distribution est un groupe de multiplier notre production
métier et non une prestation. Il faut la Que faudra-t-il faire alors ? ainsi que notre gamme de produits n
régulariser et l’organiser, mais pas en Il est de notre devoir de contribuer à M. E. H.

Constantine, un pôle d’excellence de l’industrie pharmaceutique


La wilaya de Constantine compte 60% pavé avec 30% du taux national. Avec l’investissement dans ce domaine
des distributeurs de médicament qui une activité de production demeure visiblement une priorité des
sont au nombre de 450 sur le territoire pharmaceutique de plus en plus acteurs économiques de la wilaya.
florissante, Constantine est devenue un Constantine a pu, selon les observateurs
national. Elle accueille surtout cinq incontournable pôle d’excellence. Elle et les spécialistes en la matière, relever
producteurs, en l’occurrence Isopharm, compte en outre plus de 300 le défi au regard de entraves ayant de
LDM, Zedpharm, Saidal, NBR ainsi pharmaciens d’officine. Les cinq tout temps contribué à favoriser
que sept conditionneurs. En somme, producteurs (Isopharm, LDM, Zedpharm, l’importation sur la production, surtout
50% de l’activité entourant le secteur Saidal, NBR) sont spécialisés dans les que la wilaya compte pas moins de
pharmaceutique se déroule dans la formes sèches et les sirops. Des entités 36 importateurs.
qui devront être renforcées par l’entrée En 2008, la facture de l’importation des
capitale de l’Est du pays. en production prochaine de cinq usines médicaments a attient 1,133 milliard de

L
a wilaya renferme près de 1 200 de productions créées sous la coupe de dollars contre 916,25 millions durant la
entreprises réparties sur quatre Zedpharm. Evidemment, il ne faut pas même période de l’année 2007, selon
secteurs d’activité que sont oublier que Constantine s’est également les statistiques douanières du Centre
l’industrie, le BTPH, les services et le enrichie de la création de l’usine de national de l’informatique et des
commerce. La production fabrication de l’insuline par l’entreprise statistiques (CNIS) n
pharmaceutique, elle, détient le haut du publique Saïdal. L’encouragement de M. E. H.

Mensuel de l’économie et de la finance


19
du mois L’éco N°21 / Décembre 2010

Alex Dhina, DG par intérim de l’AHK, à L’éco Magazine

Une centrale hybride


poUr 2011 et Une toUr
solaire en perspective
contres d’affaires — dans le seul objectif salon connaît de plus en
Entretien réalisé par Nacima B. de mettre en place des contacts et d’in- plus de succès. Pour cette
former les entreprises des deux seconde édition, les organi-
L’Eco : Quels sont les faits marquants que pays sur les opportunités d’inves- sateurs et participants alle-
la Chambre de commerce et d’industrie tissement. mands ont manifesté un
algéro-allemande a enregistré durant Pour 2010, nous avons reçu sept intérêt particulier, pour
l’année 2010 ? délégations allemandes en preuve, la superficie
L’INTERVIEW

Alex Dhina : Permettez-moi tout d’abord Algérie et avons accom- d’exposition est passée
de vous préciser que la Chambre de commer- pagné 400 entre- de 700 m2 à 1300 m2. 
ce et d’industrie algéro-allemande (AHK) prises algé- C’est en fait un
s’est bien ancrée dans le paysage algérien. riennes en bilan positif que vous
Créée il y a cinq ans à l’initiative de 40 socié- Allemagne avez enregistré...
tés algériennes et allemandes, elle compte dans le cadre Oui absolument,
actuellement environ 700 sociétés adhérentes. notamment de notre vocation est de
Le développement de l’AHK s’est fait d’une visites et de partici- développer les
façon impressionnante, il s’agit aujourd’hui pations à des foires et relations dans
de la chambre de commerce la plus importan- salons internationaux. Il faut les deux sens.
te au Maghreb de par, le nombre d’adhérents. savoir que l’Allemagne est lea- De plus, nous
Il faut noter également dans ce sens le déve- der en matière d’organisation de avons, au niveau
loppement économique entre nos deux pays. manifestations officielles. de l’AHK, des experts
L’une de nos missions principales porte sur le L’événement significatif enregistré cette allemands chargés de la
développement des relations économiques année a été ,pour nous, le salon Enviro promotion des exportations
entre les deux pays et je peux vous dire que Algérie, organisé en novembre dernier à l’ini- hors hydrocarbures en collabora-
nous y avons largement contribué durant ces tiative de la GTZ et sous le patronage du tion avec nos partenaires algériens, à savoir
cinq dernières années. ministre de l’Aménagement du Territoire et l’Algex, la Cagex, la CACI... Pour mieux
Nous avons organisé durant cette période l’Environnement. La première édition de ce orienter les investisseurs, nous avons réalisé
plus de 150 événements — invitations salon a eu lieu en 2008. Il se trouve que ce un guide des exportations vers le marché alle-
conjointes de délégations, séminaires, ren- mand au profit des opérateurs algériens.

Desertec, un projet de 400 milliards d’euros Quelles sont les réalisations concrètes faites
durant 2010 ?
Il y a eu récemment le projet de l’exten-

Luned’entreprises
e projet Desertec est une initiative
allemandes et non pas
orientation gouvernementale.
promoteurs du projet visent la
construction d’un réseau de centrales
thermiques solaires à concentration
sion du métro d’Alger attribué à Cosider-
Dywidag ; il y eu également un projet dans le
domaine des énergies renouvelables, des
Parmi les douze entreprises initiatrices réparti dans les déserts. Le coût études ont été faites entre des opérateurs des
figure un partenaire e, membre prévisionnel de ce vaste projet de deux pays pour la réalisation d’une tour solai-
fondateur qui est le groupe Cevital, production d’énergie solaire est de re expérimentale, qui sera construite dans la
aux côtés d’un groupe espagnol. D’ici 400 milliards d’euros, «un montant wilaya de Tipaza. Plusieurs protocoles d’ac-
2050, le projet vise à construire des énorme», selon l’expression du DG cord ont été conclus pour des grands projets,
centrales solaires en Afrique du Nord par intérim de l’AHK. Ce projet mais l’un des événements extrêmement
et au Moyen-Orient pour couvrir, à permettra à l’Algérie de devenir un important pour les deux pays demeure la visi-
terme, 15% des besoins énergétiques centre international de production te du président de la République, Abdelaziz
de l’Europe et alimenter les pays industrielle et d'exportation de Bouteflika ,en Allemagne, au mois de
producteurs. La technologie utilisée est l'énergie solaire, toujours selon le décembre 2010, accompagné d’une forte délé-
la plus classique : le thermosolaire. même responsable allemand. n gation ministérielle.
Pour distribuer cette électricité, les N. B.   Durant la première quinzaine du même

Mensuel de l’économie et de la finance


20
du mois
L’éco N°21 / Décembre 2010

Alex Dhina Alex Dhina, directeur général par intérim de la


Chambre de commerce et d’industrie algéro-
allemande (AHK), souligne dans cette entretien la
volonté politique partagée par les deux capitales et
leurs intérêts économiques et géostratégiques
respectifs, au bénéfice d’un renforcement des
échanges économiques et de la coopération
bilatérale dans plusieurs secteurs porteurs.
mois, nous avons organisé à Berlin un grand des opérateurs économiques algériens spécia- Comment voyez-vous les relations
événement dans le domaine de l’industrie lisés dans le domaine de l’énergie solaire et algéro-allemandes ?
auquel les ministres des deux pays ont pris qui seraient éventuellement intéressés par le Je pense que le nombre de visites effec-
part, afin de discuter des opportunités d’affai- projet. Dans ce sens, nous avons récemment tuées entre les deux pays, durant ces dernières
re dans ce secteur. accompagné une délégation composée de années, est très positif. Il y a eu la visite de la
cadres relevant du ministère de l’Energie et chancelière allemande Angela Merkel en

L’INTERVIEW
Qu’en est-il de la coopération en matière des Mines. Ils ont été invités pour participer à 2008, précédée par celle des ministres des
d’énergie solaire entre l’Algérie et la première conférence annuelle sur le projet Affaires étrangères, de l’Economie, de
l’Allemagne ? Desertec, en octobre dernier à Barcelone, pour l’Environnement. Le tout couronné par la visi-
Dans le domaine des énergies renouve- permettre justement de s’informer sur l’évolu- te du président Bouteflika en décembre 2010,
lables, nous avons au niveau de la chambre tion du projet. lors de laquelle il a qualifié les relations
une grande expertise. Depuis notre création, L’Algérie a exprimé sa volonté d’être par-
d’«excellentes».
nous organisons chaque année une conférence tie prenante du projet,  c’est donc un point
Dans le domaine économique, les relations
sur les énergies renouvelables. Pour 2010, la positif pour ses initiateurs, qui estiment que le
pays détient un potentiel important dans le sont satisfaisantes, toutefois, il faut les renfor-
première a été organisée en janvier et la pro-
domaine de l’énergie solaire. cer davantage car il existe encore un grand
chaine aura lieu le 5 janvier 2011. Y seront
Il faut noter à ce propos les déclarations,du potentiel à exploiter.
invités des experts allemands et algériens et
des représentants du ministère de l’Energie et président Abdelaziz Bouteflika, lors de sa der- Nous sommes actuellement le cinquième
des Mines. L’objectif est de présenter les nou- nière visite en Allemagne, très importantes et partenaire commercial de l’Algérie ; nous
velles technologies dans ce domaine. Nous qui démontrent clairement que l’Algérie n’a pouvons améliorer ce classement dans le sec-
compagnerons huit sociétés allemandes pour jamais renoncé à prendre part au projet. teur de l’investissement. Pour cela, il faut
l’élaboration de partenariats. qu’il y ait un environnement stable et la sécu-
Dans ce même domaine, il faut évoquer la rité juridique pour les investisseurs n N. B.
réalisation d’une tour solaire, dont l’étude a
été présentée en mois de novembre 2010 aux Depuis Berlin, le président Bouteflika annonce
autorités algériennes. Nous avons aussi réalisé
aussi une centrale hybride à Hassi R’mel, dont
la réception se fera prochainement.
La création immédiate d’une commission
Les entreprises allemandes ont une très
bonne appréciation du marché algérien. Il faut
mixte algéro-allemande
savoir dans les années 1970, plus de 70% du
tissu industriel a été réalisé  par des entreprises L ors d’une conférence de presse
animée conjointement avec la
chancelière allemande, Mme Angela
allemandes, il y a donc très bonne image de
marque. La coopération entre les deux pays Merkel, le président de la République
est accompagnée par le transfert de savoir- a indiqué que l’Algérie et l’Allemagne
faire et de formation, deux composantes très ont décidé «d’un commun accord» de
importantes. Les partenaires algériens sont créer «immédiatement» une
disposés à travailler davantage avec les alle- commission mixte algéro-allemande.
mands et vice versa. Je cite ainsi quelques Cette structure permettra de faciliter et
investissements réussis réalisés en Algérie, d’accélérer l’installation en Algérie,
notamment dans le domaine de la privatisa- des entreprises allemandes «avec
tion, à l’instar de la société Henkel qui repré- lesquelles nous sommes en contact»,
sente une des premières privatisations dans les avait déclaré le chef de l’Etat, qui a
années 2000, faite avec un transfert de savoir- souligné à l’occasion que, notre pays
faire. Il y a aussi l’exemple de Knauf Platre, était favorable à «un partenariat
qui a construit un important centre de forma- multiforme, global et mutuellement
tion. Mais le projet phare reste Desertec. Nous bénéfique» n N. B.
avons entamé un travail d’information auprès

Mensuel de l’économie et de la finance


21
Dossier
L’éco N°21 / Décembre 2010

I
ls sont pionniers, révélations de qu’économique. Ils ont traversé l’année
l’année ou encore les étoiles 2010 satisfaits d’avoir cru en eux même
montante de l’économie nationale. d’abord puis en l’avenir.
Ils constituent en somme une Notre Magazine L’Eco a ouvert ses
promesse pour un développement colonnes à ces compétences nationales loin
économique durable et certain. Chefs d’un quelconque intérêt de répertorier,
d’entreprises, managers et gestionnaires de classer et mesurer par une quelconque
tous bords, dont ceux, venus d’ailleurs, ils échelle de grandeur. La prétention n’est pas
appartiennent tous à une Algérie qui se la notre, mais, pour offrir une palette de
construit au gré de la modernité et du compétences avérées à nos lecteurs ou,
progrès par le seul fait qu’ils existent et trône l’effort au quotidien aux cotés des
font que l’entreprenariat soit le mot valeurs sûres du travail et de la
d’ordre pour une plus détermination qui, conjugués aux idées
value tant sociale novatrices dont font preuve nos managers
mérite que l’on s’y attarde au moins une
fois l’année terminée pour appréhender
dans la sérénité celle qui va venir. C’est
notre contribution à nous de
faire notre métier dans le
strict respect

DOSSIER
de la crédibilité
du verbe et de l’authenticité
des lignes.
La Ré d ac ti on

Mensuel de l’économie et de la finance


23
Dossier L’éco N°21 / Décembre 2010

Hassen Khelifati, PDG d’Alliance Assurances

L’homme qui créa


L’événement de L’année 2010
En osant le défi de faire appel à la Bourse des valeurs mobilières, M. Khelifati va
marquer un tournant décisif dans le développement de son entreprise. Il a le
mérite d’avoir osé le pari de la gestion moderne selon les normes de
financement universelles pour casser bien des tabous diabolisant le privé
national. Le pari était risqué, mais il n’a pas hésité un seul instant à le faire,
convaincu que son geste va faire des émules et que le privé national est un
véritable pilier de l’économie qu’il faudra encourager davantage.
les petits souscripteurs, et nous n’avons
pas le droit de les décevoir». C’est
pourquoi, il manifeste encore plus de
détermination à réussir jusqu’au bout
DOSSIER

cette opération. «Nous sommes prêts à


travailler davantage pour être à la hau-
teur des espérances placées en nous»,
nous affirme-t-il.
Abordant le déroulement de l’opéra-
tion de souscription, le premier respon-
sable d’Alliance Assurances dit n’avoir
jamais eu de doutes. Et pour cause  :
«En discutant avec les banquiers avant
le lancement de l’opération, j’ai senti
qu’ils voulaient vraiment faire quelque
chose. Il y a aussi le fait que notre
entreprise soit présente sur tout le ter-
ritoire national. C’était un précieux
Cette jeune compagnie d’assurance fera avantage pour nous», explique-t-il tout
Par Kamel Imarazene en soulignant  qu’«un certain nombre
de cette année référence dans l’audace
de personnes qui nous ont accompa-

«I
l fallait bien que quelqu’un d’entreprendre, convaincue que rien ne
gnés ont reconnu avoir, à un moment,
le fasse un jour. Et puis, justifie l’hésitation en les capacités
douté de la réussite de l’opération, ce
toute chose dans la vie porte d’un marché national qui présente des qui est compréhensible».
ses risques», commente notre interlo- signaux favorables de croissance. Partisan du travail bien fait,
cuteur. En dépit des réticences des uns Très satisfait de l’opération, M. Khelifati s’est investi personnelle-
et des autres, malgré les obstacles qui M. Khelifati se dit «honoré d’être à la ment dans la campagne d’explication et
se sont dressés devant lui, Hassen tête de la première entreprise privée de sensibilisation lancée, en novembre
Khelifati, a réussi son coup. Alliance algérienne qui fait son entrée en dernier, par sa compagnie afin de
Assurances est, désormais, cotée en Bourse», avant de poursuivre qu’en convaincre le grand public d’acheter
Bourse. Le succès de l’opération fut tel même temps, «cela nous donne plus de des actions. Sur ce registre, il a peut-
que les demandes de souscription ont responsabilités. Nous avons suscité être battu un record en parcourant
continué à être formulées même après énormément d’espoir auprès de ceux quelque 9000 kilomètres par route en
la date butoir du 1er décembre 2010. qui nous ont fait confiance, notamment 20 jours. «J’ai effectué un seul déplace-

Mensuel de l’économie et de la finance


24
Dossier
L’éco N°21 / Décembre 2010

ment par avion», précise-t-il. Très com-


municatif, il s’est toujours montré dis-
ponible à répondre aux questions de la
fan du mouloudia
presse nationale. «Communiquer est un
devoir pour nous. Comme je l’ai déjà
et de l’émir abdelkader
souligné, la presse nationale a contri- porte sur Winston Churchill,
bué au succès de l’opération de sous-
le second sur Les 33 lois de
cription. C’était très important pour
nous d’être présents dans les médias. la guerre économique, le
C’est pourquoi, nous avons lancé une troisième sur les 24
vaste campagne publicitaire qui a tou- personnalités qui ont
ché tous les supports de communication marqué l’Histoire de
existants», note-t-il. l’humanité, dont l’émir
Pourquoi avoir choisi la Bourse pour
Abdelkader, à qui il voue
financer l’extension d’Alliance
Assurances alors que les banques, par une grande admiration.
exemple, pouvaient facilement le A 42 ans, il continue de
faire ? M. Khelifati répond en souli- chérir le football comme un
gnant que le choix de la Bourse était petit garçon avec un petit
délibéré : «Nous avons choisi la diffi- penchant pour le
culté, je le reconnais. Mais c’était dans
Mouloudia d’Alger. «A dire
un objectif bien précis, celui d’essayer
d’apporter un plus à l’économie natio- vrai, je m’intéresse à tous
nale. Je suis de ceux qui croient que les clubs professionnels.
l’histoire de l’économie algérienne doit Une idée m’est venue en
être écrite par des managers algériens tête d’ailleurs dernièrement
(…). Il fallait que quelqu’un se jette à en me disant pourquoi ne
l’eau, il fallait qu’une entreprise
pas procéder à l’ouverture

DOSSIER
montre la voie et nous nous sommes dit
Hassen Khelifati de leur capital via la
que c’était à nous de le faire. C’est
aussi simple que cela.» Bourse ? Cela permettra

O
L’année 2010 n’est pas uniquement aux supporters de devenir
riginaire de Meftah, dans la
celle de l’introduction d’Alliance des actionnaires et de gagner de
Assurances en Bourse. «C’est une wilaya de Blida, et père de
l’argent en même temps.»
année de défi», relève son président- famille «ordinaire» qui aime passer
Aujourd’hui, il réalise un rêve de
directeur général. Outre le succès de du temps avec ses deux enfants (un
l’opération de souscription, la compa- jeunesse, celui de se confondre à
garçon de six ans et demi et une
gnie privée est bien partie pour réaliser un destin national : «Il faut dire que
fille de quatre ans et demi), Hassan
l’objectif qu’elle s’est assigné, à savoir j’ai été appelé à assumer des
un chiffre d’affaires de 3,5 milliards de Khelifati est Monsieur Tout-le-
responsabilités dès mon jeune
dinars. «Nous étions à 90% de cet monde. «Je n’ai pas beaucoup de âge», relève ce «pur produit de
objectif à fin novembre», révèle M. temps malheureusement pour tout l’école algérienne» comme il aime
Khelifati, tout en rappelant que l’année faire», regrette-il. Qu’à cela ne
2010 a vu son entreprise se doter d’un à le rappeler fréquemment. «Je
tienne, il trouve quand même le dois préciser une chose : je ne
nouveau siège ultramoderne au niveau
du centre d’affaires El Qods, à moyen de s’adonner à sa veux pas être président de la
Chéraga, sur les hauteurs d’Alger. Pour principale passion, la lecture. «Je République», plaisante, le sourire
2011, la priorité sera accordée à la fina- lis généralement le soir et le matin aux lèvres, ce licencié de l’Ecole
lisation de l’opération d’ouverture du quand je me réveille», souligne-t-il. supérieure de commerce (ESC) qui
capital et au lancement de trois nou-
velles filiales (immobilière, assurance «Je lis un peu de tout, mais j’avoue a également un DESS en banque et
vie et capital investissement). que je suis beaucoup plus attiré par assurances ainsi qu’une maîtrise en
S’agissant du chiffre d’affaires qui sera les biographies des managers et administration des affaires (MBA)
visé, il n’a pas encore été fixé. «Mais il des hommes politiques. J’apprends qu’il a décrochées à l'Ecole des
tournera autour des 4 milliards de pas mal de choses dans ces sciences de la gestion de
dinars, soit un taux de croissance de
lectures.» Actuellement, il lit en l'Université du Québec à Montréal
20% par rapport à 2010», conclut
M. Khelifati n alternance trois livres : le premier (ESG UQAM) n K. I.
K. I.

Mensuel de l’économie et de la finance


25
Dossier L’éco N°21 / Décembre 2010

Ali Haddad,
P-DG de Un parcoUrs e
Derrière chaque grande nation il hydrauliques et bâtiment). Grâce
y a des leaders. Derrière chaque à la diligence, l’abnégation et
entreprise prospère il y a un bien sûr l’intelligence de son
grand manager. La règle manager et du staff qui
s’applique avec pertinence au l’accompagne, le groupe ETRHB
groupe algérien ETRHB a réalisé des records en termes
(Entreprise de travaux routiers, d’expansion et de

Par Mourad Allal

L’ exploit suscite l’intérêt et une


attention avérée sur la scène inter-
nationale dès lors le groupe
ETRHB se lance dans des mégaprojets de réa-
lisation et intègre des consortiums aux côtés
de multinationales qui ont cumulé des décen-
DOSSIER

nies d’expérience à travers le continent euro-


péen ou asiatique.
Pour résumer le parcours qui sort de l’or-
dinaire de son groupe, le manager de
l’ETRHB estime que «c’est une expérience
constamment renouvelée avec une multitude
de partenaires de France, d’Italie, d’Espagne,
du Portugal, de Turquie, du Canada, de Corée
du Sud et de Chine. D’où cette présence
remarquable dans la réalisation de mégapro-
jets à l’échelle nationale constituant un plan
de charge d’environ 200 milliards de dinars».
Il est clair ainsi que l’ETRHB concentre ses
efforts dans le domaine de la réalisation des
infrastructures de base. Le P-DG du groupe se
rappelle même le premier projet réalisé par
cette entreprise familiale, il y a plus de vingt
ans : «Je garde en mémoire la réalisation en
1988 du premier projet confié à l’ETRHB, il
s’agit d’un ouvrage d’un tronçon de 4,5 km de
route dans la localité d’Azzefoun.» Le souve-
nir du lancement de l’entreprise reste intact
dans sa mémoire :  «  En 1987, l’année de la
création de notre entreprise, nous sommes
partis de rien, avec un seul employé.» Mais
aujourd’hui, les effectifs de l’entreprise se
chiffrent en milliers : 9000 travailleurs l’année
dernière seulement et presque le double
actuellement. Le secret de cette réussite n’est
autre que la force «de maîtriser la rigueur et
de surmonter les défis pour en faire une pas- Ali Haddad
sion au quotidien», aime à répéter le manager
du groupe, Ali Haddad.

