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COMPÉTITIVITÉ ÉCONOMIQUE DU MAROC ANALYSE DIAGNOSTIQUE DES ASPECTS INSTITUTIONNELS ET LEGISLATIFS RELATIFS A LA

COMPÉTITIVITÉ ÉCONOMIQUE DU MAROC

ANALYSE DIAGNOSTIQUE DES ASPECTS INSTITUTIONNELS ET LEGISLATIFS RELATIFS A LA REUTILISATION DES EAUX USEES EN AGRICULTURE

RELATIFS A LA REUTILISATION DES EAUX USEES EN AGRICULTURE APRIL 2010 THIS PUBLICATION WAS PRODUCED FOR
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APRIL 2010

THIS PUBLICATION WAS PRODUCED FOR REVIEW BY THE UNITED STATES AGENCY FOR INTERNATIONAL DEVELOPMENT. IT WAS PREPARED BY DAI.

FOR INTERNATIONAL DEVELOPMENT. IT WAS PREPARED BY DAI. MONTH 2010 This publication was produced for review
FOR INTERNATIONAL DEVELOPMENT. IT WAS PREPARED BY DAI. MONTH 2010 This publication was produced for review

MONTH 2010

This publication was produced for review by the United States Agency for International Development. It was prepared by DAI.

AUGUST 2010

MEC DOCUMENT 15

Ce document a été préparé par DAI pour évaluation par l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID).

ASPECTS INSTITUTIONNELS ET LEGISLATIFS RELATIFS A LA REUTILISATION DES EAUX USEES

1

COMPÉTITIVITÉ

ÉCONOMIQUE DU MAROC

ANALYSE DIAGNOSTIQUE DES ASPECTS INSTITUTIONNELS ET LEGISLATIFS RELATIFS A LA REUTILISATION DES EAUX USEES EN AGRICULTURE

Soumis à USAID/Maroc, Bureau de croissance économique - Objectif d'aide n° 3 : Réduction des barrières au commerce et à l'investissement

Par DAI

Numéro de contrat : EEM-I-00-07-00009-00 : Ordre de mission : EEM-I-07-07-00009

L'opinion de l'auteur de ce document engage uniquement la responsabilité de ce dernier et ne reflète pas nécessairement le point de vue de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) ni celui du Gouvernement des États- Unis

Programme Compétitivité Economique du Maroc 8, rue du Rif Souissi 10 000 Rabat Maroc

Tel: (212) 05 37 63 05 59 Fax: (212) 05 37 63 05 61 andrew_watson@dai.com http://www.mecprogram.ma

SOMMAIRE

LISTE DES ABREVIATIONS

iii

ASPECTS INSTITUTIONNELS ET LEGISLATIFS RELATIFS A LA REUTILISATION DES EAUX USEES EN AGRICULTURE

1

I. APERÇU DU CONTEXTE INSTITUTIONNEL ET REGLEMENTAIRE RELATIF A LA REUTILISATION DES EAUX USEES:

1

1. La Stratégie Nationale de l’Eau

1

2. Le Conseil Supérieur de l’Eau et du Climat

2

3. La Loi sur l’Eau et ses textes d’application

3

4. Le Comité Normes et Standard (CNS)

4

5. Le Plan National de l’Eau (en cours de finalisation)

4

6. Les Plans d’Aménagement Intégré des Ressources en Eau (PDAIREs)

5

7. Le Programme National d’Assainissement Liquide (PNAL) :

5

8. Le Fonds d’Assainissement Liquide et d’Epuration des Eaux Usées – FALEEU :

5

II. PRINCIPAUX INTERVENANTS DANS LE SECTEUR DE L’EPURATION ET LA REUTILISATION

DES EAUX

 

5

III.

PROGRAMMES NATIONAUX ET REGIONAUX EXISTANTS TRAITANTS DES QUESTIONS

LIEES A LA REUTILISATION DES EAUX USEES

6

 

1. Stratégie Nationale de l’Eau ( approuvée en 2010) :

6

2. Programme National d’Assainissement Liquide (PNAL) :

6

3. Le programme d’assistance technique de la Délégation de la Commission Européenne

destiné à l’appui au PNAL :

6

4.

Etude des possibilités de valorisation des eaux usées épurées à l’échelle nationale

6

IV. CONTRAINTES MAJEURS A LA PROMOTION DE LA REUTILISATION DES EAUX USEES

6

V. INITIATIVES NATIONALES EN MATIERE DE PROMOTION DE LA REUE DANS LE CADRE DE

PARTENARIAT PUBLIC PRIVE

8

1. Expérience de valorisation des EUE à Marrakech

8

2. Expérience de valorisation des eaux usées de Ben Slimane

8

3. Expérience du projet pilote de Ben Sargao à Agadir

8

4. Expérience pilote de Ouarzazate

8

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

11

BIBLIOGRAPHIE

13

ANNEX I : RECUEIL DES TEXTES LEGISLATIFS ET

REGLEMENTAIRES REGISSANT LA REUTILISATION DES EAUX

USEES

15

ARTICLES DE LA LOI 10/95 SUR L’EAU RELATIFS A LA REUTILISATION DES EAUX USEES

15

DECRET N° 2-97-875 DU 6 CHAOUAL 1418 (4 FEVRIER 1998) RELATIF A L'UTILISATION DES EAUX USEES

16

PROJET D'ARRETE CONJOINT DU MINISTRE DE L’EQUIPEMENT ET DU MINISTRE CHARGE DE L'AMENAGEMENT DU TERRITOIRE, DE L'ENVIRONNEMENT, DE L'URBANISME ET DE L’HABITAT PORTANT FIXATION DES NORMES DE QUALITE DES EAUX DESTINEES A L’IRRIGATION

19

1.

Normes de qualité des eaux destinées à l'irrigation

20

PROJET D'ARRETE CONJOINT DU MINISTRE DE L’EQUIPEMENT ET DU MINISTRE CHARGÉ DE L’AMÉNAGEMENT DU TÉRRITOIRE, DE L'ENVIRONNEMENT, DE L’URBANISME ET DE L’HABITAT PORTANT FIXATION DES VALEURS LIMITES GENERALES DE REJET

22

2. Valeurs limites générales de rejet

23

3. Valeurs limites générales de rejet applicables à partir de la 5° année aux unités industrielles

existantes

24

ARRETE CONJOINT DU MINISTRE DE L’EQUIPEMENT ET DU MINISTRE CHARGÉ DE L’AMÉNAGEMENT DU TÉRRITOIRE, DE L'ENVIRONNEMENT, DE L’URBANISME ET DE

L’HABITAT PORTANT FIXATION DES VALEURS LIMITES DE REJET SPECIFIQUES AUX UNITES

INDUSTRIELLES SUCRIERES

DECRET N° 2.04.553 DU 13 DILHIJA 1425 (24 JANVIER 2005) RELATIF AUX DEVERSEMENTS, ECOULEMENTS, REJETS, DEPOTS DIRECTS OU INDIRECTS DANS LES EAUX SUPERFICIELLES

25

OU SOUTERRAINES

26

ANNEX II : DIRECTIVE DE L’OMS RELATIVE A LA QUALITE MICROBIOLOGIQUE DES EAUX USEES UTILISEES DANS L'AGRICULTURE

33

ANNEXE III : NORMES SANITAIRES DE LA REUE DANS QUELQUES PAYS DE LA REGION MEDITERRANEENE & D’AUTRES REGIONS POUR UNE IRRIGATION NON RESTRICTIVE

35

ANNEXE IV : NORMES DE QUALITE PROPOSEE POUR LA REUTILISATION DES EAUX USEES (PROJET USAID/PREM- NORMES INSPIREES DE DIRECTIVE

37

ANNEXE V : DIRECTIVE EUROPEENNE (86/278/CEE) RELATIVE A L’UTILISATION DES BOUES RESIDUAIRES EN AGRICULTURE

39

LISTE DES ABREVIATIONS

ABH : Agence de Bassin Hydraulique

ABRI: Advancing the Bleu Revolution Initiative

CSEC : Conseil Supérieur de l’Eau et du Climat

CNS : Comité Normes et Standards

DRA : Direction Régionale de l’Agriculture

DPA : Direction Provinciale de l’Agriculture

FALEEU : Fonds d’Assainissement Liquide et d’Epuration des Eaux Usées

IAV : Institut Agronomique et Vétérinaire

INRA : Institut National de Recherche Agronomique

OMS : Organisation Mondiale de la Santé

ONEP : Office National de l’Eau Potable

ORMVA : Office Régional de Mise en Valeur Agricole

PDAIRE : Plan d’Aménagement Intégré des ressources en Eau

PNE : Plan National de l’Eau

PNAL : Plan National d’Assainissement Liquide

PREM : Pérennité des Ressources en Eau au Maroc (Projet USAID)

RADEE : Régie Autonome de distribution de l’Eau et de l’Electricité

REUE : Réutilisation des Eaux Usées Epurées

STEP : Station d’Epuration

ASPECTS INSTITUTIONNELS ET LEGISLATIFS RELATIFS A LA REUTILISATION DES EAUX USEES EN AGRICULTURE

INTRODUCTION

Le programme « Compétitivité Economique du Maroc » de l’USAID prévoit dans sa composante (2) « Eau & Agriculture » la réalisation d’une étude diagnostique des aspects institutionnels et réglementaires régissant la réutilisation des eaux usées en agriculture en vue de formuler un cadre légal & institutionnel approprié devant promouvoir la réutilisation des eaux usées à l’échelle nationale.

Le présent rapport se propose de fournir un diagnostic préliminaire rapide en vue de : (i) faire le point sur les études et analyses réalisées antérieurement dans ce domaine (ii) recueillir et analyser les textes législatifs et réglementaires existants dans ce domaine , (iii) dégager les principales contraintes institutionnelles et réglementaires entravant la promotion de la REUE à l’échelle nationale, et (iv) proposer des recommandations et des pistes de réflexions pour orienter les études ultérieures programmées par MEC.

Les principaux éléments traités dans ce rapport sont :

I. APERÇU DU CONTEXTE INSTITUTIONNEL ET REGLEMENTAIRE RELATIF A LA REUTILISATION DES EAUX USEES:

1. La Stratégie Nationale de l’Eau

Celle-ci a été approuvée par les pouvoirs publics en 2010. Elle considère que la réutilisation des eaux usées constitue une importante ressource en eau non conventionnelle, et sa valorisation doit être placée dans le cadre de la gestion intégrée des ressources en eau à l’échelle nationale. La Stratégie considère que :

La REUE a un double objectif : elle permet d’une part de mobiliser un important potentiel de ressources en eau supplémentaire et d’autre part de protéger les milieux récepteurs. Il est estimé que ce potentiel représentera à l’horizon 2020 un volume global de près de 900 million m3/an, ce qui constitue une ressource particulièrement vitale pour de nombreuses zones arides du pays où les ressources sont limitées. Actuellement on estime que près de 7500 ha sont irriguées par les eaux usées épurées et non épurées. Les enquêtes réalisées dans le cadre du Programme d’Assainissement Liquide (PNAL) montrent que les eaux usées générées par plus de 70 centres urbains sont réutilisées en agriculture pour irriguer des cultures fourragères, d’arboriculture et quelquefois des cultures maraichères.

La valorisation de cette ressource permet d’alléger le recours aux eaux conventionnelles, particulièrement aux eaux souterraines très vulnérables.

Actuellement, dans de nombreuses régions du pays les EU brutes constituent pour les agriculteurs une importante ressource d'eau disponible, mais qui présente des risques sanitaires potentiels élevés. Sur les 62 stations d’épuration existantes dans tout le pays seulement 22 sont opérationnelles, les autres étant en général hors service. Les EU sont souvent utilisées à l’état brute pour irriguer des cultures à faible rentabilité économique.

Les principales dispositions de la stratégie relatives à la promotion de la REUE s’articulent autour des axes suivants :

Intégration des études de faisabilité des projets de REUE dans le cadre du Programme National d’Assainissement Liquide (PNAL). La démarche envisagée comprendra trois étapes : une étude d’opportunité, une étude de faisabilité et une étude de faisabilité détaillée. Cette démarche en trois étapes est intéressante car elle permet de « filtrer » assez vite les projets les plus réalistes et intéressants.

Développement du traitement complémentaire tertiaire pour une REUE réutilisation moins restrictive en agriculture ;

Renforcement des options de réutilisation telles que l’arrosage des espaces verts, les usages municipaux et l'arrosage des jardins d’hôtels, la réutilisation industrielle, la recharge de nappes et le stockage inter saisonnier ;

Amélioration de la coordination entre les différents acteurs impliqués dans les projets assainissement-réutilisation des eaux usées épurées ;

Renforcement des capacités de gestion des ressources en eaux et l’implication du secteur privé dans les activités de la réutilisation ;

Intensification de la sensibilisation pour gagner l’adhésion des populations et atténuer la réticence à la réutilisation des EUE ;

Réduction des impacts négatifs liés à la réutilisation, traitement adéquat et fiable en fonction des usages.

Instauration d’un programme de suivi et de monitoring de la qualité des nappes d’eau souterraine et le renforcement du contrôle sanitaire et des mesures d’hygiène dans les périmètres irrigués par la REUE.

2.

Le Conseil Supérieur de l’Eau et du Climat

Celui-ci a émis, lors de sa 8ème session de 1994, un ensemble de recommandations visant la promotion de la réutilisation des eaux usées à l’échelle nationale en adoptant des politiques nationales cohérentes intégrant assainissement, épuration et réutilisation des eaux usées épurées (REUE), et mise en place de structures institutionnelles et réglementaires appropriées. En matière de normes sanitaires et de réglementation de REUE en agriculture, le Conseil a recommandé les

mesures suivantes :« Il est nécessaire de procéder, préalablement à toute réutilisation contrôlée, à l’établissement de normes marocaines sur la base de données accumulées à partir des expérimentations pilotes et en s’inspirant des expériences des autres pays ainsi que des recommandations et directives des

organisations internationales

»

3.

La Loi sur l’Eau et ses textes d’application

Ils constituent le principal outil législatif et réglementaire régissant la REU au Maroc. De nombreuses dispositions de La loi visent la réglementation et la promotion de la REU usées. Les principaux articles relatifs à la REU sont:

Article (84) : Interdit la REU en agriculture chaque fois que la qualité de ces eaux usées ne correspond pas aux normes fixées par voie réglementaire.

Article (57) : relatif aux conditions d’utilisation des eaux usées. Il impose une autorisation à toute REU et stipule que tout utilisateur peut bénéficier du concours financier de l’Etat et d’une assistance technique si l’utilisation qu’il en fait est conformes aux conditions fixées par l’administration et a pour effet de réaliser des économies d’eau et de préserver les ressources en eau contre la pollution.

Article (51) : relatif à l’établissement des normes de qualité des eaux destinées à l’irrigation et d’autres usages. Ces normes sont élaborées par le Comité Normes et Standards, fixées par arrêté et révisées tous les dix ans ou chaque fois que le besoin s’en fait sentir. Les ABHs sont tenues par la loi sur l’eau de prendre les mesures nécessaires pour que la qualité des eaux respecte ces normes.

Article (54) : Interdit le rejet d’eaux usées dans le milieu récepteur.

Article (52) : impose une autorisation préalable aux rejets d’eaux usées dans le milieu récepteur, délivrée par l’Agence de Bassin après enquête.

Les principaux décrets et arrêtés d’application de la Loi sur l’Eau concernant directement ou indirectement la REUE sont annexés à ce rapport. Ils englobent :

Le décret N° 2-97-875 du 4 Février 1998, relatif à l’utilisation des eaux usées. Ce décret interdit toute réutilisation des eaux usées non traitées, et institue d’une part l’autorisation d’utilisation des eaux usées et d’autre part le concours financier des ABHs aux projets de REUE.

Projet d’arrêté portant fixation des normes de qualité de l’eau d’irrigation : cet arrêté fixe des normes de qualité générales mais n’apparait pas assez bien adapté aux spécificités de l’irrigation par la REUE car ne tient pas compte des types de cultures irriguées par les EUE, ni des types d’irrigation.

Décret fixant les modalités d’octroi des aides financières par les Agences de bassins Hydrauliques pour l’épuration et la réutilisation des eaux usées , et l’économie d’eau :

Les ABHs peuvent accorder aux unités industrielles, aux Communes et aux autres gestionnaires des services d’assainissement, des subventions sous forme d’aides financières destinées à l’épuration et la réutilisation des eaux usées. Ces aides pourraient consister en une contribution de l’ABH aux investissements requis à cet effet.

Le décret n° 2-04-553 du 24 janvier 2005, relatif aux déversements, écoulement, rejets, dépôts

directs ou indirects dans les eaux superficielles et souterraines ; articles 52 et 53 de la loi sur l’eau, institue :

Ce décret, conformément aux

o

l’obligation de déclaration et d’autorisation des déversements ;

o

l’application de valeurs limites de rejets ;

o la soumission des déversements à des redevances.

L’arrêté conjoint n° 1180-06 du 12 juin 2006, portant fixation des taux de redevances applicables aux déversements des eaux usées et définissant l’unité de pollution ;

L’arrêté conjoint n° 1607-06 du 25 juillet 2006 portant fixation des valeurs limites spécifiques aux rejets d’eaux usées domestiques ;

Le projet d’arrêté portant fixation des valeurs limites générales de rejets : Cet arrêté fixe les valeurs limites générales de rejets directs et indirects applicables aux déversements pour lesquels des valeurs limites spécifiques ne sont pas fixées. Ces valeurs auxquelles les déversements dans le domaine public hydraulique doivent être conformes sont constituées de paramètres physico- chimiques ou bactériologiques.

Les arrêtés conjoints 2006 portant fixation des valeurs limites spécifiques à certaines branches industrielles (sucreries, papier & pate à papier….) ;

Le décret n° 2-05-1533 du 13 février 2006 relatif à l’assainissement autonome. Ce décret s’applique aux petites agglomérations rurales groupées ou dispersées, ne disposant pas de r »seau d’assainissement collectif. Il impose :

o

l’obligation de déclaration, auprès des services techniques de la commune, de toute réalisation de dispositif d’assainissement autonome ;

o

l’obligation des communes de procéder au contrôle de la conformité des dispositifs d’assainissement autonome aux prescriptions techniques en vigueur.

Décret réglementant les procédures d’élaboration d’étude d’impact sur l’environnement de projets, y compris les projets d’irrigation par la REUE.

4. Le Comité Normes et Standard (CNS)

Institué depuis 1994 au sein du Conseil National de l’Environnement, et composé des représentants de tous les départements concernés, a élaboré des normes de qualité de l’eau destinée à l’irrigation (cf. annexe) en vue de limiter les risques sanitaires des populations. Ces normes sont fortement inspirées des directives de l’OMS (Cf. annexe), des recommandations de la FAO et de normes en vigueur dans certains pays de la région méditerranéenne et d’autres régions (Cf. annexe). Toutefois ces normes, qui concernent la qualité requise pour toutes les eaux d’irrigation, demeurent très restrictives vis-à-vis de la réutilisation des eaux usées épurées. Elles doivent être adaptées aux conditions de réutilisation des eaux usées épurées en gardant une certaine souplesse vis-à-vis de la qualité requise en fonction des cultures pratiquées et des méthodes d’irrigation par les eaux usées épurées comme c’est le cas dans de nombreux pays. Mais rien n’empêche de retenir des normes plus sévères quand il s’agit d’irriguer des cultures consommables crues.

5. Le Plan National de l’Eau (en cours de finalisation)

Intègre les eaux usées dans l’offre globale des ressources en eau mobilisables. Il examine globalement les potentialités de réutilisation des eaux usées à l’échelle nationale.

6.

Les Plans d’Aménagement Intégré des Ressources en Eau (PDAIREs)

Mis à jour périodiquement par les ABHs ils intègrent les eaux usées dans le calcul du bilan d’eau global au niveau du bassin versant et examinent les potentialités de valorisation des eaux usées particulièrement en agriculture. En principe les études du PDAIRE relatives à la valorisation du potentiel eaux usées à l’échelle du bassin versant doivent intégrer :

L’étude du « marché » des eaux usées. Celle-ci comprend : Inventaire des réutilisations existantes ; inventaire des usages potentiels des eaux usées ; approvisionnement alternatif en eau conventionnelle (coûts) ; enquête auprès des utilisateurs potentiels d’eaux usées et information des utilisateurs potentiels.

L’élaboration de scénarios de REUE prenant en considération les aspects techniques et socio économiques.

7. Le Programme National d’Assainissement Liquide (PNAL) :

Celui-ci est géré par le Ministère de l’Intérieur et le SEEE. Le programme intègre l’épuration et la réutilisation des eaux usées dans les projets d’assainissement. Le PNAL s’étale sur une période allant jusqu’à l’horizon 2020 et définit les priorités en matière d’assainissement et de traitement des eaux usées et établit les montages financiers des projets. Le financement du programme est assuré par des subventions de l’Etat, des contributions financières de bailleurs de fonds ( BM, BEI, kfW, AFD,etc.) ainsi que des contributions des gestionnaires du service d’assainissement (Régies, ONEP, Communes, etc.

8. Le Fonds d’Assainissement Liquide et d’Epuration des Eaux Usées – FALEEU :

Ce fonds est géré par le Ministère de l’Intérieur.

II. PRINCIPAUX INTERVENANTS DANS LE SECTEUR DE L’EPURATION ET LA REUTILISATION DES EAUX USEES.

De nombreux intervenants sont impliqués directement ou indirectement dans le secteur de l’épuration et la réutilisation des eaux usées : Il s’agit particulièrement des organismes suivant :

Le Ministère de l’Intérieur est impliqué dans les projets d’assainissement et de traitement des eaux usées par le biais de la Direction de l’Eau et de l’Assainissement, la Direction des Collectivités Locales et la Direction des Régies et Services concédés. Il existe actuellement 11 Régies municipales chargées de l’assainissement et le traitement des eaux usées opérant dans 11 agglomérations urbaines à travers le pays. Le MI est le responsable

Le SEEE à travers les Agences de Bassins Hydrauliques (ABHs) : Chaque ABH intègre les potentialités de valorisation des eaux usées dans le PDAIRE. La loi sur l’eau autorise les ABHs à accorder des subventions, à hauteur de 20% du cout d’investissement, en faveur des actions visant des économies d’eau et de protection des ressources en eau.

L’Office National de l’Eau Potable (ONEP) : Il est chargé de l’assainissement liquide et du traitement des eaux usées de près de 50 centres urbains, en vertu de contrats de gestion déléguée avec les Communes. Actuellement l’Office gère 34 STEP opérationnelles et 16 autres en cours de réalisation.