Mensuel de l’économie et de la finance


26
Dossier
L’éco N°21 / Décembre 2010

en béton !
développement, en peu de temps. notoriété va au-delà des
La modeste entreprise familiale frontières nationales, et ce, en
de travaux publics du début des l’espace d’une vingtaine d’années
années 1980 qui activait dans la seulement. 2011 est tout tracé.
localité d’Azzefoun (wilaya de Au programme, un plan de
Tizi Ouzou) est devenue un charge d’environ 200 milliards de
groupement d’affaires dont la dinars.
Dès lors qu’il est utopique d’espérer une
grande entreprise sans un grand manager, il
n’en est pas moins utile de se pencher sur les
exploits qu’enchaîne le chef de file du groupe
ETRHB, notamment en ce qui concerne la
rapidité dans le développement de cette firme.
Lorsqu’il évoque le groupe dont il est prési-
dent-directeur général, Ali Haddad présente

DOSSIER
l’ETRHB comme une entreprise qui «est pas-
sée, en l’espace d’une vingtaine d’années,
d’une entreprise familiale à un opérateur
majeur dans la vie économique nationale en
réalisant d’importantes infrastructures de
base dans les secteurs des travaux publics,
des transports et de l'hydraulique. Le groupe
est également présent, à travers ses filiales,
dans les secteurs de l’habitat, des études et de
la maîtrise d’œuvre, du tourisme, de la
concession automobile et d’engins de chan-
tier, ainsi que dans la transformation et la Chantier ETRHB
commercialisation des bitumes».
L’ambition de ce manager ne s’arrête pas
là : il oriente l’expansion de son groupe vers Azzeffoun A donné Aussi
d’autres secteurs d’activité comme la commu-
nication et le sport. En effet, l’ETRHB dispo- un homme d’AffAires redoutAble
P
se d’un groupe de presse avec deux quotidiens résident-directeur général du associatif. A titre indicatif, il est
d’information et des projections pour le lance- président de l’Entente sportive
groupe ETRHB depuis sa création,
ment d’une chaîne de télévision. Ces dernières d’Azeffoun. A 45 ans, l’homme
années, l’ETRHB a investi le monde sportif Ali Haddad est né le 27 janvier
1965 à Azeffoun, dans la wilaya de d’affaires a déjà reçu plusieurs
également avec des prises de participation
distinctions, dont le Prix spécial du
dans les clubs de football de la division pro- Tizi Ouzou. Après des études
jury lors du concours du meilleur
fessionnelle, dont le club-phare de la capitale, d’ingéniorat en génie civil entamées
l’USM Alger. manager de l’année 2003 décerné
en 1988, il obtient en 2005 un MBA
Comment le groupe ETRHB parvient-il à par le Club excellence management,
(Master of Business Administration). le Prix de la meilleure image de
réussir dans des domaines et des conjonctures
où beaucoup d’entreprises ont échoué ? Pour Vice-président du Forum des chefs marque décerné par Trade Leaders
Ali Haddad, ce n’est que «l’engagement et le d’entreprises (FCE), il est également Club en 2007, ainsi que la Médaille
sentiment qui animent l’ensemble du potentiel membre du Conseil d’affaires du mérite industriel décernée par la
de notre groupe qui est, incontestablement, à algéro-saoudien. Outre son domaine Fondation pour l’industrie nationale
l’origine de tous les défis que nous avons pu professionnel, Ali Haddad s’investit algérienne en 2007 n
relever jusque-là» n également dans le monde sportif et M. A.
M. A.

Mensuel de l’économie et de la finance


27
Dossier L’éco N°21 / Décembre 2010

Lakhdar Rekhroukh,
président-directeur général du groupe

Un parcoUrs ascensionnel
A 52 ans, il est, depuis huit ans, à la tête du premier groupe de travaux
publics et de bâtiment en Algérie. Discret, préférant mettre en avant plutôt le
groupe qu’il préside que sa propre personne, Lakhdar Rekhroukh nous donne
souvent l’impression de se confondre avec l’entreprise dans ses réponses à
nos questions. Pour cause, le chiffre d’affaires a connu une évolution nette de
22% entre 2008 et 2009 et compte clôturer l’exercice 2010 avec un chiffre
d’affaires de 65 milliards de dinars. Une bien belle satisfaction pour une année
réussie.

Par Yasmina Ferchouche

C
Lakhdar Rekhroukh e que fut l’entreprise Cosider —
DOSSIER

créée en janvier 1979 sous


forme de société d’économie
mixte par la Société nationale de sidé-
rurgie (SNS) et le groupe danois
Christiani et Nielson, puis totalement
rachetée par la SNS en 1982 — est
aujourd’hui un conglomérat d’entre-
prises à dix filiales. Le groupe compte
dans son palmarès la réalisation de mil-
liers de kilomètres de routes et d’auto-
routes, des dizaines d’ouvrages d’art,
des barrages hydrauliques, des aéro-
ports, plusieurs milliers de kilomètres
d’oléoducs et de gazoducs et des
dizaines de milliers de logements.
Rappelons tout de même que le
groupe, pris dans l’engrenage d’une très
lourde dette qui le prédestinait à une
disparition pure et simple du paysage
économique, est en effet passé d’une
situation de cessation de payement en
1995 à celle, pour la première fois, de
réalisation de bénéfices en 2009.
C’est au moment du rachat de l’en-
treprise par la SNS, en 1982, que le
futur P-DG du groupe, fraîchement
diplômé, intègre la société dans le pre-
mier poste de son parcours profession-
nel. «J’ai travaillé une année dans le
suivi des travaux sur chantier.»

Mensuel de l’économie et de la finance


28
Dossier
L’éco N°21 / Décembre 2010

bâtiment et le génie civil. C’est en juin


2002 qu’il est nommé Président-direc-
teur général du groupe Cosider. Le
chiffre d’affaires était alors de 18 mil-
liards de dinars. Notre interlocuteur
nous fait remarquer fièrement que
«chaque année, on enregistre une évo-
lution de près de 30% du chiffre d’af-
faires qui a été multiplié par 3,7 en l’es-
pace de huit ans».

2009, l’année du décollage


Dépassant peu à peu son déficit
financier, c’est en 2009 que Cosider ter-
mine, pour la première fois, son exerci-
ce avec une trésorerie positive. «En
2003, on trainait encore une dette de
16 milliards de dinars (…). Il n’y a pas
eu assainissement, mais on a eu l’avan-
tage de voir notre découvert, de près de
Carrefour Oulmane 7 milliards de dinars, gelé (…). Nous
Khelifa à Alger avons pu reprendre, en 2004, nos inves-
tissements, de près de 2 milliards de
Visiblement destiné à ce métier, il filiale. Le groupe comptait alors huit dinars, qui étaient suspendus depuis le
sera chargé du suivi des chantiers, y filiales où les travaux publics représen- milieu des années 1990.»
compris durant son service national taient 70% de son patrimoine. A la suite d’une étude par un bureau
militaire. «J’étais l’un des rares offi- Nous sommes en pleine décennie polonais, le groupe bénéficie dans le
ciers appelé à être chef de service dans noire et le groupe accuse alors des cadre de la nouvelle politique indus-

DOSSIER
le suivi des travaux de bâtiment. J’ai été coups durs qui ont failli lui être fatals. trielle, d’un plan de développement où
ensuite affecté à la structure commer- En plus des attaques terroristes sur les il est prévu de s’attaquer à de nouvelles
ciale de Cosider avant de rejoindre différents chantiers, le dinar connaît, en activités dont les travaux maritimes et
l’équipe du métro d’Alger, au début de l’espace d’une année, une perte de les voies ferrées. Jusqu’en novembre
l’année 1988.» Cosider venait alors de quatre fois sa valeur. L’entreprise est en 2009, le groupe comptait deux action-
faire son offre à la Société du métro cessation de payement et «les dettes naires, la BEA, qui détenait 55% du
d’Alger pour la réalisation des travaux dépassent les 20 milliards de dinars, ce capital suite à sa transformation du
de génie civil sur 1300 mètres linéaires. qui représente presque deux fois son découvert en actions, et la SGP Indjab.
Passionné par son métier, notre inter- chiffre d’affaires», fait remarquer notre Les actions de Cosider ont été ensuite
locuteur est une véritable mémoire interlocuteur. rachetées par le Fonds national d’inves-
vivante quant aux étapes par lesquelles Pour revenir au parcours de tissement (FNI) représenté par huit
est passé ce projet, et bien d’autres M. Rekhroukh, assurément intimement ministères et dont l’assemblée générale
d’ailleurs. Il fut tour à tour directeur res- lié à celui de l’entreprise, il est mainte- est présidée par le ministre des
ponsable de plusieurs chantiers dont nu en poste de directeur général de la Ressources en eau.
ceux de Tiaret et Jijel avant d’occuper, à Division des travaux publics jusqu’au L’ambition de M. Rekhroukh, il ne la
31 ans, son premier poste de responsa- 27 décembre 1997, pour passer, début cache pas, est de faire de Cosider un
bilité, au début de l’année 1991, en tant 1998, conseiller du P-DG du groupe grand groupe mondial. Il rivalise déjà
que directeur du chantier du métro jusqu’à fin 1999 avant de reprendre avec de groupes internationaux dans pas
d’Alger. En l’espace de deux ans, la Cosider construction, qui regroupe le mal de projets sur le marché national n
situation du chantier, qui connaissait de
multiples difficultés, fut remarquable- La formation, une autre carte
ment redressée. Ce qui a valu à notre
manager d’être nommé directeur du
maîtresse dans sa manche
A
département infrastructures et études à près un baccalauréat en Cosider qui devient alors l’un de
la suite d’une restructuration de l’entre- mathématiques obtenu au ses premières amours et qu’il ne
prise. lycée Emir Abdelkader de Bab El- quittera plus jamais... Il est aussi,
Le 1er juillet 1995, suite à une autre Oued et un diplôme d’ingénieur depuis novembre 2010, président
restructuration dans la perspective de d’Etat en génie civil à l’Ecole du Conseil national de partenariat
filialisation, il est nommé directeur polytechnique d’El Harrach, il pour la formation professionnelle n
général de la Division travaux publics intègre en 1982 l’entreprise Y. F.
dont il assure le passage au statut de

Mensuel de l’économie et de la finance


29
Dossier L’éco N°21 / Décembre 2010

Issad Rebrab, patron du groupe Cevital

Le géant aux yeux bLeus


Ne pas sombrer
dans la routine : plus
qu’une devise, une
attitude qui semble
guider les pas de
Issad Rebrab qui, du
haut de ses 66 ans,
confirme que les
«mains faites pour de
grandes besognes» ne
peuvent rester
DOSSIER

croisées. Il bouge,
prospecte et écoute
beaucoup, selon ses
proches
collaborateurs, qui
lui prêtent la vertu
de l’homme patient
en toute chose.
Cet homme
d’affaires redoutable,
pertinent et
entreprenant, en est
encore à la
recherche de ce qu’il Issad Rebrab

va faire demain.
Mensuel de l’économie et de la finance
30
Dossier
L’éco N°21 / Décembre 2010

Par Nacima B.

A
la tête d’un groupe industriel
qui compte dans le paysage
économique du pays, Rebrab
ou Da Issaad, comme le veut la tradi-
tion dans les contrées de Kabylie, ne
lésine  pas sur les moyens à même de
booster davantage ses affaires. Le
mégaprojet Cap Djinet illustre la
détermination de l’homme.
Produire, c’est comme varier les
plaisirs de se réaliser soi-même. De
l’agroalimentaire à l’industrie en pas-
sant par Liberté, il entreprend avec le
même engagement de la première fois.
Cap 2015 ou Cap Djinet est une des
réalisations de demain déjà entamée
avec l’ambition, toute mesurée, de Le groupe Cevital s’est lancé dans la grande distribution à travers son enseigne UNO
s’ouvrir sur l’international. Le projet
laquelle sera intégré un complexe connexion qu’il aura généré avec le
de port pour le trafic international est
pétrochimique, un complexe de pro- monde. Une fierté pour un homme que
en soi un facteur de compétitivité et de
duction d’aluminium d’une capacité les défis motivent, soutiennent et lui
placement de la compétence nationale
de 1,5 million de tonnes par an et un donnent d’avoir raison de croire que
sur le registre de la concurrence inter-
complexe sidérurgique intégré de «c’est possible» pour peu que la déter-
nationale. Cap Djinet, à 65 km à l'est
10 millions de tonnes par an. Le tout mination y soit.
d'Alger : le site est dédié à l’implanta-
sera couplé à un chantier de construc- Aujourd’hui, incontournable, il a en
tion d’un pôle de compétitivité de
tion naval, une usine de construction l’espace de quelques années conquis
taille mondiale sur la base d'études

DOSSIER
automobile de 350 000 unités par an, des espaces dans le marché national
effectuées par des bureaux d'études
une autre de fabrication de containers, que l’on croyait insoupçonnés, confir-
américains, japonais, hollandais et
des centrales de production d’électri- mant le rôle du privé national dans le
algériens. A travers ce projet, l’homme
cité de 3200 MW et une usine de des- bien-être d’une Algérie que ses
d’affaires va réaliser un nouveau port
salement de l’eau de mer. hommes prennent chaque jour la peine
en eau profonde, avec plus de 20 kilo-
Le projet est de taille. Il séduit par d’aimer par un acte, un geste ou une
mètres de quais liés à une zone indus-
son ampleur économique, par son idée nouvelle n
trielle intégrée de 5000 hectares dans
impact sur la vie de la région et par la N. B.

L’échec ne lui fait pas peur


N é en 1944 à
Taguemount Azzouz,
à quelque 20 km de Tizi
professionnel de Cinq
Maisons qui l’accueille
avant de faire un bref
va signer la création de
Profilor. Avec à peine
quatre employés au
publique, devient un lieu
de création de richesse et
un symbole de réussite
Ouzou, dans une famille passage, à la fin de son début, il passe à plus de qui fait fi des conjonctures
modeste, Issad Rebrab est cursus, dans un collège 200. malheureuses.
marié et père de cinq de Constantine. Il finit par Comme le pays tout Cevital assume son statut
enfants dont certains ont créer son propre cabinet entier, il subit les affres de d’entreprise familiale.
d’expertise comptable. la décennie noire. Ses Trois sœurs — l’une dans
marché sur ses pas. Il
Son parcours entreprises Métal-Sider et
a fait ses premières le verre plat, l’autre dans
professionnel va toutefois Métalor sont parties en
études dans sa région construction de
prendre une toute autre fumée. Une brève
natale et a, par la suite, direction en 1971, quand absence pour raison de préfabriqué et la
eu l’opportunité, rare à il a débuté par la prise de sécurité et l’homme troisième dans
cette époque, de 20% des parts d’une d’affaires qu’il est revient, l'électroménager, en
rejoindre la France pour société de production cette fois dans partenariat avec Samsung
poursuivre cursus scolaire. métallique, la Socomag. l’agroalimentaire, et — sont venues avec le
En Algérie, après un Quatre années plus tard, donne consistance à son temps compléter un
passage chez les pères au moment ou l’Algérie projet Cevital dans la ville parcours loin d’avoir dit
blancs d’El Harrach, c’est s’ouvrait à la prise de Béjaïa. Le site, une son dernier mot n
l’école d’enseignement d’initiative, Issad Rebrab ancienne décharge N. B.

Mensuel de l’économie et de la finance


31
Dossier L’éco N°21 / Décembre 2010

Kaci Aït Yalla, PDG d’Universal Multimedia

Chevalier de la légion d’honneur


et membre du medeF
Universal Multimedia est
classée «société innovante»
par l’Anvar et détient le
label européen «technologie
clé» (TC9). Kaci Aït Yalla,
cet ingénieur en
électronique, a été de
longues années durant
responsable de recherche et
développement chez AEG
Telefunken Germany, puis
gérant associé chez
DOSSIER

Kaci Aït Yalla


Servicelec à Obernai et
Electrohome, à Molsheim. Par Saou Boudjemaa
Amitek a vu le jour à Paris en 1997 ;
elle est spécialisée dans la recherche et le
En 1981, il crée à Paris développement, l’ESM Industrie à Herblay

D
ans la région d’Arzew est née
Universal, qu’il transforme BYA Electronic, son capital était
en 1999. Trois ans après, il transforme
Universal Multimedia, à Saint-Germain
en Sarl de droit algérien en alors de 520 millions de dinars,
des Prés, en société par actions et introduit
l’activité Thomson ne représente que 10%
1984. Au moment où l’on de son chiffre d’affaire, elle fabrique plus
le nouveau marché Euronext de Paris. La
même année, il procéde au rachat de
changeait gaiement les de 300 000 paraboles par an et est le distri-
buteur pour l’Algérie de SONY pour les
Continental Edison France et, en 2003, à
celui de Revox USA, Suisse et Allemagne.
lampes de son téléviseur, ce produits Broadcast, un grand
Kaci Aït Yalla est chevalier de
intervenant sur le marché du
visionnaire voyait déjà la système (fibre optique et
l’Ordre de la Légion
d’honneur, membre
technologie à portée de média diffusion). Elle est
du Medef, une posi-
aussi distributeur pour
main ; il fallait alors penser le marché algérien
tion qui lui a permis
de mener plusieurs
en fibre optique et média des marques
actions auprès du
Bouyer (sono et
diffusion. En 2010, public adress), de
ministre de la PME/PMI
pour l’encouragement à la
Universal Multimedia Fujinon (optique
pour caméra pro), de
création d’entreprise dans les ban-
lieues.
réaffirme son avance Harris (logiciel Infocaster),
En 2010, Universal Multimedia met
de Cotep (équipements pour gares
technologique avec la sortie et aéroports) et de plusieurs grands
sur le marché trois innovations d’un coup.
En plus du téléviseur intelligent
du téléviseur intelligent fabricants dans le monde de l’équipement
EasyConnect, «nous avons mis au point
broadcast. Ce n’était pas suffisant pour ce
EasyConnect, de manager qui va alors multiplier les entre-
l’EasyTablet (tablette tactile) et
l’EasyBoard que nous comptons fabriquer
l’EasyBoard et de prises et en créer une presque tous les deux
dans notre usine de Creutzwald, sous le
ans.
l’EasyTablet. label de Continental Edison. Notre souhait

Mensuel de l’économie et de la finance


32
Dossier
L’éco N°21 / Décembre 2010

le plus cher est de servir l’emploi et de par- depuis le bureau de l’enseignant. Enfin, le visioconférence. L’enseignant transfère
ticiper à la relance de la dynamique indus- tableau multimédia interactif intègre un ainsi aisément ses données extérieures vers
trialisation de notre pays. Aujourd’hui, il ordinateur, un téléviseur LCD et un moni- le tableau multimédia interactif via les
n’y a plus d’autre choix.» teur haute définition informatique. ports USB, une connexion filaire et la
Doté d’un écran LCD de 165 cm Exceptionnelle, cette technologie offre connexion sans fil. Des solutions qui
(65 pouces), le tableau multimédia interac- à l’enseignant la possibilité d’intégrer en dépassent encore et, de très loin les capaci-
tif est un tableau numérique tactile permet- temps réel les travaux faits par les élèves, tés pédagogiques actuelles de l’école algé-
tant le partage facile de l’information. En de sauvegarder son travail à tout moment et rienne, mais qui ont le mérite de faire ren-
somme, le tableau multimédia interactif de stocker des données pour une utilisation trer un savoir et contribuer à la modernisa-
permet à l’enseignant de présenter le conte- ultérieure. En plus de ses avancées, le tion de l’outil du savoir.
nu de son cours de façon dynamique et tableau multimédia interactif permet à cha- Kaci Aït Yala est optimiste : «Nous
interactive. Plus qu’un tableau, c’est carré- cun de dialoguer avec des correspondants avons déjà quelques commandes. Bientôt,
ment une révolution pédagogique qui va étrangers, de collaborer avec une autre nos enfants seront des élèves cathodiques,
révolutionner les fondements mêmes du classe du même établissement, ou encore l’école de demain sera fatalement catho-
système éducatif traditionnel. Il offre d’interviewer un dique. Notre innovation offre d’énormes
l’avantage de réunir plusieurs produits en interlocuteur via avantages aux professeurs.»
un seul. Grâce à cette innovation, l’achat et l’application L’interactivité à
le raccordement d’un ordinateur portable, portée de main,
d’un vidéo-projecteur ou même d’un avec un simple
téléviseur n’est plus nécessai- marqueur, et
re  ! Avec cette inno- l’écriture
vation, les images, devient le geste
les vidéos, les que l’on a plaisir
sons, les textes ou à tracer et retracer
encore Internet pour préparer des
peuvent être utili- lendemains
sés pour illustrer et meilleurs n
dynamiser le cours. S. B.
Ces médias sont pilo-

DOSSIER
tés par l’écran tactile,
la télécommande ou
le clavier sans fil EasyTablet

Il est aussi visionnaire


K aci Aït Yalla est né le
11 mai 1953 à Sidi
Kacem (Maroc), il est marié
La société acquiert une forte
reconnaissance de la
plupart de ses grands clients
plusieurs grands fabricants
dans le monde de
l’équipement broadcast.
Euronext Paris sur le marché
réglementé des sociétés
innovantes.
et père de quatre enfants. Il comme Nokia, Canal + et A peine une année après, En 2004, la société subit de
est président du groupe Aït les fabricants asiatiques à Universal Multimédia pleins fouet une
Yalla composé de Bya qui elle propose des s’impose comme la délocalisation avortée de
Electronic (Arzew, Algérie), solutions pour convertir les première entreprise au
son activité grand public en
Universal Multuimedia, standards et normes (PAL, monde à afficher une image
Secam...) et des produits TV sur un écran plat. Cet Algérie et aussi un incident
Revox et Continental Edison
(St Germain des Prés, originaux. exploit lui vaut un industriel.
France). Kaci Aït Yalla est En 1994, le fondateur crée partenariat avec la firme En 2007, un plan de
ingénieur en électronique. un centre de recherche et multinationale Fujitsu restructuration oblige
Après des études primaires de développement microelectronics Japan. Pour l’entreprise de se séparer
à Ben Badis et secondaires spécifique aux technologies cause, elle a développé un du groupe suisse Revox et
à Sidi Bel Abbès, il de visualisation basées sur concept s’apparentant à un de se recentrer sur son
décroche un diplôme de la technologie des écrans système d’exploitation, métier historique, qui est la
technicien supérieur en plats (LCD et plasma). permettant de transformer recherche et le
instrumentation. Bya Electronic est aussi les signaux analogiques développement. Kaci Aït
Fondée en 1981 par Kaci distributeur pour le marché «vidéo et informatiques» en
Yalla a été lauréat du prix
Aït Yalla, Universal algérien des marques signaux numériques
Bouyer (Sono et public pouvant commander un du chef d’entreprise issu de
Electronique a créé un
bureau d’études pour le adress) de Fujinon (optique écran plat. la diversité par Renaud
développement de produits pour caméra pro), de Harris En 2002, Universal Dutreil, ministre français de
innovants liés au monde de (logiciel Infocaster), de Multimedia rachète le la Promotion de la petite et
produits de télévision et Cotep (équipements pour groupe Suisse REVOX et moyenne entreprise n
multimédia. gares et aéroports) et de s’introduit à la bourse S. B.

Mensuel de l’économie et de la finance


33
Dossier L’éco N°21 / Décembre 2010

Abdelouahab Rahim, Directeur Général du groupe Dahli

La discrétion, autre facette de sa réussite


DOSSIER

Abdelouahab Rahim

Le secret de la réussite dans le monde de l'investissement et la création de la richesse pour l’homme


d’affaires Abdelouahab Rahim, directeur général du groupe Dahli, filiale du groupe privé Arcofina Holding,
est la clarté dans les affaires et l'amour de l'activité qu'on exerce, loin des indiscrétions inquisitoires. C’est
dans ses bureaux, à côté de l’hôtel Hilton d’Alger, que ce manager a levé le voile, il y a une année, sur son
mégaprojet, «Alger Médina», une ville moderne en voie d'être érigée sur la façade maritime, à El
Mohammadia, qui va transformer le paysage urbain en une vraie métropole, en sus du plaisir de ressusciter
l’antique Alger avec sa marina et ses ruelles pavées. Une ville d’affaires et de loisirs où il fera bon vivre à
compter de 2012.
toutes les satisfactions ou presque. La net qui s’élève à plus de 267 millions de
Par Nacima B
société Dahli (Hilton et ABC Tour), filiale dinars contre 175  millions en juin 2009,
du groupe Arcofina, a réalisé un chiffre soit une augmentation de plus de 52%. Ce

A
gé de 58 ans, cet investisseur et
homme d’affaires calme, très d’affaires global de près de 1,7 milliard de même résultat représente près de 110% de
diplomate dans ses propos, dinars au 30 juin 2010, contre 1,5 milliard celui enregistré au 31 décembre 2009. Le
explique que la vraie réussite c'est de à la même date en 2009, ce qui représente cash-flow (flux de trésorerie) a également
construire des entreprises fortes et de un accroissement de 8,13%. Cette crois- enregistré une croissance de 15%, attei-
créer des emplois pour les enfants du sance est le produit de l’évolution du gnant au premier semestre 2010 plus de
peuple afin de participer au développe- chiffre d’affaires de la tour ABC, associée 917 millions de dinars contre 797 millions
ment de l'économie du pays. «J’aime tra- à celle de l’activité «hôtellerie». Les deux pour la même période de 2009. Ce qui va
vailler dans la discrétion et dans l’ombre. principales activités de la SPA Dehli, à permettre à l’entreprise de couvrir «large-
Il faut parler peu et bien», se plaît-il à savoir l’hôtellerie et l’immobilier d’af- ment» le remboursement des échéances
répéter. faires, ont permis l’enregistrement, pour des crédits bancaires et des intérêts dus au
L’année 2010 a été pour lui celle de ce premier semestre, d’un très bon résultat titre de l’emprunt obligataire.

Mensuel de l’économie et de la finance


34
Dossier
L’éco N°21 / Décembre 2010

Projet immobilier «Alger Medina»

La société Dahli a lancé, le 11 janvier quelque 604 bateaux de croisière. Celle-ci plan) de cet ensemble immobilier a été
2009, un emprunt obligataire ouvert au s’impose comme une porte ouverte sur la confiée à un architecte américain de l'uni-
grand public d’un montant de 8,3  mil- Méditerranée consacrant de fait la présen- versité de Chicago.
liards de dinars pour financer une partie ce de l’Algérie dans le tourisme maritime. D'ici 2012, Alger Médina sera bel et
de son projet immobilier Alger Médina, «Elle constituera un pôle d’attraction pour bien une réalité. Une bouffée d'oxygène

DOSSIER
un ensemble de tours de bureaux et d’ap- les plaisanciers qui ont du mal à trouver pour les Algérois et leurs familles en quête
partements de luxe, une marina et un parc des ports d’attache au sud de la d'espaces de détente et de loisirs. Ce sera
aquatique aux Pins maritimes, à l’est de la Méditerranée et une destination pour les aussi un endroit où des Algériens venus de
capitale. Logements, bureaux, commerces bateaux de croisière. Cet espace compren- l'intérieur du pays pourront séjourner, de
et parcs de loisirs, Alger devrait disposer dra un long boulevard front de mer où même que les étrangers. Même les opéra-
d'un nouveau centre-ville avec une véri- pourront flâner les visiteurs auquel s’ajou- teurs économiques y trouveront leur
table cité d’affaires, baptisée «Alger tera un autre joyau, le parc aquatique
compte puisque deux tours d'affaires sont
Médina», d'ici 2012.  Baba-Arroudj en voie d’achèvement. Il
en train d'être construites.n N. B.
Alger Médina se décline sur trois sera doté de moyens et d’équipements les
thèmes à savoir hôtellerie d’affaires plus modernes pour accueillir 5 000 per-
offrant 2000 lits  ; il s’agit aussi du sonnes par jour. 1000 jeunes
Services City Center et enfin le thème Pour faire ses courses après avoir passé
commercial, ludique et de loisirs, d’une du bon temps, le concepteur du projet a diplômés seront
capacité d’accueil de 30 000 visiteurs par
jour. Tout en préservant l’environnement
pensé à aménager un hypermarché de
16  200  m2, le premier du continent afri-
recrutés
de la baie d’Alger et sans nuire à son pay-
sage, Alger Médina, dans son ensemble,
cain, baptisé Ardis Center et capable d’ac-
cueillir quelque 50 000 personnes les L e groupe privé algérien Arcofina
Holding s'engage à recruter
1000 jeunes diplômés pour les
valorisera l’espace front de mer consti- week-ends. Plusieurs marques étrangères,
tuant le site. Un investissement de notamment françaises, y seront présentes. besoins des projets qu'il a initiés,
26,5  milliards de dinars sera mobilisé Est également prévu un palais des congrès notamment Alger Médina. Pour
pour concrétiser le projet. de standing international avec toutes les cela, une convention de
Alger Médina, qui s'étendra sur une commodités  ; il comptera huit niveaux recrutement de jeunes diplômés par
assiette foncière de 75 hectares, regroupe- pour une capacité d’accueil de 4  139 Arcofina Holdinh a été signée en
ra non seulement l'immobilier d'affaires et places, et accueillera des conférences et avril 2010 entre la direction du
l'hôtellerie résidentielle, mais aussi un des réunions professionnelles. groupe et l'Agence nationale de
ensemble touristique, de shopping et de L’autre important projet est l’hôtel l’emploi (ANEM). Cet accord entre
loisirs. Ce sera, en fait, un district business résidentiel conçu pour proposer de longs dans le cadre du contrat de travail
aidé (CTA) initié par le
et le «down town» d'Alger avec un brassa- séjours.  L’espace rez-de-chaussée
gouvernement afin de promouvoir
ge d'activités commerciales, d'affaires, accueillera, outre les halls des tours, une
l'embauche des jeunes fraîchement
d'habitat et de loisirs en même temps. piscine et ses annexes, un centre de thalas- diplômés par les entreprises privées
Deux tours d’appartements-hôtels sothérapie, un institut de beauté et des élé- ou publiques n
seront érigées et un port de plaisance bap- ments techniques. Nacima B
tisé «Marina, baie d’Alge » accueillera La conception architecturale (master

Mensuel de l’économie et de la finance


35
Dossier L’éco N°21 / Décembre 2010

El Hadj Hamitouche, manager de la laiterie Soummam

68 ans et du rêve plein la tête


Il a importé plus de tant investissement, le
El Hadj Hamitouche
800 génisses pleines en patron de la laiterie
Soummam espère conforter
2010, sélectionnées sa position de «leader à
scrupuleusement par l’échelle nationale» et
son conseiller et homme s’émanciper de la dépendan-
ce vis-à-vis de l’étranger en
de main. El Hadj,
matière de poudre de lait.
désigné premier éleveur Actuellement, Soummam
bovin pour les deux finance des modules de 15 à
années consécutives 40 vaches, voire même de
60, pour peu que l’éleveur
2009 et 2010, a de quoi remplisse les conditions
être fier. Faire son édictées par un cahier des
marché est loin d’être charges. Il est attendu des
une sinécure, c’est un traites de ces génisses, dont
la première portée peu don-
exercice auquel il se livre ner 48 000 à 50 000 litres par
avec beaucoup de tact et jour. A titre d’exemple, les
DOSSIER

de savoir-faire. Et pour 30 000 litres collectés aupa-


ravant auprès des éleveurs-
cause ! «Il faut compter fournisseurs représentent 5 à
El Hadj Hamitouche pros-
avec les Chinois, les Par Salim Aït-Sadi
pectait un autre créneau. 6% des besoins de la laiterie.
Russes et les Italiens, qui Avec un proche parent, il Mais c’est encore loin de

E
l Hadj Hamitouche satisfaire les besoins de la
sont à la recherche de ne cache pas son investit dans l’agroalimen-
taire. Ensemble, ils montent laiterie évalués, entre 550 et
vaches de race.» L’année ambition de demeu-
600 000 litres jour.
rer numéro un national dans une fabrique de yaourts. La
qui s’achève en annonce la fabrication de yaourts et petite fabrique est devenue La stratégie de croissance
une autre encore produits laitiers. Il faut dire aujourd’hui l’une des plus de l’entreprise Soummam
grandes entreprises natio- repose sur la satisfaction de
prometteuse. Soummam que 45% de parts du marché
national est une place assez nales et rivalise de qualité ce besoin en lait cru, d’où la
compte importer 1000 confortable dans un secteur avec la multinationale projection de créer à moyen
autres génisses pleines. très concurrentiel. En 1993, Danone. A travers cet impor- terme une «pépinière de
génisses». Les nouvelles
Une vie de labeUr vaches auraient ainsi le

A
prend à nouveau et il tente une temps de s’acclimater et
rrivé à Alger avec 50 DA en poche
au cours de l’année 1969, il est expérience dans le textile, mais ce fut de donneraient plus de lait.
embauché comme chauffeur. Ses très courte durée. Du haut de ses 68 ans, C’est du moins l’ambition
premières économies lui permettent alors il participe aujourd’hui à la vie sociale,
des dirigeants de Soummam,
de s’associer avec un ami pour sportive et culturelle d'Akbou et
qui sont à la recherche d’un
l’acquisition d’un camion. Mais très vite, terrain de 300 hectares.
d'Ichellaten, d'où il est originaire, et
El Hadj Hamitouche montre des signes Nous l’avons rencontré
n’hésite pas à prêter main-forte aux
d’entreprenariat. Il se sépare de son dans ses écuries. Il, semblait
associé et se lance en solo. associations socioculturelles, sportives ou
au fil de l’entretien, baigner
Au début des années 1980, son parc religieuses de la région. Grand rêveur, il
dans le bonheur de la consé-
automobile s’enrichit de trois autres voyage beaucoup, toujours en quête de
cration d’avoir trouvé enfin
camions. L’envie de changer de cap le nouvelles découvertes n S. A. S.
sa vocation... n S. A. S.

Mensuel de l’économie et de la finance


36
Dossier
L’éco N°21 / Décembre 2010

Mourad Berri, manager d’Escalab

Déjà partenaire
D’un groupe américain
Par Salim Aït-Sadi Spécialisée dans la distribution d’équipements scientifiques de contrôle
et d’appareils de mesure pour les laboratoires, l’entreprise Escalab a

C’ été choisie, en 2010 par un géant américain, Hach Lange en


est sur les bancs de l’uni-
versité des sciences écono-
miques de Sétif que
l’occurrence, pour être son représentant exclusif en Algérie. Le groupe
Mourad Berri, manager d’Escalab, a en question est spécialisé dans l’analyse de l’eau par l’utilisation de
rencontré ses futurs associés pour la solutions et techniques personnalisées, économiques et qualitatives
création d’une entreprise de distribu- pour les eaux potables, usées et industrielles.
tion d’équipements médicaux et maté-
riels de laboratoire. Doté d’un caractè-
re déterminé que les obstacles ne réus-
sissent pas à vaincre, M. Berri n’avait
pas encore les coudées franches à cette
époque. La jeunesse a parfois tendan-
ce à fausser la visibilité sur le long

DOSSIER
terme. «Moi, je voulais un challenge.»
Ce n’est qu’en 2006 qu’il commence-
ra véritablement à concrétiser son pro-
jet. La nature de l’homme a fini par
prendre le dessus et c’est avec son
épouse qu’il monte la nouvelle Sarl.
Depuis, il a le sentiment de réaliser
son rêve, celui de jouer son rôle d’ac- Mourad Berri
teur économique sur le marché avec
l’art de gérer tout en établissant des assurant une meilleure maîtrise des mise à niveau des techniciens instru-
rapports privilégiés avec le personnel. appareils de mesure et portant sur tous mentistes ou laborantins en techniques
Conscient que le premier capital d’une les produits et appareils présentés par de mesures en instrumentation.
entreprise est sans doute sa ressource la société. De même qu’elle assure la Et ses efforts ont fini par payer.
humaine, il accorde à cette dernière un Esclab vient d’être choisie par Hach
intérêt pour le moins particulier. Sa
devise : ne pas se contenter de l’immé- Il a faIllI être comptable Lange pour être son distributeur exclu-
sif en Algérie. Mais avant cela, le
diat. «Dans une entreprise, il n’y a pas
que le commerce qui compte, l’apport L e manager de l’entreprise Escalab a dû
chercher longtemps avant de trouver sa
directeur commercial régional de
Hach Lange, Alain Dehant, a dû suivre
scientifique est aussi important», voie. Diplômé de l’université de Sétif en
sciences économiques, il entame une l’activité d’Esclab de très près pour
explique-t-il. formation pour devenir expert comptable.
Escalab emploie aujourd’hui des s’assurer de l’intégrité de cette entre-
Très vite il s’en lasse, il opte alors pour prise qui a réussi à faire parler d’elle
ingénieurs en biologie, en chimie, en l’enseignement dans des écoles privées
électrotechnique, des informaticiens avant d’assurer des vacations à l’université avec peu de moyens et beaucoup de
mais aussi des licenciés en économie. de Béjaïa ou il est originaire. savoir-faire. On avance doucement,
Il y a donc une complémentarité qui se Père de 5 enfants, il initie son aînée, mais sûrement. Mourad se réjouit de
13 ans, aux langues étrangères. Pour lui, cette association et ne manque pas de
traduit sur le terrain par un travail de c’est toujours ouverture sur le monde :
recherche pour fournir aux clients des «J'ai beaucoup souffert du manque de
mettre en avant les vertus des bonnes
services de consulting, de formation et maîtrise de certaines langues étrangères vieilles recettes de la réussite : intégri-
d’assistance technique sur site. Elle dont l’anglais. J'ai dû reprendre à zéro té et abnégation. Il y croit et ça lui
assure, in situ ou au sein de son admi- mes cours d'anglais pour pouvoir réussit n
nistration, des formations techniques travailler avec mes partenaires.» n S. A. S. S. A. S.

Mensuel de l’économie et de la finance


37
Dossier L’éco N°21 / Décembre 2010

Bachir Khodja, gérant manager

Proche de la
Après avoir fait de Blady un label de
qualité, Bachir Khodja s’octroie le droit de
donner de meilleures opportunités
à son entreprise en lui ouvrant
des perspectives de
l’exportation. L’année 2010 a
été le déclic. Le premier pas
franchi vers la labellisation en
IG (indication géographique),
Bachir Khodja, soutenu par ses
enfants, décide de donner une
DOSSIER

impulsion nouvelle à l’entreprise familiale en ciblant les marchés


extérieurs pour augmenter la part des exportations.

N
ée en 2007 sur les cendres Il faut dire que le matière de mise en valeur de cette
l’entreprise paternelle Khodja potentiel agricole de la richesse et le manque d’intérêt qui lui
Mohand, elle change de statut région a été un facteur est accordé. Ce fut un bon départ pour
et devient la SNC Khodja & Cie. non négligeable dans le mieux appréhender une activité indus-
Encouragé par un père oléiculteur et maintien de l’activité de trielle qui nécessite, en outre,
ancien membre de la Coopérative agri- transforma- des moyens modernes et de
cole de services et des approvisionne- tion et de management selon des
ments, Bachir est venu au métier de la conservation. normes standard de qualité.
conservation comme presque d’office. En enfant Bachir a dû se renseigner de
L’activité était déjà présente dans la du pays, près en faisant du porte-à-porte.
famille avant lui : la conservation et la Bachir Il ne manque aucune foire ou
transformation d’olives et le condi- pousse exposition de ce genre pour
tionnement de l’huile d’olive. La l’investi- mesurer la portée de cette
gamme ne cesse, depuis la création, de gation activité sur le plan écono-
son entreprise de s’enrichir de plaisirs plus loin mique. Pragmatique, il
arrachés aux saveurs de la terre. et engage opte, après quatre années
Figues sèches, câpres et une grande une étude d’activité, pour la mise à
variété de fruits et légumes sont approfondie du niveau des process de
conservés par la SNC Khodja. marché local et fabrication devenus
Aujourd’hui, cet établissement, du secteur oléicole conformes à la
riche d'un savoir-faire et situé au cœur de sa région natale. Les norme ISO 22000
d’un patrimoine oléicole considérable, résultats de l’étude révèlent la V2005. Pour ce
est la première conserverie moderne réalité des potentialités impor- faire, il consent un
dans la région de Béjaïa. tantes en la matière, mais aussi investissement de
démontrent le déficit criant en 50 millions de dinars

Mensuel de l’économie et de la finance


38
Dossier
L’éco N°21 / Décembre 2010

de la SNC Khodja à Béjaïa

terre et des hommes


en équipements modernes de condi-
tionnement, de transformation et de
stockage.
En amont et en toute propriété, la
SNC Khodja et Cie exploite des mil- Bachir Khodja
liers d’oliviers avec l’introduction de
nouvelles techniques de cueillette.
Elle a réalisé sa première exportation
en 2006. Quelque 80 tonnes d’huile
lampante en vrac et 40 tonnes d’huile
vierge fine conditionnée et mise en
bouteille sont vendues en Europe, en

80 tonnes d’huile
lampante en vrac et

DOSSIER
40 tonnes d’huile
vierge fine
conditionnée et mise
en bouteille sont
vendues en Europe,


en Asie et en
Amérique.

Asie et en Amérique. Les initiatives Engagé dans lE mouvEmEnt


ont été renouvelées durant les exer-
cices suivants, notamment par le lan- associatif local
A
cement de la marque «Jaia» en parte- près une carrière militaire, il meilleur. A 50 ans, père de
nariat avec un ressortissant algérien à 3 enfants, il continue de maintenir
revient dans le giron familial. A
l’étranger destinée à la communauté intacte le lien avec, la terre et les
algérienne vivant en France. 45 ans, il se lance dans l’industrie
agroalimentaire, un savoir déjà hommes convaincu que, l’homme est
Pour l’heure, reconnaît Bachir l’ultime richesse. Engagé dans le
Khodja, l’entreprise n’a pas beaucoup acquis par la famille et qu’il va
mouvement associatif local, on le
développé son réseau de commerciali- perpétuer à son tour en associant
sollicite souvent pour sponsoriser
sation et ses show rooms à travers le ses propres enfants. Diplomé de aussi bien des clubs sportifs que des
territoire national pour se rapprocher l’école supérieure du matériel d’El- associations culturelles. Bachir
davantage du consommateur et faire Harrach en gestion et de l’Ecole Khodja est membre fondateur de la
connaître ses produits du terroir. Elle nationale technique de Fédération algérienne de l'olive dont
met à profit, pour cela, les salons spé- l’aéronautique, il revient à la terre il est devenu le porte-parole n
cialisés et les fêtes locales n pour en prendre ce qui a de S. A. S.
S. A. S.