Le Ministère de l’Agriculture, à travers notamment : (i) les DRA/DPA, (ii) certaines ORMVAs, (iii) INRA, (iv) IAV

Implication d’autres instituions :

Certaines institutions universitaires et de recherche telles : l’IAV ; l’INRA et d’autres département universitaires) : sont impliquées dans des projets pilotes de REUE (Ben Serguao ; Ouarzazate, etc.) pour contribuer au suivi évaluation des performances des systèmes d’épuration et de l’impact de la REEU sur l’environnement( cultures, nappes, etc.)

III. PROGRAMMES NATIONAUX ET REGIONAUX EXISTANTS

TRAITANTS DES QUESTIONS LIEES A LA REUTILISATION DES EAUX USEES.

1. Stratégie Nationale de l’Eau ( approuvée en 2010) :

Un plan d’action est en cours d’élaboration en vue de traiter des volets institutionnels, réglementaires et financiers, et développer des partenariats public-privé pour la promotion de la réutilisation des eaux usées à l’échelle nationale.

2. Programme National d’Assainissement Liquide (PNAL) :

Géré par le Ministère de l’Intérieur et le SEEE en collaboration avec d’autres départements concernés. Ce programme bénéficie de subventions de l’Etat et l’appui financier de nombreux bailleurs de fonds : AFD ; kfw ; BM ; BEI ; JBIC ; etc. Les études lancées dans le cadre de ce programme traitent, en plus de l’infrastructure d’assainissement et d’épuration des eaux usées, des aspects liés à la REUE. Le PNAL s’étale sur une période allant jusqu’à l’horizon 2020 et concerne près de 260 agglomérations urbaines pour une population totale de près de 10 millions habitants, excluant

les villes gérées par les concessionnaires privés (Casablanca, Rabat, Tanger et Tétouan).

global du programme est estimé à 43 milliards Dh dont 12 milliard Dh destinés à la réalisation des

stations d’épuration des eaux usées (STEP).

Le cout

3. Le programme d’assistance technique de la Délégation de la Commission Européenne destiné à l’appui au PNAL :

« Assainissement et appui institutionnel ». Programme lancé en 2009.

4. Etude des possibilités de valorisation des eaux usées épurées à l’échelle nationale.

Cette étude a été lancée par SEEE en 2009 ; elle est en cours d’achèvement.

IV. CONTRAINTES MAJEURS A LA PROMOTION DE LA

REUTILISATION DES EAUX USEES

Les principales contraintes entravant actuellement la promotion de la réutilisation des eaux usées se résument comme suit :

Faible cohérence des politiques d’intégration des programmes d’assainissement, épuration et réutilisation des eaux usées ;

Imperfection du dispositif institutionnel actuel. En effet il existe une multitude d’intervenants dans le secteur de l’assainissement et l’épuration/réutilisation des eaux usées, sans clarification des relations entre ces différents acteurs ( Etat; Agences de bassins ; Régies municipales ; l’ONEP ; Communes ; l’Agriculture…)

Lacunes institutionnelles en matière de prise en charge et gestion de projets de REUE :

Financement, gestion, tarification. Actuellement les opérateurs des services d’assainissement/traitement des eaux usées (Régies ; ONEP ;Communes ; Concessionnaires privés) sont seulement chargés de la collecte des eaux usées et leur épuration pour que leur qualité soit conforme aux normes de rejets en vigueur. Au delà de ce stade ces opérateurs ne sont plus responsables du devenir des EUE ; ils ne sont pas obligés de faire le traitement tertiaire souvent requis pour la REU, si les effluents épurées répondent aux normes de rejet en vigueur. Il existe donc un vide institutionnel qu’il va falloir résoudre en vue de clarifier les responsabilités des différents intervenants en matière de :

o

Réalisation d’études d’opportunités, de faisabilités et d’exécution des projets de REUE ;

o

Financement des investissements associés au traitement complémentaire des EU et aux équipements et infrastructure du projet, ainsi que des couts d’exploitation;

o

Gestion et exploitation des infrastructures des projets de REUE.

Insuffisance, inadaptation et inefficacité des instances de coordination et de concertation dans ce secteur ;

Faible décentralisation des décisions, en matière d’assainissement et de REU

Faible cohérence des politiques d’intégration des programmes d’assainissement et de REUE à l’échelle nationale;

Retard enregistré dans la promulgation des textes d’application de la Loi 10-95 sur l’Eau, notamment les textes relatifs aux rejets et épuration/réutilisation des eaux usées ; et difficultés rencontrées dans l’application effective sur le terrain du dispositif réglementaire existant, en raison des insuffisances des capacités des ABHs.

Absence de normes spécifiques à la REUE en agriculture ainsi que l’absence de texte réglementaire fixant la liste des cultures et les conditions de leur irrigation par la REUE constituent un handicap à la promotion de projets de REUE en agriculture.

En fait, comme souligné dans ce rapport, le « Comité Normes et Standards » a élaboré des normes générales de qualité des eaux destinées à l’irrigation, mais celles-ci n’apparaissent pas assez bien adaptées aux spécificités des eaux usées;

la REUE n’est pas obligatoirement intégrée dans les études de schémas directeurs d’assainissement liquide des agglomérations urbaines. Ces études sont lancées par les opérateurs des services d’assainissement (Régies, ONEP; Communes, etc.) et s’arrêtent souvent au stade d’épuration des EU. Le devenir de ces EUE ne fait pas parti de leurs attributions.

Insuffisance des infrastructures existantes d’épuration des EU. Le pays compte actuellement près de 63 STEP parmi lesquelles 22 seulement sont opérationnelles, les autres étant hors service.

Insuffisance de l’implication des opérateurs privés, dans le cadre de partenariat public-privé, dans les projets de REUE.

L’absence de mécanismes de financement assurant une bonne répartition des couts d’investissement et d’exploitation des projets de REUE en agriculture.

V. INITIATIVES NATIONALES EN MATIERE DE PROMOTION DE LA REUE DANS LE CADRE DE PARTENARIAT PUBLIC PRIVE

1. Expérience de valorisation des EUE à Marrakech

Le projet d’extension en cours de la STEP de Marrakech pour intégrer un traitement secondaire et un traitement tertiaire par filtration rapide est le fruit d’un partenariat entre l’Etat la Radeema et des promoteurs touristiques de terrains de golfs à Marrakech. Les eaux usées épurées (près de 30 million m3/an) seront acheminées par refoulement pour alimenter les terrains de golf et la palmeraie, en plus des espaces verts de la ville. Le projet permettra à la ville de tripler à terme ses projets de golfs dont l’arrosage sera désormais exclusivement par la REUT. Les couts d’investissement associés au traitement complémentaire de la STEP ont été pris en charge par l’Etat et la Radeema (70%) en financement propre et à travers un crédit du Fonds d’Equipement Communal(FEC), le reste (30%) est pris en charge par les promoteurs privés. Les charges d’exploitation associées au traitement tertiaire, pompage et transport des eaux traitées vers les golfs feront ultérieurement l’objet de convention entre la Radeema et les promoteurs privés.

2. Expérience de valorisation des eaux usées de Ben Slimane

Cette station a été réalisée en 1997 dans le cadre d’un partenariat public- privé entre la municipalité de BenSlimane, l’ONEP et un opérateur privé gérant un club de golf dans la ville. Le projet a bénéficié d’un soutien financier du gouvernement canadien. La station traite l’équivalent de 58.000 équivalent habitants par des bassins de lagunage anaérobie, aérobie et facultatifs. Les eaux usées épurées répondent aux normes de l’OMS et sont acheminées pour l’arrosage des terrains du golf. L’opérateur privé, propriétaire du club du golf, paye toutes les charges d’exploitation de la station.

3. Expérience du projet pilote de Ben Sargao à Agadir

Ce projet a été réalisé dans la cadre d’un partenariat entre les Collectivités locales et l’AFD. Les collectivités locales ont apporté le financement du projet et l’AFD a assuré la conception et le suivi technique du projet dont le but est de tester la faisabilité technique et économique ainsi que les performances épuratoires , à l’échelle de la station pilote, d’un procédé d’épuration des eaux usées par filtration dans des lits de sable très disponible dans la région. La STEP comprend une unité de prétraitement, un traitement primaire par bassin de décantation anaérobie, ensuite un traitement complémentaire par infiltration sur lits de sable. Le volume traité en provenance de l’agglomération de Ben Sargao est près de 750m3/j. la qualité des EUE est conforme aux normes de l’OMS.

Le cout d’investissement de près de 4 MDh a été 3 à 4 fois moins élevé que celui d’un traitement par boue activées. Le cout d’exploitation et de maintenance est de près de 0.8 Dh/m3 d’eau traitée.

Les leçons tirées de cette expérience pilote d’épuration/réutilisation des eaux usées de Ben Sargao ont permis de réaliser un projet de station à grande échelle à Mzar/Agadir utilisant le même procédé d’épuration par infiltration sur lits de sable. Des travaux d’extension de cette station sont en cours de réalisation et permettront de porter la capacité de traitement des eaux usées de 10.000 m3 à 30.000 m3/jour à l’horizon 2012. Le projet fait partie du programme d’assainissement liquide du Grand Agadir ; il est financé dans le cadre d’un partenariat entre l’AFD, le PNAL et la Régie autonome multiservices d’Agadir (RAMSA). Des promoteurs privés de clubs de golfs sont intéressés pour réutiliser les eaux usées épurées dans l’arrosage des terrains de golf. D’autres usages potentiels en agriculture sont en cours de prospection avec des opérateurs privés.

4. Expérience pilote de Ouarzazate

Ce projet géré par l’ORMVA de Ouarzazate et l’ONEP a permis de tester les performances d’épuration par lagunage (anaérobie, facultatif et de maturation) ainsi que l’impact et les risques

sanitaires de l’irrigation de différentes cultures par la REUE. Les normes de qualité des eaux épurées sont conformes aux directives de l’OMS. Les résultats de cette expérience méritent d’être analysées et mise en valeur lors de la prochaine étude pour l’élaboration de projet de normes au Maroc spécifiques à la REUE en agriculture.

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

Ce diagnostic rapide du contexte institutionnel et réglementaire de la réutilisation agricole des eaux usées a permis de mettre en évidence un certain nombre de contraintes à la promotion de la REUE en agriculture et identifie quelques « pistes » de réflexion qui devront être analysées en profondeur dans les études ultérieures envisagées dans le cadre du programme MEC. Les principaux constats qui ressortent de ce diagnostic peuvent se résumer comme suit :

1. La promotion de la réutilisation des eaux usées épurées demeure tributaire de : (i) l’introduction de nouvelles réformes institutionnelles permettant de clarifier les responsabilités et le rôle des différents intervenants dans ce secteur, (ii) la réforme du cadre législatif et réglementaire existant ainsi que le renforcement des capacités des ABHs pour sa mise en œuvre efficace sur le terrain, et (iii) l’implication du secteur privé, dans le cadre de partenariat public-privé, dans les projets de REUE. Une étude comparative de différents cadres législatifs et institutionnelles, basée sur l’analyse des limites posées à la réutilisation des eaux usées, devrait permettre de dégager des éléments clés des réformes adaptées pour la promotion de la REUE à l’échelle nationale.

2. Proposition de stratégies destinées à développer le partenariat public-privé dans des projets pilotes de REUE. On peut s’inspirer à cet effet de l’expérience Tunisienne dans ce domaine où pour l’arrosage des terrains de golf par exemple, le promoteur prend en charge la mise en place et l’exploitation de l’infrastructure de mobilisation des EUE (station de pompage, conduite de transfert, bassins de stockage, consommation d’énergie…). De récentes initiatives ont été lancées dans ce domaine particulièrement à Ben Slimane et Marrakech, méritent d’être analysées en profondeur lors des études ultérieures dans le cadre du programme MEC en vue d’en tirer les leçons utiles, particulièrement le montage institutionnel et les mécanismes financiers, en vue de développer un cadre de partenariat public privé plus appropriée devant promouvoir la REUE en agriculture à l’échelle nationale.