Mensuel de l’économie et de la finance


39
Dossier L’éco N°21 / Décembre 2010

Ramdane Battouche, DG de Général Emballage

Un jeUne qUi voit grand


Par Salim Aït-Sadi En véritable capitaine d’industrie, Ramdane Battouche a
réussi le positionnement de son entreprise sur le marché

L’
année 2010 a été synonyme
d’extension de l’activité à tra- national en l’espace de quelques années.
vers ses deux unités de fabrica-
tion à Sétif et à Oran et un prélude à une etc. Elle satisfait quelque 70% de la Batouche investissent dans une nouvelle
évolution certaine favorisée par les «clés demande nationale en cartons ondulés. Et usine qui s’adjugera 70% du marché du
du succès» qui sont, pour ce manager de la elle exporte présentement vers la Tunisie et yaourt en Algérie. Et ce n’est qu’en 2001
la France. En plus des pays voisins comme que le pas fut franchi via un partenariat
génération montante, le marketing et la
le Maroc et certains pays d’Afrique subsa- avec Danone qui va alors acquérir 51% du
communication, ainsi qu’une bonne coor- harienne. capital de la laiterie Djurdjura. Il y a quatre
dination en interne, mais aussi en externe, Comme un héritage, Ramdane, qui ans, le jeune homme d’affaire qu’il devint,
avec les partenaires extérieurs. venait d’être recalé au bac, a rejoint en quitta le conseil d’administration, après
Général Emballage compte aujourd’hui 1984 la petite entreprise familiale de que le groupe français eut acquis le restant
comme clients la quasi-totalité des grands yaourts, Djurdjura, que son père Mohand des actions du capital de l’entreprise fami-
noms d’entreprises nationales dont Cévital, avait lancé. Après des débuts laborieux, les liale et s’engage dans une autre aventure
Soummam, Danone, Ifri, Candia, La Belle avec toujours son mentor, Mohand
Battouche, pour créer Général Emballage.
La conjoncture est alors favorable.
Ramdane Battouche Tonic Emballage a pris le chemin de la dis-
DOSSIER

parition et Général Emballage va alors se


repositionner comme incontournable. C’est
la première fois, qu’il
accuse un bilan positif.
Fervent déFenseur Une bonne partie des
bénéfices sera,
de la JsMB d’ailleurs, investie
dans la construction de

F an de foot et lecteur assidu, deux nouvelles unités


pour ce papa de quatre et la modernisation des
petites filles le temps ce n’est équipements. Mais
pas que de l’argent c’est aussi aussi pour l’acquisition
d’un terrain en vue de
le temps que l’on s’accorde
l’extension de l’unité
pour lire, voir un bon film ou
principale.
tout simplement changer d’air
Le taux d’évolution
pour rester près de sa famille.
de Général Emballage
A 45 ans, il ne perd rien de sa avoisinerait les 100%,
jeunesse, une partie de foot assure le jeune patron,
entre copains provoque chez Ramdane Batouche
Ramdane des miracles. La qui,avoue la mise à flot
JSM Béjaïa est une autre des activités selon les
passion. D’ailleurs, il est normes modernes de
actionnaire dans le capital de la gestion et management
nouvelle SPA du club sportif n avec, comme toile de
S. A. S. fond, un intérêt particu-
lier pour la ressource
humaine. L’entreprise consacre annuelle-
ment 25 millions de dinars à la formation
du personnel soit dix fois plus que les 2%
de la masse salariale exigés par la loi n
S.  A.  S.

Mensuel de l’économie et de la finance


40
Dossier
L’éco N°21 / Décembre 2010

Nassim Lounès, manager de Med&Com

L’année de tous Les départs


Par Kamel Imarazene

E
lle fut riche en évènements
pour l’agence de communica-
tion interactive spécialisée en Nassim Lounès
webmarketing, l’année 2010 a procuré
bien des satisfactions à ce jeune mana-
ger Nassim Lounès de Med&Com.
Outre l’enquête sur l’Internet en
Algérie dont les résultats ont été
récemment rendues publics sur un site
qui a été conçu à cet effet (www.web-
dialna.com), Med&Com a lancé les
premières compagnes de buzz en
Algérie sur le réseau social facebook
et a représenté notre pays dans de
nombreuses manifestations internatio-
nales portant sur la publicité sur la
Toile. «C’est l’année de la consécra-

DOSSIER
tion pour nous», tient-il à préciser,
celui qui se retrouve à 32 ans à la tête
d’une entreprise qui emploie 20 per-
sonnes, «des jeunes Algériens tous
formés par l’université algérienne»,
affirme-t-il avec beaucoup de fierté.
«Notre satisfaction est d’autant plus «Notre satisfaction est jeunes à tenter leur chance ici», tient-
grande que nous avons créé 8 postes il à préciser. Et d’ajouter : «Certes,
d’emploi en 2010 contre 12 seulement d’autant plus grande que j’ai été confronté à de nombreux pro-
blèmes, mais la réussite m’a fait
entre 2006 et 2009.» Pourtant, l’année
qui s’achève ne s’annonçait pas sous
nous avons créé 8 postes oublier tout cela.»
de bons auspices en raison de la crise d’emploi en 2010 contre Son entreprise Med&Com est en
train de s’imposer doucement et sûre-
financière internationale qui a touché
de plein fouet le secteur de la commu- 12 seulement entre 2006 ment. Les internautes la connaissent et
nication. «Pour tout vous dire, on Nassim le sait, il croit en ses capacités
avait beaucoup de craintes. Mais Dieu et 2009.» 32 ans et la et ne compte pas s’arrêter en si bon
merci, tout s’est bien passé, le bilan force de l’âge en prime, chemin, «Notre force, c’est l’innova-
tion », explique ce jeune entrepreneur
est plus que positif pour l’entreprise
qui a réalisé une croissance à deux Nassim est de cette qui rappelle que l’agence a déjà fait
chiffres», se félicite M. Lounès. parler d’elle en 2009 en lançant deux
Après un long séjour la France, il génération que les sites «originaux» destinés aux profes-
rentre au pays. Un choix qu’il a fait en
toute connaissance de cause, eu égard
stéréotypes ne sionnels de la presse (www.prosdela-
presse.com) et du tourisme (www.joo-
aux conditions de pouvoir se former découragent pas. Il est wala.com), deux expériences couron-
davantage dans les universités fran- nées de succès. L’année 2010 n’aura
çaises. Le master en services décroché aussi de ceux qui croient été qu’un début puisque notre manager
haut la main, il préfère mettre en pra-
tique sa spécialité marketing en
que tout est possible promet bien d’autres réalisations pour
2011 : «Nous envisageons d’innover
Algérie et investir dans un nouveau dans un pays où produire davantage et de recruter plus de per-
créneau. «Je ne regrette pas du tout sonnel.» n
mon choix. J’encourage d’ailleurs les est possible. K. I.

Mensuel de l’économie et de la finance


41
Dossier L’éco N°21 / Décembre 2010

Djamel Eddine Hannane,


directeur général de Immo Développement

Les espagnoLs
sous-traitent pour Lui
Sa stratégie est simple : profiter autant que possible de la crise économique qui persiste
ailleurs pour se mettre à niveau à moindre coût. Djamel Eddine Hannane est de ceux
qui voient loin. L’année qui s’achève est un prélude à des changements que cet
opérateur compte bien réaliser.

Par Saou Boudjemâa

E
n évoquant sa profession, notre
interlocuteur livre ses pensées.
Pour lui, la promotion immobi-
lière est un métier qu’il faudra enca-
DOSSIER

drer par la création d’un Observatoire


où seront représentés les pouvoirs
publics et des associations des diffé-
rentes professions du bâtiment. Cet
organisme peut avoir à la fois un
caractère consultatif et pédagogique.
La formation reste aussi l’idée-clé qui
mérite d’être concrétisée par la créa-
tion de centres de formation profes-
sionnelle des métiers du BTPH avec le
concours des associations des diffé-
rentes corporations. L’Etat pourrait
intervenir enfin par des mesures d’al-
lègements fiscaux au bénéfice des
entreprises qui s’y investissent.
Il est l’un des rares intervenants
dans le domaine de la promotion
immobilière à se déclarer en totale
adéquation avec les pouvoirs publics
dans leur démarche de mise en place
d’un projet de loi codifiant la profes-
sion de promoteur immobilier.
D’emblée, il explique sa logique  :
«Nous sommes tout à fait d’accord
avec les pouvoirs publics dans leur
démarche de vouloir faire le
ménage  dans la profession.
Néanmoins, il ne faut pas perdre de
vue qu’il s’agit d’une activité indus-
Djamel Eddine Hannane trielle et commerciale. Par consé-

Mensuel de l’économie et de la finance


42
Dossier
L’éco N°21 / Décembre 2010

quent, elle est soumise simultanément


au code du commerce, au code civil,
au code pénal et au code de l’urbanis- Maquette d’un projet de la
me.» Et d’ajouter : «Il nous parait plus société Immo Développement
simple de réactiver certaines disposi-
tions règlementaires déjà existantes et
d’introduire de nouvelles plus adap-
tées au contexte de la mondialisa-
tion.» Pour ce moderniste, la légalité
et le respect des lois est au-dessus de
tout et de tous : «Les codes civil,
pénal, de commerce et de l’urbanisme
prévoient bien des mesures coercitives
pour toute infraction constatée dans
l’activité de la promotion immobilière.
Il serait plus facile donc de les
réadapter et/ou de les réaménager et
surtout de les réactiver.» Sans omettre
de rappeler par ailleurs que «le promo-
teur immobilier est un opérateur éco-
nomique, qu’il soit personne physique autres. Ceux qui ont le savoir et l’ex- persiste en Espagne afin, dit-il, «de
ou morale. Il se doit donc d’avoir la périence pour mieux avancer. Ce par- nous mettre à niveau à moindre coût».
capacité de réunir des ressources fon- tenaire des Espagnols explique ce Les Espagnols semblent offrir la tech-
cières et financières en fonction de ses recours  : «Nous avons confié les tra- nicité de construction aux normes
moyens managériales. Il est tout le vaux de réalisation d’un de nos projets européennes avec un transfert techno-
temps soumis à l’obtention d’un agré- de type haut standing au niveau du logique. De loin meilleurs que les
ment pour tout projet (quelle que soit quartier de Bel Air, à Oran, à une entreprises chinoises, le choix est visi-
sa nature), un permis de lotir et de entreprise espagnole dénommée blement fait pour ce promoteur per-

DOSSIER
construire. Un tel permis, soumis à Quiles & Jimenez Construction, ins- suadé que «le marché de l’immobilier
l’appréciation de l’administration à tallée en Algérie après avoir mis en pourrait se développer une fois le défi-
travers toutes ses structures tech- concurrence des entreprises algé- cit en logements épongé», ce qui
niques, nous paraîit être déjà un agré- riennes, chinoises et turques. Les devrait venir à bout de la spéculation à
ment et le plus indiqué de surcroît, car Espagnols ont été plus entreprenants, moyen terme.
ayant une durée de validité avec plus pratiques et très compétitifs en La concurrence entre les promo-
l’achèvement du projet. Donc renou- terme de prix, de qualité et de délais. teurs immobiliers reste le remède par
velable pour chaque projet». Nous envisageons d’aller vers un par- excellence dans la mesure où elle per-
Un tel investissement de la person- tenariat, car nous réalisons une bonne met l’accès à la profession à toute per-
ne dans son travail ne peut s’expliquer complémentarité avec eux.» sonne physique ou morale qui le dési-
que par les réalisations remarquables. En «toute honnêteté», il explique sa re. A ce stade, l’Etat retrouverait bien
Fini le bricolage, notre manager voit stratégie par le besoin de retourner à son rôle, celui de régulateur n
grand et tire profit des expériences des son avantage la crise économique qui S. B.

Il a été enseIgnant au technIcum de gdyel


Djamel Eddine Hannane, brillamment le diplôme d’ingénieur s’installer ensuite dans un bureau
d’Etat en génie civil. Le diplôme en d’études techniques à titre privé de
la cinquantaine à peine
poche, il rejoint la multinationale janvier 1990 à décembre 1993. Il
entamée, traîne déjà nippone Kajima Co en qualité de est ensuite nommé directeur de
derrière lui une brillante superviseur en béton. Il fut aussi l’Agence foncière d’Arzew, puis de
carrière et une longue superintendant en béton Kajima Co Béthioua de janvier 1994 à juillet
expérience lors de la construction du complexe 2004. Il est enfin chef de division
pétrolier, le «jumbo GPL» dans sa aménagements et travaux à
professionnelle. phase 1; à Mers El Hadjadj. l’Agence foncière de la wilaya

A 18 ans, il décroche un Ensuite, il embrasse une carrière de d’Oran, de juillet 2004 à juillet
baccalauréat avec une bonne professeur d’enseignement 2007. Depuis mars 2009, il est
mention, option technique maths, technique au technicum de Gdyel directeur général de la Sarl Immo
qui lui permet d’obtenir (Oran Est) durant trois années pour Développement n S. B.

Mensuel de l’économie et de la finance


43
Dossier L’éco N°21 / Décembre 2010

Ahmed Idir, gérant de l’Eurl Photon Energie

Ahmed Idir
DOSSIER

Un jeUne éclairé
Développer ses compétences dans la maîtrise des énergies
renouvelables et les appliquer dans les grands projets dans notre
pays. Telle est l’ambition d’Ahmed Idir, gérant de Photon Energie.
Spécialisée dans l’importation, l’étude et la réalisation des
équipements d’énergie solaire, cette nouvelle société privée a déjà su
pénétrer le marché algérien à travers l’installation de quatre projets
de chauffage solaire, et ce, en partenariat avec le groupe Sonelgaz.
L’entreprise a une année d’âge.
tion des chauffe-eau solaires, où la marché du photovoltaïque par la four-
Par Nassima Benarab
part de Photon énergie a été fixée à niture des équipements solaires pour

P
hoton énergie a contribué dans 30 équipements qui seront installés différents organismes, à savoir les
le programme de l’Agence dans le sud du pays avant le directions de l’environnement et le
nationale pour la promotion et 31 décembre de cette année. ministère de l’Environnement. Elle a
la rationalisation de l'utilisation de La société a également marqué une année d’âge. Photon énergie offre
l'énergie (Aprue) relatif à la subven- l’année 2010 par sa présence sur le une solution globale aux particuliers,

Mensuel de l’économie et de la finance


44

Dossier
L’éco N°21 / Décembre 2010

Photon Energie installera 30 chauffe-eau


solaires dans le Sud avant la fin de l'année.
aux entreprises et aux collectivités
locales pour réduire les coûts énergé-
tiques, comptabiliser, améliorer et
optimiser la productivité là où, juste- Lampe solaire
ment, le problème du développement
s’avère crucial et l’énergie électrique
se révèle très difficilement accessible,
précise le gérant de la société.
L’idée de la création de Photon est
venue après l’échec d’une petite entre-
prise, spécialisée dans les travaux et
de montage des équipements des éner-
gies solaires, montée avec une parte-
naire chinoise en 2007. «Cette société
a été convertie en Eurl au cours de
l’année, pour réapparaître sous la
dénomination de photon énergie, c'est-
à-dire «lumière énergie», nous a expli-
qué encore M. Idir.
Avant de lancer cette unité, «j’ai
remarqué qu’il n’y a pas beaucoup de
sociétés en Algérie spécialisées dans

DOSSIER
le solaire». «C’est pour ca que je crois
qu’il faut créer cette société qui
emploie à l’heure actuelle 4 personnes
et compte parmi les premières à s’in-
vestir dans ce créneau», a-t-il ajouté.
L’absence de concurrents nationaux
et les difficultés de démarrage ne sont
pas pour décourager cet entrepreneur
qui, compte développer le contact régions soient autonomes en usant spour l'alimentation de deux lampes
avec les jeunes compétences natio- d’énergies renouvelables». d'une khaîma à Biskra. Photon énergie
nales. «Il y a beaucoup de jeunes qui Parmi les projets réalisés par ce accueille également, dans son petit
ont investi dans ce domaine et je sou- groupe dans ces régions, citons l’ins- immeuble à Chéraga, des jeunes de
haite qu’on va ensemble développer ce tallation de sept chauffe-eau solaires à l’université pour la préparation de leur
secteur.» Cet homme qui croit dur l'hôpital de Biskra, la réalisation d'une mémoire de fin d’année n
comme fer en l’avenir des énergies installation photovoltaïque de 80 W N. B.
renouvelables dans notre pays, dira
que le secteur privé est l’un des élé-
ments clés, que les pouvoirs publics
Et déjà beaucoup d’expérience

A
doivent inclure dans les projets lancés gé de 34 ans, Ahmed Idir d’équipements ainsi que pour les
dans le développement du secteur. est titulaire d’un DSS (études étudiants. «Je veux exploiter mon
Présent dans trois wilayas, à savoir supérieures spécialisés) en expérience que j’ai acquis à
Sidi Bel Abbès, Biskra et Tindouf, physique option énergétique. Il a fait l’étranger pour former les étudiants
Photon Energie compte élargir ses ses études supérieures spécialisées dans le secteur de l’énergie
activités notamment dans le Sud algé- dans l’énergie solaire en France. renouvelable», avoue Idir. Le sourire
rien en vue de satisfaire la très grande Récemment, il a décroché son colle à cette jeunesse à toute
demande dans cette région qui, recèle diplôme de maîtrise des énergies épreuve et semble lui donner cette
en outre de potentialités solaires renouvelables en Chine. volonté de fer que pas même la
énormes, notamment pour les régions Ce jeune Algérien a lancé en chaleur du soleil algérien ne viendra
isolées en raison des difficultés et du décembre 2009 une formation de altérer n
coût de la connexion réseau très cher. 5 jours au profit des installateurs N. B.
Il est important pour Idir que «ces

Mensuel de l’économie et de la finance


45
Dossier L’éco N°21 / Décembre 2010

Belkacem Ghecham, gérant de l’entreprise SBGDE

Un homme à la conqUête
dU renoUveaU
«Depuis que nous avons opté pour ce créneau, à savoir l’achat et l’importation de matières premières
destinées à la fabrication de joints, nous avons obtenu notre part de marché, aussi bien dans le secteur
industriel que dans celui de l’automobile.» Belkacem Ghecham ne laisse aucune chance au hasard.
Tout est étudié, jaugé et mesuré à sa juste valeur.

Par A. Aoumer triel que celui de l’automobile», a-t-il ajou- mondialisation, et par voie de conséquen-
té. Les ambitions de cette entreprise ayant ce, devenir compétitives et concurren-
le nom commercial de Fajo sont grandes et

T
rès entreprenant et pragmatique tielles, condition sine qua none de leur
dans sa profession de gérant de prometteuses dans la mesure où elle coopè- maintien sur le marché international, de
l’entreprise Sarl Bendaas & re avec de grandes entreprises nationales plus en plus intransigeant où seules les
Ghecham de découpage et emboutissage les plus réputées du pays, notamment entreprises performantes survivent.
(SBGDE), Belkacem Ghecham dirige cette Sonatrach et Sonelgaz dans les secteurs de
C’est ainsi que SBGD, située à Bab
entreprise spécialisée dans les joints avec la pétrochimie et du gaz en leur fournissant
Ezzouar et qui possède une unité de pro-
beaucoup de savoir-faire et de profession- d’importants équipements, tels que les
DOSSIER

joints d’étanchéité. A l’heure du libéralis- duction dans la zone industrielle de Batna,


nalisme. Ainsi, ce qui intéresse beaucoup veut découvrir des partenaires sérieux et
plus Ghecham c’est la coopération féconde me économique et de l’économie de mar-
ché, les entreprises et les PME algériennes désirant transférer leur savoir-faire et leur
et continue avec des opérateurs écono-
sont à la recherche de formes de partenariat technologie. Un gage de performance pour
miques ayant déjà fait leurs preuves sur le
terrain et ayant des références. Car, cela lui, multilatéral avec des entreprises internatio- un manager constamment en quête de chal-
donne la primauté pour la diversification nales afin de se mettre au diapason de la lenge pour mieux avancer n A. A.
des échanges et en privilégiant l’acquisi-
tion de produits fiables et consistants tech- La compétitivité a le sens de la mondialisation
niquement.

C
«Nous sommes prêts à engager un par- adre universitaire investisseurs étrangers
tenariat et nous cherchons des produits de ayant une crédibles. La cohésion
qualité et compétitifs auprès de pays situés formation approfondie et le travail collectif
plus proches de nous afin de nous éloigner, en marketing et en sont les aouts de ce
un peu, des produits provenant de Chine et commerce, c’est un manager qui, en
de l’Inde qui n’ont pas grand-chose à nous patron de la nouvelle déguste les fruits.
proposer», nous a-t-il affirmé. Aujourd’hui, treize ans
génération des
C’est la raison pour laquelle, poursuit-il, après la création de
entrepreneurs venu au
nous voulons découvrir les technologies et son entreprise avec
métier par vocation et
les process de production des industriels seulement deux
le choix de pouvoir
iraniens qui ont des tas de choses à nous associés, il dirige une
participer à la vie équipe de
proposer dans le secteur industriel, notam-
économique selon des A 58 ans, en étroite 60 travailleurs.
ment. L’entreprise SBGDE est notamment
intéressée par l’achat et l’importation de normes de rentabilité et collaboration avec Travailleur acharné, il
matières premières destinées à la fabrica- d’efficacité. On dit de deux associés, ne cesse de prospecter
tion de joints, sachant que cette entreprise lui qu’il est le ingénieurs tous deux en d’autres formes
travaillait dans le domaine de la pièce de concurrent de mécanique, il est d’extension de son
rechange avant de mettre en place cette Sonelgaz, il préfère constamment en quête activité, convaincu qu’il
entité de découpage et d’emboutissage. quant à lui parler de de coopération et de est avantageux de
«Depuis que nous avons opté pour ce complémentarité entre partenariat avec des s’ouvrir sur le monde n
créneau, nous avons obtenu notre part de le privé et le public. industriels et A. A.
marché, aussi bien dans le secteur indus-

Mensuel de l’économie et de la finance


46
Dossier L’éco N°21 / Décembre 2010

Mohamed Abdou Benabbou, directeur de


publication du Quotidien d’Oran U
Avec des mots très simples, il va au fond des choses,
comme guidé constamment par le souci de la
perspicacité et de la pertinence du verbe. Sans détours, il
exprime ses regrets comme ses joies de faire un métier qu’il a rencontré
comme on rencontre l’amour de sa vie. De cette passion pour le journalisme
est né le Quotidien d’Oran.
DOSSIER

Abdou Benabbou

annonceurs ne se disputent plus les pages veaux, d’ordre politique qui ont fait que
Par S.Mana
de la presse nationale et les recettes de le gouvernement prenne des décisions
cette dernière s’en ressentent. Benabbou qui ont de «manière indirecte influé

S
on regret va au rétrécissement des
espaces publicitaires comme «peau garde encore le goût amer du ralentisse- négativement sur la charge publicitaire
de chagrin», tient à préciser ment de la consommation d’une manière de la majorité des périodiques». Une
Benabbou «comme pour la majorité des générale qui, a ralenti le rythme de croi- situation aggravée par le développement
entreprises, la loi de finances 2010 a sière du secteur économique productif impressionnant de l’Internet et l’appau-
frappé de plein fouet le secteur de la pres- conscient que «quand ce secteur traîne vrissement du marché du travail qui livre
se». Les dispositions de cette dernière les pieds, les journaux se plient à cette de moins en moins de professionnels qua-
sont venus à bout du crédit à la consom- cadence». Pour cet homme d’affaire lifiés notamment francophones pour, au
mation et à celui des véhicules, les avertit, il existe d’autres paramètres nou- final «installer un journal comme le nôtre

Mensuel de l’économie et de la finance


48
Dossier
L’éco N°21 / Décembre 2010

Un homme lUcide et passionné


dans une position des plus inconfor-
tables», le privant de la satisfaction de Un jeune en train de
terminer l’année en beauté. Mais ce n’est feuilleter son journal :
pas pour le dissuader, lui, qui dit que le «Le Quotien d’Oran»
métier «me traverse les veines comme le
ferait le feu».
Après avoir embrassé la presse à l’âge
de 21 ans, partir en retraite devient absur-
de. «Le journalisme a été mon seul
domaine d'activité», explique-t-il pour
dire le métier de chercher l’information,
de la traiter, l’analyser et la transmettre au
quotidien. Nullement un défi, «notre mis-
sion est d’informer et de tenter de le faire
d’une manière honnête et professionnel-
le» chaque jour, par la seule force de la
plume et, sans prétention aucune, créer
l’événement car «ce n’est pas notre
rôle», au Quotidien d’Oran, une équipe
de «portefaix» qui «amenons tous les
jours à nos lecteurs et fidèlement un couf-
fin chargé d’événements variés que

DOSSIER
d’autres acteurs ont créés», Benabbou
n’oublie pas que l’humilité est une belle
parure dans le métier. Aux côtés de l’ef-
fort dans la recherche et «de la perspica- «Evidemment, son rôle devient de plus en pour l’étudiant qu’il était, pendant des
cité pour cibler les événements qui inté- plus important.» La communication, dit- vacances d’été, en vue de gagner un peu
ressent». il, de manière générale «est devenue chez d’argent de poche, «je me suis trouvé
Le lien est de ce fait établi de plus en nous un vecteur essentiel, sinon le plus embarqué dans un métier qui me passion-
plus fort avec un lectorat le plus large ne aujourd’hui encore, quarante ans
essentiel dans la vie de tout le monde».
possible. Tant pis pour l’environnement après». Tout est dit sur le parcours d’un
économique et politique qui, «à tort ou à Son impact sur le politique est imparable
homme qui retrouve plus qu’une voca-
raison», s’est inscrit dans une démarche et comme le politique est indissociable de
tion : une passion qui a toutes ses chances
protectrice contre la grande crise écono- l’économique la presse est devenue un
de l’accompagner le long de sa vie. Le
mique mondiale et donc «n’a pas permis acteur prépondérant et inévitable. choix est fait pour cet homme d’affaires
à la satisfaction d’être au rendez-vous». Venu à la presse «de la manière la plus qui considère que si la presse et les
Pourtant, cette presse a un rôle à jouer fortuite qui soit», Benabbou ne s’en affaires ne s’inscrivent pas dans le tempo-
dans la vie économique du pays, cache pas, il en est fier. Par un jour parti rel et le conjoncturel et tendent tous deux
Benabbou en est convaincu. à la recherche d’un travail de saisonnier vers l’intérêt général, il est évident qu’ils
ne font pas bon ménage. «La nature
le journal de tous les lecteurs humaine reste faible donc vulnérable»,

F
L’encadrement du journal est dit-il et même que souvent, l’argent et
ondé par un groupe de citoyens
également formé d’actionnaires, l’intérêt général ne font généralement pas
en société par actions, bon ménage. «Leur mariage ne peut
87 actionnaires sont détenteurs mais aussi de membres du conseil
d'administration. Le premier numéro réussir que par la qualité de l’esprit des
chacun d'une à dix actions. Aucun hommes.» La rédaction du Quotidien
est paru le 1er janvier 1994. Le
actionnaire n'a plus de dix actions. d’Oran l’a bien compris, c’est pourquoi
Quotidien d’Oran est devenu
Leur profil va du petit fonctionnaire rapidement un titre incontournable elle a eu «le bonheur de réussir cette
à l'industriel «et j'ai veillé, en tant de la presse nationale avec un union. Cela n’a évidemment pas été faci-
qu'élément centralisateur, à ce que tirage moyen de 170 000 le, mais la réussite est là». Le journal
leurs colorations politiques soient les exemplaires par jour n appartient à tout le monde et à personne
plus larges possibles». S. M. en même temps, pour en définitive n’ap-
partenir qu’à ses lecteurs n S. M.

Mensuel de l’économie et de la finance


49
Dossier L’éco N°21 / Décembre 2010

Cherif Rezki, Directeur de publication d’El Khabar

« Nous teNoNs beaucoup


à Notre crédibilité»
Le cap a été maintenu. El Khabar clôture en cette année 2010 vingt ans
d’information au quotidien et un nouveau née déjà de six mois, El Khabar
Erriadhi et comme tous les vingt ans, l’âge est réglé à l’heure de mieux faire
pour mieux grandir.
DOSSIER

Cherif Rezki

Le chiffre d’affaire s’en est ressenti. se de dommage collatéraux.


Par S.Mana
Cherif Rezki situe cette perte de recettes, à Au delà des performances d’un exerci-
moins de trois mois de la fin de l’année ce, Cherif Rezki se satisfait surtout de la

C
omme toute entreprise, ce quoti-
entre 15 et 20%, un aléa de conjoncture tendance de l’évolution de l’entreprise
dien arabophone ne pouvait surmonté grâce à la maturité de la politique qu’il dirige, c’est vrai que l’année n’a pas
échapper aux effets de la crise des ventes développée depuis ces dernières été celle que la presse aurait souhaitée. A la
ayant touché les entreprises économiques années, par la prise en charge propre du réduction des recettes publicitaires il eut
qui, par ricochet l’ont atteint par le recul de réseau de distribution. « On ne dépend plus «  un recul des activités politiques  », tel
la publicité dont notamment les entreprises de tiers  ». L’entreprise de distribution qu’observé durant cette année ce qui a, de
de la téléphonie et concessionnaires auto- créée à cet effet a réussi à introduire le son coté, appauvri l’information.
mobiles qui sont, des annonceurs poten- quotidien dans les coins les plus reculés du La notoriété du titre a toutefois partici-
tiels ont fait des coupes dans les budgets de pays en faisant arriver le journal à ses lec- pé pour beaucoup dans la réduction de
marketing et communication ce qui s’est teurs. Un investissement qui, aujourd’hui l’impact ce n’est « pas dramatique », esti-
répercuté par une réduction publicitaires. rapporte et permet de préserver l’entrepri- me Cherif, qui explique par ailleurs que

Mensuel de l’économie et de la finance


50
Dossier
L’éco N°21 / Décembre 2010

son journal s’est donné les moyens déjà, en


2009 en instaurant une politique des ventes
pour préserver la bonne santé du journal et El Khabar été classé 2 en 2009
une crédibilité travaillée et entretenue au sur une liste de 700 titres africains.
fil de ses vingt ans d’existence. Un sérieux
qui lui a valu s’être classés en 2009
deuxième sur une liste de 700 titres afri-
cains par un site australien
www.4imn.com. Il est vrai que El Khabar,
en 2010 a cédé des places du fait de l’of-
fensive des journaux africains spécialisées
en football égyptiens et sud africains
notamment mais, ce n’est que conjoncturel
puisque le titre national arabophone main-
tient une place de choix dans le classement
mondial en s’octroyant la 120éme place.
La quête de l’information, est une cour-
se permanente. C’est même la raison d’être
d’un journal. A El Khabar cette quête est
doublée de qualité de l’écrit et crédibilité
de l’information. Pour Cherif c’est aussi
une source de satisfaction au regard du
retour d’écoute enregistré. « On nous fait
confiance  ». L’investigation est érigée en
obligation pour vérifier, corriger ou confir- défendre l’intérêt national, défendre les savoir et la crédibilité est compromise.
mer afin de livrer à «  nos lecteurs une citoyens, la liberté de la presse, les droits « Nous tenons beaucoup à la notre ». Pour
information juste et crédible ». On invente de l’homme et celui des travailleurs  ». cause, ce lien tellement étroit entre la pres-
rien, la presse a, ses lois et « nous ne fai- Bien que le titre soit à capitaux privés, se et la société est par endroit très sensible
sons que les respecter  ». Pour Cherif « nous donnons plus la parole aux syndi- pour ne permettre des erreurs. La presse,
cats qu’aux patrons quand il y’a des pro-

DOSSIER
Rezki, la course au scoop est un moyen de participe par essence au développement
donner mieux et plus vite que l’autre en blèmes de conflits ou de perte d’emplois ».
économique et social du pays «  comme
plus, une concurrence exercée au gré du « Le journalisme sans morale c’est du
bisness corrompu ». Cherif Rezki, se range elle l’a fait auparavant dans la défense du
respect de la libre expression et dans la
sans équivoque du coté de la noblesse du citoyen dans le cadre de lutte anti terroris-
conformité des lois de la république.
Document à l’appui, «  nous pouvons métier ou il fait bon vivre à l’ombre de la te  », demeure cet instrument de lutte de
justifier toute information sur nos correction et du respect de l’autre, celui, tous les jours pour défendre son pays,
colonnes », avec le principe de ne jamais qui paye un produit et en a pour son argent. « pas de son pouvoir », tient –il à préciser,
divulguer la source. «  La loi nous protè- On peut tricher, mais le lecteur finira par le par l’acte engagé et responsable n S. M.
ge » et à El Khabar le droit est sacré.
«  Nous avons toujours protégé des Un privé né des contradictions du public
sources qu’elle qu’en soit la nature  »,
Cherif est intransigeant. Lui, qui n’a pas 49 ans, marié et père de trois Après avoir rempli son devoir de
cédé dans l’affaire rapportée des 50 juges enfants Cherif Rezki est un service national, la loi Hamrouche
journaliste née. « C’est ce que j’ai de 1990 est venue changer du tout
qui, ont dénoncé la pression de la tutelle.
toujours voulu faire ». Après des au tout le paysage national de la
«  Nous avons refusé de donner nos
études de journalisme, il rejoint El presse écrite. Avec quelques
sources » et la justice l’a bien compris. La Massa en 1985, une expérience journalistes, une équipe s’est
crédibilité un principe immuable d’un dont il garda un épisode révélateur formée et le numéro Zéro d’El
journal qui, à travers les écrits et efforts de son parcours professionnel futur. Khabar est sorti le 1 novembre de la
quotidiens, « œuvre pour faire avancer les « J’ai été affecté à la rubrique même année. Troisième titre de la
choses ». Un acte citoyen, pour ce journa- politique, mon premier papier a été presse national privée après le Soir
liste avant d’être manager et dont l’intérêt une dépêche sur les activités du d’Algérie et El Watan, Cherif Rezki,
national doit être au dessus de tout. FLN, j’ai été convoqué par mon faisait parti de ceux qui, allaient
Un journal c’est gagner de l’argent rédacteur en chef qui m’as, signifié donner une orientation nouvelle à
mais dans la correction. « Nous ne ferons qu’il fallait précéder le mon d’un cette presse. vingt ans, c’est la
jamais comme d’autres qui versent dans la cadre du parti unique à cette satisfaction d’avoir osé le
pression et le chantage. L’information doit époque par la mention « le changement. « J’aurais aimé que
être vérifiée, authentifiée et la parole est frère… », Alors que j’avais écrit nous ayons la même taille et les
donnée au concerné. La presse et les Monsieur… », J’ai aussitôt demandé mêmes moyens que les grands titres
affaires oui c’est compatible, explique t-il à être transférer à la rubrique sport mondiaux mais nous avons un titre
à condition que la morale y soit. «  Nous ou j’ai passé le restant de mon accepté par les algériens et c’est
avons un rôle morale dans la société », passage dans ce journal, se souvient pas rien » n
encore avec amusement Cherif. S.M
c’est plus important que l’argent. «  C’est

Mensuel de l’économie et de la finance


51
Dossier L’éco N°21 / Décembre 2010

El Watan a vingt ans

Cent Unes déjà


Dans la discrétion et la sérénité El Watan a fêté, en cette
année 2010 ses vingt ans. Le titre entre dans l’âge de
considérer l’entreprise de presse autrement. Dans moins d’une
année, les journalistes d’El Watan pourront occuper les salles
de rédaction d’un nouvel immeuble tout en lumière dans le
quartier de l’Hussein Dey.
DOSSIER

Réunion de rédaction,
dirigée par
Omar Belhouchet

Mensuel de l’économie et de la finance


52
Dossier
L’éco N°21 / Décembre 2010

Par S.Mana

L
ancé dans sillage des réformes, Un jeune lecteur d’El Watan
le titre indépendant de la presse
nationale francophone à traver-
sé 2010, avec 100 unes à la clé et une
aura de grands. Le 8 octobre 1990,
vingt journalistes regroupés dans la
SPA El Watan signaient la parution
d’un titre nouveau. Vingt ans, après,
c’est une entreprise qui a gagné son
indépendance en sacralisant sa ligne
éditoriale «  basée sur un traitement
objectif de l’information  ». Analyses
pertinentes, vérification rigoureuse
des informations publiées « et un souci
constant d’ouverture à l’ensemble des
sensibilités politiques du pays, notam-
ment celle de l’opposition démocra-
tique  », lui vaudront le respect d’un
lectorat devenu fan.
Avec 150 000 exemplaires par jour,
contre seulement 12% d’invendus
selon les chiffres de OJD France, il est
proposé également aux lecteurs deux
suppléments hebdomadaires gratuits
dans l’économie, et l’Immobilier aux-
quels est venu s’ajouter El Watan

DOSSIER
Vendredi, une nouvelle publication
conçue pour répondre aux besoins de
lire les dernières infos du week-end.
El Watan promet d’autres.
Au delà, du nombre de petits frères,
El Watan est une entreprise qui s’ins- diennement. «  C’est l’un des sites les gérées par les filiales des deux quoti-
crit dans le temps et compte le rester. plus consultés de la presse en langues diens.
Omar Belhouchet, le chef charisma- française dans le monde  ». Depuis quelques années, le débat
tique d’une équipe à toute épreuve L’indépendance du titre est aussi éco- est sorti de l’exclusivité des colonnes
veille. Pour ce journaliste, « c’est l’en- nomique. Elle est consolidée par l’in- pour être à portée de main, les samedis
treprise qui compte  », l’homme a vestissement dans l’impression et la dans «  les débats d’El Watan  ». Une
pourtant marqué cette tranche de vie diffusion et de l’apport financier de tribune de réflexion et de discussion
par son franc parlé, sa plume et ses ses propres annonceurs sans rien sur des «  questions de démocratie et
positions à chaque fois que le danger a attendre de la publicité publique. « En des choix économiques et sociaux du
pesé sur la presse. «  La liberté de la lui refusant l’accès à la publicité pays  ». Tout cela a un cout et à El
presse en recul », titrait El Watan, un 3 publique et institutionnelle, les pou- Watan, la suspension «  du titre à plu-
mai de 2005, ou encore « menace sur voirs publics ont tenté d’étouffer sieurs reprises durant les années 90 »,
la presse libre  », une année aupara- financièrement et commercialement El en était la facture d’un «  harcèlement
vant, ce titre de la presse national s’est Watan qui a résisté grâce à la solide politico judiciaire ». Le directeur de la
fait le devoir d’accompagner la socié- réputation, qu’il s’est forgée auprès publication Omar Belhouchet «  est
té et défendre les libertés qui la gui- des opérateurs publics et privés ». poursuivi pour plus d’une centaine
dent au progrès et à la modernité. Mais c’était sans compter sur la d’affaires et plusieurs fois condamné à
L’Homme, connu des tribunaux détermination d’une direction pour des peines de prison ».
d’Alger pour défendre ces journalistes qui, le partenariat a un sens écono- Depuis quelques années, El Watan
« les oubliés des réformes » rapproche mique aigu. Avec le quotidien El «  a fait le pari de l’information de
chaque jour un peu plus un titre de son Khabar, il investit avec son partenaire proximité en lançant des éditions
lectorat en qui, trouve appui et sou- arabophone dans une imprimerie régionales  » des rédactions à
tien. moderne et sophistiquée ajoute en Constantine, Oran, Tizi Ouzou et
Doté d’un site Internet «  très qualité de fabrication. Béjaïa couvrent au quotidien le vécu
consulté  », El Watan, one line enre- Ces imprimeries sont installées à des citoyens n
gistre prés de 500.000 visiteurs quoti- Alger, Constantine et Oran. Elles sont S. M.

Mensuel de l’économie et de la finance


53
Dossier
L’éco N°21 / Décembre 2010

Alexandre Beaulieu, Manager de TWA\DJAZ

Un partenaire de choix
Alexander Beaulieu

DOSSIER
Par Samira M. « L’année a été très bonne », donc ont eu recourt à nos services  » faisant,
pour TWA\ DJAZ « le meilleur chiffre d’affai-
d’emblée, Alex affiche la re depuis huit ans ».

U
ne réelle relance du secteur est obser- Alexander Beaulieu fait toutefois une
vée et Alex en est heureux. Une satis-
faction loin d’être pourtant le fruit de couleur. Les effets de la sacrée différence entre le bon chiffre d’affaire
de l’année et la façon de l’améliorer constam-
hasard ou d’un quelconque caprice de la
conjoncture internationale. Il a travaillé dur crise sur les entreprises ment. Pour lui, l’entreprise ne peut être assi-
milée à un One men Show «  J’ai réussi à
pour clôturer l’année avec un chiffre d’affaire mettre en place des process et des méthodes
plus que satisfaisant. qu’elles soient nationales ou de management qui font que les jeunes avec
« Je pense que la première dépense que les qui je travaille aient de plus en plus de respon-
entreprises ont tendance à couper c’est celle
liée à la communication et à la formation  »,
étrangères, les plus touchées sabilités et qu’ils puissent me libérer de travail
et en même temps, ils montent en compé-
explique t-il, sauf que les règles d’un manage-
ment conséquent peuvent dicter une autre
notamment, ne sont plus tences et en responsabilités ». Un pari réussi
pour ce jeune manager qui sans complaisance
manière de faire. Et, ce sont ceux la, que
Beaulieu évoque pour leurs clairvoyance de
une menace pour la exprime « une fierté », somme toute légitime
du fait qu’elle traduit la mise en place « d’un
pouvoir regarder au delà de l’immédiat. « Ils
se rendent compte enfin que pour vendre on communication au grand de mes chantiers, pas encore complété mais,
qui a permis » une assise solide à la structura-
doit communiquer en direction des consom-
mateurs et cibler l’institutionnel». Le marché bonheur de ce jeune chef tion d’une entreprise dorénavant forte par son
organisation, sa stratégie et ses hommes.
algérien devenu concurrentiel notamment
dans certains secteurs incite les dirigeants des d’entreprise partenaire «  Qui dit responsabilité dit, aussi des
erreurs de passage, il n’y a pas de progrès pour
entreprises à planifier leurs stratégies sur le
long terme. « Ils ont commencé à investir et, permanent de ces dernières. Suite en page 56

Mensuel de l’économie et de la finance


55
Investissement
Dossier L’éco N°21 / Décembre 2010

Salle de réunion
de la société
TBWA\DJAZ

Suite de la page 55 dire ». Pour pouvoir « être efficace dans cette mon travail à savoir m’assurer que mes
une pme comme la mienne sans mise en place mission on doit être au fait de l’actualité et équipes sont performantes, heureuses de tra-
des structures pérennes  ». Une fierté sans avoir l’information au quotidien, tant en éco- vailler chez DJAZ. Quand elles arrivent le
demi mesure «  je sens que ce système de nomie, qu’en politique et en businesse en matin, elles ont le sourire et l’envie de venir
management prend de la vitesse et s’installe général  ». Une journée ordinaire, c’est aussi travailler et se casser la tête pour le client ».
dans la durée et fait qu’on devienne une vrai suivre de prés les projets gérés par les collabo- D’autant que cette agence se distingue par une
entreprise avec des process avec un manage- rateurs tout en restant concentré sur d’autres, offre de service complète et intégrée ou se joi-
ment indépendant de plus en plus de son fon- «  les projets stratégique que je fais moi- gnent le service publicité, l’événementiel et la
dateur ». même ». Son rôle est celui de chef d’orchestre relation avec la presse. « Nous fournissons les
qui donne le la, Alex l’explique comme ca, trois services pour construire une campagne
DOSSIER

Son objectif, faire de cette jeune entrepri-


se, un colosse qui lui survira, et « 2010 m’as «  n’est pas nécessairement moi, qui fait les intégrée où est imbriquée une réflexion trans-
permis de mettre en place les fondements de choses », mais c’est la capacité de pouvoir les versale sur l’ensemble des points de contacts
cette organisation, pour que l’année suivante faire faire, par le soutien aux équipes, la prise avec l’audience  ». Une vrai plus value pour
soit un parachèvement de ce processus. En en charge de la partie développement de des clients exigeants.
communicateur avertit, Alex sait que tout est l’agence et la capacité de faire arriver les pro- La communication, est « un boulot génial
possible, à la qualité de la prestation, devra jets à maturité. Tout en se donnant le temps de et intellectuellement stimulant nous sommes
suivre une organisation et donc une qualité du revoir et vérifier la fiabilité des procès en toujours en phase avec les dernières technolo-
travail fait. cours. gies  », en passionné, Alexander Beaulieu
Partenaire du réseau TWA International, Nous l’avons rencontré, au moment ou il tranche par la pertinence du verbe et la clair-
quatrième au monde dont les agences sont les apportait les dernières retouches à sa stratégie voyance de celui, qui connaît son métier. « Je
plus primées au monde pour leurs créativités, de 2011. Alex, étudiait les bonnes doses d’une crois qu’il faut être passionné quand on aime
ce jeune manager vise l’excellence. «  Nous croissance, il se refuse à l’idée qu’il existe une son métier, ça fait toute la différence ». Pour
avons les mêmes niveau d’exigences qu’à recette miracle de la réussite. « Je pense que cause, la pub est, « un métier très sérieux » et
l’international », une démarche qui, motive et pour bien performer il faut, avoir de bonnes le « client dépend de nous pour des conseils
rassure quant à la quête permanente de la qua- équipes, c'est-à-dire que je dois voir parmi qui font la réussite ou l’échec d’un produit,
lité. mes équipes des talents. «  Mon  » business, entre des profits de plusieurs millions ou des
« J’ai crée cette entreprise en janvier 2003, expliquer t-il est, de vendre des idées, déve- pertes considérables », à TWA\ DJAZ le souci
nous avons été indépendant pendant quatre lopper enrichir et mettre en œuvre ces idées. est de ne pas perdre de vue que derrière, il y’a
ans » puis, les dirigeants de TWA ont cherché « Je dois recruter former ces jeunes les rendre une réalité du marché souvent impitoyable n
à s’implanter en Algérie pour apporter leurs heureux et c’est, la partie la plus importante de S. M.
services à certains de leurs clients présents
dont notamment Henkel, ils ont audité un cer-
tain nombre d’agences nationales et ont fini
il aime flâner le long de didouche Mourad