3. Besoin de système de tarification adéquat dans les projets de REUE : Quelques expériences internationales dans ce domaine montrent qu’une tarification souple et progressive est de nature à encourager les agriculteurs à adhérer facilement aux projets de REUE. On peut s’inspirer à ce titre de l’expérience tunisienne où, dans le secteur agricole, l’Etat prend en charge la mobilisation et la distribution des EUE ; l’agriculteur achète l’eau à 0,020 Dinars le m3 (près de 0.14 Dh) sur tout le territoire. Une étude comparative des mécanismes tarifaires en vigueur dans quelques pays suffisamment avancés dans ce domaine permettra d’adopter un système de tarification approprié pour le Maroc.

4. L’absence de normes de rejet spécifiques à la REUE en agriculture ainsi que l’absence de texte réglementaire fixant la liste des cultures et les conditions de leur irrigation par la REUE constituent un handicap à la promotion de projets de REUE. Les résultats des expérimentations de REUE en agriculture menées à Ouarzazate méritent d’être analysées et mises en valeur lors des études ultérieures pour l’élaboration de projet de normes (normes de qualité, liste des cultures et les conditions de leur irrigation par la REUE) adaptées au contexte marocain.

5. La promotion de la REUE se heurte quelquefois à la réticence des agriculteurs et des populations d’utiliser ces eaux dans l’agriculture. Des campagnes de communication et de sensibilisation des agriculteurs concernés à l’intérêt d’utilisation de cette ressource et des

conditions sanitaires à observer, sont en mesure de les motiver à adhérer aux projets de REUE.

BIBLIOGRAPHIE

-Stratégie Nationale de l’Eau. Secrétariat d’Etat Chargé de l’Eau et l’Environnement, 2010.

-Plan National de l’Eau (version provisoire). SEEE

-Plan d’action de réutilisation des eaux usées, SEEE, 2010.

-Loi 10/95 sur l’Eau, 1995.

-Programme National d’Assainissement Liquide, version révisée par kfw & BM, 2006.

-Décrets & Arrêtés relatifs à la réutilisation des eaux usées- Secrétariat d’Etat Chargé de l’Eau.

-Conseil Supérieur de l’Eau et du Climat (Maroc) – Réutilisation des eaux usées enagriculture. Huitième session, 1994.

-Réutilisation des eaux usées en irrigation. Projet PREM, USAID, 2000.

-Projet Pilote de réutilisation des eaux usées traitées en agriculture, Meknès, Maroc. USAID- ABRI- Advancing the Blue Revolution Initiative

ANNEX I : RECUEIL DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES REGISSANT LA REUTILISATION DES EAUX USEES

ARTICLES DE LA LOI 10/95 SUR L’EAU RELATIFS A LA REUTILISATION DES EAUX USEES

Article 84. L'utilisation des eaux usées à des fins agricoles est interdite lorsque ces eaux ne correspondent pas aux normes fixées par voie réglementaire.

Article 57 :L’administration définit les conditions d’utilisation des eaux usées. Toute utilisation des eaux usées est soumise à autorisation préalable de l’Agence de Bassin. Tout utilisateur des eaux usées peut bénéficier du concours financier de l’Etat et de l’assistance technique de l’agence de bassin si l’utilisation qu’il fait des eaux usées est conforme aux conditions fixées par l’administration er a pour effet de réaliser des économies d’eau et de préserver les ressources en eau contre la pollution.

Article 51 : Fixe les normes de qualité auxquelles une eau doit satisfaire selon l’utilisation qui en sera faite.

Article 52 : Impose une autorisation préalable aux déversements des eaux usées dans le milieu récepteur, autorisation accordée après enquête par l’agence de bassin. Cette autorisation d éfinit les conditions de déversement. Cette autorisation donne lieu au paiement de redevances dans les conditions fixées par voie réglementaire.

Article 54. Il est interdit:

- de rejeter des eaux usées ou des déchets solides dans les oueds à sec, dans les puits, abreuvoirs et lavoirs publics, forages, canaux ou galeries de captage des eaux. Seule est admise l'évacuation des eaux résiduaires ou usées domestiques dans des puits filtrants précédés d'une fosse septique.

- D'effectuer tout épandage ou enfouissement d'effluents et tout dépôt de déchets susceptibles de polluer par infiltration les eaux souterraines ou par ruissellement les eaux de surface.

DECRET N° 2-97-875 DU 6 CHAOUAL 1418 (4 FEVRIER 1998) RELATIF A L'UTILISATION DES EAUX USEES

Le Premier Ministre,

Vu la loi n° 10-95 sur l'eau promulguée par le dahir n° 1-95-154 du 18 rabii I 1416 (16 août 1995), notamment les articles 57 et 84 de ladite loi ;

Après examen par le conseil des ministres réuni le 18 ramadan 1418 (17 janvier 1998),

Décrète :

Chapitre premier : des autorisations d'utilisation des eaux usées

Article Premier : Conformément aux dispositions de l'article 57 de la loi n° 10-95 susvisée, l'autorisation de l'utilisation des eaux usées est délivrée par le directeur de l'agence du bassin hydraulique concernée, à l'exception des recyclages internes non interdits par l'article 3 ci-dessous.

Article 2 : Aucune eau usée ne peut être utilisée si elle n'a pas été préalablement reconnue épurée sous réserve des dispositions de l'article 15 ci-dessous.

Article 3 : En aucun cas les eaux usées mêmes épurées ne peuvent être utilisées à la boisson, à la préparation, au conditionnement ou à la conservation de produits ou denrées alimentaires.

L'utilisation des eaux usées épurées ne peut être autorisée pour le lavage et le refroidissement des récipients et autres objets destinés à contenir des produits ou denrées alimentaires, ou à servir à leur préparation, leur conditionnement ou leur conservation.

Article 4 : La demande d'autorisation prévue à l'article premier ci-dessus est adressée au directeur de l'agence du bassin hydraulique. Elle doit comporter notamment :

1 - l'identité du demandeur et, le cas échéant, celle de toute personne dûment habilitée à le représenter,

2 - l'origine des eaux usées épurées dont l'utilisation est envisagée ainsi que leur volume annuel et sa modulation,

3 - l'usage prévu des eaux usées épurées,

4 - la durée de l'autorisation.

La demande d'autorisation doit être accompagnée d'un dossier constitué :

a) d'un acte justifiant la libre disposition par l'intéressé du (ou des) fonds à irriguer avec les eaux

usées épurées ou des installations pour lesquelles ces eaux usées seront utilisées ;

b) d'une étude technique indiquant la qualité des eaux usées épurées à utiliser et justifiant le projet ;

c) des plans parcellaires du (ou des) fonds à irriguer ;

d) d'un plan du système de collecte des eaux usées épurées ;

e) d'un plan du système d'épuration des eaux usées, lorsque l'utilisateur des eaux usées se charge de

leur épuration ;

f) des plans du système de drainage en cas d'irrigation ;

g) des réseaux de distribution des eaux usées à utiliser en cas d'utilisation urbaine ;

h) d'un plan du circuit des eaux usées épurées en cas d'utilisation industrielle ;

i) d'une étude d'impact du projet sur l'hygiène et la salubrité publiques et sur la préservation de la qualité des eaux du domaine public hydraulique.

Les demandes d'utilisation des eaux usées doivent être adressées par lettres recommandées avec accusés de réception ou déposées contre récépissés auprès de l'agence du bassin hydraulique concernée. Toutefois, elles peuvent être adressées ou déposées dans les mêmes conditions auprès des services de l'eau compétents à raison du lieu de situation de l'utilisation, qui se chargent de les transmettre à l'agence du bassin hydraulique concernée.

Article 5 : La demande d'autorisation et les pièces qui l'accompagnent sont soumises à l'avis d'une commission composée, sous la présidence du directeur de l'agence du bassin hydraulique, des représentants des services du ministère chargé de l'environnement et des services préfectoraux ou provinciaux concernés du ministère chargé de l'équipement, du ministère chargé de la santé publique et du ministère dont dépend le secteur usager des eaux usées épurées.

Au vu de l'avis de la commission, le directeur de l'agence du bassin hydraulique décide de la suite à réserver à la demande. Tout refus de l'autorisation doit être motivé.

Article 6 : Le directeur de l'agence du bassin hydraulique délivre, le cas échéant, l'autorisation qui doit notamment contenir :

- l'identité du permissionnaire ;

- la durée de l'autorisation qui ne peut dépasser dix (10) ans, renouvelable ;

- l'usage qui sera fait des eaux usées épurées ;

- le volume des eaux usées épurées à utiliser ;

- les mesures à prendre pour protéger le milieu naturel ;

- les conditions d'utilisation des eaux usées épurées ;

- les conditions de renouvellement de l'autorisation ;

- les conditions de suivi, de contrôle et d'assistance technique par l'agence de bassin ;

- les catégories de cultures à irriguer et les usages autorisés ;

- les conditions d'épuration des eaux usées.

Article 7 : L'autorisation d'utilisation des eaux usées épurées est révoquée sans indemnité :

- si les conditions qu'elle comporte ne sont pas observées ;

- si elle est cédée ou transférée sans l'agrément de l'agence de bassin ;

- si les eaux reçoivent une utilisation autre que celle autorisée.

Article 8 : Lorsque l'utilisateur des eaux usées épurées est le premier usager de l'eau, il n'est délivré qu'une seule autorisation qui définit en même temps les conditions de prélèvement et les conditions d'utilisation des eaux usées épurées.

Article 9 : Des ampliations des copies des déclarations reçues et des autorisations accordées ainsi que de leur modification, de leur révocation, de leur retrait ou de leur transfert sont adressées par le directeur de l'agence du bassin hydraulique aux services préfectoraux ou provinciaux concernés du ministère chargé de l'équipement.

Chapitre II : du concours financier

Article 10 : Le concours financier prévu au deuxième alinéa de l'article 57 de la loi n° 10-95 précitée est accordé par l'agence de bassin dans les conditions ci-après et après consultation de la commission mentionnée à l'article 13 ci-dessous :

a) l'agence de bassin peut, dans la limite des crédits disponibles à cet effet dans son budget et d'un plafond fixé par arrêté du ministre chargé de l'équipement et du ministre chargé des finances,

accorder son concours financier pour la réalisation des investissements de l'épuration des eaux usées et, le cas échéant, de leur pompage et/ou de leur adduction, jusqu'au lieu d'utilisation, à condition que ces eaux ne proviennent pas directement du milieu naturel ;

b) l'utilisation des eaux usées épurées doit permettre :

- d'une part, de réaliser des économies d'eau ;

- et, d'autre part, d'éviter que le déversement, dans le domaine public hydraulique, des eaux usées à utiliser ne modifie les caractéristiques des eaux de ce domaine.

Les conditions d'application du présent article et les critères de mise en oeuvre de l'alinéa b ci- dessus, seront fixés par arrêté conjoint des autorités gouvernementales chargées des finances, de l'équipement et de l'environnement.

Article 11 : Le concours financier peut, le cas échéant, être accordé dans les conditions fixées par le présent décret, aux utilisations des eaux usées épurées par le premier usager de ces eaux.

Article 12 : La demande du concours financier peut être adressée par lettre recommandée avec accusé de réception ou déposée contre récépissé auprès de l'agence de bassin.