M arié à une algérienne, ce l’intérieur du paus pendant mes


par choisir DJAZ, comme partenaires pour les
représenter officiellement, une sorte de fran-
chise. « Depuis 4 ans et demi on file le parfait jeune canadien, a choisi il y’a premières années ici. Et j’ai
amour », avoue avec le sourire, Alex. neuf ans l’Algérie pour domicilier découvert la diversité du pays et
Beaulieu, un homme pour qui, chaque son entreprise qui, a tout d’une de ses habitants. Alex, parle déjà
détail compte. Lecture de la presse et des sites grande. « J’ai la chance d’avoir quelques mots en «derdja» «ce qui
web au quotidien, une tache à laquelle il s’as-
signe avec assiduité pour s’informer et pou- beaucoup d’amis algériens, et puis rend les contacts plus faciles et plus
voir conseiller les clients sur leurs communi- j’ai la famille de ma femme », «j’ai riches». «J’aime l’Algérie et elle
cations. Une tache qu’il résume dans la trip- eu la chance de voyager à me le rend bien» n
tyque « quoi dire, quand le dire et comment le

Mensuel de l’économie et de la finance


56
Dossier L’éco N°21 / Décembre 2010

Abdelmalek Benhamadi, Patron de Condor

Toujours plus hauT dans


le ciel de la concurrence
Affable et courtois, Abdelmalek Benhamadi n’en Par Karim Aissi
est pas moins un manager rigoureux et surtout
A
ctuellement, le plein pied dans
ambitieux .Quand on le connait mieux, le secret se le marché national assuré,
Condor, s’ouvre davantage sur
dissipe. Le fils de Ras El Oued fait partie de cette les marchés extérieurs en multipliant
trempe de patrons qui allie terroir et modernité. les partenaires et clients. La Jordanie a
été conquise durant cette année 2010.
Cette originalité charme les clients et force le La société qui exporte ses produits
vers nombre d’autres pays même en
respect des partenaires et concurrents. Europe fabrique annuellement 400
milles téléviseurs, 200 milles climati-
seurs et 130 milles réfrigérateurs.
Condor est, le nouveau venu dans
l’industrie électronique du pays et sur-
tout dans la wilaya de Bordj Bou
DOSSIER

Arreridj fait office de plaque tournan-


te de cette activité au point d’être
choisie par le ministère de tutelle
comme zone de développement inté-
grée au point d’introduire une forma-
tion d’électronique, actuellement dis-
pensée dans le centre universitaire
local pour subvenir, en techniciens aux
besoins de développement de cette
branche d’activité dans la région.
Cette marque a vu le jour en effet
en 2002. Autant dire que le marché
était pris pour ne pas dire saturé avec
des marques reconnus mondialement
comme Samsung , Phillips et autre
Sharp qui étaient justement représen-
tés dans une wilaya qualifiée, à juste
titre de capitale électronique.
Pourtant la société qui l’a lancé,
Antar Trade en l’occurrence a pu se
placer d’abord et surclasser ses
concurrents ensuite au point de détenir
30 % du marché national.
La question qui reste posée c’est
comment ce fleuron de l’industrie
nationale a-t-il pu se développer aussi
rapidement.
En fait le nouveau venu n’était pas
Abdelmalek Benhamadi
lors d’une conférence
totalement inconnu du marché. Le
de presse groupe Benhamadi auquel appartient
la société Antartrade est connu pour sa

Mensuel de l’économie et de la finance


58

Dossier
L’éco N°21 / Décembre 2010

La société qui exporte ses produits


vers nombre d’autres pays même en Europe
fabrique annuellement 400 milles


téléviseurs, 200 milles climatiseurs et 130
milles réfrigérateurs.
puissance et son dyna- Le service après
misme même si, ses pre- vente, reste son
miers placements ont été crédo. A la question
orientés vers les maté- de savoir quelle es ta
riaux de construction. force de frappe  ?, il
Pour ce penchant, il n’y répond sans hésita-
a pas de mystère l’ainé tion  : «  Le service
des Benhamadi qui n’est après vente  ». En
autre que le PDG du groupe. M l’incident grave que l’usine située à la manager avertit, il est conscient que la
Benhamadi Med Tahar possédait un zone d’activités de Bordj Bou Arreridj loyauté envers le client est une valeur
point de vente de ces produits, un a connu il y a quelques années. L’usine sûre et que tout investissement écono-
point de vente connu dans la région et a été ravagée en effet, par un incendie, mique a, une
surtout prospère. causant des pertes fonction sociale.
Mais l’ainé de la famille n’a pas fait considérables mais, Sa participa-
que ramasser les fonds qui ont servi de ce n’est pas pour dis- tion à la dynami-
base pour le lancement des projets du suader cet homme sation de la vie

DOSSIER
groupe. Il a formé ses enfants qu’il a d’affaire que les économique du
au passage initié aux règles de base du accidents de par- pays est aussi un
commerce. cours arrêtent. De engagement
Il en a fait des managers respectés à plus belle, la reprise qu’il traduit par
l’image du patron d’Antartrade M s’en est ressentie et les milliers
Benhamadi Abdelmalek dont la per- le produit ne s’est d’emplois au
sonnalité explique jamais mieux vendu. profit de jeunes
le succès de Cela a montré la diplômés.
Condor. puissance du groupe Fabriqué algé-
Cette force et surtout les capacités rien, doit être une cultu-
lui a permis de managériales de M Benhamadi qui a re, une personnalité et une image
faire face à entretenu la relation de confiance avec honorable, le consommateur s’y
le personnel d’abord, le réseau de ven- reconnaitra. Abdelmalek est de ceux
deurs et fidélisé des clients, qui ont qui y croient n
pourtant toujours, le choix d’acheter K. A.
ailleurs.

Les travailleurs d’abord


A
gé de 53 ans. Abdelmalek de gestion et de la vie, il perpétue les gagner la bataille de la qualité .Cette
Benhamadi est une force tranquille. valeurs ancestrales de solidarité. humilité et cette simplicité de l’homme n’est
Derrière son coté affable et souriant Les activités économiques de la société ont autre, qu’un secret qu’il a comme, sa
il cache une rigueur qui explique la toujours été accompagnées de sponsor et famille toujours entretenu. « Gagner son
réputation d’homme discipliné pour qui, la soutien aux activités sportives culturelles et personnel avant les clients » est une devise
qualité est une chose sérieuse. « On ne sociales de la région. par laquelle il explique que les clients ne
badine pas avec la qualité ». Elle est au premier rang des aides pour les pourront être conquis que quand les
C’est que le manager connait son sujet. associations caritatives. Cela, a valu au travailleurs auront réussi un produit de
Abdelmalek n’a pas fait que suivre les produit d’être adopté par les familles. qualité. En réussissant un taux d’intégration
conseils de son père dont il garde un franc Le patron qu’il est, n’en dit pas un mot de 80%, la fierté est toute légitime pour ce
parlé. Diplômé de l’école supérieure en préférant déclarer avec un grand sourire père de trois enfants qui dit accorder
commerce, il a acquis le savoir de l’ITC de que ce qui fait la force de Condor ce sont beaucoup d’importance à la famille n
Benaknoun, les principes de marketing et ses hommes et femmes qui travaillent pour K. A.

Mensuel de l’économie et de la finance


59
Dossier L’éco N°21 / Décembre 2010

Mohammed Kaouche, photographe

Sa photographie
Sera expoSée
à l’oNU, à vie
La photo a pris, dés son jeune âge, une place importante dans sa vie
pour s’y confondre souvent, pour lui procurer les joies de saisir les
instants qui ne durent que le temps d’un clic.
Par Samira Mana

M
ohamed KAOUCHE, 28 ans, l’allure imposante, une barbe
à She et un chèche autour du cou, il traque des moments
sensibles, fragiles et éphémères pour en faire des immor-
tels. Enfant du sacré cœur, Alger est comme un talisman qu’il porte
DOSSIER

dans son cœur de jeune homme et d’artiste avéré. Depuis qu’il exer-
ce un métier qui, a commencé à s’épanouir déjà, dans ses rêves de
petit garçon quand, à l’âge de cinq ans, sa mère lui rapporta de France
son premier appareil photo. Il ne la quitta plus.
De père buraliste, il alla à la presse presque machinalement pour
se découvrir une vocation qui ne demandait qu’à clore. « Je voulais
devenir archéologue ou historien », avoue t-il mais c’était sans comp-
ter sur la fougue de jeunesse qui a fini
par le ramener à sa véritable passion.
A 19 ans, il choisi de se former, à 23
ans c’est un professionnel accompli.
Il fait quelques incursions dans
nombre de rédaction mais, se souvient le
plus de l’APS ou il exerça vraiment son
métier et appris un peu plus. Première
participation à un concours international
et première distinction. Il est lauréat du
premier prix de la photo «  freedom
is… » Pour la région Maghreb Mena. Sa
photographie sera exposée à vie dans
l’aile sud des nations Unis.
Il est retenu, par un comité sélection-
neur parmi les douze lauréats sur un total de participants de 3000 can-
didats venus de 215 pays.
Sa photo, illustrant «  Le droit de vivre libre  » sera exposée par
ailleurs à Washington, Los Angeles et New York ainsi que dans
d’autres grandes villes américaines.
Une belle « Fierté » que Mohamed ne cache pas. Ce n’est pour-
tant qu’un début, ses ambitions vont au-delà «  je ne suis qu’a mes
débuts, ce n’est pas rien mais j’ai encore beaucoup à faire ».
Entre plongée sous marine, des cours de moniteur de secourisme
et formateur de formateur pour le Croissant Rouge, Moh a, effective-
ment beaucoup à apporter n
S. M.

Mensuel de l’économie et de la finance


60
Régions
L’éco N°21 / Décembre 2010

Dattes de Biskra

Deglet Nour
labellisée
Le ministre de l’Agriculture et du Développement
rural a validé la labellisation de la Deglet Nour de
Tolga, une datte de premier choix produite dans la wilaya de Biskra.
Cette opération permettra de promouvoir et de protéger ce fruit
typiquement algérien.
du terroir, de se différencier sur les qui quittaient le territoire et se retrou-
Par Sofiane Ahmed Bey marchés locaux et internationaux, vaient sur les marchés internationaux
d’être protégées contre toute utilisation avec de faux labels. La démarche quali-

C
’est une véritable victoire que abusive», note à ce titre le département
viennent de remporter les pro- té que tentent de développer les pou-
de l’Agriculture. Souvent galvaudé par

REGIONS
ducteurs de dattes de la région voirs publics permettra aux opérateurs
les commerçants et les consommateurs de relever l’ensemble des défis. Avec
des Zibans après des années de revendi- algériens, le nom Deglet Nour fait l’ob-
cations. Le Comité technique national une moyenne de trois millions de quin-
jet, depuis plusieurs années, d’une véri- taux produits chaque année, la Deglet
relevant du ministère de l’Agriculture a table opération d’usurpation de la part
finalement validé la demande d’enre- Nour offre un potentiel économique de
de certains pays. Ainsi, ce sont des premier plan n
gistrement et d’attribution d’une indica- tonnes de dattes «premium» algériennes
tion géographique au produit agricole S. A. B.
«Deglet Nour de Tolga»  au profit de
l’association professionnelle, représen-
tant les producteurs de dix communes
de la wilaya de Biskra. Désormais, ce
fruit de haute qualité bénéficiera du
signe «IG», soit indication géogra-
phique. «L’opération de labellisation
ne s’oriente pas essentiellement vers
l’exportation, mais c’est plutôt un
moyen de tirer parti de la notoriété, des
caractéristiques ou des qualités parti-
culières d’un produit lié à son origine
géographique, tout en assurant au
consommateur, la traçabilité et la qua-
lité dans sa consommation alimentaire
des produits agricoles.» Mais au-delà
de la notoriété, cette labellisation servi-
ra surtout de bouclier de protection à un
produit purement algérien. «La muta-
tion de l’économie nationale, notam-
ment l’ouverture du marché aux pro-
duits extérieurs, ainsi qu’à l’exporta-
tion des produits locaux, particulière-
ment agricoles, imposent la nécessité Palmeraie des
Balcons du Rouffi
de mettre en place des indicateurs de à Biskra
qualité permettant à certains produits

Mensuel de l’économie et de la finance


61
Régions L’éco N°21 / Décembre 2010

Constantine

Le Lancement des travaux du


trans-rhummeL a sauvé L’année 2010
Avec du retard et un coût prévisionnel avoisinant
les 15,5 milliards de dinars pour une durée de 36 mois,
le Trans-Rhummel sera livré en 2013.
longueur de 1119 m, le pont ouvrira des accès sur le bou-
reliera les deux rives de ville, levard Che Guevara et la
de la place de l'ONU au pla- RN5 d'où les automobilistes
teau du Mansourah. pourront rejoindre, en un
L’ouvrage sera caractérisé temps relativement court, les
par une sécurité maximale cités Boussouf, 5 Juillet
(tablier avec bretelles d'accès 1962, Fadila Saâdane et la
et de sortie) et une résistance route menant à la zone indus-
aux séismes et aux vents, en trielle Palma, au plateau de
Le viaduc conformité avec les normes Aïn El Bey.
Trans-Rhummel
de nuit
Eurocodes et les règlements Une enveloppe financière
parasismiques locaux. de l’ordre de 330 millions de
REGIONS

cette opération s’inscrit dans Le chef de projet, Joseph dinars a été allouée pour l’in-
Par Med El Habib le cadre d’une coopération Brum, a souligné pour sa part demnisation des personnes
Sud-Sud». Le bureau que pas moins de 500 per- expropriées dans le cadre du

C
ontrairement à 2008 d’études multinational Dar Al sonnes, toutes spécialités projet de réalisation du via-
et 2009, considérées Handasah a été finalement confondues, seront recrutées duc Trans-Rhumel. Ainsi,
comme des années désigné pour le contrôle et le dans le cadre de ce projet. l’indemnisation des expro-
marquantes pour la ville de suivi des travaux côté tech- Sur un autre volet, ce pont priés, dont cinq exploitants
Constantine en raison du lan- nique après de longues procé- géant permettra de desservir de stations-service, sera opé-
cement et de la réception dures administratives. toutes les parties nord et est rée au lendemain de l’élabo-
d’importants projets structu- Le groupe brésilien de la ville, particulièrement ration, par des experts déjà en
rants, 2010 n’a connu aucun Andrade Gutierrez, qui asso- les cités Sakiet Sidi Youcef, charge du dossier, de la liste
événement majeur, notam- cie le bureau d’études COWI Ziadia, Djebel El Ouahch, finale des personnes concer-
ment du point de vue écono- chargé de la réalisation de ce Daksi et Oued El Had, qui nées. Il est à noter enfin que
mique, à l’exception du lan- projet avait redéfini, au mois seront ralliées en moins de la réalisation du 8e pont de la
cement des travaux du viaduc de septembre dernier, les 10 mn à partir du centre-ville ville est exceptionnelle du
géant, communément appelé contours de ce méga-chantier où l'ouvrage prendra naissan- moment qu'il sera le premier
le Trans-Rhummel. Le lance- engagé à Constantine et dont ce, sur la place des Nations du genre depuis l'indépen-
ment de ce mégaprojet devait le coût prévisionnel avoisine unies, dans la zone straté- dance à Constantine n
avoir lieu en 2009 et avait été les 15,5 milliards de dinars gique de Djenane Zitoun, et M. E. H.
reporté pour des problèmes pour une durée de 36 mois.
Il est à préciser que le Le viaduc
de glissements de terrain. Trans-Rhummel
«Les études de sol ont groupe brésilien s’est installé de jour
démontré que les glissements depuis plusieurs mois et n’at-
sont superficiels», concluent tend que les bureaux pour
finalement les ingénieurs. Ils entreprendre l’œuvre, qui
ajoutent que «la crainte des sera fin prête d’ici à 2013.
affaissements est dissipée. Le coup d'envoi officiel
Les gros travaux ont effecti- des travaux de réalisation du
8 e pont Trans-Rhumel de
vement repris après la dési-
Constantine, a été donné le
gnation d’un bureau d’études
18 septembre par les autori-
et de suivi national, comme le
tés locales de la ville. D'une
stipulent les textes puisque

Mensuel de l’économie et de la finance


62
Régions
L’éco N°21 / Décembre 2010

Filière lait à Béjaïa 

La coLLecte fait
défaut
Sur les quelque 23 millions de litres de lait qui ont été produits dans la
wilaya de Béjaïa, seulement 15% y sont collectés. Les chiffres établis
par l’Inspection vétérinaire en fonction du cheptel répertorié auprès
des éleveurs, ont été revus à la hausse par la direction des services
agricoles de Béjaïa. Le responsable de cette direction a estimé la
production laitière à près de 30 millions de litres.
démarches auprès des banques pour y veurs, conformément au programme de
Par Salim Aït-Sadi contracter des crédits et auprès de l’ANDI renforcement des capacités humaines et

REGIONS
pour l’acquisition du matériel roulant et appui techniques à l’éleveur initié par le

L
es capacités de collecte du lait cru des équipements à l’instar des cuves, du ministère de l’Agriculture et du
pour les deux dernières années matériel réfrigérant, de l’aliment du bétail, Développement rural. Un programme dans
serait de 84 500 litres par jour. Les etc. lequel les pouvoirs publics ont insisté sur
capacités de transformation sont de Le directeur de Giplait Amizour a pro- l’information, la formation et l’accompa-
640 000 litre/jour. Les capacités utilisées posé aux membres de l’association la prise gnement des éleveurs dans leurs diffé-
ne dépassent pas les 50%, dont 95% sont à en charge de la formation au profit des éle- rentes démarches n S. A. S.
base de poudre de lait. Les 133 élevages
recensés produisent 9020 litres/jour, près
de 3,3 millions de litres par an, soit un taux Appareil de traite
moyen de 13,8%.
Cette production aurait pourtant atténué
des effets de la crise que connait présente-
ment le lait en sachet, à Béjaïa plus parti-
culièrement. Une situation à laquelle font
face difficilement les huit laiteries, dont
l’entreprise publique Giplait d’Amizour.
Laquelle, «bien qu’elle satisfasse jusqu’à
75% le marché local», ne dispose en stock
«que de trois jours de survie», a reconnu
son directeur, Bounif Abdelkader. Si on y
ajoute que sur le marché international, le
prix du lait de poudre ne cesse d’augmen-
ter, il est plus qu’urgent de préconiser des
solutions à l’échelon local.
La question a fait l’objet de débat au
Centre culturel d’Amizour, lors d’une ren-
contre, initiée par l’association des éle-
veurs bovins et ovins et des producteurs de
lait. Les producteurs de la wilaya se sont
déclarés prêts à relever le défi pour peu
qu’ils soient véritablement accompagnés
par les autorités politiques dans leurs

Mensuel de l’économie et de la finance


63
Coopération L’éco N°21 / Décembre 2010

José Fernandez, secrétaire d’Etat adjoint américain à l’Economie, à

«l’algérie, un partenaire commercial f


Dans cet entretien, M. Fernandez Etats-Unis, jugeant que la région du
revient sur les relations bilatérales Maghreb est un vivier d’affaires et
économiques entre l’Algérie est les d’opportunités.
COOPERATION

José Fernandez

secteurs, notamment au niveau des entrepreneurs des Etats-Unis et les opéra-


Propos recueillis par Nassima Benarab
affaires commerciales, d’importants pro- teurs du Maghreb. Nous sommes à la
L’éco : Quel est l’intérêt que portent jets ont été lancés dans cette région. recherche des moyens concrets pour
Il y a aussi une jeune population de saisir ces opportunités.
les Etats-Unis à la région du
très grande envergure qui est intéressée à
Maghreb ?
créer de nouvelles compagnies et des On dit souvent que le Maghreb est
M. Fernandez : Nous voyons qu’il y activités de commerce. Comme tous les marginalisé par rapport aux autres
a de grandes opportunités qui existent jeunes dans le monde entier, c’est une régions d’Afrique. Comment booster les
dans le Maghreb. Il y a une relation très population qui est à la cherche d’opportu- investissements dans cette région ?
forte entre les pays d’Afrique du Nord et nités. Donc, nous avons constaté qu’il y a C’est justement l’opportunité. Votre
les Etats-Unis et cela dans différents des possibilités de partenariat entre les gouvernement a mis au point beaucoup

Mensuel de l’économie et de la finance


64
Coopération
L’éco N°21 / Décembre 2010

, à l’Energie et aux Affaires commerciales

fondamental pour les usa»


de plans très importants. Il y a des besoins
en matière de logements, de routes, d’in-
frastructures hydrauliques, etc. Ce sont Partenariat nord-africain pour
des secteurs où les compagnies améri-
caines sont leaders dans le monde et sont
les opportunités économiques
prêtes à collaborer avec les sociétés
algériennes pour répondre à ces besoins
bien identifiés par votre gouvernement. L’offensive américaine

COOPERATION
Nous avons l’intention de poursuivre les
entretiens avec le gouvernement algérien Les Etats-Unis reviennent en force
pour renforcer les relations algéro-améri- au Maghreb, deux décennies après
caines et chercher les opportunités spéci- avoir lancé l’initiative Eisenstadt.
Une offensive clairement exprimée
fiques dans les secteurs que je viens de
lors de la Conférence Etats-
citer.
Unis/Maghreb qui s’est déroulée
durant deux jours à Alger et à
Pensez-vous que la présence
l’issue de laquelle a été annoncé le
traditionnellement européenne et ses
lancement du Partenariat nord-
liens spécifiques avec le Maghreb
africain pour les opportunités
soient un frein à la présence
économiques.
américaine sur ce marché ?
L’ Administration Obama a dépêché Conférence sur le
Les relations économiques entre le Partenariat nord-africain
Maghreb et l’Europe sont de nature his- Jose W. Fernandez, secrétaire adjoint
pour les opportunités
américain à l'Economie, à l'Energie et aux
torique. Tout ce que je recherche, ce sont Affaires commerciales, pour présenter sa
économiques (Napeo)
des occasions pour que les compagnies nouvelle initiative : le Partenariat nord- très solides dans le monde des affaires, de
américaines puissent entrer dans la com- africain pour les opportunités économiques nouvelles formes de partenariat
pétition car nous sommes certains qu’en (Napeo). L’idée consiste à soutenir la économique et des contacts entre les
création d’entreprises dans les pays du personnes des Etats-Unis et d'Afrique du
Algérie, nous aurons à faire à des parte- Maghreb. Ce programme ambitieux Nord. Ces partenariats sont les résultats
naires algériens expérimentés et respons- repose sur cinq «piliers» : le Réseau des directs du discours du président Obama
ables. Les compagnies américaines pour- jeunes entrepreneurs et leaders d’affaires au Caire en juin 2009, où il a déclaré au
ront aussi prendre des contacts avec en Afrique du Nord ; la Pépinière pour la
monde que nous sommes déterminés à
technologie et l’innovation en Afrique du
d’autres compagnies qu’elles soient Nord ; le Leadership en Afrique du Nord approfondir les relations entre les Etats-
d’Asie ou d’Europe. Il s’agit simplement et la formation académique ; l’Incubateur Unis et le monde musulman. Notre travail
de multiplier et de renforcer nos relations des industries créatives d’Afrique du Nord s'appuie également sur le Sommet
économiques avec cette partie du monde, et le Centre d’excellence de présidentiel sur l'entreprenariat que le
l’entreprenariat d'Afrique du Nord. président Obama a accueilli à Washington
car les opportunités existent. en avril 2010», a expliqué M. Fernandez.
Cet ensemble de programmes permettra, à
terme, de soutenir les jeunes entrepreneurs Ce dernier a tenu à préciser que les
Comment voyez-vous l’avenir à travers des opérations d’ordres responsables maghrébins qu’il a eu à
des relations économiques financières, du consulting et des sessions rencontrer ont donné leur accord pour la
entre les deux pays ? de formations. Ainsi, l’Incubateur des mise en œuvre du Napeo. C’est
industries créatives et la Pépinière pour la notamment le cas des représentants du
Les relations économiques algéro- technologie et l’innovation permettront de
américaines sont excellentes. Il y a environ gouvernement algérien. Un engouement
développer à des jeunes universitaires de partagé également par les nombreux chefs
80 entreprises qui activent ici, en Algérie, mettre sur le marché le fruit de leurs
d’entreprises maghrébins qui ont participé
et qui se sont impliquées notamment dans recherches. Le Napeo fonctionnera comme
un réseau d’échange entre les opérateurs en force à la première édition de la
les secteurs de l’énergie et dans les infra- Conférence Etats- Unis/Maghreb.
économiques de l’ensemble des pays
structures. Nous sommes en train de colla- Maghreb. Il servira également de lien D’ailleurs, eux aussi sont appelés à
borer avec le gouvernement algérien en entre ces opérateurs et les patrons participer activement à ce programme
vue de faciliter les investissements améri- d’entreprises américaines. «Nous croyons d’entreprenariat. Les premiers projets de
cains et aussi de booster les relations com- qu’il existe d’importantes opportunités soutien aux jeunes entrepreneurs devraient
pour la croissance économique, des liens être initiés durant l’année 2011 n S. A. B.
merciales avec l’Algérie n N. B.