Elle doit indiquer les montants et les types d'investissements à réaliser et comporter les éléments constituant et accompagnant la demande d'autorisation tels que mentionnés à l'article 4 ci-dessus.

Article 13 : La commission visée à l'article 10 ci-dessus est composée :

- du représentant de l'agence de bassin, secrétaire ;

- du représentant de l'autorité gouvernementale chargée des finances ;

- du représentant de l'autorité gouvernementale chargée de l'équipement ;

- du représentant de l'autorité gouvernementale chargée de l'environnement;

- du représentant de l'autorité gouvernementale dont dépend le secteur usager des eaux usées épurées.

Chapitre III : Dispositions diverses et transitoires

Article 14 : Toute personne commissionnée par le ministre chargé de l'équipement ou l'agence du bassin hydraulique peut accéder aux installations d'épuration et/ou de pompage, aux ouvrages d'adduction et aux lieux d'utilisation en vue de procéder aux contrôles nécessaires à la préservation de l'hygiène et de la salubrité publique.

Article 15 : Les utilisateurs des eaux usées à la date de publication du présent décret disposent d'un délai de cinq (5) ans pour se conformer aux dispositions du présent décret.

Article 16 : En application des dispositions de l'article 99 de la loi précitée n° 10-95, et dans l'attente de la création de chaque agence de bassin hydraulique, les attributions reconnues par le présent décret auxdites agences sont exercées par le ministère chargé de l'équipement.

Article 17 : Le ministre des finances, du commerce, de l'industrie et de l'artisanat et le ministre de l'agriculture, de l'équipement et de l'environnement sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent décret qui sera publié au Bulletin officiel.

Fait à Rabat, le 6 chaoual 1418 (4 février 1998).Abdellatif Filali.

Pour contreseing :Le ministre des finances,du commerce, de l'industrieet de l'artisanat,Driss Jettou.

Le ministre de l'agriculture, de l'équipement et de l'environnement, Abdelaziz Meziane Belfkih.

PROJET D'ARRETE CONJOINT DU MINISTRE DE L’EQUIPEMENT ET DU MINISTRE CHARGE DE L'AMENAGEMENT DU TERRITOIRE, DE L'ENVIRONNEMENT, DE L'URBANISME ET DE L’HABITAT PORTANT FIXATION DES NORMES DE QUALITE DES EAUX DESTINEES A L’IRRIGATION

Le Ministre de l’Equipement et le Ministre chargé de l’Aménagement du Territoire, de l'Environnement, de l’Urbanisme et de l’Habitat,

- Vu le décret relatif à la fixation des normes de qualité des eaux et à l’inventaire du degré de pollution n° 2-97-787 du 5 février 1998,

- Vu le décret relatif à l’utilisation des eaux usées n° 2-97-875 du 5 février 1998,

- Après avis du Ministre de la Santé et du Ministre de l'Agriculture, du Développement Rural et des Pêches Maritimes.

Arrêtent

ARTICLE 1 - A compter de la date de publication du présent arrêté conjoint, les normes de qualité des eaux destinées à l'irrigation visées à l'article premier du décret n° 2-97-787 susvisé sont fixées au tableau joint au présent arrêté.

ARTICLE 2 - Toute eau destinée à l'irrigation doit satisfaire aux normes de qualité fixée au tableau joint au présent arrêté.

Toutefois, l'agence de bassin peut, lorsque les ressources en eau disponibles ne sont pas suffisantes, permettre l'utilisation pour l'irrigation des eaux dont les valeurs limites relatives à la salinité, aux ions toxiques et aux effets divers ne répondent pas à celles du tableau mentionné à l'alinéa ci-dessus.

ARTICLE 4 - Le nombre minimal d'échantillons sur la base duquel une eau destinée à l'irrigation est dite conforme aux normes fixées dans le tableau mentionné à l'article 2 ci-dessus, est de six (6) par an à raison d'une (1) tous les deux (2) mois à partir de février pour les eaux superficielles, et de deux (2) par an pour les eaux souterraines pendant la période d'irrigation.

Toutefois, pour les eaux usées épurées, le nombre minimal d'échantillons sur la base duquel une eau destinée à l'irrigation est dite conforme aux normes fixées dans le tableau mentionné à l'article 2 ci-dessus, est de:

- quatre (4) par an à raison d'un (1) par trimestre pour analyser les métaux lourds,

- 24 par an à raison d'un (1) tous les quinze (15) jour pour analyser les paramètres bactériologiques, parasitologiques et physico-chimiques.

Les prélèvements d'échantillons susmentionnés doivent s'effectuer à la sortie des stations d'épuration.

ARTICLE 5 - Tout échantillon sur la base duquel l'eau destinée à l'irrigation est dite conforme aux normes fixées dans le tableau mentionné à l'article 2 ci-dessus, doit être un échantillon composite de vingt-quatre (24) heures.

Au sens du présent arrêté, on entend par échantillon composite tout mélange de façon intermittente ou continue en proportions adéquates d'au moins six échantillons ou parties d'échantillons et dont peut être obtenue la valeur moyenne du paramètre désiré.

ARTICLE 6 - Les échantillons prélevés lors des inondations, des pollutions accidentelles et des catastrophes naturelles ne sont pas considérés pour juger de la conformité de cette eau aux normes mentionnées à l'article 2 ci-dessus.

ARTICLE 7 - Les paramètres indicateurs de la qualité de l'eau destinée à l'irrigation sont mesurés selon les méthodes normalisées.

ARTICLE 8 - Le présent arrêté conjoint est publié au Bulletin Officiel.

Projet d'arrêté conjoint du Ministre de l’Equipement et du Ministre chargé de l'Aménagement du Territoire, de l'Environnement, de l'Urbanisme et de l’Habitat Portant fixation des normes de qualité des eaux destinées à l’irrigation

1. Normes de qualité des eaux destinées à l'irrigation

 

Paramètres

Valeurs limites

PARAMETRES BACTERIOLOGIQUES (1)

 
 

1 Coliformes fécaux

1000/100 ml *

 

2 Salmonelle

Absence dans 51

 

3 Vibrion Cholérique

Absence dans 450 ml

PARAMETRES PARASITOLOGIQUES (1)

 

4

Parasites pathogènes

Absence

5

Œufs, Kystes de parasites

Absence

6

Larves d'Ankylostomides

Absence

7

Fluococercaires de Schistosoma hoematobium

Absence

PARAMETRES TOXIQUES (1)

 

8

Mercure (Hg) en mg/l

0,001

9

Cadmium (Cd) en mg/l

0,01

10

Arsenic (As) ) en mg/l

0,1

11

Chrome total en mg/l

0,1

12

Plomb (Pb) en mg/b

5

13

Cuivre (Cu) en mg/l

0,2

14

Zinc (Zn) en mg/l

2

15

Sélénium (Se) en mg/l

0,02

16

Fluor (F) en mg/l

1

17

Cyanures (Cn) en mg/l

1

18

Phénoles en mg/l

3

19

Aluminium (Al) en mg/l

5

20

Barilyum (Be) en mg/l

0,1

21

Cobalt (Co) en mg/l

0,05

22

Fer (Fe) en mg/l

5

23

Lithium en mg/l

2,5

24

Manganèse (Mn) en mg/l

0,2

25

Molybdène (Mo) en mg/l

0,01

26

Nickel (Ni) en mg/l

0,2

27

Vanadium (V) en mg/l

0,1

* 1.000 CF/100 ml pour les cultures consommées crues.

(1)

Contrôlés uniquement lorsque l’eau concernée est susceptible d’être atteinte par une eau usée.

Tableau des normes de qualité des eaux destinées à l'irrigation

(suite)

Paramètres

 

Valeurs limites

PARAMETRES PHYSICO-CHIMIQUES

 

SALINITE

 

28

Salinité totale mg/l *

 

7680

29

Conductivité électrique mS/cm à 25°C*

8,7

30

   

0 ,2

Infiltration Si le SAR** du sol =

0 - 3

et

CE =

0,3

 

3

- 6

et

CE =

0,5

6

– 12

et

CE =

1,3

12 - 20 20 - 40

et

CE =

3

et

CE =

IONS TOXIQUES

 

31

Sodium (Na)

   

.

Irrigation de surface (SAR**)

 

9

.

Irrigation par aspersion (mg/l)

 

69

32

Chlorure (CI)

   
 

. Irrigation de surface (mg/l)

 

350

.

Irrigation par aspersion (mg/l)

 

105

33

Bore (mg/l)

 

3

EFFETS DIVERS

 

34

Température

 

35°C

35

PH

6,5-8,5

36

Matières en suspension (mg/l) Irrigation gravitaire Irrigation par aspersion et localisée

   

2.000

100

37

N-NO3 mg/l

 

50

38

Bicarbonate (HCO3) [Irrigation par aspersion (mg/l)]

518

39

Sulfates (mg/l)

 

250

* A partir d'une conductivité électrique de 3mS/cm, une eau nécessite des restrictions sévères pour l'irrigation, mais des rendements de 50%du rendement potentiel peuvent être réalisés avec des eaux de 8,7 mS/cm (cas du blé).

**SAR= sodium absorption ratio ((taux d'absorption du sodium). CE = conductivité électrique

PROJET D'ARRETE CONJOINT DU MINISTRE DE L’EQUIPEMENT ET DU MINISTRE CHARGÉ DE L’AMÉNAGEMENT DU TÉRRITOIRE, DE L'ENVIRONNEMENT, DE L’URBANISME ET DE L’HABITAT PORTANT FIXATION DES VALEURS LIMITES GENERALES DE REJET

Le Ministre de l’Equipement

et le Ministre chargé de l’Aménagement du Territoire, de l'Environnement, de l’Urbanisme et de l’Habitat

- Vu le décret relatif au déversement, écoulements, rejets, dépôts directs ou indirects dans les eaux superficielles ou souterraines

Arrêtent

ARTICLE 1 - A compter de la date de publication du présent arrêté conjoint, les valeurs limites générales de rejet visées à l'article 10 du décret relatif aux autorisations de déversements, écoulements, rejets, dépôts directs ou indirects dans les eaux superficielles ou souterraines ci-dessus mentionné sont fixées au tableau n°1 joint au présent arrêté.

ARTICLE 2 - Pour les rejets existants à la date de publication du présent arrêté conjoint, les valeurs limites de rejet ci-dessus mentionnées ne sont applicables qu’à partir de la dixième année de ladite date.

Toutefois, à partir de la cinquième année de la date de publication du présent arrêté conjoint, les valeurs limites de rejet indiquées au tableau n°2 joint au présent arrêté leur sont applicables.

ARTICLE 3 - Les valeurs indicateurs de la qualité du rejet visées aux articles 1 et 2 sont déterminés selon les normes d’essai et d’échantillonnage et sont définis conformément au décret n° 2-97-787 du 5 février 1998 relatif à la fixation des normes de qualité des eaux et à l’inventaire du degré de pollution des eaux.

ARTICLE 4 - Le présent arrêté conjoint est publié au Bulletin Officiel.

2.

Valeurs limites générales de rejet

Température

30°C

PH

6,5 - 8,51

MES mg/l

50

Azote Kjeldahl mgN/l

30

Phosphore total P mgP/l

10

DCO mgO2/l

500

DBO5 mgO2/l

100

Chlore actif CI2mg/l

0,2

Dioxyde de chlore CIO2 mg/l

0,05

Aluminium Al mg/l

10

Détergents mg/l (anioniques, cationiques et ioniques)

3

Conductivité en us/cm

2700

Salmonelles / 5000 ml

absence

Vibrions cholériques / 5000 ml

absence

Cyanures libres (CN) mg/l

0,1

Sulfures libres (S2) mg/l

1

Fluorures (F) mg/l

15

Indice de phénols mg/l

0,3

Hydrocarbures par Infra-rouge mg/l

10

Huiles et Graisses mg/l

30

Antimoine (Sb) mg/l

0,3

Argent (Ag) mg/l

0,1

Arsenic (As) mg/l

0,1

Barvum (Ba) mg/l

1

Cadmium (Cd) mg/l

0,2

Cobalt (Co) mg/l

0,5

Cuivre total (Cu) mg/l

0,5

Mercure total (Hg) mg/l

0,05

Plomb total (Pb) mg/l

0,5

Chrome total (Cr) mg/l

2

Chrome hexavalent (CrVI) mg/l

0,2

Etain total (Sn) mg/l

2

Manganèse (Mn) mg/l

1

Nickel total (Ni) mg/l

0,5

Sélénium (Se) mg/l

0,1

Zink total (Zn) mg/l

5

Fer (Fe) mg/l

3

AOX

5

1= 6,5 à 9 si la neutralisation est faite par la chaux

3.

Valeurs limites générales de rejet applicables à partir de la 5° année aux unités industrielles existantes

Température

30°C

PH

6,5 - 8,51

MES mg/l

100

Azote Kjeldahl mgN/l

60

Phosphore total P mgP/l

20

DCO mgO2/l

1000

DBO5 mgO2/l

200

Chlore actif CI2mg/l

0,2

Dioxyde de chlore CIO2 mg/l

0,05

Aluminium Al mg/l

10

Détergents mg/l (anioniques, cationiques et ioniques)

3

Conductivité en us/cm

2700

Salmonelles / 5000 ml

absence

Vibrions cholériques / 5000 ml

absence

Cyanures libres (CN) mg/l

0,1

Sulfures libres (S2) mg/l

1

Fluorures (F) mg/l

15

Indice de phénols mg/l

0,3

Hydrocarbures par Infra-rouge mg/l

10

Huiles et Graisses mg/l

30

Antimoine (Sb) mg/l

0,3

Argent (Ag) mg/l

0,1

Arsenic (As) mg/l

0,1

Barvum (Ba) mg/l

1

Cadmium (Cd) mg/l

0,2

Cobalt (Co) mg/l

0,5

Cuivre total (Cu) mg/l

0,5

Mercure total (Hg) mg/l

0,05

Plomb total (Pb) mg/l

0,5

Chrome total (Cr) mg/l

2

Chrome hexavalent (CrVI) mg/l

0,2

Etain total (Sn) mg/l

2

Manganèse (Mn) mg/l

1

Nickel total (Ni) mg/l

0,5

Sélénium (Se) mg/l

0,1

Zink total (Zn) mg/l

5

Fer (Fe) mg/l

3

AOX

5

1= 6,5 à 9 si la neutralisation est faite par la chaux

ARRETE CONJOINT DU MINISTRE DE L’EQUIPEMENT ET DU MINISTRE CHARGÉ DE L’AMÉNAGEMENT DU TÉRRITOIRE, DE L'ENVIRONNEMENT, DE L’URBANISME ET DE L’HABITAT PORTANT FIXATION DES VALEURS LIMITES DE REJET SPECIFIQUES AUX UNITES INDUSTRIELLES SUCRIERES

Note de présentation

Le décret relatif aux déversements, écoulements, rejets, dépôts directs ou indirects dans les eaux superficielles ou souterraines, fixe les procédures de délivrance des autorisations de déversement et d’établissement des valeurs limites générales et spécifiques de rejet. A cet effet, son article 10 prévoit que les valeurs limites de rejet sont fixées par arrêté conjoint des autorités gouvernementales chargées de l’Equipement et de l’Environnement, et ce après avis du ministre dont relève le secteur concerné par lesdites valeurs.

C’est sur cette base que le présent projet d’arrêté conjoint portant fixation des valeurs limites de rejet spécifiques aux sucreries a été élaboré. Les valeurs qu’il prévoit ont été fixées par la commission « normes et standards », instituée au sein du Conseil National de l’Environnement, et composée des représentants de tous les départements ministériels concernés. Ce projet d’arrêté fixe les valeurs limites de rejet spécifiques aux déversements des unités industrielles sucrières qui touchent le domaine public hydraulique de façon direct ou indirect et sans traitement préalable. Ces valeurs sont constituées de paramètres tels que la concentration en DBO5, la concentration des matières en suspension,

Tel est l’objet du présent arrêté.

DECRET N° 2.04.553 DU 13 DILHIJA 1425 (24 JANVIER 2005) RELATIF AUX DEVERSEMENTS, ECOULEMENTS, REJETS, DEPOTS DIRECTS OU INDIRECTS DANS LES EAUX SUPERFICIELLES OU SOUTERRAINES

Le Premier Ministre,

Vu la loi n° 10-95 sur l’eau promulguée par le dahir n° 1-95-154 du 18 rabii I 1416 (16 août 1995), notamment les articles 52 et 53 de ladite loi;

Après examen par le Conseil des Ministres réuni le 24 dilkiaada 1425 ( 6 janvier 2005).

D E C R E T E :

Chapitre I - Des autorisations de déversements

ARTICLE 1 – Au sens du présent décret on entend par déversement tout déversement, écoulement, rejet, dépôt direct ou indirect dans une eau superficielle ou une nappe souterraine susceptible d'en modifier les caractéristiques physiques, y compris thermiques et radioactives, chimiques, biologiques ou bactériologiques.

ARTICLE 2 – La demande de l'autorisation visée à l'article 52 de la loi susvisée n° 10-95 est adressée au directeur de l’agence du bassin hydraulique concernée. Elle comporte notamment les éléments suivants :

1/ l’identité du demandeur et, le cas échéant, celle de toute autre personne dûment habilitée à le représenter;

2/ les coordonnées et la description exacte de l'emplacement sur lequel seront effectués les déversements;

3/ la justification par l'intéressé, de la libre disposition du fonds sur lequel les ouvrages ou installations de déversement doivent être exécutés;

4/ la nature des déversements, leur volume, leur mode d'évacuation et de traitement projeté;

5/ la durée de l’autorisation demandée.

Cette demande doit être accompagnée:

a) d'un plan des ouvrages de déversement prévus;

b) d’une note technique indiquant les dispositions prises ou prévues pour respecter les valeurs limites de rejet en vigueur et comportant notamment le type de traitement à faire subir au déversement, la description des installations de traitement et les caractéristiques du déversement, lorsque un dispositif d’épuration des eaux usées est prévu.

Les demandes d'autorisations sont établies sur ou d’après des imprimés fournis par l’agence du bassin hydraulique et doivent être adressées par lettre recommandée avec accusé de réception ou déposées contre récépissé, à l’agence.

Toutefois, ces imprimés peuvent être fournis par les services préfectoraux ou provinciaux concernés relevant de l'autorité gouvernementale chargée de l’Eau et les demandes susvisées peuvent être déposées ou adressées dans les mêmes conditions ci-dessus citées à ces derniers, qui se chargent de les transmettre à l’agence du bassin hydraulique concernée.

Lorsqu’en vertu du 2 ème alinéa de l’article 52 de la loi sur l’eau précitée, l’autorisation ou la concession prévues respectivement aux articles 38 et 41 de ladite loi doit fixer les conditions de

déversement et de prélèvement, une seule demande est adressée ou déposée auprès de l’agence dans les conditions ci-dessus fixées. Cette demande doit comporter tous les éléments et être accompagnées de toutes les pièces et documents prévues par la réglementation spécifique à chaque demande.

Les dispositions de l’alinéa précédent s’appliquent lorsqu’une autorisation de déversement doit être délivrée en même temps qu’une autorisation d’eaux usées.

ARTICLE 3 – L’enquête mentionnée à l’article 52 de la loi n° 10-95 précitée, dont la durée ne peut être supérieure à trente (30) jours, est confiée à une commission composée:

- du représentant de l'autorité administrative locale concernée, président ;

- du représentant de l’agence du bassin hydraulique, secrétaire ;

- du représentant de la ou des communes concernées ;

- du représentant des services préfectoraux ou provinciaux relevant de l'autorité gouvernementale chargée de l’Eau ;

- du représentant des services préfectoraux ou provinciaux relevant de l'autorité gouvernementale chargée de la Santé ;

- du représentant de l'autorité gouvernementale chargée de l’Environnement ;

- du représentant de l'autorité gouvernementale chargée de l’Agriculture ;

- du représentant des services préfectoraux ou provinciaux du Ministère dont relève le secteur concerné.

Le président de la commission peut inviter à titre consultatif, toute personne ou entité susceptible d’aider la commission d’enquête dans ses investigations.

ARTICLE 4 – L’ouverture de l’enquête est ordonnée par décision du directeur de l’agence de bassin dans un délai qui ne doit pas excéder 20 jours, à compter de la date de réception de la demande d’autorisation mentionnée à l’article 2. Cette décision doit mentionner notamment:

- l'objet de l'enquête;

- les dates d'ouverture et de clôture des opérations de l'enquête ;

- le lieu de l'enquête ;

- le lieu de déversement;

- les membres de la commission d’enquête;

- le lieu de dépôt du dossier d'enquête ainsi que du registre destiné à recueillir les observations des intéressés. Ce registre, dont les pages sont fixes, cotées, cachetées et paraphées par le président de la commission, reste mis à la disposition du public pendant toute la durée de l'enquête.

ARTICLE 5 – La décision d’ouverture d’enquête mentionnée ci-dessus est insérée dans au moins deux journaux d'annonces légales, dont un au moins de langue arabe, et portée à la connaissance du public par les soins de l’autorité administrative locale par tout moyen qu’elle juge approprié.

Elle est également affichée dans les locaux de l’agence du bassin hydraulique, de l’autorité administrative locale et de la commune ou des communes concernées. Cet affichage est constaté, au terme de l’enquête publique, par des attestations versées au dossier d’enquête par l’autorité administrative locale et le président du conseil communal.

Les opérations de publicité et d'affichages ci-dessus mentionnées ont lieu quinze (15) jours au moins avant la date d'ouverture des opérations d'enquête.

ARTICLE 6 – Pendant la durée de l’enquête, l’autorité administrative locale met à la disposition du public, au siège de la ou des communes concernées, le dossier d’enquête qui doit comprendre la demande de l’intéressé, les pièces qui l’accompagnent et le registre d’observations mentionné à l’article 4 ci-dessus.

ARTICLE 7 – Au terme de l’enquête publique, la commission, réunie par les soins de son président, prend connaissance des observations et réclamations consignées au registre d’observations et, si elle le juge utile, se rend sur les lieux, pour examiner les observations produites. Elle peut convoquer le demandeur de l’autorisation pour présenter ses arguments contre les allégations éventuellement contenues dans le registre d’observation.

L'avis de la commission d'enquête est pris à la majorité des voix des représentants présents. En cas d'égalité des voix, celle du président est prépondérante.

Le procès-verbal doit être signé par tous les membres présents de la commission et contenir l’avis motivé de cette dernière.

Le dossier d'enquête, auquel sont joints les attestations d’affichage et le procès-verbal, est transmis, au plus tard quinze (15) jours à dater du jour de la réunion de la commission, par le président de la commission au directeur de l’agence de bassin.