Mensuel de l’économie et de la finance


65
Coopération L’éco N°21 / Décembre 2010

Smail Chikhoun, président du Forum d’affaires algéro-américain

«le napeo aura des retombées


positives pour l’algérie»
Propos recueillis par Sofiane Ahmed Bey Concrètement, ce programme offre quels
avantages aux futurs entrepreneurs ?
L’éco : En lançant le Napeo, les Etats- Ces jeunes bénéficieront d’un accompa-
Unis s’engagent concrètement au gnement financier. Ils auront également un
Maghreb. Dans le cas de l’Algérie, soutien sur le plan du conseil. Le Napeo
comment ce processus va-t-il se prévoit aussi un important volet à la forma-
tion et à l’apprentissage. Ainsi, ils participer-
COOPERATION

dérouler ?
Smail Chikhoun  : Les Américains ont directement à la création de richesses.
sont intéressés depuis longtemps par
l’Algérie. Il y a énormément de projets Les Algériens de la diaspora pourront-ils
qui les intéressent. Aujourd’hui, cette ini- bénéficier de ce programme ?
tiative basée sur l’entreprenariat est Absolument. Cette initiative va servir de
importante pour l’avenir des relations trait d’union. Jusqu’à présent, il y a toujours
entre les deux pays. C’est un programme eu ce fameux débat sur la meilleure façon de
qui aura des retombées très positives pour faire participer la diaspora au développe-
le Maghreb et surtout pour l’Algérie. La ment de l’Algérie. Je pense que le Napeo est
raison est que notre pays est considéré Smail Chikhoun le cadre idéal pour puissent apporter leur
comme le plus grand marché de la région. participation. Nous avons la chance d’avoir
Le programme, qui consiste à créer des jeunes. Les patrons algériens doivent une diaspora de très grande valeur. Les
pôles d’excellence, ne peut être que béné- épouser cette idée et aider les jeunes. algériens installés à l’étranger sont expéri-
fique et à même d’aider les étudiants, soit mentés et compétents n S. A. B.
les jeunes en général, à créer leurs entre-
prises. Je pense que les responsables et
les hommes d’affaires algériens ont com-
pris l’importance du Napeo.
Injaz Al Djazaïr
L’Etat algérien a mis en place plusieurs C e programme très original «dont
la mesure ou il est basé sur
l’apprentissage par l’action. Les
programmes publics de soutien à
cours sont des données sur
l’entreprenariat, le plus connu étant
l’entreprenariat, assurés par des
l’Ansej. L’initiative américaine va-t-elle cadres bénévoles qui sont détachés
venir s’appuyer sur ces mécanismes ? des entreprises. Il s’agit, pendant
Est-ce complémentaire ? une année scolaire, de créer une
Oui, bien sûr. C’est un peu le même véritable petite entreprise de la
principe. Le programme développé par gérer et à la fin de l’année de la
l’Ansej est une vraie réussite. De nom- liquider. «Ils vont produire et vendre
breux jeunes ont réussi à lancer leurs et à la fin d’année, ils vont établir
entreprises grâce à l’Ansej. L’idée est un rapport moral et financier et ils
fantastique. Maintenant il faut la vont liquider l’entreprise», a-t-il
généraliser. Sincèrement, je pense que encore expliqué. Le programme
cette généralisation n’est pas seulement Indjaz a formé près de 100 000
l’affaire de l’Etat. Il faut que le privé jeunes ayant une connaissance
s’engage lui aussi. Et c’est justement fondamentale des entreprises, de
l'économie et des compétences
l’objectif du Napeo. L’Etat ne peut pas
pratiques nécessaires pour devenir
gérer tout ce qui touche au microcrédit. de jeunes entrepreneurs, et
C’est aux entreprises privées qui ont selon une étude réalisée sur l’impact
innovateurs qui réussissent.Environ de ce programme au niveau
d’importants moyens, du cash-flow 30% de ces jeunes, ont monté leur mondial, a encore expliqué
notamment, d’aider les jeunes à constituer propre entreprise à l’âge de 25 ans, M’hamed Abbas Andaloussi n N. B.
leur affaire. C’est à eux à investir dans les

Mensuel de l’économie et de la finance


66
Coopération
L’éco N°21 / Décembre 2010

Les relations algéro-portugaises consolidées  

NeUf Accords de coopérAtioN


sigNés eN 2010
L’Algérie veut développer des partenariats «gagnant-gagnant» avec le Portugal,
notamment dans les domaines des technologies de l’information et de la
communication et des énergies nouvelles et renouvelables, pour consolider
davantage les relations économiques entre les deux pays.

COOPERATION
Par Nacima B.

C
et intérêt a été exprimé lors de la
tenue, en novembre 2010, des travaux
de la 3e réunion de haut niveau algé-
ro-portugaise à Lisbonne, sous la co-présiden-
ce du Premier ministre, Ahmed Ouyahia, et de
son homologue portugais, José Socrates. Les
deux pays ont signé également un programme
de coopération pour la période 2011-2012
dans les domaines scientifiques, des technolo-
gies de l’information et de la communication,
de l’éducation, de la culture et des sports. Poignée de main
Dans le domaine de la communication, entre Ouyahia
et Socrates
l’Algérie et le Portugal ont signé des accords
portant sur l’échange d’informations et d’ex-
périences entre les entreprises de télévision et portugais au marché algérien. Les domaines sements dans ces domaines sont d’autant plus
de radio, ainsi qu’entre les deux agences de du BTPH, de l’industrie, de l’environnement, réelles que l’Algérie accorde, à travers une
presse publiques des deux pays. S’agissant du des technologies de l’information, du trans- législation adaptée à la nouvelle donne, des
secteur de l’énergie, les deux parties ont port, du tourisme et de l’énergie sont autant de facilitations n N. B.
convenu d’un échange d’expériences en filons à exploiter. Les opportunités d’investis-
matière d’énergies nouvelles et renouvelables
en vue d’explorer de nouvelles perspectives de Une ligne Lisbonne-Alger est
coopération entre les deux pays.
Il faut noter que les relations algéro-portu- opérationnelle depuis juin 2010

L
gaises ont connu un saut qualitatif depuis la
signature, en 2005, du Traité d’amitié, de a compagnie aérienne
portugaise TAP a Aéronef de la compagnie TAP
coopération et de bon voisinage, rappelant que
inauguré, en juin 2010,
depuis, les échanges commerciaux entre les
une nouvelle ligne régulière
deux pays se sont accentués et le partenariat entre Lisbonne et Alger.
bilatéral a franchi des étapes importantes, avec Cette nouvelle liaison tri-
notamment la présence d’une centaine d’en- hebdomadaire — mardi,
treprises portugaises en Algérie. jeudi et samedi — pourrait
L’Algérie et le Portugal ont mis sur pied accroître les importants
une commission mixte dans la perspective jus- échanges commerciaux
tement de hisser au plus haut niveau les rela- entre les deux pays. La
tions économiques entre les deux pays. C’est à ligne a été inaugurée à la
quoi s’attelleront les délégations des deux veille de la tenue de la 43e
pays qui auront l’opportunité d’examiner les édition de la Foire
voies et moyens les plus adéquats à même de internationale d’Alger. On avait le secrétaire d'Etat trentaine d'entreprises
renforcer quantitativement et qualitativement se rappelle qu’à bord de adjoint portugais des portugaises qui ont
la coopération bilatérale. Les différents rounds l’avion qui a atterri à Travaux publics et participé à la Foire
de cette commission mixte ont révélé l’intérêt l’aéroport international Communications, Paulo internationale d'Alger, du 2
particulier que vouent les hommes d’affaires Houari Bolumediène, il y Campos, en plus d'une au 7 juin 2010 n N. B.

Mensuel de l’économie et de la finance


67
Coopération L’éco N°21 / Décembre 2010

Coopération algéro-cubaine

Trois convenTions
de plus ceTTe année
COOPERATION

Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a reçu


en 2009 le président du conseil d'Etat et du Conseil
des ministres de la République de Cuba, Raul Castro Ruz,
en visite d'Etat de trois jours en Algérie

tive prise par le groupe Saidal et le lab- du vaccin, de sa répartition, des analy-
Par Nacima B.
oratoire cubain Heber Biotec, et ce, ses biologiques et des méthodes de con-
pour la fabrication d'un vaccin contre trôle et d'assurance qualité.

C
uba est leader dans la produc-
tion de médicaments et dans le l'hépatite B et la construction, à terme,
domaine de la santé en général. d'une usine en Algérie pour sa produc- Les Cubains réalisent sept hôpitaux
Entre 85 et 90% des médicaments util- tion, d'une capacité de 5 millions de ophtalmologiques  
isés par les Cubains sont produits doses pour un investissement estimé à La coopération entre des deux pays
localement. Cette science acquiert de 3,5 millions d'euros. L’accord a été con- en matière de santé s’est étendue à la
plus en plus d’importance dans l’é- clu en février 2009. La production de ce construction d’établissements hospital-
conomie cubaine ; cet exploit est dû en vaccin devrait satisfaire la demande iers spécialisés en ophtalmologie. Les
partie à l’engagent de l’Etat à dévelop- nationale qui est de l'ordre de 5 millions soins assurés au niveau de ces hôpitaux
per ce domaine et au travail des de flacons par an. sont totalement gratuits. En effet, les
chercheurs qui dépasse largement la Le groupe cubain s'est engagé à prestations au niveau des hôpitaux
phase de la publication des résultats assurer un transfert de technologie au cubains activant dans le cadre de la
d’études. profit de Saidal et de prendre en charge coopération bilatérale sont prodiguées à
Parmi les principaux accords conclus la formation des cadres du groupe pub- titre gracieux, à l’instar de ce qui est
entre les deux parties, on retient l’initia- lic algérien en matière de formulation vigueur dans les hôpitaux algériens.

Mensuel de l’économie et de la finance


68
Coopération
L’éco N°21 / Décembre 2010

Cuba figure parmi les pays développés dans l'arrivée de 89 ophtalmologues cubains en
le domaine de la santé maternelle et Algérie pour travailler à l'hôpital de Ouargla,
infantile, la production de vaccins et la bio- inauguré par le président Bouteflika lors de
technologie ; elle a prouvé ses capacités sa dernière visite dans la wilaya. La
scientifiques au niveau mondial. Elle s’est deuxième convention porte sur la venue de
engagée à faire profiter l’Algérie de son 64 oncologues cubains pour travailler dans le
savoir dans le domaine de la santé. Plusieurs même hôpital et qui seront également
accords dans ce domaine ont été conclus chargés de former le personnel médical local
entre les deux parties. Le dernier remonte à et de transmettre la technologie. S'agissant
début de décembre 2010. Les deux pays ont de la troisième convention, elle porte sur
procédé à la signature de trois conventions une étude de réalisation de deux hôpitaux
relatives à l'ophtalmologie, l'oncologie et à la spécialisés en ophtalmologie dans les wilayas
réalisation de deux hôpitaux à Tlemcen et à de Tlemcen et Sétif ainsi que les mesures

COOPERATION
Sétif. La première convention porte sur liées aux aspects financiers.
Outre l’hôpital de Djelfa qui a ouvert permettant aux spécialistes cubains de toutes les démarches. Il faut savoir
ses portes et celui de Ouargla, inauguré continuer d’y travailler. qu'actuellement, un Algérien est obligé
par le Président Bouteflika, cinq autres Après la santé et le sport, Cuba de faire escale à Paris ou Madrid pour
hôpitaux ophtalmologiques cubains compte renforcer sa coopération avec rejoindre Cuba.
sont en cours de réalisation à Béchar et l'Algérie en axant sur le tourisme. Pour Les échanges commerciaux et finan-
El-Oued (qui seront bientôt inaugurés) cela, les autorités cubaines, appuyées ciers entre l’Algérie et Cuba aug-
ainsi qu’à Sétif, Tlemcen et par l’ambassadeur de Cuba à Alger, son mentent avec de bonnes perspectives
Tamanrasset (dont les travaux de réali- Excellence Emilio Caballero pour l'avenir, alors que la coopération
sation n’ont pas encore été entamés). Rodríguez, insistent sur l'importance de s'accroît dans les domaines du sport, des
La question de la gestion de ces l'ouverture d'une ligne directe Alger-La ressources en eau, du transfert de tech-
hôpitaux a été soulevée lors de la Havane. La réussite de cet objectif nologie pour la fabrication de vaccins et
dernière réunion de la commission (ligne directe) dépend des agences de de médicaments génériques de la plus
mixte algéro-cubaine où il a été con- tourisme algériennes avec lesquelles haute technologie n
venu que l’Algérie les acquière tout en l’ambassade travaille pour faciliter N. B.

Cinq hôpitaux ophtalmologiques


sont en cours de réalisation

Mensuel de l’économie et de la finance


69
Coopération L’éco N°21 / Décembre 2010

Investissement dans les énergies renouvelables

L'ALgérie Au 14e rAng


L’Algérie figure parmi les 14 pays intermédiaires qui ont élaboré des programmes
pour rééquilibrer leurs sources d'énergie en investissant dans des projets d'énergies renouvelables
à grande échelle. Elle ambitionne de porter à 6% la part d’énergies renouvelables dans sa
production électrique à l’horizon 2015.
de New Energy Algeria (NEAL), une filiale
ParNacima B. de Sonelgaz et Sonatrach, ce chantier d’un
Le potentiel solaire de l’Algérie
est considéré comme l’un des
coût de 315 millions d’euros, devrait créer plus importants dans la

A
vec l'appui du Fonds pour les techno- environ un millier d’emplois et ouvre à Méditerranée
logies propres, les pays en dévelop- l’Algérie des perspectives d’exportation
pement investissent dans les énergies d’électricité vers l’Europe. Quant au projet de
renouvelables à grande échelle, notamment le la centrale hybride solaire CSP/gaz combinée
solaire, l’éolien ou la géothermie, comme des à Meghaïr, l’étude de faisabilité a été lancée
COOPERATION

sources fiables d'accès à l'énergie pour leurs en 2010 pour une capacité installée de 470
populations, indique la Banque mondiale dans MW, dont 70 MW pour la partie solaire. Pour
une note publiée en décembre. Pour rappel, la centrale hybride de Naâma, des études
l’Algérie ambitionne de porter à 6% la part d’identification de sites pour la production
d’énergies renouvelables dans sa production d’électricité à partir du solaire dans le cadre du
électrique à l’horizon 2015. projet Empower ont été lancées.
Concernant l'Algérie, les projets cités par Le potentiel solaire de l’Algérie est consi-
ce Fonds sont les trois centrales solaires déré comme l’un des plus importants dans la
hybrides CSP (Concentrating Solar Power) de Méditerranée et l’exploitation de cette res- de la Banque mondiale et par d’autres
Naâma, Hassi R'mel et Meghaïr. Il est à rappe- source pourra contribuer à économiser le banques multilatérales de développement.
ler que la centrale de production d'énergie pétrole et le gaz. Ce Fonds constitue une mesure provisoire
hybride solaire et gaz de Hassi R'mel, près de visant à fournir des financements concession-
Il est à souligner que le Fonds pour les
Laghouat, qui devra être réceptionnée en jan- nels (à faible taux d’intérêt) pour accélérer les
technologies propres (encore dénommé Fonds
vier 2011, est un projet mené près d'un gise- d’investissements climatiques), doté de négociations en cours sur les technologies à
ment de gaz naturel considéré comme le plus 5,2 milliards de dollars, est géré par la Banque faibles émissions de carbone, dans le cadre
important en Algérie. Réalisé pour le compte mondiale et administré par le biais du groupe d’un nouvel accord mondial sur le change-
ment climatique n N. B.

Accord avec l’Union européenne


L’Algérie veut se protéger de l'Europe jusqu’en 2020
L’ Algérie vient de préparer à l'ouverture», a
Parlement
demander à l’UE la de l’Union avancé le ministre. C’est aussi
révision du rythme de européenne une façon d’apprécier un bilan
démantèlement des droits et de coopération tout en se
taxes relatives à l’Accord donnant les moyens, dans le
d’association de 2005, sur les cadre du principe de
produits importés d’Europe par souveraineté nationale
l’Algérie. Mustapha Benbada, d’accorder meilleur intérêt à la
ministre du Commerce, a fait protection des intérêts
récemment cette annonce. Il a économiques du pays. Cela ne
précisé que «l'Algérie avait devrait avoir aucun impact sur
demandé à l'UE le report à le processus d’adhésion à
2020 du démantèlement total l’OMC. Mais on peut y voir un
des barrières, prévu pour signe, celui que l'Algérie n'est
2017 dans le cadre de à créer une zone de libre- de son commerce extérieur. La pas pressée de faire partie
l'Accord» entré en vigueur le échange et comprend plusieurs demande ainsi formulée par un d'une organisation dont les
1er septembre 2005. Signé à volets dont le plus important membre du gouvernement exigences sont encore plus
Valence en Espagne en avril est économique. Cet accord est «devrait permettre une phase contraignantes que celles
2002 et entré en vigueur en capital car c'est avec l'UE que de transition supplémentaire à imposées par l'Europe n
septembre 2005, l’accord vise l'Algérie réalise près de 60% nos entreprises pour se N. B.

Mensuel de l’économie et de la finance


70
Energie
L’éco N°21 / Décembre 2010

Marché national du gasoil

L’autosuffisance
à partir de 2013
A la faveur de réhabilitation des raffineries d'Alger, Skikda et Arzew, les besoins du
marché seront entièrement couverts par la production nationale jusqu’en 2019.

Par Kamel Imarazene tés de traitement et assurer même 120% de bablement recourir à l’importation en 2011
nos besoins à partir de 2013.» et 2012. Sur ce registre, le premier respon-
Ainsi, la raffinerie de Skikda, la plus sable de Sonatrach a rappelé que 500 000

A
la faveur de la réhabilitation des
raffineries d'Alger, Skikda et grande du pays, verra ses capacités de trai- tonnes de gasoil ont été importées en 2009.
Arzew, les besoins du marché tement de pétrole brut passer de 15 à 16,5 Il y a lieu de signaler que la production
seront entièrement couverts par la produc- millions de tonnes/an. Pour leur part, celles nationale est estimée actuellement à 8 mil-
tion nationale à partir de 2013 et ce, jusqu'à d'Alger (qui date de 1964) et d'Arzew pas- lions de tonnes/an. Interrogé sur le devenir
2019, a précisé Noureddine Cherouati, seront respectivement de 2,7 à 3,6 millions de la raffinerie de Tiaret, M. Cherouati a
président-directeur général de la compa- de tonnes/an et de 2,5 à 3,75 millions de indiqué qu’elle sera «sûrement réhabili-
gnie nationale Sonatrach, dans une déclara- tonnes/an. Pourquoi cette autosuffisance ne tée». S’agissant de celle de Hassi
tion à la presse en marge de la cérémonie s’étalera-t-elle pas au-delà de 2019 ? Selon Messaoud, le P-DG de Sonatrach a révélé
de signature d'un contrat portant sur la M. Cherouati, la «validité» d'une opération que la réflexion a été engagée pour savoir

ENERGIE
modernisation de la raffinerie d'Alger avec de réhabilitation d'une raffinerie est généra- s’il faudra la rénover ou la déplacer carré-
la société française Technip. L’Algérie ces- lement de 6 à 7 ans. «Par la suite, il faudra ment. Rappelons enfin que la société fran-
sera d’importer du gasoil à partir de 2013, procéder à d’autres actions de modernisa- çaise Technip a remporté, en septembre
a annoncé récemment M. Cherouati : tion», a-t-il expliqué. En attendant la dernier, le projet de réhabilitation de la raf-
«Cela va nous permettre d'augmenter de concrétisation de ces opérations de réhabi- finerie d'Alger pour un montant de 67,877
près de 5 millions de tonnes/an nos capaci- litation des raffineries, l’Algérie devra pro- milliards de dinars n K. I.