ARTICLE 8 – Au vu du dossier de l’enquête publique, du procès-verbal, du registre d’observations et de l’avis de la commission, le directeur de l’agence de bassin décide de la suite à réserver à la demande d’autorisation, dans un délai de quinze (15) jours au plus tard, à dater de la réception dudit dossier.

ARTICLE 9 – La décision d’autorisation fixe notamment:

1. l'identité de l'attributaire de l'autorisation de déversement et, le cas échéant, celle du propriétaire des installations de déversement ;

2. le lieu de déversement ;

3. la durée de l’autorisation qui ne doit pas dépasser vingt (20) ans, renouvelable par tacite reconduction ;

4. les modalités de prélèvement des échantillons et le nombre des analyses des déversements que l’attributaire doit faire par un laboratoire agréé par les autorités gouvernementales chargées de l’Eau et de l'Environnement ;

5. les quantités des grandeurs caractéristiques de l’activité à déclarer annuellement à l’agence de bassin par les entités génératrices des eaux usées industrielles ;

6. les valeurs limites des rejets;

7. les modalités de recouvrement de la redevance, conformément aux articles 14 à 21 du présent décret.

8. les échéanciers dans lesquels les déversements doivent se conformer aux valeurs limites visées aux articles 11 et 12 ci-dessous.

Elle doit contenir en outre les modalités de renouvellement ou de modification de l'autorisation, les conditions dans lesquelles l’attributaire doit se conformer aux valeurs limites de rejets, dans le cas où ces dernières sont publiées après la date d’octroi de l’autorisation de déversement.

ARTICLE 10 – L’autorisation de déversement ne peut être cédée sans l’agrément préalable du directeur de l’agence de bassin qui doit se prononcer dans un délai de soixante (60) jours, à partir de la date de réception de la demande par l’agence.

Chapitre II - Des valeurs limites de rejets

ARTICLE 11 – On entend, au sens du présent décret, par valeur limite de rejet, la valeur limite d’un paramètre indicateur de la pollution, qui ne doit pas être dépassée dans le sens de la détérioration de la qualité de l’eau, pour un déversement tel que défini par l’article premier ci-dessus.

ARTICLE 12 – Les caractéristiques physiques, chimiques, biologiques et bactériologiques de tout déversement doivent être conformes aux valeurs limites de rejet fixées par arrêtés conjoints des autorités gouvernementales chargées de l’Intérieur, de l’Eau et de l'Environnement, après avis des autorités gouvernementales dont relève le secteur concerné par ces valeurs limites. Ces arrêtés fixent également les échéanciers dans lesquels les déversements doivent se conformer aux dites valeurs qui peuvent être générales ou spécifiques pour certaines activités.

ARTICLE 13 – Les valeurs limites de rejet visées à l’article 11 ci-dessus sont révisées dans les formes et conditions de leur fixation, tous les dix (10) ans ou chaque fois que la protection de la qualité de l’eau ou l’évolution des technologies l’exigent.

Chapitre III – Des redevances de déversements

ARTICLE 14 – Les taux de redevances visées à l’alinéa de l’article 52 de la loi n° 10-95 précitée applicable aux déversements des eaux usées domestiques et aux déversements des eaux usées industrielles sont fixés par arrêté conjoint des autorités gouvernementales chargées de Intérieur, des Finances, de l’Eau, de l’Industrie, de l’Artisanat et des Mines.

ARTICLE 15 – Pour les déversements d’eaux usées industrielles, la redevance visée à l'alinéa 3 de l'article 52 de la loi n° 10-95 précitée est déterminée en multipliant la quantité de pollution déversée exprimée en nombre d’unités de pollution, par le taux de redevance applicable aux déversements des eaux usées industrielles, après avoir pris en considération le rendement des dispositifs d’épuration existants en matière de réduction de la pollution.

Au sens du présent décret, on entend par les « eaux usées domestiques » :

- Les eaux usées des ménages, des établissements hôteliers, des établissements administratifs, des établissements

- et de laboratoires, dont la consommation en eau est inférieure à 10(dix) m3 par jour, sauf si le gestionnaire du service de l’assainissement estime que les eaux usées sont trop nuisibles pour le réseau d’assainissement ou pour les stations d’épuration ou pour le milieu.

Le volume d’eau consommé, est le volume d’eau potable facturé par le gestionnaire du réseau d’eau potable et, éventuellement, le volume d’eau prélevé directement dans le milieu naturel ou à partir d’un ouvrage public.

ARTICLE 16 – Pour les déversements d’eaux usées industrielles, la redevance visée à l'alinéa 3 de l'article 52 de la loi n° 10-95 précitée est déterminée en multipliant la quantité de pollution déversée exprimée en nombre d’unités de pollution, par le taux de redevance applicable aux déversements des eaux usées industrielles, après avoir pris en considération le rendement des dispositifs d’épuration existants en matière de réduction de la pollution.

Au sens du présent décret, on entend par les « eaux usées industrielles » les eaux usées provenant d’unités d’extraction ou de traitement de minerais ou de matériaux divers, d’usines, d’ateliers, de dépôts, de laboratoires, autres que les eaux usées domestiques telles que définies à l’article 15 ci- dessus.

L'unité de pollution est définie par une formule fixée par arrêté conjoint des autorités gouvernementales chargées de l’Intérieur, de l’Eau et de l'Environnement, après avis des autorités gouvernementales chargées de l’Industrie, de l’Artisanat et des Mines.

ARTICLE 17 – Les déversements domestiques des agglomérations rurales sont soumis à une redevance forfaitaire dont le montant est fixé par l’arrêté conjoint mentionné à l’article 14 ci-dessus.

ARTICLE 18 – En l'absence de mesures, le nombre d’unités de pollution contenues dans les déversements d’eaux usées industrielles, est déterminé par estimation.

Le nombre d’unités de pollution déversée est estimé en multipliant les grandeurs caractéristiques de l’activité de l’entité génératrice de l’eau usée industrielle, par les coefficients spécifiques de pollution de cette activité. Ces grandeurs et ces coefficients sont fixés par arrêté conjoint des autorités gouvernementales chargées de l’Intérieur, de l’Eau, de l'Environnement, après avis des autorités gouvernementales chargées de l’Industrie, de l’Artisanat et des Mines.

ARTICLE 19 – L’agence de bassin, ou le gestionnaire du service de l’assainissement ou l’entité génératrice de l’eau usée industrielle peut demander d’évaluer la pollution déversée par l’unité industrielle, par des mesures. Les mesures seront réalisées par l’agence de bassin ou le gestionnaire des services d’assainissement aux frais du demandeur. Pour contester les mesures, la partie concernée a recours à une expertise qu’elle confie, à ses frais, à un laboratoire agréé dans les conditions prévues au paragraphe 4 de l’article 9 ci-dessus.

La mesure de pollution réelle est applicable à partir de la facturation suivante.

ARTICLE 20 – Les rendements des dispositifs d’épuration visés à l’article 15 et à l’article 16 ci- dessus, sont définis comme étant les pourcentages d’abattement de la quantité de pollution véhiculée par les eaux usées, après traitement par les dits dispositifs.

En l'absence de mesures, les rendements des dispositifs d’épuration à appliquer conformément à l’article 15 et à l’article 16, sont ceux fixés par arrêté conjoint des autorités gouvernementales chargées de l’Intérieur, de l’Eau et de l'Environnement après avis des autorités gouvernementales chargées de l’Industrie, de l’Artisanat et des Mines.

ARTICLE 21 – Les taux de redevance peuvent être réévalués :

- soit sur la base de formules de révision fixées par arrêté conjoint des autorités gouvernementales chargées de l’Intérieur, des Finances, de l’Eau et de l'Environnement après avis des autorités gouvernementales chargées de l’Industrie, de l’Artisanat et des Mines,

- soit sur proposition d’une agence de bassin compte tenu de son plan d’action en matière de lutte contre la pollution ; dans ce cas, les nouveaux taux de redevance ne s’appliquent que dans la zone d’action de l’agence qui a proposé la réévaluation.

ARTICLE 22 – La redevance de déversement est recouvrée par l’agence de bassin auprès :

- du gestionnaire du service de l’assainissement;

- de l’entité génératrice de l’eau usée industrielle, lorsqu’elle n’est pas raccordée au réseau d’assainissement public.

L’agence de bassin établira les ordres de recette :

- Au gestionnaire du service de l’assainissement sur la base des informations fournies par ce dernier ;

- Aux entités génératrices de l’eau usée industrielle non raccordées au réseau d’assainissement public, sur la base des informations fournies par ces entités sur leurs activités et permettant de calculer ou d’estimer la quantité de pollution déversée.

Le produit des redevances de déversement est utilisé par l’agence de bassin pour octroyer des aides financières pour la dépollution et pour l’assistance technique à toute personne physique ou morale qui entreprend des actions spécifiques de dépollution des eaux.

Chapitre IV - Dispositions transitoires

ARTICLE 23 – En application de l'article 53 de la loi précitée n° 10-95, le directeur de l’agence du bassin hydraulique fixe, en concertation avec les autorités locales, le délai dans lequel les déversements existants à la date de publication du présent décret et non autorisés doivent être déclarés.

ARTICLE 24 – En application des dispositions de l’article 99 de la loi précitée n° 10-95, les attributions reconnues par le présent décret aux agences de bassins hydrauliques sont exercées, dans les zones non couvertes par lesdites agences, par l'autorité gouvernementale chargée de l’Eau. Dans tous les cas, les produits des redevances de déversement doivent être affectés aux actions spécifiques de dépollution des eaux par une commission regroupant les autorités gouvernementales chargées de l’Intérieur, de l’Eau et de l’Environnement.

ARTICLE 25 – Le Ministre chargé de l’Aménagement du Territoire, de l’Eau et de l’Environnement, le Ministre Finances et de la Privatisation et le Ministre de l’Intérieur sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution de ce décret qui sera publié au Bulletin Officiel.

ANNEX II : DIRECTIVE DE L’OMS RELATIVE A LA QUALITE MICROBIOLOGIQUE DES EAUX USEES UTILISEES DANS L'AGRICULTURE

Catégorie Conditions de

Groupes

Nématodes

Coliformes

Procédé traitement

réutilisation

exposés

intestinaux(a)-

intestinaux

requis

Nb d’œufs/l

(b) Nb/100ml

A Irrigation de

 

# 1

#1.000 (d)

Une série de bassins de stabilisation conçus de manière à obtenir la qualité microbiologique voulue ou tout autre procédé de traitement

cultures destinées à être consommées crues, des terrains de sport, des jardins publics

Ouvriers Agric ; Consommateurs,

©

 

B Irrigation cultures

Ouvriers

# 1

Aucune

Rétention en bassins de stabilisation pendant 8- 10 jours ou autre procédé d'élimination des helminthes et des coliformes intestinaux

Céréal.,

agricole

norme n’est

industrielles et

recommandée

fourragères, des

pâturages et

plantations d'arbres

(e)

 

C Irrigation localisée des cultures de la catégorie B. si les ouvriers agricoles et le public ne sont pas exposés

néant

Sans objet

Sans objet

Traitement préalable en fonction de la technique d'irrigation, mais au moins sédimentation primaire

a Espèces Ascaris et Trichuris et ankylostomes.

b Pendant la période d'irrigation.

c Une directive plus stricte (< 200 coliformes intestinaux par 100 ml) est justifiée pour les pelouses avec lesquelles le public peut avoir un contact direct, comme les pelouses d'hôtels.

ANNEXE III : NORMES SANITAIRES DE LA REUE DANS QUELQUES PAYS DE LA REGION MEDITERRANEENE & D’AUTRES REGIONS POUR UNE IRRIGATION NON RESTRICTIVE

Pays

Directives

Qualité requise pour une bonne

Chypre

Réglementations

Ne pas dépasser 50 CF/100 ml et 100 CF/100 ml dans 80% des échantillons par mois et comme valeur maximale respectivement. Aussi, les nématodes intestinaux doivent être <1 oeuf/l. Un traitement tertiaire est requis, suivi d’une désinfection.

(1997)

Israël

Réglement

Ne pas dépasser 2.2 et 12 CT/100 ml dans 50% et 80% des échantillons respectivement. Est requis un traitement secondaire ou équivalent (tel que le stockage) suivi d’une désinfection.

(1978)

Jordanie

Réglement

Ne pas dépasser 200 CT/100 ml et <1 oeuf de nématode par litre pour l’irrigation d’aires publics. Pour l’irrigation non restrictive, la norme de 1000 CF/100 ml est recommandée. Une concentration en DBO de 50 mg/l est recommandée pour l’irrigation de parcs et le recharge artificielle des nappes souterraines. La qualité d’eau requise est similaire à l’eau de baignade. Seul les arbres fruitiers et forestiers, et les fourrages peuvent être irrigués. La présence de chlore résisuel est nécessaire.

Tunisie

Réglement

Contrainte relative aux oeufs de nématodes intestinaux: < 1 oeuf/l. Irrigation de légumes consommés crus interdite, de même pour le pâturage direct sur parcelles irriguées avec des effluents. Peuvent être irrigués, les cultures industrielles, les grandes cultures, les fourrages, les arbres fruitiers (sauf irrigation par aspersion), les forêts. Introduction de règles relatives à la qualité chimique et à la fréquence des contrôles de la qualité des effluents.

Oman

Réglement

Irrigation restrictive : maximum 23CT/100 ml, moyenne de 2.2 CT/100 ml, irrigation d’espace verts autorisée, irrigation des cultures interdites.

Afrique

Directive

La concentration doit être de 0.0 CF/100 ml. Le niveau de traitement requis est primaire, secondaire et tertiaire.

Du Sud

Mexique

Réglement

En irrigation non restrictive, pour l’irrigation de crudités et fruits en contact avec le sol : <1.000CT/100ml.

ANNEXE IV : NORMES DE QUALITE PROPOSEE POUR LA REUTILISATION DES EAUX USEES (PROJET USAID/PREM- NORMES INSPIREES DE DIRECTIVE ESPAGNOLE).

Utilisation d’eau usée épurée

Œufs

Coliformes

Traitement requis

d’Helminthes

Fécaux/100 ml

Utilisation urbaine:

< 1 œuf/ L

< 200

Traitement secondaire et désinfection ou lagunage avec temps de séjour élevé

Irrigation de zones à entrée libre (parc, golf, terrain de sport,…)

Irrigation de pelouse

< 1 œuf/ L

<200

Traitement secondaire et désinfection ou lagunage avec temps de séjour élevé

Irrigation de légumes consommés crus. Irrigation par aspersion d’arbres fruitiers

< 1 œuf/ L

<200

Traitement secondaire et désinfection ou lagunage avec temps de séjour élevé

Irrigation de fourrage pour l’alimentation animale (production de lait ou de viande)

< 1 œuf/ L

<1000

Traitement secondaire et désinfection ou lagunage

Irrigation de culture pour

< 1 œuf/ L

<1000

Traitement secondaire et désinfection ou lagunage

a) conserverie;

b) végétaux destinés à

 

être consommés cuits ou arbres fruitiers (excepté irrigation par aspersion)

Irrigation de cultures industrielles, fourrages, céréales et semences oléagineuses

< 1 œuf/ L

<10.000

Traitement secondaire et désinfection ou lagunage

Irrigation de zones boisées, zones de production de bois industriel, ceintures vertes ou autres zones

< 1 œuf/ L

Pas de limite établie

Traitement secondaire et désinfection ou lagunage

où le public n’est pas autorisé à entrer

     

Refroidissement

Pas de limite établie

<10.000

Traitement secondaire et désinfection ou lagunage

industriel, sauf

l’industrie agro-

 

alimentaire.

Bassins, pièces d’eau et eau courante pour utilisation récréative où le public est en contact (sauf baignade)

<

1 œufs/ L

<200

Traitement secondaire et désinfection ou lagunage avec temps de séjour élevé

Utilisation d’eaux usées épurées

Œufs

Coliformes

Traitement requis

d’Helminthes

Fécaux/100 ml

Bassin, pièce d’eau et eau courante ornementale, où le public n’est pas en contact

Pas de limite établie

Pas de limite établie

Traitement primaire

Recharge de la nappe:

<

1 œuf/ L

<1000

Recharge de la nappe:

percolation localisée à travers le sol (percolation minimum du sol de

 

percolation localisée à travers le sol (percolation minimum du sol de

1,5m).

1,5m).

ANNEXE V : DIRECTIVE EUROPEENNE (86/278/CEE) RELATIVE A L’UTILISATION DES BOUES RESIDUAIRES EN AGRICULTURE

Elément

I (mg/kg de matière sèche)

II (mg/kg de matière sèche)

III (Kg/ ha/an)

Cadmium (Cd)

20 -40

3

0.15

Cuivre (Cu)

1000

- 1750

140

12

Nickel (Ni)

300

– 400

75

3

Plomb (Pb)

750

- 1200

300

15

Zinc (Zn)

2500

- 4000

300

30

Mercure (Hg)

16- 25

1.5

0.1

Chrome (Cr)

--

---

--

(I) Les valeurs limites de concentration en éléments trace dans les boues destinées à l'épandage en

agriculture. Lorsque cette concentration est dépassée, l'utilisation en agriculture des boues est

interdite.

(II) Les concentrations en éléments trace admissibles dans les sols sur lesquels les boues sont

épandues. L'utilisation des boues doit être interdite lorsque les concentrations d'un ou plusieurs

métaux lourds dans le sol dépassent cette limite, et on doit prendre les mesures nécessaires pour

s'assurer que cette valeur limite n'est pas dépassée après l'utilisation des boues.

(III) Les quantités annuelles d'éléments trace pouvant être introduites dans les terres cultivées sur

base d'une moyenne de 10 ans.

Remarque :Les métaux lourds et les œufs de parasites se concentrent dans les boues par sédimentation dans le bassin anaérobie. Par conséquent, les boues doivent être traitées avant d’être épandues pour enlever les parasites. Ce traitement peut être un simple séchage des boues sur lits de séchage. Des essais ont montré que les oeufs de parasites disparaissaient complètement des boues après huit mois de séjour dans les lits de séchage. Ce séchage n’a aucun effet sur la présence de métaux lourds.

MEC DOCUMENT LIST

Doc

Title

Author

#

2

Branding and Marking Plans

MEC

3

Grant Manual

MEC

6

Etude Exploratoire sur l’Offre et la Demande de Main-d’œuvre Qualifiée - Secteur de l’Agroalimentaire, Région de l’Oriental

St-Georges, F. and Lakjaa, A.

7

Etude Exploratoire sur l’Offre et la Demande de Main-d’œuvre Qualifiée - Secteur de la Poterie, Province de Safi, Région Doukkala-Abda

St-Georges, F. and Lakjaa, A.

8

Analyse des Chaines de Valeur et Gestion des Ressources en Eau

Ouattar, S., Messaho, D., and Lahlou, O.

9

Analyse et Identification des Besoins pour des Systèmes d’Information et de Gestion des Ressources en Eau Pour l'Agence du Bassin Hydraulique et de l'ORMVA

Ouazar, D. and Tayaa, M.

10

Reuse of Treated Wastewater in Agriculture - Meknes Pilot Project Status

Ouattar, S.

11

Market-Driven Export Development to Accelerate Moroccan Economic Competitiveness

Nussbaum, M.

12

Meknes Pilot Project Implementation - Brief Summary of the Visit to Meknes and Fes on 18 June 2010

Abu-Awwad, A.

14

Morocco Agriculture Investment Financing & Water Efficiency - Program Environment & Project Opportunities 2010

Fellows, W.

15

Analyse Diagnostique des Aspects Institutionnels et Législatifs Relatifs à la Réutilisation des Eaux Usées en Agriculture

El Haiba, M.

16

Report on Market-Driven Export Promotion of Produits du Terroir (Phase I)

Thaller, J.

17

Compte Rendu des Ateliers de Travail de l’Axe 3 - Renforcement des Capacités Professionnelles

St-Georges, F.

18

Annual Work Plan 2011

MEC

18fr

Plan du Travail 2011

MEC

19

Financing Entrepreneurs, Growth and Competitiveness: Program Opportunities for USAID in Venture Financing in Morocco

Fellows, W.

20

Crop Area Estimates in ORMVA-Doukkala Irrigated Perimeters in May 2010

Ariza-Nino, E., Boukdair, T., ORMVA-Doukkala senior staff

22

Crop Area Estimates in Irrigated Perimeters of Oriental Region in May 2010

Ariza-Nino, E.

23fr

Rapport trimestriel de Juillet à Septembre 2010

MEC

25

MEC Program PERSUAP (Pesticide Evaluation Report and Safe Use Action Plan

Schroeder, A.

26

Optimisation de la Consommation d'Eau dans la Filière Laitière: Cas de la COLAIMO d'Oujda, MONLAIT de Berkane et Halib Oued Za de Taourirt

Messaho, D.

27

Evaluation de la Production Laitière des Eleveurs Fournisseurs de Lait aux Unités Laitière de l'Oriental

Mounsif, M.

33

Program Opportunities for USAID in Venture Financing in Morocco:

Fellows, W.

Recommendations Summary

34

Territorial Marketing: Région de l'Oriental (trip report December 2010)

James, A.

36

MEC Communications Strategy

Bornon, J. and Wark, S.

37

MEC Grant Application Procedures

MEC

37fr

Programme de Compétitivité Economique du Maroc: Procédures de Demande de Subvention

MEC

38

Climate Change Vulnerability and Adaptation in Oriental and Doukkala-Abda, Morocco

Doyle, P.

38fr

Vulnerabilité et adaptation au changement climatique à l’oriental et à Doukkala Abda , Maroc

Doyle, P.

39fr

Rapport trimestriel d’Octobre à Décembre 2010

MEC

40

Performance Management Plan : 2010 Report

MEC

44

Quarterly Report: January to March 2011

MEC

44fr

Rapport trimestriel de Janvier à Mars 2011

MEC

47

Domestic marketing of Safi pottery

Zanifi, A.

48

Export opportunities for Moroccan processed foods: trip report

Nussbaum, M.

49

Feasibility study for organizing and training “Moqaf” farm workers in Berkane

Lagdas, A.

49fr

Etude de faisabilité pour l’organisation et la qualification de la main d’œuvre agricole du « Moqaf » de Berkane

Lagdas, A.

54

Optimizing water consumption in the caper industry: the case of Caprel, in Safi

Messaho, D.

55

Quarterly Report: April to June 2011

MEC

55fr

Rapport trimestriel d’Avril à Juin 2011

MEC

56

Monograph on the caper sector in the Safi region – what is the role of caper cooperatives?

Rahmani, M.

56fr

Monographie de la filière câprière dans la région de Safi – quel rôle pour les coopératives câprières?

Rahmani, M.

57

Research Triangle innovation study tour: Technical trip report

Fellows, W.

58

Gender strategy and report: Promoting leadership, opportunities and benefits

Luché-Thayer, J.

58fr

Rapport de genre 2011 : Promouvoir le leadership, les opportunités et les retombées positives

Luché-Thayer, J.