Installation gazière

Mensuel de l’économie et de la finance


71
Energie L’éco N°21 / Décembre 2010

Energies renouvelables

Les ALLemAnds séduits pAr


Le gisement soLAire de L’ALgérie

L’Algérie pourrait bien


utiliser cette ressource
pour alimenter le réseau
national et réserver le
pétrole et le gaz pour
l’exportation vers les
marchés internationaux
ENERGIE

en le développement incontestable de cette Un avis partagé par Yann Cally, ingé-


Par Nassima Benarab
ressource en Algérie. Rencontrée lors du nieur d’affaires de la société Schletter spé-
deuxième Salon et congrès algéro-alle- cialisée dans la fabrication des systèmes de
Le recours aux sources mand sur l’environnement, elle explique montage solaires et des échangeurs.
d’énergies renouvelables, que le secteur des énergies renouvelables Rencontré, à la même occasion, cet expert
devenu incontournable pour dans un pays comme l’Algérie où les prix est convaincu que l’Algérie est un pays qui
de l’électricité et du gaz sont assez bas,
le monde d’aujourd’hui et de «reste naturellement difficile à faire démar-
«a des potentialités énormes qui devraient
être exploitées», avant de rassurer qu’il y a
demain, met notre pays au rer». Toutefois, à l’instar des autres socié- «certes beaucoup de choses à faire pour le
cœur des convoitises au tés allemandes qui accordent un intérêt par-
ticulier au marché algérien, elle estime être
développement du secteur, mais l’Algérie
regard des grandes consciente «que le développement du sec-
n’est pas le seul pays à accuser un retard».
Le développement de cette énergie est
potentialités qu’il recèle. teur des énergies renouvelables est à ses
également, il est vrai, à ses débuts dans
débuts en Algérie, mais nous sommes aussi
beaucoup de pays à travers le monde

L’
Algérie est considérée comme conscients que ce secteur va exploser en
étant le plus grand gisement de exception faite de l’Allemagne.
Algérie (…). Ce jour viendra», a-t-elle
l’énergie solaire dans la région signalé. Elle a tenu aussi à affirmer que ce Selon notre interlocuteur, «il existe
méditerranéenne avec un taux d’ensoleille- secteur reste un atout déterminant pour aujourd’hui une prise de conscience globa-
ment de 2000 kwt/heure/mètre carré dans l’Algérie, puisqu’il peut contribuer à le et planétaire concernant le développe-
le nord du pays et de 10 600 kwt/h/m2 dans l’amélioration du mode de vie, notamment ment durable. Il n’existe pas une solution
le Sahara. Un potentiel-énergie qui aiguise des personnes qui vivent dans les régions miracle, mais des solutions complémen-
bien des appétits et suscite l’intérêt des enclavées. Aussi, «l’Algérie pourrait bien taires dont le photovoltaïque».
opérateurs étrangers en quête de ressources utiliser cette ressource pour alimenter le Le potentiel algérien reste toutefois très
de substitution aux énergies fossiles. réseau national et utiliser le pétrole et le appréciable puisque l’Algérie «est une
Claudia Jost, responsable de la société gaz pour l’exportation vers les marchés vitrine de l’énergie renouvelable pour bien
allemande Proterra est de ceux qui croient internationaux», dira la même responsable. d’autres pays» n N. B.

Mensuel de l’économie et de la finance


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Internationale
L’éco N°21 / Décembre 2010

Soutien au secteur financier en Europe

Plus de 4 500 milliards


d'euros injectés
Au total, la coquette somme de 4 589 milliards d'euros a été accordée, depuis
octobre 2008, au secteur financier européen sous forme d’aides pour le soutenir
en ces temps incertains de crise économique et financière. Les aides utilisées ont
atteint 957 milliards en 2008 et 1 107 milliards en 2009 ; elles sont toutefois

CONJONCTURE
constituées à 76% par des garanties, selon les justifications de Bruxelles.

P
aradoxalement à la mission
qu’elle s’est assignée, à savoir
veiller à la bonne tenue des pra-
tiques commerciales des économies
libérales, la Commission européenne a
rendu public ce chiffre en faisant le
décompte du soutien financier sur
fonds publics à des entités privées. Les
aides sont injectées dans les écono-
mies européennes, avec l’aval et le
consentement de la Commission euro-
péenne, sous forme d’apports directs
de liquidités dans des banques, mais
aussi sous forme de plans nationaux
d'aide mis à disposition du secteur et
pas forcément activés, ainsi qu'une
bonne part de garanties. Ainsi, le
Royaume-Uni, tête de liste des pays Parlement européen
versés depuis le début de la crise dans
le soutien inconditionnel à l’écono- depuis décembre 2008 et les aides L’Europe se donne ainsi tous les
mie, sans droit de regard sur la nature publiques pour la recherche, l'emploi, moyens pour se préserver des effets de
de la propriété de la banque, a déblo- les industries vertes, entre autres, pour la crise et sauver son économie. Outre
qué 850,3 milliards d'euros ; il est la seule année 2009, ont représenté le soutien financier tel que suivi
suivi par l'Irlande qui en a accordé 73,2 milliards d’euros. jusque là, les responsables de l'UE
723,31 milliards ; le Danemark vient Cette démarche a été prolongée n'ont pas exclu, «si nécessaire», de
en troisième position avec un total de d'un an, jusque fin 2011, mais avec des recourir à l’augmentation des capaci-
599,66 milliards d’euros. L'Allemagne conditions un peu plus sévères. A tés de prêts du Fonds mis sur pied au
n’est pas très loin avec une somme compter du 1er janvier, toutes les
printemps pour aider les pays de la
presque égale, et vient juste avant la banques ayant besoin d'une aide
zone euro en difficulté.
France qui a consenti 351,1 milliards, publique pour se recapitaliser ou gérer
la détérioration de leurs actifs devront Mis en place au printemps, ce
puis l'Espagne avec 334,27 milliards,
être restructurées. Fonds est constitué de 440 milliards
les Pays-Bas et la Belgique avec res-
pectivement 323,6 milliards et 328,59 Bruxelles a déjà exigé d'impor- d'euros de garanties de prêts des pays
milliards d’euros. tantes restructurations d'une série de de la zone euro, complétés par
A titre de comparaison, les aides banques aidées, mais elle a épargné 250 milliards d'euros de prêts du
spéciales autorisées dans le contexte jusqu'ici celles qu'elle jugeait fonda- Fonds monétaire international (FMI)
de la crise pour les secteurs plombés mentalement saines mais victimes de et par 60 milliards d'euros de prêts de
par le resserrement des conditions du difficultés passagères à cause de la l'Union européenne n
crédit ont atteint 82,5 milliards d'euros situation des marchés. R. N./Agences

Mensuel de l’économie et de la finance


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Internationale L’éco N°21 / Décembre 2010

Une fin d’année 2010 glaciale

Le froid fait perdre


de L’argent
Comme une fatalité, les Le manque à gagner,
pour La SNCF, est de
mauvaises conditions l’ordre de 20 millions
d’euros
climatiques enregistrées en
ce mois de décembre
CONJONCTURE

2010 ont surpris par


l’ampleur des dégâts
occasionnés. Manque à
gagner et pertes de chiffre
d’affaires, dans nombre
d’économies de pays du
nord de la planète, ont
mis mal à l’aise les
gouvernements concernés,
devant le fait accompli
que rien n’est gagné a réservé 3800 chambres, en plus du pré- Alliance (RSA) anticipe une perte de
d’avance question judice d’être contrainte de réduire les vols 13 milliards de livres pour cette période
de près de 30%. de froid.
environnement et Le secteur des transports, plus exposé Selon le groupe de recherche
changement climatique. aux aléas climatiques, a fait perdre beau- Synovate, les conditions climatiques ont
coup d’argent, par ailleurs, à la Société de occasionné une baisse de 24,3% des acti-

L
es pertes enregistrées à Bruxelles transport ferroviaire française (SNCF). vités du commerce de détail, comparé à la
ont été évaluées à 50 millions Le manque à gagner prévu se chiffre à même période de l'an dernier.
d'euros en une seule journée pour 20 millions d'euros. Par ailleurs, la Confédération patrona-
le seul secteur de l'alimentation, selon des Cette vague de froid a été bien ressen- le des industries britanniques a baissé à
chiffres révélés par le porte-parole du tie aux Etats-Unis où dans plusieurs Etats 0,2% ses prévisions de croissance pour le
commerce et des services en Belgique. En la neige est venue à bout de toute activité. premier trimestre de 2011 au lieu de 0,3%
France, elles sont situées entre 25 et Les météorologues prévoient des froids prévu auparavant.
35 millions d'euros pour la compagnie Air qui atteindront moins 33 °C et des vents Le trafic aérien à Francfort, en
France qui essuyé un vrai revers de la de 110 km par heure. A Chicago seule- Allemagne, a enregistré une réduction de
nature. Les deux grosses tempêtes de ment, plus de 1700 vols ont été annulés près de 700 vols sur les 1 300 prévus.
décembre ont paralysé les aéroports pari- dans les aéroports de la région. Un peu plus haut à droite, l’Oural gèle.
siens. Appareils cloués au sol, retards pré- Les économistes britanniques, de leur Selon le chef du service météorologique
judiciables et surcoûts induits par ces der- côté, ont «chaud» : ils craignent qu'un russe, ce froid exceptionnel n'est observé
niers, auxquels la compagnie a dû faire effet domino frappe l'ensemble du en Russie que «tous les 30 à 50 ans». Les
face en prenant en charge l’hébergement Royaume-Uni à un moment où l’on s’at- températures ont atteint -51 degrés en
et la nourriture des passagers en détresse. tend à quelques embellies économiques. Sibérie n
En une seule nuit, la compagnie française La compagnie d'assurance Royal Sun S. M./Agences

Mensuel de l’économie et de la finance


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Internationale
L’éco N°21 / Décembre 2010

Lutte contre la corruption

CONJONCTURE
Le FMI a radIé
58 entreprIses en 2 ans
Le FMI évalue à 20 à 40 milliards de dollars les détournements,
chaque année, dans des pays à faible revenu.

L
a Banque mondiale a annoncé, 134 pays s’accordent à coopérer pour lopper le partage des informations, à har-
durant ce mois de décembre, la mettre en place un régime international qui moniser la définition des pratiques répré-
radiation de quatorze entreprises ; permette de «traquer» et de traiter des cas hensibles et à renforcer leur répression.
deux d’entre elles opéraient dans le cadre de fraude et de corruption transfrontaliers. Leur but est de s’assurer que les ressources
de projets financés par la Banque en L’objectif est de coordonner entre les destinées au développement ne finissent
Afrique et en Albanie, tandis que les douze pays en développement et les pays riches dans les mauvaises poches mais qu’elles
autres ont été précédemment exclues par la afin de trouver les moyens adéquats de soient bien utilisées aux fins prévues.
Banque asiatique de développement. Au contrôle global et multi-juridictionnel. Récemment classée par un collectif
cours des deux dernières années, le nombre Cette réunion, organisée par la Banque d’organisations de la société civile au pre-
de cas de radiation d’entreprises travaillant mondiale avec l’appui de l'Australie, de la mier rang des bailleurs de fonds les plus
avec la Banque mondiale a été multiplié Norvège et du Danemark, doit également transparents parmi 30 grandes institutions,
par cinq. Au cours du dernier mois de l’an- permettre d’examiner les meilleures pra- la Banque mondiale a radié 58 entreprises
née, une coalition anti-corruption s’est tiques en matière de partage des informa- au cours des deux dernières années, contre
réunie afin de renforcer les poursuites tions et de contrôle de l’application des 9 pour les deux années précédentes. Ces
contre les cas de corruption et de détourne- décisions. radiations ont notamment concerné l’édi-
ment de fonds. Réunis au siège de la En vertu de l’accord d’exclusion croisée teur britannique Macmillan Ltd et la socié-
Banque mondiale, à Washington, les signé en avril dernier par plusieurs banques té Siemens AG, laquelle a accepté de verser
membres de cette coalition se sont montrés multilatérales de développement, la 100 millions de dollars en faveur d’initia-
déterminés à renforcer la répression des Banque mondiale a suspendu pour la pre- tives internationales de lutte contre la cor-
fraudes dans les pays en développement. mière fois les activités d’entreprises cou- ruption dans le cadre d’un accord passé
Une année après sa création, cette alliance pables de fraude au sein de projets menés avec la Banque mondiale n
internationale des «traqueurs de corrup- par une autre institution. Les institutions R. N. / rapport FMI
tion» qui compte plus de 200 membres, signataires se sont aussi engagées à déve-

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Mena L’éco N°21 / Décembre 2010

Troisième sommet Afrique - Union européenne

Un dialogUe de soUrds
A Lisbonne, Européens et Africains ont adopté les principes d’un partenariat
«d’égal à égal». C’était il y a trois ans, à l’issue d’un sommet durant lequel les
Africains s’étaient montrés plus offensifs, imposant le principe d’un partenariat
équitable pour un devenir commun.

A
AFRIQUE

Tripoli, il y a un mois, aucun consen- deux continents avec comme toile de fond reflète le seul intérêt des Européens.
sus ne s’est dégagé. Le troisième l'investissement, la croissance économique et L’épineuse question des accords de partenariat
sommet Afrique-Union européenne la création d'emplois. Durant deux jours, les économique, proposés depuis 2002 par
s’est achevé par l’adoption de la Déclaration débats ont été orientés vers la paix, la sécuri- l’Union européenne, a depuis fait l’effet de
té, la gouvernance, les droits de l’homme et vœu pieux, encore une fois laissant les débats
de Tripoli dont la disposition relative au chan-
l’intégration régionale, en plus de l’immigra- sur cette question éludées, à Tripoli, en une
gement climatique n’a pas été signée par les tion et du changement climatique. Une orien- poignée de minutes. L’Europe continue de
Africains. Les responsables des deux conti- tation qui n’a pas été du goût des africains qui faire la sourde oreille à un continent, para-
nents sont venus à Tripoli renforcer des liens se sont refusés de signer la déclaration portant doxalement, dont elle a besoin n
de coopération déjà traditionnelles entre les sur ce dernier point, arguant le fait qu’elle R. N.

Un sondage réalisé auprès de 80 leaders d’opinion algériens révèle


L’UE devrait s’impliquer davantage

L
a majorité des Algériens estime que entretient de bonnes relations avec l'UE c'est le cas de 83% des leaders d'opin-
l'Union Européenne entretient de et souhaitent même voir l'UE jouer un ion et même de 87% du grand public.
bonnes relations avec leur pays et rôle plus important en Algérie. L'étude a Les leaders d'opinion en particulier esti-
une majorité souhaite également que été menée auprès de 80 leaders d'opin- ment que l'UE peut apporter paix et sta-
ion suivie d'un sondage d'opinion bilité dans le pays (70%) et dans la
l'UE joue un rôle plus important dans
auprès de 400 personnes issues du région (80%).
leur pays. L'enquête, financée dans le
grand public. Cette enquête visait à Cependant, l'implication de l'UE en
cadre du programme régional d'infor- Algérie est perçue très différemment
avoir une idée plus précise de la con-
mation et de communication de naissance, de la compréhension et de la d'un groupe à l'autre, les leaders d'opin-
l'Instrument européen de voisinage et perception de l'Union européenne et du ion se montrant beaucoup plus scep-
de partenariat (IEVP) pour la période rôle qu'elle joue en Algérie. La pre- tiques que le grand public. C'est ainsi
2007-2010, révèle aussi que grand pub- mière phase consistait en une étude que seule une minorité de leaders
lic et "leaders d'opinion" souhaitent que préliminaire menée auprès des leaders d'opinion estime que l'implication de
l'UE s'implique davantage dans le pays, d'opinion, qui ont été interrogés afin l'UE en Algérie est adéquate (46%, con-
surtout en matière de développement d'évaluer leur perception, leur connais- tre 63% parmi le grand public), tandis
économique, d'environnement et d'en- sance et leur appréciation de l'UE. Pour qu'une courte majorité (56%) est d'avis
seignement. la grande majorité des personnes inter- que l'Algérie a bénéficié des politiques
La plupart des Algériens sollicités dans rogées, l'UE entretient de bonnes rela- menées par l'UE dans le pays n
cette enquête estiment que leur pays tions avec l'Algérie. Plus précisément, R. N.

Mensuel de l’économie et de la finance


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Mena
L’éco N°21 / Décembre 2010

Emigration

3O% des jeunes arabes


sOuhaitent quitter leur pays
En quête d’un avenir meilleur sur l’autre rive de la Méditerranée, les jeunes
Maghrébins et Arabes en général sont de plus en plus nombreux à quitter le
pays. Le phénomène de l’émigration n’est pas propre à l’Algérie ; plusieurs pays
arabes souffrent de ce fléau social. Pour preuve, 30% des jeunes Arabes ont
exprimé le souhait de quitter leur pays natal.
la Ligue des Etats arabes. L'enquête affirme ces derniers étant les moins tentés, dans la
Par Nacima B.    également que les pays qui risquent de région, par l'émigration.
perdre le plus grand pourcentage de jeunes, L'étude montre aussi que les candidats à

L
es jeunes qui affirment vouloir se si ces derniers mettaient leur désir de partir
réinstaller de manière permanente l'émigration parmi les jeunes Arabes ont ten-
à exécution, se trouvent tous en Afrique. dance à vouloir se déplacer à l'intérieur de la
dans un autre pays représentent 32%
Il faut noter aussi que 6 jeunes sur 10 aux région du Moyen-Orient et de l’Afrique du
en Algérie, 44% en Tunisie, 37% au Maroc
Comores (58%) aimeraient s'installer dans Nord (MENA 38%) ou vers les régions voi-
et en Libye. Contrairement à ce que l’on
un autre pays, plus de 4 sur 10 en Mauritanie

AFRIQUE
croit, l'Algérie est convenablement position- sines, notamment l'Union européenne
née dans le Maghreb, puisqu’elle se trouve à (42%), près de 4 sur 10 au Soudan (39%), (38%), mais aussi vers les Etats-Unis et le
la dernière place après ses pays voisins, plus de 3 sur 10 au Liban (36%), en Jordanie
Canada (18%) et d'autres destinations (6%).
alors que la Tunisie s'accapare la première (35%), au Yémen (33%), dans les Territoires
Parmi les jeunes Arabes candidats à l'émi-
place du podium. palestiniens (32%), à Djibouti (31%), près
de 3 sur 10 en Syrie (29%), 2 sur 10 en gration, 15% souhaitent aller en Arabie
Une étude réalisée par l'institut américain Saoudite, 14% aux Etats-Unis, 11% en
Gallup auprès des jeunes dans le monde Egypte (20%) et près de 2 sur 10 en Irak
(18%). A l'autre bout du classement, on France, 10% aux Emirats arabes unis, 6% au
arabe a révélé que 32% des jeunes Algériens
aimeraient s'installer définitivement dans un retrouve les pays du Golfe, qui affichent les Royaume-Uni et 5% en Italie. Les raisons
autre pays s'ils en avaient la possibilité. taux les plus faibles de jeunes désirant émi- qui poussent les jeunes à penser à l’émigra-
L'étude, intitulée «L'indice Silatech : la voix grer. A titre d'exemple, les Emirats arabes tion sont multiples, elles sont souvent liées
des jeunes Arabes», est basée sur un sonda- unis (2%), le Koweït (2%), Bahreïn (4%) et aux conditions de vie, au chômage, à la
ge réalisé auprès d'un échantillon de jeunes l'Arabie Saoudite (7%). Ces pays sont les cherté de la vie… et peut-être surtout à l’ab-
des deux sexes dans les 22 pays membres de moins susceptibles de perdre leurs jeunes, sence de perspectives n N. B.

Un jeune d’Alger regardant


un ferry boat s’en aller

Mensuel de l’économie et de la finance


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MENA L’éco N°21 / Décembre 2010

Aide de la Banque mondiale aux pays les plus pauvres

49 Milliards de dollars
alloués
Connue pour être le guichet de la Banque mondiale destiné à l’aide aux pays les
plus pauvres de la planète, l’Association internationale de développement (IDA),
vient de recevoir, en cette fin d’année, une enveloppe financière de 49,3 milliards
de dollars pour réaliser certains objectifs de développement du Millénaire
consistant à réduire de moitié la pauvreté d’ici à 2015.
Campagne de vaccination
contre la méningite au Niger
AFRIQUE

L’
enveloppe ainsi allouée repré- pauvres du monde à stimuler la croissan- dont 14 milliards de dollars en moyenne
sente une augmentation de 18 ce et à combattre la pauvreté en finançant annuelle sur les deux dernières années, la
% par rapport à la reconstitu- des infrastructures, en améliorant les ser- plus grande partie de cet appui (50 %
tion précédente, conclue il y a trois ans. vices de santé, en assurant l’éducation environ) étant destinée à l’Afrique. Elle
Elle servira à vacciner 200 millions d’en- des enfants et en luttant contre le change- soutient ainsi un processus de développe-
fants de plus, à étendre les services de ment climatique. Elle accordera une ment piloté par les pays au moyen de res-
santé à plus de 30 millions de personnes, attention particulière aux problèmes de sources prévisibles et qui ne constituent
à permettre à 80 millions d’individus sup- parité hommes-femmes, ainsi qu’à l’aide pas des fonds « d’affectation spéciale »,
plémentaires d’avoir accès à des sources à fournir aux États fragiles et touchés par ce qui signifie qu’elles ont des résultats
d’eau améliorées, à construire 80 000 un conflit dans leur quête de paix et de plus durables.
kilomètres de routes, et à former ou développement. Comme dans le passé, L’IDA est sous le contrôle de 170 pays
recruter plus de 2 millions d’ensei- l’Afrique subsaharienne restera un point actionnaires. Ses frais généraux sont peu
gnants», selon le directeur Général de la de focalisation majeur pour son action. élevés, elle table sur une faible commis-
Banque Mondiale. Depuis sa création, en 1960, l’IDA a sion de service appliquée à ses clients
Au cours des trois années qui vien- accordé plus de 220 milliards de dollars à pour assurer son propre financement n
nent, l’IDA aidera 79 des pays les plus titre d’appui aux pays à faible revenu, Source : Banque mondiale

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